The Wicked + the Divine – Tome 03 : Suicide commercial (4 octobre 2017) de Kieron Gillen et Jamie McKelvie

Fandemonium, l’apocalypse, a éclaté. Les membres restants du Panthéon se réunissent pour élucider la mort d Inanna. Morrigan est capturée, tandis que Baphomet part se cacher dans les ombres souterraines. Les tensions augmentent alors qu Ananke poursuit son funeste projet, et que les corps continuent de tomber. Qui pourrait percer à jour les desseins de la déesse de la destinée ?

Chronique :Après deux volumes grandement appréciés, ce volume est un peu une une claque aux lecteurs !
Premier grand choc : chaque chapitre est fait par un artiste différent et se concentre sur un dieu différent. Malgré cette très grande qualité on a l’impression que le tome n’a aucune cohérence mais surtout l’histoire ne reprend pas où l’on s’est arrêté dans le très bon volume 2 avec la mort de Laura. Les différentes histoires ne sont qu’épisodiques et n’ont pas l’air de s’inscrire dans une plus grande partie du récit ! Mais c’est un livre qui ne se concentre pas sur les relations centrales qu’un fan développe avec ses idoles, mais sur la vie et les expériences de chaque dieu idolâtré par le monde. Ce sont des gens profondément brisés, maudits par la renommée et l’adoration, un thème présent dans les volumes précédents mais loin d’être aussi explicité que dans ce volume 3. Si le plus grand message littéraire est combien il serait terrible d’être célèbre adorer les fans « sont à leurs idoles, alors ce livre est plus fidèle à la livraison de ce message et plus efficace que les deux volumes précédents combinés. C’est un volume stellaire dans une série stellaire qui vaut le temps de lire pour tout le monde.

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Les styles artistiques entre les cinq varient considérablement, étant parfois riches, vibrants et détaillés, et d’autres fois étant plus grossièrement dessinés avec une palette de couleurs plus simpliste. Stephanie Hans, Brandon Graham et (surtout) les numéros de Tula Lotay sont les meilleurs, mais les artistes ont tous été choisis d’une manière très intelligente dans laquelle leurs styles reflètent le ton général de leurs problèmes respectifs, par Lotay  qui est profond et poignant pour un problème qui est également, Graham est loufoque pour un problème qui est également, etc.C’est définitivement un changement de vitesse, et notre principal protagoniste des deux premiers volumes, Laura, est absent de ce troisième, mais ne le prenez pas ça comme signifiant que ce volume est plus ennuyeux ou moins excellent. Même si l’action n’est pas aussi endémique, les capacités de narration de McKelvie sont toujours aussi réelles. Le plus remarquable de tous, nous obtenons également l’énorme révélation dans ce volume de qui a tué le juge et a encadré Lucifer dans le volume 1, et la réponse peut être encore un autre choc. Mais en explorant plus en profondeur l’histoire de chaque dieu, McKelvie est en mesure de donner aux lecteurs une meilleure compréhension de la façon dont ils se rapportent tous à l’auteur et des dieux qui se tiennent avec ou contre eux sur toute la ligne. Il arrive à un bon moment pour les choses inévitablement échauffantes dans le prochain arc que sera le volume 4.

Note : 8,5/10

 

  • Album: 192 pages
  • Editeur : GLENAT (4 octobre 2017)
  • Collection : GL.COMICS

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Grands crus en eaux troubles (4 octobre 2017) de Laurent Panetier et Georges Van Linthout

Antoine et Julien travaillent pour un mensuel indépendant, La Feuille de vigne, spécialisé dans le milieu du vin. Leur prochaine enquête concerne Jean Poitou, un célèbre collectionneur de grands crus récemment victime d un cambriolage. Un individu fantasque et singulier, connu pour ses prises de position radicales, en croisade contre la spéculation à tout crin qui fait monter la côte des grands millésimes à des prix plus qu exorbitants. Quelqu’un qui ne s’est donc pas fait que des amis…
Arrivés chez Poitou, Antoine et Julien découvrent un certain nombre de « bizarreries » qui les incitent à rester pour mener leur propre enquête.

