Contes de fées pour les petits (28 février 2019) de Susanna Davidson et Lorena Alvarez

Cinq contes de fées classiques réunis dans un beau recueil avec une couverture scintillante, à lire aux jeunes enfants. Cendrillon, Boucle d’Or et les trois ours, Jack et le haricot magique, Le petit chaperon rouge, La princesse au petit pois : cinq contes de fées classiques racontés aux jeunes enfants et réunis dans un beau recueil illustré.

Chronique :  Très bel album de la part des Editions Usborne car il contient 5 histoires courtes, superbement illustrées.
Les histoires ne sont pas trop longues et peuvent donc aisément être racontées à des petits le soir au coucher. L’enfant n’a pas le temps de s’ennuyer grâce aux merveilleuses illustrations qui accompagnent le récit.
Le texte est écrit en gros caractère ce qui permet aux enfants en âge de lire de le faire par eux-même.La reliure est magnifique; de même que les illustrations.

Note : 9,5/10

Usborne sur le Net : http://www.usborne.fr et http://www.usborne-quicklinks.com/fr

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  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Usborne (28 février 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 1474962297

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Dessine avec des tampons – Les animaux (28 février 2019) de Fiona Watt et Candice Whatmore

Ce livre de dessin est fourni avec six tampons et une palette de six couleurs intégrés, pour compléter les illustrations et créer de nombreux animaux dont des hippopotames, des kangourous, des koalas, des colibris, des poissons, des flamants roses… En suivant les instructions claires et illustrées étape par étape, les jeunes artistes pourront remplir les pages du livre ou donner libre cours à leur imagination.

Chronique :Ce petit livret est vraiment bien fait! Les enfants adorent et passent beaucoup de temps à faire de beaux dessins. Les pages sont détachables, ce qui permet de donner une feuille à chacun ou bien de l’offrir à quelqu’un une fois terminé, ou encore de l’accrocher en décoration. Les enfants aiment qu’on puisse admirer leurs œuvres pendant quelques temps.
Des illustrations toutes simples ,des animaux  sont parsemées dans les pages du livret. C’est alors aux enfants de les compléter avec des tampons et de la peinture. Il y a 6 tampons représentant 6 formes différentes (rond, triangle, carré…) ainsi que 6 couleurs d’encre. Aux enfants de trouver la bonne couleur et la bonne forme. C’est tout simple, il n’y a pas besoin d’eau, il faut juste rincer les tampons après utilisation afin de ne pas tout tacher.
L’auteur donne quelques petits indices pour aider l’enfant à savoir ce qu’il faut faire. Mais c’est une activité manuelle très intéressante et l’enfant est libre de faire ce qu’il veut de son dessin personnel. Il peut même rajouter, après séchage, de la couleur avec des feutres ou des crayons de couleurs…
Un vrai moment de bonheur pour les petits et grands!

Note : 9,5/10

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  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Usborne (28 février 2019)
  • Collection : Dessine avec…
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 1474959237

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Ca brille ! – Livre d’autocollants (10 janvier 2019) de Fiona Patchett et Anni Betts

Des autocollants scintillants à effet holographique et des licornes, des fées, des sirènes et des flamants roses à placer au fil des pages de ce livre qui enchantera les enfants à partir de 4 ans.

Chronique : Adorable, incroyablement, délicieusement mignon. Aimable et câlin. On ne peut dire d’autre point positif pour dire à quel point ce livre est « mignon ». Un livre d’une beauté enchanteresse autocollants brilles et l’enfant illustre son histoire qui s’impose au lecteur e. Un conte  que les petits amateurs  se feront un plaisir de lire. Magnifique en ce début d’année.

Note : 10/10

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  • Album: 15 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Usborne (10 janvier 2019)
  • Collection : Mon petit livre d’autocollants brillants
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 1474956505

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Philo pour les 7-10 ans / C’est quoi la violence / C’est quoi la liberté / C’est quoi vivre ensemble (3 janvier 2019) de Oscar Brenifier

Six grandes questions illustrées de 36 situations quotidiennes et 144 petites questions pour rebondir, ouvrir le dialogue et initier les enfants à la réflexion philosophique, comme un jeu.
Dès 7 ans.

