Pour un instant d’éternité (2 octobre 2019) de Gilles Legardinier

Vincent sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables.

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Chronique : Gilles Legardinier revient ici à son genre de prédilection : le thriller! L’auteur va nous entraîner dans cette aventure . Avec une écriture des plus belle Gilles Legardinier arrivé à nous emporter dans une intrigue assez complexe et passionnante entre l’envie que le livre continue encore et encore afin d’en savoir comment tout cela va se terminer. Le mystère central est peut-être un peu simpliste, mais il est irrésistible. Legardinier a le don d’accrocher un nouvel indice à chaque fois que tu as envie d’abandonner le navire. J’ai donc couru jusqu’au bout pour découvrir la solution et je l’ai trouvée… vraiment sympathique. Ce livre est l’équivalent littéraire d’un bon repas..

Note : 9/10

 

  • Broché : 576 pages
  • Editeur : FLAMMARION (2 octobre 2019)
  • Collection : LITTERATURE GRA
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2081420279

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Soif (21 août 2019) de Amélie Nothomb

Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son oeuvre.

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Chronique : Avec Amélie Nothomb c’est toujours la surprise. On ne sait jamais où elle compte nous emmener. On est parfois fort déçu, à la limite on a l’impression d’un roman écrit à la va-vite, et parfois on est heureusement surpris. C’est le cas pour Soif, un roman qui aurait pu prêter le flan à d’éventuelles critiques. En effet se mettre dans la peau de Jésus c’est tout de même très audacieux Bien différente et curieuse conception cette idée de se mettre dans la peau du supplicié de l’évangile ! Rien de religieux dans ce récit plein d’humanité, fascinant dans son réalisme, vraiment original. Je passe sur les dernières pages, un peu trop didactique., Les derniers romans un peu farfelus m’avaient découragée.

Note : 8,5/10

 

  • Broché : 162 pages
  • Editeur : Albin Michel (21 août 2019)
  • Collection : A.M. ROM.FRANC
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2226443886

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Rituels d’Ellison Cooper

Résumé : Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d’une jeune fille à qui l’on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d’Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l’on découvre d’étranges symboles mayas sur les lieux, l’enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu’insaisissable.

Chronique: Construire une intrigue qui tient la route est loin d’être une tâche aisée. L’auteur doit prêter attention à la chronologie des faits, au mobile, à la résolution de l’enquête ainsi qu’aux différents éléments qu’il souhaite faire apparaître dans son livre. C’est une entreprise si ardue que certains en oublie de se construire un style littéraire.

C’est là tout le problème d’Ellison Cooper avec son premier roman. Elle aligne au fil des paragraphes un style fonctionnel, froid et distant, empêchant toute identification à ses personnages. Ce n’est que lorsque l’enquête s’accélère, aux alentours de la page 200, que l’on parvient à mettre de côté ce problème d’écriture pour s’intéresser de près à l’histoire.

Son personnage de Sayer Altair s’approche dangereusement du cliché du l’enquêtrice badass, comme aiment à les écrire les auteurs de thrillers contemporains, sans pourtant y parvenir tout à fait à cause du style terne évoqué plus haut. Paradoxalement c’est ce qui sauve le personnage tant ce cliché est usé. Seul les personnages de la grand-mère et du voisin charitable viennent égayé les chapitres. Pas assez souvent toutefois pour relever le niveau.

Reste une intrigue suffisamment haletante pour les amateurs de thrillers et de série télé, on a d’ailleurs l’impression d’assister à un épisode d’esprits criminels, plombé par un final qui arrive comme un cheveu sur la soupe, bourré d’incohérences et trop invraisemblable pour être crédible. Un final qui gâche la seule force du livre, à savoir son intrigue mené tambour battant.

Espérons que l’auteur aura su développer son style et ses conclusions pour le deuxième volume des enquêtes de son héroïne

Note : 6 /10

Éditeur Cherche Midi
Date de publication 4 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2749157684

Strom – Le prince écarlate de Emmanuelle de SAINT-CHAMAS et Benoît de SAINT-CHAMAS | 17 octobre 2019

Aux quatre coins de la planète, l’Organisation des Chevaliers de l’Insolite protège l’humanité contre les forces invisibles qui la menacent…

