Le Petit Prince – Édition illustrée interactive de Antoine de Saint-Exupéry (Auteur), MinaLima (Illustrations)

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Pour ses 80 ans, le Petit Prince débarque sur la planète MinaLima! 

Avec cette édition anniversaire du Le Petit Prince, MinaLima propose une relecture visuelle et sensorielle de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, à travers un objet éditorial qui dépasse le simple livre illustré.

Pensée comme une expérience immersive, cette édition se distingue par un travail graphique particulièrement riche. MinaLima, connu pour ses créations mêlant illustration et design, développe ici une esthétique colorée et inventive, en contraste assumé avec la sobriété des dessins originaux. Cette approche ne cherche pas à remplacer l’œuvre initiale, mais à en proposer une interprétation contemporaine.

L’ouvrage intègre une centaine d’illustrations inédites ainsi que plusieurs animations en papier, qui ponctuent la lecture. Ces dispositifs — découpes, volets, mécanismes — invitent le lecteur à interagir avec le récit. Faire éclore la rose, manipuler les éléments du décor ou accompagner le voyage du Petit Prince d’une planète à l’autre devient une manière de redécouvrir le texte.

Cette dimension interactive ne relève pas uniquement du jeu. Elle participe à la mise en valeur des thèmes du livre : l’émerveillement, l’enfance, la découverte. Le geste de manipulation prolonge l’expérience de lecture et renforce l’implication du lecteur, notamment pour un public plus jeune.

Le texte original est respecté, conservant toute sa portée philosophique. Les rencontres — avec le renard, le roi, le vaniteux ou l’allumeur de réverbères — conservent leur force symbolique, tandis que l’habillage visuel en propose une lecture renouvelée.

Cette édition s’inscrit ainsi dans une tendance éditoriale qui valorise le livre comme objet, à la fois esthétique et interactif. Elle permet de redécouvrir un classique sous un angle différent, sans en altérer l’essence.

Une proposition éditoriale ambitieuse, qui conjugue fidélité au texte et créativité visuelle, et qui transforme Le Petit Prince en une expérience de lecture enrichie et accessible à plusieurs générations.

  • Éditeur ‏ : ‎ GALLIMARD JEUNE
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated – Unnumbered copies
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2075230161
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2075230162
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 820 g

Saint-Exupery et l’origine du Petit Prince – Intégrale de Pierre-Roland Saint-Dizier (Scenario), Cédric Fernandez (Dessins)

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Dans le cadre de l’anniversaire des 80 ans de la parution du Petit Prince en France, les éditions Glénat publient une nouvelle édition augmentée de l’intégrale de Saint-Exupéry. 

Avec cette intégrale de Saint-Exupéry et l’origine du Petit Prince, Pierre-Roland Saint-Dizier et Cédric Fernandez proposent une relecture narrative de la vie d’Antoine de Saint-Exupéry, en articulant biographie et fiction pour éclairer la genèse d’une œuvre devenue universelle : Le Petit Prince.

Publié à l’occasion des 80 ans de la parution du Petit Prince en France, cet ouvrage s’inscrit dans une démarche de transmission, en revenant sur les années décisives de l’écrivain-aviateur. Le récit met en lumière son engagement au sein de l’Aéropostale, période fondatrice durant laquelle Saint-Exupéry forge son rapport au monde, entre solitude, danger et contemplation.

La bande dessinée adopte une approche romanesque, sans renoncer à l’ancrage historique. Les auteurs s’appuient sur des éléments réels — missions dans le Sahara, expériences en Argentine, exil aux États-Unis — pour construire un récit fluide, où la frontière entre vécu et imaginaire s’estompe progressivement.

L’un des axes majeurs du livre réside dans la mise en parallèle entre l’homme et l’œuvre. Les nuits passées en vol, les paysages désertiques, les rencontres et les épreuves deviennent autant de sources d’inspiration. Le Petit Prince apparaît alors non comme une création isolée, mais comme l’aboutissement d’un parcours personnel et artistique.

Graphiquement, Cédric Fernandez privilégie une approche immersive, attentive aux décors et aux ambiances. Les scènes aériennes, notamment, traduisent la sensation d’espace et d’isolement, tandis que les séquences plus introspectives accompagnent la dimension poétique du récit.

