Ma soeur est une brute épaisse (9 mai 2018) de Alice de Nussy et Sandrine Bonini

Quand on aspire à une vie tranquille et douce, pas facile d’être le grand frère d’une petite soeur aussi rusée qu’infatigable, et qui peut carrément se révéler terrifiante (n’est-ce pas, le chat… ?). Un album à la fois tendre et drôle à mettre entre les
mains de toutes les fratries !

Chronique : Un superbe livre jeunesse de la part de Alice de Nussy et Sandrine Bonini  les aventures de ce frère et cette sœur qui sont dans l’opposé  à un humour décalé e avec un écriture dans la veine de Goscinny mais plus centrée sur la vie de famille, les idées sont bien exploité et on a de la peine pour ce garçon mais en même temps ceux qui on eu un frère ou une sœur comprendront ce livre pour ses farces.
On a perpétuellement le sourire aux lèvres. Le ton employé par l’auteur est humoristique et on sent qu’il a de l’autobiographie dedans et le dessin est juste magique et nous emporte dans ce petit livre que on a envie de redécouvrir un fois refermer..

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Grasset Jeunesse (9 mai 2018)
  • Collection : Lecteurs en herbe

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La Nuit de l’ogre (9 mai 2018) de Patrick Bauwen

Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin.
Après Le Jour du chien, Prix polar 2017, Patrick Bauwen signe un thriller aussi effroyable que maitrisé.

Chronique : Ce livre réaffirme que Patrick Bauwen est l’un des meilleurs auteur de thrillers du moment. C’est admirable sa capacité à ne pas laisser une seule fin en suspens et à avoir l’audace de faire croire au lecteur qu’il a une longueur d’avance sur lui et de l’humilier ensuite avec une résolution qui dépassera chacune de ses attentes. Non seulement il ferme l’étui proprement et clairement, toutes les pièces s’emboîtant parfaitement, mais il joue aussi avec l’esprit du lecteur qui retourne le plateau à la dernière minute, présentant une conclusion tout aussi parfaite mais beaucoup plus choquante. Dans ce livre, vous pouvez voir un saut dans son écriture. Des descriptions plus détaillées et des personnages mieux développés. Et l’auteur maintient, bien sûr, sa maîtrise magistrale des points culminants, pour raviver le mystère au bon moment afin de rendre la lecture plus addictive et de distribuer stratégiquement des petites et grandes intrigues, de telle sorte qu’elle provoque une sorte de vertige déductif chez le pauvre individu qui lit donc nous. Quant au rythme, il est intense et soutenu tout au long du récit : on ne s’ennuie pas une seule seconde. Tous les ingrédients pour faire un bon thriller sont réunis, avec en prime des personnages hors du commun.

Note : 9,5/10

  • Broché: 496 pages
  • Editeur : Albin Michel (9 mai 2018)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR

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J’ai perdu Albert (28 mars 2018) de Didier van Cauwelaert

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein

Chronique : Tout en prétextant une histoire d’amour, l’auteur rend hommage à Albert Einstein de façon inédite en l’incorporant au roman sous la forme d’un esprit farceur et notamment squatteur. Cette aventure loufoque voir parfois carrément burlesque nous donne matière à réfléchir quant à l’intégrité d’un génie dans une époque bouleversée par de fortes tensions diplomatiques.
En effet, alors que l’histoire se déroule dans un présent bien contemporain avec des personnages modernes, le passé d’Einstein revient beaucoup sur le tapis et nous plonge au coeur d’un paradoxe quasi spatio-temporel. Pourquoi un mort, accessoirement connu pour quelques découvertes historiques, voudrait-il continuer à vivre à travers le corps de quelqu’un d’autre ? En rendant hommage à notre cher Albert, l’auteur remet en lumière son passé tumultueux, sans cesse ballotté entre la reconnaissance générale et l’hypocrisie, entre le statut de génie du siècle à celui de clown, victime de sa folie intellectuelle l’ayant conduit à élaborer l’arme du siècle. Nous avons réellement l’impression de rencontrer Albert Einstein à travers ce roman qui est à la fois drôle et grinçant. L’incompréhension qu’a suscité cet homme, les mensonges qui l’ont sali… tout est à présent bien plus clair et nous pouvons dire que finalement, il n’y a pas d’homme peu adapté à son siècle mais plutôt un siècle peu adapté à un esprit extraordinaire.Un petit roman sans prétention, mais qui se lit très bien. On passe vraiment un bon moment de lecture et c’est l’essentiel.

