Ayka De Sergey Dvortsevoy Avec Samal Yeslyamova, Zhipargul Abdilaeva, David Alavverdyan

Ayka vient d’accoucher. Elle ne peut pas se permettre d’avoir un enfant. Elle n’a pas de travail, trop de dettes à rembourser, même pas une chambre à elle. Mais c’est compter sans la nature, qui reprendra ses droits.

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Critique : Ayka a vingt-cinq ans. Elle a quitté le Kirghizistan pour la Russie dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais elle accumule les déboires à Moscou. Logée par un marchand de sommeil dans un appartement communautaire surpeuplé, elle est exploitée par des employeurs qui profitent de son statut de sans papiers. Pour lancer un petit atelier de couture, elle s’est endettée et est maintenant harcelée par ses créanciers aux pratiques mafieuses. Quand elle tombe enceinte, elle n’a d’autre alternative que d’abandonner à la maternité son nouveau-né. Les faits qui précèdent sont progressivement portés à la connaissance du spectateur qui découvre Ayka à la maternité et la suit, caméra à l’épaule, à peine relevée de couches dans un Moscou battu par la neige. On découvre à travers ses yeux son travail harassant pour un patron qui refuse de la payer, la Kommunaulka sordide où elle habite, les appels incessants sur son téléphone portable (ah ! cette sonnerie stridente !) de chasseurs de dettes de plus en plus menaçants. L’histoire de cette Rosetta centre-asiatique se transforme en calvaire, sa résistance en martyre. La charge pourrait être trop lourde, le sujet étouffant. À force d’ajouter à la liste d’avanies qui s’abat sur la malheureuse, le scénario frise l’overdose. Et il n’échappe pas au simplisme : ainsi de cette insistance à montrer combien la société russe est plus douce aux animaux, tels ceux de ce cabinet vétérinaire où Ayka trouve un refuge éphémère, qu’aux humains. Mais loin de nous terrasser, « Ayka » nous subjugue. La raison en est dans l’actrice qui l’interprète. Samal Yeslyamova est kazakhe. Elle tournait déjà dans le précédent film de Sergey Dvortsevoy, « Tulpan » (2008). Elle a obtenu à Cannes la Palme de la meilleure actrice. Elle la mérite amplement. Engoncée dans une parka trop fine pour les frimas de l’hiver russe, les mains nues, glacées par le froid, elle titube dans les rues de Moscou, affaiblie d’abord par une hémorragie du post-partum et bientôt par un début de mastite. Elle encaisse sans faillir les coups du sort et y pare comme elle peut. La scène finale, qui laisse toutes les options ouvertes, est sublime. Elle rappelle la dernière page des « Raisins de la colère ». C’est dire…

Critique de Yves G.

The Lie – 6 octobre 2020 /De Veena SudAvec Peter Sarsgaard, Joey King, Mireille Enos

The Lie se centre sur le mystère entourant la mort de la jeune amie de Kayla. Ses parents ainsi que la famille de la défunte vont tenter de la percer à jour pour démêler le nœud de l’histoire : était-ce un accident ou un meurtre ?

