Gloutons et Dragons (14) de Ryoko Kui (Dessins, Rédacteur)

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Privée de provisions en pleine exploration d’un donjon infesté de monstres, votre équipe d’aventuriers affamés s’est repue des créatures qu’elle a rencontrées.

Chronique : Quand vous êtes une équipe d’aventuriers piégée dans un donjon infesté de monstres et privée de provisions, la faim devient rapidement une menace aussi dangereuse que les griffes et crocs de vos ennemis. Mais que faire quand votre seule option est de transformer ces créatures effrayantes en repas ? Voilà l’incroyable point de départ de Gloutons et Dragons, la série audacieuse de Ryoko Kui qui a réinventé le manga de fantasy en y mêlant une touche de gastronomie insolite.

Dans ce quatorzième et ultime tome, l’auteur nous invite à partager un dernier festin, à la fois somptueux et chargé d’émotion, avant que ne s’achève cette aventure unique en son genre. À travers les pages, Ryoko Kui célèbre le pouvoir fédérateur de la nourriture, même lorsqu’elle est issue d’ingrédients pour le moins atypiques : griffes, tentacules, écailles ou encore pinces. Chaque repas n’est pas qu’une solution de survie, mais une véritable exploration des désirs, des peurs et des liens qui unissent les membres de cette équipe hors du commun.

Ce dernier volume n’est pas simplement la conclusion d’une quête, mais une réflexion sur les thématiques centrales de l’œuvre : l’appétit, sous toutes ses formes, le dépassement de soi et la manière dont le partage d’un repas peut transformer les relations humaines (et monstrueuses). Ryoko Kui, avec son talent pour mêler humour, tension et créativité, nous pousse à nous interroger : que reste-t-il à désirer quand on a vécu une aventure aussi extraordinaire ?

Visuellement, Gloutons et Dragons continue de surprendre. Les monstres, loin d’être de simples menaces, deviennent des protagonistes à part entière grâce au génie graphique de Ryoko Kui. Les scènes de cuisine, détaillées avec une précision presque culinaire, s’associent à des moments d’action haletants pour offrir une lecture aussi savoureuse que captivante.

Avec ce tome 14, Ryoko Kui clôture sa série en beauté, en nous laissant à la fois repus et curieusement affamés. Gloutons et Dragons n’est pas qu’un manga : c’est une invitation à explorer les confins de l’imagination et à redécouvrir le plaisir de l’inattendu.

Alors, aventuriers, êtes-vous prêts à lever une dernière fois vos fourchettes et vos épées ? Ce banquet final promet de rester gravé dans vos mémoires, tout comme cette série incontournable qui, entre gastronomie et fantasy, a su nourrir nos âmes autant que nos appétits.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (22 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203288221 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203288225

Lover Dose de Fortu

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De l’amour à Lover Dose, il n’y a qu’un pas. Il est franchi avec Fortu, dans ce recueil hilarant de chroniques de couple. Peut-on rester soi-même ? À deux, est-on plus forts pour affronter la vie ? Sommes-nous réellement compatibles ? Les réponses à ces questions les plus existentielles se trouvent dans cet album désopilant !

De l’amour à « Lover Dose », il n’y a qu’un pas. Avec ce recueil hilarant de chroniques de couple, Fortu nous plonge dans les méandres du quotidien à deux avec un humour décapant et une finesse irrésistible.

Un miroir des relations modernes

Peut-on rester soi-même quand on partage sa vie avec quelqu’un ? À deux, est-on réellement plus forts pour affronter les épreuves du quotidien ? Et surtout, sommes-nous vraiment compatibles, malgré nos différences, nos tocs et nos habitudes parfois loufoques ? Autant de questions existentielles auxquelles Fortu répond avec un talent rare pour croquer la vie de couple.

Un style graphique et narratif unique

Les illustrations de Fortu, à la fois expressives et colorées, capturent avec brio l’absurdité et la tendresse de ces petits riens qui font tout. Chaque page de « Lover Dose » est une plongée dans un univers débordant de caractère, où les répliques incisives et les scènes très visuelles font mouche à chaque fois.

Un humour universel

Que vous soyez en couple, célibataire, ou simplement curieux des dynamiques amoureuses, ce livre parle à tout le monde. L’humour de Fortu dépasse les clichés pour toucher à l’essentiel : l’inévitable confrontation entre deux individualités. Chaque anecdote révèle une part de vérité universelle, toujours traitée avec une grande légèreté.

