La Gardienne par Sonja Delzongle

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Dans ce qui devait être leur havre de paix, le danger guette…

Dans La Gardienne, Sonja Delzongle installe une tension sourde et implacable au cœur d’un décor en apparence protecteur. La forêt du Morvan, le lac sombre, la maison de bois : tout concourt à créer l’illusion d’un refuge, d’un retour à une forme de pureté originelle. Mais très vite, le roman démonte cette promesse pour révéler un huis clos inquiétant, où la nature ne protège pas, elle enferme.

L’autrice explore avec finesse les mécanismes de l’isolement familial, nourri ici par la peur du monde extérieur. Le père Olsen, figure autoritaire et ambiguë, impose sa vision de la sécurité au nom de l’amour et de la survie. En cherchant à soustraire ses filles à la violence sociale, il les place sous une emprise plus insidieuse encore, où les règles se durcissent et les libertés s’effacent. Cette tension entre protection et domination constitue l’un des axes les plus puissants du roman.

Le personnage de Rune, élevée comme un garçon après une agression traumatisante, incarne à lui seul les contradictions de cette fuite en avant. Delzongle interroge avec justesse la construction de l’identité, la violence faite aux corps et aux rôles imposés, sans jamais tomber dans le didactisme. Les points de vue, subtilement travaillés, donnent au récit une densité psychologique remarquable, où chaque silence devient suspect, chaque geste lourd de sens.

Maîtrisant parfaitement les codes du thriller psychologique, Sonja Delzongle distille une angoisse progressive, presque organique. Le danger n’est jamais frontal ; il se glisse dans le quotidien, dans la routine, dans les non-dits. La Gardienne s’impose ainsi comme un roman tendu et profondément dérangeant, qui questionne la frontière fragile entre protection et enfermement, et rappelle que les pires menaces ne viennent pas toujours de l’extérieur.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions Date de publication ‏ : ‎ 5 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 432 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265159220 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265159228

Altermonde de Harry Bozino (Avec la contribution de), Paolo Antiga (Dessins)

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2112. La Terre est ravagée par le réchauffement climatique. Seuls quelques privilégiés vivent encore décemment, abrités derrière un Mur qui les sépare des migrations de masse et des conditions extrêmes du Sud…

Altermonde s’inscrit dans la grande tradition des récits d’anticipation post-apocalyptiques tout en y injectant une dimension profondément humaine. Situé en 2112, l’album décrit un monde ravagé par le dérèglement climatique, où une élite a cru pouvoir se protéger derrière les murs d’une Cité fortifiée, laissant le reste de l’humanité survivre dans la précarité. Lorsque cette illusion de sécurité s’effondre brutalement, le récit bascule et révèle toute la fragilité de ce système fondé sur l’exclusion.

Harry Bozino construit un scénario sobre et efficace, qui évite le sensationnalisme pour se concentrer sur l’essentiel : la fuite, la survie et la remise en question morale. Le cœur du récit repose sur la relation entre un père et sa fille, contraints de quitter leur monde privilégié pour affronter la réalité qu’ils avaient jusque-là ignorée. Ce duo fonctionne comme un puissant moteur émotionnel, incarnant à la fois la culpabilité d’un ancien confort et l’espoir ténu d’une reconstruction possible.

Le dessin de Paolo Antiga renforce cette tension permanente. Son trait précis et expressif donne corps à des paysages dévastés, faits de cendres, de ruines et d’horizons brûlés, tout en accordant une grande attention aux visages et aux silences. La mise en scène, souvent contemplative, laisse respirer le récit et accentue le contraste entre la grandeur déchue de la Cité et la dureté du monde extérieur.

Au-delà de son intrigue, Altermonde interroge frontalement notre présent. Il questionne les notions de responsabilité collective, d’inégalités sociales et de choix politiques face à la crise climatique. Sans jamais tomber dans le discours didactique, l’album agit comme un miroir sombre mais lucide de nos sociétés contemporaines.

Œuvre engagée et maîtrisée, Altermonde est une bande dessinée de science-fiction intelligente et poignante, qui conjugue réflexion, émotion et puissance visuelle. Un récit d’anticipation qui marque durablement par sa résonance actuelle et son humanité.

Éditeur ‏ : ‎ Les Humanoïdes Associés Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2731626836 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2731626834

Nos femmes sous la mer de Julia Armfield

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Après une mission dans un sous-marin Leah revient étrangement changée. Un roman d’amour et de mystères au succès viral.

