Les Black Eyed Peas de retour avec « Translation »

Avec chaque mouvement culturel réussi, vous avez forcément des cavaliers en marche. Comme une pluralité de reggaetoneros, traperos et chanteurs pop de toute l’Amérique latine jouissent d’un succès mondial sans précédent, bien que tardif, des touristes comme DJ Khaled, DJ Snake et Tyga ont inévitablement glommé sur leur son, avec des degrés de succès variables.

haricots à oeil noir

Aucune de ces tentatives ne s’est sentie aussi désespérément opportuniste et peu profonde sur le plan sonore que celle des Black Eyed Peas, qui ont lutté pour conserver un semblant de leur ancienne omniprésence culturelle dans les années qui ont suivi le départ de Fergie. Le single de retour de l’équipage reconstitué, «Ritmo», a sollicité les services du J Balvin débordé au sommet d’une confluence commode de facteurs à amorçage viral. La gratification instantanée du pillage d’Eurodance de Corona dans les années 1990 a frappé « Rhythm Of The Night » à l’apogée précise de son moment de meme drôle avec l’appât croisé d’un lien de suite de blockbuster hollywoodien s’est avéré irrésistible pour les programmeurs de radio et les playlisteurs de streaming, envoyant la piste à le haut des graphiques latins de Billboard pour la majeure partie de 2020 jusqu’à présent.

Si les Black Eyed Peas avaient limité leur exposition à «Ritmo» seul, la nouveauté aurait pu prendre plus de temps à se dissiper. Au lieu de cela, la traduction souvent maladroite double pour une pleine longueur qui méritait au mieux un traitement EP. Se trompant de formule, ils recrutent Nicky Jam pour rapper sur l’interpolation au micro-ondes de MC Hammer « Vida Loca » et contraignent Maluma à chanter pour un classique malformé de Lisa Lisa et Cult Jam rebaptisé « Feel The Beat ». Ces versets sans charme sont encore entachés par les vers Spanglish paresseusement offensifs du trio de base. Même le membre de longue date Taboo, dont l’héritage mexicain donne une crédibilité nominale à cet effort pan-latin, manque tragiquement la marque avec des paroles hackneyed et des crochets ad libbed comme Let’s party comme nous manquons de tiempo .

Pourtant, la traduction a ses charmes improbables. La constante et avisée Becky G fait la bilinguisme mieux que la plupart des deux côtés de la fracture latine, comme en témoigne son crochet simple mais solide pour « Duro Hard ». Comme à son habitude, la sensation dominicaine de dembow El Alfa apporte son énergie de superstar au «No Mañana» relativement restreint. Remplaçant d’Ostensiblement Fergie, J. Rey Soul apporte un talent de calibre vocal plus élevé à une poignée de ces coupes, sa présence complémentaire aux côtés d’Ozuna sur « Mamacita » en particulier faisant un contrôle des dégâts si nécessaire au nom d’un groupe si clairement hors de son élément.

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Balle perdue sur Netflix : c’est quoi ce Fast & Furious made in France avec Alban Lenoir et Nicolas Duvauchelle ?

Petit génie de la mécanique, Lino est réputé pour ses voitures-bélier. Jusqu’au jour où il se fait arrêter pour un braquage qui tourne mal. Repéré par le chef d’une unité de flics de choc, il se voit proposer un marché pour éviter la prison. 9 mois plus tard, Lino a largement fait ses preuves. Mais soudain accusé à tort de meurtre, il n’a d’autre choix que de retrouver l’unique preuve de son innocence : la balle du crime, coincée dans une voiture disparue.

UN FAST & FURIOUS MADE IN FRANCE, SANS LA SURENCHERE

Après les très efficaces La Terre et le sang et Tyler Rake, respectivement emmenés par Sami Bouajila et Chris Hemsworth, voici un nouveau film d’action qui arrive sur Netflix. Premier long métrage de Guillaume Pierret (après un court métrage et plusieurs épisodes de l’émission Le Golden Show), Balle perdue est dès aujourd’hui disponible sur la plateforme.