Chronique : Jusqu’où iriez-vous pour protéger votre enfant si celui-ci avait pris une vie ? Telle est la grande interrogation qui anime ce remake US du film allemand « We Monsters » faisant désormais partie de l’anthologie « Welcome to Blumhouse » diffusée sur Amazon Prime Video. Écrit et réalisé par Veena Sud (la showrunneuse de « The Killing » US), « The Lie » nous introduit donc dans le quotidien de Kayla, adolescente visiblement encore perturbée par le divorce de ses parents Rebecca (Mireille Enos), brillante avocate, et Jay (Peter Sasgaard), un musicien un brin immature. Alors qu’il emmène en voiture Kayla et sa meilleure amie Brittany à un stage de danse, Jay perd de vue momentanément les deux jeunes filles lors d’une pause au bord de la route enneigée. Quand il retrouve enfin Kayla seule en haut d’un pont, elle lui confesse avoir fait chuter mortellement Brittany au fond de la rivière glacée. Le début d’un terrible engrenage pour cette famille qui décide de garder le secret sur l’acte de Kayla… Si l’on s’arrête sur le côté purement thriller de « The Lie », le film est hélas un véritable échec vu son incapacité à entretenir le peu d’aura de mystère qui entoure son point de départ. Même si elle reste solide globalement, la mise en scène de Veena Sud manque en effet cruellement de finesse à la fois dans la manière de nous rapporter les premières minutes pourtant décisives du film et dans certains subterfuges utilisés en guise de fausses pistes. Et, si l’on ajoute ensuite le comportement de Kayla atteignant des sommets aussi vertigineux qu’improbables de versatilité (triste/heureuse/sociopathe/dans le déni/traumatisé/… tout y passe), nul besoin d’être un fin limier pour comprendre ce qui se cache derrière cette sombre histoire. Alors, bien sûr, ce dernier point peut être mis sur le contrecoup de la tragédie vécue, on peut le comprendre aisément, sans compter que l’adolescence n’est pas la période de la vie où le caractère d’un individu est le plus constant, mais, cumulé au manque de subtilité de la réalisation lors de passages-clés, il est clair que « The Lie » ne mettra aucune chance de son côté pour nous faire tomber à la renverse de surprise durant ses derniers instants. Reste alors l’aspect plus dramatique de « The Lie » axé sur la spirale du mensonge dans laquelle les deux parents se retrouvent et les conséquences sur leur vie de famille. Sur cet élan plus intimiste, Veena Sud s’en sort mieux, bien aidé par le duo très convaincant Mireille Enos/Peter Sasgaard qui donne un vrai supplément d’âme au film dans le rôle de ce couple obligé de se ressouder envers et contre tous pour protéger leur progéniture. On pardonne même dans un premier temps leurs agissements très maladroits en ce sens (ils s’embourbent eux-mêmes dans leurs mensonges et les très mauvaises idées, les agissements de la mère pourtant avocate en sont presque kamikazes) tant l’instinct de préservation familiale sous la pression qui les anime sort grandi par le jeu des deux comédiens. Là encore, le choc du drame et la précipitation des événements peuvent aussi excuser leur improvisation devant cette situation inédite pour eux… mais le film va pousser le bouchon beaucoup trop loin sur la durée. De plus en plus dans l’impasse pour s’en sortir, les actes désespérés des parents prendront ainsi une tournure complètement irrationnelle -voire ridicule- dans la dernière partie, éludant hélas les qualités dramatiques du film entrevues jusque-là et que l’on aurait voulu saluer jusqu’à son terme. Vraiment dommage, car la conversation finale se recentrant justement sur cette notion d’unité familiale avec l’aide de ses interprètes était à l’inverse plutôt réussie. Thriller aussi peu habile que ses personnages dans l’adversité, « The Lie » tente de combler ses lacunes en se raccrochant avec une certaine justesse sur la dimension dramatique de son intrigue. Mais l’effort n’est hélas pas assez consistant sur l’ensemble du long-métrage pour être véritablement satisfaisant.

Black Box – 6 octobre 2020 /Avec Mamoudou Athie, Phylicia Rashad

Mamoudou Athie joue un père veuf atteint de trous de mémoire suite à un accident. Pour en guérir, il s’engage à suivre un traitement unique : grâce à un dispositif de réalité virtuelle, il est transporté dans son subconscient. Cette sorte d’hypnose 2.0 va l’obliger à combattre ses démons mais aussi à découvrir de lourds secrets.

