Mamie Luger: La tentation du mâle de Nicolas Keramidas

Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée par la police après avoir tiré sur un homme avec un Luger, un vieux pistolet allemand.

Avec Mamie Luger : La tentation du mâle, Nicolas Keramidas livre une bande dessinée explosive qui mélange polar noir, humour burlesque et satire sociale.

Le point de départ est aussi absurde qu’efficace : Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée après avoir tiré sur un homme avec un vieux Luger allemand. Mais l’interrogatoire révèle rapidement que cette vieille dame au caractère bien trempé cache un passé autrement plus dangereux qu’il n’y paraît.

Le récit repose sur le contraste entre l’image traditionnelle de la « petite mamie » et la réalité du personnage. Berthe détourne immédiatement les attentes : langage cru, tempérament incontrôlable, souvenirs violents. Cette opposition nourrit une grande partie de l’humour noir de l’album.

Au fil des révélations, la BD dévoile une succession de secrets, de cadavres et de règlements de comptes. Derrière le ton déjanté, le livre aborde pourtant des thèmes sérieux, notamment les violences faites aux femmes et les mécanismes de domination.

Berthe apparaît alors comme une figure de résistance radicale. Refusant le statut de victime, elle transforme sa colère en arme. Le récit joue volontairement sur l’exagération, flirtant avec le grotesque sans perdre sa dimension critique.

Graphiquement, Nicolas Keramidas développe un style énergique et expressif. Les scènes d’action, les expressions et les dialogues participent pleinement à l’humour corrosif de l’ensemble.

L’album alterne entre enquête policière, souvenirs et scènes absurdes, créant un rythme très vivant. L’humour grinçant permet d’équilibrer la noirceur des sujets abordés.

Mamie Luger s’inscrit dans une tradition de polar satirique, où la violence et la comédie coexistent pour dénoncer certaines hypocrisies sociales.

Une bande dessinée irrévérencieuse et jubilatoire, portée par une héroïne aussi incontrôlable qu’inoubliable.

  • Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN
  • Date de publication ‏ : ‎ 13 mai 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2203281812
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203281813

Mon amie Andreina de Alice Coppini

La petite Emma passe beaucoup d’après-midis chez sa grand-mère Lina.

vec Mon amie Andreina, Alice Coppini propose une bande dessinée jeunesse sensible, où le mystère familial rencontre le récit d’amitié et le voyage dans le temps.

Le récit débute dans un quotidien très simple : Emma passe ses journées chez sa grand-mère Lina, dans une maison où le temps semble parfois suspendu. L’ennui de l’enfant devient le point de départ de l’aventure lorsqu’elle découvre, dans le grenier, une boîte remplie de vieilles photographies.

La bascule fantastique survient avec l’orage. Propulsée dans le passé, Emma rencontre Andreina, une fillette qui ressemble étrangement à celle aperçue sur les photos. Cette apparition ouvre immédiatement un mystère familial qui structure tout l’album.

L’histoire fonctionne sur deux niveaux. D’un côté, une aventure accessible aux jeunes lecteurs, faite de découvertes et de complicité. De l’autre, une réflexion plus douce sur la mémoire, les générations et les liens invisibles qui unissent les familles.

La relation entre Emma et Andreina constitue le cœur émotionnel du livre. Leur amitié se construit progressivement, portée par la curiosité et le partage, tandis que le lecteur comprend peu à peu l’importance de cette rencontre.

Graphiquement, l’album privilégie une approche chaleureuse et expressive. Les décors de la maison ancienne, du grenier et du passé créent une atmosphère nostalgique, presque hors du temps.

Le fantastique reste délicat, jamais envahissant. Il sert avant tout à rendre possible une rencontre impossible entre deux époques et à explorer les souvenirs familiaux sous une forme poétique.

Mon amie Andreina s’inscrit dans la tradition des récits jeunesse où l’imaginaire permet de mieux comprendre l’histoire personnelle et familiale.

Une bande dessinée tendre et mystérieuse, qui mêle enfance, mémoire et amitié avec beaucoup de douceur.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 6 mai 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 184 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810210764 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810210763

Le Nuage de PEREZ (Auteur)

Dans le royaume où vivent Estella et sa mère, un terrible nuage dévaste la campagne tous les huit ans, forçant les habitants à tout reconstruire à chaque passage. La mère d’Estella, brillante ingénieure, disparaît tragiquement en tentant de mettre fin à ce fléau…

Avec Le Nuage, Perez propose une bande dessinée entre aventure, dystopie et récit initiatique, portée par une héroïne confrontée à un monde bâti sur le secret.

