Loin de la violence des hommes (8 février 2017) de John Vigna

Avec ce premier recueil de nouvelles, le jeune auteur canadien John Vigna dresse un portrait bouleversant de la condition humaine dans un monde où la brutalité prend le pas sur la raison et où les mauvaises décisions partent toujours d’une bonne intention. Saisis dans leur rôle de mari, d’amant, de père ou de frère, ses personnages poursuivent sans relâche leur quête d’un bonheur incertain.

Chronique : John Vigna nous présente des parcours de vie brisée dans une économie de mots poussée à l’extrême. On dépasse ici rarement la vingtaine de pages lors de micro-récits qui n’épargnent rien à leurs personnages. L’auteur mélange les styles d’écritures et la forme de ses récits pour aboutir à un cocktail maîtrisé, homogène et puissant qui nous prend aux tripes et nous interroge sur notre rapport à l’autre.
John Vigna nous offre un recueil a l’atmosphère si particulière, originale et qui nous fait voyager.

Note : 9/10

  • Editeur : Albin Michel (8 février 2017)
  • Collection : Terres d’Amérique

41zr3tf6cal-_sy346_

Le dernier chômeur (1 février 2017) de D.J.F Audebert

Vous avez dit zéro chômeur, oui, mais à un chiffre près… Efficacité, productivité, rentabilité. Dans un pays géré comme une entreprise par un super président qui a instauré la dictature du plein-emploi, l’inactivité est devenue hors-la-loi. Des milices chassent les esprits récalcitrants pour soutenir l’effort national. Pourtant, un homme revendique seul contre tous le droit de NE RIEN FAIRE. Il se nomme Meurchaud. Après avoir joué le jeu de la réussite et du système, il refuse de gagner sa vie à la perdre, en profitant de son statut de Dernier Chômeur. Qui, de l’homme d’action ou du looser magnifique remportera cette bataille où s’affrontent deux conceptions de la vie : le travail à tout prix et l’art de la sieste ? Une comédie sarcastique d’une brûlante actualité

Chronique :  Aussitôt le roman commencé, on en vient à se demander où finit le fantasme et où commence la pesanteur de ce qui est tangible, incontestable, certain ? D.J.F Audebert nous offre une réalité virtuelle avec humour et pas si loin de notre monde. L’auteur multiplie les fausses pistes et on assiste à une mise en abyme : un roman dans le roman, qui serait la clé du mystère et jette les pièces de monnaie à mesure qu’il écrit, et se laisse ainsi inspirer par les choix de ce chômeur. Mais ce choix apparemment hasardeux ne l’empêche pas de construire un roman passionnant, structuré et rigoureux, agrémenté  de petits fragments de vie, si sentis, si intimement vécus…
En fait, ce qui caractérise ce livre c’est la façon qu’il a de nous toucher, toujours si sensible, si tourmentée, et nous offre une belle vision d’un probable futur.

Note : 9,5/10

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (1 février 2017)
  • Collection : LITT.GENERALE

41zT0VUGv2L._SX339_BO1,204,203,200_.jpg

L’Empereur, sa femme et le p’tit prince (9 février 2017) de Thierry Dedieu

« Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince sont venus chez moi pour me serrer la pince ». La comptine préférée des crèches et des maternelles illustrée avec humour par Thierry Dedieu. . Un grand livre en noir et blanc pour pour apprendre les jours de la semaine en chantant !

Chronique :Thierry Dedieu nous offre un album magnifique sur les principes du contraste visuel et de la musicalité des mots, grâce au dessin en noir et blanc les enfants entre dans la comptine de l’empereur pour mieux s’y imprégner et vivre avec les personnages tout en chantant. Le format de 28 x 38 cm permet aux enfants de bien regarder les illustrations avec humour. Si vous avez aimé la collection « Bon pour les bébés » vous propose d’autres titres tous aussi bon.