Chronique : Trois livres très sympa qui arrivent à réussir sur cette première approche de la philosophie.  Sur chaque double page l’enfant est mis en scène dans une situation qui parle à l’enfant sur la violence , la liberté et vivre ensemble.
Des textes évocateur qui reprend bien l’esprit de la philosophie et bien sur des illustrations douces sur le thème. Ce livre est très facile à lire, et va vous permettre d’initier votre enfant. Il permet de se libérer de ses angoisses et de prendre confiance en soi.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 96 pages
  • Tranche d’âges: 7.0 années et plus
  • Editeur : Nathan (3 janvier 2019)
  • Collection : PhiloZenfants

 

30 jours sans déchets (ou plus…) (2 janvier 2019) de Sophie Rigal-Goulard

Y en a marre des déchets ! La poubelle déborde, les plastiques s’accumulent, le frigo est plein d’aliments périmés. Alors Austin, 11 ans, persuade sa sœur et sa famille de réduire leurs déchets. Mais au bout de quelques jours, le défi devient insurmontable. Comment ne pas craquer ?

Chronique : Un roman rythmé et plein d’humour pour faire réfléchir sur notre monde.
Un livre qui fait se poser pas mal de questions sur la place intrusive des déchets dans notre quotidien,  quand on y regarde, les enfants, de plus en plus jeunes, y sont confrontés… Ce livre se fait se poser les bonnes questions….Sophie Rigal-Goulard qui d’un coup d’une façon humoristique nous  fait rappeler à tous que protéger la natuee c’est aussi nous protéger nous.
Représentation ouverte du concept pour une lecture multiple.
                                               Sophie Rigal-Goulard signe une œuvre audacieuse qui invite le jeune lecteur à se questionner sur des problèmes actuels. Une très belle œuvre. Les différentes anecdotes et « rebondissements », le style enlevé rendent ce livre extrêmement agréable à lire. Une lecture qui serait profitable à certains adultes.

Note 9,5/10

 

  • Broché: 192 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Rageot Editeur (2 janvier 2019)
  • Collection : Grand Format
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2700273621

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Engrenages et sortilèges (23 janvier 2019) de Adrien Tomas

Grise et Cyrus sont élèves à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent, ils doivent fuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont d’autre choix que de faire alliance…

Chronique : Merci à Rageot pour ce superbe livre de  fantasy qui nous fait voyager  vers des terres peu connues. Avec une superbe couverture , des chapitres bien mis en évidence…et c’est surtout  un agréable roman  Il y a de bons ingrédients permettant aux lecteurs d’apprécier cette histoire : magie, aventure et récit initiatique. On peut honnêtement dire sans gâcher une chose que ce roman offre de l’estime de soi.
Car cela se ressent dans une véritable horreur depuis le début et jamais une fois la tension ne s’est glissée, se basant sur les détails, des caractérisations pointues et des révélations merveilleuses. On pourrait l’appeler une fantaisie sombre, bien sûr, ou une fiction historique avec un réalisme magique plié, ou même un conte  tellement enraciné dans la réalité qu’on ne pourrait jamais creuser assez profondément.
Est-ce que ce roman n’est pas seulement un conte parfait, mais aussi un peu le miroir au fait de sa propre écriture?  Un superbe roman à lire et relire tout en admirant chacune des pages.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (23 janvier 2019)
  • Collection : Grand Format
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 270025936X
  • ISBN-13: 978-2700259360

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Hatchimals – Cartes à gratter (17 janvier 2019)

10 cartes à l’effigie de tes Hatchimals préférés ! Dans ta pochette, tu trouveras 10 magnifiques cartes à gratter pour découvrir l’univers fabuleux d’Hatchimals ! Il te suffit de gratter l’encre noire des cartes en suivant les modèles pour faire apparaître tes personnages préférés !

Chronique : Une  pochette sous le signe des Hatchimals avec pas moins de 10 cartes qui donneront vie à autant de tableaux fantastiques.
A l’aide d’un stylet fourni, l’enfant doit gratter le modèle en suivant le dessin. Il faut donc enlever l’encre noire pour faire ainsi apparaître le dessin qui se cache dessous. On peut ainsi s’amuser à deviner les couleurs.
Mais l’enfant peut aussi choisir de faire preuve d’imagination et de créativité en s’appropriant les larges zones noires pour tenter d’inventer ses propres motifs…
Une pochette qui plaira à tous ceux qui se plaisent à bricoler, raboter et rogner mais aussi dessiner.

