L’Éveil du Maître du Donjon: Gary Gygax et la création de Donjons & Dragons (14 mars 2018) de David Kushner et Koren Shadmi

remier jeu de rôle de l’histoire, Donjons & Dragons a tout simplement révolutionné le monde du jeu et de la culture geek contemporaine. Précurseur des premiers jeux vidéo type RPG (Role Playing Game), « D&D » pour les intimes a posé les bases d’un genre aujourd’hui incontournable et forgé toute une imagerie heroic fantasy dans l’inconscient collectif. Toujours joué à l’heure actuelle, il a surtout contribué à nourrir l’imaginaire et la créativité de générations entières de joueurs. Mais qui est Gary Gygax, le mythique créateur de ce jeu de légende ?

Chronique : Ce format de bande dessinée accessible présente une vue d’ensemble de la création de D&D et des personnes impliquées dans la création. Le texte ne romance pas les éléments commerciaux ou les conflits personnels de la conception de jeu, mais raconte avec tact l’histoire des changements dans le développement et l’évolution du jeu au fil du temps. La controverse autour du jeu est également documentée. L’inclusion des joueurs et des supporters dans divers était également intéressante. Pour plus de saveur, l’histoire est stylisée pour se sentir comme si un Dungeon Master vous la racontait dans le jeu et cette bande dessinée a été écrite par des gens qui ont accompagné les inventeurs dans leurs dernières années de leur vie pendant de nombreuses années et est un résumé de toutes les informations provenant des interviews à ce moment-là. La couverture promettait de mettre l’accent sur Gary Gygax, mais on n’a pas peur de se concentrer sur de nombreux « acteurs de soutien ». Bien mérité, car sans l’influence de diverses idées créatives, ce jeu ne serait jamais devenu ce qu’il est aujourd’hui.

La structure narrative est plus qu’une simple soirée de jeux, les lecteurs sont invités à jouer les rôles des personnages. Le narrateur se comporte comme un maître de jeu de rôle typique (ou maître de donjon) et guide à travers chaque chapitre, ce qui concentre toujours un point de vue sur les choses. Aussi bon que cela puisse paraître, ça ne marche pas toujours, dans certains endroits.

L’amour du jeu et les beaux regards nostalgiques en arrière font de la bande dessinée une partie intégrante de l’étagère pour un fan de la série. Si vous ne connaissez pas le concept du jeu, ou même la période critique des années 70 et 80, alors ce livre devient rapidement ennuyeux.

Note : 8,5/10

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  • Album: 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (14 mars 2018)
  • Collection : Hors Collection

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TEST DVD : Pentagon Papers (29 mai 2018) de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks

Katharine Graham, première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manoeuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles. Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler la vérité au grand jour.

Chronique : « Pentagon Papers » a l’intelligence de nous présenter un fait historique, à savoir la révélation d’un scandale d’État par un journal local à l’époque, sous le prisme original d’un duo formé de sa directrice de publication et propriétaire, et de son rédacteur en chef… Au sein de cette histoire dont s’est emparé le géant et doué Spielberg, on y trouve une réflexion de plus en plus palpitante sur le rôle de la Presse, sa liberté relative, d’autant plus intéressante qu’elle est doublée de la place de la femme en tant que directrice de publication, rôle hautement décisionnaire dans une entreprise comme l’était le Washington Post à l’époque… On suit donc le parcours de Katharine Graham, son évolution parmi tous ses atermoiements au sein d’un monde d’hommes aux esprits machistes et antagonistes, et finalement ses prises de position qui la placeront enfin à sa juste et vraie place ! En parallèle de ce portrait, qui sert aussi de fil conducteur, on est après une mise en route assez didactique, de plus en plus happé par la tournure des événements qui mêle à la fois les attentes frileuses du conseil d’administration, les aspirations fiévreuses de l’équipe de publication, la rivalité avec le NewYork Times,… tout cela avec des rebondissements de haut vol, qui nous tiennent en haleine vraiment ! De sacrés dialogues doublés de vérités évidentes et pourtant bonnes à rappeler sur le rôle de la presse, sont en plus un vrai plaisir à entendre ! Tom Hanks et Meryl Streep sont tous deux des personnages bien différents, un passionné pur et dur et une femme d’entreprise ambivalente, soumise à des contraintes bien spécifiques liées à sa fonction et à ses relations. Mais leur composition respective est justement plus qu’à la hauteur de ce qu’ils sont censés représenter ! Tous les tenants et les aboutissants forment ici une valse magistrale dans laquelle on ne peut qu’être emporté afin de se régaler à l’image d’une conversation téléphonique particulière qui restera dans les anales… De très bons moments, de plus très bien reconstitués, nous éclairent sur la fabrication d’un journal avec moult détails, ce qui ne se refuse pas ! Tout cela avec une maitrise du rythme, une mise en scène dont notre célèbre cinéaste a décidément le secret ! C’est ainsi, que passé une mise en bouche nécessaire mais un peu compliquée, on est vraiment surpris par la teneur et la qualité de la façon dont est traité ce pan d’histoire, révélateur de bien des maux et des travers des régimes politiques, dans lesquels la Presse est loin d’avoir toute latitude en tant que liberté d’expression ! Pressions, pouvoir, collusions, relations, conflits d’intérêt, sont de bien trop gros grains de sable pour que les rouages de cette « machine à informer objectivement » ait un fonctionnement parfaitement huilé, même si sa grande mission est pourtant de servir les gouvernés avant les gouvernants ! À découvrir sans hésitation…