Le réalisateur a voulu que les scènes d’action du film soient les plus réalistes possible, notamment en ce qui concerne les courses-poursuites et les combats à mains nues. Il a ainsi choisi d’avoir recours, à la manière de Jack Reacher (avec Tom Cruise) qu’il revendique comme référence, à des plans assez longs (et non une caméra à l’épaule façon Jason Bourne).

Balle perdue possède son lot de séquences mémorables. Parmi elles : une bagarre collective dans un commissariat, un duel acharné dans une maison et bien sûr la course-poursuite finale ! Mais l’action n’est pas son seul point fort : d’ailleurs, le film (se déroulant à Sète et ses environs, près de Montpellier) tient autant d’un Fast & Furious français que du western moderne.

Le scénario, habile et imprévisible, parvient à maintenir le suspense pendant toute la durée du long métrage (1 heure 30). Et si vous pensez être en terrain connu, détrompez-vous : aucun personnage n’est à l’abri

Côté casting, le très athlétique Alban Lenoir (également crédité en tant que collaborateur artistique compte tenu de son investissement) incarne ce héros adepte des voitures pris malgré lui dans une spirale de violence. Face à lui, nous retrouvons Nicolas Duvauchelle et Stefi Celma, mais aussi Ramzy Bedia en contre-emploi via ce personnage de policier sympathique !

A noter aussi la présence de Rod Paradot, révélation de La Tête haute, qui joue le frère de Lino, et de Sébastien Lalanne, un habitué de l’action comme ses prestations dans Antigang et L’Intervention (aux côtés de Lenoir) l’ont prouvé.

Hamilton (Disney+) : comment la comédie musicale inspire les manifestants du mouvement Black Lives Matter

Acclamée par les amateurs du genre, la critique, ainsi que le président Obama, la comédie musicale Hamilton bat des records depuis ses débuts en août 2015. Devenue un réel phénomène culturel aux États-Unis, la comédie musicale se félicite sur son site officiel d’avoir eu “un profond impact dans les domaines de la culture, de la politique et de l’éducation”. Une affirmation qui semble aujourd’hui se confirmer à l’approche de la sortie de la captation en vidéo d’Hamilton sur la plateforme Disney+ le 3 juillet prochain.

Rusty puppy de Joe R. Lansdale, osez monter sur le ring

Si vous êtes amateurs de la langue anglaise vous savez que rusty puppy se traduit par chiot rouillé. Quel titre étrange pour un polar mettant en scène deux détectives privés dans un texas qui étouffe sous la poussière et les tensions raciales. Un titre qui interpelle et qui finira par avoir une explication et croyez-moi les seuls chiots dont vous allez entendre parler dans ce récit sont purement fictifs car seules les molosses les plus hargneux parcours les rues de Camp rapture.

ROUND D’OBSERVATION

Les intrigues de Lansdale ne sont pas d’une surprise renversante, on peut même dire que dans cette dernière enquête de Collins et Hap en date l’intrigue est un peu cousue de fil blanc. Elle se laisse suivre avec plaisir mais elle ne va pas vous retourner le cerveau et vous faire confondre le nord et le sud.

L’atmosphère n’est pas non plus la plus étudiée que j’ai eu l’occasion de goûter. La faute est un manque d’approfondissements dans le background de la ville et du texas en général. La ségrégation et les tensions raciales sont bien présentes mais le contexte n’est pas détaillé, ça manque de corps. Et oui vous avez bien lu j’ai parlé de ségrégation, si elle n’est plus institutionnalisée à travers un ensemble de lois immondes elle est pourtant toujours présente dans les faits. C’est toujours étrange pour un Français comme moi qui a l’habitude d’une certaine mixité sociale mais le quadrillage des quartiers selon la couleur de peau est une réalité aux U.S.A, il suffit de voir le chapitre relatant l’arrivée de Hap dans la cité ghetto de camp rapture pour se rendre compte comment cette séparation des quartiers et des races est culturelle dans ce pays. C’est peut-être juste un détail mais moi ça me sidère.

