Les lois du ciel de Grégoire Courtois, cauchemar en forêt

On m’a dit pire que pendre sur ce court roman, son histoire trash cacherait une vacuité du propos et sa lecture serait une véritable perte de temps. Si l’ouvrage n’est pas exempt de défauts, il faut reconnaître que la plume viscérale de l’auteur lui accorde une puissance évocatrice qui donnera des cauchemars aux âmes sensibles.

Inutile de chercher à vous attacher aux personnages, ceux-ci ne sont que des noms, des silhouettes à peine esquissées, destinés à empiler des scènes gores explicites dans lesquelles plane sournoisement une espèce de poésie nihiliste.

L’auteur s’amuse vraiment à nous conter cette excursion sylvestre qui tourne mal. Son style visuel et organique nous foudroie alors que la violence s’invite avec fracas au sein de cette funeste classe verte par le biais d’un personnage invraisemblable mais la situation en elle-même est improbable. Cependant malgré son aspect invraisemblable, la situation se révèle extrêmement glaçante.

Si le personnage par qui l’horreur arrive est un peu trop improbable, il faut reconnaître que l’auteur connaît les dynamiques de groupes qui font des cours de récréation une jungle où le moindre faux pas est synonyme d’exclusion. Les réactions de ces pauvres enfants livrés à eux-mêmes sont crédibles et la manière dont les différents groupes s’organisent refléte la manière dont l’instinct de survie prend le pas sur la raison et la réflexion. Et l’instinct de survie d’enfants de six ans ne pèsent pas lourd face à la fatalité et la forêt inextricable.

Au-delà d’un récit sanglant et impitoyable, l’auteur développe une narration atypique, brisant le quatrième mur, interpellant le lecteur sur le sens de sa propre vie. Le lecteur est pris à témoin alors que l’auteur instaure au fil de son récit une réflexion nihiliste qui se révélera encore plus perturbante que l’interminable scène finale qui clôt le récit avant un épilogue dans lequel il est vain d’espérer la moindre éclaircie.

Un récit glaçant, au style organique qui ne laisse pas indifférent, mais qui n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Résumé: Les enfants de la classe de CP de l’école primaire de Claincy, dans l’Yonne, partent pour deux jours d’excursion en forêt. Aucun n’en reviendra. Parents d’élèves et instituteurs sont à leurs côtés. Mais même les adultes ne peuvent rien face aux lois de la nature. Pour les enfants, le froid, la faim, l’obscurité, un simple grincement deviennent le terreau de l’imagination. Bientôt la terreur s’insinue au coeur de l’équipée. Les barrières entre le monde des contes et la réalité s’effritent, jusqu’à ce que l’impensable se produise. Et ce n’est que le début de la fin.

  • Broché : 208 pages
  • ISBN-10 : 2072742374
  • ISBN-13 : 978-2072742378
  • Poids de l’article : 120 g
  • Dimensions du produit : 11 x 1.3 x 17.8 cm
  • Éditeur : Folio (15 février 2018)
  • Langue : : Français

Le dîner d’Igor de Geoffroy de Pennart – 3 juin 2020

Je suis Igor, le grand loup gris, et j’ai un solide appétit ! Que vais-je manger pour le dîner ? Je n’en ai pas la moindre idée… Petit Agneau, Chapeau Rond Rouge, Mère-Grand, Monsieur Lapin et les trois petits cochons, prenez garde !

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Chronique : C’est une superbe livre qui permet aux enfants de comprendre qu’il ne faut pas se fier aux apparences : un cochon peut devenir l’ami d’un loup et où chaque loup ou cochon peut avoir une version de fait différent, tout en leur faisant avantage .Tout l’album est d’une justesse et sensible pour chacun, que les enfants où parents le lise le sujet parle et même si les raison ne sont pas les même chacun y trouvera son compte dans ce superbe album où les illustration aide à nous faire rire. Une petite pépite à lire et à découvrir.

Pour faire une souris verte de France Quatromme et Soufie Régani – 17 juin 2020

Une souris verte qui courait dans l’herbe… Prenez une comptine célèbre, une apprentie magicienne et un éléphant récalcitrant et vous obtiendrez un spectacle de magie… abracadabrantesque !