Note : 9,5/10

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Test DVD :

Vidéo : Le film a été tourné avec un soupçon de grain visible qui préserve la sensation filmique et améliore le look nostalgique. La palette de couleurs en sourdine est appropriée pour un drame graveleux en milieu de travail, mais lorsque des éclaboussures de couleurs primaires ou pastels apparaissent, elles sont vives et accrocheuses. (Les costumes de hippie occupés pendant une scène de protestation sont un exemple particulièrement bon.) Les noirs sont richement riches (tellement, un peu de béguin s’insinue parfois dans le cadre), les blancs sont brillants, et les tons chair restent naturels et stables partout. La clarté est superbe. Les tissus tissés de costumes et de pulls, les fibres sur un brin de corde, les reflets sur le granit, les costumes et les décors sont tous brillamment définis. La photo est si claire, vous pouvez pratiquement lire les petits caractères sur les colonnes des journaux. Les gros plans pointus soulignent les pores du visage, les rides et les imperfections avec aplomb, et pas un seul point ne marque la matière première immaculée. Tout est dans les détails dans les films d’époque, et cet effort  haut de gamme nous permet d’en profiter un maximum.

Audio : La piste en Dolby  est étonnamment immersive accentue l’impact du film. Depuis les premières scènes de la guerre du Vietnam, avec des tirs incessants de mitrailleuses jusqu’aux tapotements incessants des touches de la machine à écrire dans la salle de rédaction, des sons finement rendus donnent un sens critique de l’atmosphère et gardent les sens en éveil. L’activité Surround est remarquable, notamment lors d’une séquence de pluie et dans les salles de rédaction et d’impression. Des éléments isolés tels que les flashs et les portes qui claquent s’intègrent parfaitement dans le tissu de la piste, tandis qu’une séparation stéréo distincte élargit le paysage sonore. . Les fréquences basses puissantes fournissent le poids nécessaire et une échelle dynamique large manipule tous les hauts et les bas sans un soupçon de déformation. Tout le dialogue est clair et facile à comprendre, et la partition majestueuse de John Williams remplit la pièce avec aisance, grâce à une fidélité et une profondeur tonale exceptionnelles. Les films qui se déroulent dans les bureaux, les salles de réunion, les restaurants et les manoirs ne comprennent généralement pas de bandes sonores intéressantes, mais The Post est une exception notable, et cette piste de haute qualité maximise tous les éléments.

Bonus : « Ligne éditoriale » : recréer une époque : Ce Bonus couvre le large spectre des artistes qui peuplent le film, des stars majeures comme Streep et Hanks, Spielberg nous apprend que tous ses premiers choix ont facilement accepté d’apparaître dans le film, et Spielberg et Hanks louent généreusement le travail de Streep. Streep elle-même parle de sa préparation à son rôle, des défis qu’elle a affrontés et de la façon dont elle espérait avant tout capturer la «grâce personnelle» de Kay Graham. La collaboration à long terme de Spielberg-Hanks est également abordée.
« Arrêtez les presses » : le tournage du film : Ce mini documentaire examine le planning de production précipité (qui n’incluait pas de temps de répétition pour les acteurs, au grand désarroi de Streep), la genèse de l’implication de Spielberg dans le projet, la cinématographie et l’éclairage du film, la direction de «jouer à l’oreille» de Spielberg, et les thèmes de l’égalité des genres et de la liberté de la presse que le film aborde si adroitement. La scénariste Liz Hannah révèle son « obsession » avec Katharine Graham, Streep loue le style et la direction de Spielberg, la séquence de la guerre du Vietnam est disséquée, et nous apprenons plus de femmes ont travaillé sur le film   que les hommes. Spielberg note que tout s’est bien mis en place pendant la production, ce qui l’amène à croire The Post  était « censé arriver ».
« Arts & divertissements » : la musique du film : Le légendaire John Williams, avec une aide de Spielberg, parle de comment rendre la musique « constructive », comment elle peut améliorer la performance, et sa décision de employer des thèmes orchestraux et électroniques pendant le film. La collaboration de longue date entre Spielberg et Williams est également abordée dans ce bref bonus.

