L’Enfance des ruines de Pascal Rabaté

Berlin, 1932. Folker Kuntz travaille dans une agence publicitaire. Entouré de sa voisine, danseuse de cabaret dont il est fou amoureux et de sa soeur, artiste dont l’amant a fui la ségrégation raciale américaine, il mène une vie de légèretés.

Pascal Rabaté nous plonge dans le Berlin de 1932, à cet instant particulièrement fragile où une société continue de vivre, d’aimer et de faire la fête alors que quelque chose de terrible est déjà en train de s’installer. Plutôt que de raconter frontalement la montée du nazisme, L’Enfance des ruines choisit d’observer comment celle-ci s’insinue progressivement dans le quotidien.

Folker Kuntz travaille dans une agence publicitaire et profite encore de l’effervescence berlinoise. Il est amoureux de sa voisine, danseuse de cabaret, fréquente sa sœur artiste et évolue dans un milieu où la création, les rencontres et les soirées donnent l’impression que tout reste possible. Autour d’eux gravite également l’amant de sa sœur, qui a fui la ségrégation raciale américaine.

Puis apparaît Rudy Ganz, jeune homme auquel Folker a sauvé la vie. Une rencontre qui élargit encore cette galerie de personnages et permet à Rabaté de multiplier les regards sur une époque qui bascule. Car derrière les conversations et les plaisirs nocturnes, les signes du changement deviennent de plus en plus difficiles à ignorer.

L’un des grands intérêts de l’album tient précisément à ce contraste. Les personnages continuent de danser, de tomber amoureux, de travailler et de créer alors que les fondations de leur monde commencent à trembler. Le lecteur, lui, connaît la suite de l’Histoire. Cette connaissance transforme chaque moment de légèreté en instant fragile.

Pascal Rabaté fait circuler ses personnages entre cabarets, ateliers d’artistes, exposition coloniale et soirées privées du NSDAP. Ces différents espaces dessinent le portrait d’une société traversée par de profondes contradictions. La liberté artistique et la modernité côtoient déjà le racisme, le nationalisme et l’exclusion.

Le récit montre surtout comment l’inacceptable peut commencer par s’installer dans les détails. Il ne surgit pas nécessairement d’un seul coup. Il apparaît dans les conversations, les comportements, les lieux que l’on fréquente et les idées auxquelles certains commencent à s’habituer. Pendant ce temps, la vie quotidienne continue.

Cette tension donne à l’album une atmosphère singulière. Les personnages ne connaissent évidemment pas leur avenir avec la précision du lecteur. Ils perçoivent les transformations, parfois les minimisent ou tentent simplement de continuer à vivre. Rabaté évite ainsi de les réduire à des témoins chargés d’annoncer rétrospectivement la catastrophe.

Le dessin participe pleinement à cette impression de monde encore vivant mais déjà menacé. Les scènes de cabaret, les moments d’intimité et les déambulations berlinoises donnent corps à cette époque et rendent d’autant plus inquiétante la progression de ce qui se prépare en arrière-plan.

Le titre prend alors une résonance particulièrement forte. L’Enfance des ruines raconte ce moment où les ruines n’existent pas encore, mais où leurs fondations sont déjà en train d’être posées. Nous assistons moins à la catastrophe qu’aux instants durant lesquels elle devient progressivement possible.

Pascal Rabaté signe ainsi une bande dessinée historique où l’intime et le collectif avancent constamment ensemble. Les amours, les amitiés et les rêves de ses personnages se heurtent peu à peu à une réalité politique qui menace de tout engloutir.

Un album sensible et inquiétant sur un monde qui danse encore au bord du précipice. En choisissant Berlin en 1932, Pascal Rabaté raconte avec finesse cette période où le quotidien semble pouvoir continuer alors que les signes du désastre sont déjà présents. Une histoire d’amour, d’amitié et de liberté traversée par une question particulièrement troublante : à quel moment comprend-on réellement que le monde autour de nous est en train de basculer ?

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 23 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810206058 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810206056

Les Evadées – Partie 1 de Marc Levy

Marc Levy construit un thriller contemporain qui mêle enquête criminelle, science, résistance et liens familiaux à travers les destins de deux sœurs jumelles que la vie a éloignées. De Lyon à Boston, de Paris à Singapour, Les Évadées déploie une intrigue internationale où la recherche de la vérité devient progressivement une lutte pour préserver sa liberté.

