Mutiny De Jean-François Richet | Par Lindsay Michel, J.P. Davis Avec Jason Statham, Annabelle Wallis, Roland Møller

Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires. En haute mer, Reed ne pourra compter sur aucune aide…

Mutiny réunit deux spécialistes du cinéma d’action contemporain : Jean-François Richet derrière la caméra et Jason Statham devant. Le résultat assume pleinement sa nature de thriller musclé et resserré, reposant sur une mécanique éprouvée : un homme accusé à tort, isolé de tout soutien et contraint d’affronter seul une armée de mercenaires. Une formule classique, mais dont l’efficacité dépend précisément de la manière dont elle est exécutée.

Cole Reed, ancien membre des forces spéciales devenu responsable de la sécurité d’un puissant homme d’affaires, voit son existence basculer lorsqu’il est accusé du meurtre de son employeur. Comprenant rapidement qu’il est victime d’une machination, Reed tente d’en identifier les responsables. Son enquête le conduit à bord d’un porte-conteneurs en pleine mer, où il découvre que l’équipage est constitué de mercenaires. Sans possibilité de fuite ni renfort extérieur, il ne lui reste qu’une solution : reprendre le contrôle du navire et comprendre pourquoi on cherche à le faire disparaître.

Le scénario de Lindsay Michel et J.P. Davis ne cherche pas à révolutionner le genre. Conspiration, ancien soldat surentraîné, faux coupable et adversaires lourdement armés appartiennent à un imaginaire largement balisé. Mutiny en est parfaitement conscient et préfère privilégier l’efficacité plutôt que de chercher artificiellement l’originalité.

Le porte-conteneurs constitue à ce titre une excellente idée de décor. Ses coursives étroites, ses salles techniques et ses immenses empilements de conteneurs transforment progressivement le navire en labyrinthe industriel. Jean-François Richet exploite intelligemment cette géographie pour varier les affrontements et maintenir une impression permanente d’enfermement malgré l’immensité de l’océan.

Jason Statham évolue évidemment en terrain connu. Cole Reed correspond parfaitement à cette figure d’homme taciturne, méthodique et physiquement redoutable qu’il maîtrise depuis longtemps. L’acteur ne cherche pas à réinventer son registre, mais sa présence et son efficacité dans les scènes d’action suffisent largement à porter le film.

Annabelle Wallis apporte une présence bienvenue dans un récit très masculin, tandis que Roland Møller possède la carrure et l’intensité nécessaires pour donner une véritable opposition physique au personnage principal.

Richet fait surtout la différence dans sa manière de filmer l’action. Les combats restent lisibles, brutaux et relativement directs. Plutôt que de multiplier les effets numériques, la réalisation privilégie l’impact physique et exploite efficacement les contraintes du décor maritime. Plusieurs confrontations possèdent ainsi cette sécheresse qui convient parfaitement à Statham.

La principale limite reste donc sa prévisibilité. On devine rapidement certaines étapes de la machination et les personnages secondaires auraient mérité davantage d’épaisseur. Mais Mutiny ne promet jamais davantage qu’un solide thriller d’action.

Musclé, tendu et sans véritable temps mort, Mutiny ne réinvente absolument rien mais maîtrise parfaitement les règles du genre. Jean-François Richet transforme son porte-conteneurs en efficace terrain de chasse et offre à Jason Statham un rôle taillé sur mesure. Du cinéma d’action à l’ancienne, direct et généreux, qui remplit efficacement son contrat.

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