 

  • Acteurs : Meryl Streep, Tom Hanks, David Cross, Jesse Plemons, Sarah Paulson
  • Réalisateurs : Steven Spielberg
  • Format : Couleur, Plein écran, Cinémascope, PAL
  • Audio : Russe (Dolby Digital 5.1), Allemand (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Russe, Allemand, Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 29 mai 2018

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l’histoire de la SF américaine où Robert Silverberg reste un incontournable

Robert Silverberg est sans aucun l’un des derniers (le dernier ?) monstres sacrés de la science-fiction. Rendu célèbre par un tas de chefs d’oeuvre du style « Les monades urbaines », « L’oreille interne », « Les profondeurs de la terre », etc, il a toujours eu cette étonnante capacité de divertir, bien souvent à carrément me passionner. Robert Silverberg, est ni plus ni moins qu’un part importante de l’histoire de la SF américaine. L’auteur n’a donc nul besoin d’écrire sa biographie, le lecture des préfaces peut largement satisfaire le lecteur avide d’en savoir plus sur l’écrivain, ses techniques, ses habitudes, etc… Et il y a de quoi dire, entre tout un tas d’anecdotes sur le paysage éditorial de l’époque, les rencontres de Silverberg avec des auteurs, des éditeurs, ou bien des moments plus personnels de ce forçat de l’écriture. Car oui, Silverberg a la plume facile, en quantité (rappelons qu’au plus fort de production, il était tout à fait capable de sortir une dizaine de nouvelles par mois !!), comme en qualité.

Alors bien sûr, né en 1935, Robert Silverberg n’avait que 18 ans à l’époque des premières nouvelles ici présentes, que l’on ne peut décemment pas qualifier de chefs d’oeuvre. Pourtant, tous les récits offrent leur lot de plaisir instantané puisque l’écrivain ne doit pas sa carrière au fruit du hasard, non, il a du talent. Beaucoup. Il le sait et ne s’en cache d’ailleurs pas, à tel point qu’on sent un peu d’autosatisfaction poindre ici ou là dans les préfaces… Pourtant, malgré tout son talent, sa préoccupation première, du moins au début de sa carrière était de payer son loyer, et si on parle d’auto-satisfaction précédemment, il faut aussi saluer la franchise avec laquelle il avoue avoir fait de l’alimentaire, beaucoup d’alimentaire . Il savait ainsi adapter son écriture et ses récits aux magazines pulps qu’il visait (l’essentiel de la production SF de l’époque se faisant via ce canal de diffusion). D’où des histoires parfois un peu faciles, parfois un peu prévisibles, sentant bon la SF des années 50, mais encore une fois toujours divertissantes. Et malgré quelques textes un peu plus profonds de temps en temps, il faudra quelques éditeurs décidés à le pousser dans ses retranchements (notamment Frederik Pohl) pour que commence à apparaître un auteur qui produit enfin des textes à la hauteur de son talent, nous amenant jusqu’au début des années 70, où il est alors au sommet de son art. Le jeune auteur désir de publier à tout prix pour vivre de sa plume, quitte à prendre quelques commandes hasardeuses (comme écrire une histoire d’après une illustration de couverture, défi dont il parvient tout de même à se tirer avec les honneurs), donnant des récits divertissants mais sans grande profondeur à quelques exceptions près, et un homme qui arrive plus réfléchi, plus sensible, plus humain.