Cécile travaille comme enquêtrice au sein d’Interpol. Lorsqu’un appel au secours provenant d’un village isolé d’Asie du Sud-Est attire son attention, elle découvre les premières traces d’une organisation criminelle dont les ramifications semblent beaucoup plus importantes qu’elle ne l’imaginait. Ce qui pourrait n’être qu’une affaire parmi d’autres devient rapidement une enquête susceptible de la conduire bien au-delà de son terrain habituel.

À plusieurs milliers de kilomètres, sa sœur Olivia mène une existence très différente. Scientifique rattachée à l’Institut Pasteur, elle poursuit ses recherches sur la côte Est américaine. Mais lorsque le contexte politique menace la liberté de la recherche et que la science devient une cible, sa patronne Molly lui propose de rejoindre un réseau de résistance.

Marc Levy construit ainsi deux trajectoires parallèles qui reposent sur une même volonté de ne pas détourner le regard. Cécile cherche à comprendre ce qui se cache derrière l’appel qu’elle a reçu ; Olivia refuse de voir la connaissance soumise aux intérêts du pouvoir. Toutes deux pourraient choisir la prudence, mais leur besoin de vérité les pousse à avancer malgré les risques.

Le contraste entre les deux sœurs fonctionne particulièrement bien. L’une évolue dans le monde de l’enquête et du renseignement, l’autre dans celui de la recherche scientifique. Leurs méthodes diffèrent, leurs vies se sont éloignées et leurs blessures ont laissé des traces, mais elles partagent une même obstination.

C’est précisément cette relation qui apporte au roman sa dimension émotionnelle. Derrière les enjeux internationaux et les menaces se trouve l’histoire de deux sœurs séparées qui vont devoir retrouver le chemin l’une vers l’autre. Leur lien devient progressivement aussi important que les mystères auxquels elles sont confrontées.

Le roman interroge également la notion de liberté sous plusieurs formes. Liberté de chercher, de savoir, de parler, de choisir sa vie ou simplement de refuser ce que d’autres cherchent à imposer. Les deux héroïnes se retrouvent confrontées à des systèmes qui utilisent le pouvoir, l’argent ou la peur pour contrôler les individus.

L’intrigue gagne en ampleur à mesure que les différentes pistes se rapprochent. Les déplacements internationaux donnent au récit un rythme soutenu tandis que l’alternance entre Cécile et Olivia entretient efficacement le suspense. Chaque sœur possède sa propre histoire, mais le lecteur comprend progressivement que leurs combats ne sont peut-être pas aussi éloignés qu’ils le paraissent.

Marc Levy conserve parallèlement ce qui constitue l’un des moteurs essentiels de son univers romanesque : les relations humaines. Même lorsque les enjeux deviennent considérables, ce sont les choix individuels, la confiance, la loyauté et les liens affectifs qui déterminent la direction prise par les personnages.

Cette première partie assume enfin son rôle d’ouverture. Elle installe les protagonistes, construit les différentes menaces et rapproche peu à peu des trajectoires que tout semblait avoir séparées, tout en laissant suffisamment de questions ouvertes pour donner envie de découvrir la suite.

Un thriller international rythmé et engagé, porté par deux héroïnes déterminées dont les combats personnels finissent par se rejoindre. Avec Cécile et Olivia, Marc Levy mêle efficacement suspense, quête de vérité et histoire familiale pour poser une question qui traverse tout le roman : jusqu’où sommes-nous prêts à aller lorsque ce que nous considérons comme essentiel – nos proches, nos convictions ou notre liberté – se retrouve menacé ?

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont/Versilio Date de publication ‏ : ‎ 22 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221243625 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221243626

Stick It 10 scènes de scènes cosy creepy à créer de Ophélie Ortal

Explorez d’adorables univers effrayants avec le Stick It Creepy cute !

Ophélie Ortal propose une activité créative qui joue avec une association particulièrement séduisante : mélanger l’univers réconfortant du cosy à l’imaginaire délicieusement inquiétant d’Halloween. Avec Stick It – Creepy Cute, monstres, cimetières et manoirs hantés deviennent ainsi les ingrédients d’un moment de détente plutôt que d’une véritable nuit d’épouvante.