Une lecture essentielle

« Lover Dose » n’est pas seulement un album à lire, c’est une vraie expérience. On rit, on s’interroge, on se reconnaît… et on en redemande. Fortu parvient à transformer des scènes de la vie ordinaire en tableaux hilarants et émouvants à la fois.

Éditeur ‏ : ‎ EXPE EDITIONS; Illustrated édition (31 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2493412060 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2493412065

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Le Nirvana est ici de Mikael Ross

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En ce début d’été berlinois où la lumière éblouissante se double d’une chaleur torride, Dennis et Tâm font une découverte inquiétante.

Avec Le Nirvana est ici, Mikael Ross nous plonge dans un Berlin estival écrasé de soleil, où la chaleur étouffante vient accentuer une atmosphère déjà pesante. Dennis et Tâm, frère et sœur curieux et un brin intrépides, font une macabre découverte : un doigt sectionné, caché dans un buisson du quartier de Lichtenberg. Très vite, l’enquête qu’ils mènent pour percer ce mystère les amène à recroiser la route de la fugitive Hoa Binh, silhouette énigmatique croisée jadis sur un marché en Pologne.

Un décor urbain oppressant
Le Berlin de Mikael Ross, baigné d’un soleil aveuglant, se révèle sous un jour particulier : la lumière, pourtant estivale, devient presque agressive, comme si elle trahissait la tension sous-jacente. Les grands ensembles de l’ancien Berlin-Est, les rues encore marquées par leur histoire, tout concourt à instaurer un climat à la fois vivant et oppressant.

Une intrigue menée tambour battant
Dès les premières pages, le lecteur est plongé au cœur d’une énigme sordide, celle du doigt sectionné. Dans leur quête de vérité, Dennis et Tâm naviguent entre rencontres improbables et confrontation à une réalité qu’ils ne maîtrisent pas. La « fille du parking », Hoa Binh, devient vite le catalyseur de cette course-poursuite où l’enjeu semble dépasser de simples histoires de voisinage. Entre non-dits et rebondissements, le récit avance à vive allure, accrochant le lecteur de page en page.

Des personnages complexes et attachants
Mikael Ross met en scène un duo fraternel qui sonne juste. Dennis et Tâm, bien que différents, se complètent par leur solidarité et leur humour parfois maladroit. La détermination de Tâm, prête à tout pour aider Hoa Binh, lui confère une épaisseur émotionnelle forte, tandis que Dennis se laisse porter par un mélange d’excitation et d’inquiétude. Ces deux regards qui se croisent sur un même mystère donnent du relief à l’histoire, et l’on se prend rapidement d’affection pour eux.

Un style graphique singulier
Le trait de Ross, dynamique et précis, soutient l’énergie de l’intrigue. Les décors berlinois se parent de couleurs vives et chaudes, presque écrasantes, contribuant à l’impression de suffocation. Les scènes à la nuit tombée ou dans les recoins ombragés de la ville instaurent un contraste visuel percutant, soulignant la dramaturgie du récit. On sent dans chaque case la tension qui monte, et la mise en scène, habilement rythmée, rend la lecture captivante.

Éditeur ‏ : ‎ SEUIL (10 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 352 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2021545091 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021545098

Moody Rouge de Ariane Astier

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Ben, un adolescent en proie à de nombreux tourments, entretient des relations tendues avec ses parents adoptifs et idéalise sa famille biologique, dont il garde peu de souvenirs.

Avec Moody Rouge, Ariane Astier nous plonge dans le quotidien tourmenté de Ben, un adolescent balloté entre tensions familiales et quête d’identité. Adopté, il ne supporte plus sa mère et se réfugie tant bien que mal auprès de son tuteur, Roland, avec qui les rapports sont, eux aussi, électriques. Dans l’espoir de calmer les esprits, Ben se rend en Allemagne pour les fêtes de fin d’année. Mais le voyage tourne vite à la confrontation silencieuse : entre échanges aigres-doux et silences pesants, l’ambiance n’a rien de festif.

C’est alors qu’une lueur d’intérêt surgit : un reportage attire Ben sur la piste d’un mystérieux peintre travaillant dans la cathédrale locale. L’adolescent, gagné par la curiosité, s’y rend et découvre un univers bien plus complexe que ce qu’il imaginait. Car, derrière ces fresques dont la beauté gothique fascine, se tapit un secret familial terrifiant, renvoyant Ben à ses origines et à son histoire encore trouble.

