Dans le silence, tes larmes de Pauline Bilisari (Auteur)

Lou, jeune autrice à la sensibilité débordante, connaît son premier
succès. Romane, quant à elle, est une écrivaine confirmée, mère
célibataire et femme cabossée.

Avec Dans le silence, tes larmes, Pauline Bilisari fait dialoguer deux femmes à des étapes différentes de leur vie. Lou découvre le succès littéraire ; Romane, écrivaine confirmée et mère célibataire, porte ses propres blessures. Leurs voix alternées composent un roman en vers autour de l’amitié, de la vulnérabilité et de cette peur tenace de ne jamais être assez.

Lou possède une sensibilité qui déborde. Son premier succès ne résout pas nécessairement ses difficultés à exister ni à prendre sa place. Romane semble avoir davantage d’expérience, mais son parcours ne la met pas à l’abri du doute. Ce rapprochement offre au récit une perspective intéressante : on peut avoir besoin de soutien à tout âge, même lorsque l’on paraît plus installée dans la vie.

L’alternance des voix permet de faire entendre ces fragilités sans les confondre. Chacune arrive avec son histoire, son rapport au corps, au travail et aux attentes qui pèsent sur elle. Leur rencontre ouvre un espace où elles peuvent trébucher, se reconnaître et apprendre à avancer ensemble.

Le passage proposé donne une idée de la proximité recherchée par l’écriture. Une parole directe, parfois crue, tente de rejoindre Lou dans son angoisse. Les mots ne cherchent pas à expliquer de loin : ils s’adressent à quelqu’un, avec l’urgence de lui faire sentir qu’elle n’est pas seule. Les vers courts et les ruptures de ligne accompagnent cette parole qui encourage à reprendre souffle.

La forme entre ainsi en résonance avec les thèmes du roman. Le silence peut être un refuge, mais aussi ce qui empêche de dire la peur, la fatigue ou le sentiment d’insuffisance. Faire entendre deux voix devient une manière d’ouvrir ce qui restait enfermé.

L’amitié féminine constitue le cœur de cette proposition. Le soutien se construit dans une relation où les deux femmes ont leurs limites et leurs besoins. La maternité, la santé mentale et le rapport au travail viennent enrichir cette interrogation commune : comment s’accorder une place sans devoir constamment prouver sa valeur ?

Pauline Bilisari propose un roman dont la force annoncée tient à cette attention aux paroles qui permettent de tenir. À travers Lou et Romane, Dans le silence, tes larmes invite à envisager la sensibilité comme une expérience que l’on peut enfin partager, plutôt qu’une difficulté à porter seule.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221287509 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221287507

Céline Dion – La Vraie histoire de Laurence Pieau (Auteur), Hervé Tropéa (Auteur)

Les secrets d’une idole fragile.

Dans Céline Dion – La Vraie Histoire, Laurence Pieau et Hervé Tropéa proposent de regarder au-delà de l’icône. À travers les témoignages de proches et de collaborateurs, ils retracent un parcours où l’ambition artistique côtoie l’amour, les deuils et la vulnérabilité.

Comment raconter une artiste dont le public croit déjà tout connaître ? Les auteurs choisissent de revenir sur les lieux et les rencontres qui ont façonné son existence, de Charlemagne, au Québec, à Las Vegas. Leur démarche repose sur une pluralité de voix : famille, musiciens, producteurs et personnes qui l’accompagnent face à la maladie.

Le portrait annoncé accorde une place importante à l’ambition de Céline Dion. Derrière l’image d’une chanteuse spontanée et proche de son public apparaît une femme déterminée à construire une carrière internationale. Cet angle permet d’interroger ce que représente une telle réussite : du travail, des choix et une volonté qui engage bien davantage que la seule performance vocale.

La relation avec René Angélil constitue un autre axe du livre. Elle invite à explorer l’imbrication de la vie amoureuse et de la carrière, puis le vide laissé par sa disparition. Le décès de sa mère ajoute une nouvelle épreuve à ce parcours. Ces pertes donnent à la solitude évoquée dans l’ouvrage une dimension intime, loin de l’agitation qui entoure habituellement la célébrité.