Le point de départ du récit repose sur une menace cyclique : un nuage destructeur ravage régulièrement le royaume, condamnant les habitants à reconstruire encore et encore. Cette catastrophe récurrente façonne toute l’organisation de la société et installe une atmosphère de fatalité.

Au centre de l’histoire, Estella grandit dans l’ombre d’une disparition. Sa mère, ingénieure brillante, a perdu la vie en cherchant à comprendre et arrêter le phénomène. Ce passé devient le moteur de la quête de l’héroïne, qui choisit à son tour la voie de l’ingénierie.

La capitale, où elle part étudier, introduit un contraste fort. Présentée comme un lieu de savoir et de sécurité, épargné par le nuage, elle apparaît d’abord comme une utopie. Mais derrière cette perfection affichée, le récit dévoile progressivement des zones d’ombre.

L’album joue ainsi sur l’opposition entre connaissance et manipulation. Les découvertes scientifiques ne sont pas uniquement des outils de progrès ; elles peuvent aussi servir à maintenir des équilibres fragiles ou dissimuler des vérités.

Le parcours d’Estella est également celui d’une émancipation. Entourée de nouveaux alliés, elle apprend à remettre en question les discours officiels et à construire sa propre compréhension du monde.

Graphiquement, Le Nuage développe un univers visuel évoquant parfois le steampunk ou la fantasy scientifique. Les architectures de la capitale, les machines et les paysages marqués par les ravages du nuage renforcent l’immersion.

Le récit mêle aventure, enquête et réflexion sociale, tout en conservant un rythme accessible.

Le Nuage s’impose comme une bande dessinée qui interroge la manière dont les sociétés construisent leurs vérités et leurs mythes face à la peur.

Une œuvre immersive et mystérieuse, où science, mémoire et quête de vérité se croisent sous l’ombre d’une catastrophe récurrente

  • Éditeur ‏ : ‎ Les Humanoïdes Associés
  • Date de publication ‏ : ‎ 20 mai 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 120 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2731669284
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2731669282

Encelade de BENASSAYA – URGELL (Auteur)

Quand l’humanité s’apprête à franchir une frontière interdite par les lois de la physique, une autre limite, plus fragile encore, menace de céder… Celle de la raison !

Avec Encelade, Benassaya et Urgell signent une bande dessinée de science-fiction ambitieuse, qui mêle exploration spatiale, thriller psychologique et réflexion philosophique.

Le récit débute sur Encelade, où une découverte scientifique bouleverse l’humanité : un cristal aux propriétés inconnues, capable de produire une énergie considérable. Cette matière mystérieuse devient rapidement le moteur d’un projet colossal : l’exode vers les étoiles.

Dix ans plus tard, l’action se déplace à bord de l’Arca XVII, gigantesque arche spatiale transportant des milliers de passagers vers un nouveau monde. Ce huis clos interstellaire constitue le véritable cœur du récit. Dans cet espace confiné, les tensions sociales, politiques et spirituelles se multiplient.

Le personnage de Sorany Desvœux occupe une position centrale. Liée à la découverte du cristal, elle devient malgré elle une figure symbolique, prise entre rationalité scientifique et dérive mystique. Cette ambiguïté nourrit l’intrigue.

L’un des axes majeurs de l’album est le rapport entre science et croyance. Le cristal, objet scientifique à l’origine, se transforme progressivement en relique sacrée aux yeux d’une secte clandestine. Cette bascule interroge la manière dont les humains recréent des mythes, même au cœur du progrès technologique.

Le « Seuil de Jupiter » agit comme une frontière symbolique autant que physique. À mesure que l’arche s’en approche, anomalies et comportements irrationnels se multiplient, faisant vaciller l’équilibre de la mission.

Graphiquement, l’album développe une esthétique de science-fiction sombre et immersive. Les espaces immenses du vaisseau contrastent avec le sentiment d’enfermement des personnages. Le travail sur les lumières et les décors renforce cette atmosphère de tension permanente.

Encelade s’inscrit dans une tradition de SF qui utilise le voyage spatial pour interroger les mécanismes humains : besoin de croire, peur de l’inconnu, tentation du pouvoir.

Une bande dessinée dense et captivante, où l’exploration de l’espace devient aussi une exploration des failles de l’esprit humain.

