Journal d’une peste, tome 13. Ensemble, c’est mieux de Virginy L. Sam (Auteur), Marie-Anne Abesdris (Illustrations)

Fannette est ravie : pépé Gaston vient habiter temporairement à la maison. L’occasion parfaite pour lancer l’opération Cupidon et manigancer une rencontre avec mamie Linette, la grand-mère de Théo.

Chronique : Dans Journal d’une peste, tome 13 : Ensemble, c’est mieux, Fannette, fidèle à son caractère espiègle et énergique, se lance dans de nouvelles aventures aussi amusantes que touchantes. Cette fois-ci, elle est ravie de voir son pépé Gaston s’installer temporairement à la maison. Jamais à court d’idées, Fannette imagine l’opération Cupidon : réunir pépé Gaston et mamie Linette, la grand-mère de Théo, son ami. Un projet qui promet de nombreux rebondissements et situations cocasses, à l’image de l’héroïne.

Mais ce n’est pas le seul défi que Fannette relève. Aux côtés de ses copains, elle s’investit dans une mission solidaire : sauver la friperie des parents de sa meilleure amie, Linda. À travers cette initiative, Fannette montre une facette plus généreuse de sa personnalité, prouvant que même les « pestes » peuvent être de véritables anges quand il s’agit d’aider ceux qu’elles aiment.

Entre humour, tendresse et solidarité, ce tome offre un mélange parfait d’aventures farfelues et d’émotions sincères. Fannette reste une héroïne attachante et pleine de surprises, capable de transformer des situations ordinaires en véritables aventures. Ensemble, c’est mieux est un nouvel épisode qui montre que la solidarité et l’amitié sont au cœur des plus belles réussites, même pour une « peste » comme Fannette.

ASIN ‏ : ‎ B0D1725TBT Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J; Illustrated édition (30 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 240 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040118046 Âge de lecture ‏ : ‎ 9 – 12 ans

Version 1.0.0

Sortir de l’ombre – Une histoire de sororité en prison de Muriel Douru

Arrêtée pour transport de produits stupéfiants, Jade se retrouve enfermée en maison d’arrêt. À sa sortie du quartier des nouvelles arrivantes, elle est aussitôt accueillie par Florence et Maryam, deux détenues membres du collectif des Pluri’elles.

Chronique : Sortir de l’ombre de Muriel Douru est un docu-fiction captivant qui nous plonge dans la vie carcérale des femmes à travers l’histoire de Jade, une jeune femme incarcérée pour transport de stupéfiants. Loin de chez elle, Jade est confrontée à la dure réalité de la prison : un environnement froid, cloisonné, et dépourvu de visites. Cependant, dans cet espace oppressant, elle découvre une lueur d’espoir grâce au collectif des Pluri’elles, un groupe de détenues qui se battent pour rendre la prison plus humaine.

Florence et Maryam, deux membres influentes de ce collectif, accueillent Jade dès sa sortie du quartier des nouvelles arrivantes. Les Pluri’elles ont pour mission d’aider les détenues les plus vulnérables, d’améliorer les conditions de vie en prison et de revendiquer des droits auprès de l’administration pénitentiaire. Le collectif s’inspire d’une initiative de Médecins du Monde, basée sur l’idée que les personnes détenues doivent être consultées pour exprimer leurs besoins, comme le stipule l’article 29 de la loi de 2009.

À travers l’implication de Jade dans ce collectif, le récit aborde des problématiques réelles, notamment l’accès aux soins médicaux, souvent entravé par des procédures humiliantes, ou encore les difficultés quotidiennes des prisonnières. Malgré les six ans d’existence des Pluri’elles, de nombreux défis restent à relever, mais leur persévérance et leur solidarité insufflent une touche d’espoir dans un cadre sombre.