La maladie déplace encore la perspective. La voix et le corps, au cœur de son métier, deviennent aussi les lieux d’une incertitude. Le désir de retrouver la scène soulève alors une question profondément humaine : comment préserver ce qui donne un sens à sa vie lorsque les capacités sur lesquelles on s’appuyait deviennent imprévisibles ?

L’intérêt de cette biographie tient à la rencontre entre ces différentes dimensions. L’artiste ambitieuse, la compagne, la fille et la femme confrontée à l’épreuve appartiennent à une même histoire. Les témoignages réunis promettent d’en éclairer les liens, tout en ouvrant un regard sur les personnes qui ont participé à cette trajectoire.

Avec Céline Dion – La Vraie Histoire, Laurence Pieau et Hervé Tropéa proposent un portrait dont l’enjeu dépasse la succession des succès. Au centre se trouve une femme attachée à son métier, traversée par les pertes et les doutes, dont la détermination prend tout son sens lorsqu’on la rapproche de sa fragilité.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont Accessibilité ‏ : ‎ En savoir plus Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Taille du fichier ‏ : ‎ 2.2 MB Lecteur d’écran ‏ : ‎ Pris en charge Confort de lecture ‏ : ‎ Activé Word Wise ‏ : ‎ Non activé Nombre de pages de l’édition imprimée ‏ : ‎ 268 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221289655

Les Evadées – Partie 2 de Marc Levy

Jusqu’où est-on prêt à aller pour défendre notre liberté ?

Une enquêtrice d’Interpol confrontée à une entreprise criminelle, une scientifique appelée à résister à un pouvoir qui veut museler la recherche : dans cette deuxième partie des Évadées, Marc Levy croise les trajectoires de deux sœurs jumelles séparées très tôt par la vie. Leur recherche de vérité devient le point de rencontre entre suspense, engagement et liens familiaux.

De Lyon à Boston, de Paris à Singapour, le récit déploie une intrigue internationale portée par Cécile et Olivia. La première reçoit un appel au secours venu d’un village isolé d’Asie du Sud-Est. La seconde travaille dans un centre de recherches américain, où la radicalisation politique menace l’exercice de la science. Chacune doit décider jusqu’où elle accepte de s’exposer pour défendre ses convictions.

Le rapprochement entre leurs métiers constitue un ressort intéressant. Enquêter et chercher supposent de confronter des hypothèses aux faits, d’accepter l’incertitude et de poursuivre malgré les obstacles. Cécile et Olivia évoluent dans des milieux différents, mais rencontrent une même difficulté : faire émerger la vérité lorsque des intérêts puissants cherchent à la contrôler.

La proposition de Molly, qui invite Olivia à rejoindre un réseau de résistance, donne une dimension concrète à cette question. Préserver son travail ne relève plus seulement de la compétence professionnelle. Il faut envisager l’action collective, le risque et les conséquences personnelles d’un refus d’obéir.

Du côté de Cécile, l’appel au secours relie les enjeux internationaux à une détresse individuelle. Avant de comprendre l’ampleur de l’organisation criminelle, il y a quelqu’un à entendre et à aider. Ce point de départ donne un visage humain à une menace qui dépasse les frontières.

Le lien entre les jumelles apporte au récit son ancrage intime. Leurs retrouvailles mettent en regard deux parcours construits loin l’un de l’autre. Leur obstination commune invite à interroger ce qui demeure d’une proximité ancienne malgré la séparation, et ce qui peut se reconstruire dans l’épreuve.

Cette deuxième partie des Évadées place ainsi la liberté dans des situations concrètes : pouvoir chercher, enquêter, parler et agir. À travers Cécile et Olivia, Marc Levy associe l’aventure internationale à une question personnelle : que sommes-nous prêts à risquer lorsque nos convictions exigent de prendre position ?

