L’Autre moi de Franck Thilliez (Auteur)

Ici, le cauchemar commence.

Avec L’Autre moi, Franck Thilliez plonge dans un thriller psychologique où les frontières entre science, mémoire et perception deviennent instables.

Le roman s’ouvre sur un lieu clos et intrigant : Longepin, base ultra-sécurisée nichée au cœur de la Grande Chartreuse. Ce décor, à la fois isolé et contrôlé, installe immédiatement une atmosphère de suspicion. Les règles qui y régissent la vie quotidienne suggèrent un système opaque, où tout n’est pas dit.

Au centre du récit, Sibylle. Marquée par un accident tragique et une reconstruction physique lourde, elle évolue dans un état de fragilité permanente. L’amnésie post-traumatique et les cauchemars récurrents brouillent sa perception du réel. Ce trouble devient le moteur du roman : peut-on se fier à ce que l’on voit, à ce que l’on ressent ?

Le personnage d’Erwann, neuroscientifique, introduit une dimension scientifique. Son intégration à Longepin, motivée autant par l’ambition professionnelle que par l’espoir de soigner Sibylle, ouvre la porte à une exploration des recherches menées sur le cerveau.

Franck Thilliez construit ici un récit à double tension. D’un côté, une intrigue extérieure, liée aux activités secrètes du site. De l’autre, une plongée intérieure dans l’esprit de Sibylle, où les souvenirs fragmentés et les visions troublantes remettent en question toute certitude.

Le roman joue sur la confusion entre rêve et réalité. Les cauchemars ne sont pas de simples éléments narratifs : ils participent à l’ambiguïté générale, créant un climat où chaque scène peut être remise en cause.

L’écriture, fidèle à l’auteur, privilégie un rythme soutenu et une progression par révélations. Les éléments scientifiques, sans être envahissants, apportent une crédibilité supplémentaire à l’ensemble.

L’Autre moi s’inscrit dans la continuité du travail de Thilliez, mêlant thriller et exploration des mécanismes du cerveau humain.

Un roman tendu et immersif, qui transforme la quête de vérité en labyrinthe mental, où l’identité elle-même devient incertaine.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions Date de publication ‏ : ‎ 28 avril 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 456 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265159077 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265159075

Les Preuves de Suzie Miller

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Tessa, brillante avocate anglaise qui défend sans états d’âme les hommes accusés d’agressions sexuelles, se retrouve sur le banc des victimes après un viol conjugal.

Avec Les Preuves, Suzie Miller signe un premier roman d’une puissance rare, à la fois implacable et profondément humain. Adapté de sa pièce phénomène Prima Facie, jouée dans le monde entier, ce texte franchit la scène pour devenir un récit littéraire incandescent, qui interroge frontalement la justice, la notion de vérité et la violence institutionnelle faite aux victimes.

Tessa est une brillante avocate pénaliste anglaise. Issue d’un milieu populaire, elle a gravi un à un les échelons d’un système qu’elle maîtrise parfaitement. Elle défend, avec intelligence et conviction, des hommes accusés d’agressions sexuelles. Elle croit au droit, à la procédure, à la rationalité judiciaire. Elle sait plaider, démonter un témoignage, pointer la moindre faille. Jusqu’au jour où ce système se retourne contre elle.

Après une relation consentie devenue viol conjugal, Tessa bascule du côté des plaignantes. Et soudain, tout ce qu’elle pensait savoir s’effondre. Les mots changent de sens. Les mécanismes juridiques qu’elle utilisait deviennent des armes. La présomption d’innocence, la charge de la preuve, la temporalité judiciaire, l’examen du comportement de la victime : chaque étape révèle une machine patriarcale froide, méthodique et profondément violente.

Suzie Miller écrit avec une précision chirurgicale. Son style, tendu et sans fioritures, épouse la pensée de Tessa, son intelligence, puis sa sidération, sa colère et sa solitude. Le roman ne cherche jamais l’émotion facile : il expose les faits, les raisonnements, les silences. Et c’est précisément cette rigueur qui rend la lecture bouleversante. La question centrale — où sont les preuves ? — devient un cri, une absurdité, une violence supplémentaire infligée à celles dont le corps est pourtant la seule scène du crime.

Les Preuves n’est pas seulement un roman sur le viol : c’est un texte sur le pouvoir du langage, sur la manière dont la loi peut broyer celles qu’elle prétend protéger, sur l’écart vertigineux entre la justice théorique et la réalité vécue. Suzie Miller ne dénonce pas frontalement : elle démontre. Et cette démonstration est imparable.

