Le Roi du Game De Eric Judor | Par Antonin Fourlon, Cédric Prévost Avec Eric Judor, Alexandra Lamy, Marc Labreche

Alexandre est prêt à tout pour renouer avec sa fille. Quitte à infiltrer une équipe de bras cassés dans un univers de jeu médiéval-fantastique. Cette quête improbable pourrait bien le ramener à ses propres rêves oubliés…

Un père prêt à tout pour retrouver sa fille, une équipe de bras cassés et un univers médiéval-fantastique où rien ne semble se dérouler comme prévu. Eric Judor revient à la réalisation avec Le Roi du Game, une comédie qui mêle humour décalé, aventure et relations familiales.

Alexandre cherche désespérément à renouer avec sa fille. Pour y parvenir, il décide de s’aventurer dans un univers de jeu médiéval-fantastique, entouré d’une équipe de personnages aussi maladroits qu’improbables. Une mission qui pourrait rapidement lui échapper, mais aussi lui permettre de retrouver une part de lui-même qu’il avait oubliée.

Le point de départ correspond bien à l’univers comique d’Eric Judor, qui affectionne les personnages dépassés par les événements, les situations absurdes et les décalages entre les ambitions de ses héros et leurs véritables capacités.

Le cadre médiéval-fantastique offre de nombreuses possibilités, notamment en jouant sur les codes des jeux de rôle, les quêtes héroïques et les personnages qui se prennent beaucoup trop au sérieux. L’humour pourrait justement naître de cette confrontation entre un père maladroit et un monde dont il ne maîtrise pas les règles.

Mais derrière les situations comiques, Le Roi du Game aborde un sujet plus sensible : la difficulté de retrouver sa place auprès de son enfant. Alexandre ne cherche pas seulement à réussir une aventure improbable. Il tente surtout de réparer une relation et de prouver qu’il peut encore être présent pour sa fille.

Cette dimension familiale peut apporter une véritable profondeur au récit, à condition de ne pas être reléguée au second plan derrière une succession de gags.

Le scénario repose néanmoins sur une formule déjà bien connue : un personnage ordinaire plongé dans un univers qu’il ne comprend pas, accompagné d’une équipe de marginaux. Pour se démarquer, le film devra miser sur la singularité de son humour et sur des personnages suffisamment attachants pour dépasser la simple caricature.

Aux côtés d’Eric Judor, Alexandra Lamy et Marc Labrèche complètent une distribution qui laisse espérer des confrontations savoureuses.

Sans prétendre révolutionner la comédie française, Le Roi du Game possède un concept amusant et un potentiel émotionnel intéressant. Son véritable enjeu sera de trouver le bon équilibre entre humour absurde et tendresse. Car derrière les chevaliers, les défis et les quêtes impossibles, Alexandre poursuit finalement un objectif bien plus difficile que de devenir un héros : redevenir un père pour sa fille.

L’île des souvenirs De Joel Crawford, Januel P. Mercado | Par Januel P. Mercado, Joel Crawford Avec Manon Bresch, H.E.R., Anaïde Rozam

Jo et Raissa, deux meilleures amies depuis la primaire, viennent d’obtenir le baccalauréat. Elles s’apprêtent désormais à s’engager dans des voies différentes.

Quitter le lycée, prendre des chemins différents et accepter que certaines choses ne seront plus jamais comme avant. L’île des souvenirs, film d’animation réalisé par Joel Crawford et Januel P. Mercado, transforme cette étape de la vie en une aventure fantastique inspirée des contes et légendes des Philippines. Une histoire où l’amitié devient aussi précieuse que fragile.

Jo et Raissa sont inséparables depuis l’école primaire. Mais leur baccalauréat en poche, les deux amies s’apprêtent à suivre des routes différentes. Lors de leur dernière soirée ensemble, elles découvrent un mystérieux portail qui les transporte sur l’île de Nakali, un monde peuplé de créatures mythologiques issues des histoires de leur enfance.