Le principe est immédiatement accessible. Le livre propose 10 scènes à composer à l’aide de plus de 500 stickers miniatures. Chaque décor prend la forme d’une illustration isométrique que l’on complète progressivement en choisissant et en positionnant les différents éléments.

L’intérêt vient notamment de la richesse des univers proposés. Atelier de Frankenstein, manoir hanté ou inquiétant cimetière permettent de retrouver les grands classiques de l’horreur, mais complètement revisités dans une esthétique creepy cute. Ici, le macabre devient adorable et les créatures inquiétantes donnent davantage envie de sourire que de prendre la fuite.

Le nombre important de stickers permet de prendre son temps et de s’attarder sur les nombreux petits détails. Positionner chaque élément devient une activité minutieuse et apaisante, proche des autres loisirs d’art-thérapie. Il n’est pas nécessaire de posséder des compétences particulières en dessin : le plaisir vient simplement de voir la scène se construire petit à petit.

Le format permet également de laisser une certaine place à la créativité. Même lorsqu’un univers est déjà défini, la manière de l’habiller et de disposer les éléments permet de se l’approprier. Chaque page devient ainsi un petit décor miniature que l’on prend plaisir à observer une fois terminé.

L’esthétique choisie fait évidemment beaucoup dans le charme de l’ensemble. Le contraste entre les codes traditionnels de l’horreur et la douceur des personnages fonctionne parfaitement. Fantômes, monstres et décors sombres conservent leur identité tout en entrant dans un univers beaucoup plus chaleureux et ludique.

Stick It – Creepy Cute peut donc séduire bien au-delà de la seule période d’Halloween. Le livre s’adresse autant aux amateurs de stickers qu’aux passionnés de loisirs créatifs et à ceux qui recherchent simplement une activité calme permettant de décrocher quelques instants des écrans.

Une activité créative originale, minutieuse et particulièrement plaisante, qui réussit parfaitement son mélange entre frissons et douceur. Avec ses 10 scènes et ses centaines de stickers, Ophélie Ortal transforme les grands décors de l’horreur en adorables petits univers à construire. Une jolie façon de se détendre tout en cultivant son goût pour le spooky, le cosy et le creepy cute

ASIN ‏ : ‎ B0GXC7RX2Z Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 20 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032411377

Toute une année avec Jamy de Jamy Gourmaud

Tout nouveau, tout beau, 365 jours de savoirs !

Jamy Gourmaud poursuit sa mission favorite : rendre le savoir accessible, vivant et surtout agréable à découvrir. Avec Toute une année avec Jamy, il propose un nouvel almanach pensé comme un rendez-vous quotidien avec la curiosité, à parcourir dans l’ordre ou simplement à ouvrir au hasard.

Le principe est aussi simple qu’efficace : 365 jours pour explorer le monde à travers une multitude de questions. Sciences, histoire, nature, société, culture ou phénomènes du quotidien se côtoient au fil des pages. Certaines interrogations nous ont probablement déjà traversé l’esprit, tandis que d’autres donnent immédiatement envie de connaître une réponse à une question que l’on ne s’était encore jamais posée.

Avec plus de 1 400 sujets et 1 500 photographies, l’ouvrage impressionne par la quantité d’informations proposées sans pour autant donner la sensation d’un manuel scolaire. C’est précisément là que l’on retrouve la méthode de Jamy Gourmaud : partir d’une question simple, expliquer clairement et donner envie d’aller un peu plus loin.

La force de cet almanach réside dans son caractère très accessible. Il n’est pas nécessaire de consacrer une heure à chaque sujet. Quelques minutes suffisent pour apprendre quelque chose, comprendre un phénomène ou découvrir une anecdote étonnante. Le savoir devient ainsi quelque chose que l’on picore quotidiennement plutôt qu’une accumulation de connaissances à mémoriser.

La nouvelle mise en page participe pleinement à cette volonté. Photographies, informations et anecdotes permettent de circuler facilement dans les pages et favorisent une lecture spontanée. On vient chercher une réponse et l’on se surprend rapidement à en lire plusieurs autres.

Les anecdotes insolites apportent également cette touche de légèreté indispensable. Jamy Gourmaud conserve son goût pour les exemples concrets, les rapprochements inattendus et cette manière de transmettre sans donner l’impression de faire la leçon. Sa bonne humeur et sa pédagogie restent au cœur du projet.

