Billy Lavigne de Anthony Pastor

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Billy Lavigne, 25 ans, est gardien de troupeaux dans le nord du Texas.

Avec Billy Lavigne, Anthony Pastor s’attaque au western sous un prisme résolument intime. Oubliez les chevauchées héroïques et les duels sous un soleil de plomb : ici, la violence est plus insidieuse, et les conflits se nichent dans les non-dits, les silences et les regards fuyants.

L’histoire nous plonge dans le destin de Billy, un jeune gardien de troupeaux qui apprend la mort brutale de sa mère. Son retour au Texas, loin de n’être qu’un adieu, l’oblige à affronter un passé dont il ne mesure pas encore toute l’ampleur. Deux hommes l’attendent à l’enterrement : Ford, un riche propriétaire de troupeaux, et Thorpe, son bras droit. Tous deux ont aimé sa mère et voient en Billy un héritier potentiel. Mais Billy n’est pas de ceux qui se laissent dicter leur route. Entre la tentation de renouer avec ses racines et son désir viscéral de liberté, il se retrouve prisonnier d’un monde qu’il croyait connaître, mais qui lui échappe.

Anthony Pastor excelle dans l’art de l’ellipse et du sous-entendu. Il ne donne jamais toutes les clés d’emblée, laissant planer une tension sourde qui s’installe peu à peu. Ses dialogues, rares mais percutants, façonnent des personnages ambigus, hantés par leur propre histoire. Loin d’une épopée spectaculaire, Billy Lavigne joue sur la lenteur et l’introspection pour nous immerger dans un Texas à la fois majestueux et menaçant.

Graphiquement, Pastor adopte un trait brut, presque sec, qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Les décors arides, les visages taillés à la serpe et la palette de couleurs sobres renforcent cette impression d’un monde où l’homme est en perpétuelle lutte avec lui-même et avec son environnement. Certaines cases s’étirent, laissant le temps s’installer, tandis que d’autres resserrent l’action, soulignant la tension sous-jacente. Ce jeu de cadrage participe pleinement à la réussite de l’album.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (5 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 152 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203257288 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203257283

Coloriages pixels – 100% Minecraft de Daniele Sapuppo

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Avis aux jeunes explorateurs de l’univers cubique : Coloriages pixels – 100% Minecraft est l’allié parfait pour allier créativité et passion du jeu vidéo ! Conçu par Daniele Sapuppo, ce livre de coloriages plonge les fans de Minecraft dans un univers rempli de motifs pixelisés, fidèles au style du jeu.

Armé de tes crayons, donne vie aux personnages, créatures et paysages emblématiques de Minecraft. Steve, Creepers, Endermen, blocs de diamants… Tout est là pour laisser libre cours à ton imagination et personnaliser ton propre monde ! Une activité ludique et relaxante, idéale pour se détendre loin des écrans tout en restant immergé dans l’univers que tu aimes.

Avec ses illustrations soignées et pixelisées, ce livre est un incontournable pour les jeunes minecrafteurs en quête d’une pause créative. Alors, à toi de jouer : prends tes couleurs et façonne ton propre royaume ! 🎨✨

ASIN ‏ : ‎ B0DHWZDXK2 Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions; Illustrated édition (6 février 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 64 pages

Minecraft – Échappe-toi ! Perdu dans le temps ! de Gauthier Wendling

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Sortiras-tu vainqueur de cet escape game livresque dans l’univers Minecraft ?

🕰️ Un escape game livresque palpitant au cœur de Minecraft

Plonger dans Minecraft, c’est déjà une aventure en soi. Mais quand une expérience temporelle dérape, cela devient une course effrénée pour retrouver le présent ! Dans Minecraft – Échappe-toi ! Perdu dans le temps !, Gauthier Wendling entraîne les joueurs-lecteurs dans un périple à travers les âges où chaque choix compte.

Tout commence innocemment : une partie un peu trop immersive, un rendez-vous oublié, et un mystérieux Professeur Zacharius Tic-Tac qui promet de remonter le temps… Mais au lieu de quelques minutes en arrière, c’est en pleine Préhistoire que le héros se retrouve projeté ! L’horloge s’affole et le lecteur, maître de son destin, doit naviguer d’époque en époque en explorant, récoltant des ressources et utilisant tout son savoir-faire de crafter pour rétablir le cours du temps.

Avec son concept de livre dont tu es le héros, ce titre 100 % Minecraft combine énigmes, choix stratégiques et mécanismes interactifs inspirés du célèbre jeu vidéo. Une immersion totale où l’on forge son aventure au gré des décisions et où la moindre erreur peut modifier le futur.