Note : 9/10

 

  • Relié: 10 pages
  • Tranche d’âges: – 2 années
  • Editeur : Dragon D’Or (17 janvier 2019)
  • Collection : Cartes à gratter
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2821210140

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Dossier : Serge Brussolo / Un écrivain au fil du temps

Auteur de plus d’une centaine de romans, vieux routard de la littérature interlope à l’imagination démoniaque, Serge Brussolo occupe une place très particulière dans le champ littéraire français. Si vous avez peut-être lu sa série de littérature jeunesse, Peggy Sue, avez-vous déjà regardé sa production antérieure ? Brussolo est-il un écrivain prolixe ou prolifique ? 

Son œuvre décapante compte plus d’une centaine de titres. Un rapide coup d’œil à sa production littéraire suffit à faire éclater la traditionnelle classification en genre : fiction historique, thriller d’anticipation, space opera,  policier, roman d’horreur, littérature jeunesse…il est difficile de trouver une catégorie marginale, un sous-genre obscur, que Brussolo n’aurait pas exploré. D’aucuns diront que le seul exercice auquel il ne se soit pas plié est celui de la littérature. Pourtant, si l’on observe de plus près sa production , on pourrait remarquer qu’elle se structure toujours autour des mêmes obsessions. C’est donc à travers elles que je compte vous faire (re)découvrir l’univers fort peu recommandable de Brussolo.

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L’amour de la marge

Si on ne devait retenir qu’une seule caractéristique des innombrables romans de Brussolo, ce serait une fascination pour l’étrange et le pathologique. Quel que soit le genre dans lequel il officie, le personnage central sera systématiquement frappé d’anathème et mis à l’index de la société. Parfois, ce choix de la bordure contre la norme est volontaire, voire même déterminant. Cependant, dans certains cas, c’est une posture forcée. Pour prendre un exemple extrême, l’un des avatars du héros chez Brussolo est Conan Lord, un aviateur défiguré contraint à cambrioler pour subvenir à ses besoins.

Pour autant, si on devait définir une topique du personnage, on pourrait proposer la figure suivante : David Sarella, jeune thésard en histoire travaillant sur un sujet oublié, bien souvent forcé à accepter un emploi pour gagner un peu d’argent, généralement une tâche monotone et propice à l’exclusion sociale. A cela, il faut ajouter des relations conflictuelles avec son entourage, des histoires d’amours inachevées, une tendance naturelle à la paranoïa doublée d’un courage hors-norme et d’un don pour la rêverie.  Or dans bien des récits de Brussolo, c’est justement cet attrait pour l’imagination qui entraîne peu à peu le personnage au bord de la société. De façon schématique, une imagination débridée est le premier pas vers la folie dans les romans de Brussolo.

Par ailleurs, la marge ne se manifeste pas uniquement à travers le milieu socio-culturel du personnage brussolien  mais se rapporte également dans les cercles dans lesquels évolue le personnage.  En somme, le héros marginalisé fréquente des groupes eux-mêmes marginalisés. De cette façon, les tentatives de socialisation du personnage le font pénétrer dans d’inquiétants microcosmes. Ces sociétés en vase clos permettent à Brussolo d’étudier les rapports de domination entre individus ainsi que de désigner les symboles de pouvoir. Bien souvent, ces micro-sociétés sont religieuses, s’apparentant parfois à des sectes mais il peut également s’agir d’un lieu confiné ne pouvant interagir avec le monde extérieur.  Il ne faut pas pour autant se méprendre : les analyses de Brussolo sur ces groupes restreints détachés de la société ne peuvent en aucun cas prétendre à une quelconque pertinence sociologique, l’intérêt de ses ouvrages est ailleurs.

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L’esthétique du Grand-Guignol

Si la marge est le thème récurrent par excellence des romans de Brussolo, le Grand-Guignol est la principale composante stylistique de ses romans.  Les détails macabres parsèment ses romans de manière si intensive qu’on peut soupçonner l’auteur d’en faire un usage parodique. Le ton volontairement cynique, parfois même badin, contraste avec l’extrême violence des situations et provoque un effet comique, proche de l’humour noir. L’une des meilleures illustrations de ce principe serait la première phrase de La Fille de la nuit :

« Certaines personnes ont un trou de mémoire…un trou dans leur emploi du temps…elle, elle avait tout cela à la fois puisqu’elle avait un trou dans la tête. »

Par ailleurs, l’un de ses romans, Les écorcheurs, fait directement référence au théâtre du  Grand-Guignol et, dans un renversement grotesque, les acteurs de ce théâtre ont réellement étripé, mutilé et torturé des gens sur scène en faisant passer ces crimes pour une représentation particulièrement réaliste. Il semblerait que la multiplication de situations mortifères et d’intrigues sanglantes soient un prétexte sur lequel se greffe l’imagination délirante de Brussolo. Par exemple, voici le motif récurrent de L’enfer, c’est à quel étage ? roman dont le titre nous aiguillonne déjà sur la piste de la surenchèr.