L’autre nouveauté intéressante vient des douze personnalités invitées à raconter leur parcours et leur rapport au savoir. Ces témoignages rappellent que la connaissance n’est pas réservée à une seule discipline ni à un type particulier de parcours. Sciences, arts, exploration ou autres domaines peuvent tous naître d’une même qualité : la curiosité.

L’ouvrage fonctionne ainsi aussi bien comme lecture familiale que comme livre dans lequel revenir régulièrement. Enfants, adolescents et adultes peuvent y trouver des informations adaptées à leurs centres d’intérêt, mais également découvrir des domaines vers lesquels ils ne seraient pas spontanément allés.

C’est finalement cette curiosité que Toute une année avec Jamy célèbre avant tout. Apprendre commence souvent par une question toute simple : pourquoi ? Et il suffit parfois d’une réponse claire et amusante pour donner envie d’en poser dix autres.

Un almanach généreux, richement illustré et particulièrement accessible, qui transforme chaque journée en occasion d’apprendre quelque chose. Jamy Gourmaud conserve cette capacité précieuse à expliquer sans compliquer et à transmettre sans ennuyer. Un ouvrage à laisser à portée de main pour apprendre, s’étonner et comprendre un peu mieux le monde, 365 jours par an.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095066138 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095066130

L’Odyssée d’après Homère – Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment ! Dès 10 ans de Chiara Pastorini (Rédacteur), Marion Chancerel (Dessins)

Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment !

Chiara Pastorini et Marion Chancerel proposent aux jeunes lecteurs de redécouvrir l’un des récits fondateurs de notre imaginaire : le retour d’Ulysse après la guerre de Troie. Mais plutôt que de simplement raconter les célèbres aventures du héros grec, l’ouvrage cherche à comprendre ce que ces épisodes continuent de nous dire aujourd’hui.

Car L’Odyssée ne se résume pas aux Cyclopes, aux sirènes ou aux créatures extraordinaires rencontrées au cours du voyage. Derrière ces aventures se cache d’abord l’histoire d’un homme qui tente désespérément de rentrer chez lui. Ulysse traverse les mers, affronte les dangers et résiste aux tentations avec un objectif qui paraît très simple : retrouver Ithaque et ceux qu’il aime.

Cette approche permet de rendre le mythe particulièrement accessible dès 10 ans. Les grandes étapes du voyage deviennent autant d’occasions d’interroger les émotions et les choix du héros. La peur, le courage, la curiosité, la fidélité, la ruse ou encore le désir de retrouver sa place sont des expériences qui dépassent largement le cadre de la mythologie grecque.

Chiara Pastorini invite ainsi les lecteurs à ne pas considérer les mythes comme de vieilles histoires figées dans le passé. Si nous continuons à raconter l’aventure d’Ulysse plusieurs milliers d’années plus tard, c’est précisément parce que ses interrogations restent profondément humaines. Que signifie rentrer chez soi après avoir changé ? Peut-on retrouver exactement la vie que l’on a quittée ? Comment résister lorsque quelque chose nous détourne de notre objectif ?

Ulysse lui-même devient alors un personnage plus complexe que l’image traditionnelle du héros victorieux. Son intelligence et sa célèbre ruse lui permettent de surmonter de nombreux obstacles, mais son voyage est aussi fait d’erreurs, de pertes et de décisions difficiles. Le héros mythologique se rapproche ainsi du lecteur en révélant ses fragilités.

Les dessins de Marion Chancerel accompagnent cette découverte en donnant une présence visuelle aux personnages et aux grandes étapes du périple. L’illustration permet notamment de rendre plus immédiat un récit dont l’ancienneté pourrait autrement impressionner certains jeunes lecteurs.

L’intérêt de l’ouvrage réside surtout dans ce dialogue entre récit et réflexion. Il ne s’agit pas uniquement de savoir ce qui arrive à Ulysse, mais de se demander pourquoi cette histoire nous touche encore et ce qu’elle peut nous apprendre sur nous-mêmes. La mythologie devient alors un formidable terrain pour apprendre à questionner le monde.

Cette relecture rappelle enfin que le véritable enjeu de l’Odyssée est peut-être moins le voyage que le retour. Après toutes les épreuves traversées, Ulysse doit encore retrouver sa famille, son royaume et sa propre identité. Revenir chez soi ne signifie pas nécessairement revenir exactement comme on était parti.