Cette édition intégrale, enrichie d’un cahier graphique inédit, apporte une valeur ajoutée éditoriale, en proposant un regard complémentaire sur l’univers de Saint-Exupéry et sur le processus de création.

L’ouvrage réussit ainsi à concilier accessibilité et exigence, en offrant à la fois une porte d’entrée vers la figure de Saint-Exupéry et une réflexion sur la naissance d’un classique.

Une bande dessinée solide et élégante, qui éclaire avec justesse les liens entre une vie d’aventure et une œuvre marquée par la simplicité, la poésie et l’universel.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated – Enlarged
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344075291
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344075296

Pokémon – Mon géantissime guide cherche-et-trouve – les 9 régions de The Pokémon Company (Auteur), Fabien Molina (Illustrations), Justine Collin (Illustration de couverture)

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Le guide ultime pour découvrir les 18 types de Pokémon de chacune des 9 régions connues à ce jour !

Avec Mon géantissime guide cherche-et-trouve, The Pokémon Company propose un ouvrage ludique qui s’inscrit dans la continuité de l’univers Pokémon, en combinant jeu d’observation et approche pédagogique. Illustré par Fabien Molina, avec une couverture signée Justine Collin, le livre vise un large public, des jeunes lecteurs aux amateurs de la licence.

L’ouvrage repose sur un principe simple et efficace : explorer les neuf grandes régions du monde Pokémon à travers des doubles pages foisonnantes. Chaque région — de Kanto à Paldea — est représentée par des scènes riches en détails, où se mêlent Pokémon emblématiques, environnements caractéristiques et situations dynamiques.

Le format « cherche-et-trouve » constitue le cœur de l’expérience. Le lecteur est invité à repérer des créatures ou des éléments spécifiques dans des illustrations denses, favorisant l’attention et l’observation. Cette mécanique ludique permet une immersion progressive dans l’univers, sans nécessiter de connaissances préalables.

Au-delà du jeu, le guide intègre une dimension informative. Il propose une présentation des 18 types de Pokémon, avec des indications sur leurs caractéristiques, leurs spécificités et leur rôle dans l’univers de la saga. Cette articulation entre jeu et contenu pédagogique renforce l’intérêt de l’ouvrage.

Le travail graphique joue un rôle central. Les illustrations, colorées et détaillées, multiplient les niveaux de lecture : elles permettent à la fois une exploration libre et un parcours guidé. Chaque page devient un espace d’observation où l’on peut revenir plusieurs fois, découvrant de nouveaux éléments à chaque lecture.

Le livre s’inscrit ainsi dans une logique de transmission de l’univers Pokémon, en rassemblant différentes générations de la franchise dans un même objet. Il fonctionne autant comme un jeu que comme un guide de découverte.

Mon géantissime guide cherche-et-trouve se présente comme un ouvrage accessible, qui valorise la curiosité et l’attention, tout en offrant une synthèse visuelle de l’univers Pokémon.

Un livre interactif et généreux, conçu pour prolonger l’expérience Pokémon autrement, entre exploration, jeu et apprentissage.

Éditeur ‏ : ‎ Dragon D’Or Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 282121944X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2821219441

Visqueuse de Morgane Caussarieu

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Dans un étang, Arsène pêche une étrange créature, sorte de sirène des marécages aussi fascinante que monstrueuse. Il la ramène chez lui et la séquestre.

Avec Visqueuse, Morgane Caussarieu confirme une trajectoire singulière dans le paysage du fantastique français contemporain. Après avoir revisité les figures du vampire (Dans tes veines) et du loup-garou (Vertèbres), l’autrice s’attaque ici à un nouveau mythe : celui de la sirène, déplacé dans un cadre inattendu, la France rurale des années 1930.

Le roman s’ouvre sur une découverte troublante. Arsène, pêcheur, remonte de l’étang une créature indéfinissable, à mi-chemin entre fascination et répulsion. Ce premier geste — capturer, ramener, enfermer — donne immédiatement au récit une dimension dérangeante. La créature n’est pas seulement un objet de curiosité : elle devient le révélateur d’une violence latente, d’un rapport de domination inscrit dans les gestes les plus ordinaires.