Avec « Le monde aux mille couleurs » où Silverberg tente d’écrire une histoire à la Jack Vance, « Pourquoi ? » et ces astronautes se posant des questions existentielles sur leur but dans la vie, « Ozymandias » et l’éternelle confrontation entre scientifiques et militaires, « En bonne compagnie » et ce dirigeant d’une planète se demandant ce qui de l’exil ou du martyr est la meilleure voie, etc…) au voyage dans le temps (« Absolument inflexible » et cette illustration simple mais parfaite de la problématique de la boucle temporelle), en passant par le récit humoristico-sarcastique (« Le chancelier de fer » et ce robot ménager qui prend le pouvoir au sein d’une famille), le récit plus simplement fantastique (« Tant de chaleur humaine » et cet homme qui « absorbe » les mauvaises pensées de ceux qui l’entourent, « L’homme qui n’oubliait jamais », excellent récit sur un homme à la mémoire parfaite, prémices de « L’oreille interne »), ou bien le récit d’anticipation (« Voir l’homme invisible », nouvelle grande réussite malgré une idée de départ qu’il est facile de faire voler en éclat : certains crimes sont punis d’invisibilité, c’est à dire que la personne sanctionnée est libre mais « marquée », cette marque indiquant à ses concitoyens qu’ils ne sont pas censés la voir).

C’est aussi l’occasion pour l’auteur d’explorer des thèmes qui lui sont chers, comme l’archéologie (« L’affaire des antiquités » et son ton assez cynique sur le sujet), les médias (« Les colporteurs de souffrance », critique au vitriol de la surenchère médiatique) ou bien l’altérité, thème qui revient à plusieurs reprises (« Les amours d’Ismaël » et ce dauphin amoureux d’une humaine, « Martel en tête » et cet extraterrestre qui tente de communiquer mais n’arrive qu’à provoquer des cauchemars, ou « Trip dans le réel » où c’est cette fois une femme qui tombe amoureuse d’un extraterrestre déguisé en homme).

Ses livres les plus connus :

– Le cycle de  Majipoor (éditions Mnemos)
Il s’agit de sa grande fresque « Fantasy » ,
R.S. reconnaît s’être très inspiré de Jack Vance et de ses Planète-Opéra pour créer un univers  fantasy avec de nombreuses races, une géographie, des Dieux, etc… bref tout ce qu’on retrouve maintenant dans un univers de JdR.
A l’époque, il n’y avait pas légion de livre-univers, en dehors de Tolkien, Herbert avec Dune, P.J.Farmer avec le Monde du Fleuve ou la Saga des Hommes-Dieux.
Reste que le Cycle de Majipoor reste un classique, qui se lit facilement.

– les Monades Urbaines : ensemble de nouvelles qui se croisent parfois, parlant de toute une société vivant dans une agglomération géante sous forme de méga building. Rappelant 1984 d’Orwel, ici la mégalopole est reine et la société de consommation est coupée de ses racines avec le reste du monde, et la nature.

– Le Livre des Crânes : c’est trash, politiquement incorrect, et délibérément malsain. Une sorte de road movie qui rappele Voyage au Bout de la Nuit. L’histoire : 4 étudiants et amis vont tenir leur journal voyage (c’est donc raconté à la première personne), un road movie qui va les mener vers une possible vie éternelle, à la recherche une secte qui aurait percé le secret de l’immortalité. Mais le prix à payer est lourd : sur les 4, la règle dit que 2 doivent mourir pour que les 2 autres deviennent immortels.
On partage donc les espoirs et souvenirs de ces 4 amis : un Juif New Yorkais malingre et intello, une espèce de quaterback fils à papa pété de tune, un gars qui a tout misé sur ses études médicales pour s’élever au dessus de ses racines campagnardes, et un homosexuel provocateur. Ne vous arrêtez pas à ces clichés, les personnages sont extrêmement soignés.
On va partager avec eux le côté le plus sombre de leurs souvenirs et de leur personnalité.
C’est clairement un bouquin malsain qui en dérangera plus d’un, mais c’est un livre qu’on n’oublie pas une fois refermé.

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Majipoor, Intégrale : Volume 2, Le cycle de Prestimion (7 juin 2018) de Robert Silverberg

Pour la première fois, Mnémos réunit dans une édition intégrale en trois volumes les huit tomes de la création foisonnante de Robert Silverberg : Le Cycle de Majipoor, l’une des oeuvres magistrales de la science-fiction.

Chronique : Prestimion est écarté de la succession de Lord Confalume par le fils de ce dernier, Korsibar, qui prend d’autorité la couronne et le trône du Coronal…
La scène se passe un millénaire avant le règne de Valentin, à une époque où Majipoor n’a pas encore de Roi des rêves. Et cela permet à Robert Silverberg de prendre un nouveau départ dans le cycle de Majipoor.C’est ici que le volume 2 commence.

