Toute une année avec Jamy de Jamy Gourmaud

Tout nouveau, tout beau, 365 jours de savoirs !

Jamy Gourmaud poursuit sa mission favorite : rendre le savoir accessible, vivant et surtout agréable à découvrir. Avec Toute une année avec Jamy, il propose un nouvel almanach pensé comme un rendez-vous quotidien avec la curiosité, à parcourir dans l’ordre ou simplement à ouvrir au hasard.

Le principe est aussi simple qu’efficace : 365 jours pour explorer le monde à travers une multitude de questions. Sciences, histoire, nature, société, culture ou phénomènes du quotidien se côtoient au fil des pages. Certaines interrogations nous ont probablement déjà traversé l’esprit, tandis que d’autres donnent immédiatement envie de connaître une réponse à une question que l’on ne s’était encore jamais posée.

Avec plus de 1 400 sujets et 1 500 photographies, l’ouvrage impressionne par la quantité d’informations proposées sans pour autant donner la sensation d’un manuel scolaire. C’est précisément là que l’on retrouve la méthode de Jamy Gourmaud : partir d’une question simple, expliquer clairement et donner envie d’aller un peu plus loin.

La force de cet almanach réside dans son caractère très accessible. Il n’est pas nécessaire de consacrer une heure à chaque sujet. Quelques minutes suffisent pour apprendre quelque chose, comprendre un phénomène ou découvrir une anecdote étonnante. Le savoir devient ainsi quelque chose que l’on picore quotidiennement plutôt qu’une accumulation de connaissances à mémoriser.

La nouvelle mise en page participe pleinement à cette volonté. Photographies, informations et anecdotes permettent de circuler facilement dans les pages et favorisent une lecture spontanée. On vient chercher une réponse et l’on se surprend rapidement à en lire plusieurs autres.

Les anecdotes insolites apportent également cette touche de légèreté indispensable. Jamy Gourmaud conserve son goût pour les exemples concrets, les rapprochements inattendus et cette manière de transmettre sans donner l’impression de faire la leçon. Sa bonne humeur et sa pédagogie restent au cœur du projet.

L’autre nouveauté intéressante vient des douze personnalités invitées à raconter leur parcours et leur rapport au savoir. Ces témoignages rappellent que la connaissance n’est pas réservée à une seule discipline ni à un type particulier de parcours. Sciences, arts, exploration ou autres domaines peuvent tous naître d’une même qualité : la curiosité.

L’ouvrage fonctionne ainsi aussi bien comme lecture familiale que comme livre dans lequel revenir régulièrement. Enfants, adolescents et adultes peuvent y trouver des informations adaptées à leurs centres d’intérêt, mais également découvrir des domaines vers lesquels ils ne seraient pas spontanément allés.

C’est finalement cette curiosité que Toute une année avec Jamy célèbre avant tout. Apprendre commence souvent par une question toute simple : pourquoi ? Et il suffit parfois d’une réponse claire et amusante pour donner envie d’en poser dix autres.

Un almanach généreux, richement illustré et particulièrement accessible, qui transforme chaque journée en occasion d’apprendre quelque chose. Jamy Gourmaud conserve cette capacité précieuse à expliquer sans compliquer et à transmettre sans ennuyer. Un ouvrage à laisser à portée de main pour apprendre, s’étonner et comprendre un peu mieux le monde, 365 jours par an.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095066138 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095066130

L’Odyssée d’après Homère – Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment ! Dès 10 ans de Chiara Pastorini (Rédacteur), Marion Chancerel (Dessins)

Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment !

Chiara Pastorini et Marion Chancerel proposent aux jeunes lecteurs de redécouvrir l’un des récits fondateurs de notre imaginaire : le retour d’Ulysse après la guerre de Troie. Mais plutôt que de simplement raconter les célèbres aventures du héros grec, l’ouvrage cherche à comprendre ce que ces épisodes continuent de nous dire aujourd’hui.

Car L’Odyssée ne se résume pas aux Cyclopes, aux sirènes ou aux créatures extraordinaires rencontrées au cours du voyage. Derrière ces aventures se cache d’abord l’histoire d’un homme qui tente désespérément de rentrer chez lui. Ulysse traverse les mers, affronte les dangers et résiste aux tentations avec un objectif qui paraît très simple : retrouver Ithaque et ceux qu’il aime.