  • Éditeur ‏ : ‎ Les Humanoïdes Associés
  • Date de publication ‏ : ‎ 6 mai 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2731655585
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2731655582

Le procès d’un immortel de Régis Penet

Depuis toujours, l’humanité rêve d’échapper à la mort.

Avec Le Procès d’un immortel, Régis Penet propose une bande dessinée ambitieuse, à la croisée de la science-fiction et du conte philosophique, où la quête d’immortalité devient matière à réflexion sur la condition humaine.

Le point de départ repose sur une obsession universelle : vaincre la mort. Traumatisé par une perte ancienne, un homme consacre sa fortune et la technologie à atteindre ce rêve impossible. Mais l’immortalité obtenue ne mène pas à une victoire triomphante : elle le conduit aux portes du monde des morts, sur les rives du Styx.

Le récit bascule alors dans une dimension mythologique. Le protagoniste croise des figures ayant, elles aussi, défié la mort, comme Orphée ou Gilgamesh. Ces présences inscrivent l’histoire dans une longue tradition de récits humains confrontés à la finitude.

L’idée centrale du « procès » structure le livre. L’immortalité n’est pas considérée comme un exploit scientifique, mais comme une transgression qui doit être jugée par les dieux. La présence de Perséphone, ici avocate et souveraine des enfers, apporte au récit une dimension à la fois symbolique et politique.

Le livre interroge ainsi plusieurs tensions : science contre sacré, progrès contre limites naturelles, désir individuel contre ordre cosmique. L’immortalité y apparaît moins comme une délivrance que comme une remise en cause de l’équilibre du vivant.

Graphiquement, Régis Penet développe un univers sombre et élégant, où se mêlent références antiques et esthétique futuriste. Les enfers prennent une dimension presque intemporelle, entre ruines mythologiques et visions de science-fiction.

Le récit avance comme une réflexion dramatique, alternant dialogues philosophiques et séquences plus spectaculaires.

Le Procès d’un immortel s’impose ainsi comme une œuvre hybride et ambitieuse, qui utilise les codes du fantastique pour questionner des enjeux profondément humains.

Une bande dessinée dense et fascinante, où la quête d’éternité devient un face-à-face avec les limites mêmes de l’existence

  • Éditeur ‏ : ‎ Pictavita
  • Date de publication ‏ : ‎ 6 mai 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2849535958
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2849535950

TY KWAK – Journal intime d’un canard créatif: Par Tycieso, artiste des réseaux – canard – humour – activités – fun facts – coloriages – mini BD Broché – Illustré, 12 mars 2026 de Tycieso

Un carnet d’activités humoristique autour du sujet préféré de l’artiste : les canards ! A lire pour apprendre plein de trucs inutiles et aussi s’amuser à dessiner.

Avec TY KWAK, Tycieso prolonge son univers décalé en proposant un objet hybride : à la fois carnet d’activités, recueil de gags et terrain de jeu graphique.

Le livre adopte la forme d’un faux journal intime, entièrement centré sur une obsession revendiquée : les canards. Ce parti pris donne une cohérence à l’ensemble, tout en autorisant une grande liberté de ton. Le contenu se compose d’une multitude de formats courts — mini BD, jeux de mots, « fun facts », listes absurdes — pensés pour une lecture fragmentée.

L’ouvrage se distingue par son aspect interactif. Il ne s’agit pas seulement de lire, mais aussi de participer : coloriages, défis, petits exercices de dessin invitent le lecteur à s’approprier le carnet. Le format, conçu pour être manipulé facilement, accompagne cette dimension ludique.

L’humour repose sur l’absurde et la répétition. Les « anecdotes » volontairement inutiles, les jeux de langage autour du canard et les détournements de figures connues créent un univers cohérent dans son non-sens assumé. Cette approche rappelle les codes des contenus issus des réseaux sociaux, dont Tycieso est issu.

Graphiquement, le style est immédiat et expressif. Les dessins, proches du croquis ou du doodle, privilégient l’efficacité et la spontanéité. Cette simplicité apparente facilite l’accès aux activités de dessin proposées.

Le livre s’adresse à un public large, notamment aux plus jeunes, mais aussi à ceux qui apprécient un humour léger et visuel. Il fonctionne aussi bien en lecture continue qu’en feuilletage aléatoire.

TY KWAK s’inscrit dans une tendance de livres-objets inspirés des pratiques numériques, où l’interaction et la créativité prennent une place centrale.

Un carnet drôle et décomplexé, qui invite à dessiner, rire et explorer un univers absurde… peuplé de canards.