C’est un départ éminemment politique qui est pris car, à partir de l’usurpation, Les sorciers de Majipoor est un roman qui n’est fait que d’alliances, de manigances et de trahisons, jusqu’à l’inévitable guerre.
C’est aussi un second souffle pour le cycle car il permet à l’auteur d’adopter une démarche totalement différente de celle des précédents tomes, en particulier ceux consacrés à Valentin. Cette fois-ci il n’y a pas de périples de plusieurs années à travers tout Majipoor, mais tout se passe à la cour du Coronal, ou dans ses environs immédiats. Il n’y a pas non plus de personnages très sympathiques, à l’exception de quelques personnages secondaires. Même Prestimion n’est pas spécialement charismatique ; c’est un arriviste, imbu de lui-même, qui recherche la couronne plus parce qu’il s’estime meilleur que Korsibar, que parce qu’il s’estime plus apte à faire le bien que son concurrent. On aura compris que la psychologie politique des personnages est nettement plus fouillée qu’auparavant. Cela étant les autres traits de leurs caractères restent simplistes, voire caricaturaux, en particulier la subite idylle de Prestimion. Les sorciers de Majipoor n’en est pas moins d’une lecture agréable et pleine de rebondissements.  Le second tome Prestimion le coronal  raconte comment Prestimion occupe enfin la charge de Coronal. Mais il est immédiatement confronté aux conséquences de la guerre civile qui a présidé à son ascension sur le trône, et ce en dépit du fait qu’il a fait retirer de la mémoire de chacun tout souvenir de cette guerre…Avec l’aide de quelques sorciers, Prestimion a décidé d’effacer de la mémoire collective ce triste épisode de l’histoire de la planète. Mais dans cette suite, on apprend qu’une inquiétante vague de folie se propage sur toute la planète et Prestimion craint qu’elle ne soit la conséquence de sa décision. La planète géante Majipoor fait partie de ces univers riches et chatoyants dans lesquels on a ordinairement plaisir à se replonger. Hélas, ce nouvel épisode du cycle est extrêmement décevant. L’intrigue est aussi mince que le roman est volumineux. Robert Silverberg tire à la ligne et nous égare dans un nombre incroyable de digressions, ce qui donne l’impression que le roman a été écrit au fil de la plume. Cela occasionne des scènes parfois surprenantes ou incongrues perdues au milieu d’une foule de lieux communs et de répétitions. Ainsi Dantirya Sambail, le puissant procurateur du continent voisin de Zimroel qui a failli tuer Prestimion lors de la guerre civile, recouvre fort opportunément la mémoire et parvient non moins opportunément à s’échapper des prisons du château du Coronal  ! Prestimion, nouveau monarque d’une planète de plusieurs milliards d’individus, s’empresse alors de délaisser ses devoirs et passe le plus clair de son temps à parcourir la planète à la poursuite de son ennemi. Entre deux escapades, il trouve tout de même le temps de se marier, mais la romance est bien vite expédiée et fort peu crédible. Prestimion est un personnage pour lequel on n’éprouve pas de sympathie, et on a d’autant plus de mal à s’intéresser à ses problèmes. Il ne reste guère pour le plaisir du lecteur qu’une succession de descriptions des lieux les plus étranges de Majipoor. Mais Le château de Lord Valentin nous a déjà permis de parcourir ce monde fascinant dans de bien meilleures conditions, et Prestimion le Coronal fait bien pâle figure en comparaison. Le roi des rêves conclut plutôt bien un cycle inégal en qualité.  mais sait bien ce finir avec ce tome qui développant une trame et une intrigue intéressantes, est d’une lecture plutôt agréable. les personnages, qui semblent toujours manquer de profondeur et de substance; les caractères ne sont pas assez fouillés, manquent de complexité et certains sont même assez simplistes, tels les cinq frères Sambailids complètement idiots…
Mais cette impression est peut-être due au fait qu’ils ont déjà été présentés dans les tomes précédents. En outre, beaucoup de temps est passé à décrire les étapes de la passation des pouvoirs (avant et après la mort de Confalume), les doutes ressentis par Prestimion et Dekkeret quant à leur capacité à assurer au mieux leurs nouveaux rôles respectifs, mais également à nous convaincre de la supériorité morale des deux monarques (au point de les rendre presque parfaits), alors que les situations conflictuelles sont abordées et résolues un peu trop rapidement, qu’il s’agisse de brouilles amoureuses (entre Dekkeret et Fulkari ou entre Keltryn – sœur de Fulkari – et Dinitak – ami de Dekkeret), de désaccords entre Prestimion et Dekkeret sur la stratégie à suivre ou bien de la confrontation finale entre Dekkeret et Mandralisca… En effet, cette rencontre débutant à peine s’achève déjà sans qu’on ait eu la chance d’assister à un véritable duel (combat physique ou, pourquoi pas, psychique) entre ces deux forts caractères (ou du moins présentés comme tels).…
Nous avons là un livre intéressant, mais dont certains aspects essentiels n’ont pas été assez approfondis. Ce roman aurait mérité, bien qu’il compte déjà plus de 450 pages, d’être un peu plus long.  Un volume pour ce qui aime le Cycle de Majipoor mais qui reste de grande qualité.