Cette approche permet de rendre le mythe particulièrement accessible dès 10 ans. Les grandes étapes du voyage deviennent autant d’occasions d’interroger les émotions et les choix du héros. La peur, le courage, la curiosité, la fidélité, la ruse ou encore le désir de retrouver sa place sont des expériences qui dépassent largement le cadre de la mythologie grecque.

Chiara Pastorini invite ainsi les lecteurs à ne pas considérer les mythes comme de vieilles histoires figées dans le passé. Si nous continuons à raconter l’aventure d’Ulysse plusieurs milliers d’années plus tard, c’est précisément parce que ses interrogations restent profondément humaines. Que signifie rentrer chez soi après avoir changé ? Peut-on retrouver exactement la vie que l’on a quittée ? Comment résister lorsque quelque chose nous détourne de notre objectif ?

Ulysse lui-même devient alors un personnage plus complexe que l’image traditionnelle du héros victorieux. Son intelligence et sa célèbre ruse lui permettent de surmonter de nombreux obstacles, mais son voyage est aussi fait d’erreurs, de pertes et de décisions difficiles. Le héros mythologique se rapproche ainsi du lecteur en révélant ses fragilités.

Les dessins de Marion Chancerel accompagnent cette découverte en donnant une présence visuelle aux personnages et aux grandes étapes du périple. L’illustration permet notamment de rendre plus immédiat un récit dont l’ancienneté pourrait autrement impressionner certains jeunes lecteurs.

L’intérêt de l’ouvrage réside surtout dans ce dialogue entre récit et réflexion. Il ne s’agit pas uniquement de savoir ce qui arrive à Ulysse, mais de se demander pourquoi cette histoire nous touche encore et ce qu’elle peut nous apprendre sur nous-mêmes. La mythologie devient alors un formidable terrain pour apprendre à questionner le monde.

Cette relecture rappelle enfin que le véritable enjeu de l’Odyssée est peut-être moins le voyage que le retour. Après toutes les épreuves traversées, Ulysse doit encore retrouver sa famille, son royaume et sa propre identité. Revenir chez soi ne signifie pas nécessairement revenir exactement comme on était parti.

Un ouvrage accessible et intelligent qui permet aux jeunes lecteurs de découvrir L’Odyssée tout en allant au-delà de ses monstres et de ses aventures les plus célèbres. Chiara Pastorini et Marion Chancerel montrent avec pédagogie que les grands mythes restent vivants lorsqu’ils nous permettent encore de réfléchir à nos peurs, nos choix, nos désirs et à cette étrange aventure qu’est le fait de grandir et de trouver sa place.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095049942 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095049942

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable: Tome 2 de Jeff Kinney

Munissez-vous d’une lampe de poche, cachez-vous sous les couvertures et plongez dans l’imagination débordante – et délirante – de Robert Jefferson !

Jeff Kinney retrouve Robert Jefferson pour un deuxième tome qui plonge cette fois pleinement dans les histoires qui font peur… ou du moins qui essaient de faire peur. Car lorsque le narrateur est lui-même probablement le garçon le plus peureux du monde, raconter des récits terrifiants devient forcément une aventure en soi.

Araignées, vampires, fantômes et autres créatures inquiétantes composent le programme de ce nouveau recueil. Tous les ingrédients classiques de l’horreur sont présents, mais ils passent par l’imagination particulièrement débordante de Robert. Le résultat oscille constamment entre petit frisson et énorme éclat de rire.

C’est précisément ce décalage qui fait fonctionner l’ensemble. Jeff Kinney reprend les codes des histoires horrifiques pour mieux les détourner. Une situation inquiétante peut rapidement devenir absurde, un monstre terrifiant perdre toute crédibilité et une catastrophe prendre une tournure totalement inattendue.

Robert constitue évidemment le narrateur idéal pour ce genre d’exercice. Son imagination semble sans limites, mais son courage beaucoup moins. Il veut provoquer la peur chez ses lecteurs alors qu’il est lui-même susceptible d’être effrayé par ce qu’il raconte. Cette contradiction nourrit une grande partie de l’humour du livre et donne aux histoires leur personnalité.