Accompagnées de Raww, un chien-garou particulièrement maladroit, et de petites créatures aux pouvoirs extraordinaires, elles doivent affronter la redoutable Manananggal. Mais le véritable danger se révèle bien plus cruel : pour rentrer chez elles, Jo et Raissa devront sacrifier les souvenirs qui les unissent.

C’est cette idée qui donne au récit toute sa force. Derrière les monstres et les péripéties, L’île des souvenirs aborde une peur universelle : celle de voir s’éloigner une personne avec laquelle on a grandi. Les souvenirs deviennent alors bien plus que de simples images du passé. Ils représentent tout ce qui construit une amitié.

L’univers inspiré du folklore philippin apporte une identité intéressante à cette aventure. Il permet de découvrir des créatures moins familières au cinéma d’animation occidental, tout en donnant une place importante aux histoires transmises de génération en génération.

Le scénario emprunte néanmoins une structure assez classique, avec un monde magique, des compagnons hauts en couleur et une menace à vaincre. Le risque serait de multiplier les péripéties au détriment de la relation entre les deux héroïnes, qui constitue pourtant le véritable cœur du film.

La présence de Manon Bresch, H.E.R. et Anaïde Rozam au casting vocal accompagne cette aventure où l’humour et l’émotion sont appelés à se rencontrer.

Entre voyage initiatique et conte fantastique, L’île des souvenirs possède un point de départ touchant et un univers culturel qui lui donne une véritable personnalité. Au-delà de ses créatures extraordinaires, le film pose une jolie question : une amitié peut-elle survivre lorsque les souvenirs qui l’ont construite disparaissent ? Une aventure familiale qui rappelle que grandir, c’est aussi apprendre à avancer sans forcément tout oublier.

Shaun le Mouton : La Bêêête d’Halloween De Steve Cox, Matthew Walker | Par Mark Burton (II), Giles Pilbrow Avec Justin Fletcher, John Sparkes, Kate Harbour

A Halloween, les habitants de la ferme de Mossy Bottom se réjouissent des festivités, jusqu’à ce que le Fermier maladroit saccage les citrouilles bien-aimées du troupeau. Lorsque Shaun se transforme en scientifique fou pour résoudre le problème, les choses dérapent : le Fermier disparaît et une bête sauvage rôde dans les bois.

Shaun et ses compagnons sont de retour pour une aventure d’animation placée sous le signe d’Halloween. Réalisé par Steve Cox et Matthew Walker, La Bêêête d’Halloween retrouve l’univers malicieux de la ferme de Mossy Bottom, où une simple histoire de citrouilles va provoquer une série de catastrophes aussi absurdes qu’amusantes.

À la ferme, tout le monde se prépare à célébrer Halloween. Mais les festivités prennent une tournure inattendue lorsque le Fermier, toujours aussi maladroit, détruit les précieuses citrouilles du troupeau. Bien décidé à sauver la fête, Shaun se lance dans des expériences dignes d’un savant fou. Évidemment, rien ne se passe comme prévu : le Fermier disparaît mystérieusement et une étrange créature commence à rôder dans les bois.

Le charme de Shaun le Mouton repose depuis toujours sur un humour visuel accessible à tous. Sans avoir besoin de longs dialogues, les personnages parviennent à raconter énormément de choses à travers leurs expressions, leurs gestes et leurs maladresses. Cette simplicité apparente constitue l’une des grandes réussites de la franchise.

L’ambiance d’Halloween offre ici un terrain de jeu particulièrement réjouissant. Entre expériences scientifiques incontrôlables, disparition inquiétante et mystérieuse bête sauvage, le récit détourne les codes du cinéma d’horreur pour les adapter à un univers familial.

L’intérêt réside aussi dans cette capacité à faire rire les enfants tout en glissant des références que les adultes peuvent apprécier. Shaun reste un héros attachant, débrouillard mais souvent responsable des catastrophes qu’il cherche ensuite à réparer.