  • Éditeur ‏ : ‎ First
  • Date de publication ‏ : ‎ 12 mars 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2412104581
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2412104583

Matisse – Le rêve absolu de Jörg Mailliet (Dessins), Sandra Desmazières (Encreur), Claudine Grammont Julie Birmant (Rédacteur)

 » L’aider depuis le premier jour à trouver la solution à son « problème pictural’ : ma mission sur terre. « 

Avec Matisse — Le rêve absolu, Jörg Mailliet, Sandra Desmazières, Julie Birmant et Claudine Grammont proposent une bande dessinée biographique qui s’attache à saisir l’intimité créative de Henri Matisse.

L’originalité de l’album réside dans son point de vue : celui d’Amélie, épouse et figure centrale dans la vie du peintre. À travers son regard, le récit dévoile un Matisse moins solaire qu’attendu, marqué par le doute, l’obsession et la recherche constante d’un idéal pictural.

Le livre s’intéresse ainsi à ce que l’on pourrait appeler le « travail invisible » de la création. Loin de l’image d’un artiste porté par l’évidence, Matisse apparaît ici comme un homme en lutte avec son art, confronté à des crises profondes et à une exigence intérieure permanente.

La relation entre Henri et Amélie constitue le cœur dramatique du récit. Elle n’est pas seulement muse, mais partenaire active, soutien et témoin des tourments du peintre. Leur équilibre, fragile, se trouve mis à l’épreuve lorsque surgit une nouvelle source d’inspiration, susceptible de bouleverser leur relation.

Graphiquement, l’album cherche à dialoguer avec l’univers de Matisse. Les choix de couleurs, les compositions et les jeux de formes évoquent son travail sans chercher à l’imiter directement. Cette approche permet de traduire visuellement la tension entre recherche formelle et émotion.

Le scénario de Julie Birmant et Claudine Grammont s’appuie sur une documentation solide, tout en privilégiant une narration incarnée, centrée sur les émotions et les relations humaines.

Matisse — Le rêve absolu s’inscrit dans une tradition de BD biographiques qui cherchent à rendre accessible le parcours d’artistes majeurs, en mettant l’accent sur leur dimension humaine.

Une œuvre sensible et nuancée, qui explore les tensions entre création, amour et quête d’absolu, et qui offre un regard intime sur l’un des grands noms de la peinture moderne.

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR198XNB
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 12 mars 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 134 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037515551

La belle histoire des jardins de Catherine Delvaux (Auteur), Simon Hureau (Auteur)

Depuis que les humains ont cessé d’être nomades, ils ont créé des jardins : un lopin de terre clos, quelques arbres fruitiers, des plantes, des fleurs, une prairie. 

Avec La belle histoire des jardins, Catherine Delvaux et Simon Hureau proposent une bande dessinée documentaire qui retrace l’évolution des jardins à travers les siècles et les civilisations.

L’ouvrage adopte une approche chronologique, remontant aux origines mêmes du jardin, lorsque l’humanité, devenue sédentaire, commence à organiser la nature. Du mythe du jardin d’Éden aux grands ensembles paysagers, le livre explore la manière dont les sociétés ont façonné leur environnement.

Le jardin apparaît ici comme un espace multiple. Il est à la fois nourricier — potagers, vergers — et esthétique, lieu de contemplation et d’équilibre. Cette dualité traverse l’ensemble du récit, révélant une constante : le besoin humain de créer un lien avec la nature.

L’ouvrage accorde une place importante aux grands moments de l’histoire des jardins. Les jardins à la française, notamment ceux associés à Château de Versailles, illustrent une volonté de maîtrise et d’ordonnancement. À l’inverse, d’autres formes, plus libres, témoignent d’un rapport différent au paysage.

Le livre ne se limite pas aux élites. Il évoque également les jardins ouvriers, espaces modestes mais essentiels, où se mêlent subsistance, sociabilité et attachement à la terre.

Graphiquement, Simon Hureau développe un univers visuel riche et coloré. Les planches mettent en valeur la diversité des paysages, des plantes et des époques, tout en conservant une grande lisibilité.

Le ton reste accessible, pédagogique sans être didactique. Le lecteur est invité à parcourir cette histoire comme une promenade, d’un jardin à l’autre.

La belle histoire des jardins propose ainsi une réflexion sur la relation entre l’homme et la nature, à travers un prisme esthétique et culturel.