Note : 9/10

 

  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Albin Michel (28 mars 2018)
  • Collection : A.M. ROM.FRANC

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Le Trésor de l’île sans nom (3 mai 2018) de Gilles ABIER et MINI LUDVIN

Il existe une île sans nom, qui n’est répertoriée sur aucune carte et qui cache au fond de son volcan éteint le trésor d’une bande de pirates. Si un bateau s’approche, le réveil du volcan est simulé, à grand renfort de feu et d’explosion, si bien que l’île n’est jamais visitée. Nul ne sait donc qu’elle abrite aussi les « coquins » : Morbleue, Flibuste, Gargousse, Babord, Tribord, Cayenne et Fantine sont tous enfants de pirates. Ils reçoivent sur l’île une éducation de qualité. Pas question qu’ils ne parcourent les mers, comme leurs parents. Mais le jour où, ceux-ci partis, une caravelle espagnole file droit sur l’île, sans dévier sa course, les coquins n’ont pas d’autres choix que de se dévoiler et protéger leur secret.

Chronique :  Un roman jeunesse bien rigolo et qui ne se prend pas la tête. Au départ il faut bien sur aimer l’univers des pirates pour pouvoir lire se livre qui est très bien fait. L’humour est évidemment bien présent. L’auteur sait faire rire et rend les gags comiques et très drôles, grâce au superbes illustrations.
Les enfants vont adorer la tête des enfants, leur air très surpris lors des chutes des gags, comme s’ils ne comprenaient pas du tout ce qui se passe.
Certains gags interfèrent avec les suivants, ce qui fait qu’ils se mélangent, et c’est ça qui fait le comique. Les gags sont tantôt courts, tantôt longs.
Assez souvent, on est induit en erreur par l’auteur, du fait que ce n’est qu’au moment de la chute que l’on comprend le ridicule de la situation. De quoi faire rêver les enfants, et notamment les petits garçons qui prendront sans aucun doute beaucoup de plaisir à (re)lire et se faire lire cette histoire.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 192 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Poulpe Fictions (3 mai 2018

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Bad baby-sitters (3 mai 2018) de Caroline Cala

Commes les héroïnes du Club des baby-sitters, Malia, Dot et Bree ont décidé de créer leur propre club. Tant Pis si elles ne connaissent rien aux enfants, elles ont absolument besoin d’argent pour organiser leur super fête d’anniversaire.

Chronique : C’est un livre très amusant . Les trois personnages sont très distincts les uns des autres et aussi uniques — l’auteur fait un travail incroyable avec la caractérisation dans cette histoire. Ce roman est aussi une bonne parodie de la création d’un club de baby-sitters. Bien que le sujet du roman est traité légèrement grâce à l’humour et que son scénario se révèle plutôt convenu, Bad baby-sitters démontre tout en passant un bon moment et efficacement que les enfants ont besoin de quelqu’un qui les aime pour qu’il puisse pleinement s’épanouir.
Ce roman donne en plus à réfléchir sur l’avenir que l’on se construit petit à petit, en ne prenant pas la route la plus simple. de toutes façons, tous les chemins mènent à Rome, alors pourquoi ne pas emprunter des détours et contours pour y arriver, ça ne manquera pas de nous enrichir.
Donc en mélangeant le tout on obtient un roman pétillant, humoristique, touchant et crédible.

Note : 9/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (3 mai 2018)
  • Collection : FICTION

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Laomer: La nouvelle histoire de Lancelot du Lac (26 avril 2018) de Pierre-Marie Beaude

En cette fin du XIIIe siècle, des guerriers nordiques attaquent les côtes d’Irlande et d’Écosse, enlèvent les jeunes gens pour repeupler leurs terres lointaines cachées derrière la mer des Brumes. Morgane l’enchanteresse et Calogrenant, chevalier de la Table ronde, embarquent pour l’Irlande, à la recherche de Robert de Laomer, mystérieux chevalier qui a vu sa femme et son fils périr dans l’incendie de son château. Porteurs d’une nouvelle qui devrait lui redonner le goût de vivre, Morgane et Calogrenant le retrouveront-ils ? De la Sicile aux terres gelées du Nord, de la Cornouailles à Venise, de joyeuses rencontres en dangereuses péripéties, jusqu’où les mènera ce périple ?