Critique : Autre film de l’anthologie « Welcome to the Blumhouse » disponible sur Amazon Prime Video, « Black Box » fait plutôt figure de plaisante surprise (mais un poil trop classique) comparé au très oubliable « The Lie » sorti simultanément. Victime d’un accident de voiture ayant tué son épouse, Nolan tente péniblement de retrouver les souvenirs perdus de son existence avec l’aide de sa fille. Son amnésie lui posant de plus en plus de problèmes au quotidien, il décide de recourir à un traitement expérimental qui lui permet de revivre littéralement chacun de ses souvenirs perdus. Au fur et à mesure de la procédure, au milieu des visages effacés de ses fragments de mémoire, une mystérieuse silhouette semble toujours vouloir le prendre en chasse… Dans sa première partie, « Black Box » fait d’abord le choix judicieux de nous faire partager la perte totale de repères de son héros. Il habite une maison qui lui est étrangère, il regarde les photos de moments heureux qu’il semble visiblement avoir vécu, sa fille lui apprend à reproduire les gestes d’affection qu’il sait avoir partagé avec elle autrefois… Mais, malgré tous ses efforts, rien n’y fait, Nolan n’arrive pas à s’approprier les éléments de ce passé qu’on lui présente comme le sien et, pire encore, à retrouver les traits de personnalité qui le définissaient jusqu’alors en tant qu’individu. À ce jeu, on peut dire que l’empathie avec ce héros « perdu » dans sa propre vie est immédiate, Mamoudou Athie le campe avec conviction et les moments partagés entre son personnage et sa choupinette de fille prête à tout pour soutenir son père véhiculent la force d’un lien affectif amené à avoir une importance cruciale dans la suite des événements. Lorsque les premières séances ayant pour but de guérir Nolan grâce à l’hypnose et la fameuse Black Box démarrent, il faut bien avouer que les expériences retranscrites dans le film rappellent dangereusement celles de bon nombre de thrillers utilisant la recherche de souvenirs (et les visions étranges qu’elle engendre à l’écran) dans le but de mieux dissimuler un traumatisme ou une conspiration qui bouleversera tôt ou tard la quête de vérité de son héros. L’addition d’une imagerie proche d’un « Hypnose » 2.0 (réussie) afin de retranscrire justement l’état hypnotique de Nolan et de la présence d’un étrange assaillant contorsionniste cherchant à l’empêcher de recouvrer sa mémoire tend d’ailleurs assez vite à confirmer cette théorie (et cette crainte) mais « Black Box » va finalement prendre une bien meilleure direction scénaristique. Certes, il y aura bien quelques secrets à découvrir sur ce qui a conduit à la condition actuelle de Nolan mais ils seront surtout là pour accompagner le film vers la révélation de son concept SF délicieusement rétro, clin d’oeil évident à l’esprit de « La Quatrième Dimension » à la fois par le fait de ne jamais perdre de vue le facteur humain au cœur de manipulations qui le dépassent et par la manière d’aborder son apparente abstraction grâce à une mise en scène se reposant intelligemment sur ses acteurs et quelques simples artifices. L’idée n’est pas totalement originale pour autant mais « Black Box » va l’exploiter avec une réelle efficacité tout en faisant de la donnée familiale la composante essentielle de son propos entre deux camps qui s’opposent. On pourra reprocher au film de s’étirer un peu trop longtemps une fois ses véritables enjeux connus, il est vrai que notre intérêt s’amenuise dans une dernière partie qui ne fait guère de mystère quant à sa destination finale (et son épilogue très attendu), le format court d’un épisode de série anthologique aurait été sans doute plus raisonnable pour raconter une telle histoire. Cependant, même s’il n’a pas tous les atouts en main pour constituer une proposition susceptible de s’inscrire durablement dans les mémoires, « Black Box » a l’intelligence d’utiliser ceux à sa disposition pour offrir un divertissement très correct en son genre.

Les Enfants du Temps / BR [Édition boîtier SteelBook Combo Blu-Ray + DVD + CD BO] Makoto Shinkai (Réalisateur) / 7 Octobre 2020

Packaging : Steelbook, Inclus : 1 CD de la bande-originale du film par RADWIMPS —

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SYNOPSIS : Jeune lycéen, Hodaka fuit son île pour rejoindre Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle urbaine et trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. Un phénomène météorologique extrême touche alors le Japon, exposé à de constantes pluies. Hodaka est dépêché pour enquêter sur l’existence de prêtresses du temps. Peu convaincu par cette légende, il change soudainement d’avis lorsqu’il croise la jeune Hina…