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Chronique : Une revisite réussie de la célèbre comptine mais d’une manière détourner C’est un superbe livre qui permet aux enfants de prendre à rebours la comptine et mettre non seulement la souris où ici l’élephant (presque) face au paroles
Nul besoin d’aller chercher au-delà, dans de la psychologie de pacotille l’histoire se suffit en elle-même, est séduisante et très agréable. De quoi passer un bon petit moment avec son ou ses enfants.

Note : 9/10

Arlo, le Lion Qui N’Arrivait Pas à Dormir de Catherine Rayner – 24 juin 2020

Arlo est un lion très fatigué. Il a tout essayé mais, rien à faire : il n’arrive PAS à dormir. Qui pourra l’aider à trouver le sommeil ?

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Chronique : C’est l’histoire parfaite pour s’endormir. Elle est d’une beauté à couper le souffle, les mots sont patients et calmes, et le refrain est une merveilleuse méditation consciente que toute personne ayant du mal à dormir peut utiliser. C’est l’histoire d’un lion qui a du mal à dormir. Il rencontre une chouette qui, étant experte en sommeil quand tout le monde est bruyant et que le soleil brille, lui apprend son secret. Catherine Rayner est depuis longtemps l’une de mes auteures/illustratrices de livres pour enfants préférées. Ses livres sont toujours étonnants, gracieux et pleins de cœur. Ils laissent le lecteur satisfait, qu’il soit plongé dans son doux humour ou, avec des livres comme celui-ci, dans son calme au moment du coucher. ARLO est un délice et un merveilleux ajout à son catalogue de livres

Note: 9,5/10

Broché : 40 pages ISBN-13 : 978-2378880163 ISBN-10 : 2378880162

Le destin de Fausto : Une fable en images de Oliver Jeffers – 4 mars 2020

Il était une fois un homme qui croyait que tout lui appartenait. Il décida d’aller faire l’inventaire de ce qui était à lui.

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Chronique : Il me semble que c’est l’un des livres pour enfants les plus audacieux, qui m’a semblé bien plus puissant que j’ai lu. En adoptant un ton totalement différent, plus sombre et menaçant, j’ai senti un changement dans la réflexion de Jeffers sur le monde, la puissance de son récit et peut-être un sentiment qu’il espérait susciter une réponse différente chez ses lecteurs.
Le Destin de Fausto est une sorte de fable, qui raconte l’histoire d’un homme fou de cupidité et dépassé par une perception exagérée de son propre pouvoir. Croyant que le monde lui appartient, Fausto se met en route pour regarder ses biens et leur rappeler qu’ils lui appartiennent. Malheureusement pour Fausto, la nature n’est pas toujours soumise.
La façon dont Jeffers a utilisé la taille dans ses illustrations pour amplifier le sentiment d’importance et de supériorité de Fausto par rapport à la nature était si intelligente. Il m’a semblé que le lecteur avait la possibilité d’observer comment Fausto se percevait, tout en regardant Fausto du point de vue de la nature qui l’entourait. Il y a tant de contrastes réfléchis à chaque page tournée ; un bel exemple, notamment la mer qui est représentée comme un petit gribouillis lorsque Fausto affirme son pouvoir, et qui se transforme progressivement en une page entière de saignée lorsqu’elle refuse de céder. Vraiment puissant pour démontrer l’insignifiance de l’homme, qui devient un point minuscule contre la puissance de la nature. Le choix de Jeffers d’utiliser la lithographie, une technique traditionnelle longue et impitoyable, difficile à contrôler, m’a beaucoup intéressé. Quel choix approprié compte tenu des thèmes de ce texte, et qui a produit des images extrêmement frappantes et provocantes.
Le narration de Jeffers m’a vraiment intrigué, surtout lorsqu’il s’agit de savoir qui raconte ce récit. Ces mots sont-ils prononcés par la nature, envoyés pour nous avertir, ou s’agit-il d’un récit de mise en garde répété à travers les générations ? Jeffers s’éloigne de la typographie manuscrite qu’il utilise habituellement dans ses histoires, remplacée par une police de caractères assez dure. Pour moi, cela a renforcé le sentiment que ce récit était un conte séculaire, et a également créé une atmosphère impersonnelle nécessaire, en accord avec la nature de l’histoire de Jeffers.
C’est un livre fantastique qui laisse une grande place à la réflexion et à l’interprétation. J’espère que Jeffers continuera dans cette direction.

