Nightborn De Hanna Bergholm Avec Seidi Haarla, Rupert Grint, Pamela Tola

Rêvant de construire une vie de famille paisible, Saga et son mari Jon s’installent dans la maison où elle a passé une grande partie de son enfance, au cœur de la forêt finlandaise. Mais dès la naissance de leur enfant, et malgré un entourage qui se veut rassurant, Saga perçoit chez son bébé quelque chose d’inexplicable et d’inquiétant…

Avec Nightborn, Hanna Bergholm confirme son goût pour un cinéma d’horreur psychologique où les monstres naissent autant des peurs intérieures que du surnaturel. Après avoir marqué les esprits avec son premier long métrage, la cinéaste revient avec une œuvre oppressante qui mêle drame familial, folklore nordique et terreur viscérale.

Saga et son mari Jon quittent la ville pour s’installer dans la maison où elle a grandi, perdue au cœur des forêts finlandaises. Ils espèrent y construire une vie paisible avec leur nouveau-né. Pourtant, dès les premiers jours, Saga est persuadée que quelque chose ne va pas chez son enfant. Tandis que son entourage tente de la rassurer, la jeune mère s’enfonce dans une spirale de doutes où la frontière entre instinct maternel, traumatisme et phénomène surnaturel devient de plus en plus incertaine.

Le scénario s’appuie sur une montée progressive de la tension. Hanna Bergholm privilégie le malaise à l’horreur frontale, laissant le spectateur partager les interrogations de son héroïne. Le film explore avec intelligence les angoisses liées à la maternité, l’isolement et le poids des souvenirs d’enfance, tout en entretenant un mystère qui ne cesse de s’épaissir.

Seidi Haarla livre une prestation remarquable de vulnérabilité. Elle incarne une mère déchirée entre son amour pour son enfant et la peur grandissante de ce qu’il pourrait être. Face à elle, Rupert Grint apporte beaucoup de retenue au personnage de Jon, tandis que Pamela Tola enrichit cette galerie de personnages confrontés à l’inexplicable.

La mise en scène fait des paysages finlandais un véritable personnage. Les immenses forêts, les nuits interminables et les intérieurs baignés d’une lumière froide créent une atmosphère pesante où chaque silence devient menaçant. La réalisatrice soigne particulièrement le travail sonore et les effets visuels, préférant une horreur suggestive qui laisse une large place à l’imagination.

Au-delà de son récit fantastique, Nightborn interroge les peurs les plus profondes liées à la parentalité : la responsabilité, la transmission et l’inquiétude de ne pas reconnaître son propre enfant. Cette dimension psychologique donne au film une puissance émotionnelle qui dépasse largement les codes du genre.

Un film d’horreur aussi élégant qu’angoissant, porté par une Seidi Haarla bouleversante. Hanna Bergholm signe un conte sombre où la terreur se nourrit autant des blessures de l’âme que des mystères de la forêt.

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