Un ouvrage accessible et intelligent qui permet aux jeunes lecteurs de découvrir L’Odyssée tout en allant au-delà de ses monstres et de ses aventures les plus célèbres. Chiara Pastorini et Marion Chancerel montrent avec pédagogie que les grands mythes restent vivants lorsqu’ils nous permettent encore de réfléchir à nos peurs, nos choix, nos désirs et à cette étrange aventure qu’est le fait de grandir et de trouver sa place.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095049942 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095049942

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable: Tome 2 de Jeff Kinney

Munissez-vous d’une lampe de poche, cachez-vous sous les couvertures et plongez dans l’imagination débordante – et délirante – de Robert Jefferson !

Jeff Kinney retrouve Robert Jefferson pour un deuxième tome qui plonge cette fois pleinement dans les histoires qui font peur… ou du moins qui essaient de faire peur. Car lorsque le narrateur est lui-même probablement le garçon le plus peureux du monde, raconter des récits terrifiants devient forcément une aventure en soi.

Araignées, vampires, fantômes et autres créatures inquiétantes composent le programme de ce nouveau recueil. Tous les ingrédients classiques de l’horreur sont présents, mais ils passent par l’imagination particulièrement débordante de Robert. Le résultat oscille constamment entre petit frisson et énorme éclat de rire.

C’est précisément ce décalage qui fait fonctionner l’ensemble. Jeff Kinney reprend les codes des histoires horrifiques pour mieux les détourner. Une situation inquiétante peut rapidement devenir absurde, un monstre terrifiant perdre toute crédibilité et une catastrophe prendre une tournure totalement inattendue.

Robert constitue évidemment le narrateur idéal pour ce genre d’exercice. Son imagination semble sans limites, mais son courage beaucoup moins. Il veut provoquer la peur chez ses lecteurs alors qu’il est lui-même susceptible d’être effrayé par ce qu’il raconte. Cette contradiction nourrit une grande partie de l’humour du livre et donne aux histoires leur personnalité.

La construction en plusieurs récits permet également de varier les situations et les créatures. Chaque nouvelle histoire devient une surprise, avec son propre univers et sa manière de jouer avec les codes du fantastique et de l’épouvante. Le lecteur peut ainsi passer d’un vampire à une araignée ou à un fantôme sans jamais savoir exactement comment Robert va réussir à compliquer les choses.

Comme toujours dans l’univers de Jeff Kinney, texte et dessin fonctionnent ensemble pour provoquer le rire. Les illustrations prolongent les gags, accentuent les réactions des personnages et rendent les créatures davantage amusantes qu’effrayantes. Cette mise en scène très visuelle rend la lecture particulièrement accessible et dynamique.

Sous les monstres et les fantômes se dessine également une jolie manière d’apprivoiser la peur. Les enfants peuvent jouer à se faire peur dans un cadre volontairement rassurant, où l’humour finit presque toujours par reprendre le dessus. Les créatures les plus inquiétantes deviennent alors beaucoup moins impressionnantes lorsqu’on apprend à rire avec elles.

Le livre célèbre surtout le plaisir d’inventer et de raconter. Robert transforme ses peurs en histoires, quitte à se laisser lui-même emporter par son imagination. Raconter ce qui nous effraie devient finalement une manière de reprendre le contrôle sur nos propres monstres.

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable réussit ainsi à proposer des frissons parfaitement adaptés aux jeunes lecteurs sans abandonner l’humour qui caractérise l’univers de Jeff Kinney.

Un deuxième tome drôle et délicieusement effrayant, idéal pour celles et ceux qui aiment avoir la chair de poule sans renoncer à rire. Entre vampires, fantômes, araignées et imagination déchaînée, Robert Jefferson prouve que les meilleures histoires d’horreur sont parfois celles dont le narrateur a encore plus peur que ses lecteurs.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNVL5HF Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522884

Sept fois dimanche de Anne-Claire Lévêque (Auteur), Nicolas Zouliamis (Illustrations)

Le royaume d’Ici ne ressemble à aucun autre : il est dirigé par sept rois ! Mais ces sept-là ne se supportent pas.

Anne-Claire Lévêque imagine un royaume délicieusement absurde où les sept jours de la semaine deviennent sept rois aux caractères bien différents. Une idée simple et immédiatement accessible aux enfants, qui permet de jouer avec notre rapport au temps tout en racontant une histoire sur l’équilibre et la nécessité d’apprendre à vivre ensemble.