Destiné aux fans de Minecraft en quête de sensations fortes et de casse-têtes temporels, Perdu dans le temps ! est une porte d’entrée idéale vers une lecture dynamique et ludique, tout en restant fidèle à l’esprit créatif du jeu. Une mission palpitante qui ne laissera personne indifférent : parviendras-tu à sauver ton amitié et à t’échapper de cette boucle temporelle infernale ?

ASIN ‏ : ‎ B0DHWYWV5B Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions; Illustrated édition (20 février 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 112 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032409466

En tongs au pied de l Himalaya De John Wax | Par John Wax, Marie-Odile Weiss Avec Audrey Lamy, Nicolas Chupin, Eden Lopes

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Pauline est la maman d’Andréa, 6 ans et demi, un petit garçon formidable à qui on a diagnostiqué un TSA : un « trouble du spectre autistique ». Il n’est pas vraiment au niveau mais il est toujours scolarisé et s’apprête à faire sa rentrée en grande section de maternelle.

Dans En tongs au pied de l’Himalaya, John Wax nous livre un récit touchant, qui oscille entre comédie et drame, en se concentrant sur les défis quotidiens de Pauline, une mère célibataire confrontée à l’éducation d’un enfant diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique (TSA). Ce film, écrit par Wax et Marie-Odile Weiss, explore avec humour et sensibilité la complexité du quotidien d’une mère qui lutte pour apporter à son fils la stabilité nécessaire à son développement, malgré les obstacles qui se dressent sur son chemin.

Une réalité humaine et émotive

L’histoire suit Pauline (interprétée avec une grande justesse par Audrey Lamy), une femme récemment séparée et sans revenus fixes, qui tente tant bien que mal de gérer la vie avec son fils, Andréa, un petit garçon de 6 ans et demi atteint d’un TSA. L’histoire est construite autour de cette mère courageuse qui doit jongler avec les exigences d’un système scolaire et les difficultés administratives liées à l’autisme, tout en affrontant une situation personnelle délicate. Pauline incarne cette mère débordée, mais déterminée, prête à tout pour offrir à son fils une chance de s’intégrer et de progresser.

Le film dépeint avec réalisme la pression ressentie par les parents d’enfants atteints de TSA, qui doivent souvent naviguer dans un système qui manque de soutien, tout en faisant face à une société qui ne comprend pas toujours leurs défis. La manière dont Pauline doit jongler entre les obligations professionnelles, les démarches administratives et les besoins émotionnels d’Andréa est touchante, voire poignante.

Un personnage d’enfant extrêmement bien interprété

Andréa, incarné par le jeune Eden Lopes, est un personnage qui touche profondément. Le film réussit à capturer la pureté de l’enfance tout en montrant les difficultés d’un enfant autiste à s’adapter à un environnement souvent trop contraignant et peu adapté. Le petit Andréa n’est pas un personnage d’enfant modèle, mais un enfant avec des besoins bien spécifiques, et le film ne cherche jamais à le saintifier. Au contraire, il met en lumière les petites victoires quotidiennes qui permettent d’espérer que la situation s’améliore. Les scènes entre Audrey Lamy et Eden Lopes sont les plus émouvantes du film, transmettant à la fois une grande tendresse et des moments de frustration partagée.

Humour et légèreté face à des sujets graves

Ce qui fait la force de ce film, c’est sa capacité à alterner moments de comédie et d’émotion sincère. L’humour est souvent utilisé pour alléger la tension, mais jamais de manière à diminuer la gravité du sujet. Ainsi, la métaphore de l’Himalaya en tongs — évoquant l’impossibilité apparente de certaines tâches — est parfaitement choisie pour illustrer l’improbabilité des défis auxquels Pauline est confrontée. Le contraste entre la légèreté des situations comiques et la dureté de la réalité de la mère seule est un moyen efficace de rendre le film à la fois accessible et poignant.

Cette approche ludique permet de ne pas sombrer dans le pathos, un piège dans lequel certains films sur des thèmes aussi lourds peuvent facilement tomber. Les scènes où Pauline se débat dans des situations absurdes (comme les nombreuses démarches administratives ou les relations avec des enseignants souvent peu compréhensifs) nous rappellent avec une certaine légèreté que la vie quotidienne peut être un combat.

