Des ours dans la brousse de Katerina Gorelik (10 Juin 2020)

Tout là-haut, au pôle Nord, la famille ours se prépare pour son premier voyage au soleil del’Afrique. Papa, Maman, Oleg le grand frère ado et Victor, le petit, tous rêvent de voir en vrai les fabuleux animaux qu’ils ont découverts dans les magazines.

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Chronique :  Voici un album  dessiné  par Katerina Gorelik qui d’un coup de crayon coloré et humoristique nous  fait rappeler à tous que protéger les animaux c’est aussi nous protéger nous. L’ouvrage se lit de différentes façons : découverte par l’enfant lui-même et par la lecture d’un adulte avec un petit coté cherche te trouve.
Représentation ouverte du concept pour une lecture multiple.
Gorelik signe une œuvre audacieuse qui invite le jeune lecteur à se questionner sur des problèmes actuels. Une très belle œuvre.

Note: 10/10

 

  • Tranche d’âges: 3 ans et plus
  • Editeur : Sarbacane Editions (10 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2377314333

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Star Wars Episode IX – L’Ascension de Skywalker de Rae CARSON (4 Juin 2020)

Un an après Les Derniers Jedi, la Résistance a pu renaître de ses cendres. Toutefois, si Rey et ses compagnons sont prêts à reprendre le combat, la guerre contre le Premier Ordre et son Suprême Leader, Kylo Ren, est loin d’être gagnée. Tandis que l’étincelle de l’insurrection se ravive, un message à glacer le sang est diffusé à travers la galaxie : l’Empereur Palpatine, que l’on pensait vaincu depuis des décennies, est revenu d’entre les morts…

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Chronique : Je peux honnêtement dire que ce n’est pas seulement l’une des plus agréables nouvelles de Star Wars que j’aie jamais lues, mais aussi celle qui ajoute le plus à son matériel de base. Plus important encore, je pense que la lecture de ce document m’a permis d’apprécier et de comprendre certains des choix créatifs que J.J. Abrams a faits avec L’Ascension de Skywalker .

Je comprends mieux le film grâce à la lecture de l’impeccable roman de Rae Carson – que cela signifie ou non que le film lui-même est un échec est ouvert à l’interprétation. Le premier devrait certainement se présenter comme une œuvre d’art (populaire) à part entière, sans avoir besoin d’un roman pour l’expliquer. Mais ce que Carson a réussi à faire de manière si efficace ici, c’est de permettre au lecteur de pénétrer dans les processus de pensée des personnages lors d’événements clés, ce qu’un film ne peut que laisser entendre.

Bien sûr, le roman sacrifie le spectacle sur grand écran, surtout avec les batailles à finir (encore) vers la fin, où l’écriture de Carson est en quelque sorte superficielle. Elle brille vraiment par son travail sur les personnages, et donne à chacun de la grande distribution un moment significatif (certains ont des scènes prolongées ou des éléments explicatifs ajoutés, alors qu’il y a même un personnage entièrement nouveau).

Je me rappelle encore clairement avoir vu le premier Star Wars, et le sentiment d’émerveillement qu’il a suscité en moi (et la terreur. C’est peut-être quelque chose qui manquait aux films plus récents, mais les perceptions de chacun changent aussi avec l’âge, bien sûr). Ce sentiment d’émerveillement ne m’a jamais quitté, et m’a inspiré un amour de toute une vie pour la science-fiction.

C’est aussi une flamme que je maintiens dans les moments les plus difficiles de la vie, quand je me demande ce que C3PO, ou le fringant héros Han Solo, ferait face à l’adversité, au stress, à la perte et à tous les autres aspects désordonnés de l’être humain.

Ma foi en Star Wars a été sérieusement ébranlée par la réaction toxique au Dernier Jedi et le mépris manifesté par certains « fanboys » pour l’inclusion de la diversité dans cette galaxie très, très lointaine. Ce que cela m’a appris, c’est que personne n’a le droit d’avoir des droits, et que le respect et la compassion doivent être les valeurs qui président au discours civilisé.