Note : 9/10

 

  • Broché: 1072 pages
  • Editeur : MNEMOS (7 juin 2018)
  • Collection : Univers

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La porte des mondes, intégrale (1 octobre 2015) de Robert Silverberg

Et l’histoire fut changée pour toujours… En 1348, totalement ravagée par la peste, l’Europe a été conquise par l’Empire ottoman qui règne depuis en maître absolu. La Renaissance, comme les Grandes Découvertes, n’ont pas eu lieu. Les Aztèques dominent le Nouveau Monde et six cents ans plus tard, la technologie entre seulement dans l’ère de la vapeur. Au début des années 1960, Dan Beauchamps, jeune Anglais fougueux en quête de gloire et de reconnaissance quitte son Angleterre natale pour les Hespérides. Il s’embarque alors pour une extraordinaire aventure autour d’une planète devenue le miroir inversé de l’ordre mondial que nous connaissons.

Chronique : Cette intégrale rassemble quatre textes, écrits par Robert Silverberg (les deux premiers), John Brunner (le troisième) et Chelsea Quinn Yarbro (le dernier), entre 1967 (le premier) et 1990/91 (les trois autres). Le premier texte fait 150 pages, les trois autres environ 65-70.
Ils ont la particularité de se dérouler dans le même univers, créé par Silverberg dans le premier texte (La Porte des Mondes). Il s’agit d’une uchronie, c’est-à-dire d’une Terre où l’histoire a pris un cours différent de celui que nous lui connaissons.  Silverberg nous offre une balade dans un Mexique de 1963 incréé, à travers le périple d’un jeune anglais en mal d’aventure. Ne vous attendez pas à une histoire pleine de suspense et d’action ; ce n’est pas le but de l’exercice. Nous sommes avant tout ici pour faire du tourisme et découvrir le pays, ses coutumes et ses décors fabuleux. Cela n’empêche pas l’auteur de travailler son personnage principal aussi bien que d’habitude. Notre anglais jouit d’une véritable épaisseur, d’un comportement humain plutôt naïf et capable de décisions stupides. le récit est agréable et frais, baignant dans l’exotisme du fait même que ce Mexique n’est pas le nôtre. Par son personnage en balade et la découverte d’un monde différent,
Au début des années 1990, Silverberg s’associe à deux amis – et quels amis puisqu’il s’agit de John Brunner (Tous à Zanzibar) et de Chelsea Quinn Yarbro (Ariosto Furioso) – pour étoffer son monde. Chaque auteur produira une longue nouvelle, ou un court roman comme vous voulez).
Le ton est nettement plus géopolitique à présent. Silverberg s’intéresse à la succession au sein du royaume africain du Songhaï (qui a réellement existé), succession perturbée par l’ingérence plus ou moins discrète des grandes nations de ce temps. Brunner nous invite à table à Cracovie, au côté de convives qui ont tous un secret en relation avec la mort récente du Tsar de Russie. Enfin Yarbro nous décrit les tergiversations de l’empire Inca à la recherche d’alliés contre un usurpateur des Vastes Plaines.
Plusieurs messages passent : en premier lieu, si les nations éliminées ou soumises par la domination de l’Europe avaient eu les coudées franches, elles ne se seraient comportées ni mieux ni moins bien que les nations européennes : désir de conquête, de puissance, habileté diplomatique et trahisons, volonté de guerre, sont des constantes indépendantes des acteurs qui les portent. En second lieu, les nations maîtresses de cette Terre subiront tôt ou tard le déclin, les peuples soumis se révoltant à la première bonne occasion. La grande qualité de la nouvelle de Brunner et la façon dont les deux textes complètent et étendent l’univers géopolitique des deux textes de Silverberg font que m si vous avez aimé cet univers vous ne le regretterez pas.