Chronique : Trés bonne bande dessiné sur le millieu du vin avec comme concept le coté policier à l’appui écrit par Laurent Panetier. où il s’appuie sur une solide documentation du milieu viticole : les termes et clins d’œil sont précis, parfois complétés par des précisions en bas de page. Le duo de journalistes spécialisés qu’il met en scène enquête sur une rivalité musclée. D’un côté, Antoine quinquagénaire bougon avec beaucoup d’expérience et de l’autre Julien, dans la vingtaine et parfois naïf. Les deux hommes travaillent pour La feuille de vigne, un journal indépendant dont la thématique est le monde vinicole.

 

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Bien écrit, le récit est rondement mené et permet de passer un bon moment de lecture ; grâce à la galerie de personnages mais aussi à l’intrigue bien ficelée même si très classique. Pour attiré le lecteur, il apporte de l’humour par des scènes cocasses et des dialogues savoureux. Pour l’accompagner au dessin, Georges Van Linthout dévoile de belles planches. Trés bon divertissant à lire en busant un bon vin.

Note : 9/10

 

  • Album: 56 pages
  • Editeur : VENTS D’OUEST (4 octobre 2017)
  • Langue : Français

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Game Over – Tome 16 : Aïe aïe eye (4 octobre 2017) de Midam

Dans l’univers virtuel du Petit Barbare, les morts se suivent et ne se ressemblent pas. Préférez-vous le voir transpercé, déchiqueté, brûlé, écrasé ou dévoré ? Pour le faire passer de vie à trépas, vous avez l’embarras du choix ! Car Midam rivalise encore d’ingéniosité pour malmener notre pauvre Petit Barbare dans un florilège de Game Over aussi cruels qu’hilarants. Des gags muets et toujours aussi efficaces qui font de cette série un monument de l’humour absurde.

Chronique : Des gags sur une page ou deux, sans dialogue, mettent en scène l’avatar du joueur en guerrier dans des missions où il doit sauver une princesse.
L’interaction entre le guerrier et la princesse un peu nunuche sont souvent très drôles ainsi que tous les obstacles imprévus qui font qu’inévitablement le gag se termine en « Game Over ». Ici un très bon opus avec toujours des gags hilarants qui vont le bonheur des petits mais aussi des grands et des blagues qui se renouvelle sans cesse dans un schéma narratif pourtant très contraignant.
Ce tome se dévore et les gags sont très bien trouvés, en plus la couverture est super chouette avec l’effet brillant des yeux.

Note : 9/10

  • Album: 48 pages
  • Editeur : GLENAT (4 octobre 2017)
  • Collection : Mad Fabrik

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Valse de Noël (25 octobre 2017) de Boris Vian et Nathalie Choux

la Valse de Noël de Boris Vian, ronde joyeuse et bigarrée, et vibrant appel à la paix. Très belle initiation à l’œuvre de cet écrivain et musicien à l’imagination foisonnante, ses couplets sont accompagnés par les images touchantes, presque surréalistes, de Nathalie Choux. Une plongée dans un univers unique, où se mêlent ironie et tendresse.

Chronique : Un livre magistral avec de superbe illustration de Nathalie choux. Une écriture qui ébouriffe. Impossible de l’oublier.
La poésie, l’absurdité dans cette valse en font un livre d’une force incroyable.
Le lecteur, enfant où adulte va se régalé de cet humour particulier de Vian qui et quelque phrase fait une véritable critique de la société de son époque mais qui reste bien actuel et  peut tout dire avec ses mots. Un livre qui ne laisse pas indemne, mais qui est trés beau et fait plaisir à être lu et à offrir.