J.J. Abrams a dû faire face à une tâche herculéenne (certains diraient même impossible) en essayant de plaire à une base de fans très disparates avec ce qui a été présenté comme le dernier film de Star Wars (bien sûr, ce ne sera pas le cas).

Honnêtement, je ne sais pas. Il y a des choses que j’ai aimées, d’autres que j’ai adoré, d’autres encore que je n’ai pas vraiment appréciées. Ce que Carson fait si bien dans le livre, c’est d’ajouter du tissu conjonctif à l’histoire plus large qui lie les personnages entre eux. La Force était vraiment de son côté avec celui-ci

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Collection : Star wars
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265154873

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Recettes Inratables au Barbecue de Larousse

L’été revient et avec lui la saison des grillades. Allumez les braises ! Et pour ne plus chercher d’idées pour vos repas en plein air, voici 100 recettes très faciles à griller sur le barbecue et à la plancha. De l’entrée jusqu’au dessert, préparez vos plats sans quitter vos invités !

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Chronique : Recettes Inratables de chez Laroussee est décidément excellente. Ce livre, comme les autres, est très réussi.
Le principe est simple : Plusieurs recettes facilement réalisables chez soi, de belles photos et surtout de bons repas ! !
Le livre s’intéresse d’abord aux techniques pour bien réussir un barbecue aux ingrédients dont vous aurez besoin. Il présente quelques recettes classiques. Il y a des recettes pour tout type de viandes, de poissons, de volailles , de légumes , de fromage et desserts/
Quelques recettes ont pris leurs habitudes sur notre barbecue. Les ingrédients sont simples à trouver, et j’ai trouvé les préparations faciles, sans prise de tête et bien adaptées à l’esprit simple & convivial du BBQ.
Je recommande vivement cet ouvrage, et la collection d’une manière globale.
Bref vous n’avez que l’embarras du choix et surtout des plaisirs !

Note : 9,5/10

Extrait:

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  • Relié : 208 pages
  • Editeur : Larousse (27 mai 2020)
  • Collection : Inratables!
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2035987458

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Netflix et le cas 13 reasons why

La mise en ligne début juin de la saison quatre de la série 13 reasons why a été l’occasion d’assister à la fin d’une longue agonie. Une mise à mort annoncée dont les signes étaient visibles pour qui voulait bien se donner la peine de les voir. Des signes que les dirigeants de Netflix ont peut-être déjà su interprétés afin de pallier aux critiques.

On ne va pas y aller par quatre chemins l’ultime saison de la série de Brian Yorkey est une catastrophe. Je ne vais pas m’épancher sur les éléments qui font de ce final interminable un désastre absolu, il suffit de chercher sur internet pour trouver des critiques qui feront le tour de tout ce qui ne va pas dans ce qui est l’une des premières séries Netflix originale.

La question est de savoir si Netflix a pris conscience du problème car le déclin de la série se faisait sentir bien avant cette fatidique saison quatre. À travers cet article je vais tenter d’apporter quelques réponses.

13 RAISONS PUIS 26 PUIS 39

Revenons un instant aux sources du projet. La série est d’abord inspirée d’un livre éponyme de Jay Asher dont l’intrigue est reproduite dans la saison un mis en ligne en 2017. Le livre aborde des sujets graves qui secouent la jeunesse à travers une narration originale. Netflix récupère le projet de film et le transpose en une série de treize épisodes. À l’époque le défi pour Netflix est important, il s’agit de se positionner sur le public adolescent avec une série au ton sérieux abordant des sujets difficiles. Le pari est réussi malgré quelques longueurs et maladresse dans le traitement de thèmes épineux. À la surprise générale la série est renouvelée pour une saison deux.

L’erreur initiale se situe sans doute là, car ni le concept narratif de la série ni son intrigue n’appelait à une suite. Dès lors les scénaristes vont s’embourber dans un schéma narratif qui ne fait plus sens, handicapés par une structure en 13 épisodes qui dessert l’ensemble à coups de remplissage et d’intrigues secondaires sous-développés. La troisième saison va précipiter la chute avec une intrigue policière bancale et poussive qui banalise la série avec toujours autant de remplissage sans compter les nouveaux personnages introduits aux forceps et l’écriture des personnages navrantes par moments. Le discours de Jessica en fin de saison aussi honorable et poignant soit-il ne suffit pas à sauver l’ensemble.