Julia Armfield signe avec Nos femmes sous la mer un roman d’une rare puissance émotionnelle, à la croisée du récit intime, du fantastique diffus et de la science-fiction psychologique. Sous ses allures de huis clos domestique, le livre déploie une tension sourde et persistante, nourrie par l’incommunicabilité, la transformation des corps et la peur de perdre l’autre sans pouvoir le nommer.

Le récit s’ouvre sur un retour : celui de Leah, biologiste marine, après une mission prolongée dans un sous-marin. Elle rentre vivante, mais profondément altérée. Face à elle, Miri, son épouse, tente de reconnaître la femme qu’elle aime, tout en affrontant une évidence glaçante : quelque chose est resté là-bas, sous l’eau, ou quelque chose en est revenu. Julia Armfield construit cette inquiétude par petites touches, dans une écriture précise, sensorielle, presque clinique, qui refuse les effets spectaculaires pour mieux installer un malaise durable.

L’un des grands atouts du roman réside dans sa structure alternée, qui entremêle le présent de Miri, marqué par l’attente, l’épuisement et l’amour obstiné, et le passé de Leah, enfermé dans les profondeurs métalliques du sous-marin. Cette double temporalité permet d’explorer à la fois l’expérience extrême du confinement sous-marin et les ravages silencieux qu’elle provoque dans l’intimité du couple. La mer n’est jamais seulement un décor : elle devient une force métaphorique, un espace de mutation, d’effacement et de dérive identitaire.

Armfield interroge avec finesse les thèmes du deuil anticipé, de la maladie inexpliquée, du corps qui échappe et de la peur de ne plus être compris par ceux que l’on aime. Le fantastique, volontairement ambigu, n’est jamais nommé frontalement : il se glisse dans les silences, les gestes décalés, les détails organiques troublants. Cette retenue donne au roman une profondeur singulière, laissant au lecteur la liberté – et l’angoisse – de combler les zones d’ombre.

Mais Nos femmes sous la mer est avant tout un roman d’amour. Un amour confronté à l’altération, à la patience, à la loyauté mise à l’épreuve. Miri n’est pas une simple spectatrice de la transformation de Leah : elle en est la victime collatérale, la gardienne, parfois la dernière ancre à la surface. Julia Armfield capte avec une justesse remarquable ce que signifie aimer quelqu’un qui s’éloigne sans partir, qui devient autre sans disparaître.

Avec ce texte dense, élégant et profondément mélancolique, Julia Armfield s’impose comme une voix majeure de la littérature contemporaine anglophone. Nos femmes sous la mer est un roman qui s’insinue lentement, qui laisse des traces longtemps après la dernière page, et qui prouve que le véritable vertige ne vient pas toujours des profondeurs océaniques, mais de ce qui se transforme au cœur même des relations humaines.

Éditeur ‏ : ‎ La Croisée Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2413093192 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413093190

Oshi no ko – tome 16 de Aka Akasaka (Auteur), Mengo Yokoyari (Auteur)

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Dans le monde du spectacle, le mensonge est une arme !

Avec ce seizième et dernier tome, Oshi no Ko s’achève comme il a toujours avancé : sans détour, sans concession, en regardant droit dans les zones d’ombre du monde du spectacle. Aka Akasaka et Mengo Yokoyari livrent une conclusion dense, émotionnellement chargée, qui referme un récit aussi fascinant que dérangeant.

La vengeance d’Aqua Hoshino atteint ici son point de non-retour. Depuis le début, la série n’a cessé de questionner la notion de mensonge : mensonge médiatique, mensonge intime, mensonge nécessaire pour survivre dans une industrie où l’image est une arme. Dans ce dernier volume, la question centrale n’est plus comment se venger, mais contre qui et à quel prix. Aqua est confronté à la vérité ultime, celle qui remet en cause tout ce qu’il croyait savoir — y compris sur lui-même.

Le récit dévoile enfin les véritables sentiments d’Aï, et le sens profond du mensonge qu’elle a entretenu pendant quinze ans. Loin d’un simple twist scénaristique, cette révélation agit comme une clé de lecture rétrospective de toute la série. Elle redonne une épaisseur tragique au personnage d’Aï, figure à la fois lumineuse et profondément brisée, symbole parfait d’un système qui dévore ceux qu’il élève.