L’histoire ne semble pas chercher à bouleverser les habitudes de la série. On retrouve une mécanique bien connue, faite de quiproquos, de poursuites et de situations qui dégénèrent. Cette familiarité peut limiter l’effet de surprise, mais elle participe également au plaisir de retrouver ces personnages.

La réalisation de Steve Cox et Matthew Walker s’inscrit dans la tradition d’une animation artisanale où le rythme comique et l’expressivité des personnages occupent une place essentielle.

Drôle, inventive et pleine de fantaisie, Shaun le Mouton : La Bêêête d’Halloween possède tous les ingrédients d’un divertissement familial réjouissant. Une aventure qui joue davantage sur les frissons amusants que sur la véritable peur, et rappelle qu’à Mossy Bottom, les plus grosses catastrophes commencent souvent par une toute petite bêtise.

Bigflo & Oli à l’Accor Arena : le rap à hauteur humaine

À Paris, le Karma Tour prend la dimension d’un grand rassemblement. Entre ferveur du public, récits personnels et annonce d’un nouvel album, Bigflo & Oli placent la relation avec leurs auditeurs au cœur du spectacle.

Des bras levés jusque dans les gradins, une constellation de téléphones allumés et des chansons reprises à l’unisson : à l’Accor Arena, la foule participe pleinement au spectacle. Pour Bigflo & Oli, cette réponse collective donne une traduction concrète à ce qui traverse leur musique depuis leurs débuts : le besoin de raconter, de transmettre et de trouver un écho dans la vie des autres.

Le format de l’arène impose ses dimensions et ses codes. Les écrans agrandissent les visages, les lumières dessinent l’espace et la scène devient le centre d’une attention immense. Au milieu de ce dispositif, les deux frères disposent d’un point d’ancrage solide : leur complémentarité. C’est elle qui donne une continuité humaine à l’ensemble.

Deux voix, une histoire commune

La fraternité constitue chez Bigflo & Oli une véritable matière artistique. Elle nourrit leur manière d’écrire et donne à leurs chansons une dynamique de dialogue. Les voix se relaient, les sensibilités se croisent et les récits gagnent en perspective.

Cette relation permet d’aborder des sujets familiers sans les enfermer dans une seule lecture. La famille, le passage à l’âge adulte, les doutes ou les contradictions de la réussite composent un univers dans lequel plusieurs générations peuvent trouver leur place. Leur écriture cherche la reconnaissance d’une émotion, la précision d’une situation, ce détail qui fait passer une histoire personnelle dans la mémoire de celui qui l’écoute.

En concert, ces textes changent de portée. Une phrase que l’on associait à son propre parcours devient une parole partagée. La salle lui donne une autre ampleur, tandis que chacun conserve les souvenirs et les visages qu’il y rattache.

Le public donne sa mesure au spectacle

À l’Accor Arena, l’engagement des spectateurs forme l’une des images fortes du rendez-vous. Les lumières dispersées dans les gradins prolongent celles de la scène. Les mains se dressent et les voix font entendre la place prise par ces chansons dans le quotidien du public.

Cette participation éclaire la capacité du duo à rassembler. Leur répertoire offre plusieurs portes d’entrée : le goût du récit, l’énergie du rap, l’humour ou une sensibilité plus directement émotionnelle. Dans une grande salle, ces différentes attentes se rencontrent et donnent au concert sa densité collective.

L’enjeu artistique demeure de préserver la présence des mots dans cette ampleur. Chez Bigflo & Oli, la relation entre les deux interprètes aide à maintenir ce fil. Leur histoire commune donne un visage aux chansons et rend identifiable la parole qui les porte.

Karma 2, la suite annoncée à Paris

Le concert ouvre également une perspective sur l’avenir avec l’annonce de Karma 2, présenté comme un nouvel album à venir. Les deux frères relient ce projet à la force et à l’inspiration reçues de leur public. Aucune date de sortie n’accompagne cette annonce.

Ce moment possède une portée particulière dans une salle aussi mobilisée. Il donne un prolongement à l’échange : l’énergie reçue pendant les concerts devient, selon les artistes, un moteur pour créer. La scène apparaît alors comme un lieu où se rencontrent les chansons déjà adoptées et celles qui restent à découvrir.