Note : 9,5/10

 

  • Relié: 432 pages
  • Editeur : MNEMOS (1 octobre 2015)
  • Collection : Intégrale

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La courte histoire de la fille d’à côté (31 mai 2018) de Jared Reck

Si on était dans un film, Matt dirait à Tabby qu’il est fou d’elle. Alors, elle se jeterait dans ses bras -sous une pluie battante, évidemment. Mais on n’est pas dans un film : Matt et Taby sont voisins, il est son meilleur ami, et elle est amoureuse de Liam. Cynique, romantique, sur le terrain de basket, pendant les cours, Matt repense à leurs moments partagés et serait prêt à tout pour la garder. Mais un événement tragique vient tout bouleverser…

Chronique :La courte histoire de la fille d’à côté  de Jared Reck est une lecture douce, hilarante et émotionnelle. Un livre qui présente aux lecteurs un casting complet de personnages dont on ne peut s’empêcher de tomber amoureux. Ils vont tous vous faire rire et pleurer.

Matt Wainwright a une voix si douce, si maladroite et si bruyante. Il est doux comme l’enfer une minute, doux purement par accident l’instant d’après, c’est un garçon de quinze ans qui essaie de trouver son chemin dans le monde. Sa vie tourne autour du basket-ball, de sa famille, de son meilleur ami pétant, Trip, et de son amour pour la fille d’à côté. Tabby, Matt et Tabby ont grandi ensemble. Leurs journées, leurs vacances et leurs souvenirs sont complètement tissés ensemble. Pour Matt, ce ne serait pas Halloween sans Tabby et son énorme dépendance aux Nerds. Aucune des fêtes ne se sentirait bien sans elle. Mais Matt peut-il risquer son amitié pour quelque chose de plus avec Tabby ? Peut-il trouver les mots pour lui dire ce qu’il ressent ?

On adore la façon dont M. Reck a capturé les sentiments de Matt pour Tabby sur la page. La voix de Matt est si simple, réelle et sonnera vrai avec des lecteurs de tous âges. Vous pouvez sentir à quel point Matt est désespéré à propos de ses sentiments pour Tabby dans les scénarios hilarants qui lui passent par la tête. Comment garde-t-il de telles émotions à l’intérieur ? Mais en même temps, comment fait-il pour que Tabby puisse voir ces énormes sentiments ? Vous sentirez sa douleur. Surtout quand un nouveau type entre en scène, provoquant toutes sortes de vagues et de maladresses dans l’amitié de Tabby et Matt. Leur amitié peut-elle survivre aux changements ? Matt a raté son tir ? Ce livre contient l’une des plus douces excuses/déclarations d’amour impliquant des Nerds jamais écrites ! Parfois les choses simples dans la vie deviennent énormes dans l’amour. Et Matt l’épelle parfaitement dans le rire et la douleur. Comme il veut et a besoin de Tabby pour le voir frapper une balle de baseball ou s’asseoir à côté de lui dans l’autobus.  Le voyage de Matt vous fera mal au cœur. Un voyage qui montre comment la vie peut changer en un instant.  Leur histoire ne manquera pas de vous toucher le cœur. Une histoire pleine d’amour, de perte.

Accrochez-vous à votre cœur et ayez une boîte de mouchoirs en papier à portée de main.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (31 mai 2018)
  • Collection : ROMANS ADO ETRA

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Timote Prend le Train (7 juin 2018) de Massonaud Emmanuelle

Timoté est un petit lapin qui, au fil des albums, partage sa vie avec ses copains et sa famille.

Chronique :Un livre de Timoté est toujours une une jolie histoire à raconté au enfants. Les couleurs du livre sont à la fois vives et douces et animent des dessins tendres et ronds. Il y a des détails charmants dans les illustrations. le jeune lecteur est invité à chercher des petites choses dans la page, à faire marcher son imagination et son observation. Il y a aussi un jeu des différences à la fin de l’album. L’album est adorable, Timoté et sa famille sont si mignons !