Vendu à plus de 150 000 exemplaires et unanimement salué par la presse internationale, le roman s’impose comme un texte essentiel, à la fois littéraire, politique et profondément nécessaire. Un livre qui secoue, dérange, éclaire — et dont on ne ressort pas indemne.

Éditeur ‏ : ‎ L’Archipel Date de publication ‏ : ‎ 26 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2809852987 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2809852981

Le Français avec (encore plus de) style de Karine Dijoud

Les conseils et astuces de la professeure de lettres classiques, Karine Dijoud, alias @lesparentheseselementaires sur Instagram, pour manier la langue française avec style et élégance !

Avec Le Français avec (encore plus de) style, Karine Dijoud propose un guide accessible et vivant pour redonner du relief à l’expression écrite et orale, en s’éloignant d’une approche strictement scolaire de la langue.

Le livre part d’un constat simple : la maîtrise du français ne se limite pas à éviter les fautes. Elle passe aussi par le choix des mots, la précision des tournures et le plaisir de manier la langue. À travers une série de conseils pratiques, l’autrice invite à enrichir son vocabulaire et à affiner son style.

L’ouvrage s’organise autour de thématiques concrètes. Il aborde l’usage des mots rares ou oubliés, la chasse aux pléonasmes et aux tics de langage, ainsi que les pièges de la prononciation. Chaque point est illustré par des exemples clairs, permettant une mise en pratique immédiate.

Karine Dijoud adopte une approche pédagogique mais décomplexée. Le ton reste léger, parfois ludique, ce qui rend la lecture fluide. L’objectif n’est pas de normer, mais d’encourager une appropriation personnelle de la langue.

Le livre valorise également la dimension esthétique du français. Les mots ne sont pas seulement fonctionnels : ils participent à une forme d’élégance, comparable à un style vestimentaire. Cette analogie traverse l’ouvrage et donne une cohérence à l’ensemble.

Issu d’un travail déjà développé sur les réseaux sociaux, le contenu conserve un format dynamique, proche de capsules courtes. Cela facilite la lecture fragmentée et l’apprentissage progressif.

Le Français avec (encore plus de) style s’adresse à un public large : étudiants, professionnels ou simples curieux souhaitant améliorer leur expression.

Un guide clair et stimulant, qui redonne envie de jouer avec les mots et de cultiver une langue plus précise, plus riche et plus élégante.

  • Éditeur ‏ : ‎ First
  • Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 252 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2412103097
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2412103098
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 505 g

TY KWAK – Journal intime d’un canard créatif: Par Tycieso, artiste des réseaux – canard – humour – activités – fun facts – coloriages – mini BD Broché – Illustré, 12 mars 2026 de Tycieso

Un carnet d’activités humoristique autour du sujet préféré de l’artiste : les canards ! A lire pour apprendre plein de trucs inutiles et aussi s’amuser à dessiner.

Avec TY KWAK, Tycieso prolonge son univers décalé en proposant un objet hybride : à la fois carnet d’activités, recueil de gags et terrain de jeu graphique.

Le livre adopte la forme d’un faux journal intime, entièrement centré sur une obsession revendiquée : les canards. Ce parti pris donne une cohérence à l’ensemble, tout en autorisant une grande liberté de ton. Le contenu se compose d’une multitude de formats courts — mini BD, jeux de mots, « fun facts », listes absurdes — pensés pour une lecture fragmentée.

L’ouvrage se distingue par son aspect interactif. Il ne s’agit pas seulement de lire, mais aussi de participer : coloriages, défis, petits exercices de dessin invitent le lecteur à s’approprier le carnet. Le format, conçu pour être manipulé facilement, accompagne cette dimension ludique.

L’humour repose sur l’absurde et la répétition. Les « anecdotes » volontairement inutiles, les jeux de langage autour du canard et les détournements de figures connues créent un univers cohérent dans son non-sens assumé. Cette approche rappelle les codes des contenus issus des réseaux sociaux, dont Tycieso est issu.

Graphiquement, le style est immédiat et expressif. Les dessins, proches du croquis ou du doodle, privilégient l’efficacité et la spontanéité. Cette simplicité apparente facilite l’accès aux activités de dessin proposées.

Le livre s’adresse à un public large, notamment aux plus jeunes, mais aussi à ceux qui apprécient un humour léger et visuel. Il fonctionne aussi bien en lecture continue qu’en feuilletage aléatoire.

TY KWAK s’inscrit dans une tendance de livres-objets inspirés des pratiques numériques, où l’interaction et la créativité prennent une place centrale.

Un carnet drôle et décomplexé, qui invite à dessiner, rire et explorer un univers absurde… peuplé de canards.