Le point de vue se déplace ensuite vers Huguette, la fille d’Arsène, dont le regard modifie la perception de la « chose ». Là où le père voit une anomalie à exploiter ou à contenir, l’enfant perçoit une altérité avec laquelle entrer en relation. Ce déplacement du regard constitue l’un des axes forts du roman : la créature cesse d’être un monstre pour devenir une présence, un être à part entière.

L’intervention de sœur Louise Simone, figure de nonne-naturaliste, introduit une autre dimension. À la croisée de la science et de la foi, elle incarne une tentative de compréhension, presque d’objectivation, de ce qui échappe aux catégories habituelles. Son enquête sur l’origine de la créature structure une partie du récit, sans jamais réduire le mystère.

Morgane Caussarieu construit ainsi un texte qui joue sur plusieurs registres. Le fantastique, bien sûr, mais aussi le naturalisme, à travers l’attention portée aux milieux, aux corps, aux matières. Le terme même de Visqueuse dit quelque chose de cette écriture : une sensation, une texture, un rapport physique au monde.

L’influence du cinéma de monstres, notamment celui des studios Universal, est perceptible, tout comme une proximité avec le registre du body horror. Mais le roman ne se limite pas à un exercice de style. Il interroge en profondeur la manière dont une société perçoit et traite ce qui lui est étranger.

Le cadre rural des années 1930, rarement mobilisé dans ce type de récit, renforce cette dimension. L’isolement, les croyances, les rapports de pouvoir locaux participent à installer une atmosphère dense, parfois étouffante.

Avec Visqueuse, Morgane Caussarieu propose un roman à la fois sensoriel et réflexif, qui dépasse la simple relecture d’un mythe pour en faire un objet littéraire singulier.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 448 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266357727 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266357722

Tourner la page de Zep

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Pour ce nouvel album, Zep revient dans un registre graphique inédit, porté par une aquarelle sensible qui évoque ses croquis intimes.

Avec Tourner la page, Zep confirme son ancrage dans une bande dessinée plus adulte et introspective, tout en opérant un déplacement graphique notable. L’album se distingue en effet par un travail à l’aquarelle, inédit dans sa bibliographie, qui confère au récit une texture plus fragile, presque intime, proche du carnet personnel.

Le point de départ narratif repose sur la disparition de Lambert Delville, écrivain reconnu, lauréat du prix Femina seize ans plus tôt pour Le Voyage parallèle. Sa mort, survenue dans la mer Égée, provoque une onde de choc médiatique et culturelle. Très vite, le deuil collectif se double d’un phénomène bien connu : la redécouverte de l’œuvre, l’augmentation des ventes, la construction d’une figure presque mythifiée de l’auteur disparu.

À partir de cet événement, Zep interroge moins la disparition elle-même que ce qu’elle révèle. Le récit s’intéresse à ceux qui restent — proches, professionnels du livre, lecteurs — et à la manière dont chacun se réapproprie l’image de l’écrivain. L’éditrice, notamment, incarne cette tension entre sincérité du deuil et logique éditoriale, résumée dans une formule : « un grand auteur ne meurt jamais ».

Le roman graphique développe ainsi une réflexion sur la mémoire, la postérité et la fabrication des figures artistiques. Qui était réellement Lambert Delville ? Que reste-t-il d’un auteur une fois disparu ? Quelle part de vérité subsiste dans les récits qui se construisent autour de lui ?

Zep adopte une narration fragmentée, faite de points de vue multiples, qui évite toute réponse univoque. Le récit avance par touches, laissant apparaître les contradictions, les zones d’ombre, les réinterprétations successives. Cette structure contribue à installer une distance critique, tout en maintenant une forte dimension émotionnelle.

Le choix de l’aquarelle accompagne pleinement cette démarche. Les couleurs, souvent diffuses, les contours parfois instables, participent à cette impression de mémoire en construction, de réalité qui se dérobe. Le dessin ne cherche pas la précision, mais l’évocation, en accord avec le propos.

Avec Tourner la page, Zep propose un ouvrage à la fois accessible et exigeant, qui s’inscrit dans une réflexion contemporaine sur la place de l’auteur et la transformation de son image après sa disparition.