Note : 9,5/10

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Grasset Jeunesse (25 octobre 2017)

Ville au cœur de pierre (5 octobre 2017) de Sirpa Kähkönen

Russie, 1925. Ilya, Klara et Lavr ont fui leur pays, la Finlande, pour s’installer au royaume de la liberté, jurant de ne jamais en repartir et laissant derrière eux leur nom, leur langue, tout ce qu’ils possédaient. A Petrograd, chacun peut se réinventer. C’est une ville de bouleversements constants, et ces jeunes gens ont justement soif de changement. Ils se construisent, parmi leurs camarades, une nouvelle famille. Les rues sont pleines d’enfants sans abri ; Klara commence à travailler dans un refuge, où elle s’efforce d’en sauver quelques-uns. Mais quand Petrograd est rebaptisée Leningrad, la vie devient dangereuse pour Klara et son entourage. L’utopie et les rêves, la fraternité et l’amour s’effacent peu à peu, tandis que s’élève au coeur de la ville la haute tour de la Grande Maison, surveillant tout et tous. L’auteur évoque avec pudeur le basculement de l’élan révolutionnaire dans la Grande Terreur et fait la part belle à ce qui en chacun résiste ou trahit, s’avilit ou grandit, quand le monde alentour devient une machine à broyer.

Chronique : C’est à propos des années 1920. Klara a quitté la Finlande pour son mari Ilja (Elias) Lavrovitsh Selon Tuomio, pour faire partie de la révolution et pour rendre leurs idéaux fidèles. La première voix est Clara, qui écrit dans son journal sur sa nouvelle vie avec son style très bas.Au début, tout semble faisable. Après mi-chemin, le point de vue s’ abaisse de Clara et devient polyphonique. Les changements ont lieu. Le pouvoir a changé et les enfants de la Révolution ont remarqué qu’ils sont restés orphelins. L’utopie disparaît dans l’existence. Vous devriez lire la fin si vous voulez savoir qui a le dernier mot.
La structure narrative du livre est spéciale. Momentanément le lecteur reste sur de longue description sur les pensées interne de Clara ce qui  devient fastidieux, mais une fois compris la raison de l’ensemble du changement de règle de vie et de la façon familière alors on entre comme dans le livre  au sein de Petrograd / Leningrad et ses rues et ses bâtiments vivants comme n’importe quelle créature, mais c’est un endroit froid et dur pour les enfants. Mais malgré ses petit défauts c’est un livre magnifiquement écrit et qui se dévore et qu’il est quasiment impossible de le quitter avant d’avoir atteint la dernière page. Une histoire prenante, touchante, émouvante.

Note : 9/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Denoël (5 octobre 2017)
  • Collection : Denoël & d’ailleurs

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Le Tueur au miroir (19 octobre 2017) de Fabio M. MITCHELLI

Fasciné par leurs tatouages, il les appâte avec son appareil photo, fige leurs désirs de starlettes sur du papier glacé, puis les tue et s’empare de ce qu’il convoite. Le lendemain, on retrouve le corps de ces jeunes femmes sur les berges du Saint-Laurent, le pubis orné d’éclats de miroir et un morceau de peau découpé.
Pour piéger celui qu’à Montréal on appelle déjà  » le tueur au miroir « , il faut des flics borderline : Louise Beaulieu, qui se fiche des limites et des règles, et Carrie Callan, qui, sous son air bien sage, est un vrai pitbull.
Des photographies à clé, un secret de famille, des messages cryptés… Le passé rattrape Louise. Désorientée, elle ment et triche. Et Carrie soupçonne l’impensable : des liens entre l’enquêtrice québécoise et Singleton, le redoutable tueur en série qu’elles ont traqué ensemble un an auparavant

Chronique : Le tueur au miroir s’inspire d’un véritable fait divers, d’un véritable tueur. Cela rend l’atmosphère encore plus angoissante, l’intrigue encore plus captivante : un page turner addictif qui ne vous laissera pas une seule minute de répit.
Au niveau de l’histoire en elle-même, elle est vraiment prenante du fait des chapitres qui sont courts et percutants, du fait du style propre à l’auteur et par ce serial killer dont les crimes sont absolument terribles. La première partie est plus lente et plus introductive mais le rythme prend de l’envergure et l’ensemble est génial ! On ressent tout le travail de l’écrivain sur le fond comme sur la forme pour rendre ce thriller véritablement unique ! Grâce aux différentes enquêtes nous ne nous ennuyons pas une seule seconde. Tous les éléments des enquêtes nous sont donnés au compte-goutte afin d’assembler petit à petit ce puzzle meurtrier.
Encore une fois, Fabio Mitchelli se sert d’un fait divers réel pour créer une histoire de toute pièce et encore une fois c’est une totale réussite.