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont/Versilio Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 368 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221281764 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221281765

Deux secondes avant l’Eternité de Jean-Marie Bramaud du Boucheron (Auteur)

Bon nombre de romans actuels postulent la survenue de l’effondrement de nos valeurs et invente un futur enchanté ou disloqué. Deux secondes avant l’Éternité obéit à une autre logique. Le récit nous parle à travers le prisme du futur de notre présent et de notre actuel.

Dans Deux secondes avant l’Éternité, Jean-Marie Bramaud du Boucheron imagine une société numérisée où le langage perd sa profondeur, tandis que le désir et le rêve s’effacent. À travers l’enquête de Nevil, directeur d’un service de renseignements numériques, se dessine une interrogation sur notre présent : que devient l’existence lorsque tout doit être mesurable et fonctionnel ?

Nevil évolue parmi les Alias, des humains dont les échanges se réduisent à des formules prêtes à l’emploi. Leur parole ne semble plus ouvrir un espace de rencontre ou d’imagination : elle répond à une fonction. Cette idée donne au roman son inquiétude centrale. Les mots peuvent subsister alors même que disparaît ce qui leur permettait d’exprimer une singularité.

Le choix d’un personnage chargé du renseignement numérique place cette contradiction au cœur du récit. Nevil travaille dans un univers organisé autour de l’information, mais sa solitude suggère que l’accumulation de données ne garantit aucune compréhension de l’autre. Savoir davantage peut coexister avec une incapacité croissante à entrer en relation.

Le futur devient ainsi un miroir grossissant de comportements familiers : échanges standardisés, impératif d’efficacité, réduction des expériences à des indicateurs. La question soulevée dépasse l’usage des outils. Elle concerne la place que nous leur accordons pour définir ce qui mérite notre attention, notre temps et nos mots.

La formule « L’illusion du Chiffre a définitivement destitué l’illusion du Verbe » condense cette opposition. Face à l’exactitude revendiquée du calcul, le langage conserve pourtant une richesse particulière : ses hésitations, ses ambiguïtés, sa capacité à suggérer plusieurs sens. Ce que cet univers menace, c’est aussi cette liberté de ne pas tout résoudre.

Le projet porte alors une tension littéraire féconde : raconter le délitement du langage avec les moyens mêmes de la langue. La dimension poétique annoncée prend ici tout son sens. Elle peut constituer un espace où préserver ce qui échappe aux formulations automatiques et aux réponses immédiatement utilisables.

Avec Deux secondes avant l’Éternité, Jean-Marie Bramaud du Boucheron propose une fiction d’anticipation tournée vers l’appauvrissement de notre vie intérieure. Son sujet le plus troublant reste cette possibilité : continuer à communiquer tout en perdant progressivement le désir de dire quelque chose de soi.

Éditeur ‏ : ‎ Tschann Editions Date de publication ‏ : ‎ 16 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 498 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2919360264 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2919360260

Bourricorne T2: L’attaque des licornes karatékas de José Fragoso

Le rêve de Bourricorne de devenir une star se poursuit : lumière, moteur et action ! Pour cette nouvelle aventure, il met le cap sur New York afin de participer au tournage du film de l’année, L’attaque des licornes karatékas. Et bien sûr, il n’est pas seul : son amie Camélia et tous les animaux de la ferme Bellavista sont du voyage. Mais la Grosse Pomme réserve bien des surprises : des rats peu ragoûtants du métro à la créature la plus grande et la plus mythique de toute l’histoire du cinéma. Lorsqu’un danger menace le tournage, seule l’amitié pourra tout sauver.