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Chronique : Après une première trilogie et un quatrième roman stand alone, c’est-à-dire qui peut se lire indépendamment des autres livres, les auteurs Emmanuelle et Benoît de Saint-Chamas livrent le deuxième tome d’une nouvelle trilogie. Avec un tome 1 en forme d’influence aux oeuvres de J.K. Rowling ce tome 2 arrive à s’y émanciper à notre grand bonheur. Emmanuelle et Benoît DE SAINT CHAMAS réussissent un retour fracassant, leurs personnages ont maintenant 15 ans et il fallait bien que cela se ressente dans leur comportement. Ils ont donc grandi et mûri tout en conservant les traits de caractère qui plaisent tant et surtout les aident à venir à bout de leurs missions. Le livre est bien écrit, facile à lire, c’est très engageant. Il y a beaucoup de choses sur l’amitié et le fait de devenir le meilleur que vous pouvez être malgré les faibles attentes ou perceptions des autres personnes sur la façon dont vous devriez être. Une lecture incroyablement amusante et très bien faite. Il y a beaucoup d’action et d’humour ici et le livre se lit rapidement et a a hâte d’un tome 3.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Broché : 352 pages
  • Tranche d’âges: 10.0 années et plus
  • Editeur : Nathan (17 octobre 2019)
  • Collection : Strom
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092580558

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Legio Patria Nostra – Tome 01: Le Tambour de Jean-André Yerlès et Marc-Antoine Boidin | 16 octobre 2019

Le 30 avril 1863 au Mexique, 62 légionnaires de la 3e compagnie du 1er bataillon du Régiment Etranger sont piégés par 2 000 soldats mexicains dans une hacienda délabrée du village de Camaron sur la route de Vera Cruz. Sous une chaleur de plomb, sans boire ni manger, ces légionnaires repousseront les assauts des Mexicains pendant près de douze heures. Ils ont juré à leur Capitaine de ne pas se rendre. Ils tiendront parole, écrivant ainsi sans le savoir l’histoire de la Légion, Camerone, la défaite devenue une légende.

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Chronique : Legio Patria Nostra c’est l’immersion totale au cœur de la vie d’un orphelin : Casimir un personnage fort, charismatique … On fait la connaissance avec un monde encore trop méconnu de tous, un monde ou le silence et le respect sont de mise… Legio Patria Nostra est un voyage extraordinaire mais aussi de par le travail d’illustration. Nous en prenons pleins la vue, plein le cœur ! C’est bon, c’est beau, c’est intense …Voici un récit qui nous livre une magnifique histoire mais qui au fil des mots, des échanges, deviendra une évidence… Celle du partage, de l’acception! Certes, au fil de la lecture, nous ressentons de la tristesse, de l’angoisse, des doutes et des peurs face à toutes les épreuves que traversent nos orphelins.Un premier tome qui nous ouvrent les portes d’un monde dur, d’un monde fait de contraintes, de règles, de lois, de non-dits, de secrets … Avec une note finale qui nous laisse démuni et nous donne envie de vite découvrir la suite des aventures.

Note : 9,5/10

Extrait :

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Bram Stoker Dracula de Georges Bess | 16 octobre 2019

Pour la bande dessinée, l’immense Georges Bess s’attaque aujourd’hui à nous donner sa version du mythe tout en s’attachant à retranscrire au plus près l’âme du roman. Armé du brio graphique qu’on lui connaît, il fait le choix du noir et blanc, dans des planches à la beauté ténébreuse, pour mettre en valeur la puissance de son trait et lui conférer un souffle gothique assez inédit chez lui.

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Chronique : Cette édition graphique de « Dracula » de Bram Stoker de Georges Bess, est conçue pour plaire à tout le monde et de s’ouvrir à la littérature classique. C’était agréable de voir Dracula dans un autre média, après avoir lu le roman plusieurs fois, écouté le livre audio au moins deux fois, et vu une demi-douzaine de versions cinématographiques ou plus. C’est un grand roman du célèbre écrivain d’horreur Bram Stoker, ce que j’aime dans ce livre, c’est qu’il a un beau dessin, une belle utilisation du langage. Illustrer une grande image de Dracula, la plus brutale et mystérieuse de l’histoire de l’humanité. Ce qu’il y a de bien avec le dessin dans un roman, c’est d’aider le lecteur à comprendre, même s’il n’a aucune idée de ce qui se passe. Histoire d’un jeune homme ont un emploi dans un endroit très loin de sa maison, il l’accepte et de travailler là-bas, quand il est venu ici, il a déjà remarqué qu’il se passe quelque chose d’étrange ici que les gens ici ont vraiment peur de propriétaire qui sont diables à la forme humaine. Il travaille là-bas et il veut s’évader tout de suite parce qu’il se passe beaucoup de choses terribles ici et qu’est-ce qu’il vous faut découvrir en lisant ce livre. Une très belle découverte.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album : 208 pages
  • Editeur : Glénat BD (16 octobre 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344038604

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Follow me – Tome 01: Le Livre du succès de Maskey et Malec | 16 octobre 2019

