Woman And Child De Saeed Roustaee | Par Saeed Roustaee Avec Parinaz Izadyar, Sinan Mohebi, Payman Maadi

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Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Lorsqu’un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation…

Avec Woman and Child, Saeed Roustaee confirme une nouvelle fois son immense talent pour raconter les fractures de la société iranienne à travers des destins profondément humains. Après ses précédents succès, le cinéaste livre un drame d’une intensité remarquable, où la douleur intime devient le reflet d’un système social et judiciaire impitoyable.

Le film suit Mahnaz, infirmière et mère célibataire, qui tente de reconstruire sa vie aux côtés de son compagnon Hamid. Mais lorsqu’un drame frappe sa famille après le renvoi de son fils de l’école, son existence bascule. Commence alors un combat pour la vérité et la justice, qui révèle les failles d’une société où les procédures administratives, les traditions et les rapports de pouvoir se dressent contre les plus vulnérables.

Parinaz Izadyar livre une interprétation magistrale. Elle incarne Mahnaz avec une intensité bouleversante, faisant ressentir chaque émotion sans jamais tomber dans l’excès. À ses côtés, Payman Maadi apporte toute sa sobriété à un personnage complexe, tandis que Sinan Mohebi complète avec justesse une distribution remarquable.

Fidèle à son style, Saeed Roustaee filme les conflits familiaux avec un réalisme saisissant. Les scènes de confrontation sont d’une tension constante, portées par une mise en scène nerveuse qui capte aussi bien les silences que les explosions de colère. Chaque échange semble révéler un peu plus les mécanismes d’une société où la quête de justice devient un véritable parcours d’obstacles.

Au-delà du drame judiciaire, Woman and Child est avant tout un portrait de femme. Mahnaz refuse de céder face à l’injustice, quitte à remettre en question tout ce qui l’entoure. Le film interroge ainsi la place des femmes, la responsabilité parentale et le poids des institutions avec une grande finesse.

Profondément émouvant, remarquablement interprété et porté par une réalisation d’une rare maîtrise, Woman and Child s’impose comme l’un des grands drames de l’année. Une œuvre puissante qui conjugue émotion, tension et réflexion avec une remarquable justesse.

La Guerre des prix De Anthony Dechaux | Par Anthony Dechaux, Maël Piriou Avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison

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Audrey, fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province, se voit propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey va devoir se battre pour faire exister ses convictions au sein d’un système impitoyable.

Avec La Guerre des prix, Anthony Dechaux plonge le spectateur dans les coulisses méconnues de la grande distribution. Loin de la simple chronique sociale, le film s’impose comme un thriller économique où chaque négociation devient un véritable rapport de force, révélant les tensions entre rentabilité, agriculture et convictions personnelles.

Le scénario suit Audrey, fille d’agriculteurs devenue cheffe de rayon, propulsée au cœur de la centrale d’achat de son enseigne. Chargée de défendre les producteurs locaux et la filière biologique, elle découvre rapidement un univers où les chiffres prennent souvent le pas sur les valeurs. Cette confrontation entre idéalisme et logique commerciale nourrit un récit aussi captivant qu’actuel.

Ana Girardot livre une prestation tout en finesse. Son personnage évolue avec crédibilité, passant de l’enthousiasme à la désillusion sans jamais perdre son humanité. Face à elle, Olivier Gourmet impressionne une nouvelle fois par sa présence imposante, incarnant un négociateur redoutable dont les méthodes illustrent toute la brutalité du système. Julien Frison complète efficacement ce trio avec une interprétation nuancée.

Anthony Dechaux filme les salles de réunion et les négociations commerciales avec une tension étonnante. Les discussions sur les marges, les contrats ou les prix deviennent de véritables scènes d’affrontement où chaque décision peut avoir des conséquences directes sur les producteurs comme sur les consommateurs.

Au-delà de son intrigue, La Guerre des prix pose un regard lucide sur les contradictions de notre modèle de consommation. Sans tomber dans le discours militant, le film questionne le coût réel d’une alimentation responsable et les compromis auxquels chacun est confronté.