Direction New York pour Bourricorne ! Dans L’Attaque des licornes karatékas, José Fragoso poursuit les ambitions de son héros avec une aventure qui mêle tournage mouvementé, rencontres inattendues et solidarité. Un programme dont le titre annonce joyeusement la fantaisie.
Devenir une star : Bourricorne n’a pas abandonné son rêve. Cette fois, il rejoint le tournage du film de l’année, accompagné de Camélia et des animaux de la ferme Bellavista. Le déplacement du groupe vers la Grosse Pomme offre un ressort comique immédiat : comment cette bande venue de la ferme va-t-elle trouver sa place dans l’agitation new-yorkaise et les coulisses du cinéma ?
Le décor multiplie les possibilités d’aventure. Entre les rats du métro et une créature mythique du grand écran, la ville promet des découvertes bien éloignées du quotidien de Bellavista. La rencontre entre cet univers animalier et l’imaginaire des films à grand spectacle nourrit une fantaisie où tout semble pouvoir prendre des proportions démesurées.
Le tournage donne également un cadre amusant au désir de célébrité de Bourricorne. Lumières, caméra, action : le rêve paraît à portée de sabot. Mais lorsqu’un danger menace le film, l’enjeu change. Il faut désormais compter sur les autres pour espérer sauver l’aventure.
C’est cette dimension collective qui apporte de la chaleur au récit. Bourricorne poursuit une ambition personnelle, mais il voyage avec ses amis. Leur présence rappelle que la réussite peut aussi se construire ensemble, surtout lorsque les événements échappent au scénario prévu.
Avec ce deuxième tome, José Fragoso associe les rêves de vedettariat à une aventure de groupe pleine de promesses comiques. Des licornes karatékas, des animaux de ferme à New York et un tournage en péril : voilà un point de départ réjouissant pour faire de l’amitié le véritable premier rôle.

ASIN ‏ : ‎ B0H3NBWC6H Éditeur ‏ : ‎ Nöpp Date de publication ‏ : ‎ 14 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1399079241

Ringo: L’âme des Beatles (1940-1968) de Hervé Bourhis (Auteur)

En 1968, en pleine création du mythique  » Double Blanc « , Ringo Starr quitte temporairement les Beatles. Épuisé par les tensions internes et persuadé de ne plus être à la hauteur, il part se réfugier en Sardaigne. Isolé, il replonge dans ses souvenirs : une enfance pauvre et marquée par la maladie, le Liverpool populaire des années 1950, les clubs enfumés, puis son arrivée tardive au sein du plus grand groupe du monde. À travers son regard, la légende des Beatles prend une dimension nouvelle : plus intime, plus fragile, profondément humaine.

Ringo : l’âme des Beatles, derrière la légende

En choisissant Ringo Starr comme porte d’entrée dans l’histoire des Beatles, Hervé Bourhis place le doute au cœur du mythe. Ringo : L’âme des Beatles (1940-1968) s’intéresse à un musicien qui, malgré le succès, en vient à se demander s’il mérite encore sa place.

En 1968, pendant la création du « Double Blanc », Ringo quitte temporairement le groupe. Les tensions l’épuisent et il ne se sent plus à la hauteur. Réfugié en Sardaigne, il revient sur son parcours : une enfance pauvre, la maladie, le Liverpool populaire, les clubs, puis son arrivée au sein des Beatles.

Ce départ offre au récit un point d’ancrage particulièrement intéressant. L’histoire s’ouvre sur une rupture, à un moment où la réussite ne suffit plus à protéger celui qui la vit. Comment continuer à jouer ensemble lorsque la confiance en soi et les liens avec les autres se fragilisent ?

Le retour vers l’enfance donne une autre profondeur à cette interrogation. Avant la célébrité, il y a un garçon confronté à la précarité et aux épreuves physiques. Relier ces années à celles des Beatles permet d’envisager le parcours autrement que comme une succession de concerts et de disques : devenir une vedette n’efface pas nécessairement les vulnérabilités anciennes.

Le regard de Ringo déplace aussi le centre du récit. Son arrivée tardive dans le groupe soulève la question de l’appartenance : trouver sa place, contribuer à une création collective, puis craindre de ne plus être indispensable. À travers cette perspective, les tensions prennent une dimension intime, au-delà de leur place dans l’histoire musicale.

Le sous-titre, L’âme des Beatles, invite ainsi à considérer ce qui fait tenir un groupe humain. Derrière les chansons se trouvent des personnalités, des besoins de reconnaissance et des équilibres parfois précaires. La parenthèse sarde devient le lieu où mesurer la distance entre l’image publique et l’expérience personnelle.