  • Éditeur ‏ : ‎ First
  • Date de publication ‏ : ‎ 12 mars 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2412104581
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2412104583

Matisse – Le rêve absolu de Jörg Mailliet (Dessins), Sandra Desmazières (Encreur), Claudine Grammont Julie Birmant (Rédacteur)

 » L’aider depuis le premier jour à trouver la solution à son « problème pictural’ : ma mission sur terre. « 

Avec Matisse — Le rêve absolu, Jörg Mailliet, Sandra Desmazières, Julie Birmant et Claudine Grammont proposent une bande dessinée biographique qui s’attache à saisir l’intimité créative de Henri Matisse.

L’originalité de l’album réside dans son point de vue : celui d’Amélie, épouse et figure centrale dans la vie du peintre. À travers son regard, le récit dévoile un Matisse moins solaire qu’attendu, marqué par le doute, l’obsession et la recherche constante d’un idéal pictural.

Le livre s’intéresse ainsi à ce que l’on pourrait appeler le « travail invisible » de la création. Loin de l’image d’un artiste porté par l’évidence, Matisse apparaît ici comme un homme en lutte avec son art, confronté à des crises profondes et à une exigence intérieure permanente.

La relation entre Henri et Amélie constitue le cœur dramatique du récit. Elle n’est pas seulement muse, mais partenaire active, soutien et témoin des tourments du peintre. Leur équilibre, fragile, se trouve mis à l’épreuve lorsque surgit une nouvelle source d’inspiration, susceptible de bouleverser leur relation.

Graphiquement, l’album cherche à dialoguer avec l’univers de Matisse. Les choix de couleurs, les compositions et les jeux de formes évoquent son travail sans chercher à l’imiter directement. Cette approche permet de traduire visuellement la tension entre recherche formelle et émotion.

Le scénario de Julie Birmant et Claudine Grammont s’appuie sur une documentation solide, tout en privilégiant une narration incarnée, centrée sur les émotions et les relations humaines.

Matisse — Le rêve absolu s’inscrit dans une tradition de BD biographiques qui cherchent à rendre accessible le parcours d’artistes majeurs, en mettant l’accent sur leur dimension humaine.

Une œuvre sensible et nuancée, qui explore les tensions entre création, amour et quête d’absolu, et qui offre un regard intime sur l’un des grands noms de la peinture moderne.

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR198XNB
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 12 mars 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 134 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037515551

La belle histoire des jardins de Catherine Delvaux (Auteur), Simon Hureau (Auteur)

Depuis que les humains ont cessé d’être nomades, ils ont créé des jardins : un lopin de terre clos, quelques arbres fruitiers, des plantes, des fleurs, une prairie. 

Avec La belle histoire des jardins, Catherine Delvaux et Simon Hureau proposent une bande dessinée documentaire qui retrace l’évolution des jardins à travers les siècles et les civilisations.

L’ouvrage adopte une approche chronologique, remontant aux origines mêmes du jardin, lorsque l’humanité, devenue sédentaire, commence à organiser la nature. Du mythe du jardin d’Éden aux grands ensembles paysagers, le livre explore la manière dont les sociétés ont façonné leur environnement.

Le jardin apparaît ici comme un espace multiple. Il est à la fois nourricier — potagers, vergers — et esthétique, lieu de contemplation et d’équilibre. Cette dualité traverse l’ensemble du récit, révélant une constante : le besoin humain de créer un lien avec la nature.

L’ouvrage accorde une place importante aux grands moments de l’histoire des jardins. Les jardins à la française, notamment ceux associés à Château de Versailles, illustrent une volonté de maîtrise et d’ordonnancement. À l’inverse, d’autres formes, plus libres, témoignent d’un rapport différent au paysage.

Le livre ne se limite pas aux élites. Il évoque également les jardins ouvriers, espaces modestes mais essentiels, où se mêlent subsistance, sociabilité et attachement à la terre.

Graphiquement, Simon Hureau développe un univers visuel riche et coloré. Les planches mettent en valeur la diversité des paysages, des plantes et des époques, tout en conservant une grande lisibilité.

Le ton reste accessible, pédagogique sans être didactique. Le lecteur est invité à parcourir cette histoire comme une promenade, d’un jardin à l’autre.

La belle histoire des jardins propose ainsi une réflexion sur la relation entre l’homme et la nature, à travers un prisme esthétique et culturel.

Une bande dessinée élégante et instructive, qui célèbre la créativité humaine et la beauté du vivant à travers le temps.