Éditeur ‏ : ‎ La Boîte à Bulles; Illustrated édition (18 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2849535109 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2849535103

Chonchon, Le fée cochon par Stéphane Servant et Laetitia Le Saux

Il était une fois un porcelet prénommé Chonchon qui depuis tout petit ne rêvait que d’une seule chose : devenir une fée. Mais dans la famille Cochon, tout le monde est maçon. « Abracadagrouik ! Moi, je serai le premier fée cochon ! »

Chronique : Chonchon, le fée cochon de Stéphane Servant et Laetitia Le Saux raconte l’histoire délicieusement décalée d’un petit porcelet qui défie les conventions de sa famille et de la société. Chonchon, loin de suivre la tradition des Cochon maçons, rêve de devenir une fée, un métier pour le moins inhabituel pour un cochon. Son parcours est truffé d’humour et de tendresse, à commencer par son entrée dans l’école des fées, où il décroche sa baguette magique… en forme de tire-bouchon ! Mais le chemin vers son rêve est semé d’embûches, car personne ne semble vouloir l’aide d’un « fée cochon ».

L’histoire est portée par l’enthousiasme et la persévérance de Chonchon, qui refuse de se laisser abattre par les préjugés. Ce récit aborde avec finesse des thèmes importants comme l’acceptation de soi, la persévérance et le dépassement des stéréotypes. L’humour de Stéphane Servant, conjugué aux illustrations colorées et dynamiques de Laetitia Le Saux, crée un univers joyeux et touchant, accessible aux petits comme aux grands. Le refrain magique « Abracadagrouik ! » devient un cri de ralliement pour tous ceux qui, comme Chonchon, veulent réaliser leurs rêves malgré les obstacles.

Éditeur ‏ : ‎ Didier Jeunesse; Illustrated édition (21 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 36 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2278128531 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2278128532

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Sarah Bernhardt, le rire incassable par Françoise Sagan

La biographie de Sarah Bernhardt que Françoise Sagan nous présente ici est non traditionnelle pour ne pas dire contraire à toutes les traditions.

Chronique : Dans sa biographie Sarah Bernhardt, le rire incassable, Françoise Sagan s’aventure dans un exercice peu conventionnel et singulièrement audacieux. Loin de suivre les schémas classiques de la biographie, elle adopte une approche originale en donnant la parole à Sarah Bernhardt elle-même, comme si elle conversait avec son sujet. Sagan ne se contente pas de raconter la vie de cette icône du théâtre, elle l’interroge, la confronte à ses propres contradictions et mensonges, tout en révélant une vérité nuancée, ambiguë, qui s’écarte des versions hagiographiques ou critiques habituelles.

Cette Sarah Bernhardt que Sagan nous propose est plus vivante et plus fascinante que jamais, dépeinte avec un humour omniprésent, même dans les moments les plus sombres de sa vie. Le titre, Le rire incassable, illustre bien ce trait central : une héroïne capable de rire des tragédies et des drames qui ont marqué son existence. Le génie de Sagan réside dans cette capacité à capter la force et la légèreté de Bernhardt, à travers un portrait kaléidoscopique et plein de verve, où elle-même, en tant qu’auteure, brille par son esprit incisif et provocateur.

Dance with the Broken Girl de Paloma Garcia

Il a été loin d’elle pendant des années… mais n’a jamais pu l’oublier.

Chronique : Dans Dance with the Broken Girl, Paloma Garcia nous offre un cocktail intense de romance, de musique et de retrouvailles sous les projecteurs éblouissants d’une tournée nationale à travers les États-Unis. Le récit suit Haze, le charismatique chanteur du groupe Hurricane, alors que lui et son groupe se préparent pour une tournée qui s’annonce explosive. Au cœur de cette préparation, la sélection d’une équipe de danseuses talentueuses est cruciale, mais Haze est loin de se douter que ce casting va bouleverser son univers.

Lors des auditions, Haze est frappé de stupeur en reconnaissant Willow, son ancienne meilleure amie et amour secret, dont la présence fait resurgir des souvenirs enfouis. Willow, avec ses longs cheveux dorés et ses yeux bleus perçants, n’a apparemment pas changé, mais elle semble ne pas se rappeler de lui. Leur passé commun est marqué par un lien profond, des moments partagés, et une séparation brutale dont les raisons restent mystérieuses. La tension monte encore d’un cran lorsque Haze apprend que Willow a été retenue pour faire partie de la troupe, et pire encore, qu’elle dansera en duo avec lui sur scène.