Tout part donc de là, de cette volonté d’entériner un succès sans que cela ne se justifie vraiment, de fidéliser un public alors que les rumeurs autour de plateforme de streaming concurrentes se faisaient déjà entendre. Toute la question est de savoir si Netflix a suffisamment retenu la leçon pour que plus jamais nous n’ayons à assister à un tel naufrage.

LA POURSUITE INCESSANTE DU SUCCÈS

À priori on pourrait croire que c’est le cas. Les sujets de société n’ont pas disparu de la plateforme, le format a juste changé, ces programmes sont dorénavant catalogués en tant que mini-série. C’est notamment le cas de dans leur regard, qui évoque un fait divers sordide et aborde le problème du racisme de manière frontale, on peut citer également Unorthodox qui traite du sujet de l’intégrisme religieux en 4 épisodes ou encore Unbelievable, qui en 6 épisodes, met en avant le thème du viol de façon juste et poignante. Ces mini-série à tendance sociale ont le mérite de former un tout qui permet à Netflix de continuer à mettre en avant des sujets de société épineux sans avoir à s’acharner à leur apporter une suite. Quant à la série the end of the fucking world deux saisons ont suffi pour clore ce récit de rébellion adolescente nihiliste. Ces projets limités par leur format profitent le plus souvent d’une exposition médiatique qui leur permet d’assurer leur avenir dans le catalogue.

Le casting et les créatrices de la mini Unbelievable

D’un autre côté la plateforme a mis en ligne en deux ans plusieurs séries qui visent le public adolescent. Je ne vais pas m’amuser à toutes les cités, retenons notamment the society, ou the order. Leurs points en commun n’est pas tant de proposer des intrigues romantiques sur fonds de mystères très mystérieux que de s’inscrire dans un format feuilleton très classique qui les rend toutes assez homogènes et surtout où tout concept narratif original est absent. Le but évident est de garder un public captif mais d’un autre côté je ne peux m’empêcher de penser que Netflix cherche désespérément à reproduire un autre succès récent de son catalogue, la série dark.

Cette série magnifiquement écrite et interprétée semble avoir lancé un nouveau genre sur la plateforme, celui du programme à grand mystère avec des adolescents en personnage principaux. Sauf qu’il est difficile d’atteindre la profondeur et la maîtrise de cette série. L’exemple le plus récent est la série italienne curon qui reprend les codes de dark sans pourtant atteindre le niveau du programme allemand.

L’influence de dark se fait ressentir à chaque minutes

Et j’ai bien peur que la politique d’engorgement de Netflix nous fasse encore assister à ce genre de déclinaison, peut-être avec la série sex education qui est l’autre succès ado récent de Netflix. Ce sera alors à nous, public serivore toujours en quête de nouveautés, à savoir faire le tri parmi la centaine de programmes qui nous sont proposés chaque jour par ces géants du divertissement.

La fileuse d’argent de Naomi Novik

J’ai acheté ce livre suite à la chronique d’une blogeuse et si je ne peux pas dire que ce fût une mauvaise lecture, les conditions dans lesquelles je l’ai lu font que ce ne sera pas un coup de cœur, sans compter quelques choix de la part de l’auteure qui m’ont laissé perplexe.

J’ai dû faire face à une grosse panne de lecture lorsque j’ai commencé à lire les aventures de Myriem la fileuse d’argent, en effet lisant surtout pendant le trajet aller et retour qui me mène à mon lieu de travail et prenant les transports en commun je me suis retrouvé à suffoquer sous un masque pendant quarante minutes, difficile de se concentrer sur la lecture quand vous avez l’impression que l’on vous a bâillonné alors que les températures ont brusquement augmenté.

UN CONTE MODERNE ET FÉMININ

Malgré tout j’ai passé un agréable moment à la lecture de ce conte moderne où les princesses et les filles de fermes tiennent le premier rôle. Les premiers chapitres où l’on suit Myriem reprenant en main l’affaire de son père sont extrêmement réussies. Sa détermination et son courage nous dressent le portrait d’une héroïne moderne et attachante. De plus son métier de prêteur sur gages, d’habitudes réservés à des seconds rôles, offre une entrée en matière originale.