Chronique : Excellent ouvrage pour ceux qui veulent aller plus loin dans la légende des chevalier de la table ronde. P.M.Beaude est un exégète reconnu par ses pairs, davantage connu du public par ses livres pour la jeunesse. Le livre est tout à fait fidèle à la légende mais on va plus loin avec un texte fluide, avec des transitions  qui font que l’enfant apprend ainsi sa langue maternelle et enrichi son vocabulaire en reprenant et en testant de nouveaux mots dans ses phrases. Parfois cela est cocasse et donne lieu aux « mots d’enfants » qui nous font sourire
A lire

Note : 9/10

 

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (26 avril 2018)
  • Collection : ROMANS ADO FRAN

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Hôtel des frissons – Sans corps ni tête (19 avril 2018) de Vincent Villeminot et Joelle Dreidemy

Grands travaux à l’hôtel pendant les vacances d’été ! Le manoir en avait bien besoin. Mais Margot, la fille du propriétaire, et Tristan, le fils du cuisinier, ont un choc quand ils se rendent compte que l’armure du fantôme Jean-Sans-Tête a disparu. Aurait-elle été remisée au grenier de tous les dangers ? Ou vendue à l’effrayant antiquaire de l’impasse des Longs Couteaux ?

Chronique : Cette série dans le type de RL Stine : Hôtel des frissons est un roman pour trembler. Avec deux héros Margaux et Tristan et un endroit à vraiment glacer le sang.
L’histoire est saignante, les dessins « horrifiques… » et le suspens total.
C’est un roman junior bien écrit, facile à lire qui détonne un peu et fera bien flipper les petits lecteurs.

Note : 9/10

 

  • Poche: 96 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Nathan (19 avril 2018)
  • Collection : HOTEL FRISSONS

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Le Manuscrit inachevé (3 mai 2018) de Franck THILLIEZ

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.

Chronique : Dès le début, nous sommes prévenu, la personne ayant terminé le livre n’est pas celle qui l’a commencé. L’auteur et l’éditeur (fictifs bien sûr) auront en mains les mêmes clés que le lecteur pour dénouer les ficelles de ce machiavélique ouvrage ! Autant dire qu’avant le 78ème chapitre, j’ai rassemblé mes notes et que j’ai fait chou blanc !
Les personnages sont attachants et l’intrigue très prenante. D’un côté, un contrôle de police qui tourne au cauchemar lorsqu’une voiture termine dans le décors et que l’on découvre un corps dans le coffre dont le meurtrier, c’est évident, n’est pas le conducteur. de l’autre, une romancière dont la fille a été kidnappée 4 ans plus tôt. le ravisseur est normalement en prison, même s’il n’a jamais voulu révéler l’emplacement du corps. Lorsque le père de la jeune disparue révèle a sa femme qu’il a du nouveau sur l’affaire et qu’il se fait agresser, tout se complique.
Quel est le lien entre ces deux affaires ?
C’est un vrai sac de nœuds que nous a préparé Thilliez. On ne peut pas le lâcher. On a envie de sauter les pages pour découvrir le fin mot de l’histoire. Le manuscrit inachevé se lit de manière indépendante des précédents romans de Franck Thilliez, pas besoin d’être familier avec l’auteur ou ses personnages récurrents !
Et c’est une nouvelle lecture que Thilliez nous livre, il a cette extraordinaire faculté d’inventer des histoires dans son histoire, de créer un scénario sans temps mort qu’on ne veut pas lâcher, de créer des labyrinthes extraordinaires.
Il a aussi cette capacité de créer des personnages qui prennent vie et qui accompagnent le lecteur, s’insinuent dans son univers.
Dans ce thriller, il est question de mémoire, une fois encore, mais sur un mode moins scientifique, mais pas moins intéressant, on y parle d’hypermnésie, d’amnésie traumatique et autre cryptomnésie. Franck Thilliez nous parle aussi du Darknet, de l’écrivain. Un excellent thriller qui déploie toute la maestria de l’auteur, le tout porté par une plume alerte et soignée.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (3 mai 2018)

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Le veilleur du jour (3 mai 2018) de Jacques Abeille

Barthélemy Lécriveur est un homme sans mémoire et sans passé. Venu du pays des Hautes Brandes, il rejoint la ville de Terrèbre dans l’espoir de pouvoir embarquer vers les îles. Mais une fois dans la capitale de l’Empire, alors menacée par l’invasion de barbares, il rencontre une serveuse ensorcelante qui l’amène à changer tous ses projets. Il se retrouve ainsi mis en relation avec une société d’archéologues à la recherche d’un gardien pour un entrepôt vide, un mystérieux bâtiment bordé d’un cimetière laissé à l’abandon. Barthélemy est convaincu que ce lieu sert à des activités clandestines mais, irrésistiblement attiré par son étrangeté, il accepte le poste. Le pouvoir visionnaire de Jacques Abeille dans Le veilleur du jour justifie le rapprochement fait par la critique avec les oeuvres de Gracq, de Le Guin, de Tolkien.