Hervé Bourhis propose un angle sensible pour revenir sur une légende abondamment racontée : suivre celui qui doute au milieu du triomphe. Une approche dont la force tient à cette question très humaine : comment se sentir à sa place lorsque l’on appartient au plus grand groupe du monde ?

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203304235 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203304239

Annie Leibovitz & Susan Sontag – En clair-obscur de Anaïs Depommier (Dessins), Claire Paq (Couleur), Fabrice Colin (Scénario)

Quand Annie Leibovitz et Susan Sontag se rencontrent, à la fin des années 1980 à New York, leur histoire n’a rien d’un coup de foudre classique : c’est un choc asymétrique.

Au scénario, Fabrice Colin, au dessin, Anaïs Depommier, et à la couleur, Claire Paq : trois regards pour raconter la rencontre de deux femmes dont les façons d’aimer et de créer se heurtent. Annie Leibovitz & Susan Sontag – En clair-obscur aborde leur relation à travers ses déséquilibres, entre fascination, besoin de protection et exigence intellectuelle.

À New York, à la fin des années 1980, Annie et Susan se rencontrent. Le récit présente cette rencontre comme un choc asymétrique. Susan apparaît brillante, exigeante, en quête de reconnaissance ; Annie, sensible et généreuse, aspire à aimer et à protéger. Ces attentes différentes dessinent d’emblée une relation dont l’intensité ne garantit pas l’équilibre.

L’opposition entre les mots et les images constitue un fil particulièrement intéressant. Comment se comprendre lorsque chacune possède sa propre manière d’interpréter le monde ? La pensée et la photographie deviennent ici des langages qui peuvent se rejoindre, mais aussi maintenir une distance au cœur de l’intimité.

Le titre, En clair-obscur, annonce cette attention aux contrastes. La proximité cohabite avec l’incompréhension, l’admiration avec la difficulté à trouver sa place auprès de l’autre. La création nourrit leur lien tout en soumettant leur expérience commune à des regards différents. Ce qui est vécu à deux peut devenir une réflexion, une représentation, une matière artistique.

C’est là que se situe la question la plus troublante du projet : comment partager sa vie avec quelqu’un qui analyse jusqu’à l’amour ? Le récit invite à considérer ce que cette mise à distance peut produire chez l’autre, entre stimulation intellectuelle et sentiment de ne jamais être tout à fait rejoint.

Le contexte politique inscrit également leur histoire dans une époque qui les sollicite et les traverse. Leur relation se construit au contact du monde, de ses tensions et de leurs engagements. Cette articulation entre vie intime et vie publique donne au sujet une ampleur qui dépasse le seul portrait amoureux.

Avec ce roman graphique, Fabrice Colin, Anaïs Depommier et Claire Paq proposent d’explorer ce qui rapproche deux créatrices autant que ce qui leur résiste. Une approche dont l’intérêt tient à cette interrogation : comment préserver un espace commun lorsque chacune transforme le monde à travers son propre regard ?

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 113 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368466177 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368466179

Propaganda de Edward Bernays (Auteur), Maxime Belloche (Illustrations), FRANCOISE RUSCAK (Adapté par)

En 1928, Edward Bernays publie Propaganda : un ouvrage qui révèle comment l’opinion publique peut être façonnée, orientée, influencée. Faire acheter un produit, faire élire un président ou faire adhérer à une idée : pour lui, ces objectifs reposent sur les mêmes mécanismes. Des décennies plus tard, Noam Chomsky décrira l’ouvrage comme  » le manuel classique de l’industrie des relations publiques « .

Comment fait-on naître une envie, adhérer à une idée ou soutenir un candidat ? Dans cette adaptation de Propaganda, Françoise Ruscak et Maxime Belloche mettent les théories d’Edward Bernays à l’épreuve du présent. Le choix d’un dialogue avec une jeune stagiaire donne un cadre concret à une question dérangeante : quelle part de nos opinions se construit sous influence ?