La construction en plusieurs récits permet également de varier les situations et les créatures. Chaque nouvelle histoire devient une surprise, avec son propre univers et sa manière de jouer avec les codes du fantastique et de l’épouvante. Le lecteur peut ainsi passer d’un vampire à une araignée ou à un fantôme sans jamais savoir exactement comment Robert va réussir à compliquer les choses.

Comme toujours dans l’univers de Jeff Kinney, texte et dessin fonctionnent ensemble pour provoquer le rire. Les illustrations prolongent les gags, accentuent les réactions des personnages et rendent les créatures davantage amusantes qu’effrayantes. Cette mise en scène très visuelle rend la lecture particulièrement accessible et dynamique.

Sous les monstres et les fantômes se dessine également une jolie manière d’apprivoiser la peur. Les enfants peuvent jouer à se faire peur dans un cadre volontairement rassurant, où l’humour finit presque toujours par reprendre le dessus. Les créatures les plus inquiétantes deviennent alors beaucoup moins impressionnantes lorsqu’on apprend à rire avec elles.

Le livre célèbre surtout le plaisir d’inventer et de raconter. Robert transforme ses peurs en histoires, quitte à se laisser lui-même emporter par son imagination. Raconter ce qui nous effraie devient finalement une manière de reprendre le contrôle sur nos propres monstres.

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable réussit ainsi à proposer des frissons parfaitement adaptés aux jeunes lecteurs sans abandonner l’humour qui caractérise l’univers de Jeff Kinney.

Un deuxième tome drôle et délicieusement effrayant, idéal pour celles et ceux qui aiment avoir la chair de poule sans renoncer à rire. Entre vampires, fantômes, araignées et imagination déchaînée, Robert Jefferson prouve que les meilleures histoires d’horreur sont parfois celles dont le narrateur a encore plus peur que ses lecteurs.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNVL5HF Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522884

Sept fois dimanche de Anne-Claire Lévêque (Auteur), Nicolas Zouliamis (Illustrations)

Le royaume d’Ici ne ressemble à aucun autre : il est dirigé par sept rois ! Mais ces sept-là ne se supportent pas.

Anne-Claire Lévêque imagine un royaume délicieusement absurde où les sept jours de la semaine deviennent sept rois aux caractères bien différents. Une idée simple et immédiatement accessible aux enfants, qui permet de jouer avec notre rapport au temps tout en racontant une histoire sur l’équilibre et la nécessité d’apprendre à vivre ensemble.

Au royaume d’Ici, impossible pour les sept souverains de régner simultanément tant ils se supportent difficilement. Une solution a donc été trouvée : chacun dispose du trône pendant exactement vingt-quatre heures. Lundi est fonceur et un peu brusque, Mardi sérieux, Mercredi joueur, Jeudi parfaitement organisé, Vendredi rêveur, Samedi amateur de fête et Dimanche champion du repos.

Cette galerie de personnages donne au calendrier une dimension particulièrement amusante. Chaque journée possède soudain une personnalité, comme si les sensations que nous associons aux différents moments de la semaine prenaient vie sous les traits de souverains hauts en couleur.

Tout fonctionne jusqu’au jour où Dimanche décide qu’il est finalement très bien installé sur le trône. Pourquoi rendre sa couronne alors que tout le monde apprécie les siestes, le calme et le farniente ? Le royaume entre alors dans une période qui pourrait sembler idéale : désormais, tous les jours seront des dimanches.

Au début, évidemment, personne ne s’en plaint. Plus d’obligations, davantage de repos et tout le temps nécessaire pour rêver. Mais le plaisir perd progressivement de sa saveur lorsqu’il devient permanent. Sans contraste, même le dimanche finit par devenir ennuyeux.

C’est là que l’album dépasse son amusant principe de départ. Anne-Claire Lévêque montre aux jeunes lecteurs que chaque moment possède son utilité. Le repos est précieux parce qu’il alterne avec l’activité, tout comme la fête n’aurait probablement pas la même saveur si elle durait continuellement.

La révolte contre Dimanche introduit également une réflexion très accessible sur le pouvoir. Même lorsqu’un dirigeant pense savoir ce qui rendra tout le monde heureux, il ne peut décider éternellement à la place des autres. Les habitants du royaume finissent donc par faire entendre leur voix et rappeler qu’une communauté fonctionne lorsque chacun accepte de laisser une place aux autres.