NARRATION MULTIPLE ET STYLE POÉTIQUE

La suite m’a un peu plus compliquée les choses. Est-ce parce que j’ai l’habitude de voir écris le nom du personnage narrateurs à chaque chapitre comme le fait G. R. R. Martin dans le trône de fer ? mais le fait est que j’ai trouvé le changement de narrateurs un peu abrupt, à chaque changement de narrateurs il me fallait plusieurs lignes pour savoir quel personnage je suivais ce qui est gênant pour la lecture, surtout que l’on change parfois plusieurs fois de narrateurs dans un même chapitre. Les deux autres héroïnes qui nous sont présentées dans la suite du récit sont elles aussi attachantes et figurent parmis les meilleures personnages féminins qu’ils m’est été donné de lire cette année.

Cet élément reste subjectif, d’autres que moi se plongeront sans doute avec plaisir dans cette polyphonie sans problème. L’autre souci que m’a posé cet ouvrage est que j’ai eu du mal à saisir les enjeux de l’intrigue, certains éléments primordiaux sont introduits de manière étrange, j’ai parfois eu l’impression d’avoir loupé une page ou deux, ce qui commence à faire beaucoup avec le problème de narration. Est-ce dû à ce problème de concentration évoqué plus haut ou bien suis-je resté hermétique au style poétique de l’auteure ?

Il faut dire que le style de Novik est très axé sur la poésie, cela contribue à accorder une ambiance de conte de fées aux aventures des personnages. Rapidement on se retrouve plonger dans une ambiance cotonneuse, où la neige fait office d’épaisse couverture enrobant le lecteur dans une douce langueur. Ce style homogène aussi plaisant soit-il empêche le récit de décoller. Les différentes mésaventures des héroïnes ont du mal à prendre de l’ampleur alors même que les intrigues politiques dans lesquelles elles se retrouvent impliquées sont crédibles et solides. L’auteure réussit néanmoins à conclure son récit grâce à un final épique.

Ces défauts, complètement subjectifs au demeurant, n’empêchent pas la fileuse d’argent d’être une bonne lecture avec des personnages féminins saisissants handicapés par un style un peu trop langoureux.

Curon saison un sur Netflix, sale ambiance en Italie du nord

Synopsis: Une femme retourne dans son village pour la première fois depuis 17 ans. Mais lorsqu’elle disparaît mystérieusement, ses enfants doivent affronter un sombre héritage.

Un village reculé, un lac artificiel recouvrant un ancien village dont seul le clocher de l’église reste visible, une forêt mystérieuse et un retour aux sources qui n’annonce pas que du bon il n’en fallait pas plus pour me convaincre de jeter un œil sur la nouvelle série italienne de Netflix.

La série est une création du scénariste Ezio Abbate et du réalisateur Ivano Fachin, au casting on retrouve une majorité d’acteurs italiens à la carrière nationale, beaucoup de nouvelles têtes donc mais on pourra noter la présence de Valeria Bilello, vu dans la série sense 8, Luca Lionello, qui a joué dans la passion du Christ, ou encore Federico Russo, qui n’est autre que le présentateur de la version italienne de the voice.

Les acteurs s’en sortent bien dans l’ensemble

BUIO IN ITALIANO

La série a le mérite de poser une ambiance dès les premières minutes, aidée en cela par la géographie de la vallée où se situe l’action. Une lumière bleu-gris imprègne l’ensemble des sept épisodes, le clocher qui pointe au beau milieu du lac fait son petit effet également et le générique est plutôt réussi. Une ambiance qui ne sera pas sans rappeler les séries à grand mystère tel Twin peaks ou Dark pour rester dans le périmètre de Netflix. Le thème du double est omniprésent et sera au centre de cette première saison.