Note : 10/10

Relié : 96 pages ISBN-10 : 2378880073 ISBN-13 : 978-2378880071

Le Petit Voleur d’ombres – Tome 1& 2 Broché de Marc Levy & Fred Bernard

Après avoir déménagé, notre héros fait sa rentrée dans une nouvelle école.
L’année s’annonce difficile, il n’a aucun ami avec qui partager ses journées. Et comme si cela ne suffisait pas, la terreur de la classe a décidé de s’en prendre à lui.

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Chronique : Après la version pour adulte le voleur d’ombres, l’écrivain français le plus lu dans le monde s’est lancé dans l’écriture pour enfants.

On y retrouvera donc 3 personnages principaux, la mère, notre héros et son meilleur ami.

Un livre pour les enfants de plus de 8 ans, qui loin des thèmes habituels que l’on retrouve pour ces enfants de cet âge, nous emmène dans un univers plus actuel et concret à travers des faits sociétaux et où règne l’imaginaire :

La séparation de ses parents (« j’allais utiliser ce pouvoir pour guérir le malheur des autres et par la même occasion oublier tous les miens. Quand j’aurai accompli tout cela mon père serait si fier de moi qu’il rentrerait à la maison, c’était mathématique »). L’ombre du père plane bien qu’il soit absent. Absent aussi le prénom du héros. Quand l’adulte rencontre l’imaginaire de l’enfant qu’il était et vice versa…
Sauter une classe, changer d’école, faire face à l’adversité d’un plus grand le fameux Marquès.
Le déménagement, la rentrée des classes, un nouvel établissement, seul et se faire des amis etc.

Le fil conducteur sera l’imaginaire. Rien n’est impossible dans les yeux d’un enfant, dans l’imaginaire de celui-ci. Ce que l’homme a imaginé il l’a accompli. C’est un livre aussi qui traite de la résilience. Comme toujours chez Levy, bien que le livre se lit facilement, on pressent un vrai travail d’écriture avec un choix des mots très précis et bien pensé. C’est une écriture hypnotique qui fait la part belle à notre imagination. Je défis à quiconque d’essayer !

Les illustrations sont agréables, l’histoire du « vol d’ombre » est prétexte à explorer la conscience de soi, l’empathie, se mettre à la place des autres, pour avoir une meilleure confiance en soi, et voir que ceux que l’on considère comme des êtres plutôt difficiles sont souvent victimes de situations qui les rendent comme cela.
Le petit héro de cette histoire n’a pas vraiment volé l’ombre de son camarade, c’est elle qui est venue d’elle même, elle a forcé l’échange.
Cela entraîne une suite d’événements inhabituels, plus d’assurance de la part de notre petit héros, rêve révélateur.

Note : 9,5/10

La Fiancée – Tome 1 de Kiera CASS – 11 juin 2020

Hollis Brite a grandi à la cour de Coroa, rêvant – sans trop y croire – d’attirer l’oeil du jeune et beau roi Jameson, connu pour ses multiples conquêtes. Un jour, pourtant, c’est elle qui lui fait tourner la tête…
Mais, alors que Jameson est sur le point d’annoncer leurs noces prochaines, l’arrivée d’un jeune noble en provenance d’un royaume voisin va changer la donne : attentionné et perspicace, il semble comprendre Hollis mieux que quiconque auparavant.

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Chronique : Avec sa série Sélection, Kiera Cass a façonné ma jeunesse comme presque aucun autre auteur. J’ai dévoré les livres à l’époque, je me suis plongé dans le monde, je suis tombé amoureux des personnages et j’ai versé des larmes à plusieurs reprises. Kiera Cass enchante les lecteurs avec ses mots et les emmène dans un voyage magique. Et même des années plus tard, je porte toujours cette série de livres dans mon cœur. C’est pourquoi j’ai plus que flippé quand j’ai réalisé qu’un de mes auteurs préférés lançait une nouvelle série.