Note : 10/10

  • Album: 12 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 5 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (9 février 2017)
  • Collection : BON POUR BEBES

41-fhcym4il-_sx366_bo1204203200_

La Vie secrète des arbres (1 mars 2017) de PETER WOHLLEBEN

Les citadins regardent les arbres comme des « robots biologiques » conçus pour produire de l’oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ». La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l’ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature

Chronique : Bien des forêts d’Europe et du Royaume-Uni ont inspiré des écrivains, mais avec ce livre Wohlleben va dans les détails avec les dernières recherches et la compréhension de la façon dont un arbre est créé, grandit et meurt. La science est derrière ces nouvelles découvertes révolutionnaires révèle un monde secret de communication, de culture et de microclimat. L’environnement que les arbres créent des racines aux extrémités de la couronne est soigneusement contrôlé, ils abritent les jeunes arbres du soleil d’été féroce, passent des nutriments à travers les réseaux fongiques dans le sol et se protègent les uns des autres . Il y à des détails sur la façon dont ils parviennent à pomper des gallons d’eau dans l’air; Quelque chose qui n’est pas encore pleinement compris et comment ils réagissent lorsque vous briser une branche. Pas étonnant qu’ils puissent vivre cinq fois plus longtemps que nous. L’auteur est profondément passionné par les bois et les forêts, ce qui est évident dès le premier chapitre. La science qu’il révèle est presque incroyable mais elle est soutenue par des preuves solides et des exemples; mais il y a encore tant de choses que nous ne savons pas ou ne comprenons pas. Comme il a compris la profonde complexité de ces arbres individuels et de la forêt dans son ensemble. Les forêts ajoutent tant à notre santé et à nos vies, et plus important encore au bien-être de notre planète et cette philosophie est aussi bénéfique pour nous que pour la gestion des forêts. Il s’agit d’un appel pour apprendre à aimer nos zones boisées. Une merveille de pédagogie.

Note: 9,5/10

  • Broché: 300 pages
  • Editeur : Les Arènes (1 mars 2017)
  • Collection : AR.ENVIRONNEMEN

61wT7j9tl-L._SX318_BO1,204,203,200_.jpg

Le Livre de Salomon (8 février 2017) de Jean-Yves Leloup

« Tout est poussière et retourne à la poussière. »
Pourtant, la mort n’est pas le dernier mot, et l’homme mortel n’est pas la fin de l’homme :
« Tout est lumière et retourne à la lumière. » D’un style et d’un contenu bien différents de L’Ecclésiaste (Qohelet), le Livre de Salomon s’enracine pourtant dans la même lucidité décapante : tout est illusion, buée, impermanence. Devant toute parole, il s’agit de savoir « qui » parle, d’où vient cette parole ou cette écriture, quelle est la source de son inspiration ?

Chronique : Après les traductions des évangiles de Thomas, Philippe et Marie voici le livre de Salomon de Jean-Yves Leloup qui nous propose une nouvelle traduction et une interprétation originale de ce livre essentiel dont Paul de tarse et Jean d’Éphèse se sont largement inspirés. À la suite de Salomon, archétype du sage, l’auteur nous invite à découvrir la Sagesse de la contemplation : rigueur et tendresse . L’intérêt du livre vient de ce qu’il est très simple et complexe à lire tout à la fois. Le sens nous échappe et pourtant les phrases sont là, bien présentes. Jean-Yves Leloup présente le texte traduit, puis des interprétations. C’est un texte merveilleux à lire, car très enrichissant. Finalement, on y trouve chacun le sens que l’on veut, mais les interprétations, loin de se contredire ou de s’annuler, se complètent en fait à merveille . Il s’agit véritablement d’un manuel d’élévation spirituelle, et qui nous fait voir parfois les signes de la vie comme enseignements de l’usage de « la conscience », là ou l’observateur est la chose observée, intime avec ce qui est, dans une attention totale, laissant s’installer la présence pure qui illumine notre espace interne et fait naître un nouveau sens de la responsabilité.

Note : 9/10

  • Broché: 220 pages
  • Editeur : Presses du Châtelet (8 février 2017)
  • Collection : Spiritualité chrétienne

41bA9sWVNTL._SX308_BO1,204,203,200_.jpg

La Guerre des mondes – Tome 01 (11 janvier 2017) de Herbert George Wells et Dobbs

VoilA plusieurs jours que des projectiles précis et réguliers frappent la Terre depuis la Planète Rouge. Dans la petite bourgade d’Ottershaw en Angleterre, le Professeur Ogivly a du mal A croire A la théorie d’une attaque extraterrestre émise par son jeune élève. Pourtant, lorsqu’un météore tombe non loin de chez lui, il découvre, niché en son cratère, un cylindre géant qui ne peut qu’être l’ uvre d’une civilisation supérieure. Et il apprend A ses dépens que cette dernière n’a pas véritablement d’intentions pacifiques. De la capsule extra-terrestre émerge un « tripode » , une immense machine de mort qui sera rejointe par bien d’autres, semant le chaos et la destruction. L’extermination ne fait que commencer…Récit apocalyptique précurseur du genre au message antimilitariste, le roman La Guerre des mondes, plusieurs fois porté sur grand écran, trouve enfin en BD l’adaptation fidèle qu’il mérite.