La narration alterne avec justesse entre tension dramatique, introspection et moments de silence lourds de sens. Chaque personnage trouve une forme de conclusion, parfois amère, parfois apaisée, mais toujours cohérente avec le regard lucide que la série porte sur la célébrité, le succès et le sacrifice personnel. Rien n’est idéalisé : le rêve reste un rêve, magnifique mais dangereux.

Graphiquement, Mengo Yokoyari atteint une grande maîtrise expressive. Les regards, les cadrages serrés, les jeux d’ombre renforcent l’intensité émotionnelle de cette dernière ligne droite. Les scènes clés frappent par leur sobriété autant que par leur puissance, laissant au lecteur le temps de ressentir plutôt que de simplement comprendre.

Avec Oshi no Ko, Aka Akasaka signe une œuvre majeure sur l’envers du décor du divertissement contemporain. Ce tome final n’offre pas une conclusion confortable, mais une fin juste, fidèle à l’ADN de la série : une réflexion implacable sur l’amour, la manipulation, la filiation et le prix à payer pour briller sous les projecteurs.

ASIN ‏ : ‎ B0FC1P1SSJ Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 4 décembre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 290 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042018962

DOLLY’S BIBLE: Le monde selon Stanley de Fabio M.Mitchelli (Auteur), Stéphane Marchand (Auteur)

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Un roman qui mêle humour et mystère, inspiré de “Californication” et “Twin Peaks”.
Des personnages iconiques comme Elvis Presley et Marilyn Monroe vous attendent dans une cité étrange…Et si c’était l’histoire de notre vie ?
Lisez-la pour découvrir !

Dans Dolly’s Bible : Le monde selon Stanley, Fabio M. Mitchelli et Stéphane Marchand livrent un roman hybride, foisonnant et résolument atypique, à la croisée du polar métaphysique, du conte pop et de la satire hollywoodienne. Un livre qui avance comme un rêve fiévreux, où les frontières entre réalité, mythe et fantasme se brouillent jusqu’à se confondre.

L’intrigue prend racine dans un double ancrage temporel, entre un crime survenu en 1975 à Phoenix et l’étrange émergence, dix ans plus tard, du Nazareth District, un quartier fantôme de la banlieue de Los Angeles qui n’existe sur aucune carte officielle. Une enclave hors du monde, gouvernée par Robbie Gaylord Junior, milliardaire fantasque et inquiétant, qui impose ses lois comme un démiurge capricieux. Dans cet espace clos, les rumeurs de miracles, de phénomènes inexpliqués et de résurrections modernes circulent, nourrissant une atmosphère à la fois fascinante et profondément troublante.

Le roman se distingue par sa galerie de personnages aussi décalés qu’iconiques. Elvis Presley, Marilyn Monroe, James Dean, Steve McQueen ou encore John F. Kennedy y apparaissent comme des figures fantomatiques, ni tout à fait mortes ni vraiment vivantes, errant dans ce décor irréel comme les fragments d’une mémoire collective américaine. Loin du simple clin d’œil, ces présences servent une réflexion plus large sur la célébrité, l’immortalité et le besoin presque religieux de se raccrocher à des mythes quand le réel devient trop instable.

Au cœur de ce chaos organisé, Jesus De Alvarez, mécanicien de génie et figure presque messianique malgré lui, tente de comprendre les rouages de ce monde détraqué et de déjouer les plans d’un pouvoir qui se rêve absolu. À travers lui, le récit interroge la responsabilité individuelle face aux systèmes oppressifs, mais aussi la capacité de l’imaginaire à résister à la domination.

Le ton du roman navigue habilement entre humour grinçant, mélancolie diffuse et mystère inquiétant. Les influences revendiquées de Californication et de Twin Peaks sont pleinement assumées : dialogues mordants, sensualité désabusée, ambiance nocturne, étrangeté latente, et cette impression persistante que quelque chose d’essentiel se joue derrière les apparences les plus anodines. Mais Dolly’s Bible ne se contente pas de pasticher. Il s’approprie ces références pour construire une œuvre personnelle, parfois déroutante, toujours habitée.

Sous son vernis pop et ses situations parfois absurdes, le roman pose une question centrale : et si cette cité étrange était le miroir de notre propre monde ? Un monde où les récits se recyclent, où les idoles ne meurent jamais vraiment, et où l’histoire collective se réécrit sans cesse, au risque de perdre tout sens. En filigrane, c’est bien de notre rapport à la mémoire, à la fiction et à l’identité qu’il est question.