Traditionnellement, l’appât du gain justifie toutes les exactions des personnages de Brussolo et leur permet toutes les excentricités. Notez également la situation particulièrement grotesque dans laquelle se retrouve l’héroïne de L’homme sur la banquise .

Le folklore traditionnel et certaines mythologies orientales servent de point d’appui à Brussolo pour déployer les ressorts de son imagination. Les artefacts perdus, les histoires racontées au coin du feu et les croyances ancestrales de population reculées sont souvent exploitées afin d’en faire ressortir la part la plus sombre et la plus violente. Les mythes apportent un semblant d’authenticité au récit, un pseudo contexte historique qui tend à amplifier l’horreur du récit. Par exemple, si Brussolo développe une intrigue se déroulant dans l’Antiquité, elle prendra nécessairement place sous le règne d’un empereur romain décadent torturant les chrétiens. De même, le Moyen-Âge est systématiquement décrit comme une ère obscurantiste où les superstitions se mêlent au christianisme dans un syncrétisme douteux. Evidemment, autant dire que ses romans n’ont pas la moindre valeur historique et perpétuent sans cesse des clichés. Mais la fin justifie les moyens. Brussolo n’est pas historien, il est romancier et cherche à susciter la terreur et la pitié en utilisant tous les artifices imaginables.

Pour clore ces réflexions éparses sur l’usage immodéré du gore, on pourrait justifier son emploi de plusieurs manières. Tout d’abord parce que c’est un moyen très efficace pour retenir l’attention du lecteur. Rien de telle qu’une mutilation du héros pour le mettre en éveil et le faire tourner les pages de manière fébrile. L’abondance d’hémoglobine peut aussi être envisagée comme un ressort du comique, ce qui ferait basculer certains des romans les plus macabres de Brussolo dans la parodie. Ici, je pense notamment à la série en deux volumes des Croix de Sang où nous suivons les aventures malheureuses d’un infirmier de guerre sur une planète lointaine et dangereuse.  Cependant, lorsque l’horreur est distillée de manière plus subtile, ce qui est le cas dans la majorité des romans de Brussolo, elle provoque un sentiment d’angoisse, parfois redoutablement efficace.

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L’inquiétante étrangeté

L’esthétique macabre de ses récits permet de créer un climat délétère dans lequel le personnage principal doit se frayer un chemin. Tous les moyens sont bons pour susciter la terreur. L’inquiétante étrangeté qui se dégage de son univers romanesque se traduit par une défiguration du quotidien. Par exemple, l’action de Ceux qui dorment en ces murs se déroule dans un Brésil fantasmé, faisant écho à une vision grossière de l’Amérique du Sud. Les rapports de domination semblent bien exploités mais l’intrigue bascule assez rapidement dans un capharnaüm d’images grotesques. De même, pour prendre un roman plus réussi, Les chiens de minuit nous plonge au cœur de la jungle urbaine et met en lumière la dangerosité du sentiment d’appartenance à un gang. Or cette situation n’est pas sans rappeler certaines tensions sociales inhérentes aux grandes villes. Voir dans les romans de Brussolo une dégradation soudaine d’un univers familier provoque un sentiment de malaise, qui peut se prolonger jusqu’à l’angoisse, cette sensation diffuse d’étranglement.

Pour accréditer davantage cette présence d’une inquiétante étrangeté, on peut remarquer que les romans historiques de Brussolo comportent très souvent des notes à l’intention du lecteur signalant l’authenticité de certaines anecdotes du récit. Ce paratexte contribue à forger un effet de réel qui tend à bousculer la sérénité du lecteur. Ce principe est parfois renforcé par l’avertissement de l’auteur qui semble se prémunir d’éventuelles ressemblances avec le réel, tout en adoptant un ton goguenard et malicieux.