Un roman graphique maîtrisé, où la douceur du trait contraste avec la lucidité du regard porté sur le monde littéraire et ses mécanismes

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 22 avril 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 281021011X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810210114

Chien Pourri à la préhistoire: Le Grand Pourrinosaure de Colas Gutman (Auteur), Marc Boutavant (Illustrations)

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Un canichosaure, des pigeondactyls… Pas de doute, Chien Pourri et Chaplapla sont retournés à la préhistoire !

Avec ce nouvel opus des aventures de Chien Pourri, Colas Gutman et Marc Boutavant prolongent une série jeunesse devenue incontournable, en embarquant leurs personnages dans un décor aussi inattendu que ludique : la préhistoire.

Le duo formé par Chien Pourri et Chaplapla se retrouve propulsé dans un univers revisité, peuplé de créatures aussi absurdes qu’inventives : canichosaures, pigeondactyls et autres espèces hybrides qui détournent avec humour les codes du monde préhistorique. Fidèle à l’esprit de la série, le récit repose sur un comique de langage et de situation, accessible aux jeunes lecteurs.

Au cœur de l’aventure, la rencontre avec le Grand Pourrinosaure, figure centrale de ce volume, introduit un jeu de miroir amusé. Cette créature, à la fois repoussante et attachante, renvoie directement à l’identité même de Chien Pourri, dont la saleté et la maladresse constituent depuis l’origine les traits distinctifs.

Le texte de Colas Gutman conserve sa tonalité caractéristique : un humour décalé, souvent basé sur des jeux de mots et des situations absurdes, mais toujours traversé par une forme de tendresse. Derrière le comique, la série continue de valoriser des thèmes simples et essentiels, comme l’amitié, la différence et l’acceptation de soi.

Les illustrations de Marc Boutavant jouent un rôle déterminant dans la réussite de l’ensemble. Son trait expressif, ses couleurs vives et ses compositions dynamiques renforcent l’efficacité du récit et participent pleinement à l’immersion dans cet univers fantaisiste.

Avec Le Grand Pourrinosaure, la série confirme sa capacité à renouveler ses situations tout en conservant son identité. L’humour reste central, mais il s’accompagne d’une cohérence visuelle et narrative qui en fait une lecture solide pour le jeune public.

Un album rythmé et inventif, qui mêle aventure, absurdité et complicité, dans la continuité d’une série qui a su s’imposer durablement dans le paysage de la littérature jeunesse

Éditeur ‏ : ‎ EDL Date de publication ‏ : ‎ 8 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 221135226X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2211352260

Les Invisibles – le nouveau thriller intense de R.J. Ellory, à la naissance du profilage de R.J. Ellory

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 » Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. « 

Avec Les Invisibles, R. J. Ellory poursuit son exploration des zones d’ombre de l’âme humaine, dans un thriller ample qui s’inscrit à la fois dans la tradition du roman noir américain et dans une réflexion sur la naissance du profilage criminel.

Le récit débute en 1975, à Syracuse, dans l’État de New York. Rachel Hoffman, jeune recrue de la police, est confrontée à sa première scène de crime : une institutrice assassinée, accompagnée d’un message énigmatique emprunté à La Divine Comédie de Dante. Ce détail, loin d’être anecdotique, donne d’emblée une dimension symbolique et presque métaphysique à l’enquête.

Très vite, un second meurtre survient. Le schéma se répète, la violence s’installe, et Rachel se retrouve entraînée dans une traque qui dépasse le cadre de son apprentissage. L’affaire prend une dimension personnelle, marquée par une forme de proximité troublante avec le tueur, qui semble jouer avec les codes et les attentes des enquêteurs.

Cinq ans plus tard, alors que les crimes de Syracuse semblent appartenir au passé, une nouvelle série d’homicides frappe New York. Les similitudes avec l’affaire initiale relancent l’enquête et ouvrent une perspective plus vaste. Rachel, désormais en passe d’intégrer l’unité d’analyse comportementale du FBI, se retrouve au cœur d’une traque qui va s’étendre sur plus d’une décennie.