Dolly’s Bible est un roman dense, audacieux, qui demande au lecteur de se laisser porter plutôt que de chercher des réponses immédiates. Une expérience de lecture singulière, parfois dérangeante, souvent envoûtante, qui séduira les amateurs de récits hors normes et de fictions où l’imaginaire devient un outil pour interroger le réel.

ASIN ‏ : ‎ B0G5HX76WL Éditeur ‏ : ‎ Independently published Date de publication ‏ : ‎ 5 décembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 436 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-8268644654

OASIS, Live Forever : La naissance, la chute et la résurrection d’OASIS de John Robb

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Avec ses hymnes électriques, ses frasques légendaires et ses querelles fratricides,
Oasis a incarné l’esprit des années 1990 comme nul autre. Live Forever raconte l’histoire de ce phénomène culturel.

Avec OASIS, Live Forever, John Robb signe l’un des récits les plus complets, les plus incarnés et les plus vivants jamais consacrés au groupe qui a redéfini la britpop et marqué une génération entière. Journaliste emblématique de la scène mancunienne, Robb ne se contente pas de retracer la chronologie connue : il fouille les coulisses, remonte aux racines sociales et culturelles d’Oasis et révèle la mécanique intime qui a propulsé, puis détruit, les frères Gallagher.

Le livre brille par son immense richesse documentaire. Robb, témoin direct de l’ascension du groupe, livre des anecdotes inédites, des témoignages exclusifs — notamment de Noel Gallagher — et une analyse fine de l’écosystème musical des années 1990. À travers lui, on redécouvre Manchester, sa rage, son humour, son travail acharné et cette énergie brute qui a donné naissance à un groupe devenu phénomène.

Mais Live Forever ne se limite pas à la glorification nostalgique : il explore aussi les fractures, les excès, les tensions fratricides et l’inévitable implosion d’un duo qui n’a cessé de se construire et de se détruire. La chute est racontée avec une lucidité rare, tandis que la « résurrection » d’Oasis — leur héritage indestructible — apparaît comme l’un des legs les plus puissants de la culture pop moderne.

Le style de Robb est vivant, précis, éclairé. Il parvient à capturer ce qu’Oasis représente encore aujourd’hui : la dernière grande mythologie du rock, un concentré de fureur, de mélodie et d’attitude qui continue de résonner dans les stades, les playlists et l’imaginaire collectif.

Éditeur ‏ : ‎ Talent Editions Date de publication ‏ : ‎ 26 novembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378154895 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378154899

Future Boy : Retour vers le futur et mon voyage à travers le continuum espace-temps de Michael J Fox

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1985 : l’année où Michael J. Fox a changé la pop culture

Avec Future Boy, Michael J. Fox ne se contente pas de revenir sur sa carrière : il nous plonge dans une zone temporelle singulière, une fêlure lumineuse entre la télévision et le cinéma, entre l’enfant qu’il était encore et l’icône qu’il allait devenir. Le livre couvre l’année décisive de 1985, véritable point de bascule où Sacrée Famille et Retour vers le Futur s’entrechoquent pour façonner définitivement son identité d’artiste — et l’imaginaire collectif.

Fox raconte cette période avec une énergie qui lui est propre : un mélange d’humour, de lucidité, de tendresse et d’infatigable gratitude. Entre deux plateaux, il s’échappe d’un univers à l’autre et transpose ce grand écart dans le récit d’un Hollywood en mutation. On y découvre l’acteur à l’aube de sa légende mais aussi l’homme, jeune, débordé, parfois dépassé, mais galvanisé par l’enthousiasme et la conviction d’être exactement là où il doit être.

Ce qui frappe, c’est la manière dont Fox parvient à rendre palpable la magie brute du cinéma. Les anecdotes inédites révèlent la fragilité de certaines décisions, l’alchimie imprévisible entre une équipe, un réalisateur, un acteur, un scénario — autant d’éléments qui auraient pu faire vaciller Retour vers le Futur avant qu’il ne devienne un monument. Le livre multiplie ces plongées coulisses qui redonnent vie aux nuits de tournage, aux improvisations mythiques, aux doutes comme aux éclairs de génie qui ont façonné Marty McFly.

Mais Future Boy n’est pas seulement un récit nostalgique : c’est un hommage vibrant à un moment de grâce où la pop culture s’est cristallisée autour d’un film, d’un rôle et d’une présence unique. Fox, sans jamais forcer l’émotion, montre comment ce personnage a redéfini sa vie, sa carrière, et plus tard, son combat contre la maladie. La plume mêle l’intime et l’universel, le panache d’Hollywood et la fragilité humaine avec une sincérité rare.