Steeve est un loser égocentrique qui, comme tant d’autres, rêve de percer sur le web (sauf que lui le mérite, il le sait). Dénué de talent et surtout de scrupules, il a tout pour devenir un influenceur, mais les portes de la gloire 2.0 lui restent pourtant obstinément fermées…

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Chronique : Maskey, connu pour le masque noir qui dissimule son visage, publie depuis plusieurs années sur Youtube des vidéos de vulgarisation sur le rap. Suivi par 1,33 million d’abonnés, on l’a vu aussi à la télévision, dans Le Gros Journal de Mouloud Achour. Le YouTubeur raconte dans Follow me les aventures loufoques de Steeve, un loser égocentrique qui rêve de devenir une star sur Internet. Tout en glissant quelques références à sa propre chaîne, il critique les dérives des réseaux sociaux.Cette bd est une lecture pour se détendre et rire et il est fait pour ne pas être pris au sérieux ! Il y a de l’autodérision et surtout les lecteurs de ce livre vont se retrouver dans certaines situations ! Cette bd plaira à ceux et celles qui ont besoin d’une bonne dose de rire et qui ne veulent pas se prendre la tête ! Il se lit très vite.

Note : 9/10

  • Album : 48 pages
  • Editeur : Glénat BD (16 octobre 2019)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 234403403X

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L’Incroyable histoire de la littérature française de Catherine Mory et Philippe Bercovici | 6 novembre 2019

Quatrième de couverture : Savez-vous que Hugo faisait tourner les tables ? Que Balzac a pensé devenir cultivateur d’ananas ? Que Voltaire appelait ses contes des « couillonnades » ? Que Pascal a inventé la première calculette ? Que Baudelaire se teignait les cheveux en vert ? Ou que La Fontaine a écrit des contes grivois ?

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Chronique : Monuments de la littérature. Voilà un titre informel, souvent délivré longtemps après la mort d’un auteur, qui sacralise et dépouille de son humanité les quelques élus qui s’en voient parés. Des siècles plus tard ces monuments se retrouvent érigés en programme imposé par l’Education Nationale achevant ainsi de transformer ces riches oasis de la littérature française en désert aride, synonyme d’ennui et de rêveries pour des millions d’écoliers.

Pourtant avant d’être élevés sur un piédestal, tout auteur est un homme, ou une femme, dans toute sa grandeur et sa bassesse, en proie aux passions du cœur et des corps, souvent emporté dans le grand fleuve de l’Histoire.

Il s’agit donc de désacraliser ces grandes plumes afin de les rendre plus humain. C’est à cette lourde tâche que se sont attelés Catherine Mory et Philippe Bercovici.

L’entreprise est une réussite. De manière simple la profeseur de français parvient à nous enthousiasmer pour ces récits de vie. À l’aide d’une double narration qui instruit autant qu’elle amuse. Les cases du haut sont réservées à la biographie des auteurs ou aux événements historiques tandis que les bulles de dialogue dispensent de l’humour parfaitement dosé et permettent de remettre en situation les grands, et petits, moments de la vie de ces grands noms de la littérature. Quelques anecdotes hautes en couleurs viennent parfois compléter l’ensemble. Le tout forme un banquet conséquent au vue de la période parcouru, cinq siècles tout de même, mais reste digeste tant chaque page est distrayante et pédagogique.

Le trait caricatural de Bercovici se prête à merveille à ce projet. Grâce à son trait de crayon irrévérencieux il redonne vie et stature humaine à des grands noms tels que Victor Hugo, Émile Zola ou Albert Camus.

Dense, passionnant d’une époque à l’autre, souvent drôle, cet ouvrage pourrait peut-être plus se voir comme une boîte de chocolats dans laquelle le lecteur est invité à piocher à sa guise pour découvrir à chaque bouché de nouvelle saveurs.

Note : 10/10

Extrait :

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  • Album : 284 pages
  • Editeur : Les Arènes (6 novembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500052

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Test : Give Me Liberty (En VOD le 24 Octobre 2019) de Kirill Mikhanovsky avec Chris Galust, Lauren ‘Lolo’ Spencer

Vic, malchanceux jeune Américain d’origine russe, conduit un minibus pour personnes handicapées à Milwaukee. Alors que des manifestations éclatent dans la ville, il est déjà très en retard et sur le point d’être licencié.