Ce film d’animation est tout simplement magnifique. C’est le genre qui reste gravé dans les mémoires et dans les cœurs. Je le reverrais avec un grand plaisir et je suis sur que ce second visionnage sera encore meilleur. Déjà, dès le début, on voit qu’on va passer un superbe moment. C’est splendide. Les dessins sont d’une grande beauté. Certains plans sont à couper le souffle. J’ai eu plusieurs moments de frisson. Surtout que la musique, faite par le groupe Radwimps, est toujours dans le bon timing pour donner de la valeur aux scènes. J’entends encore les douces mélodies bercer mes oreilles. Les personnages sont géniaux, que ce soit les principaux ou les secondaires, ils ont chacun leur petit truc qui fait la différence. Sur le fond, l’histoire est très belle. Makoto Shinkai aime jouer sur la thématique temporelle mais cette fois il va varier. Oui car le mot « temps » du titre correspond à la météo. Posé comme cela, ça peut laisser sceptique mais pas du tout. Le récit me semblait partir de travers une fois que c’est posé sur la table, alors qu’en réalité ça lui donne énormément de richesse. Dans cette partie plus fantaisie, il y a toujours une cohérence, le rendant agréable à suivre. Il y a un mélange de croyance ancienne avec un monde moderne, fait d’une manière très habile. La grande puissance, reste la force de l’amour qui ressort. Ça me fait vibrer à chaque fois. C’est d’une beauté indescriptible ce qui se passe sous nos yeux.

  • Rapport de forme : 1.78:1
  • Classé : Tous publics
  • Dimensions du colis : 17.27 x 13.46 x 1.52 cm; 180 grammes
  • Réalisateur : Makoto Shinkai
  • Format : Couleur
  • Durée : 1 heure et 54 minutes
  • Date de sortie : 7 octobre 2020
  • Sous-titres : : Français
  • Langue : Japonais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1)
  • Studio  : @Anime

 

Canicule de Jane Harper, une première œuvre prometteuse mais un peu trop scolaire

Jane Harper est une journaliste australienne, Canicule est son premier roman. Une œuvre convaincante mais qui souffre évidemment de quelques défauts.

Jane Harper est journaliste donc et cela se ressent dans son style, très factuel et descriptif. La plume nous décrit cette petite ville de Kiewarra de manière suffisamment crédible pour suivre l’intrigue mais sans parvenir à nous transporter dans cette bourgade écrasée par un soleil impitoyable. Un effort de caractérisation est fait pour les personnages. Tous disposent d’un caractère bien construit et d’une psychologie bien étayé, entre résignation fataliste et désœuvrement social. Le personnage principal, Aaron Falk, est à l’image de nombre de personnages policiers, célibataire, solitaire et consciencieux dans son travail, il souffre d’un sentiment de culpabilité qui aurait pût être encore plus développé.

L’intrigue démarre immédiatement mais, une fois passer les différents chapitres qui exposent les différents protagonistes du drame, elle ronronne gentiment et se perd dans des fausses pistes soporifiques qui font souffrir l’ensemble de l’ouvrage de longueur. L’auteure réagit dans le dernier tiers du livre pour livrer une conclusion habile où le rythme s’emballe tout en gardant cette distanciation journalistique dans le style. L’auteure a du mal à mettre en scène les sentiments exacerbés qu’entraînent forcément ces situations extrêmes. L’épilogue permet de classer les derniers éléments de l’intrigue restée dans l’ombre et permettre à Aaron de chasser ses démons persistants.

La fin ouverte est frustrante en cela que certains personnages hargneux qui hantent tout le roman auraient mérité d’être confronté dans un ultime chapitre qui aurait signé leur chute définitive. Cependant malgré ses défauts indéniables de style et la présence de quelques longueurs, Jane Harper signe une entrée en matière convaincante dans l’univers du polar.

Résumé: Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

  • Poids de l’article : 500 g
  • ISBN-10 : 2366582625
  • Broché : 400 pages
  • ISBN-13 : 978-2366582628
  • Dimensions du produit : 22.5 x 3.2 x 14 cm
  • Éditeur : Kero (11 janvier 2017)

Le grand art des petites escroqueries de Sophie Endelys, un mille-feuille en spirale à la narration bondissante

Ce livre m’a fait penser à deux choses. Une balle rebondissante multicolore dans un premier temps, vous savez ces balles qui rebondissent partout et qu’il faut éviter de lancer à l’intérieur du foyer sous peine de voir le vase de mémé se fracasser au sol et ensuite la pâtisserie communément appelée mille-feuille. Il va vous faire passer d’un personnage à un autre, d’une temporalité à une autre, à une vitesse folle. Soyez prévenu, dans le dernier ouvrage de Sophie Endelys ne laisse pas aucune échappatoire à son lecteur une fois la première page tournée.