Chronique : Le défi était à la hauteur. Adaptée en BD une oeuvre aussi immense que la guerre des mondes était par chose facile mais Dobbs n’est pas à son coup d’essai avec H. G. Wells est aussi l’auteur de la machine explorer le temps un autre chef-d’oeuvre de la collection. Adapté un classique n’est jamais une chose facile, surtout que le public a en Têt le film avec Tom Cruise que le roman mais c’est là toute la force de ce livre, redonner une seconde vie à ce beau texte et la bd se découvre avec plaisir où l’on se retrouve face à dessin qui sert magnifiquement le scénario. Les couleurs sombres avec des effets de clairs-obscurs où il faut souligner le soin de la mise en scène à la hauteur des grands films des années 60.

71x9kvamtgl

Le scénario est vraiment très bon. On sent que l’écriture se laisse porter par les événements autour de l’invasion extraterrestre . Le talent du scénariste s’est focalisée sur la restitution de l’ambiance et de la folie régnant si un tel événement devait subvenir, grâce au jeu des personnages, aux éléments du scénario qui permet de décrire leur état d’esprit ou leur personnalité.

71-56tflp4l

La BD est belle, le côté tissu est vraiment magnifique pour une belle collection Hg Wells à venir. L’histoire est très bien retranscrite avec des dessins vraiment précis dans les détails, on a hâte de lire le tome 2.

Note : 9,5/10

  • Album: 56 pages
  • Editeur : GLENAT (11 janvier 2017)
  • Collection : BANDES DESSIN

51oxf7ppul-_sx373_bo1204203200_

Folio 2 euros (3 janvier 2017)

La vengeance d’une femme de Jules Barbey d’Aurevilly : Femme altière se prostituant dans les rues de Paris ou joueuse de whist au regard lointain, les héroïnes méphistophéliques de ces deux nouvelles sont aussi malfaisantes qu’envoûtantes. « Le tuer, pour tout cela ? Non ! c’était trop doux et trop rapide ! Il fallait quelque chose de plus lent et de plus cruel… »

L’associé de Conrad,Joseph : Intrigues et manigances sont au coeur de cette nouvelle aventureuse, dans laquelle le naufrage du navire Sagamore et la mort de son capitaine, le bon Harry Dunbar, ne doivent pas tout au hasard. « Parbleu, mon brave marin, vous ferez l’affaire. Allez-y et bon succès…

Le Verdict – À la colonie pénitentiaire  de Kafka,Franz : C’est une idée éditoriale contemporaine de l’écrivain que de réunir ces textes, à laquelle Kafka opposa, en 1916, l’argument suivant : « Verdict et Colonie pénitentiaire formeraient une exécrable combinaison ; à la rigueur La Métamorphose pourrait leur servir d’intermédiaire, mais sans elle cela reviendrait vraiment à prendre deux têtes étrangères et à les cogner de force l’une contre l’autre ». Nous le prenons au mot et cognons ces deux récits, éclairés des oeuvres postérieures, l’un contre l’autre. « Le principe en vertu duquel je prononce est que la faute est toujours hors de doute ».

Journées de lecture de Proust,Marcel : Texte antérieur à l’écriture de la Recherche, Journées de lecture fut composé, dans sa première version, comme une préface à un ouvrage de l’auteur anglais John Ruskin. Y éclôt toutefois une poétique infiniment singulière, Marcel Proust esquissant là sa propre conception de l’expérience de lecture, et avec elle, déjà, de celle du temps qui passe. « Ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux… »

Les méfaits du tabac et autres pièces en un acte de Tchékhov,Anton  :Pièces extraites d’Œuvres, I (Bibliothèque de la Pléiade)

Chronique : Folio réédite à petit prix ses 5 chefs-d’oeuvre classiques. Grâce à son petit prix jetez-vous dessus vous ne serez pas déçu et cela vous permet de lire des livres d’auteur connu que l’on n’a jamais vraiment eu l’occasion de lire que ce soi des textes, des poèmes, du théâtre, il y en a pour tous les gouts et ce serait dommage de rater cette occasion d’enrichir sa culture.