Une bande dessinée élégante et instructive, qui célèbre la créativité humaine et la beauté du vivant à travers le temps.

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR1L8QGV
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 9 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 209 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037515254

Le Ministère des affaires complexes de Kokopello (Auteur), Cléo (Auteur)

Le ministère des Affaires complexes est chargé de résoudre les dossiers sensibles de la nation

Avec Le Ministère des affaires complexes, Kokopello et Cléo proposent une bande dessinée inspirée du réel, qui explore les rouages de l’administration française à travers un prisme à la fois lucide et humain.

Le récit s’ancre dans un contexte précis : l’année 2015, marquée par un afflux important de demandeurs d’asile. Face à cette situation, une petite cellule administrative est chargée de gérer l’urgence — reloger, organiser, démanteler des campements — dans un cadre institutionnel contraint.

La BD adopte un point de vue interne. Elle s’intéresse moins aux décisions politiques qu’à ceux qui les appliquent au quotidien. Fonctionnaires, agents de terrain, responsables intermédiaires : autant de figures confrontées à des situations complexes, souvent sans solution idéale.

L’originalité de l’album réside dans son ton. Loin d’un discours strictement documentaire, il mêle humour et tendresse. Les situations administratives, parfois absurdes, deviennent des moments de comédie, sans jamais nier la gravité des enjeux.

Le livre met en lumière les contradictions du système. Entre impératifs bureaucratiques et réalités humaines, les personnages naviguent dans un espace où les règles se heurtent au terrain. Cette tension constitue le cœur du récit.

Graphiquement, le style de Kokopello et Cléo privilégie l’efficacité et l’expressivité. Les personnages sont rapidement identifiables, les situations lisibles, ce qui permet de maintenir un rythme fluide.

La dimension véridique du récit renforce son impact. Sans prétendre à l’exhaustivité, l’album donne à voir une réalité rarement représentée : celle du fonctionnement quotidien d’une administration confrontée à une crise.

Le Ministère des affaires complexes s’inscrit ainsi dans une tradition de bande dessinée de reportage, qui cherche à rendre visibles des mécanismes souvent invisibles.

Une œuvre à la fois engagée et accessible, qui éclaire avec finesse les tensions entre devoir institutionnel et réalité humaine

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR1F674Z
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 204 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037514844

L’homme chevreuil de Geoffroy Delorme (Auteur), JEAN-DENIS PENDANX (Auteur), Vincent Zabus (Auteur)

À la lisière du monde des hommes commence celui des chevreuils.

Avec cette adaptation en bande dessinée de son propre récit, Geoffroy Delorme, accompagné de Vincent Zabus au scénario et de Jean-Denis Pendanx au dessin, propose une expérience singulière : celle d’une immersion radicale dans le monde animal.

Le point de départ est réel et presque improbable. À vingt ans, Geoffroy Delorme décide de quitter le monde humain pour vivre en forêt, au contact des chevreuils. Ce geste, à la fois fuite et quête, donne naissance à un récit qui dépasse le simple témoignage.

Pendant plusieurs années, l’auteur observe, imite et apprend. Le livre détaille ce processus d’adaptation : comprendre les déplacements, les comportements, les dangers. L’humain, progressivement, s’efface au profit d’une autre manière d’être au monde.

La bande dessinée restitue cette transformation. Le récit s’inscrit dans un rythme lent, proche de celui de la nature. Les événements spectaculaires sont rares ; l’attention se porte sur les gestes, les sensations, les interactions avec les animaux.

Le travail de Jean-Denis Pendanx joue un rôle essentiel. Son trait, souvent proche de l’aquarelle, capte la lumière, les saisons, les textures de la forêt. Les planches privilégient l’atmosphère, laissant respirer les paysages et les silences.

Le scénario de Vincent Zabus structure cette expérience sans la dénaturer. Il accompagne la progression du personnage, en mettant en valeur les étapes de son évolution, tout en conservant une dimension contemplative.

Au-delà de l’expérience personnelle, l’album interroge la relation entre l’homme et le vivant. Il questionne notre place, notre rapport à la nature, et la possibilité — même temporaire — d’un autre mode d’existence.

L’Homme-chevreuil se distingue par son approche sensible et immersive. Il ne cherche pas à expliquer ou à démontrer, mais à faire ressentir.

Une bande dessinée rare, à la fois récit de vie et expérience sensorielle, qui invite à ralentir et à regarder autrement le monde sauvage.

  • ASIN ‏ : ‎ B0G8DF25NR
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 156 pages