QUE LE COMBAT COMMENCE

Pour en revenir à nos molosses si l’intrigue n’est pas la plus surprenante ni l’atmosphère la plus dense, qu’est-ce qui fait la force de ce récit ? Deux choses, les personnages et les dialogues. Les personnages principaux sont immédiatement attachants, leur duo fonctionne à merveille et les voir échanger punchlines après punchlines est un délice. Les dialogues sont de pures morceaux de bravoure me faisant parfois penser aux dialogues qu’affectionne Quentin Tarantino dans ses films, en plus concis évidemment.

Des dialogues qui s’apparentent à match de boxe où toutes les règles sont abolies. Toute l’intrigue est construite de cette manière, uppercut, contre, direct du droit, l’auteur ne vous laissera pas souffler avant la dernière page et un final à la hauteur de son talent de boxeur narratif.

Les pages de ce polar sont un ring dans lequel l’auteur n’a pas fini nous faire danser. Voilà pourquoi Joe R. Lansdale est un grand nom du polar malgré ce que ces intrigues pourraient nous laisser penser de prime abord.

Résumé: Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

304 pages, 155 x 225 mm

ISBN : 9782207139592 / Gencode : 9782207139592
Code distributeur : B26825

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs

Pays : États-unis

Collection Sueurs Froides
Parution : 24-10-2019

YOUNG DONALD – Grosses galères Tome 1 – Les mésaventures d’un jeune canard – Disney de Christophe Rosson | 10 juin 2020

Un format optimisé entre le roman et le comics, pour séduire les jeunes lecteurs autonomes.
Une lecture plaisir grâce à un graphisme attractif et une histoire inédite autour d’un personnage fort.
Des préoccupations proches de celles des 8-12 ans : école, famille, copains, sport et petits tracas du quotidien.

Achat : https://amzn.to/314L7DO

Chronique : Attention ce livre et vraiment destiné au enfants qui veulent lire et on du mal, ou ceux qui aime Donald donc si on accepte ce postulat de base , le livre mêle récit et bd et l’auteur fait du bon travail. C’est une aventure qui rappellent beaucoup les bandes dessinées d’aventure de Barks (avec une touche moderne, bien sûr). Il s’agit d’un récit amusant et pour les enfants je précise et bien qu’il se déroule dans l’univers de Donald, il n’est pas nécessairement lié à lui, vous pouvez donc lire ceci sans une connaissance en profondeur de son personnage. Le récit regorgent de petits jeux de mots subtil et bien placé . Il y a aussi une bonne idée de la façon dont ces personnages sont réinterprétés Mickey, Minnie,Dingo et même Emile montrant des personnalités plus clairement définies qu’auparavant. L’équipe artistique réussit également à capturer l’esthétique et relativement stylisée du dessin et à injecter beaucoup d’énergie loufoque à lire pour le plus grand plaisir.

Note : 9/10

Extrait :

 

  • Broché : 224 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 ans
  • Editeur : Hachette Jeunesse Collection Disney (10 juin 2020)
  • Collection : HJD ALBUMS DIV.
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2017116912

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Mort de Joel Schumacher, le réalisateur de Batman & Robin et Chute libre

Il avait réalisé des thrillers de belle tenue (Chute libre, Phone Game), mais aussi deux médiocres Batman (Batman Forever, Batman & Robin), le cinéaste Joel Schumacher est décédé ce lundi 22 juin 2020, à l’âge de 80 ans.

