La cache (12 janvier 2017) de Boltanski,Christophe

« J’évolue à travers la Rue-de-Grenelle comme sur un plateau de Cluedo. A chaque tour, je découvre une nouvelle pièce. En guise d’indice, je dispose à ce stade d’une clé, d’un frigo à moitié vide, d’un samovar et d’une sonnette. Je ne suis pas en présence d’un meurtre, mais d’une disparition ». Que se passe-t-il quand un homme qui se pensait bien français doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ?

Critique : Étonnante cette façon de présenter son histoire familiale, déroutant le moyen utilisé pour narrer le lourd passé des Boltanski. On s y perd, on s y retrouve…dans tous les cas on s attache à cette poignée de gens qui ont traversé les époques les plus sanglantes du siècle dernier. Encore une histoire douloureuse sur la Shoah mais cette fois ci contée sans aucune mièvrerie, juste un soupçon de tendresse et un respect pour ses aïeux courageux qui ont fait du narrateur ce qu il est devenu. Les membres de la famille sont très finement présentés. On les suit, un à un au fil du livre, parfois en début de siècle dernier, puis aujourd’hui, en passant par les 2 différentes guerres, vues « de la famille », dans et hors de la maison. Et quelle diversité d’histoires dans cette famille !
C’est un ouvrage assez original dans sa forme, parfois dur et toujours extrêmement agréable.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 336 pages
  • Editeur : Folio (12 janvier 2017)
  • Collection : Folio

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Cher Jupiter (3 janvier 2017) de Asimov,Isaac

Les quatorze nouvelles de ce recueil permettent de retrouver tout le talent, la verve, l’humour et l’imagination d’Isaac Asimov.

Critique : Ce livre est un recueil de nouvelles écrit par Asimov. Les nouvelles sont rafraichissantes et agréables bien qu’individuellement très courtes, les commentaires d’Asimov sont en fait très agréables à lire et sont une occasion d’avoir l’impression de discuter avec lui pendant qu’il nous donne des indices sur la vie réelle qu’il a menée. 14 textes très courts qui dépassent rarement les vingt pages. Le style est plutôt humoristique. La construction est assez similaire dans toutes ces nouvelles : la résolution n’apparaît que dans la dernière page, souvent dans les dernières lignes et fait généralement sourire. Ce livre permet d’avoir un aperçu rapide de ce que Asimov faisait dans les années 60

Note : 9/10

 

  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

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Les damnés de l’asphalte (3 janvier 2017) de Laurent Whale

Quinze ans après avoir contribué à stopper l’invasion qui menaçait la France ravagée par la violence, Tom Costa est porté disparu. Miki, son jeune frère désormais responsable de la petite communauté installée à Port Leucate, aidé de Cheyenne, l’ancien hors-mur, se lance à sa recherche et va devoir affronter les périlleuses routes d’Espagne pour retrouver sa trace. Il ne se doute pas qu’il va faire face à une menace bien plus grande que toutes celles qu’il a pu imaginer, une menace qui va, de chemins tortueux en routes défoncées, le transformer ainsi que ses compagnons en damnés de l’asphalte. Roman d’aventures post-apocalyptiques, suite de Les étoiles s’en balancent mais qui peut se lire indépendamment, Les damnés de l’asphalte offre un divertissement intelligent où la poursuite de la vérité et la fidélité sont les maîtres mots.

Critique :  15 ans se sont écoulés depuis le livre « les étoiles s’en balancent ».
La situation, les personnages ont continué leur bonhomme de chemin. Le lecteur doit se réajuster.
Après l’épopée en avion, voici celle à cheval.
Tom, principal héros du premier livre, et son copilote partis en avion trouver une terre plus hospitalière, sont portés disparus. Miki son jeune frère décide de partir à sa recherche accompagnée du fils de Tom, de Toni l’autre pilote, de Cheyenne l’Hors Murs devenu leur meilleur ami. Comme ils n’ont plus d’avion, ils doivent partir à cheval à travers des contrées désormais plus ou moins sauvages et inconnues. Ils vont rencontrer des fous/fanatiques de « Dieu », des bateaux roulants, des enfants esclaves et des êtres bizarres venus des fonds marins et qui semblent bien menaçants…
Un superbe périple, plein de rebondissements, de péripéties de belles et moins belles actions, de morale, de tristesse et de joies. On frémit pour les héros et l’auteur qui nous fait traverser, cette fois, l’Espagne postapocalyptique et ses causes sur l’effondrement de notre civilisation au fur et à mesure de la lecture.
L’univers mis en place est très bien décrit.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