Un film sensible mais réaliste sur les défis de la parentalité

À travers Pauline, le film met en lumière un aspect peu souvent abordé : la complexité des parents d’enfants ayant des besoins spéciaux. Ces parents qui, malgré la pression sociale et les jugements, doivent se battre pour leur enfant et essayer de maintenir une normalité dans un quotidien bouleversé. Le film nous permet de comprendre non seulement les défis rencontrés par les enfants atteints de TSA, mais aussi les difficultés de leurs parents à s’adapter à un environnement peu souvent conçu pour les soutenir.

Une équipe de talent

Audrey Lamy brille dans le rôle de Pauline, incarnant une mère pleine de doutes mais aussi d’une grande résilience. Son jeu est à la fois sensible et énergique, apportant à son personnage une vraie dimension humaine. Nicolas Chupin, dans le rôle de Fabrice, le père absent, offre une prestation plus discrète mais tout aussi marquante, soulignant la complexité de la séparation familiale. Le film bénéficie d’une mise en scène simple mais efficace, qui se concentre avant tout sur la relation mère-enfant et sur les moments de lutte intérieure de Pauline.

Les Barbares De Julie Delpy | Par Julie Delpy, Matthieu Rumani Avec Julie Delpy, Sandrine Kiberlain, Laurent Lafitte

A Paimpont, l’harmonie règne : parmi les habitants, il y a Joëlle – l’institutrice donneuse de leçons, Anne – la propriétaire de la supérette portée sur l’apéro, Hervé – le plombier alsacien plus breton que les Bretons, ou encore Johnny – le garde-champêtre fan de… Johnny. Dans un grand élan de solidarité, ils acceptent avec enthousiasme de voter l’accueil de réfugiés ukrainiens. Sauf que les réfugiés qui débarquent ne sont pas ukrainiens… mais syriens ! Et certains, dans ce charmant petit village breton, ne voient pas l’arrivée de leurs nouveaux voisins d’un très bon œil. Alors, au bout du compte, c’est qui les barbares ?

Angelo dans la forêt mystérieuse De Vincent Paronnaud, Alexis Ducord | Par Vincent Paronnaud Avec Yolande Moreau, Philippe Katerine, José Garcia

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Angelo, 10 ans, se rêve aventurier et explorateur.

Vincent Paronnaud revient à la réalisation avec Dans la Forêt Sombre et Mystérieuse, une adaptation audacieuse de la bande dessinée de Winshluss. Ce film, porté par une touche onirique et un humour décalé, nous plonge dans le monde de l’enfance, de ses peurs et de ses rêves.

Un récit d’aventure teinté de fantastique

L’histoire suit Angelo, un garçon de 10 ans rêvant d’aventures et de mystères, qui se retrouve accidentellement abandonné sur une aire d’autoroute. Pour rejoindre sa grand-mère malade, il choisit de traverser une forêt mystérieuse, peuplée de créatures étranges et de dangers bien plus réels qu’il ne l’imaginait. La forêt devient alors une métaphore du passage à l’âge adulte, un territoire inconnu où l’innocence se heurte aux terreurs du monde réel.

Le film se distingue par sa capacité à capturer l’essence du point de vue d’un enfant, où l’imaginaire et le réel se confondent sans cesse. Angelo, qui croit encore aux contes et aux légendes, est confronté à une réalité bien plus complexe et menaçante, ce qui ajoute une dimension émotionnelle forte à son périple.

Un univers visuel riche et saisissant

L’adaptation de Paronnaud, fidèle à la bande dessinée, propose un univers visuel frappant et singulier. Les décors, aussi oniriques qu’inquiétants, sont magnifiquement réalisés. La forêt, à la fois majestueuse et menaçante, est filmée avec une grande sensibilité, créant une atmosphère unique où l’on perçoit les deux faces du monde : celle de l’enfance, pleine de magie et de curiosité, et celle de la peur, souvent irrationnelle et accablante.

La direction artistique, colorée et contrastée, fait écho à l’univers graphique de Winshluss, tout en apportant une nouvelle dimension cinématographique qui capture la beauté du fantastique. Le film oscille entre un style visuel presque naïf et des scènes de plus en plus tendues et angoissantes, créant un équilibre subtil entre l’aventure enfantine et l’horreur qui plane sur le récit.