Par ailleurs, les héros de Brussolo ne méritent jamais ce qualificatif. Ils sont souvent entraînés malgré eux dans un conflit qui les dépassent. Ils sont passifs face à l’évènement et réagissent toujours de manière très humaine – trop humaine. Comme n’importe lequel d’entre nous en situation de crise, ils sont terrifiés et semblent souvent dépassés par ce qui arrive. Évidemment, il est difficile de généraliser sur plus d’une centaine de livres, et Peggy Meetchum se comporte véritablement en héroïne, mais cette caractéristique renforce cette impression de vulnérabilité du personnage principal. Les romans de Serge Brussolo sont un miroir déformant de notre propre quotidien. Par anamorphose, ils nous font basculer dans un univers violent et dégradé, qui n’est pourtant pas si étranger du nôtre. Dans le monde romanesque de Serge Brussolo, tout peut arriver et personne n’est en sécurité, pas même le personnage que vous suivez depuis 300 pages.

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Répétition ou réécriture ?

Si tout peut arriver dans un roman de Brussolo, il faut tout de même reconnaître que certains scénarios sont plus prévisibles que d’autres. L’imagination de Brussolo est certes délirante, elle n’est pas sans limite. Lorsqu’on écrit plus d’une centaine de livres, il est évident que les mêmes ficelles se répètent encore et encore. Certaines facilités oscillent entre le clin d’œil un peu lourd et la redite grossière. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder l’emploi des noms propres chez Brussolo. Pas moins d’une trentaine de ses héros se nomment David Sarella et partagent les mêmes caractéristiques alors même qu’ils ne sont pas identiques. Lorsque Brussolo veut évoquer un lieu mystérieux, il portera toujours le nom d’Almoha, et c’est une constante qui dure depuis son premier roman. Que ce soit une île battue par les flots, une oasis perdue, un monde inconnu, le nom reste le même. En revanche, si c’est une ville coloniale perdue dans l’Amazone, elle aura pour toponyme San-Carmino. De même, l’héroïne a fréquemment Peggy pour prénom, et son nom hésite entre Meetchum ou Sue. Même les personnages secondaires ne sont pas épargnés par ce fléau patronymique et Candarec joue souvent le même rôle. Pis encore, c’est parfois les intrigues qui se font directement échos. Pour reprendre un exemple bien connu, toute sa série jeunesse Peggy Sue n’est qu’une version édulcorée de ses romans pour adultes. De même, Brussolo glisse dans ses romans de nombreuses allusions à ses œuvres antérieures, que ce soit à travers des personnages récurrents ou des figures mythiques de ses romans, comme le mystérieux Docteur Squelette.

Pourtant, cette répétition permanente de certains motifs permet d’instaurer un rapport de familiarité inédit avec son lecteur. Une sorte de jeu se met en place et l’on se surprend à jouer au chat et à la souris avec l’auteur. Il ne s’agit plus de se laisser surprendre par une intrigue convenue mais de déchiffrer la mécanique du livre avant son dénouement. A ce titre, quelques ouvrages sont fascinants puisqu’ils tiennent plus du collage et à la juxtaposition de thèmes brussoliens plutôt qu’à une création originale. Le lecteur se fait donc enquêteur en reconstituant l’histoire à partir d’indices textuels.

L’univers de Serge Brussolo est foisonnant, insolite, avec parfois des idées incongrues et étranges, mais c’est ce qui fait le charme de l’auteur. D’un roman à l’autre, certaines de ses idées sont abordées de manière différente.

Qu’il s’agisse de récupérer un trésor dans une pyramide truffée de pièges et de faux-semblant, qui plus est enfouie dans les sables mouvants ; de percer à jour le secret d’un chevalier qui ne quitte jamais son armure sans céder aux superstitions locales ; de déjouer le mystère d’un faux pèlerinage et de puissances « démoniaques »… Brussolo ne lâche jamais son lecteur qu’il tient en haleine d’un bout à l’autre. « Pèlerins des ténèbres », « Le labyrinthe de Pharaon », « La Captive de l’hiver » : autant de titres qui semblent avoir été écrits pour des insomniaques chroniques.

Impossible ici d’évoquer chacun des fleurons d’une production pléthorique, dans laquelle la qualité est toujours au rendez-vous. Il existe cependant des Brussolo « mineurs », des Brusssolo paresseux, dans lesquels l’intrigue se déroule sans accrocs, sans surprises. Mais même ceux-là témoignent d’un tel savoir-faire qu’ils dépassent de plusieurs coudées la plupart des thrillers basiques : on y décèle malgré tout la griffe inimitable du maître.