Les illustrations de Nicolas Zouliamis accompagnent parfaitement cette fantaisie. Les sept souverains possèdent chacun une identité immédiatement reconnaissable et l’univers du royaume permet de multiplier les détails amusants. Le dessin renforce ainsi le caractère presque théâtral de cette étrange semaine royale.

Derrière son humour, Sept fois dimanche parle finalement de rythme, de partage et de complémentarité. Il faut des lundis pour que les dimanches restent désirables, des moments pour travailler, d’autres pour jouer, rêver ou simplement ne rien faire.

Un album jeunesse inventif et plein d’humour qui transforme les jours de la semaine en personnages pour mieux raconter l’importance de l’équilibre. Anne-Claire Lévêque et Nicolas Zouliamis rappellent avec malice que vivre ensemble signifie aussi accepter que chacun ait son moment – et que même le meilleur des dimanches perdrait tout son charme s’il ne finissait jamais.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNWJGJ9 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 11 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522525

Cohen contre l’intelligence: Ou comment survivre à l’I.A. de Joann Sfar

Pierre Cohen, écrivain éminemment parisien, vient de ruiner le grand projet d’intelligence artificielle française. Il n’a pas fait exprès. En fait, c’est sa mère qui a poussé au suicide Baguette, le prototype d’I.A. nationale.

Joann Sfar choisit l’humour et l’absurde pour s’attaquer à l’un des sujets qui bouleversent le plus notre époque : l’intelligence artificielle et la place qu’elle est en train de prendre dans nos vies. Plutôt que de proposer un discours technique ou une démonstration savante, il imagine une comédie satirique où l’incompréhension devient précisément le point de départ de la réflexion.

Pierre Cohen, écrivain parisien qui reconnaît volontiers ne pas comprendre grand-chose à l’IA, se retrouve malgré lui au centre d’une affaire nationale. Sa mère a réussi l’exploit improbable de pousser au suicide Baguette, prototype de l’intelligence artificielle française. Pierre n’a rien demandé, mais le voilà désormais impliqué dans un immense scandale d’État et chargé, d’une certaine manière, de participer à la réparation des dégâts.

Cette situation volontairement extravagante permet à Joann Sfar de poser une question finalement très simple : comment comprendre une technologie dont tout le monde parle lorsque même ceux qui la développent ne semblent pas toujours capables d’en prévoir les conséquences ?

Pierre constitue pour cela un personnage idéal. Peu à l’aise avec la technologie et déjà dépassé par son téléphone, il enquête sur un domaine qui lui échappe presque totalement. Son ignorance devient paradoxalement une force narrative : puisqu’il ne maîtrise pas le sujet, il pose les questions élémentaires que beaucoup peuvent également se poser.

Qu’est-ce réellement qu’une intelligence artificielle ? Peut-elle créer ? Jusqu’où influence-t-elle nos décisions ? Que devient notre rapport à l’écriture, à l’art ou au travail lorsque des machines sont capables de produire des contenus qui ressemblent aux nôtres ? Et surtout, sommes-nous en train de construire des outils que nous comprenons encore suffisamment pour les contrôler ?

De Paris à Tel Aviv au printemps 2023, l’enquête devient alors autant technologique que philosophique. Sfar utilise l’IA comme un révélateur de nos propres contradictions. Derrière la peur de voir la machine devenir intelligente apparaît une interrogation plus dérangeante encore : qu’appelons-nous exactement « intelligence » lorsqu’il s’agit des êtres humains ?

L’auteur profite également de cette histoire pour observer avec son ironie habituelle plusieurs mondes qu’il connaît bien : les intellectuels médiatiques, les cafés parisiens, les ambitions politiques et industrielles, les relations familiales ou encore les milieux de la création. L’intelligence artificielle devient ainsi le prétexte à une satire beaucoup plus large de notre époque.

La relation entre Pierre et sa mère participe pleinement à cette mécanique comique. Au milieu des considérations métaphysiques et des enjeux nationaux, les rapports familiaux ramènent constamment l’histoire vers quelque chose de profondément humain, avec tout ce que cela implique de mauvaise foi, d’affection et de situations impossibles.