TEEN-SHOW OU AUTRE CHOSE

La comparaison s’arrête là cependant car installer une ambiance est une chose, en faire quelque chose de palpitant en est une autre. La série échoue à poser ses enjeux et préfère enchaîner les scènes de lycée prolongeant ainsi la malédiction des teen-show Netflix aussi intéressant que les conditions d’utilisation de Google. Il faut malheureusement attendre l’épisode quatre pour que l’histoire se lance enfin, soit la moitié de la saison, alors qu’entre-temps ni le passé du village, pourtant prometteur, ni les personnages ne sont suffisamment développés. Le casting s’avère convaincant mais il est difficile de faire croire à son personnage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment écrit.

L’ambiance est là mais n’est jamais approfondi

MON DOUBLE ET MOI

L’histoire s’emballe durant les trois derniers épisodes, enchaînant aussi les facilités scénaristiques mais où moins la serie se montre enfin divertissante et esquisse même un début de réflexion sur le thème de l’identité, du refoulement, du moi et du surmoi mais tout cela reste esquissé en surface par manque de temps. Aussi prometteur et mystérieux que soit son thème, on regrette que le lac garde tous ses mystères à la fin du dernier épisode. Ce genre de série se doit d’avancer des pistes, amenant souvent à leur tour d’autres questions, pour maintenir l’attention du public mais la série a la caméra entre deux genres, la série a suspense et serie pour adolescents, et peine ainsi à convaincre qui que soit.

Nationalité Italie

Chaîne d’origine Netflix

Hoshi sommeil levant, parcours d’une âme cabossée

Hoshi avait su me séduire avec son premier opus il suffit d’y croire qui mettait en avant une chanteuse en mal d’amour armé de mélodies imparables et de textes sociaux bien pensé. Avec ce deuxième album la jeune artiste confirme son coup d’essai.

RÉVEIL SONNANT ET TRÉBUCHANT

Moins imprégnée de social que son prédécesseur, cette nouvelle galette se révèle plus personnelle, l’album s’ouvre et se ferme sur l’image du miroir qui reflète un portrait que la chanteuse ne supporte pas. Tout au long des quatorze pistes Hoshi va trainer son mal-être avec l’énergie de l’espoir que lui offre la fougue de la jeunesse. Armé de sa guitare et de sa plume malicieuse l’artiste impose son univers à mi-chemin du Japon, de Jacques Brel, de Gainsbourg et des arts de la rue. Certaines chansons s’agrémentent de mélodies électro qui achèvent de donner une couleur pop à l’ensemble. En alternant chanson personnelle, sommeil levant, SQY par exemple et hymne générationnel comme marche ou rêve, amour censure ou encore enfants du danger Hoshi instaure un dialogue où chacun pourra se reconnaître dans les thèmes crèves cœur qu’elle aborde. Au milieu des traditionnelles chansons de rupture l’album aborde des sujets de société en faisant ressurgir les angoisses qui nous habitent tous lorsque l’on regarde un instant l’état du monde. Coule mascara et enfants du danger pose un regard amer sur le monde sans jamais être moralisateur. Le duo avec la chanteuse Corine, larme de croco, apporte une touche de douceur bienvenue avant qu’Hoshi ne reparte en guerre contre ses démons ou ceux de notre société.

IN FRENCH PLEASE

Les textes d’Hoshi confirment une chose, il est encore possible de s’amuser avec la langue française en usant et abusant des jeux de mots, allitérations et autres figures de style bien trouvée. Autre point positif Hoshi a banni la pratique du franglais qui consiste à mélanger parole en français et en anglais dans la même chanson. Pratique ridicule qui s’est largement répandu dans la variété française ses dernières années au point qu’il me devient impossible d’écouter certains artistes qui font preuve, selon moi, d’une fainéantise d’écriture. En rompant avec cette mode Hoshi apporte un souffle d’air frais à la scène musicale française.