La narration très dynamique enclenchée par l’auteur ainsi que sa superposition d’intrigues, de personnages et de temporalité pourrait donner le tournis comme ces fichues balles qui rebondissent plus vite que l’on ne peut les suivre du regard. Il appartient au lecteur de déceler l’ordre apparent derrière cette narration touffue.

En ce qui concerne les personnages on se concentre rapidement sur trois d’entre eux. Les flashbacks ne sont pas en italique comme on peut le voir parfois dans d’autres ouvrages, ils sont justes séparés par un saut de ligne mais ils sont malicieusement annoncés par le personnage lors de son monologue intérieur. Au lecteur d’être attentif et vigilant.

Le fait est, qu’une fois que l’on a intégré le style de l’auteure, l’on se retrouve emporté par cette intrigue tortueuse à laquelle l’image de la spirale, omniprésente dans le récit, correspond parfaitement. À mesure que l’ont pénétre plus profondément les secrets de Groumenville, les révélations s’empilent comme sur un mille-feuille pour former au final un récit sombre par ses thèmes mais léger dans son traitement.

La malice pourrait bien être le thème prépondérant de ce récit à mi-chemin entre l’enquête policière et la comédie humaine. Tout est question de paraître, chaque personnage ment à son entourage, ou au moins à lui-même, que ce soit par omission ou pour dissimuler un secret, par mesquinerie, par honte ou tout simplement pour servir ses objectifs.

Le thème de la tromperie, du faux-semblant et de la manipulation est omniprésent non seulement à travers les personnages et leurs actions mais aussi de par leurs métiers marionnettistes, lunetier, fabricants d’automates, romancière ou avocat. L’ouvrage tout entier baigne dans une atmosphère de mensonge où l’art de la tromperie est essentiel aux personnages comme l’air que nous respirons. Cette surabondance de manipulation pourrait finir par se révéler indigeste, l’auteur contrebalance un peu cet effet par un humour sarcastique et des personnages hauts en couleur sans y parvenir complètement.

Il est juste regrettable que le style soit parfois un peu brut de décoffrage, notamment dans les dialogues. Ceux-ci s’achèvent souvent par une pique de l’un des personnages, parfois avant même d’avoir commencé. Ce qui produit un effet abrupt qui empêche de se régaler pleinement de cet ingrédient de l’intrigue.

L’auteure a fait le choix de nous révéler les secrets les plus croustillants à travers des flashbacks bateau qui tombent comme un cheveu sur la soupe alors même que l’intrigue au présent piétine quelque peu. C’est relativement dommage surtout pour une intrigue aussi malicieuse et tortueuse. Il aurait été bon de voir certains personnages mettre la main à la pâte de manière plus active pour extirper les sombres secrets enfouis au lieu de les voir simples acteurs d’une comédie humaine qui prend des airs de tragédie à de rares occasions.

Une fois terminé la dernière bouchée digérée de cet ouvrage choral on reste un peu étourdi par la dégustation. Le goût très sucré aurait pu être amoindri et il reste un peu sur l’estomac par sa consistance. Cependant le festival de saveur et l’originalité de la présentation ont réussi à égayer nos papilles et à nous emporter dans un récit qui parvient à être loufoque et sérieux à la fois.

Résumé: Une chroniqueuse hors pair, un éditeur gourmet, une pianiste traqueuse, un marionnettiste dépressif, une psy séduisante, un avocat fantôme, un concierge mère poule, un lunetier poète… voilà les pro tagonistes de ce suspense dont mensonges et manipulations sont les principaux ingrédients.

Juillet 1989. Julia James est victime d’un terrible accident de voiture. La talentueuse journaliste, qui peinait sur son livre Le Grand Art des petites escroqueries, avait loué une dépendance sur la propriété de la Fondation Saint-Just – une école qui propose des stages révolutionnaires de développement personnel – pour l’été afin d’y achever son manuscrit.
Avril 2010. Sa fille, Clémence, reçoit un colis contenant 502 dessins réalisés par Julia, qui est morte en 1999 – dix ans après son décès officiel –, au couvent de la Sainte-Charité, non loin de la Fondation.
Pourquoi le père de Clémence lui a-t-il fait croire à la mort de sa mère ? Quel rôle ont joué l’avocat Maxence Saint-Just et Marius, l’édi teur de sa mère ? Son grand-père lunetier, qui l’a élevée, savait-il ? Et, surtout, qu’avait donc découvert Julia à Groumenville ?