Le roman explore alors la dynamique complexe entre Haze et Willow, deux âmes liées par un passé douloureux et des sentiments non résolus. Haze doit faire face à un dilemme déchirant : doit-il révéler à Willow leur histoire commune, ou tenter de cacher la vérité et ses émotions intenses qui menacent de tout consumer ? Le passé peut-il vraiment rester derrière eux, ou est-il destiné à revenir les hanter sous les feux de la rampe ?

Dance with the Broken Girl se distingue par la façon dont Paloma Garcia dépeint les émotions brutes et les conflits intérieurs des personnages. Le roman mêle habilement la passion de la musique, l’énergie des performances scéniques, et la profondeur des sentiments humains. Chaque chapitre est une danse entre le passé et le présent, où les notes de musique et les battements de cœur s’entrelacent pour créer une symphonie à la fois douce et douloureuse.

Garcia capture parfaitement l’essence des retrouvailles imprévues et des émotions refoulées qui refont surface de manière imprévisible. Les personnages sont dessinés avec une complexité et une vulnérabilité qui les rendent attachants et crédibles. Le lecteur est invité à plonger dans l’intimité de Haze et Willow, à ressentir leur confusion, leur désir et leurs regrets.

#DancewiththeBrokenGirl #NetGalleyFrance

ASIN ‏ : ‎ B0D812TS81 Éditeur ‏ : ‎ Harlequin (7 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français

Bienvenue chez vous de Alex Sol

Un roman d’horreur psychologique intense qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page !

Chronique : Avec Bienvenue chez vous, Alex Sol signe un roman d’horreur psychologique qui pousse les limites du suspense et de l’angoisse. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans l’univers de Simon et Mathilde, un couple qui, après avoir sacrifié toutes leurs économies, réalise enfin son rêve : vivre dans une maison qu’ils ont fait construire à la campagne, loin du tumulte de la ville. Accompagnés de leurs deux jeunes enfants, ils espèrent y trouver un nouveau départ, une vie paisible en harmonie avec la nature.

Cependant, dès leur installation, l’atmosphère change. Mathilde ressent un malaise diffus, une sensation inquiétante qui semble imprégner les murs de leur nouvelle demeure. Nathan, leur fils de six ans, commence à manifester des comportements étranges : il se met à dessiner des monstres terrifiants, réclame sans cesse à manger, et surtout, refuse catégoriquement de dormir seul dans sa chambre. Ces signaux perturbants sont autant de signes que quelque chose ne va pas, mais ni Mathilde ni Simon ne semblent prêts à affronter la vérité.

Parallèlement, Simon découvre un secret inquiétant : l’un des ouvriers ayant travaillé sur la construction de leur maison est mort dans des circonstances horribles. Cette révélation pourrait bouleverser leur nouvelle vie, mais Simon choisit de la dissimuler à Mathilde, craignant qu’elle ne décide de tout abandonner. Cette décision marque le début d’une série de non-dits et de secrets qui vont inexorablement les entraîner dans une spirale d’angoisse.

Ce qui devait être leur havre de paix se transforme peu à peu en une prison oppressante. La maison, personnage à part entière dans le récit, semble douée d’une volonté propre, et loin d’être un simple décor, elle devient le catalyseur de toutes leurs angoisses. Les événements inexplicables se multiplient, et l’emprise de la maison sur ses habitants se renforce à chaque page.

Alex Sol maîtrise parfaitement l’art du suspense. Il construit une tension psychologique qui ne faiblit jamais, maintenant le lecteur dans un état d’incertitude et de crainte constantes. Les thèmes de la paranoïa, du doute et de la désintégration progressive du quotidien sont explorés avec une précision chirurgicale, faisant écho aux grandes œuvres du genre.

Bienvenue chez vous est plus qu’un simple roman d’horreur : c’est une exploration profonde de la psyché humaine, des peurs inconscientes qui nous habitent et de la manière dont elles peuvent être exacerbées par un environnement hostile. Alex Sol nous offre un récit captivant, où chaque page tourne avec la promesse d’une nouvelle révélation, d’un nouveau frisson. Ce roman s’inscrit parfaitement dans la lignée des grands thrillers psychologiques, et ravira autant les amateurs d’horreur que ceux en quête d’une narration intelligente et bien construite.