Des personnages attachants et décalés

L’un des atouts majeurs du film réside dans la richesse de ses personnages. Angelo, interprété par un jeune acteur talentueux, est le cœur du film. Sa naïveté et sa détermination à affronter les épreuves qui se dressent devant lui créent une empathie immédiate. À ses côtés, les personnages secondaires, incarnés par Yolande Moreau, Philippe Katerine et José Garcia, ajoutent de la profondeur et de l’humour au film. Les adultes jouent un rôle étrange dans cette histoire, à la fois protecteurs et incohérents, symbolisant les différentes facettes de l’univers adulte qui échappent à l’enfant.

José Garcia, en particulier, brille dans un rôle de créature étrange qui, tout en étant un antagoniste menaçant, conserve une touche d’absurde et d’humour noir. Ce mélange de comédie et de fantastique est l’une des marques de fabrique du film.

Un voyage entre le réel et l’imaginaire

Dans la Forêt Sombre et Mystérieuse est avant tout un film sur l’imaginaire et la capacité des enfants à créer des mondes parallèles pour affronter leurs peurs. La forêt devient le lieu où les limites entre le réel et l’imaginaire sont floues, un lieu où l’enfant se confronte à des dangers réels (les créatures qui peuplent la forêt) et à des peurs intérieures (l’ogre, la solitude, la responsabilité).

C’est aussi un film sur l’initiation, sur le passage de l’enfance à l’adolescence. À travers cette aventure, Angelo apprend à faire face à ses propres angoisses et à comprendre les véritables enjeux du monde adulte, souvent plus cruels et plus complexes qu’il ne l’avait imaginé.

Megalopolis De Francis Ford Coppola | Par Francis Ford Coppola Avec Adam Driver, Giancarlo Esposito, Nathalie Emmanuel

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Megalopolis est une épopée romaine dans une Amérique moderne imaginaire en pleine décadence.

Après des décennies d’attente et de mystère, Francis Ford Coppola livre enfin Megalopolis, une fresque monumentale qui embrasse la démesure et l’ambition avec une audace rare dans le cinéma contemporain. Projet personnel du cinéaste depuis plus de 40 ans, ce film se présente comme une œuvre hybride, à la croisée de la science-fiction, de la tragédie romaine et du commentaire social.

Une épopée romaine au cœur d’une Amérique en déclin

Megalopolis transpose la grandeur et la chute de Rome dans une version dystopique des États-Unis, où New Rome, ville tentaculaire en pleine crise, devient le théâtre d’un affrontement idéologique titanesque. D’un côté, César Catilina (Adam Driver), visionnaire utopiste capable d’arrêter le temps, incarne un avenir où l’art et la science transcendent les limites humaines. De l’autre, Franklyn Cicero (Giancarlo Esposito), maire réactionnaire, lutte pour préserver un système corrompu et répressif, s’accrochant aux vestiges d’un monde en décomposition. Entre eux, Julia Cicero (Nathalie Emmanuel), fille du maire et icône mondaine, oscille entre ces deux visions du futur, tiraillée entre ses sentiments et sa quête de sens.

Coppola, en fin stratège, s’inspire librement de la conspiration de Catilina dans la Rome antique pour bâtir une métaphore de l’Amérique contemporaine. À travers ce duel idéologique, Megalopolis interroge le pouvoir, la décadence et la possibilité d’un renouveau dans une société gangrenée par les inégalités et la cupidité.

Une mise en scène grandiose et expérimentale

Visuellement, Megalopolis est un choc. Coppola, loin de s’en tenir aux codes classiques du blockbuster, opte pour une esthétique baroque et futuriste, où les décors monumentaux évoquent autant la Rome antique que l’architecture brutaliste et cyberpunk. La photographie, oscillant entre clair-obscur expressionniste et explosions de couleurs saturées, donne au film une identité visuelle unique, à mi-chemin entre le théâtre antique et le délire numérique.

Le montage audacieux, fait d’ellipses temporelles et de ruptures de ton, rappelle le Coppola expérimental d’Apocalypse Now ou de Rumble Fish. Certains passages, quasi oniriques, plongent le spectateur dans une transe sensorielle, où le temps semble suspendu, en écho aux pouvoirs de Catilina. La musique, mêlant compositions orchestrales grandioses et sonorités électroniques, renforce cette impression d’être face à une œuvre hors du temps.

Un film radical qui divisera

Il est certain que Megalopolis ne plaira pas à tout le monde. Par son ambition démesurée et sa narration éclatée, il risque de perdre les spectateurs en quête d’un récit plus linéaire. Mais c’est précisément cette audace qui en fait une œuvre fascinante. Coppola ne cherche pas à rassurer, il provoque, il interroge, il bouscule. Certains dialogues prennent des allures de manifeste philosophique, et le film, à l’image de ses personnages, hésite entre le chaos et l’utopie.