Et aussi avec « La fiancée », Kierra Cass a réussi à m’enchanter à nouveau. J’étais dans une montagne russe d’émotions, je ne savais souvent pas où l’histoire allait me mener et j’étais fiévreuse avec Hollis tout le temps, espérant que son cœur prendrait la bonne décision et que son avenir ne se transformerait pas en pire. Mais bien sûr, j’étais sceptique au début du livre. Je pense que c’est ce qui arrive à tout le monde quand on lit un grand livre ou, dans ce cas, une série de livres d’un auteur et qu’on se plonge maintenant dans un nouveau projet complètement détaché de celui-ci. Mais ce scepticisme pourrait rapidement se transformer en enthousiasme.

Oui, ce livre n’est pas Sélection. Il ne pourra probablement pas atteindre ce point avec le deuxième volume, même s’il est considéré comme un ouvrage complet. Mais j’étais ouvert à quelque chose de nouveau et j’avais hâte de plonger dans un nouveau royaume, avec de nouveaux personnages et une histoire différente.

Tout d’abord, je dois faire l’éloge de la couverture une fois. Non seulement il se distingue par ses détails dorés, mais il est tout simplement magnifique tout autour. Un véritable accroche-regard sur l’étagère et certainement des mondes meilleurs que son homologue anglais. Le style d’écriture de Kiera Cass m’a de nouveau enchanté et, comme pour ses autres livres, il était très facile à lire. Comme le roman a été écrit à la première personne du point de vue de Holli, j’ai pu me mettre à sa place et suivre ses pensées et ses sentiments.

J’ai inhalé ce livre en quelques heures et je n’ai pas pu m’arrêter. Je voulais tellement savoir comment ça allait se passer et ce qu’est le mystérieux Silas, qui est en train de bouleverser le monde de Hollis, même si elle a déjà planifié sa vie à l’avance et aime vraiment le roi Jameson. Le roman parle vraiment d’un triangle atypique, je peux donc rassurer tous ceux qui ont peur que la « Sélection » soit répétée. J’ai aussi aimé Silas et Jameson et je pense que c’est génial que Kiera Cass ait réussi à créer des personnages vraiment sympathiques, à l’exception de l’antagoniste. A l’exception de Delia Grace, la meilleure amie du protagoniste – je l’ai trouvée extrêmement ennuyeuse dès le début et malheureusement cela n’a pas changé jusqu’à la fin.

Au cours du livre, il se passe des choses que je ne pensais pas possibles de cette façon – surtout pas pour le 1er volume d’une dilogie. Bien sûr, je m’attendais à ce que certains complots se produisent, mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils se produisent si tôt, alors maintenant ça me chatouille vraiment de savoir comment ça va se passer. Je n’arrivais pas à croire ce qui se passait à la fin et j’ai besoin d’urgence d’une explication. Malheureusement, je dois être patient pendant un an, mais pour une telle histoire de coeur, j’aime faire cela. Enfin, je voudrais critiquer une petite question secondaire. Le livre traite beaucoup de la politique de deux royaumes et il m’a fallu beaucoup de temps pour en avoir un très bon aperçu. J’aurais donc aimé avoir une carte imprimée dans le livre, afin de pouvoir imaginer le monde visuellement un peu mieux. Mais néanmoins c’est un livre incroyablement bon qui donne envie d’en savoir plus ! L’histoire m’a captivé et j’ai pu m’y perdre complètement. J’attends avec impatience le deuxième volume et je suis curieux de voir comment Kiera Cass va mener la série à son terme !

Note : 9/10

Broché : 360 pages ISBN-10 : 2221140737 ISBN-13 : 978-2221140734

Là où se trouve le cœur de Sara LÖVESTAM – 2 juillet 2020

Une chambre en colocation, un permis de résidence et un job dans une bibliothèque : les années de galère de Kouplan sont définitivement derrière lui ! Toutefois, il y a une chose qu’il ne parvient pas à se sortir de la tête : qu’est-il arrivé à son frère, arrêté en Iran il y a huit ans ? En se lançant à sa recherche, il croise la route de neuf immigrés illégaux qui, comme lui auparavant, font la plonge ou le ménage pour quelques couronnes de l’heure. L’un des leurs est mort, mais personne ne peut dénoncer les coupables à la police, de peur d’être expulsé…

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Chronique : Là où se trouve le cœur est le quatrième et dernier livre de la série sur Kouplan de Sara Lövestam. Je recommande vivement la série, qui doit absolument être lue depuis le début.