L’une des réussites de l’ouvrage tient justement à ce décalage permanent entre l’immensité des questions posées et la manière volontairement chaotique dont elles sont abordées. Sfar ne prétend pas apporter une réponse définitive à la révolution de l’IA. Il préfère multiplier les interrogations, les contradictions et les situations absurdes.

Cohen contre l’intelligence parle finalement moins d’une guerre entre l’homme et la machine que de notre difficulté à comprendre le monde que nous sommes nous-mêmes en train de fabriquer. Et derrière la plaisanterie se dessine une réflexion très actuelle sur la création, la responsabilité, la technologie et notre fascination pour des outils dont nous découvrons encore les possibilités.

Une comédie satirique drôle, foisonnante et volontairement irrévérencieuse, dans laquelle Joann Sfar transforme l’intelligence artificielle en formidable terrain d’observation de nos angoisses et de nos contradictions. Plutôt que de prétendre expliquer l’IA, il choisit de rire de notre incapacité collective à savoir exactement ce que nous sommes en train d’en faire – et c’est précisément ce qui rend l’ensemble aussi stimulant

Éditeur ‏ : ‎ SEUIL Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 184 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2021560198 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021560190

Mamie Gruffalo de Julia Donaldson et Axel Scheffler

La nouvelle aventure du célèbre héros créé par Julia Donaldson et Axel Scheffler !
Un jour, le Gruffalo annonça à sa fille : – Ta grand-mère vient chez nous, elle veut voir sa famille. Mais Mamie Gruffalo a un gros appétit, et son plat préféré est le ragoût de souris…

Julia Donaldson et Axel Scheffler retrouvent l’univers désormais incontournable du Gruffalo pour une nouvelle aventure familiale pleine de malice. Cette fois, une nouvelle venue fait son apparition : Mamie Gruffalo, qui vient rendre visite à son fils et à sa petite-fille. Une réunion de famille qui pourrait sembler parfaitement tranquille… si la grand-mère n’avait pas un appétit particulièrement inquiétant.

Car Mamie Gruffalo adore manger. Et son plat préféré n’est autre que le ragoût de souris. Une information qui suffit immédiatement à faire planer une délicieuse menace sur cette nouvelle histoire et, bien sûr, à rappeler que dans la forêt du Gruffalo, les plus petits ne sont jamais nécessairement les plus vulnérables.

Julia Donaldson retrouve les ingrédients qui ont fait le succès de cet univers : une situation très simple, un danger facilement identifiable par les jeunes lecteurs et surtout beaucoup d’humour. L’arrivée de cette grand-mère gourmande permet de renouveler la mécanique sans perdre ce qui fait le charme des précédentes aventures.

La peur reste présente, mais elle est constamment désamorcée par le jeu et la malice. Chez le Gruffalo, la force physique ne suffit jamais : l’intelligence et la capacité à raconter de bonnes histoires peuvent être des armes beaucoup plus efficaces. C’est précisément cette inversion des rapports de force qui continue de rendre cet univers aussi réjouissant.

La dimension familiale apporte également une nouvelle dynamique. Après avoir découvert le Gruffalo puis sa fille, les enfants rencontrent désormais une génération supplémentaire. La famille s’agrandit, mais les habitudes restent les mêmes : chacun possède son caractère, ses envies et, manifestement, un solide appétit.

Les illustrations d’Axel Scheffler participent évidemment au plaisir de la lecture. Son trait immédiatement reconnaissable retrouve la forêt, ses habitants et leurs expressions savoureuses. Mamie Gruffalo s’intègre naturellement à cette galerie de personnages, avec tout ce qu’il faut de tendresse et de menace pour intriguer sans véritablement effrayer.

L’album fonctionne ainsi aussi bien comme une nouvelle porte d’entrée dans cet univers que comme des retrouvailles pour les enfants qui connaissent déjà le célèbre monstre. Les adultes y retrouveront également ce double niveau de lecture fait de répétitions, de situations comiques et de petits retournements qui rendent la lecture à voix haute particulièrement agréable.