En partageant cette nouvelle étape devant leurs auditeurs, Bigflo & Oli inscrivent leur parcours dans une continuité. Le concert célèbre un répertoire tout en ouvrant un nouveau chapitre.

L’intime à l’échelle d’une arène

Ce rendez-vous parisien met en lumière le principal ressort du duo : faire circuler des histoires personnelles dans un cadre capable de leur donner une résonance collective. La dimension spectaculaire attire le regard ; les textes et la relation fraternelle donnent au rassemblement son point d’appui.

La force de Bigflo & Oli se joue dans cette articulation. Les deux artistes parlent de liens, de fragilités et de transmission devant une salle qui répond par ses propres gestes et ses propres voix. Leur musique trouve ainsi une existence supplémentaire dans la manière dont elle est reçue.

À l’Accor Arena, les téléphones allumés et les refrains partagés composent le portrait d’un public investi. Avec l’annonce de Karma 2, cette fidélité se tourne déjà vers la suite : une nouvelle page que les deux frères ont choisi d’ouvrir au milieu de ceux qui les accompagnent.

Mamie Luger: L’Amour aux trousses de Nicolas Keramidas (Dessins, Rédacteur), Benoît Philippon (D’aprés le livre de)

Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée après avoir tiré sur un homme avec un Luger, un vieux pistolet allemand. Mais ce n’est que le début.

À 102 ans, Berthe Gavignol possède une mémoire chargée, un langage fleuri et quelques cadavres à expliquer. Dans ce deuxième tome de Mamie Luger, Nicolas Keramidas poursuit l’adaptation du roman de Benoît Philippon, entre confession sentimentale, polar noir et humour grinçant.

Arrêtée après avoir tiré sur un homme avec un vieux pistolet allemand, Berthe raconte sa vie à l’inspecteur Ventura. Mais derrière les révélations de cette centenaire se dessine une existence que l’interrogatoire peine à contenir. Ses souvenirs ouvrent des portes que l’enquêteur n’avait sans doute pas prévu de franchir.

L’Amour aux trousses accorde une place centrale à Luther, grande histoire d’amour de Berthe. Son départ pour l’Amérique laisse celle-ci seule face à la violence et à la bêtise des hommes. Cette dimension sentimentale apporte un contrepoint à la brutalité du récit : derrière la femme armée se trouve aussi une femme qui a aimé, espéré et subi des pertes.

Le personnage tire sa force de cette coexistence. Berthe peut être vulnérable sans se résigner, drôle sans devenir inoffensive. Son âge et son apparence nourrissent le décalage avec ce qu’elle raconte. La « petite mamie » impose sa voix, obligeant Ventura à revoir l’image qu’il pouvait se faire d’elle.

Pendant ce temps, la découverte d’autres corps dans son jardin donne une urgence nouvelle à ses confidences. Le passé rejoint très concrètement le présent de l’enquête. Chaque souvenir devient susceptible d’éclairer une mort supplémentaire, et la curiosité se double d’une question morale : jusqu’où peut-on suivre Berthe dans sa manière de rendre justice ?

C’est dans cette zone inconfortable que le mélange entre noirceur et burlesque trouve son intérêt. Le rire accompagne un récit traversé par les violences faites aux femmes, sans faire disparaître la gravité des actes. Comprendre la colère de Berthe ne règle pas tout ; son refus de rester une victime laisse ouverte la question des moyens qu’elle emploie.

Ce deuxième volet poursuit ainsi le portrait d’une héroïne dont la tendresse et la férocité se répondent. Entre amour perdu et secrets déterrés, Mamie Luger – L’Amour aux trousses place face à face une vie entière de résistance et un inspecteur qui doit désormais en compter les conséquences.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 14 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 88 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203281839 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203281837

La faim du squelette de Ludovic Lecomte (Auteur), Barroux (Illustrations)

Chaque année, la nuit du passage à l’an suivant, un Nouveau est choisi pour rejoindre le cortège des Z’horribles, dans la maison hantée.