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La fin d’une imposture (19 janvier 2017)de O’Riordan,Kate et Devaux,Laetitia

La veille de Noël, deux policiers frappent à la porte d’une jolie maison située dans une banlieue cossue de Londres. Rosalie est déjà lancée dans les préparatifs de cette fête de famille, comme pour oublier que Luke l’a trompée, lorsque les policiers leur annoncent le décès de leur fils aîné. Des mois de descente aux enfers s’ensuivent pour les parents et Maddie, leur deuxième enfant en pleine adolescence. Une chute qui semble brusquement s’interrompre lorsque mère et fille rencontrent Jed dans un groupe de parole. Jeune homme au charme envoûtant, il sait vite se rendre indispensable à la famille. Mais la vulnérabilité qu’a créée ce deuil n’est-elle pas la porte ouverte à toute forme d’emprise ?

Critique : Alors que dans leur couple en crise rien ne va plus très bien, Rosalie et Luke apprennent la mort tragique en Thaïlande de leur fils Rob . Leur fille Maddie, une ado de 15 ans, très proche de son frère, part à la dérive, s’accusant de l’avoir tué. Au cours d’une thérapie du groupe où sa mère l’accompagne, elle fait connaissance avec Jed, un jeune homme en plein désarroi également et auquel elle s’attache. Peu à peu, il s’immisce dans la famille qui apprécie son influence sur leur fille qui semble reprendre goût à la vie. Rosalie va même chercher à retrouver son fils à travers lui . En l’absence de Luke que son travail retient à l’étranger, Rosalie va se retrouver dans un piège. Jed – mais est-ce vraiment son nom – se révèle un manipulateur pervers . L’angoisse monte au fil des pages . Le dénouement apporte sa dose de suspense, On passe donc du drame-témoignage au thriller sans être averti. Un superbe thriller.

Note : 9/10

  • Poche: 448 pages
  • Editeur : Folio (19 janvier 2017)
  • Collection : Folio Policier

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Gardiens des feux: Les Messagers des Vents – Tome 3 (11 janvier 2017) de Clélie Avit

Les Messagers des Vents – Tome 3
Aidée de nouveaux combattants, les Gardiens des Feux, Ériana prend la route de la capitale Naja. Le dernier artefact s’y trouverait, tout comme Setrian et Gabrielle, détenus par le Velpa, dont la violence fait rage.
Alors que les complots et les trahisons en son sein se multiplient, le plan du Velpa n’en reste pas moins le même : éradiquer le inha pour le redistribuer selon un ordre bien précis. Et pour cela, les Maîtres du Velpa se sont alliés avec toute la Na-Friyie.
Ériana n’a plus le choix. Même sans son authentique protecteur, c’est un pays entier qu’il va lui falloir affronter. À moins que d’autres prophéties ne se mettent en travers de son chemin…

Critique : Suite attendue de la saga, ce tome 3 arrive avec de nouveaux personnages et nous suivons bien sûr les aventures épiques de Setrian et Eriana de façon à ne rater aucune miette de ce qui se passe sur les territoires. L’alternance des points de vue est particulièrement réussie et voir l’intrigue se complexifier, s’enrichir et se dévoiler au fil de la lectureOn en sait plus sur le mystérieux groupe du Velpa et ses membres. Nos personnages sont malmenés et c’est le temps, pour eux, de se remettre en question. Notamment, Ériana dont l’évolution est impressionnante depuis le tome 1. Elle a gardé cette apparente fragilité qui semble la caractériser mais elle se révèle tome après tome. Elle sait s’imposer et prendre ses propres décisions. Elle n’hésite pas à hausser le ton quand il le faut.
Un livre qui pose également de plus en plus la notion de sacrifice, d’absence de libre arbitre et celle de mission de vie. Beaucoup d’action, de retrouvailles, d’unions, « Gardiens des feux » nous offre une totale immersion dans un univers riche et qui se complexifie tome après tome. Ses personnages sont toujours aussi charismatiques et ils évoluent en apprenant de leurs erreurs et réussites. L’histoire gagne en intérêt et continue à nous surprendre

Note : 9/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : Le Masque (11 janvier 2017)
  • Collection : MsK
  • Langue : Français