Note : 10/10

  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio 2€

Nuit et jour (édition enrichie) (19 janvier 2017) de Virginia Woolf et Pellan,Françoise

Édition enrichie de Françoise Pellan comportant une préface et un dossier sur l’œuvre.
Mêlant comédie de mœurs et satire de la société anglaise à la veille de la Grande Guerre, ce deuxième roman de Virginia Woolf, paru en 1919, raconte l’éducation sentimentale de jeunes gens qui doivent choisir entre une existence confortablement ancrée dans le passé et l’aventure dans l’inconnu. Il met en scène leurs hésitations devant l’amour et le mariage, leurs interrogations sur les relations entre les sexes et la condition des femmes, leurs rapports complexes au milieu familial et aux aînés. D’une surprenante drôlerie, entre ironie et nostalgie, il dépeint un monde, celui de l’avant-guerre, qui paraissait déjà lointain en 1919.
À la violence et à la confusion du réel, Virginia Woolf oppose la sécurité d’un univers fictif familier et la cohésion d’un récit bien agencé. Œuvre d’un sujet en miettes dans un monde en chaos, Nuit et jour est la tentative, désespérée et superbe, de réconcilier « la part de soi qui agit à la lumière du jour, et la part contemplative et sombre comme la nuit ».

Chronique : Merci à folio de nous faire redécouvrir ce livre de Woolf, il ne fait pas avoir peur du nombre de pages, le livre se lit très vite même s’il s’agit d’un roman d’amour avec la connotation légèrement péjorative qu’elle sous-tend, ou bien plus aimablement, dans le genre littéraire de Jane Austin. Secundo, écrit au début du XXe siècle et malgré ses idées novatrices, il reflète les rapports entre hommes et femmes de cette époque. Pour les amoureux de la littérature anglo-saxonne, l’univers de Virginia Woolf est un vrai bonheur. Ce roman, moins connu, mérite d’être découvert.

Note : 10/10

  • Poche: 720 pages
  • Editeur : Folio (19 janvier 2017)
  • Collection : Folio Classique

41H8OT2LXOL.jpg

Les Âmes fortes (19 janvier 2017) de Giono,Jean

Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d’une lecture d’image, écho pictural de l’œuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : • MOUVEMENT LlTTËRAIRE : Le renouveau romanesque • GENRE ET REGISTRE : La chronique romanesque • L’ÉCRIVAIN À SA TABLE DE TRAVAIL : L’aventure de l’écriture • GROUPEMENT DE TEXTES : Personnages aux multiples visages • CHRONOLOGIE : Jean Giono et son temps • FICHE : Des pistes pour rendre compte de sa lecture Recommandé pour les classes de lycée.

Chronique : Grâce à collection Folioplus classiques, on nous ouvre une nouvelle portée sur les livres qui comptent dans l’histoire. Ici C’est un écho à La comédie humaine de Balzac où Giono livre sa réflexion sur la nature humaine. Cette collection nous permet d’approfondir notre culture et d’étudier plus en profondeur ce texte si sublime avec ses fiches et piste on y décortique au mieux la lecture.

Note : 10/10

  • Poche: 400 pages
  • Editeur : Folio (19 janvier 2017)
  • Collection : Folioplus classiques

41k+pSsFKuL._SX301_BO1,204,203,200_.jpg

La Mouette: Pièce en quatre actes (19 janvier 2017) de Tchékhov,Anton et Grenier,Roger

«Il faut représenter la vie non pas telle qu’elle est, mais telle qu’on la voit en rêve.» C’est ce que proclame un des personnages de La Mouette. Et Tchékhov avoue que sa nouvelle pièce transgresse les lois du théâtre : «C’est une comédie : trois rôles de femmes, six rôles d’hommes, quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de conversations littéraires, peu d’action, cent kilos d’amour.» Pourtant, quand on parle de l’œuvre théâtrale de Tchékhov, on pense tout de suite à La Mouette. Et l’oiseau, ses ailes déployées, reste l’emblème du Théâtre d’Art de Moscou.

Chronique : Une très  belle réédition  de ce classique de Tchekhov, c’est toujours un grand moment. Et quand Tchekhov contemple et juge le monde qui se met en scène, cela donne une pièce à la fois joyeuse et grinçante avec cette histoire de théâtre dans le théâtre, d’imagination et d’amour tragique. Le style reste clair malgré les années et le fond de l’histoire est accessible à un lecteur du XXIeme siècle.Cette édition à droit à une superbe préface de Roger Grenier qui nous donne encore plus envie de relire ses classiques.

Note : 10/10

  • Poche: 176 pages
  • Editeur : Folio (19 janvier 2017)
  • Collection : Folio Théâtre

41XXsJuPaZL._SX301_BO1,204,203,200_.jpg