  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 225819184X
  • ISBN-13 : 978-2258191846
  • Dimensions du produit : 14.2 x 3.2 x 22.5 cm
  • Poids de l’article : 531 g
  • Langue : : Français
  • Éditeur : Presses de la Cité (1 octobre 2020)

Le lundi uniquement ! – 3 septembre 2020 de Claire Pisarra & Aurélie Guillerey

Quand je serai grande, je serai présidente.
Mais le lundi uniquement.
J’aurai un cartable avec de très gros dossiers. Je rencontrerai des gens importants.
Et il y aura des coquillettes au beurre.
Au petit déjeuner.
Au déjeuner.
Au dîner.

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Chronique : Claire Pisarra & Aurélie Guillerey nous propose un livre touchant qui aborde le sujet complexe qu’est l’amour de soi.
Mêlant illustration et écrit, ce livre nous accroche tant bien visuellement que thématiquement. L’auteur se livre sans tabou avec un texte qui sera certainement une révélation pour certain(e)s enfant et une étape marquante vers le « mieux être ». Un magnifique ouvrage touchant qui, par un jeu de question/réponse, nous permet d’une certaine manière de nous livrer et de témoigner à notre tour !

Note : 9,5/10

Bio-inspirés : le monde du vivant nous donne des idées ! 17 septembre 2020

Il y a du génie dans la nature ! Le biomimétisme, c’est l’observer et s’en inspirer pour inventer objets, matériaux, techniques et imaginer de nouvelles manières de vivre, de consommer, de produire, en harmonie avec elle.

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Chronique : Ce livre documentaire a une approche un peu différente de ses petits copains sur le même sujet. La plupart du temps transversale, par domaine (population, relief, agriculture…) et non par zones géographiques. Mais l’approche thématique n’est pas oubliée avec l’étude par exemple des objets, matériaux, techniques et imaginer de nouvelles manières de vivre,…
Les particularités géographiques, naturelles, culinaires, architecturales, historiques, linguistiques… sont abordées.
Photos alternent avec des dessins, cartes, en une très agréable mise en page. Les infos sont assez sommaires mais retrace les grandes étapes de la cohabitation de l’homme avec la Terre…

Note : 9/10

La moustache de Monsieur Monsieur – 10 septembre 2020 de Georgette

Monsieur Monsieur est fier de sa moustache, qui lui donne un air très sérieux. Mais un beau matin, elle s’envole dans les airs, et va se poser dans un parterre de fleurs, sous le nez d’un bébé ou encore sur les yeux d’un chien saucisse. Sa folle promenade la reconduira-t-elle sur le visage de son propriétaire? Il se pourrait qu’alors Monsieur Monsieur s’en trouve un peu changé…

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Chronique : La moustache d’un monsieur trop sérieux se fait la malle et décide de suivre une nuée de papillons. On suit son aventure inattendue et elle sème sourires et éclats de rire sur son passage…

Cette histoire est pleine d’humour et de légèreté. Les enfants adore chercher la petite moustache et la toucher. C’est vraiment drôle et mignon comme tout !

Note : 9/10

Esther, reine malgré elle – de Susie Morgenstern

Esther est une jeune orpheline juive, qui vit à Suze avec son oncle. Le peuple juif en exil n’est pas très apprécié d’une partie de la population de la ville. Lorsque le roi Assuérus cherche une nouvelle femme, Esther se cache : une vie dans le harem royal ne la fait pas du tout rêver !

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Chronique : Excellent ouvrage pour ceux qui veulent les histoires de la bible. Le livre est tout à fait fidèle à la Bible pour autant, le texte, bien que très simplifié, est fluide, avec des transitions et de proche en proche, l’enfant apprend ainsi sa langue maternelle et enrichi son vocabulaire en reprenant et en testant de nouveaux mots dans ses phrases. Parfois cela est cocasse et donne lieu aux « mots d’enfants » qui nous font sourire.

Note : 9/10