Cette année, ce sera le tour d’Ostache, le squelette, qui doit, comme le veut la tradition, préparer un festin pour tous les Z’horribles de la maison, en guise d’intronisation. Ostache leur a préparé un régal, mais ne semble pas s’y intéresser. Forcément, quand on est un squelette, impossible de manger ! Vraiment ? Les Z’horribles ne s’avouent pas battus et passent la nuit du Nouvel An à fouiller la grande bibliothèque du manoir en quête d’une solution pour que leur nouvel ami puisse lui aussi manger.

Un squelette peut-il partager un repas ? Dans La Faim du squelette, Ludovic Lecomte et Barroux font de cette question insolite le point de départ d’une aventure où les habitants d’une maison hantée se mobilisent pour leur nouvel ami. Une histoire de monstres dont la prémisse déborde de générosité.

Chaque nuit du passage à la nouvelle année, les Z’horribles accueillent un nouveau membre. Cette fois, c’est Ostache, un squelette, qui rejoint leur cortège. Pour son intronisation, la tradition exige qu’il prépare un festin. Tout est prêt, mais un problème demeure : comment profiter du repas lorsque l’on n’a que des os ?

Le décalage est savoureux. Ostache a cuisiné pour les autres sans pouvoir, semble-t-il, goûter à ce qu’il leur offre. Cette situation transforme une difficulté très concrète en ressort fantastique et comique. Elle donne surtout aux Z’horribles une belle occasion de montrer quel accueil ils réservent à leur compagnon.

Car personne ne se résigne à le laisser de côté. Le groupe passe la nuit à fouiller la bibliothèque du manoir pour trouver une solution. Le repas devient alors une quête collective : recevoir un nouvel ami implique de chercher comment lui permettre de participer pleinement à la fête.

C’est cette attention qui rend le sujet attachant. Les personnages prennent en compte la particularité d’Ostache et mettent leur énergie au service d’une même envie : partager un moment avec lui. Sous leurs allures inquiétantes, les Z’horribles révèlent ainsi un sens chaleureux de l’amitié.

La bibliothèque apporte une autre idée réjouissante : face à une difficulté apparemment insoluble, les livres pourraient bien ouvrir une piste. Le décor du manoir hanté devient un lieu de recherche, de curiosité et d’entraide, dont on préfère laisser découvrir l’issue.

Écrit par Ludovic Lecomte et illustré par Barroux, La Faim du squelette associe l’imaginaire des monstres à une question toute simple : comment faire une place à chacun ? Un point de départ malicieux pour rappeler qu’une fête se prépare aussi en pensant à celui qui risque de ne pas pouvoir en profiter.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 287426749X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267499

Le Fabuleux piano de Sonia Devillers

Après le succès littéraire et commercial de son récit Les Exportés, Sonia Devillers part à la recherche d’un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu’elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.

Le Fabuleux piano est un récit d’enquête aussi passionnant qu’émouvant dans lequel Sonia Devillers remonte le fil d’une histoire familiale et collective à travers la disparition d’un simple instrument de musique.

Tout commence par un piano à queue volé en 1943 à une famille juive par les nazis. Derrière cet objet se cache un destin brisé, mais aussi une mémoire que les années n’ont jamais réussi à effacer. En suivant la trace de cet instrument disparu, Sonia Devillers met au jour l’ampleur des pillages culturels organisés sous l’Occupation et redonne un visage à celles et ceux qui en furent les victimes.

Son enquête croise rapidement celle de sa propre famille. Le souvenir du piano abandonné par sa grand-mère lors de son exil fait écho à cette quête, donnant au récit une dimension profondément intime sans jamais prendre le pas sur la rigueur historique.

L’autrice retrace également l’histoire remarquable de la famille Enoch, célèbre dynastie d’éditeurs de musique dont le catalogue a accompagné plusieurs générations de musiciens et de compositeurs. Malgré les persécutions et les spoliations, leur héritage artistique a traversé le siècle, notamment grâce à des œuvres devenues universelles comme Les Feuilles mortes.