Ellory construit ici un récit au long cours, où le temps devient un élément central. L’enquête ne progresse pas de manière linéaire, mais s’inscrit dans une durée, faite de silences, de reprises et de dérives. Cette temporalité étendue permet de suivre l’évolution du personnage de Rachel, dont l’implication bascule progressivement vers l’obsession.

Le roman interroge également les débuts du profilage criminel, en montrant comment les enquêteurs tentent de comprendre non seulement les actes, mais les motivations et les schémas psychologiques des criminels. Cette dimension apporte une profondeur supplémentaire, sans jamais alourdir le récit.

Comme dans ses précédents ouvrages, Ellory privilégie une écriture dense, immersive, qui accorde une place importante aux états intérieurs des personnages. La tension ne repose pas uniquement sur l’identification du coupable, mais sur le cheminement psychologique de l’enquête.

Les Invisibles s’impose ainsi comme un thriller ambitieux, où l’enquête devient une descente progressive dans les zones les plus sombres de l’esprit humain.

Un roman ample et maîtrisé, qui confirme la singularité de R. J. Ellory dans le paysage du polar contemporain, en alliant puissance narrative, profondeur psychologique et sens du suspense.

Éditeur ‏ : ‎ Sonatine Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 552 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2383992690 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2383992691

Kidnapped: Après la mafia romance Enslaved F de Clara Nové

Dans l’obscurité d’une cave sicilienne, Yelen survit à peine. Affamée, brisée, elle n’est plus qu’une ombre. Jusqu’au jour où Armando Rizzo, héritier impitoyable d’un puissant clan mafieux, la libère lors d’un assaut sanglant.

Avec Kidnapped, Clara Nové s’inscrit dans le sillage des romances sombres contemporaines, en reprenant les codes de la mafia romance tout en accentuant la dimension psychologique et la question de la reconstruction.

Le roman s’ouvre sur une situation extrême. Yelen, séquestrée dans une cave en Sicile, est au bord de la rupture physique et mentale. Son extraction, lors d’un assaut mené par Armando Rizzo, héritier d’un clan mafieux, constitue moins un sauvetage qu’un déplacement de sa condition. Le récit refuse d’emblée toute idéalisation : Armando n’est pas un protecteur au sens classique, mais un homme inscrit dans une logique de pouvoir et de violence.

La relation entre les deux personnages se construit sur cette ambivalence. Yelen, marquée par les violences subies, reste mutique, enfermée dans un rapport au monde fragilisé. Armando, de son côté, évolue sous la contrainte d’un mariage arrangé et des règles strictes de son milieu. Leur cohabitation, imposée par les circonstances, devient le cœur du récit.

Clara Nové développe une dynamique relationnelle fondée sur la tension : tension entre domination et vulnérabilité, entre rejet et attraction, entre devoir et désir. Le roman explore progressivement les mécanismes de reconstruction de Yelen, sans les simplifier, en insistant sur la lenteur et la difficulté du processus.

Le cadre mafieux n’est pas seulement un décor. Il structure les enjeux, impose des contraintes et limite les marges de manœuvre des personnages. L’autrice joue sur cette rigidité pour renforcer le sentiment d’enfermement, même hors de la captivité initiale.

L’écriture privilégie une approche directe, centrée sur les émotions et les interactions, avec un rythme qui alterne entre scènes de tension et moments plus introspectifs.

Kidnapped s’inscrit ainsi dans une tendance de la romance contemporaine qui mêle intensité émotionnelle et univers violents, tout en mettant en avant des parcours de résilience.

Un récit marqué par une atmosphère sombre, où la relation se construit dans la contrainte et où chaque rapprochement reste chargé de danger.

La Sirène du fleuve de Anki Edvinsson

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Un polar nordique haletant, porté par un regard lucide sur les questions de société

Avec La Sirène du fleuve, Anki Edvinsson s’inscrit dans la tradition du polar nordique contemporain, en conjuguant intrigue criminelle et lecture sociale. Le roman prend place à Umeå, au nord de la Suède, dans un contexte tendu où les faits divers viennent cristalliser des fractures déjà existantes.