Intelligent, tendu et remarquablement interprété, La Guerre des prix réussit à transformer un sujet de société en un drame captivant. Une œuvre engagée qui donne matière à réflexion bien après la fin de la séance.

Kissing is the easy part De Fawzia Mirza | Par Rebecca Webb Avec Asher Angel, Paris Berelc, Jennifer Robertson

Le brillant Sean accepte de donner des cours à Flora, une adolescente rebelle, en échange d’une lettre de recommandation pour intégrer l’université de ses rêves.

Avec Kissing Is the Easy Part, Fawzia Mirza signe une romance douce et moderne qui dépasse les codes traditionnels de la comédie romantique adolescente. Plus qu’une simple histoire d’amour, le film s’intéresse à la difficulté de se dévoiler, de s’accepter et de construire une relation sincère lorsque les attentes des autres pèsent sur nos choix.

Le récit suit des personnages confrontés aux premiers émois amoureux, mais aussi aux doutes qui accompagnent le passage à l’âge adulte. Le titre résume parfaitement le propos : embrasser est peut-être la partie la plus simple, mais apprendre à communiquer, à faire confiance et à aimer véritablement demande bien davantage de courage.

Asher Angel apporte beaucoup de sensibilité à son personnage, tandis qu’Paris Berelc illumine le film par son naturel et son charisme. Leur complicité fonctionne immédiatement et donne naissance à une romance crédible, loin des clichés les plus convenus. Jennifer Robertson complète efficacement le casting avec une présence chaleureuse.

La mise en scène de Fawzia Mirza privilégie l’intimité plutôt que les grands effets. Les dialogues sonnent juste, les émotions prennent le temps de s’installer et les personnages gagnent en profondeur au fil du récit. Cette approche confère au film une authenticité appréciable.

Sans révolutionner le genre, Kissing Is the Easy Part séduit par son regard bienveillant sur les relations humaines et par sa capacité à évoquer les fragilités de ses personnages sans tomber dans le mélodrame. Son ton léger n’empêche jamais une réelle profondeur émotionnelle.

À la fois romantique, tendre et sincère, le film rappelle que les plus belles histoires d’amour commencent souvent lorsque l’on ose enfin être soi-même.

Idiotka De Nastasya Popov | Par Nastasya Popov, Tess Cohen Avec Anna Baryshnikov, Camila Mendes, Owen Thiele

Dans le quartier russe de West Hollywood, Margarita vit le rêve américain : participer à une émission de téléréalité. Va-t-elle tuer, servir ou survivre ?

Avec Idiotka, Nastasya Popov livre une satire mordante qui détourne les codes de la téléréalité pour mieux interroger l’identité, l’ambition et le rêve américain. À la fois comédie noire et chronique sociale, le film trouve un ton singulier, oscillant constamment entre le grotesque et le tragique.

Au cœur du quartier russe de West Hollywood, Margarita nourrit une obsession : intégrer une émission de téléréalité et accéder enfin à la célébrité. Mais derrière cette quête de reconnaissance se cache une réflexion plus profonde sur les sacrifices que certains sont prêts à consentir pour exister dans une société où l’image est devenue une monnaie d’échange.

Anna Baryshnikov impressionne dans le rôle principal. Elle incarne une héroïne à la fois naïve, déterminée et imprévisible, dont les contradictions rendent le personnage fascinant. À ses côtés, Camila Mendes apporte une énergie moderne et un contrepoint efficace, tandis qu’Owen Thiele complète avec justesse cette galerie de personnages hauts en couleur.

La mise en scène de Nastasya Popov adopte un style nerveux qui épouse parfaitement l’univers artificiel de la téléréalité. Les couleurs vives, les situations absurdes et l’humour grinçant renforcent le sentiment d’assister à une société où tout peut devenir un spectacle.