Mildred travaille dans une agence de communication et prépare un mémoire consacré à Bernays. Un soir, l’auteur apparaît à ses côtés. Il entend l’aider à obtenir un poste, mais aussi lui démontrer que ses théories conservent toute leur pertinence. Cette rencontre imaginaire constitue le ressort du récit : une professionnelle en devenir se retrouve face à un homme pour qui orienter l’opinion relève d’une méthode.

Le dispositif possède un intérêt immédiat. Mildred peut interroger, confronter et replacer ces idées dans son propre environnement. L’information en continu, les réseaux sociaux et l’utilisation des données personnelles nourrissent ainsi un échange entre deux époques. Les moyens de diffusion ont changé ; le dialogue invite à examiner ce qui demeure dans la manière de susciter l’adhésion.

Le projet de Bernays — aider Mildred à décrocher un emploi — apporte une ambiguïté féconde. Ses conseils répondent à un besoin personnel et compréhensible. Mais leur efficacité éventuelle pose aussi une question éthique : jusqu’où accepter d’influencer les autres pour parvenir à ses fins ? La manipulation cesse alors d’être un sujet abstrait, réservé aux grandes campagnes politiques ou commerciales.

L’adaptation rapproche également des objectifs que l’on distingue volontiers : vendre un produit, promouvoir une personnalité, défendre une idée. En les examinant à travers les mêmes mécanismes d’influence, elle invite à observer autrement les messages qui nous entourent. Qui parle ? À qui ? Avec quelle intention ? Et pourquoi certains arguments nous semblent-ils spontanément convaincants ?

La bande dessinée offre ici un cadre propice à la transmission : des concepts peuvent être discutés à travers une relation et une situation professionnelle. L’enjeu du dialogue consiste toutefois à laisser une place à la contradiction, face à un Bernays venu défendre la validité de ses propres méthodes.

Cette adaptation de Propaganda propose ainsi une rencontre entre histoire de la communication et interrogations contemporaines. Sa prémisse la plus stimulante tient à la position de Mildred : apprendre à convaincre tout en découvrant les conséquences de ce savoir. Une invitation à examiner autant les messages que nous recevons que ceux que nous contribuons à diffuser.

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 151 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368469508 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368469507

Expédition Antarctica de Greg Lecoeur (D’après un recit), Cyrille Meyer (Scénario, dessin et Couleur)

À la fin de l’été austral 2019, le photographe animalier Greg Lecoeur embarque avec l’apnéiste Guillaume Néry et le caméraman Florian Fischer pour une expédition extrême vers l’Antarctique. Au plus près des icebergs, ils documentent une faune sous-marine exceptionnelle : baleines, manchots, otaries, phoques… avec pour quête ultime la rencontre avec le mythique léopard de mer. Mais derrière cette beauté sauvage, ils découvrent une nature fragilisée par le réchauffement climatique et nous interrogent sur les conséquences de ce dérèglement qui menace directement la biodiversité et l’équilibre de toute la planète.

D’après le récit du photographe animalier Greg Lecoeur, Cyrille Meyer retrace une expédition vers l’Antarctique où l’exploration sous-marine rencontre les enjeux de la préservation du vivant. Une bande dessinée qui prend pour point de départ l’émerveillement, avant d’interroger la fragilité de ce qu’elle donne à découvrir.

À la fin de l’été austral 2019, Greg Lecoeur embarque avec l’apnéiste Guillaume Néry et le caméraman Florian Fischer. Leur objectif : documenter la faune sous-marine au plus près des icebergs, avec l’espoir de rencontrer le léopard de mer. Baleines, manchots, otaries et phoques jalonnent cette exploration d’un territoire dont une grande partie de la vie échappe aux regards.

Le choix de la bande dessinée offre une perspective intéressante sur cette aventure née du travail de l’image. Au scénario, au dessin et à la couleur, Cyrille Meyer transpose le récit d’un photographe dont la démarche consiste précisément à rendre visible un monde difficile d’accès. L’expédition devient ainsi une rencontre entre différentes façons de témoigner : photographier, filmer et raconter par le dessin.