Le réalisateur Joel Schumacher, connu pour avoir signé deux Batman de triste mémoire mais aussi des polars électriques (Chute libre, Phone Game), est décédé ce lundi 22 juin 2020, des conséquences d’un cancer. Il avait 80 ans.

Etudes artistiques

Joel Schumacher suit des études artistiques à New York. Un diplôme de styliste en poche, il fait son entrée dans le monde de la télévision et du cinéma de manière flatteuse puisqu’il réalise des design de costumes pour des films d’Herbert Ross et de Woody Allen notamment.

L’Expérience interdite et Julia Roberts

En 1981, Joel Schumacher réalise son premier long métrage, La Femme qui rétrécit, un hommage à Jack Arnold. Son premier succès public date quant à lui de 1985 avec la comédie St. Elmor’s Fire, dans laquelle évolue Demi Moore et Rob Lowe. En 1987, il signe le film fantastique Génération perdue, libre adaptation des thèmes vampiriques, qui marque sa première collaboration avec Kiefer Sutherland qu’il retrouvera à quatre reprises dans la suite de sa carrière et notamment en 1991, avec L’ Expérience interdite, film avec lequel le cinéaste fait son entrée dans la cour des grands en dirigeant Julia Roberts.

Batman x2

A la demande personnelle de Michael Douglas, il réalise Chute libre deux ans plus tard. En 1995, Joel Schumacher succède à Tim Burton pour mettre en scène Batman Forever. Succès oblige, il renouvelle l’expérience avec Batman & Robin, épisode le plus décrié par les fans, en 1997. Parallèlement à ces grosses productions, il réalise deux thrillers adaptés de romans de John Grisham : Le Client (1994) et Le Droit de tuer ? (1996), film qui starifie Matthew McConaughey. A la même époque, il réalise des clips musicaux, notamment pour les groupes INXS et The Samshing Pumpkins.

Les années Colin Farrell

En 1999, Joel Schumacher réalise un film sur les snuff movies, 8mm huit millimètres, puis change radicalement de registre avec la comédie loufoque Personne n’est parfait(e) (2000), qui met en scène Robert De Niro et Philip Seymour Hoffman. Il reste dans le registre de la comédie, mais d’action cette fois, pour Bad company (2002), film porté par Chris Rock et Anthony Hopkins. Avec Tigerland, en 2001, il change à nouveau de genre en signant un film de guerre âpre et réaliste qui révèle le jeune Colin Farrell qu’il retrouve dans le thriller urbain Phone game (2003), puis dans Veronica Guerin (id.), film qui s’attache au destin tragique de la journaliste irlandaise du même nom.

Epouvante

Deux ans plus tard, Joel Schumacher s’attaque au mythe du Fantôme de l’Opéra, cinquième adaptation du roman de Gaston Leroux au cinéma, avant de retrouver Jim Carrey, douze ans après Batman Forever, pour les besoins du thriller Nombre 23 (2007). En 2010, le metteur en scène retourne à un genre cinématographique qui lui est familier, le drame urbain, avec Twelve, racontant l’histoire d’un jeune dealer des classes aisées de New York. Malheureusement, tous ces films sont des échecs tant commerciaux que critiques, témoignant d’une constante profondément ancrée dans la filmographie du metteur en scène, confirmée en 2012 par le flop d’Effraction, retiré des salles obscures en quelques jours seulement.

The Great (Starzplay) : une farce politique savoureuse

Elle Fanning est Catherine II dans la nouvelle série du scénariste de “La Favorite”.

Le Pitch

La relation amoureuse tumultueuse entre Catherine II et le tsar Peter de Holstein-Gottorp qui se marient alors que la jeune fille n’a que 16 ans… La série se concentre sur le complot de Catherine pour assassiner son mari et prendre le trône de Russie.