Si Adam Driver livre une performance habitée, incarnant un Catilina aussi charismatique que tourmenté, c’est Giancarlo Esposito qui surprend le plus. En maire tyrannique, il campe un antagoniste glaçant, à l’opposé des rôles plus nuancés auxquels il nous avait habitués. Nathalie Emmanuel, quant à elle, apporte une touche d’émotion brute, incarnant le dilemme moral du film avec justesse.

Une œuvre-somme pour un cinéaste légendaire

Avec Megalopolis, Coppola ne cherche pas à réitérer ses succès passés, mais à réinventer son art. À 85 ans, il signe une œuvre-somme, synthèse de ses obsessions sur le pouvoir, la corruption et la grandeur déchue. Ce film, qu’il a financé lui-même, n’est pas seulement un projet personnel, c’est une déclaration d’indépendance artistique face à une industrie frileuse.

Alors, chef-d’œuvre visionnaire ou délire mégalomaniaque ? Peut-être un peu des deux. Mais une chose est sûre : Megalopolis est une œuvre qui marque, qui questionne, qui reste en tête bien après le générique.

La Gardav De Thomas Lemoine, Dimitri Lemoine | Par Thomas Lemoine, Christiane Lemoine-Vultaggio Avec Thomas Lemoine, Gaël Tavares, Pierre Lottin

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Mathieu jeune acteur ambitieux galère pour boucler sa bande démo. Son pote Ousmane lui propose de tourner dans son clip de rap, mais le tournage ne va pas se passer comme prévu.

Thomas et Dimitri Lemoine livrent avec La Gardav une comédie décalée qui jongle entre satire du milieu artistique et chronique de la débrouille. Avec son ton à mi-chemin entre le burlesque et le réalisme urbain, le film s’inscrit dans la lignée de ces œuvres qui racontent les galères d’un quotidien où chaque opportunité peut virer au fiasco.

Un récit porté par l’énergie du duo

Mathieu (interprété par Thomas Lemoine), jeune acteur en quête de reconnaissance, tente tant bien que mal de boucler sa bande démo. Face aux refus et aux plans foireux, il accepte l’offre de son pote Ousmane (Gaël Tavares) pour tourner dans un clip de rap. Une proposition en apparence anodine, qui va rapidement dégénérer en une suite d’événements absurdes et imprévus.

L’alchimie entre les personnages fonctionne parfaitement, avec des dialogues spontanés qui ajoutent à l’authenticité du film. Pierre Lottin, habitué aux rôles de bras cassés attachants (Les Tuche, Patients), complète le casting avec une énergie brute et décalée.

Une mise en scène nerveuse et immersive

Visuellement, La Gardav adopte un style proche du documentaire, avec une caméra nerveuse qui suit les protagonistes dans leur errance urbaine. La réalisation, dynamique et sans artifices, renforce l’impression d’immersion dans un univers où la frontière entre fiction et réalité semble parfois floue. L’utilisation de plans serrés et de mouvements fluides donne un côté quasi-clandestin au tournage du clip, accentuant le sentiment d’urgence et de désorganisation qui rythme le film.

Une critique amusée du milieu artistique

Derrière son aspect comique, La Gardav offre une critique mordante des illusions et désillusions du milieu artistique. Entre les rêves de grandeur de Mathieu, les ambitions floues d’Ousmane et les contraintes absurdes des tournages amateurs, le film dresse un portrait sans concession d’une jeunesse qui cherche à percer coûte que coûte. Le ton, jamais moralisateur, joue plutôt sur l’ironie des situations, rappelant que la frontière entre le succès et la galère est parfois très mince.

Un humour qui fait mouche, mais un scénario parfois prévisible

Si l’humour fonctionne grâce à des dialogues percutants et des situations absurdes, on peut regretter une intrigue parfois convenue, où certaines péripéties sont prévisibles. L’effet de surprise s’émousse quelque peu au fil du récit, même si le rythme et l’énergie du film maintiennent l’intérêt jusqu’au bout.

Drone De Simon Bouisson | Par Simon Bouisson, Fanny Burdino Avec Marion Barbeau, Eugénie Derouand, Cédric Kahn

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Une nuit, Émilie, une jeune étudiante, remarque qu’un drone silencieux l’observe à la fenêtre de son appartement.