La recherche du léopard de mer donne un objectif concret au voyage. Elle inscrit la découverte de l’écosystème dans une aventure humaine, portée par l’attente d’une rencontre qui ne peut être garantie. Dans cet environnement extrême, les explorateurs dépendent des conditions naturelles et doivent accepter que le vivant conserve sa part d’imprévisible.

Mais la beauté des lieux s’accompagne d’une inquiétude. Le récit aborde les effets du réchauffement climatique sur un milieu dont l’éloignement pourrait donner une trompeuse impression de protection. Cette dimension élargit la portée de l’expédition : observer les espèces implique aussi de s’interroger sur les conditions de leur survie.

Le sujet trouve sa force dans ce lien entre découverte et responsabilité. L’Antarctique apparaît comme un écosystème auquel notre avenir est lié. Les animaux rencontrés donnent un visage concret à cette biodiversité menacée, au-delà des paysages de glace.

Avec Expédition Antarctica, Greg Lecoeur et Cyrille Meyer proposent une entrée dans les profondeurs du continent austral, entre quête animalière et interrogation écologique. Un projet qui invite à regarder sous la surface, là où la fascination pour le monde sauvage peut devenir une raison de mieux le protéger.

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 179 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 236846638X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368466384

La faim du squelette de Ludovic Lecomte (Auteur), Barroux (Illustrations)

Chaque année, la nuit du passage à l’an suivant, un Nouveau est choisi pour rejoindre le cortège des Z’horribles, dans la maison hantée.

Cette année, ce sera le tour d’Ostache, le squelette, qui doit, comme le veut la tradition, préparer un festin pour tous les Z’horribles de la maison, en guise d’intronisation. Ostache leur a préparé un régal, mais ne semble pas s’y intéresser. Forcément, quand on est un squelette, impossible de manger ! Vraiment ? Les Z’horribles ne s’avouent pas battus et passent la nuit du Nouvel An à fouiller la grande bibliothèque du manoir en quête d’une solution pour que leur nouvel ami puisse lui aussi manger.

Un squelette peut-il partager un repas ? Dans La Faim du squelette, Ludovic Lecomte et Barroux font de cette question insolite le point de départ d’une aventure où les habitants d’une maison hantée se mobilisent pour leur nouvel ami. Une histoire de monstres dont la prémisse déborde de générosité.

Chaque nuit du passage à la nouvelle année, les Z’horribles accueillent un nouveau membre. Cette fois, c’est Ostache, un squelette, qui rejoint leur cortège. Pour son intronisation, la tradition exige qu’il prépare un festin. Tout est prêt, mais un problème demeure : comment profiter du repas lorsque l’on n’a que des os ?

Le décalage est savoureux. Ostache a cuisiné pour les autres sans pouvoir, semble-t-il, goûter à ce qu’il leur offre. Cette situation transforme une difficulté très concrète en ressort fantastique et comique. Elle donne surtout aux Z’horribles une belle occasion de montrer quel accueil ils réservent à leur compagnon.

Car personne ne se résigne à le laisser de côté. Le groupe passe la nuit à fouiller la bibliothèque du manoir pour trouver une solution. Le repas devient alors une quête collective : recevoir un nouvel ami implique de chercher comment lui permettre de participer pleinement à la fête.

C’est cette attention qui rend le sujet attachant. Les personnages prennent en compte la particularité d’Ostache et mettent leur énergie au service d’une même envie : partager un moment avec lui. Sous leurs allures inquiétantes, les Z’horribles révèlent ainsi un sens chaleureux de l’amitié.

La bibliothèque apporte une autre idée réjouissante : face à une difficulté apparemment insoluble, les livres pourraient bien ouvrir une piste. Le décor du manoir hanté devient un lieu de recherche, de curiosité et d’entraide, dont on préfère laisser découvrir l’issue.

Écrit par Ludovic Lecomte et illustré par Barroux, La Faim du squelette associe l’imaginaire des monstres à une question toute simple : comment faire une place à chacun ? Un point de départ malicieux pour rappeler qu’une fête se prépare aussi en pensant à celui qui risque de ne pas pouvoir en profiter.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 287426749X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267499