  • Plateforme : Starzplay
  • Format : 10 épisodes de 49 à 55 minutes
  • Durée totale de visionnage : 8 heures 40 minutes

La critique

Suite au succès du film La Favorite et de sa nomination aux Oscars, le scénariste australien Tony McNamara a profité de sa récente notoriété outre-Atlantique pour adapter sa propre pièce sur la vie de Catherine The Great, impératrice de Russie. Si la série prend la forme de drame historique, il ne faut pas s’attendre ici à une quelconque velléité d’authenticité : The Geat altère les faits à sa guise pour en proposer en relecture satirique et parfois grotesque. Les personnages jurent toutes les deux répliques dans des situations à l’humour noir omniprésent et à la limite de l’anachronisme.

On se prête à rire face à des dialogues incisifs et mordant qui bénéficient de l’écriture théâtrale du matériel d’origine. Les amateurs de bons mots et de rhétorique dévastatrice seront ravis. Surtout avec un casting aussi convaincant : Nicholas Hoult est parfait en figure de proue de l’amoralité politique, même si l’irrévérence de son personnage semble parfois forcée. Il montre en tout cas tous ces talents en incarnant un dirigeant détestable et pourtant touchant à plusieurs égards. Elle Fanning en Catherine joue parfaitement le registre de l’idéaliste face à la dure réalité de la vie, alors que son personnage se verra transformé par la relation toxique d’un mari abject et dangereux. Les deux acteurs semblent s’amuser comme des petits fous.

Au-delà du côté satirique, la série sait se renouveler en se focalisant sur son intrigue : le complot de Catherine pour détrôner son propre mari. Il faut dire qu’elle réussit brillamment ses changements de tonalité quand elle passe parfois brutalement dans le registre du drame historique. Malgré quelques soucis de rythme, The Great évite les écueils du « Film de 10 heures » pour proposer une véritable sérialité dans sa narration. Chaque épisode permet d’aborder une partie de tout ce petit monde : la Cour, l’adultère, la diplomatie ou encore la famille. On découvre avec Catherine les hauts et (surtout) les bas d’une société dépravée bien plus soucieuse sur la qualité de sa vodka que du bien être de son peuple.

Si The Great ne fait pas toujours mouche dans son irrévérence, la série nous offre de francs moments de rire et des performances d’acteurs absolument réjouissantes. Ajoutez à ça une réalisation léchée et des dialogues ultra efficaces, on n’est pas si loin du Great. Si Hulu décide de renouveler la série pour plusieurs saisons, comme prévu par les producteurs, alors la plateforme tient là sa réponse décalée à The Crown.

Les 10 épisodes de The Great sont disponibles sur la plateforme Starzplay

La théorie des poignées de main de Fabienne Betting, études scientifiques et aventure humaine

Résumé: Antoine Cavallero, doctorant en statistiques, a pris pour sujet de sa thèse l’idée selon laquelle tout individu peut être relié à n’importe quel autre via six degrés de séparation maximum. Lors d’un colloque, un éminent professeur, irrité par son arrogance, l’invite à mettre sa théorie en pratique. Piqué au vif, l’étudiant accepte et se lance dans un tour du monde pour vérifier ce postulat.

Chronique : La première fois que j’ai entendue parler de la fameuse théorie des six degrés de séparation, il ya plusieurs années, j’ai ressenti une sensation de vertige. Imaginez un peu si cette théorie s’avérait vraie chacun d’entre nous se retrouverait liée d’une manière ou d’une autre à chaque habitant de la planète, voilà une idée qui avait le don de me faire tourner la tête car cela me faisait prendre conscience de l’immensité de notre monde et en même temps de son côté minuscule. Avec ce roman Fabienne Betting se propose de mettre en pratique cette théorie en la mettant à l’épreuve du chaos engendré par l’homme et son égoïsme.

Les personnages décrits dans ce récit ne sont pas les plus transcendants que vous aurez l’occasion de lire, ils peuvent même paraître assez banals mais c’est sans doute voulu par l’auteure car cette aventure humaine se doit d’avoir un visage auquel on peut s’identifier facilement. Le propos de l’auteure est ailleurs. Il s’agit de mettre en valeur le travail scientifique face aux réalités du terrain.