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR1L8QGV
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 9 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 209 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037515254

Le Ministère des affaires complexes de Kokopello (Auteur), Cléo (Auteur)

Le ministère des Affaires complexes est chargé de résoudre les dossiers sensibles de la nation

Avec Le Ministère des affaires complexes, Kokopello et Cléo proposent une bande dessinée inspirée du réel, qui explore les rouages de l’administration française à travers un prisme à la fois lucide et humain.

Le récit s’ancre dans un contexte précis : l’année 2015, marquée par un afflux important de demandeurs d’asile. Face à cette situation, une petite cellule administrative est chargée de gérer l’urgence — reloger, organiser, démanteler des campements — dans un cadre institutionnel contraint.

La BD adopte un point de vue interne. Elle s’intéresse moins aux décisions politiques qu’à ceux qui les appliquent au quotidien. Fonctionnaires, agents de terrain, responsables intermédiaires : autant de figures confrontées à des situations complexes, souvent sans solution idéale.

L’originalité de l’album réside dans son ton. Loin d’un discours strictement documentaire, il mêle humour et tendresse. Les situations administratives, parfois absurdes, deviennent des moments de comédie, sans jamais nier la gravité des enjeux.

Le livre met en lumière les contradictions du système. Entre impératifs bureaucratiques et réalités humaines, les personnages naviguent dans un espace où les règles se heurtent au terrain. Cette tension constitue le cœur du récit.

Graphiquement, le style de Kokopello et Cléo privilégie l’efficacité et l’expressivité. Les personnages sont rapidement identifiables, les situations lisibles, ce qui permet de maintenir un rythme fluide.

La dimension véridique du récit renforce son impact. Sans prétendre à l’exhaustivité, l’album donne à voir une réalité rarement représentée : celle du fonctionnement quotidien d’une administration confrontée à une crise.

Le Ministère des affaires complexes s’inscrit ainsi dans une tradition de bande dessinée de reportage, qui cherche à rendre visibles des mécanismes souvent invisibles.

Une œuvre à la fois engagée et accessible, qui éclaire avec finesse les tensions entre devoir institutionnel et réalité humaine

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR1F674Z
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 204 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037514844

L’homme chevreuil de Geoffroy Delorme (Auteur), JEAN-DENIS PENDANX (Auteur), Vincent Zabus (Auteur)

À la lisière du monde des hommes commence celui des chevreuils.

Avec cette adaptation en bande dessinée de son propre récit, Geoffroy Delorme, accompagné de Vincent Zabus au scénario et de Jean-Denis Pendanx au dessin, propose une expérience singulière : celle d’une immersion radicale dans le monde animal.

Le point de départ est réel et presque improbable. À vingt ans, Geoffroy Delorme décide de quitter le monde humain pour vivre en forêt, au contact des chevreuils. Ce geste, à la fois fuite et quête, donne naissance à un récit qui dépasse le simple témoignage.

Pendant plusieurs années, l’auteur observe, imite et apprend. Le livre détaille ce processus d’adaptation : comprendre les déplacements, les comportements, les dangers. L’humain, progressivement, s’efface au profit d’une autre manière d’être au monde.

La bande dessinée restitue cette transformation. Le récit s’inscrit dans un rythme lent, proche de celui de la nature. Les événements spectaculaires sont rares ; l’attention se porte sur les gestes, les sensations, les interactions avec les animaux.

Le travail de Jean-Denis Pendanx joue un rôle essentiel. Son trait, souvent proche de l’aquarelle, capte la lumière, les saisons, les textures de la forêt. Les planches privilégient l’atmosphère, laissant respirer les paysages et les silences.

Le scénario de Vincent Zabus structure cette expérience sans la dénaturer. Il accompagne la progression du personnage, en mettant en valeur les étapes de son évolution, tout en conservant une dimension contemplative.

Au-delà de l’expérience personnelle, l’album interroge la relation entre l’homme et le vivant. Il questionne notre place, notre rapport à la nature, et la possibilité — même temporaire — d’un autre mode d’existence.

L’Homme-chevreuil se distingue par son approche sensible et immersive. Il ne cherche pas à expliquer ou à démontrer, mais à faire ressentir.

Une bande dessinée rare, à la fois récit de vie et expérience sensorielle, qui invite à ralentir et à regarder autrement le monde sauvage.

  • ASIN ‏ : ‎ B0G8DF25NR
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 156 pages

Sukima de YAN GAO

Pour échapper à la douleur d’un deuil et au mal-être d’une relation amoureuse toxique, Yang Yang, étudiante, quitte Taïwan pour le Japon dans le cadre d’un échange univesitaire. 