La force du livre réside dans sa capacité à transformer un objet disparu en véritable symbole de la mémoire. Le piano devient le témoin silencieux d’une époque, des vies bouleversées par la guerre et de tout ce que les survivants ont tenté de préserver malgré les pertes.

La plume de Sonia Devillers est élégante, précise et profondément sensible. Elle mêle avec beaucoup de naturel enquête historique, récit personnel et réflexion sur la transmission, offrant un texte aussi instructif que bouleversant.

#Lefabuleuxpiano #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221286804 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221286807

Potions magiques et sortilèges – Le grimoire des légendes de Aurore Gomez (Auteur), Marine Gosselin (Illustrations)

Aubépine et Primrose ont découvert un vieux grimoire chez leur voisine. Bizarrement, seule Aubépine est capable de le lire. Il s’agit d’un recueil de légendes. La première évoque les Ombres, des créatures potentiellement dangereuses. Peu après, une Ombre se matérialise dans la maison et agrippe Iris, laissant une marque inquiétante sur son poignet.

Un vieux livre découvert chez une voisine, une seule personne capable de le déchiffrer et une créature qui surgit dans la maison : Aurore Gomez, accompagnée des illustrations de Marine Gosselin, fait de la lecture le point de départ d’un mystère inquiétant.

Lorsqu’Aubépine et Primrose trouvent le grimoire, sa particularité soulève déjà une question : pourquoi Aubépine est-elle la seule à pouvoir le lire ? Ce qui ressemble à un privilège devient rapidement une responsabilité. La première légende évoque les Ombres ; peu après, l’une de ces créatures se matérialise et agrippe Iris, laissant une marque sur son poignet.

L’apparition donne une urgence concrète à l’énigme. Il faut comprendre le livre, mais aussi découvrir ce qui est arrivé à Iris. La marque constitue un signe visible dont la signification reste à éclaircir. Elle relie le mystère du grimoire à une menace qui touche directement les personnages.

Le ressort le plus séduisant tient à cette frontière devenue incertaine entre récit et réalité. Le livre décrit-il des êtres qui existent déjà ? Sa lecture a-t-elle permis leur apparition ? Sans dévoiler les réponses, ces interrogations donnent au grimoire une place ambiguë : il pourrait contenir autant les clés du problème que sa source.

Aubépine se retrouve ainsi dans une position délicate. Sa capacité à lire la distingue, mais l’oblige aussi à agir face à ce que les autres ne peuvent pas déchiffrer. Cette idée apporte un enjeu personnel à l’aventure : posséder un don ne signifie pas encore savoir s’en servir.

Avec Le Grimoire des légendes, Aurore Gomez et Marine Gosselin proposent une entrée dans le fantastique fondée sur la curiosité et ses conséquences. Un livre à ouvrir, un secret à comprendre et une amie à aider : trois raisons de suivre Aubépine au-delà de la première légende.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 14 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 270028884X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700288841

To cage a wild bird de Brooke Fast

À Dividium, tous les crimes sont passibles d’une peine de prison à perpétuité. Ou du moins, jusque mort s’ensuive, car Endlock n’est pas une prison comme les autres : les riches peuvent s’y rendre afin de chasser des prisonniers.

Une prison à perpétuité où les détenus deviennent les proies des plus riches : avec To Cage a Wild Bird, Brooke Fast pose les bases d’une dystopie brutale. Pour Raven, infiltrer cet endroit représente pourtant le seul espoir de sauver son frère.

À Dividium, chaque crime entraîne une condamnation à vie. Mais derrière les murs d’Endlock, la peine prend une dimension plus terrifiante encore : des visiteurs fortunés peuvent venir chasser les prisonniers. Ce dispositif transforme la justice en instrument de domination, où l’argent donne jusqu’au pouvoir de disposer de la vie des autres.