Une nouvelle aventure drôle et malicieuse qui prolonge avec bonheur l’univers du Gruffalo. Avec Mamie Gruffalo et son inquiétant goût pour le ragoût de souris, Julia Donaldson et Axel Scheffler prouvent une nouvelle fois que dans cette forêt, un gros appétit ne fait pas forcément le poids face à une petite souris suffisamment rusée.

Éditeur ‏ : ‎ GALLIMARD JEUNE Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2075234574 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2075234573

Echos stellaires de David Bry

Un space opera addictif où la quête de liberté, l’aventure et le deuil se mêlent aux étoiles.

David Bry nous entraîne aux confins de l’espace avec un roman qui associe aventure, rébellion et réflexion sur le deuil, tout en développant une idée de science-fiction particulièrement séduisante : des particules temporelles capables de conserver des fragments de souvenirs.

Sur Chronon Galactics, planète isolée et hostile, la liberté n’est plus qu’un rêve. Son propriétaire y exerce un pouvoir despotique tout en exploitant une ressource extrêmement précieuse : les chronons. Ces particules du temps sont devenues indispensables aux voyages spatiaux et font donc de cette planète apparemment désolée un territoire stratégique.

C’est dans cet univers que l’on rencontre Noam Kerval. Pilote exceptionnel, il porte pourtant une blessure qu’aucune prouesse technique ne peut effacer : la disparition de celle qu’il aimait. Brisé par cette perte, il a rejoint la Rébellion et s’apprête désormais, avec ses compagnons, à participer à une bataille susceptible de changer définitivement le destin de Chronon Galactics.

David Bry construit son récit autour de cette promesse d’affrontement, mais l’intérêt d’Échos stellaires dépasse rapidement la simple lutte entre oppresseurs et résistants. Dans cet univers, les intelligences artificielles sont capables de calculer les probabilités avec une précision telle que l’avenir semble presque prévisible. Si les chiffres annoncent l’échec, pourquoi continuer à se battre ?

C’est ici que les chronons prennent toute leur importance. Ces mystérieuses particules semblent perturber les prédictions et introduire quelque chose que les calculs ne parviennent pas totalement à maîtriser. Plus fascinant encore, elles paraissent porter des souvenirs, comme si le temps lui-même conservait la trace de ce qui a été vécu.

Cette idée donne une dimension plus intime au space opera. Pour Noam, confronté au deuil, la possibilité que le passé puisse laisser une empreinte concrète ne peut évidemment être anodine. La quête de liberté collective rejoint alors une autre lutte, beaucoup plus personnelle : apprendre à continuer lorsque celui ou celle que l’on aimait n’est plus là.

Le roman joue ainsi sur une opposition intéressante entre déterminisme et imprévisible. D’un côté, les IA transforment l’avenir en probabilités ; de l’autre, les chronons introduisent l’incertitude, la mémoire et peut-être même une forme d’espoir. L’être humain peut-il encore choisir son destin lorsque les machines prétendent déjà connaître l’issue de ses décisions ?

L’univers imaginé par David Bry offre ainsi tous les ingrédients du space opera – pilotes, voyages interstellaires, planète exploitée, résistance et bataille décisive – tout en leur apportant une dimension émotionnelle forte. Les enjeux spectaculaires restent constamment liés aux blessures et aux choix des personnages.

Noam Kerval incarne particulièrement bien cette rencontre entre l’intime et le cosmique. Il doit piloter, combattre et participer à une rébellion, mais son véritable voyage consiste aussi à déterminer ce qu’il peut faire de ses souvenirs et de son absence. Les étoiles deviennent alors le décor d’une histoire où avancer ne signifie pas nécessairement oublier.

Un space opera prenant qui trouve son identité dans la rencontre entre aventure spatiale et mémoire. David Bry imagine un univers où le temps possède ses propres particules, où les souvenirs peuvent perturber les certitudes mathématiques et où une infime part d’imprévisible suffit peut-être à rendre la liberté possible. Une aventure aussi spectaculaire qu’émouvante, portée par une belle question : que reste-t-il de ceux que nous avons perdus lorsque même le temps semble conserver leur écho ?

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 656 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266362895 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266362894

Blue Orange – Trail Again – Jeu de Société – 2 Joueurs – Cartes – Idéal Entre Amis ou en Famille – Course – Fabriqué en France – A Partir de 8 Ans

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Trail Again de Blue Orange est un jeu de cartes qui réussit à retranscrire de manière simple et amusante l’esprit d’une course de trail. Le principe est rapidement compris : il faut gérer au mieux ses cartes de course, prévoir ses ravitaillements et surtout essayer de limiter les incidents qui peuvent complètement modifier la partie.