En effet le défi auquel doit se confronter Antoine, le personnage principal, est de taille. La théorie est mis à mal par la tragédie que tous les peuples ont connu au cours de leur histoire, la guerre. La guerre ainsi que le chaos et la destruction qu’elle engendre rendent quasi impossible d’étayer cette chaîne universelle si prometteuse. Cette quête déterminée nous offre les meilleurs passages du livre, le voyage entrepris par Antoine se révélera être une aventure humaine qui lui fera tisser encore plus de liens que ne pourrait le faire aucune théorie.

L’autre obstacle qui se dressera face à notre jeune chercheur est plus basique mais tout aussi universel. Il s’agit de la nature humaine et son égocentrisme tout simplement. L’auteure tente de retranscrire la frénésie qui s’empare des internautes dès qu’un sujet devient viral mais son traitement reste malheureusement superficiel et un peu trop scolaire. Le récit manque de chaleur dans son ensemble. En l’occurrence un personnage secondaire aurait mérité d’être développé plus profondément. La mesquinerie humaine, virtuelle ou bien réelle, peuvent donner du corps à un récit sous une plume plus acérée.

L’ouvrage reste une lecture plaisante mais les lecteurs habitués aux fresques plus dense, prenant place à travers le monde entier, risquent de rester sur leur faim. L’auteure à fait le choix d’un récit court, sans fioritures, mais le monde du SSR esquissé dans ce roman aurait pu devenir une magnifique toile avec plus de développement.

Note : 8,5/10

Paru le : 18/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Fabienne Betting
Éditeur(s) : Editions les Escales
Collection(s) : Domaine français
ISBN : 2-36569-462-4

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Les contes du seum de Paul Séré, des coeurs qui battent dans le béton

Résumé: « Avoir le seum » : être énervé, en colère, agacé ou dégoûté.
Une légende du braquage, tombée dans le coma après une mauvaise chute dans une usine de carboglace, se réveille trente ans plus tard au cœur de la cité de Belaire, où les codes ont bien changé.
Une star du foot ruinée revient dans cette même cité, contrainte et forcée de vivre chez ses parents.
Et puis, il y a aussi ceux qui croient avoir une idée de génie : livrer plus de 300 kg de cannabis au milieu des tours en se faisant passer pour des policiers… Sauf que la livraison se déroule pendant une nuit d’émeutes.
Sans oublier le pitbull qui rêve d’obtenir le prix Goncourt.
Tout ce joyeux petit monde se croise dans la cité du Seum.
Quoi de plus relaxant que d’observer des gens galérer alors qu’on est posé à lire tranquillement dans son canapé ?

Chronique : Humoriste, auteur de pièces de théâtre et de one-man show, acteur et maintenant écrivain, on peut dire que l’artiste Paul séré aime ajouter des cordes à son arc. Connu avant tout pour sa participation à la célèbre émission Jamel Comedy club, l’humoriste délaisse les planches de théâtre pour nous livrer sa vision de la banlieue.

Un humoriste est avant tout un observateur de notre société, capable d’extirper nos travers pour nous faire rire, c’est pourquoi son style reste très empreint d’un humour acide ou burlesque qui dépoussière l’image de la banlieue. La première nouvelle nous plonge dans l’esprit d’un pitbull moins féroce qu’il n’y paraît alors que le récit consacré à Omar nous invite dans une patrouille de police inhabituelle qui invoque l’esprit de Louis De Funès.

L’humour fait souvent mouche mais cependant c’est lorsqu’il s’amuse à disséquer les relations entre ses différents protagonistes que l’auteur fait mouche. Tony, le footballeur paumé, a bien des comptes à régler avec sa famille et son père en particulier tandis que l’étoile montante Karim mériterait un développement plus conséquent mais pas forcément dans le contexte de cette nouvelle dystopique.