Dans cet univers, Raven poursuit un objectif précis. Son frère vient d’être incarcéré et elle entend le faire sortir. Sa mission repose sur un paradoxe efficace : entrer volontairement dans un lieu conçu pour empêcher toute évasion. Le lien familial donne ainsi un ancrage intime à une intrigue dont les enjeux pourraient autrement sembler écrasants.

Sa réputation de chasseuse de primes complique toutefois l’infiltration. Raven connaît la traque, mais cette expérience risque aussi de la rendre reconnaissable. Le récit ouvre alors une perspective intéressante sur le passage d’un côté à l’autre du rapport de force : savoir poursuivre quelqu’un prépare-t-il vraiment à devenir soi-même une cible ?

Vale, gardien de prison, introduit une autre incertitude. Il semble représenter sa seule chance de survie, tout en appartenant à l’institution qui retient son frère. Pour Raven, lui faire confiance suppose de s’exposer davantage. Cette dépendance donne à leur relation une tension particulière : comment évaluer la sincérité d’une aide lorsque l’autre détient une part aussi importante du pouvoir ?

L’idée d’Endlock concentre les interrogations les plus fortes du projet. La peine y devient un divertissement marchand, et les détenus perdent jusqu’à leur statut de personnes. La mission de Raven oppose à cette logique un attachement concret : celui d’une sœur pour qui une vie condamnée mérite encore que l’on risque tout.

Avec To Cage a Wild Bird, Brooke Fast propose une intrigue de survie portée par une héroïne dont les compétences ne suffisent pas à garantir la sécurité. Entre sauvetage familial, traque et confiance dangereuse, le point de départ installe un suspense immédiat : entrer à Endlock n’est que le début du problème.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 14 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 432 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 270028562X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700285628

Quatre soeurs et la magie de Noël de Sophie Rigal-Goulard (Auteur), Diglee (Illustrations)

Décembre vient à peine de commencer et les quatre sœurs se lancent déjà dans les préparatifs de Noël. Cette année, elles resteront à Paris.

Un calendrier de l’Avent « vivant », des préparatifs gourmands et une lettre mystérieuse : avec Quatre sœurs et la magie de Noël, Sophie Rigal-Goulard et Diglee réunissent les ingrédients d’une aventure familiale où l’impatience des fêtes se nourrit surtout du plaisir de faire ensemble.

Cette année, Laure, Lisa, Luna et Lou resteront à Paris pour Noël. Pour Laure, cela ne signifie certainement pas renoncer à l’exceptionnel. Elle souhaite bousculer les habitudes, inventer de nouvelles façons de célébrer et privilégier la joie plutôt que la consommation.

Cette intention donne au récit un point de départ chaleureux. Comment rendre décembre mémorable sans tout miser sur les cadeaux ? Lisa et Luna imaginent un calendrier vivant, avec une surprise quotidienne jusqu’à Noël, tandis que Lou s’exerce en cuisine. Chacune contribue ainsi aux préparatifs selon ses envies, transformant l’attente en une aventure collective.

L’idée du calendrier est particulièrement séduisante : elle fait de chaque journée une occasion de créer un souvenir. La fête commence bien avant le réveillon, dans l’attention portée aux autres et les initiatives que l’on prépare pour eux. Le cadre parisien rappelle aussi qu’un quotidien familier peut devenir un terrain de découverte lorsqu’on décide de changer ses habitudes.

Mais une lettre vient ajouter une part d’inconnu à ce programme. Adressée aux quatre sœurs et signée « la gardienne des lumières », elle introduit un mystère au milieu des projets bien organisés. Laure voulait des surprises : en voici une qu’elle n’a pas choisie et dont il reste à découvrir les intentions.

Écrit par Sophie Rigal-Goulard et illustré par Diglee, ce nouvel épisode associe complicité entre sœurs, créativité et énigme de saison. Une proposition pleine de douceur autour d’un Noël qui se construit jour après jour, à travers ce que l’on invente et partage avec ceux que l’on aime.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 200 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700288505 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700288506