Avec Sukima, Yan Gao propose un manga introspectif qui s’inscrit dans la tradition du récit de formation, en explorant les fragilités et les questionnements d’une jeune génération en quête de sens.

Le point de départ est intime : Yang Yang quitte Taïwan pour le Japon, fuyant à la fois un deuil et une relation amoureuse toxique. Ce déplacement géographique agit comme une tentative de reconstruction, mais aussi comme un décalage qui permet de se redéfinir.

Le récit se construit dans un espace restreint — une pension — peuplé de personnages aux trajectoires variées. Ce lieu devient un microcosme, où les rencontres, les discussions et les tensions façonnent progressivement l’identité de l’héroïne.

Sukima s’éloigne des codes narratifs traditionnels du manga d’action. Ici, l’intrigue repose sur le quotidien : échanges, silences, doutes. Le rythme est volontairement posé, laissant place à l’observation et à l’évolution intérieure.

Le manga aborde plusieurs thématiques contemporaines. La question du deuil, d’abord, traitée sans pathos excessif, mais comme une présence diffuse. La relation amoureuse, ensuite, interrogée dans sa dimension toxique et ses effets sur l’estime de soi. Enfin, l’engagement politique, qui apparaît progressivement comme un prolongement de la construction personnelle.

Yan Gao développe une écriture sensible, attentive aux nuances. Le regard porté sur les personnages évite le jugement, privilégiant une approche empathique.

Graphiquement, le style accompagne cette tonalité. Le trait, souvent épuré, met l’accent sur les expressions et les atmosphères. Les décors urbains et intérieurs contribuent à ancrer le récit dans une réalité contemporaine.

Sukima s’impose ainsi comme un manga de l’entre-deux — entre deux pays, deux âges, deux états émotionnels. Le titre lui-même renvoie à cet espace vide, ce « creux » où quelque chose peut émerger.

Un récit délicat et actuel, qui capte avec justesse les hésitations d’une jeunesse en transition, entre blessures intimes et désir d’engagement.

  • Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN
  • Date de publication ‏ : ‎ 29 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2203302658
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203302655

Mourir deux fois de Maxime Girardeau

Un homme meurt chez lui, asphyxié, son corps martyrisé, une horloge tailladée dans sa chair. Sur son torse, un smartphone s’allume et affiche un sablier accompagné d’un message :  » Vous n’avez droit qu’à une question. 

Avec Mourir deux fois, Maxime Girardeau propose un thriller technologique nerveux, qui s’inscrit dans une anticipation très proche du réel, où la frontière entre mémoire humaine et données numériques devient centrale.

Le point de départ frappe par sa brutalité conceptuelle : un meurtrier ne se contente pas de tuer, il organise une seconde disparition — celle des souvenirs. Chaque victime laisse derrière elle un smartphone contenant l’intégralité de sa mémoire, accessible à une seule condition : poser la bonne question. Une erreur, et tout s’efface.

Ce dispositif, à la fois simple et redoutable, structure l’ensemble du roman. Il transforme l’enquête en jeu de logique sous tension, où la vérité ne dépend pas seulement de preuves, mais de la capacité à interroger correctement le passé.

Le personnage de Bianca, confrontée à la mort de son père, devient le cœur émotionnel du récit. En s’emparant du téléphone, elle fait un choix radical : fuir les autorités pour tenter seule de préserver ce qui reste de lui. Sa quête, intime et urgente, donne au roman une dimension humaine forte.

En parallèle, l’enquête officielle se déploie dans un Paris tendu, presque au bord de la rupture. Policiers, scientifiques et institutions tentent de comprendre les règles imposées par celui que les médias baptisent le « Sablier noir ». Cette multiplicité de points de vue renforce la densité du récit.

Maxime Girardeau exploite ici des thématiques contemporaines : la numérisation de l’identité, la mémoire comme donnée, le pouvoir des technologies sur nos vies. Le roman interroge implicitement une question vertigineuse : qu’est-ce qui reste de nous si nos souvenirs disparaissent ?

Le rythme est soutenu, porté par un compte à rebours constant. Chaque décision peut entraîner une perte irréversible, ce qui maintient une tension continue.

L’écriture privilégie l’efficacité, avec une narration fluide et des chapitres courts, adaptés à la montée en pression.

Mourir deux fois s’impose ainsi comme un thriller conceptuel, où l’innovation narrative sert une réflexion sur notre rapport à la mémoire et à la mort.

Un roman tendu et intelligent, qui transforme une idée technologique en piège psychologique redoutable.

  • Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont
  • Date de publication ‏ : ‎ 19 mars 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2221285727
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221285725