J’ai apprécié le fait que les parties soient courtes, autour de 15 minutes, tout en demandant de véritables choix. On ne se contente pas de poser ses cartes au hasard : il faut observer la situation, anticiper et décider du bon moment pour utiliser ses ressources. Cela rend les confrontations à deux assez dynamiques et donne facilement envie d’enchaîner une revanche.

Le jeu est accessible dès 8 ans et fonctionne aussi bien entre un adulte et un enfant qu’entre deux adultes. Les règles restent suffisamment simples pour commencer rapidement, mais il y a assez de stratégie pour éviter que les parties deviennent répétitives.

Autre très bon point : Trail Again est fabriqué en France, près de Nancy, avec une volonté de privilégier des matériaux sourcés localement. C’est suffisamment rare dans l’univers du jeu de société pour être souligné.

Un petit jeu malin, facile à sortir et qui ne demande pas une heure devant soi. J’aime particulièrement son format rapide et son mélange de prise de risque, de gestion et de stratégie

Villain to Kill – Tome 7 de Eunji

Pour rétablir la justice, il doit devenir le plus puissant des vilains.

Eunji poursuit l’affrontement entre psykers et vilains avec un septième tome qui accélère nettement le rythme. La tension accumulée autour de Gadam est désormais prête à exploser, alors que les psykers se rassemblent pour lancer une offensive contre la Vilzone. Mais privés de certains de leurs combattants les plus puissants, ils découvrent rapidement que pénétrer sur le territoire de leurs adversaires est loin d’être une mission ordinaire.

Cette attaque permet au récit de remettre au premier plan ce qui fait toute la particularité de Villain to Kill : la frontière entre héros et vilains reste beaucoup moins évidente que leurs appellations pourraient le laisser croire. Les psykers sont supposés défendre la justice tandis que les vilains représentent la menace, mais les motivations individuelles, les rivalités et les jeux de pouvoir viennent constamment brouiller cette opposition.

Du côté de la Vilzone de Sinhwa, la situation n’est guère plus stable. Les tensions internes augmentent et le retour de Barakuda aux côtés de Serpent Bleu modifie immédiatement les rapports de force. Chaque personnage possède ses propres ambitions et la moindre alliance peut devenir déterminante lorsque la confrontation générale paraît inévitable.

L’arrivée de Mujin constitue l’autre événement majeur de ce volume. Désormais seigneuresse de Winterbell, elle revient avec un nouveau statut et une influence capable de bouleverser les stratégies déjà en place. Son apparition rappelle que l’univers de la série continue de s’étendre et que la puissance ne repose jamais uniquement sur les capacités de combat : contrôler un territoire, obtenir des alliés et savoir quand intervenir peut s’avérer tout aussi décisif.

Ce septième tome joue donc beaucoup sur les alliances mouvantes et les retournements de situation. L’affrontement annoncé ne dépend pas seulement de savoir qui possède le pouvoir le plus impressionnant. Chacun doit anticiper les intentions des autres et déterminer jusqu’où il est prêt à aller pour défendre son camp.

Au milieu de ces conflits demeure la question centrale de la série : peut-on réellement rétablir la justice en devenant soi-même le plus puissant des vilains ? Cette contradiction continue de donner une identité particulière au récit. Plus les enjeux deviennent importants, plus les notions de justice et de vengeance semblent difficiles à séparer.

Les scènes d’action profitent naturellement de cette montée en puissance. Les capacités spectaculaires des personnages et la diversité des combattants permettent de maintenir une véritable sensation de danger, notamment lorsque les psykers doivent affronter leurs adversaires sans pouvoir compter sur toutes leurs forces habituelles.

Mais ce sont surtout les changements d’équilibre qui donnent son intérêt au volume. Personne ne semble suffisamment puissant pour contrôler seul les événements, et l’arrivée d’un personnage ou le retour d’un ancien adversaire peut suffire à remettre en cause toute une stratégie.