Les livres sur Kouplan sont vraiment une série de livres différente. C’est en quelque sorte une sorte de roman policier. Mais c’est au moins autant un drame.

La série de livres est bien écrite, facile à lire, passionnante et captivante. Il y a beaucoup de cœur et de profondeur dans les livres. Et il s’agit en grande partie de problèmes de société et de personnes vulnérables.

Le quatrième livre fait le lien et met en évidence les thèmes qui existent depuis le début. Un peu pour que cela devienne en fait moins un roman policier, un peu moins un roman aussi, plus un article dans le débat sur l’asile. Comprenez-moi mal; Je suis vraiment désolé pour tous ces sans-papiers; exploité; En fuite. Mais je me suis probablement senti plus désolé lorsque les problèmes ont formé le fond des cas imaginatifs du détective privé de Lövestam est tombé. C’est la même chose avec le problème trans, mais cela fonctionne toujours dans cette dernière partie de la série – il est tissé dans le reste de l’histoire, un peu plus facile – et donc avec plus de poids. Cela me semble instinctivement faux de parler de sujets aussi difficiles que Sara choisit – mais j’ai apprécié les livres quand ils ont diverti davantage. Celui-ci devient un peu plus rigide, un peu plus lent.
Mais … peu importe quand la fin est si belle et que l’espoir prend enfin le dessus. Vous qui n’avez pas écouté mes appels auparavant; lisez cette série maintenant alors!

Note : 9/10

Broché : 360 pages ISBN-10 : 2221220722 ISBN-13 : 978-2221220726

Les Roches rouges de Olivier ADAM | 4 juin 2020

J’ai tout juste dix-huit ans. Je vis chez mes parents. Je vais plus au lycée et j’ai pas de boulot. Je picole trop et je me bourre de médocs. Comment peut-elle croire que je suis capable de la protéger, de lui offrir quoi que ce soit de plus ou de mieux que son mec ?
Depuis qu’on roule elle m’a pas posé la moindre question. Elle m’a même pas demandé où on allait exactement. Je lui ai juste dit que je connaissais un endroit où on serait pénards. Et ça a semblé lui suffire…

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Chronique : Ce livre traite de nombreux sujets tous plus sensibles les uns que les autres (violences conjugales, harcèlement sexuel, viol, perte d’un être cher, proxénétisme) et contient quelques passages violents qui peuvent réellement heurter la sensibilité d’un lecteur non averti. Alors si vous avez l’intention de lire ce livre, ne minimisez pas les revues qui le décrivent comme brutal et réfléchissez à votre capacité (ou incapacité) de lire un livre de ce genre.

Le « point négatif » le plus pointé du doigt est la violence présente tout au long du roman. Et en effet, c’est un fait indéniable. Néanmoins, je ne pense pas que le coupable de cette violence soit l’auteur ou sa façon d’écrire. Cette brutalité vient directement des faits RÉELS. Je pense que nous sommes tous habitués à entendre parler de ce genre de sujets à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Mais cette fois-ci, on ne se contente pas d’écouter d’une oreille les informations télévisées, entre deux sujets tous plus bateaux les uns que les autres. Les faits s’IMPOSENT à nous. Ils reviennent. Ils sont récurrents de telle sorte à ce qu’on ne les oublie pas. Qu’on ne les ignore pas. Certes, il s’agit de mots. Mais ces mots créent des images, des sons, des ressentis que l’on ne trouve pas dans un article de presse. Et voilà ce qui dérange. L’incapacité de nier les faits. De déclarer que ça n’existe pas.
Nous avons conscience qu’il s’agit de personnages fictifs, mais leur histoire est si réelle, n’est-ce pas ? Et voilà ce qui fait peur, ce qui choque. L’idée même de se mettre à la place d’une victime, et de ne plus la voir dans un reportage à la troisième personne.
Je me suis sincèrement attachée aux personnages que j’aurais aimé pouvoir soutenir et épauler tout au long du roman. Ils ne connaissent pas d’avant/après flamboyant comme dans la grande majorité des romans, nous laissant avec ce petit goût d’inachevé et de frustration. Mais n’est-ce pas ainsi que l’on fonctionne ?