Note : 9/10

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Robert Laffont (19 octobre 2017)
  • Collection : LA BÊTE NOIRE

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Sous son toit (19 octobre 2017) de Nicole NEUBAUER

Quand l’avocate Rose Benninghoff est retrouvée morte dans son appartement à Munich, la gorge tranchée, le commissaire Waechter semble tenir le coupable idéal : Oliver Baptiste Junior. Le garçon de quatorze ans était tapi dans le sous-sol de l’immeuble, les mains couvertes de sang. Manifestement battu par son père, un homme que la victime avait fréquenté, Oliver prétend n’avoir aucun souvenir de la soirée qui a précédé le crime.
Par ce rude hiver, le plus froid depuis des années, le commissaire Waechter et son équipe organisent une redoutable chasse à l’homme pour démasquer le meurtrier. Mais le mystère qui entoure Rose, secrète et insaisissable, les ralentit autant que la neige qui recouvre la ville…

Chronique :  Un thriller psychologique dans une ambiance à la Broadchurch. Tout est un symbole. L’exploitation qui en est faite par Nicole Neubauer qui nous emmène sur des chemins métaphysiques. Avec ses faux airs de ressemblance avec des films et d’autres auteurs, avec ce roman vous n’allez pas l’oublier pas une fois refermée. Plusieurs raisons à cela, d’abord la structure très bien construite et qui vous tient en haleine à chaque page qui en distillant des bribes de solutions qui s’avèrent parfois justes et d’autres fois qui vous mènent sur une fausse piste. Ensuite l’histoire est vraiment bien vue avec une intrigue originale qui évite les ressorts éculés des polars avec serials killer et meurtres en série. Enfin les personnages qui sortent là encore des stéréotypes habituels et chacun à ses propres zones troubles et n’est pas en tous les cas pas le héros de roman habituel. Pas d’hésitation, à lire d’urgence !

Note : 9,5/10

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Robert Laffont (19 octobre 2017)
  • Collection : LA BÊTE NOIRE

Les Petites Émotions (26 octobre 2017) de Martine Delerm

« Laisser échapper son cerf-volant. Retrouver dans sa poche un coquillage de l’été. Rater son dessin juste avant la fin. Guetter les premiers flocons de neige… » Autant de petits moments de rien en apparence, mais qui traversent, qui bouleversent l’enfance en semant sur leur passage ces petites émotions, joies ou chagrins, éphémères et bouleversants.

Chronique :   Un vrai coup de cœur de la part de Martine Delerm qui a créée dans ce livre une petite poésie dont on ne sort pas indemne . Ce récit est tout à fait aventureux, une confession, profondément complexe de l’enfance. L’auteur a trouvé un moyen d’expliquer et de toucher les enfants qui luttent pour comprendre les émotions et tout ce qui peut arriver. La fin est prudemment optimiste tout en évitant tout élément télécommandé mais sait nous émouvoir avec de sublime dessin; ce petit livre est incroyable en termes de style d’écriture, de dessins et  de stimulation.