Au royaume d’Ici, impossible pour les sept souverains de régner simultanément tant ils se supportent difficilement. Une solution a donc été trouvée : chacun dispose du trône pendant exactement vingt-quatre heures. Lundi est fonceur et un peu brusque, Mardi sérieux, Mercredi joueur, Jeudi parfaitement organisé, Vendredi rêveur, Samedi amateur de fête et Dimanche champion du repos.

Cette galerie de personnages donne au calendrier une dimension particulièrement amusante. Chaque journée possède soudain une personnalité, comme si les sensations que nous associons aux différents moments de la semaine prenaient vie sous les traits de souverains hauts en couleur.

Tout fonctionne jusqu’au jour où Dimanche décide qu’il est finalement très bien installé sur le trône. Pourquoi rendre sa couronne alors que tout le monde apprécie les siestes, le calme et le farniente ? Le royaume entre alors dans une période qui pourrait sembler idéale : désormais, tous les jours seront des dimanches.

Au début, évidemment, personne ne s’en plaint. Plus d’obligations, davantage de repos et tout le temps nécessaire pour rêver. Mais le plaisir perd progressivement de sa saveur lorsqu’il devient permanent. Sans contraste, même le dimanche finit par devenir ennuyeux.

C’est là que l’album dépasse son amusant principe de départ. Anne-Claire Lévêque montre aux jeunes lecteurs que chaque moment possède son utilité. Le repos est précieux parce qu’il alterne avec l’activité, tout comme la fête n’aurait probablement pas la même saveur si elle durait continuellement.

La révolte contre Dimanche introduit également une réflexion très accessible sur le pouvoir. Même lorsqu’un dirigeant pense savoir ce qui rendra tout le monde heureux, il ne peut décider éternellement à la place des autres. Les habitants du royaume finissent donc par faire entendre leur voix et rappeler qu’une communauté fonctionne lorsque chacun accepte de laisser une place aux autres.

Les illustrations de Nicolas Zouliamis accompagnent parfaitement cette fantaisie. Les sept souverains possèdent chacun une identité immédiatement reconnaissable et l’univers du royaume permet de multiplier les détails amusants. Le dessin renforce ainsi le caractère presque théâtral de cette étrange semaine royale.

Derrière son humour, Sept fois dimanche parle finalement de rythme, de partage et de complémentarité. Il faut des lundis pour que les dimanches restent désirables, des moments pour travailler, d’autres pour jouer, rêver ou simplement ne rien faire.

Un album jeunesse inventif et plein d’humour qui transforme les jours de la semaine en personnages pour mieux raconter l’importance de l’équilibre. Anne-Claire Lévêque et Nicolas Zouliamis rappellent avec malice que vivre ensemble signifie aussi accepter que chacun ait son moment – et que même le meilleur des dimanches perdrait tout son charme s’il ne finissait jamais.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNWJGJ9 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 11 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522525

Mamie Gruffalo de Julia Donaldson et Axel Scheffler

La nouvelle aventure du célèbre héros créé par Julia Donaldson et Axel Scheffler !
Un jour, le Gruffalo annonça à sa fille : – Ta grand-mère vient chez nous, elle veut voir sa famille. Mais Mamie Gruffalo a un gros appétit, et son plat préféré est le ragoût de souris…

Julia Donaldson et Axel Scheffler retrouvent l’univers désormais incontournable du Gruffalo pour une nouvelle aventure familiale pleine de malice. Cette fois, une nouvelle venue fait son apparition : Mamie Gruffalo, qui vient rendre visite à son fils et à sa petite-fille. Une réunion de famille qui pourrait sembler parfaitement tranquille… si la grand-mère n’avait pas un appétit particulièrement inquiétant.

Car Mamie Gruffalo adore manger. Et son plat préféré n’est autre que le ragoût de souris. Une information qui suffit immédiatement à faire planer une délicieuse menace sur cette nouvelle histoire et, bien sûr, à rappeler que dans la forêt du Gruffalo, les plus petits ne sont jamais nécessairement les plus vulnérables.

Julia Donaldson retrouve les ingrédients qui ont fait le succès de cet univers : une situation très simple, un danger facilement identifiable par les jeunes lecteurs et surtout beaucoup d’humour. L’arrivée de cette grand-mère gourmande permet de renouveler la mécanique sans perdre ce qui fait le charme des précédentes aventures.