Lien du film : https://mytf1vod.tf1.fr/films/give-me-liberty-54578

Chronique : La très grande force du film réside dans la conversion cinématographique d’une expérience individuelle et autobiographique en énergie humaine capable de célébrer l’homme dans sa diversité fondamentale. Prendre un ingénu en guise de personnage principal évoque les récits d’apprentissage que la littérature du XIXe siècle appréciait tant, dans la mesure où lui seul était capable de porter un regard a priori neutre – c’est-à-dire dénué de toute grille idéologique – sur la société et ses constantes révolutions. Et inscrire ce jeune Russe déraciné dans une ville américaine bien délimitée et à l’identité forte, en l’occurrence Milwaukee, elle-même confrontée à des troubles, c’est chanter ce qu’est l’Amérique, en somme : une terre d’intégration où la cohabitation entre les différentes cultures occasionne une grande violence, mais permet surtout la communion de personnes là par hasard mais rassemblés par choix. Give Me Liberty narre une émancipation – comme l’indique son titre – qui semble gagner notre héros en guise de clausule, l’émancipation d’un être qui a pris conscience de la différence et l’a acceptée. Et de la même manière qu’il collectionne les vieux vinyles qu’il revivifie à l’aide de deux trois objets bricolés, il symbolise ce carrefour où se répercutent des identités, des expériences, des flux de paroles insatiables qui ont néanmoins une trajectoire similaire : rappeler à quel point la vie est un combat magnifique. Ce van, personnage à part entière, sillonne les immensités désertiques sans que le réalisateur ne s’attarde à en montrer frontalement l’étendue. Nous demeurons avec les protagonistes, nous partageons leur quotidien, leur point de vue. Tantôt drôle tantôt étouffant toujours poignant, le film secoue un je-ne-sais-quoi enfoui au plus profond du spectateur, cette énergie humaine qui le convie à tendre l’oreille pour écouter des histoires, s’émerveiller de dessins, regarder des corps discrédités en raison de leur différence et réunis ici dans une grande fête qu’est l’humain et que porte le cinéma. Give Me Liberty se vit telle une ivresse. Il est, à coup sûr, une expérience artistique des plus magnifiques.

Note : 9/10

Réalisé et co-écrit par Kirill Mikhanovsky
Avec Chris Galust, Lauren « Lolo » Spencer, Maksim Stoyanov
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Enfant terrible – Autobiographie de Luc Besson | 10 octobre 2019

 » Je vais vous raconter une histoire. La mienne. Sans distance. Sans intelligence. Sans artifice. Avec ma voix d’enfant, ma pensée d’enfant. Juste la vérité brute, telle que je l’ai vécue avant que le temps ne la magnifie. j’aimerais beaucoup revoir ce petit garçon que je n’ai pas vu depuis si longtemps.  »

Achat du livre : https://amzn.to/34dJmT3

Chronique : Le récit commence de manière aussi tragique que romanesque. Avec deux grands-pères en prison, dont un pour « avoir épousé plusieurs femmes en même temps », une grand-mère alcoolique, une mère tombée enceinte, par hasard, à l’âge de 16 ans et un père « amoureux toutes les cinq minutes », culturiste et violent, Luc Paul Maurice Besson n’est pas vraiment né sous une douce étoile. «La solitude est terrible pour un enfant, c’est une prison dangereuse. S’il ne se sent pas accepté dans ce monde, il en crée un autre et s’en va, au risque de ne jamais revenir. Mon monde à moi était constitué d’une murène, d’un poulpe et d’un galet», raconte le réalisateur dans une drôle d’image aquatique.

Enfant à fleur de peau entouré d’adultes peu brillants, Besson s’émancipe en jouant les filles de l’air. Son départ vers la capitale et ses premières incursions dans le milieu cinématographique révèle un jeune homme timide mais épris d’un sentiment d’absolu qui fait de chaque moment de sa carrière une question de vie ou de mort. La pause imposée par le service militaire n’y changera rien : l’existence de Besson battra désormais au rythme des images en mouvement. Avec sincérité et force de précisions, le réalisateur revient sur ses premiers projets (courts métrages, clips, ses premiers emplois d’assistant…), tandis que les détails apportés sur la réalisation du Dernier combat lui permet de souligner la complexité des rapports entre art et industrie. Les difficultés financières rencontrés par le film enclenchent chez Besson une prise de conscience à laquelle répond le succès de Subway, puis l’échec critique du Grand Bleu, production dont l’onirisme suave se rapporte directement aux souvenirs maritimes du cinéaste. Ces récits de tournage s’accompagnent de nombreuses rencontres. Maurice Pialat, Jean Reno, Michel Galabru, Daniel Toscan du Plantier, Isabelle Adjani, Warren Beatty, ou encore Sting se voient offrir de jolis portraits balisant chacun à leur manière le parcours d’un écorché vif qui n’a, semble-t-il, jamais cessé de panser ses blessures.

Une biographie honorable mais où on se demande si celle ci n’est pas idéalisé.

Note : 8/10

 

  • Broché : 452 pages
  • Editeur : XO (10 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 237448176X

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