#BienvenuechezvousAlexSol #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Alex Sol (11 avril 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 554 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494206308 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494206304

LE JARDIN DE GEORGES de Guénaëlle Daujon

Un matin de juillet 1897, Georges Delaselle découvre une petite île du nord Finistère, en face de Roscoff : l’île de Batz. Artiste amateur, il vient y écrire et y dessiner loin de la capitale où il est né. Il tombe aussitôt amoureux de deux hectares de terre et de sable à l’est de l’île qu’il décide d’acquérir pour les embellir, les sublimer, y planter les graines du monde qu’il collectionne. Il trouve là une géographie idéale, un microclimat pour réaliser son rêve : un jardin exotique.

Chronique : L’intrigue débute en juillet 1897 lorsque Georges Delaselle, désireux de fuir la frénésie parisienne, découvre l’île de Batz. Séduit par deux hectares de terre vierge, il se lance dans un projet ambitieux : créer un jardin exotique unique. Ce jardin, qu’il considère comme sa « fille », est un mélange fascinant de fleurs exotiques et de végétation rare, symbolisant à la fois sa passion pour le règne végétal et son désir de marquer son empreinte.

Daujon nous plonge dans la psyché de Delaselle avec une profondeur poignante. Le jardin de Georges devient un lieu de refuge et de création, un espace où l’imaginaire rencontre le réel. Au fil des années, le jardin évolue, tout comme l’état de santé de Georges. Diagnostiqué avec la tuberculose, il se fixe sur son projet comme une échappatoire à la maladie. Ironiquement, tandis que son jardin prospère, sa propre santé commence à se rétablir, transformant sa lutte en un triomphe symbolique de la vie sur la mort.

Le roman est aussi un hommage à la botanique et aux conquêtes botaniques de la fin du XIXe siècle, période où la France cherchait à affirmer sa grandeur par l’acquisition de plantes exotiques. À travers des croquis et des plans détaillés, Delaselle imagine et réalise son paradis végétal, défiant les préjugés selon lesquels l’île était trop stérile pour la croissance.

La mort en face: Dr. Philippe Boxho, le médecin légiste qui fait parler les morts de Philippe Boxho

« Ce qui a motivé mon choix de la médecine légale ?

Chronique : L’ouvrage commence par une réflexion personnelle de Philippe Boxho sur son parcours, révélant comment un intérêt initial pour la prêtrise a évolué vers une carrière en médecine légale. Cette introspection sur ses motivations et le parcours qui l’a conduit à cette spécialisation enrichit la compréhension du lecteur sur le mélange de curiosité intellectuelle et de vocation humaniste qui guide son travail.

La Mort en Face se distingue par la façon dont Boxho se livre avec une sincérité rare, partageant des histoires vécues qui vont au-delà des récits sensationnalistes souvent associés à la médecine légale. Son regard acéré sur la société est illustré par des cas variés et intrigants. Par exemple, il aborde le mystère entourant la mort de Napoléon, une figure historique dont la fin reste entourée de mystères et de théories. Cette analyse permet d’explorer non seulement les détails de l’enquête historique mais aussi les implications plus larges sur la manière dont nous comprenons les grands événements.

Boxho ne se contente pas de traiter des cas célèbres. Il plonge également dans des histoires plus anonymes mais tout aussi révélatrices, telles que celle de la fermière noyée par son mari dans une cuve à lait. Ces récits, parfois choquants ou émouvants, mettent en lumière les aspects les plus sombres et souvent méconnus des enquêtes sur les morts accidentelles, les suicides, et les meurtres.

Le livre explore également les dangers contemporains, comme ceux liés à l’usage du haschich et de l’alcool, soulignant comment ces substances peuvent avoir des conséquences tragiques sur la vie humaine. Ces sections ajoutent une dimension actuelle à l’ouvrage, en nous rappelant les dangers réels qui peuvent parfois conduire à des tragédies.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As (21 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380759782 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380759785

Comme une odeur de flics par Tom Dragan

Je m’appelle Isabelle, « Isa » pour les intimes. Isabelle Diz, enfin lieutenante Isabelle Diz, et ouais, je suis flic. Du plus loin que je me souvienne, je ne voulais pas être flic, je crois que je voulais être véto ou un truc comme ça.