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SS-GB (12 janvier 2017) de Len Deighton

Angleterre, 1941. Londres est occupé par l’armée nazie. Churchill est mort, le roi George croupit au fond d’une cellule et la loi martiale terrorise le pays. Douglas Archer, commissaire à Scotland Yard, se voit confier une enquête de la plus haute importance : le Dr Spode, brillant physicien qui travaillait pour les nazis, a été assassiné et retrouvé avec d’étranges brûlures sur les bras. Et si ce meurtre était le signe avant-coureur de bouleversements autrement plus graves ? Et si le monde était sur le point de changer pour toujours ? SS-GB, un classique de l’uchronie, à (re)découvrir d’urgence !

Critique :  Aussitôt le roman commencé, on en vient à se demander où finit le fantasme et où commence la pesanteur de ce qui est tangible, incontestable, certain ? Comme dans tous ses romans, Len Deighton nous fait douter, nous entraîne dans des univers qui se croisent, se recoupent, se ressemblent, finissant parfois en forme d’impasses… Les Américains ont-ils perdu la guerre, ainsi qu’on le croit ? Ou bien une résistance s’organise-t-elle pour peu à peu sortir de l’étreinte brutale des nazis et des Japonais ? Len Deighton toujours aussi pertinent, multiplie les fausses pistes et on assiste à une mise en abyme : un roman dans le roman, qui serait la clé du mystère. l’auteur jette les pièces de monnaie à mesure qu’il écrit, et se laisse ainsi inspirer par les choix de l’oracle. Mais ce choix apparemment hasardeux ne l’empêche pas de construire un roman passionnant, structuré et rigoureux, agrémenté comme toujours de toutes sortes de petits fragments de Vie, si sentis, si intimement vécus…
En fait, ce qui caractérise cet auteur, c’est la façon qu’il a de nous toucher, toujours si sensible, si tourmentée, et excellant dans l’art difficile de transmettre la moindre vibration de son âme. Une uchronie qui n’a pas du tout vieilli, tant les thèmes qu’elle aborde sont toujours présent dans notre XXIème siècleÀ (re)découvrir.

Note : 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (12 janvier 2017)
  • Collection : Sueurs froides

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La langue oubliée de Dieu (26 janvier 2017) de Saïd Ghazal

Deux univers parallèles se télescopent, l’un au présent et l’autre au passé. C’est ce passé pesant dans lequel le héros est plongé à son corps défendant qui rendra son présent écrasant. L’histoire se dévoile à travers une lente évolution de sentiments dualistes comme un clairobscur. Dans cette oeuvre exutoire, à mi chemin entre les mémoires et l’autofiction, l’auteur règle ses comptes avec ses origines, son passé, son éducation et son exil forcé.

Critique : Pour ce début d’année Saïd Ghazal nous offre un récit empli d’humanité dans lequel l’auteur glisse des regards grinçant et sec avec le regard naïf d’hommes peu habitués à nos styles de vie. Un récit sur le chemin de la  vie où parfois la providence est inattendue, où souvent chaque acte de solidarité aide à avancer, où l’on perd la foi mais jamais l’amitié, où le sacrifice reste le seul moyen de sauver des vies.Un sujet d’actualité qui mérite bien plus que ce petit livre, qui traite du problème ou mieux des énormes problèmes de l’embrigadement.C’est un roman dont il  est difficile de parler, tant les scènes prennent aux tripes, peuvent choquer, révolter, mais invitent aussi le lecteur à comprendre et à porter un regard différent sur ce sujet dramatiquement d’actualité. Quelques passages d’humanité et d’empathie redonnent un brin confiance en l’homme, la fin est d’une force rare .

Note : 9/10

 

  • Editeur : Erick Bonnier (26 janvier 2017)
  • Collection : Encre d’Orient

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Le monde en une seconde (25 janvier 2017)

A chaque fois qu’une seconde traverse le monde, il se passe simultanément un million de choses… Un navire est pris dans une tempête au cœur de la mer Baltique, un volcan entre en éruption, un petit garçon tient pour la première fois en équilibre sur son vélo, un homme dit « au revoir » A sa moustache chez le coiffeur… Il s’en produit, des événements, en une seconde, aux quatre coins de la planète, pendant que l’on tourne les pages de ce livre !