En effet si le personnage est intéressant la nouvelle dont il est le personnage principal ainsi que celle mettant en avant un braqueur qui se réveille dans un monde qui a bien changé m’ont semblé les moins convaincantes car trop diffuse avec des fins souvent abrupte surtout celle consacrée à Denis.

S’il faut reconnaître un talent de conteur indéniable à Paul Séré ce recueil de nouvelles fait office de mise en bouche agréable mais pas assez rassasiante surtout lorsqu’on entrevoit tout le talent narratif dont il fait preuve. On se prend alors à espérer un récit sans concessions sur la banlieue plus dense avec cette touche d’humour qui le caractérise et ses portraits touchants de personnages à fleur de peau mais avec une conclusion plus travaillé.

Note : 8/10

Paru le : 11/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Paul Séré
Éditeur(s) : Cherche Midi
ISBN : 2-7491-6365-X

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Harrison Harrison de Daryl Gregory, on ne badine pas avec Lovecraft

Ce n’est pas compliqué, vous me mettez Lovecraft sur la quatrième de couverture ou à défaut le champ lexical qui a forgé son oeuvre, des mots comme profondeurs, grand ancien, ou encore horreurs tentaculaire et vous avez déjà captivé mon attention. Ajoutez à cela une édition soignée de la part de le Bélial avec effet relief sur la couverture créé avec une sorte de papier glacé délicieux au toucher et les illustrations intérieurs de Nicolas Fructus, gothique et glauque juste comme il faut et vous tenez un ouvrage plein de promesses. Reste à voir s’il va les tenir parce qu’une belle édition ne suffit pas toujours à assurer une belle lecture.

FAIS MOI PEUR…OU PAS

Daryl Gregory avait déjà su me séduire avec son premier roman L’éducation de Stony Mayhall qui possédait cependant un ton plus mature et tendre. Avec ce quatrième ouvrage l’auteur s’essaie à un jeu d’équilibriste dans un univers très codifié et il faut reconnaître qu’il sait doser les différents éléments de son récit même si de manière personnelle j’aurais préféré que l’univers lovecraftien soit plus présent.

Le récit oscille tout au long de ses 300 pages entre le récit d’aventures, le récit initiatique, la comédie et le récit d’horreur. Ce dernier élément sera celui qui restera le moins développé. C’est un peu dommage surtout que la description du collège de Dunnsmouth laissait entrevoir une atmosphère bien glauque, digne des meilleures nouvelles de Lovecraft mais malheureusement pour moi l’auteur a décidé de laisser cette prometteuse ambiance dans les abysses et de se concentrer sur d’autres aspects de son récit.

MERCREDI MÈNE L’ENQUÊTE

Et une fois que mon petit cœur de lecteur eut digéré le fait que l’univers de Lovecraft resterait juste une toile de fond je dois reconnaître que j’ai passé un agréable moment de lecture. L’auteur parvient à nous passionner pour le destin de ce cher Harrison au carré qui se remet bien vite des étrangetés auxquelles il doit faire face à tous les coins de rues. Entre humour décalé et enquête façon club des cinq chez les gothiques le livre est suffisamment divertissant malgré le manque d’épaisseur de son atmosphère.

Quant au final il m’a laissé un arrière-goût d’inachevé, un côté brouillon qui tranche avec le reste du récit plus maîtrisé. Cependant malgré le côté inabouti de ce final il m’a quand donné envie de retrouver Harrison dans le roman Nous allons tous très bien merci dont le présent ouvrage est un prequel.

Résumé: Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Paru le : 27/02/2020
Thématique : Science Fiction
Auteur(s) : Auteur : Daryl Gregory
Éditeur(s) : le Bélial
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Directeur de publication : Olivier Girard – Traducteur : Laurent Philibert-Caillat
ISBN : 2-84344-961-8