Sous ses allures de comédie déjantée, Idiotka questionne avec intelligence la recherche de validation, le poids des origines et la manière dont les médias façonnent les destins. Le film évite les jugements faciles et préfère laisser son héroïne évoluer dans un monde où les frontières entre authenticité et performance sont constamment brouillées.

Original, insolent et porté par une héroïne aussi attachante qu’imprévisible, Idiotka s’impose comme une satire sociale aussi drôle qu’inquiétante.

Tombeau de Parsifal de Dimitri Bortnikov

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« Se souvenir – c’est vieillir. Oublier – c’est mourir. »

Tombeau de Parsifal est un roman intense et habité dans lequel Dimitri Bortnikov explore les blessures de la mémoire, le désir de vengeance et la difficulté de trouver la paix après un drame.

Après vingt années d’absence, le narrateur revient dans sa ville natale avec une seule obsession : comprendre les circonstances de la mort de sa mère et obtenir justice. Mais très vite, il comprend que le véritable responsable n’est peut-être pas un individu, mais une communauté entière, faite de silences, de lâchetés et de culpabilités partagées.

Ce retour devient alors bien plus qu’une enquête. Accompagné par le souvenir omniprésent de sa mère, le narrateur traverse un territoire hanté autant par les fantômes du passé que par ceux de sa propre conscience. La frontière entre le réel, la mémoire et les visions se brouille progressivement.

Dimitri Bortnikov déploie une écriture singulière, poétique et incandescente, où chaque phrase semble traversée par une énergie brute. Son style, riche en images et en fulgurances, donne au récit une dimension presque mystique qui accompagne parfaitement cette quête intérieure.

Le roman interroge avec force les thèmes du pardon, de la transmission des blessures et de la manière dont les traumatismes continuent de façonner les vivants longtemps après les événements. Plus qu’un récit de vengeance, Tombeau de Parsifal devient une méditation sur la mémoire et sur ce qui nous relie aux disparus.

L’atmosphère, à la fois sombre et profondément lyrique, enveloppe le lecteur dans un récit où les émotions prennent souvent le pas sur les certitudes, laissant une impression durable bien après la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ Rivages Date de publication ‏ : ‎ 19 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2743671653 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743671655

Le temps de Nina de Pierre Solot

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Quatorze ans : c’est l’âge de Nina.

Le Temps de Nina est un roman sensible et lumineux qui explore avec finesse les liens familiaux, la transmission et la place de l’art dans nos vies à travers le regard d’une adolescente en quête de sens.

À quatorze ans, Nina ne craint pas de remettre en question les certitudes des adultes. Son père, pianiste de renommée, vit au rythme des tournées, des répétitions et des concerts. Entre eux, les absences répétées et les silences ont peu à peu installé une distance que la musique, loin de les rapprocher, semble encore accentuer.

Lorsque Nina affirme que la musique classique est « une musique de gens morts pour des gens bientôt morts », la provocation devient le point de départ d’une conversation qui va profondément bouleverser leur relation. Chacun est amené à défendre sa vision du monde, mais surtout à écouter celle de l’autre.

Pierre Solot construit un récit où les débats sur la musique dépassent rapidement le simple cadre artistique. À travers les œuvres de grands compositeurs, il interroge la transmission, le rapport au temps, l’héritage culturel et la difficulté de communiquer entre générations.

La force du roman réside dans la justesse de ses personnages. Nina apparaît vive, intelligente et profondément attachante, tandis que son père découvre peu à peu que transmettre ne consiste pas seulement à enseigner, mais aussi à accepter d’être remis en question.

L’écriture, fluide et délicate, laisse une large place aux émotions sans jamais tomber dans le pathos. Les échanges entre le père et sa fille sonnent juste et donnent au récit une authenticité touchante.

Sans chercher à idéaliser la musique classique, le roman montre comment elle peut devenir un langage commun, capable de créer un dialogue là où les mots ne suffisent plus.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As Date de publication ‏ : ‎ 16 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931300721 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931300725

Rochebrune de Sophie Divry

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Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d’alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu’une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin.