Chronique : Le personnage principal, Isabelle Diz, se présente avec une franchise rafraîchissante et une ironie mordante. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un protagoniste de roman policier, Isabelle n’a jamais rêvé d’être flic. Son aspiration d’enfance était de devenir vétérinaire, un rêve qui s’est évaporé le jour tragique où elle a découvert le meurtre brutal de sa mère. Ce choc, plus que tout autre événement, a défini son cheminement professionnel : devenu flic par une sorte de détournement tragique de ses rêves d’enfant.

La scène de l’enfance d’Isabelle, marquée par la découverte du meurtre de sa mère et l’inefficacité des enquêteurs, est dépeinte avec une intensité qui nous plonge directement dans le traumatisme fondateur de sa carrière. Le « crime de rôdeur », comme l’ont qualifié les policiers, est resté irrésolu, et les murmures d’un enquêteur qui qualifie l’agresseur d’ »animal » la marqueront profondément. Ce moment la pousse à fuir son rêve de soigner les animaux pour endosser le rôle de flic, une décision qu’elle assume avec une certaine amertume mais aussi avec une résilience palpable.

Le roman dépeint la vie quotidienne d’Isabelle avec un réalisme cru, en soulignant la dureté de son travail et la fange qu’elle doit affronter chaque jour. En tant que lieutenant, elle est confrontée à des situations désespérées et des individus qui révèlent les aspects les plus sombres de l’humanité. Le style de Dragan, incisif et sans compromis, reflète cette réalité brutale et l’amertume de son héroïne face à un monde qu’elle ne cesse de vouloir comprendre et changer.

Malgré les défis et les frustrations, Isabelle navigue dans son univers avec une détermination et une force qui révèlent sa véritable passion pour la justice. Son engagement à « pelleter chaque jour la fange des actions humaines » illustre une forme de dévouement impitoyable, renforcée par son passé traumatique et sa quête personnelle de justice.

Belle comme tes pieds par Françoise Benassis

Nuit d’hiver, deux octogénaires liées à la vie à la mort, veillent. Octoviane raconte à sa belle Amie, une aventure sexuelle extravagante qu’elle vient de vivre sur les réseaux sociaux. Janus est tombé fou amoureux de ses pieds entr’aperçus sur Facebook.

Chronique : L’intrigue débute dans une nuit d’hiver où deux octogénaires, Octoviane et sa fidèle Amie, partagent des moments d’intimité et de réflexion. Octoviane, dont la vie sexuelle a récemment pris un tournant inattendu, raconte à son amie l’histoire de Janus, un personnage complexe et troublant qu’elle a rencontré sur les réseaux sociaux. Janus, un homme aux désirs fétichistes et libertins, devient obsédé par les pieds d’Octoviane après avoir vu une photo d’eux sur Facebook.

L’obsession de Janus pour les pieds d’Octoviane l’amène à lui proposer un projet littéraire érotique : une collaboration à distance où il enverra des photos pornographiques tandis qu’Octoviane, alias O., se livrera à des séances photo provocatrices de ses pieds. Cette proposition, qui pourrait sembler banale ou même ludique, devient rapidement une spirale d’exigences sexuelles de plus en plus intenses et déstabilisantes.

À travers cette aventure, le roman explore non seulement le fétichisme mais aussi la manière dont les femmes naviguent dans leur sexualité dans un monde saturé de pornographie et de réseaux sociaux. Les échanges de messages entre O. et Janus, détaillés dans leurs dialogues crûs et incessants sur WhatsApp, révèlent l’intensité et l’exploitation de leur relation. Ce tourbillon émotionnel et psychologique conduit O. à une crise de schizophrénie, un symbole puissant de la perte d’identité et du contrôle face à une emprise de plus en plus dévorante.

Le roman met également en lumière une réflexion plus large sur le corps féminin à travers les âges et les cultures, en faisant référence à des figures littéraires et artistiques telles que Apollinaire, Flaubert, Victor Hugo, Fragonard, et Gustave Courbet avec son célèbre Origine du Monde. En revisitant ces œuvres et leurs représentations du sexe féminin, Benassis interroge la propriété et la revendication du corps féminin, soulignant les tensions entre l’art, la sexualité et l’autonomie.