La peur reste présente, mais elle est constamment désamorcée par le jeu et la malice. Chez le Gruffalo, la force physique ne suffit jamais : l’intelligence et la capacité à raconter de bonnes histoires peuvent être des armes beaucoup plus efficaces. C’est précisément cette inversion des rapports de force qui continue de rendre cet univers aussi réjouissant.

La dimension familiale apporte également une nouvelle dynamique. Après avoir découvert le Gruffalo puis sa fille, les enfants rencontrent désormais une génération supplémentaire. La famille s’agrandit, mais les habitudes restent les mêmes : chacun possède son caractère, ses envies et, manifestement, un solide appétit.

Les illustrations d’Axel Scheffler participent évidemment au plaisir de la lecture. Son trait immédiatement reconnaissable retrouve la forêt, ses habitants et leurs expressions savoureuses. Mamie Gruffalo s’intègre naturellement à cette galerie de personnages, avec tout ce qu’il faut de tendresse et de menace pour intriguer sans véritablement effrayer.

L’album fonctionne ainsi aussi bien comme une nouvelle porte d’entrée dans cet univers que comme des retrouvailles pour les enfants qui connaissent déjà le célèbre monstre. Les adultes y retrouveront également ce double niveau de lecture fait de répétitions, de situations comiques et de petits retournements qui rendent la lecture à voix haute particulièrement agréable.

Une nouvelle aventure drôle et malicieuse qui prolonge avec bonheur l’univers du Gruffalo. Avec Mamie Gruffalo et son inquiétant goût pour le ragoût de souris, Julia Donaldson et Axel Scheffler prouvent une nouvelle fois que dans cette forêt, un gros appétit ne fait pas forcément le poids face à une petite souris suffisamment rusée.

Éditeur ‏ : ‎ GALLIMARD JEUNE Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2075234574 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2075234573

Echos stellaires de David Bry

Un space opera addictif où la quête de liberté, l’aventure et le deuil se mêlent aux étoiles.

David Bry nous entraîne aux confins de l’espace avec un roman qui associe aventure, rébellion et réflexion sur le deuil, tout en développant une idée de science-fiction particulièrement séduisante : des particules temporelles capables de conserver des fragments de souvenirs.

Sur Chronon Galactics, planète isolée et hostile, la liberté n’est plus qu’un rêve. Son propriétaire y exerce un pouvoir despotique tout en exploitant une ressource extrêmement précieuse : les chronons. Ces particules du temps sont devenues indispensables aux voyages spatiaux et font donc de cette planète apparemment désolée un territoire stratégique.

C’est dans cet univers que l’on rencontre Noam Kerval. Pilote exceptionnel, il porte pourtant une blessure qu’aucune prouesse technique ne peut effacer : la disparition de celle qu’il aimait. Brisé par cette perte, il a rejoint la Rébellion et s’apprête désormais, avec ses compagnons, à participer à une bataille susceptible de changer définitivement le destin de Chronon Galactics.

David Bry construit son récit autour de cette promesse d’affrontement, mais l’intérêt d’Échos stellaires dépasse rapidement la simple lutte entre oppresseurs et résistants. Dans cet univers, les intelligences artificielles sont capables de calculer les probabilités avec une précision telle que l’avenir semble presque prévisible. Si les chiffres annoncent l’échec, pourquoi continuer à se battre ?

C’est ici que les chronons prennent toute leur importance. Ces mystérieuses particules semblent perturber les prédictions et introduire quelque chose que les calculs ne parviennent pas totalement à maîtriser. Plus fascinant encore, elles paraissent porter des souvenirs, comme si le temps lui-même conservait la trace de ce qui a été vécu.

Cette idée donne une dimension plus intime au space opera. Pour Noam, confronté au deuil, la possibilité que le passé puisse laisser une empreinte concrète ne peut évidemment être anodine. La quête de liberté collective rejoint alors une autre lutte, beaucoup plus personnelle : apprendre à continuer lorsque celui ou celle que l’on aimait n’est plus là.

Le roman joue ainsi sur une opposition intéressante entre déterminisme et imprévisible. D’un côté, les IA transforment l’avenir en probabilités ; de l’autre, les chronons introduisent l’incertitude, la mémoire et peut-être même une forme d’espoir. L’être humain peut-il encore choisir son destin lorsque les machines prétendent déjà connaître l’issue de ses décisions ?