Rochebrune est un roman qui mêle habilement suspense, satire sociale et réflexion écologique dans un récit où les tensions familiales répondent à celles de la nature.

Pour tenter de sauver leur couple, Xavier et Isabelle partent quelques jours à la montagne avec leurs deux enfants. Ce séjour, censé offrir un nouveau départ, fait rapidement apparaître les fissures de leur relation. Tandis que Xavier s’obstine à poursuivre son projet d’ascension malgré des conditions météorologiques de plus en plus inquiétantes, Isabelle se rapproche d’un voisin. Les enfants, eux, profitent de la fête d’Halloween sans mesurer le danger qui approche.

Peu à peu, la pluie s’intensifie, les digues menacent de céder et la montagne devient le théâtre d’une catastrophe annoncée. Sophie Divry fait monter la tension avec une grande maîtrise, jusqu’à transformer ce qui ressemblait à un simple huis clos familial en véritable course contre la montre.

Au-delà du suspense, le roman dresse un portrait acéré de personnages confrontés à leurs contradictions. Les crises intimes se mêlent aux dérèglements du monde, tandis que la nature rappelle brutalement que l’homme ne maîtrise pas tout.

L’autrice réussit également à insuffler une dose d’humour et d’ironie qui équilibre la gravité des événements. Les dialogues, les situations et les failles des personnages apportent une dimension humaine qui rend le récit particulièrement vivant.

À travers cette intrigue tendue, Sophie Divry interroge les relations de couple, les choix individuels et notre rapport à un environnement de plus en plus imprévisible. Sans jamais être démonstratif, le roman laisse affleurer une réflexion sur les conséquences du changement climatique et sur notre tendance à ignorer les signaux d’alerte.

#Rochebrune #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Actes Sud Date de publication ‏ : ‎ 19 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2330224419 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2330224417

Lola va mourir de Victor Dumiot

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À quarante ans, Lola décide de tout quitter. Elle s’installe en France avec son plus jeune fils, Arthur, et reprend des études dans l’espoir de se reconstruire.

Lola va mourir est un roman sombre et percutant dans lequel Victor Dumiot explore les mécanismes de la violence ordinaire et les rapports de domination qui s’installent au cœur des relations humaines.

À quarante ans, Lola tente de reprendre sa vie en main. Elle quitte tout pour s’installer en France avec son fils Arthur et reprend des études, persuadée qu’un nouveau départ est encore possible. En parallèle, Franck sort de prison avec la volonté sincère de changer et de reconstruire son existence.

Leur rencontre semble d’abord porteuse d’espoir. Deux êtres blessés qui cherchent une seconde chance. Pourtant, derrière cette promesse de renaissance se met progressivement en place une mécanique inquiétante dont les conséquences apparaissent peu à peu inéluctables.

Victor Dumiot construit son récit à travers les regards croisés de Franck et d’Arthur. Ce choix narratif, qui laisse volontairement Lola en dehors de la parole directe, renforce la réflexion sur la manière dont les femmes sont observées, jugées et enfermées dans le regard des hommes.

Le roman s’intéresse moins aux explosions de violence qu’à leur lente construction. Les petites humiliations, les discours hérités, les comportements banalisés et les croyances profondément ancrées composent progressivement un climat oppressant où la tragédie semble inévitable.

L’écriture, vive et incisive, alterne ironie mordante et tension psychologique. Victor Dumiot dissèque avec une grande précision les ressorts de la misogynie, de la culpabilité et des illusions de rédemption, sans jamais tomber dans la démonstration.

À travers cette histoire, il interroge aussi la possibilité de réellement changer lorsque les violences sont profondément enracinées dans les individus et dans la société.

#Lolavamourir #NetGalleyFrance !

Éditeur ‏ : ‎ Calmann-Lévy Date de publication ‏ : ‎ 19 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 376 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2702191665 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2702191668

Le Fabuleux piano de Sonia Devillers

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Après le succès littéraire et commercial de son récit Les Exportés, Sonia Devillers part à la recherche d’un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu’elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.