Chronique : Entre le roman d’énigme, la romance, voire même l’érotisme, ou encore le journal intime. ABEILLE se plait à y jouer des allusions, de perdre le lecteur sur des pistes improbables et de ne pas répondre à toutes les questions qu’il aura presque négligemment instillé dans les esprits. En filigrane il dessine pourtant les contours d’une société pas si éloignée de la nôtre (celle de Térrèbre), et ceux d’un monde perdu mais néanmoins toujours menaçant (celui du cimetière et de son mausolée).

La lecture confine bien vite à la fascination tant la prose de Jacques ABEILLE est travaillée et pleine de références. Ce sont des références littéraires, tel Barthélémy Lécriveur en tant que double de Bartleby l’écrivain, nouvelle bien connue d’Herman MELVILLE ayant inspirée nombre de théories de l’anti-pouvoir. Ce sont des références plus ésotériques, le mausolée étant structuré en vingt-deux salles, tels les arcanes majeurs du tarot divinatoire

Note : 9/10

 

  • Poche: 624 pages
  • Editeur : Folio (3 mai 2018)
  • Collection : Folio SF

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Les jardins statuaires (3 mai 2018) de Jacques Abeille

«En vérité je ne sais d’où ces statues tiennent cet air de présenter chacune à sa manière une déchirure profonde, et secrète, mais comment n’en serait-on pas touché ?» À une époque indéterminée, un voyageur parcourt un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues… Inlassablement, les jardiniers plantent, soignent et transplantent les pierres. S’ils acceptent de guider l’explorateur dans leur étrange contrée, lui disent-ils tout des règles de leur société ? À la fois récit d’aventure, conte initiatique et rêve éveillé, Les jardins statuaires fascine par son ampleur et évoque les œuvres de J. R. R. Tolkien ou d’Ursula Le Guin. Tapuscrit égaré, malchances et incendies ont concouru pendant trente ans à l’occultation de ce roman sans équivalent dans les lettres françaises.

Chronique : A une époque indéterminée, dans une région aussi lointaine qu’indéfinie, un voyageur découvre un monde étrangement organisé, constitué de vastes domaines agricoles clos de hauts murs et vivant en autarcie, comme de petits univers indépendants les uns des autres. Les hommes y vivent séparés des femmes, sous la houlette d’un ancêtre plus ou moins bienveillant. Ils cultivent des statues de pierre qui poussent naturellement dans le sol mais qu’il faut élaguer, entretenir, laver et soigner comme on le ferait pour de simples rosiers. L’ennui, c’est que ces statues peuvent attraper la maladie de la pierre, laquelle peut être néfaste pour l’ensemble des cultures. Parfois apparaît une statue représentant non pas un ancêtre défunt, comme d’ordinaire, mais un jardinier bien vivant, ce qui est très mauvais signe pour l’homme qui sait que ces derniers moments ne vont pas tarder. Autre évènement alarmant et qui risque de changer cet ordre immuable : des jeunes gens se sont rebellés contre ce mode de vie patriarcal. Ils ont quitté leurs domaines, sont montés vers le nord et ont rejoint un chef mythique capable de fédérer toutes sortes de tribus de nomades et de mettre en péril la vieille civilisation… Etrange roman ui nous plonge sans préparation dans un monde plus réel que le nôtre. Un monde où poussent des statues comme des plantes. Avec leur prolifération, leurs règles, leurs mœurs et coutumes dans une logique héritée de l’univers surréaliste. Se croisent les ombres de Gracq, Magritte. Car Abeille a beaucoup compagnonné avec les surréalistes et son existence secrète à Bordeaux n’aura été vraiment révélée quand 1982, lorsque Bernard Noël publia ce roman culte en 1982. Les jardins statuaires sont un objet obscur et étrange qui marque durablement la littérature. Abeille parle d’un « rêve éveillé » qui l’a saisi et qu’il aurait simplement retranscrit en littérature. Mais ce monde, où les jardiniers patiemment plantent des statues qu’eux seuls savent des rêves éveillés, est un monde clos qui existe hors du nôtre. Toute sa vie est basée sur le commerce des statues. Lumière et chaos s’y entremêlent. Un univers à la fois absurde et totalement archaïque. Une société hiérarchisée au maximum dans laquelle tous les rapports humains sont codifiés par des règles si strictes qu’elles en deviennent presque inhumaines. La vie des femmes et l’organisation des mariages par échanges réciproques entre les différents domaines agricoles en sont les exemples les plus criants. Le style de Jacques Abeille est d’une très grande qualité, à la fois fluide, agréable, enlevé et également poétique, sophistiqué, ciselé.

Note : 9/10

 

  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Folio (3 mai 2018)
  • Collection : Folio SF

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