Note : 9/10

 

  • Relié: 32 pages
  • Editeur : Grund (7 juin 2018)
  • Collection : TIMOTE

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Trois Filles Rebelles et un Pari (6 juin 2018) de Véronique Grisseaux

A 13 ans, Camille, Elocyne et Jade sont amies pour la vie. La première est une boule d’énergie, la deuxième, réservée, se passionne pour le dessin, la troisième la plus féminine adore écrire en secret. Ensemble, elles ont des pics de folie ! À la veille des vacances, les trois copines de 4e font un pari : rencontrer un garçon et l’embrasser. Mais une fois à Carnac, Formentera ou Chamonix, rien n’est simple car le cœur entre en scène…

Chronique :  Véronique Grisseaux aborde la question de la séparation amoureuse et des conséquences que cela peut faire à ses ages là où on se croit responsable de beaucoup de choses, le désir de contrôle absolu associé au rejet de ceux qui tendent la main vers eux.
Moins sucré, moins fleur-bleue, mais plus tourmenté, plus épidermique, Trois Filles Rebelles et un Pari est un très jolie surprise là où un auteur aurait pu se laisser porter par la facilité et c’est aussi un hymne au pardon et un message pour ne pas s’isoler quand tout va mal.Des personnages très attachants et singuliers, une histoire d’amitié et d’amour magnifique, pleine de suspense et de rebondissements, une couverture gourmande et colorée.
La fin est magnifique, très touchante et émouvante.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (6 juin 2018)
  • Collection : Grand Format 9-12

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Pourquoi je suis pas un papillon ? ( 06 juin 2018) de Jerry Ayan

Jerry vit avec sa femme Ketty et leurs trois enfants, Jeremy, Anne-Laure et Alizée, à La Réunion. Nous sommes en 2008. Anne-Laure a 10 ans, elle entre en sixième.

Chronique : Il y a des livres qui résonnent encore en nous même après la fin de lecture, des livres qui nous bouleversent jusqu’aux larmes et qui nous amènent au-delà de toutes vérités, au-delà même de ce qui nous entoure et nous transportent au point de nous sentir grandis. le récit autobiographique, témoignage de Jerry Ayan sur sa fille Anne-Laure, est de ces livres.
Page après page, on découvre des univers (familial, scolaire, hospitalier), une famille dans la tourmente mais solidaire et pleine d’amour et Anne-Laure, une enfant comme les autres, pleine de vie mais qui pourtant révèlera une personnalité étonnante, courageuse face à la maladie. Une maladie qui sera comme un électrochoc, révélateur des choses essentielles de la vie telle que l’amour et l’amitié et révélateur de la valeur même de la vie.
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, des possibles, des aventures diverses à vivre jusqu’au bout. C’est dans les plus mauvais moments que l’on trouve parfois courage et force. le témoignage prend aux tripes, nous élève, nous donne envie soudain de voir au coin d’une rue cette enfant incroyable et l’on regarde notre enfant avec un frisson. Et si un jour tout basculait ? Anne-Laure est présente d’une manière incroyable dans le récit de son père qui montre là son amour, ce lien qui ne se brisera jamais même après la mort. Elle continue à exister à chaque lecture autant que dans le coeur et l’esprit de ceux qui l’ont aimée, côtoyée. Car, la vie continue…

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Archipel (18 janvier 2017)
  • Collection : Récits, témoignages
  • Langue : Français

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Souvenirs effacés (6 juin 2018) de Arno Strobel

L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine.

Chronique : Tout au long du livre, il n’y a pas de fin au suspense,  et l’histoire est  excellente. Ce n’est pas un roman policier en tant que tel  mais il maintient un suspense impressionnant et avec une situation à laquelle vous ne vous attendez pas. l’auteur est allemand, et on est surpris par son style et la façon dont il raconte l’histoire. Cela nous aide à sortir des auteurs latino-américains, anglais et américains et à explorer d’autres aspects, et quelle meilleure façon de le faire que dans ce genre qui en attrape beaucoup d’entre nous ?

Sybille se réveille dans un hôpital, connectée à certains appareils, on lui dit qu’elle a été dans le coma pendant deux mois, et son dernier souvenir montre la disparition de son fils Lucas, mais il s’avère que lorsqu’elle pose des questions sur lui, tout le monde est déconcerté, parce que Sybille n’a pas d’enfants. A partir de ce moment, sa vie entière devient chaos alors qu’il essaie de réparer ce désordre. c’était comme si tout son monde s’était soudainement effondré, pour découvrir quelque chose qui allait plus tard changer sa vie pour toujours.En outre, la curiosité des personnages faisant constamment le coin opposé a également augmenté votre étonnement. Même si quelques questions ont été lentement posées au cours du livre, qui est qui ? En qui pouvez-vous avoir confiance ? Un thriller bien écrit et passionnant avec une idée vraiment intéressante. Super !

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 330 pages
  • Editeur : Archipel (6 juin 2018)
  • Collection : Suspense

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