Éditeur ‏ : ‎ Talent Editions Date de publication ‏ : ‎ 19 novembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378155085 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378155087

Blood-Crawling Princess of a Ruined Country – tome 3 de Yuki Azuma

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Ils l’ont traînée dans la boue, elle va faire couler leur sang.

Dans ce troisième volume, Yuki Azuma poursuit sa fresque sanglante et tragiquement humaine avec une intensité qui ne faiblit jamais. Blood-Crawling Princess of a Ruined Country confirme ici son statut de dark fantasy d’exception, où la brutalité du monde se mêle à la détermination farouche de femmes brisées mais jamais réduites au silence.

Ce tome s’ouvre sur une fuite haletante. Après avoir échappé aux tunnels qui les retenaient captives, les prostituées tentent de gagner les montagnes, un territoire aussi hostile que la société qui les a condamnées. Azuma excelle une nouvelle fois dans l’art d’installer une tension permanente : précarité, menace, fatigue, blessures… chaque page semble peser sous le poids de la survie.
Parmi elles, Priscilla, princesse déchue aux pieds ensanglantés, reste le cœur battant du récit. Soutenant Laura, grièvement blessée, elle se heurte à l’impitoyable indifférence du monde extérieur. Sa tentative désespérée de différer le départ auprès de l’émissaire de leur prétendu refuge se solde par un échec, rappel brutal du peu de valeur accordée à ces femmes sacrifiées.

La force du tome tient dans cette montée tragique d’un espoir qui s’effrite. Une tempête s’abat sur la mer comme sur les âmes — un miroir symbolique que la mangaka déploie avec une remarquable maîtrise visuelle. Les rafales, les vagues et les lézardes qui se forment sur le dernier pont menant au port composent une tension presque apocalyptique. L’infrastructure qui craque sous la violence des flots semble répondre à la fragilité de l’humanité de ces héroïnes : tout peut céder d’un instant à l’autre.

Graphiquement, Yuki Azuma atteint ici un sommet : les contrastes d’encre, les visages marqués, les corps meurtris confèrent au récit une crudité saisissante. C’est une œuvre où l’esthétique sublime n’atténue jamais la souffrance, et où la violence n’est jamais gratuite : elle dit quelque chose du monde, et de ce qu’il fait aux opprimés.

Sur le plan narratif, ce tome approfondit la psychologie du groupe. Les liens entre femmes, complexes, douloureux et parfois ambigus, deviennent une matière dramatique d’une puissance rare. La détermination de Priscilla se transforme en rage froide, en volonté de vengeance, en possibilité de renaissance. L’autrice sème les graines d’un basculement à venir : celui où la victime se change en menace, où la boue se transforme en sang.

En refermant ce troisième volume, impossible de ne pas ressentir cette boule au ventre propre aux récits qui vous happent entièrement. Blood-Crawling Princess of a Ruined Country ne raconte pas seulement l’horreur : il raconte la dignité qui survit malgré elle. Un manga d’une âpreté splendide, qui continue d’étendre son souffle tragique et envoûtant.

ASIN ‏ : ‎ B0FC1MJD11 Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 4 décembre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 194 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042019204

Enfer vertical de Serge Brussolo

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C’est une prison sans barreaux et sans geôliers. On n’y rencontre qu’un seul interlocuteur : un distributeur d’aliments blindé comme un coffre-fort et plus intelligent qu’un ordinateur

Avec Enfer vertical, Serge Brussolo signe l’un de ses récits les plus dérangeants et fascinants, un huis clos dystopique où la cruauté du système dépasse de loin celle des geôliers. Ici, il n’y a ni gardiens ni murs, seulement un distributeur d’aliments blindé, quasi divin, qui fait régner une loi aussi absurde que terrifiante : pour recevoir de quoi survivre, chaque prisonnier doit accepter une souffrance. Une décharge électrique, une brûlure, une punition infligée par la machine elle-même. Ce dispositif sadique instaure une mécanique de pouvoir à la fois simple et imparable, où la survie devient un marché et la douleur une monnaie d’échange.

Brussolo maîtrise l’art de l’angoisse technologique. En quelques pages, il installe une atmosphère oppressante, presque claustrophobe, dans ce bagne sans barreaux qui emprisonne les corps mais surtout les esprits. Le distributeur devient un personnage à part entière, une entité impassible dont l’intelligence froide et calculatrice pousse les détenus à une forme d’autopunition perpétuelle. La révolte, lorsqu’elle naît, semble presque inévitable ; mais le roman ne tarde pas à rappeler que dans les univers de Brussolo, la résistance n’est jamais synonyme de victoire.