L’univers imaginé par David Bry offre ainsi tous les ingrédients du space opera – pilotes, voyages interstellaires, planète exploitée, résistance et bataille décisive – tout en leur apportant une dimension émotionnelle forte. Les enjeux spectaculaires restent constamment liés aux blessures et aux choix des personnages.

Noam Kerval incarne particulièrement bien cette rencontre entre l’intime et le cosmique. Il doit piloter, combattre et participer à une rébellion, mais son véritable voyage consiste aussi à déterminer ce qu’il peut faire de ses souvenirs et de son absence. Les étoiles deviennent alors le décor d’une histoire où avancer ne signifie pas nécessairement oublier.

Un space opera prenant qui trouve son identité dans la rencontre entre aventure spatiale et mémoire. David Bry imagine un univers où le temps possède ses propres particules, où les souvenirs peuvent perturber les certitudes mathématiques et où une infime part d’imprévisible suffit peut-être à rendre la liberté possible. Une aventure aussi spectaculaire qu’émouvante, portée par une belle question : que reste-t-il de ceux que nous avons perdus lorsque même le temps semble conserver leur écho ?

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 656 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266362895 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266362894

Just Friends – tome 1 de Eunhi

Amis ou sexfriends ? À toi de choisir !

Eunhi s’empare d’un ressort incontournable de la romance, l’amitié qui bascule progressivement vers quelque chose de plus trouble, pour construire une histoire légère, tendre et pleine d’hésitations. Haneul et Mincheol se connaissent depuis l’enfance. Leur complicité paraît solide, leurs habitudes bien installées et, en apparence, chacun connaît parfaitement la place qu’il occupe dans la vie de l’autre.

Pourtant, leurs expériences sentimentales sont radicalement différentes. Haneul est encore inexpérimentée en amour tandis que Mincheol traîne derrière lui une réputation de coureur de jupons. Un contraste qui nourrit naturellement leur dynamique : ils peuvent parler de beaucoup de choses, se provoquer et se confier, mais l’amour semble être précisément le territoire qu’ils n’ont jamais envisagé d’explorer ensemble.

Tout change à l’occasion d’une soirée arrosée. La frontière qu’ils pensaient parfaitement établie entre amitié et attirance devient soudain beaucoup moins évidente. Un rapprochement suffit pour introduire le doute et transformer des gestes autrefois anodins en signes que chacun commence désormais à interpréter différemment.

C’est dans cet entre-deux que ce premier tome trouve son principal intérêt. Eunhi ne raconte pas simplement la naissance d’une romance : elle s’intéresse au moment particulièrement inconfortable où deux amis réalisent que leur relation pourrait ne plus être celle qu’ils imaginaient. Peut-on reconnaître ses sentiments sans risquer de perdre une amitié construite pendant des années ?

Haneul apporte beaucoup de douceur à cette dynamique. Son manque d’expérience sentimentale rend ses interrogations crédibles, tandis que Mincheol apparaît progressivement au-delà de l’image du séducteur qui lui colle à la peau. Leur passé commun donne surtout davantage de poids à chaque hésitation : ils ne sont pas deux inconnus qui découvrent leur attirance, mais deux personnes qui ont déjà beaucoup à perdre.

Le manga joue ainsi avec les regards, les maladresses, les non-dits et cette nouvelle conscience de l’autre qui apparaît lorsque l’amitié cesse d’être totalement innocente. Une proximité auparavant naturelle peut soudain devenir embarrassante, tandis qu’une simple attention prend une signification inattendue.

Ce premier tome installe donc efficacement les bases d’une romance fondée autant sur la complicité que sur la peur de bouleverser un équilibre précieux. Derrière son point de départ familier, Just Friends pose une question universelle : à quel moment cesse-t-on d’être “juste amis” ?

Une romance attachante qui mise sur la complicité de ses personnages et sur toutes les incertitudes provoquées par le passage de l’amitié au désir. Eunhi installe un duo que l’on prend rapidement plaisir à suivre et laisse suffisamment de sentiments inexprimés pour donner envie de découvrir comment Haneul et Mincheol vont désormais gérer cette relation devenue beaucoup plus compliquée

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2488290173 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2488290173