Le Fabuleux piano est un récit d’enquête aussi passionnant qu’émouvant dans lequel Sonia Devillers remonte le fil d’une histoire familiale et collective à travers la disparition d’un simple instrument de musique.

Tout commence par un piano à queue volé en 1943 à une famille juive par les nazis. Derrière cet objet se cache un destin brisé, mais aussi une mémoire que les années n’ont jamais réussi à effacer. En suivant la trace de cet instrument disparu, Sonia Devillers met au jour l’ampleur des pillages culturels organisés sous l’Occupation et redonne un visage à celles et ceux qui en furent les victimes.

Son enquête croise rapidement celle de sa propre famille. Le souvenir du piano abandonné par sa grand-mère lors de son exil fait écho à cette quête, donnant au récit une dimension profondément intime sans jamais prendre le pas sur la rigueur historique.

L’autrice retrace également l’histoire remarquable de la famille Enoch, célèbre dynastie d’éditeurs de musique dont le catalogue a accompagné plusieurs générations de musiciens et de compositeurs. Malgré les persécutions et les spoliations, leur héritage artistique a traversé le siècle, notamment grâce à des œuvres devenues universelles comme Les Feuilles mortes.

La force du livre réside dans sa capacité à transformer un objet disparu en véritable symbole de la mémoire. Le piano devient le témoin silencieux d’une époque, des vies bouleversées par la guerre et de tout ce que les survivants ont tenté de préserver malgré les pertes.

La plume de Sonia Devillers est élégante, précise et profondément sensible. Elle mêle avec beaucoup de naturel enquête historique, récit personnel et réflexion sur la transmission, offrant un texte aussi instructif que bouleversant.

#Lefabuleuxpiano #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221286804 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221286807

Le Seul Gouffre du monde de Guillaume Huon

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Dans un parc californien défiguré par les incendies, une famille pique-nique.

Le Seul Gouffre du monde est un roman à la frontière du thriller et du drame psychologique qui explore avec beaucoup de finesse le poids de l’absence et les blessures laissées par les disparitions inexpliquées.

Tout commence dans un parc californien marqué par les incendies. Alors qu’une famille profite d’un pique-nique, leur jeune fils affirme avoir aperçu le corps d’une femme que personne d’autre ne voit. Sa description correspond pourtant parfaitement à Bethany, disparue dans ces mêmes lieux plus d’un an auparavant.

À partir de cet événement troublant, Guillaume Huon construit un récit où l’enquête importe autant que les conséquences émotionnelles qu’elle provoque. Le roman suit plusieurs personnages profondément marqués par cette disparition : Victoria, la sœur de Bethany, un psychologue spécialisé dans l’accompagnement des familles de disparus, ou encore le shérif chargé de l’affaire.

L’auteur s’intéresse avant tout à ceux qui restent. À ces proches condamnés à vivre sans réponses, incapables de faire véritablement leur deuil tant que subsiste une part d’espoir. Cette douleur particulière, faite d’attente et d’incertitude, est décrite avec beaucoup de justesse.

L’atmosphère constitue l’une des grandes forces du roman. Les paysages californiens ravagés par les flammes deviennent le reflet des blessures intérieures des personnages. La nature, à la fois magnifique et inquiétante, semble conserver les traces de ceux qui s’y sont évanouis.

La plume de Guillaume Huon est élégante, sensible et immersive. Plutôt que de multiplier les rebondissements, il installe progressivement une tension psychologique qui accompagne le lecteur jusqu’aux dernières pages.

Entre roman d’atmosphère, réflexion sur le deuil et suspense discret, Le Seul Gouffre du monde propose une approche originale du mystère des disparitions, en mettant l’accent sur l’humain plus que sur l’énigme elle-même.

#LeSeulgouffredumonde #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Calmann-Lévy Date de publication ‏ : ‎ 19 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 198 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2702192742 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2702192740