La force du livre tient dans cette tension permanente entre le désespoir collectif et l’instinct primaire de survie. Les prisonniers oscillent entre soumission et folie, entre solidarité fragile et trahisons brutales. Brussolo dissèque méthodiquement les comportements humains lorsqu’ils sont soumis à un système inhumain – un thème récurrent dans son œuvre, mais qui trouve ici une expression particulièrement crue. L’auteur joue avec les limites psychologiques de ses personnages, et avec celles du lecteur, sans jamais rompre l’allure nerveuse de sa narration.

Comme souvent chez Brussolo, l’imaginaire, la science-fiction et l’allégorie sociale s’entremêlent. Enfer vertical n’est pas seulement un récit d’anticipation : c’est une réflexion glaçante sur les systèmes qui transforment l’humain en marionnette, sur la manière dont la douleur peut devenir un rituel, et sur l’illusion de domination que peut exercer une machine dès lors que l’homme accepte ses règles.

Un roman intense, perturbant, d’une efficacité redoutable, qui rappelle pourquoi Serge Brussolo demeure l’un des maîtres incontestés du fantastique et de la dystopie en France.

ASIN ‏ : ‎ B0FXXK594P Éditeur ‏ : ‎ H&O Accessibilité ‏ : ‎ Date de publication ‏ : ‎ 27 octobre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Taille du fichier ‏ : ‎ 3.4 MB Lecteur d’écran  ‏ : ‎ Pris en charge

Rinocérox de Serge Brussolo

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Ils avaient dû apprendre à survivre au milieu d’un champ de bataille fantôme ravagé par les explosions d’une guerre perdue depuis longtemps.

Avec Rinocérox, Serge Brussolo renoue avec ce qu’il maîtrise mieux que quiconque : la fable dystopique obsédante, née d’un imaginaire aussi brut qu’incontrôlable. Dès les premières pages, l’auteur entraîne le lecteur dans un désert post-apocalyptique où les vestiges d’une guerre depuis longtemps éteinte continuent pourtant de fracasser le présent. Le cœur du roman repose sur une idée d’une puissance visuelle sidérante : des enfants livrés à eux-mêmes, contraints de survivre en se perchant sur le dos d’un tank robotisé, une créature d’acier qui sillonne le désert sans but mais avec une violence intacte. Comme des oiseaux sur un rhinocéros, ils vivent en clandestins sur une machine conçue pour tuer, espérant que le monstre ne remarque jamais leur présence.

Brussolo excelle ici à faire naître une tension permanente : le moindre mouvement, la moindre vibration du tank menace d’anéantir ces jeunes clandestins mécaniques. Il décrit un monde sans pitié, où la logique militaire a remplacé la raison humaine, et où la technologie, devenue folle, règne comme une divinité aveugle. Pourtant, au milieu de cette brutalité, c’est la dimension profondément humaine des personnages qui domine : leur ingéniosité, leur solidarité fragile, leur instinct de survie, leurs espoirs minuscules mais obstinés.

À travers ce récit suffocant, l’auteur interroge la place laissée aux enfants dans un monde fabriqué par les erreurs des adultes. Rinocérox devient alors une parabole sur l’héritage toxique des guerres, sur la déshumanisation engendrée par les machines et sur la capacité des plus faibles à se réinventer dans les interstices du cataclysme. Chaque page porte la signature de Brussolo : un style nerveux, des images frappantes, une imagination démesurée qui explore les peurs les plus archaïques tout en refusant la facilité.

Le roman avance comme le tank qu’il met en scène : puissant, imprévisible, chargé d’une énergie sauvage. Un récit de survie viscéral, férocement original, qui continue longtemps de résonner une fois refermé. Une plongée brutale et fascinante dans un futur désolé où l’on comprend que, parfois, pour échapper à la destruction, il faut apprendre à chevaucher le monstre lui-même.

ASIN ‏ : ‎ B0G4FCP862 Éditeur ‏ : ‎ H&O Accessibilité ‏ : ‎ En savoir plus Date de publication ‏ : ‎ 29 novembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Taille du fichier ‏ : ‎ 3.3 MB Lecteur d’écran  ‏ : ‎ Pris en charge