Critique : Un livre qui mène à réfléchir sur le monde et ses histoires du présent. On y découvre en 56 pages illustrés avec brio par Bernardo Carvalho la diversité du monde et les expériences humaines universellement partagées, qui va nous conduire à travers le monde pour un voyage artistique et contrôlé comme une montre à travers le monde et ses problèmes. Un album ludique pour les enfants qui leurs présentes le monde à travers ses diversités, les parents pourront en parler avec afin d’ouvrir l’esprit des petits et sur l’ouverture de la planète. Sans entrer dans les détails du livre les enfants peuvent feuilleter les illustrations et se raconter une histoire propre à eux et s’évader dans un monde qui leur est aussi réservé.

Note : 9,5/10

 

  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Glénat (25 janvier 2017)
  • Collection : JEUNESSE

 

La Jeunesse de Staline Tome 1 Sosso (18 janvier 2017) de Eric Liberge, Hubert Prolongeau et Arnaud Delalande

Moscou, 1931. Au coeur du Kremlin, Staline, tout à sa paranoïa démente, d’une violence froide, se décide sur un coup de tête à raconter les premières années de sa vie. Dans la nuit qui tombe sur le Kremlin, il entame une terrible confession, qu’il dicte à un pauvre secrétaire du Parti, terrifié. De son enfance perturbée à Gori au séminaire de Tiflis, des hold-ups, coups de force sanglants et premières grèves à Bakou jusqu’aux prisons de Sibérie, nous assistons à la naissance d’un monstre, que ses parents et amis appelaient alors affectueusement : « Sosso ».

Critique :Une bd historique qui se découvre avec plaisir où l’on se retrouve face à dessin qui sert magnifiquement le scénario. Les couleurs sombres, rouges, avec des effets de clairs-obscurs où il faut souligner le soin de la mise en scène à la hauteur des grandes manifestations soviétiques.
Le scénario est vraiment très bon. On sent que l’écriture se laisse porter par les évènements autour de Staline. Il semble je crois qu’il a comblé un certain nombre de lacunes des documents autour de cette histoire. Le talent des scénaristes s’est focalisée sur la restitution de l’ambiance pourrie et paranoïaque régnant à cette époque, grâce au jeu des personnages, aux éléments de scénarios qui permettent de décrire leur état d’esprit ou leur personnalité: surtout celle de Staline et Beria, les personnages principaux et les artisans du système totalitaire soviétique, qui s’est un peu détendus » par la suite. Les luttes de pouvoir apparaissent bien. Le caractère grotesque de Staline tranche bien avec ce qu’il sera plus tard. Hâte de lire le tome 2.

Note : 9/10

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Les Arènes (18 janvier 2017)
  • Collection : AR.HORS COLLECT

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Je n’écrirai que morte (2 février 2017) de Elisabeth Letourneur

Au départ, il y a cette décision : l’adoption. Après de longues démarches et un voyage aux confins du monde, Antonin arrivera dans la vie de la narratrice. Mais elle ne le supporte pas. Elle le bat. Ses appels au secours restent sans réponse et elle sombre dans la spirale de la violence envers ce fils choisi et pourtant haï.
Nous suivons cette femme dans son chemin de croix jusqu’à sa rédemption, à laquelle elle accédera par la force de sa haine, transmuée en amour.
Un texte rare, intime et littéraire, dans lequel s’entremêlent réalité et fiction pour dire la douleur et l’amour, les affres de la maternité.
Avec pudeur et sincérité, l’auteur livre un récit authentique et brut, sans concession. Elle nous renvoie aux principes humanistes qui souvent servent de rempart à nos bons sentiments. Une écriture à cœur ouvert.

Critique : Un roman intelligent et un gros coup de cœur pour ce premier roman d’Elisabeth Letourneur qui est une pleine réussite . Un contexte de roman à larme avec tout l’arsenal où il faut sortir les mouchoirs mais pour un si beau roman cela en vaux la peine. À cause d’un événement tragique dont il sera la source le livre va trouver son chemin comme la narrative qui avance vers son rêve. Un livre avec de bonnes interrogations : C’est quoi une famille . Une question de sang ? Une question de nom ? Une question d’amour ? Entre manques de confiance et expériences passées douloureuses, elle va avancer, fragile, face à un avenir dont les contours peinent à se dessiner nettement ce qui fait que le livre ne tombe pas dans une facilité qui lui ferait perdre toute crédibilité.

Note : 10/10

 

  • Editeur : Le Passeur (2 février 2017)
  • Langue : Français

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