Simon Bouisson, connu pour ses explorations du numérique et de ses dérives, signe avec Drone un thriller psychologique ancré dans notre époque ultra-connectée. À travers le regard d’Émilie (Marion Barbeau), une étudiante qui voit sa vie envahie par une présence invisible mais omniprésente, le film joue sur une tension progressive qui transforme la fascination en terreur.

Une angoisse subtile et contemporaine

L’idée de départ est aussi simple qu’efficace : un drone anonyme qui observe une jeune femme. D’abord perçu comme un élément anodin, presque bienveillant, il devient peu à peu un outil de harcèlement, une menace sourde qui grandit dans l’ombre. Bouisson tisse une atmosphère oppressante où la frontière entre sécurité et intrusion s’efface lentement. Le spectateur, comme Émilie, oscille entre paranoïa et réalité, se demandant si la menace est véritable ou si elle découle d’une angoisse intérieure.

Une mise en scène immersive

La réalisation joue sur une mise en scène minimaliste mais redoutablement efficace. Plans serrés, angles de vue subjectifs, bruits mécaniques feutrés : tout contribue à instaurer une tension latente. La présence du drone, souvent filmé à hauteur d’œil ou en plongée, évoque un regard omniscient qui ne quitte jamais sa cible. Cette sensation d’être traqué sans pouvoir identifier son bourreau confère au film une atmosphère proche du cauchemar éveillé.

Un propos fort sur notre rapport à la surveillance

Au-delà du thriller, Drone pose des questions troublantes sur notre époque. Dans un monde où caméras de surveillance, objets connectés et IA infiltrent chaque recoin de notre quotidien, jusqu’où s’étend réellement notre vie privée ? Le film interroge le consentement, la traçabilité de nos mouvements et la manière dont la technologie, censée nous protéger, peut devenir une arme contre nous.

Une performance habitée

Marion Barbeau, révélée dans En corps de Cédric Klapisch, livre ici une interprétation captivante. Son jeu, tout en retenue et en fragilité, donne corps à cette spirale anxiogène. Face à elle, Cédric Kahn incarne un rôle mystérieux, ajoutant une couche supplémentaire de tension à l’intrigue.

Un film efficace, mais qui aurait pu aller plus loin

Si Drone réussit à installer un climat inquiétant, il lui manque peut-être une montée en puissance plus marquée dans son dernier acte. Certains spectateurs pourraient rester sur leur faim, espérant un final plus percutant ou une révélation plus audacieuse. Cependant, la force du film réside dans son réalisme : l’horreur n’a pas besoin d’effusion de sang pour être terrifiante.

Trois amies avec Camille Cottin (Acteur), Sara Forestier (Acteur), Emmanuel Mouret (Réalisateur)

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Joan n’est plus amoureuse de Victor et souffre de se sentir malhonnête avec lui.

Avec Trois amies, Emmanuel Mouret délaisse partiellement son style léger et badin pour explorer des territoires plus mélancoliques. Cette ronde amoureuse, où mensonges et non-dits rythment la vie de trois femmes, oscille entre comédie de mœurs et drame existentiel. Si l’on retrouve son art du dialogue et des situations cocasses, le film surprend par sa tonalité plus grave, voire funèbre.

Un trio d’actrices au sommet

Camille Cottin, Sara Forestier et India Hair incarnent avec justesse ces amies liées par une affection sincère mais rattrapées par leurs propres contradictions. Joan (Cottin) incarne la culpabilité d’un amour éteint, Alice (Forestier) la résignation heureuse, tandis que Rebecca (Hair) semble plus libre mais non moins empêtrée dans ses dilemmes. Leurs interactions, pleines de spontanéité, confèrent au film une humanité touchante.

La disparition de Victor (Vincent Macaigne), élément déclencheur du bouleversement émotionnel du trio, est traitée avec une pudeur qui renforce l’impact dramatique. Emmanuel Mouret, en maître du récit fragmenté, parvient à nous faire ressentir l’absence tout en explorant les réactions intimes de ses personnages.

Une mise en scène subtile et épurée

Mouret opte pour une réalisation élégante, évitant tout excès mélodramatique. Les plans fixes, les jeux de regards et les silences traduisent plus que de longs discours. Lyon, où se déroule l’intrigue, est filmée avec douceur, ses ruelles et ses cafés devenant le théâtre des élans et des désillusions sentimentales.

Le choix d’une narration en voix-off, assurée par Victor lui-même, peut sembler audacieux, voire risqué, mais il apporte une profondeur singulière au récit, offrant un regard posthume et ironique sur les relations humaines.