Dès les premières pages, l’autrice installe une atmosphère lourde, marquée par une série d’agressions qui alimentent la peur et la défiance. Très vite, les soupçons se concentrent sur trois jeunes migrants récemment arrivés dans la ville, révélant un climat où l’émotion précède souvent l’analyse. Ce choix narratif permet à Edvinsson d’interroger les mécanismes de désignation des coupables et la manière dont certaines tensions sociales peuvent être instrumentalisées.

La découverte du corps d’une femme dans le fleuve vient structurer l’enquête. Ce point de départ classique du polar est ici enrichi par une montée en tension progressive, jusqu’à un événement qui fait basculer le récit : l’apparition du principal suspect sur une place publique, équipé d’un gilet explosif. Ce geste spectaculaire introduit une urgence nouvelle et reconfigure les enjeux.

Le roman suit alors les inspecteurs Charlotte von Klint et Per Berg, duo confronté à la complexité d’une affaire où les pistes se croisent et se contredisent. Tous deux doivent composer avec leurs fragilités personnelles, sans que celles-ci ne prennent le pas sur la rigueur de l’enquête. Leur complémentarité structure le récit, dans une dynamique propre au genre.

Anki Edvinsson privilégie une écriture efficace, qui avance par étapes, en maintenant un équilibre entre progression de l’enquête et exploration du contexte. Le rythme est soutenu, sans effet de surenchère, et laisse place à une tension constante.

Au-delà de l’intrigue, La Sirène du fleuve s’attache à décrire un environnement social précis, où les questions migratoires, la peur collective et les réactions politiques affleurent sans discours appuyé.

Un polar solide, qui s’appuie sur les codes du genre tout en proposant un regard lucide sur les tensions contemporaines. Un récit maîtrisé, où l’enquête devient aussi une lecture des fractures d’une société.

Éditeur ‏ : ‎ Hachette Fictions Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2501183797 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2501183796

Mortépi de Florian Breuil

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Et si le seul moyen d’être reconnu, c’était de mourir ?

Avec Mortépi, Florian Breuil propose un roman graphique sombre et incisif, qui interroge frontalement la notion de reconnaissance artistique à l’ère de la visibilité immédiate. À la croisée du drame intime et de la satire sociale, l’ouvrage s’attaque à des thématiques contemporaines : l’échec, l’ego, la quête de légitimité et la fabrication de la notoriété.

Le personnage de Mortépi, artiste en perte de repères, incarne cette tension. Rongé par un sentiment d’imposture et par une culpabilité diffuse, il évolue dans un environnement où la valeur d’une œuvre semble dépendre moins de sa portée que de sa capacité à exister médiatiquement. L’irruption d’une vidéo virale, diffusée par Nastassia — critique lucide et désabusée — agit comme un catalyseur. Elle précipite la chute du protagoniste tout en révélant les mécanismes d’exposition et de jugement propres à notre époque.

Le récit bascule lorsque Mortépi, dans un geste ultime, choisit de se donner la mort dans l’espoir paradoxal d’accéder à une forme de reconnaissance posthume. Ce point de rupture ne constitue pas une fin, mais un point de départ. La disparition de l’artiste ouvre un nouvel espace narratif, centré sur Niehling, ami resté dans l’ombre, dont la trajectoire prend alors une direction inattendue.

Florian Breuil construit une narration qui joue sur les contrastes : entre visibilité et anonymat, entre création et réception, entre sincérité et stratégie. Le regard porté sur le milieu artistique est volontairement acide, sans pour autant céder à la caricature. L’auteur s’attache à montrer les ambiguïtés d’un système où la reconnaissance peut naître de la disparition.

Graphiquement, l’ouvrage accompagne cette tonalité par un trait expressif, qui accentue la dimension émotionnelle et parfois brutale du récit. L’ensemble contribue à créer une atmosphère dense, en adéquation avec les enjeux développés.

Mortépi s’impose comme un récit contemporain, lucide sur les dérives de la création et de sa mise en scène. Une œuvre qui interroge la valeur de l’art dans un monde saturé d’images, et la place de l’artiste face à la nécessité d’exister.

Un roman graphique sans concession, où la quête de reconnaissance devient une mécanique tragique.

Éditeur ‏ : ‎ Les Humanoïdes Associés Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2731670312 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2731670318