Note : 10/10

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (26 octobre 2017)
  • Collection : ALBUM JEUNESSE

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Le prince Sauvage et la renarde (12 octobre 2017) de Jean-Philippe Arrou-Vignod et Jean-Claude Götting

Dans un royaume lointain vivait un prince qui n’aimait que la chasse. Le roi et la reine, ses parents, l’avaient prénommé Sauvage. Un jour qu’il traquait un cerf, sa jambe se prit dans un piège qu’il avait lui-même posé à l’automne. Le prince faillit s’évanouir de rage et de douleur. Allait-il mourir ainsi au plus profond de la forêt ? Quand il rouvrit les yeux, une étrange créature le regardait…

Chronique : Un coup de cœur, ce beau livre est juste un conte à l’ancienne avec une réflexion humaniste et une ode sensuelle à la nature avec des illustrations qui font penser à des tableaux avec des couleurs dominantes qui sont assez sombres et mettent bien en valeur le parcours aventureux du prince.
C’est un conte qui met en avant une certaine morale un peu trouble,On a vraiment l’impression que la fin justifie les moyens, tant le parcours du prince est opportuniste mais c’est aussi cette rencontre avec la renarde qui va changer son point de vue.
Les affres de la vie, la curiosité de l’extérieur, les mystères de ce monde qui se fait inconnu aux regards des autres en quête d’apprentissages, vont s’offrir à la témérité et l’insouciance d’une aventure humaine sans nulle pareille.
A suivre et faire découvrir au plus grand nombre avec fantaisies et curiosités.

Note: 9,5/10

  • Album: 48 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 13 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (12 octobre 2017)
  • Collection : ALBUMS JUNIOR

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On la trouvait plutôt jolie (12 octobre 2017) de Michel Bussi

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits…
Un suspense renversant et bouleversant.

 » – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie.
Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire.  »

Chronique : Le titre « On la trouvait plutôt jolie » ne manque de faire résonner la& chanson de Pierre Perret, celle où il raconte la jolie Lily venue de son plein gré faire les sales boulots à Paris pour échapper à une vie de misère. La Lily de Michel Bussi, c’est Leily Maal, émigrée malienne, courageuse maman de trois enfants, qui fait des ménages et qui vit dans un HLM de Port de Bouc. Tout comme Lily, Leily se rendra vite compte que l’on n’est pas tous égaux au pays de Voltaire et d’Hugo, surtout si l’on vient de l’autre côté de la Méditerranée…Dans ce roman c’est la crise des migrants qui sert de toile de fond à Michael Bussi qui n’hésite pas à pointer du doigt la déshumanisation d’un système, l’indifférence générale (« Une quinzaine de corps noyés repêchés dans l’eau, dix autres cadavres échoués dans la boue. Passons maintenant à la météo. ») et l’inhospitalité des prétendues terres d’accueil : « Les fous qui étaient morts pour passer le mur, de l’est à l’ouest, étaient devenus des héros, des résistants, des martyrs ! Ceux qui tentaient aujourd’hui de franchir la frontière, du sud au nord, attirés par le même Occident, par les mêmes démocraties, étaient au mieux des hors-la-loi, au pire des terroristes. Question de nombre ? de mode ? de couleur ? de religion ? Ou la boussole du monde s’était-elle simplement déréglée ? ». Indépendamment de ces réflexions humanitaires , Les amateurs de policier trouveront leur compte : des chambres d’hôtel à vocation libidineuse qui deviennent des scènes de crime, des hommes qui paient de leur vie la recherche d’un moment de plaisir, des personnages cyniques qui profitent sans vergogne de la détresse d’autrui… et en arrière-plan le passé douloureux de Leily, qui se dévoile peu à peu et qui pourrait expliquer bien des choses. Les personnages, au travers de leur détresse, leur détermination pour avoir les réponses à leurs questions sont attachants et intéressants. « On l’a trouvé plutôt jolie » est un roman populaire, où se côtoient la violence et l’humanité et ici Bussi aura dessiné un monde dominé par l’argent, un monde dans lequel les êtres humains sont des marchandises comme les autres et où le règne du profit écrase tout le reste. On la trouvait plutôt jolie est un bon cru dont on apprécie autant l’aspect ludique du jeu de pistes que le propos plus complexe que d’habitude .

Note : 9,5/10

  • Broché: 464 pages
  • Editeur : Presses de la Cité; Édition : 01 (12 octobre 2017)
  • Langue : Français

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