Avec ce tome 7, Villain to Kill entre ainsi dans une phase particulièrement mouvementée. Entre l’offensive des psykers, les tensions de Sinhwa, le retour de Barakuda et l’arrivée de Mujin à la tête de Winterbell, Eunji prépare une confrontation où chaque alliance pourrait être aussi dangereuse qu’un ennemi.

Un volume énergique et riche en rebondissements qui fait monter la pression autour de Gadam. Les camps se reforment, les puissances s’affrontent et la distinction entre héros et vilains continue de se brouiller, confirmant que dans cet univers, la justice dépend souvent de celui qui possède suffisamment de force pour l’imposer.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2488290203 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2488290203

Philia Rosé : La prophétie de la couronne d’épines – Tome 4 de RYUTA FUSE (Auteur), Youngji Kim (Auteur), BHD (Auteur)

Découvrez l’histoire d’une jeune prêtresse qui ne recule devant rien pour défier le destin et les liens de la couronne.Ryuta Fuse, Youngji Kim et BHD poursuivent l’histoire de Philia avec un quatrième tome qui délaisse momentanément les grandes confrontations pour se concentrer davantage sur les blessures de l’héroïne et l’évolution de ses sentiments. La menace reste pourtant bien présente : Philia et Léo doivent d’abord parvenir à échapper à Ekina en profitant des ombres entourant les remparts du château.

Cette fuite entretient efficacement la tension, mais elle permet surtout aux deux personnages de se retrouver dans une proximité nouvelle. Jusqu’ici déterminée à avancer malgré les épreuves, Philia accepte enfin de laisser tomber une partie de ses défenses. Face au prince, elle revient sur son enfance et sur les événements tragiques liés à sa sœur.

Cette confession donne une autre dimension au personnage. Derrière la jeune prêtresse capable de défier le destin se cache une jeune femme profondément marquée par son passé. Certaines de ses décisions, de ses peurs et de ses réactions prennent alors un sens différent. En révélant ses blessures à Léo, elle ne transmet pas seulement des informations : elle accepte de lui accorder une confiance qu’elle offre difficilement.

Leur relation évolue naturellement à partir de cette intimité. Léo devient davantage qu’un compagnon de fuite ou un allié. Il est désormais celui devant lequel Philia peut dévoiler une part d’elle-même qu’elle a longtemps gardée enfouie. Mais ce rapprochement provoque immédiatement de nouvelles interrogations.

Car Didi occupe toujours une place importante dans le cœur de Philia. Entre Léo et Didi, ses sentiments deviennent beaucoup moins simples qu’elle ne l’aurait souhaité. Le récit ne transforme pas pour autant cette hésitation en simple triangle amoureux : elle accompagne surtout une héroïne qui apprend à comprendre ses propres émotions alors que son existence reste dominée par les dangers, les responsabilités et la prophétie.

Ce quatrième tome trouve ainsi un bon équilibre entre tension et introspection. La fuite rappelle constamment que les personnages restent menacés, tandis que les révélations sur l’enfance de Philia apportent une profondeur supplémentaire à son parcours.

La couronne d’épines demeure également une présence symbolique forte. Elle représente ce destin auquel Philia semble attachée malgré elle, alors que toute son évolution repose précisément sur sa volonté de choisir sa propre voie. Plus elle découvre la vérité sur son passé et sur ses sentiments, plus cette opposition entre destin imposé et liberté personnelle devient centrale.

Visuellement, la série continue de mettre en valeur les émotions des personnages autant que son univers de fantasy. Les regards, les silences et les moments de proximité accompagnent particulièrement bien ce volume plus intime, sans faire disparaître l’atmosphère de danger qui entoure Philia.

Ce tome 4 constitue donc une étape importante dans son évolution. La jeune prêtresse ne doit plus uniquement affronter ceux qui cherchent à contrôler son avenir : elle doit également accepter de regarder son passé et comprendre ce qu’elle désire réellement.

Un volume plus intime et émotionnel, qui approfondit efficacement Philia tout en faisant évoluer ses relations avec Léo et Didi. Entre fuite, confidences, blessures anciennes et sentiments naissants, la jeune prêtresse poursuit son combat le plus difficile : refuser que son passé ou une prophétie décident à sa place de la personne qu’elle doit devenir.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2488290068 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2488290067