DE L’AVANT, TOUJOURS

Une chose en particulier m’a interpellé sur cet album, c’est la manière dont Hoshi parvient à retranscrire son état de jeune artiste et à le faire résonner avec notre époque. Cet album cohérent est le journal intime d’une jeune femme qui refuse de se taire mais également celui d’une toute jeune artiste qui a conscience qu’elle a encore tout à prouver. En témoigne son utilisation du champ lexical du mouvement. Si l’on se penche sur les textes on pourra noter que beaucoup de moyens de transport différents sont invoqués, en vrac j’ai noté le train, le bateau, le vélo, le métro et même le skate. Mais cela ne s’arrête pas là, Hoshi est constamment en mouvement comme le prouvent les paroles suivantes, « je cours dans la nuit », « vos sourires me font avancer » sommeil levant, « alors on cherche un sens/ prendre la route de l’essence/ pour avancer d’un tour  » enfants du danger, « tu sais pour pouvoir marcher droit » amour censure, « je prends la fuite » migracoeur. Ce ne sont que quelques exemples parmis d’autres, Hoshi ne cesse d’évoquer les demi-tour, les détours mais toujours dans l’idée d’avancer, de progresser malgré les obstacles que l’on pourrait rencontrer. Une quête pour le futur dans lequel, espérons-le, s’engouffrera le public. En tout cas moi elle a su me séduire avec sa voix rocailleuse mais puissante qui révèle les fêlures d’une artiste prometteuse.

Lady Gaga chromatica, de la pop massive et stridente

Lady Gaga doit faire face à une problématique de taille, elle est une artiste indéniablement pop, comme a su le prouver son premier album the fame, à l’heure où la pop n’existe plus. De nos jours on parle de pop urbaine ou d’electro-pop mais la pop légère et dansante comme Madonna ou Kylie Minogue savaient en faire est loin derrière nous. Mais comme collaborer avec le dernier dj ou rappeur à la mode ne l’intéresse pas elle a opté pour la technique de l’éternelle réinvention, après l’échec de son album artpop elle a su séduire les amateurs de jazz avec ses reprises de standards sur l’album cheek to cheek en duo avec Tony Bennett puis elle s’est lancé dans une pop-folk matiné d’electro avec son album Joanne avant de se découvrir un talent d’actrice dans le film A star is born dont elle a signé la B.O. Aujourd’hui sept ans après la sortie de Artpop elle tente de renouer avec son univers pop en sortant chromatica, un album qui cristallise l’attente de ses fans.

ENJEUX ET ATTENTES

L’enjeu est de taille Lady Gaga doit reconquérir son public de la première heure tout en se positionnant enfin sur le marché du streaming et faire face à une concurrence féroce sur le terrain des divas pop. Pour le streaming son équipe a opté pour des chansons courtes comme cela se fait maintenant, une tracklist plus conséquente et des featurings avec des grands noms de la pop actuelle, à savoir Ariana Grande et le girls-band blackpink. Du côté du public l’attente est grande également, on espère renouer avec la Lady Gaga de la fin des années 2000 qui avait dominé la pop avec ses hymnes dance.

HOMOGENICA

Las, force est de constater que le projet tombe à plat malgré la production solide de bloodpop aucune mélodie ne se détache efficacement et l’album paraît très homogène malgré son titre. On se retrouve vite noyé dans des vagues de synthé ou le chant de Lady Gaga tente de nous maintenir à flot, chant ou hurlement il est parfois difficile de faire la différence. Comment l’artiste qui a su émouvoir avec Always remember us this way peut se contenter d’asséner ses paroles, parfois assez navrantes, sans parvenir à dégager une seule émotion mise à part la lassitude qui s’empare de l’auditeur au fur et à mesure de l’écoute. Les chansons sont ni émouvantes, ni entraînantes. Cet album est une massue assourdissante chargée de rappeler à tous que ni Lady Gaga ni la dance pop ne sont mortes.

On ne peut pas reprocher à Lady Gaga de se lancer à fond dans chacun de ses projets, elle est impliquée et ne cherche pas à rentrer dans le courant musical actuel malheureusement cela ne suffit pas à livrer un projet suffisamment accrocheur pour la ramener sur le devant de la scène. L’album est cohérent mais manque cruellement de spontanéité, de légèreté et de cette touche de fantaisie nécessaire pour faire de cet album une réussite pop.

CRITIQUE A CHAUD : 365 DNI, le film érotique sur Netflix / La fin expliquée (04:10)

Salut à tous !
Nouvelle critique où je donne mon avis critique sur le film 365 DNI ou 365 jours sur Netflix
La fin expliquée (04:10)
365 Dni est le nouveau film dans la veine de Cinquante nuances de Grey et After.