Ce livre ne fait que 219 pages (relativement court), ce qui accentue l’enchaînement constant des événements qui ne nous laisse aucun répit. Les quelques descriptions sont sous forme d’énumérations pour ne pas durer trop longtemps et ne pas empiéter sur le déroulement de l’histoire. Le rythme saccadé maintenu par les narrateurs rend la lecture fluide et rapide.

Les roches rouges est pour moi un réel coup de cœur car il s’agit d’un livre qui m’a marquée et que je suis certaine de ne pas oublier de sitôt. Je le recommande vivement à tous ceux qui se sentent capables d’en assurer la lecture !

Note : 9,5/10

Chronique : Audrey

Broché : 240 pages ISBN-10 : 2221247140 ISBN-13 : 978-2221247143

La Seconde épouse de Rebecca FLEET – 28 mai 2020

Quand Alex a rencontré Natalie, celle-ci a changé sa vie. Après la mort tragique de sa première femme, avec qui il a eu une fille, Jade, à présent adolescente, il est déterminé à former de nouveau une famille unie.

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Chronique :Natalie est la deuxième femme d’Alex Carmichael, il a une fille Jade de son premier mariage avec Heather qui est morte d’un cancer. Alors qu’il travaille tard, un grave incendie se déclare chez eux. Natalie s’échappe alors que Jade est coincée à l’intérieur. Elle est secourue par les pompiers et bien que Jade soit blessée, il semble qu’elle va se rétablir. À partir de ce moment, les roues commencent à s’arrêter de tourner toute leur vie et Alex découvre que rien n’est ce qu’il semble être. L’histoire est racontée sous plusieurs angles, dont celui de Natalie et d’Alex, et s’étend sur deux périodes, 1999 et 2017.

Au début du livre, je ne peux pas dire que j’étais très engagé dans le récit car je pense que l’écriture n’est pas terriblement convaincante à ce stade, mais ensuite, quelque chose semble se mettre en place et tout commence à s’assembler et à partir de là, c’est saisissant et difficile à mettre en place. C’est presque comme si l’auteur connaissait maintenant sa direction et s’attachait au thème – pardonnez le jeu de mots. L’intrigue est bonne, les personnages, même s’ils ne sont pas très sympathiques, sont bien représentés et très faciles à imaginer. Aucun d’entre eux, même Alex, n’est tout à fait celui qu’il prétend être, car ils portent tous un mince placage ou un déguisement complet, voire un remodelage majeur. C’est ce qui rend le roman très intéressant. Il y a des moments de tension et parfois il fait sombre et un personnage, Kaspar Kashani, est perturbé et inquiétant. Il y a beaucoup de rebondissements et de surprises, quelques événements troublants, des menaces et la fin est inattendue

Quand le livre a commencé à me faire un flash-back, j’ai commencé à m’énerver parce que je voulais savoir ce qui allait se passer dans le présent. Mais comme dans toutes les bonnes histoires, le lecteur doit être patient car le passé est important pour le récit. Je n’aimais pas non plus le passé, car la lecture était très effrayante.
Au tiers du livre, l’intrigue a pris une telle tournure que je n’ai eu qu’à lire le reste du livre en une seule fois. Le livre a pris tant de tournures et de rebondissements que des questions ont surgi dans ma tête, ce qui a conduit à d’autres questions. C’est alors que j’ai commencé à réaliser à quel point l’auteur avait été intelligent dans la façon dont il avait présenté l’intrigue du livre.
La dernière partie du livre, mon cœur battait la chamade – qu’allait-il se passer ? Je vous laisse le découvrir – pas de spoilers. Une lecture vraiment géniale et quelque chose d’un peu différent des autres thrillers

Note : 9/10

  • Broché : 360 pages
  • ISBN-10 : 2221216253
  • ISBN-13 : 978-2221216255