Les thrillers de Brussolo, qu’ils fussent historiques ou contemporains, peuvent selon moi, se diviser en deux catégories : ceux dont l’intrigue rebondit pratiquement à chaque page (« Le labyrinthe de pharaon », « La main froide », « La fille de la nuit » par exemple) et ceux où l’atmosphère prévaut. Souvent oppressante, anxiogène. Si l’action finit quand même par avoir le dernier mot, les réflexions et hypothèses des héros et des héroïnes, leurs découvertes progressives y sont prédominantes. Là, Brussolo peut donner totalement libre cours à son imaginaire débridé. C’est le cas de « Armés et dangereux », « Le murmure des loups »  « Dortoir interdit ».Des romans fascinants à plus d’un titre, qui suscitent chez leurs lecteurs une irrémédiable addiction.

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Les Amants de la rivière rouge (24 janvier 2019) de Marie-France DESMARAY

Un matin d’octobre 1921, Louis, quinze ans, quitte sa Vendée natale le coeur lourd… et le ventre rond. La jeune fille-mère se réfugie en Charente, où elle est accueillie par des Vendéens du bocage établis sur ces terres. En échange de l’entretien de leur maison, elle trouve chez eux la douceur d’un foyer pour élever sa petite Rose.

Chronique : Condensé de cette œuvre de génie : Traité avec justesse, l’ouvrage est d’une qualité littéraire remarquable. Marie-France DESMARAY nous livre ici un condensé d’émotion et de tendresse avec le lien indéfectible entre sa terre adoptive et le nouveau monde. C’est un peut notre Outlader francais, dans un esprit de rédemption, Louise va déployer tout son savoir-faire avec l’énergie qu’il lui reste pour ce voyage… Marie-France DESMARAY raconte une histoire simple, banale, qui pourrait concerner n’importe lequel d’entre nous, ce qui fait qu’on s’y identifie facilement avec un sentiment d’abandon, maltraitance et culpabilité sont les thèmes abordés qui portent en nous l’immense présence d’un être fort qui nous a appris la vie et nous transmet des valeurs et que l’on croyait invincible où le lecteur se replonge quelques décennies en arrière. Des moments beaux et touchants, un amour et une complicité, l’histoire d’une complicité intergénérationnelle.  Un très beau moment de lecture..

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 640 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (24 janvier 2019)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258152674

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La Troisième Hemingway (24 janvier 2019) de Paula MCLAIN

Fin 1936. La jeune romancière Martha Gellhorn a vingt-sept ans mais déjà une solide réputation de globe-trotteuse. De neuf ans son aîné, Ernest Hemingway est en passe de devenir le monstre sacré de la littérature américaine. Elle est célibataire mais connaît les hommes, il en est à son deuxième mariage. Entre eux, la complicité est d’abord intellectuelle. Mais la guerre a le pouvoir d’attiser les passions… Du New York bohème à l’Espagne ravagée par le franquisme, les amis deviennent amants. Et les voilà repartis sur les routes, entre l’Amérique, l’Europe et Cuba.

Chronique :La Troisième Hemingway  est exactement le genre de fiction historique dans laquelle les personnages et  l’écriture sont impeccable et  l’histoire d’amour tumultueuse entre Martha Gellhorn et Ernest Hemingway est très bien écrite.Martha Gellhorn, journaliste et correspondante de guerre primée arrêtée pour s’être rendue « sur le terrain » dans des endroits où elle n’était pas autorisée, est à la fois fascinante et inspirante pour moi. Ce qui se passe dans son mariage et ce qui en résulte m’a stupéfait. Gellhorn et Hemingway se font concurrence pour les emplois, se disputant l’attention et l’acceptation. À ce stade, la vie d’Hemingway devient de plus en plus détendue et instable. L’amour et l’obsession entre Martha et Ernest étaient palpables et électrisants, et comme c’est le cas avec beaucoup de mariages et d’aventures, parfois du plus grand des hauts, le plus grand des bas se trouve à la fin. Cette Histoire est raconté du point de vue de Gellhorn. Vous la suivez depuis ses racines de Saint-Louis jusqu’en Espagne, en Finlande, en Tchécoslovaquie, à Paris, etc…sur fond de guerre. Contrairement aux deux précédentes épouses d’Hemingway, elle ne fait pas de fausses promesses sur lui. Gellhorn a le cran de conserver et de se battre pour son sens de soi et de poursuivre son travail indépendamment du grand homme. Ce n’est pas facile et la plupart du temps, c’est douloureux. Un beau roman à découvrir.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (24 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258152666

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