Un récit initiatique et psychologique
Ariane Astier signe un récit profondément intime, où la quête d’identité est mise en scène avec finesse. La colère et la mélancolie de Ben s’expriment à travers des dialogues tendus, des silences lourds et un recours subtil à la mise en page. L’autrice ne cherche pas tant à nous servir une énième histoire d’adolescent rebelle, mais plutôt à sonder l’âme d’un jeune en quête de repères, partagé entre le besoin de comprendre son passé et le désir de fuir une réalité qu’il juge étouffante.

Une atmosphère sombre et envoûtante
Graphiquement, Moody Rouge déploie un jeu de contrastes saisissant, entre la grisaille des paysages hivernaux allemands et les nuances plus chaudes de la cathédrale. Les cases s’allongent parfois comme pour souligner la solitude du héros, tandis que certains gros plans sur son visage reflètent son trouble intérieur. Les teintes, souvent ternes, soulignent la tristesse pesante, mais la lueur de quelques couleurs plus vives trahit l’espoir qui renaît chez Ben lorsqu’il s’approche du secret familial.

Une intrigue bien menée
Le fil narratif ne perd jamais de sa tension. Les non-dits, les indices semés au fil des pages, l’atmosphère parfois inquiétante de cette petite ville allemande en hiver : tout concourt à entretenir le suspense. Quand survient la révélation sur les véritables origines de Ben, on comprend peu à peu l’ampleur du mensonge et la violence du choc pour un adolescent déjà fragile.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (15 janvier 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 200 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203248548

Hilda & Twig: Pas nés de la dernière pluie Relié – 5 février 2025 de Luke Pearson

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Hilda et Twig ne sont pas du genre à laisser un peu de pluie contrarier leur soif de découverte

Chronique : Préparez-vous à plonger dans une aventure hors du commun avec Hilda & Twig : Pas nés de la dernière pluie, le nouvel album relié de Luke Pearson qui paraîtra le 5 février 2025. Connu pour son univers tendre et fantastique, l’auteur revient ici avec une histoire enlevée, destinée aux enfants dès 6 ans, et qui saura également charmer les plus grands.

Dès les premières pages, nous retrouvons Hilda, la courageuse fillette aux cheveux bleus, et son fidèle compagnon Twig. Rien ne saurait entamer leur soif de découverte : ni le froid, ni la pluie battante, ni même un orage qui les surprend en pleine exploration de la forêt. Lorsqu’ils se réfugient dans un étrange monticule de terre, le récit prend alors une tournure inattendue : Twig, malgré sa peur, sent qu’une menace scaliforme rôde. Par amitié pour Hilda, il fera tout pour la protéger, quitte à se confronter à ses pires craintes.

Entre humour, magie et rebondissements, l’album offre un cocktail savoureux qui émerveillera les jeunes lecteurs comme leurs parents. Le trait dynamique de Luke Pearson donne vie à des scènes pleines de fantaisie, et le rythme soutenu ne laisse aucune place à l’ennui. On retrouve l’esprit singulier de la série Hilda, qui réussit une nouvelle fois le pari de mêler sens de l’aventure et bienveillance.

A tous les garçons que j’ai aimés Broché – Illustré, 21 novembre 2024 de Jenny Han (Auteur), Véronique Grisseaux (Auteur), Akimaro (Illustrations), Li Lu (Dessins)

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Le best-seller de Jenny Han, comédie romantique star de Netflix adapté en BD !

Que se passerait-il si tous les garçons pour lesquels vous avez éprouvé des sentiments découvraient en même temps ce que vous ressentez pour eux ?

Lara Jean Song est une adolescente de 16 ans, rêveuse et discrète, qui garde précieusement ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau offerte par sa mère. Ces lettres ne sont pas faites pour être lues : elles servent de catharsis, de manière de poser sur le papier les sentiments qu’elle n’ose jamais exprimer à voix haute.
Jusqu’au jour où, par un étrange concours de circonstances, ces cinq lettres (chacune destinée à un ancien béguin) sont mystérieusement envoyées. À partir de cet instant, la vie tranquille de Lara Jean se transforme en véritable tourbillon, car les garçons concernés découvrent tout ce qu’elle a écrit dans ces missives pourtant privées.


Des personnages profondément humains

Au cœur de cette BD, on retrouve la douceur et la sincérité qui faisaient déjà le charme du roman. Lara Jean, avec sa timidité, son sens de la famille et sa propension à rêver, est on ne peut plus touchante.

  • Margot, la sœur aînée, jongle entre ses responsabilités et son désir d’émancipation.
  • Kitty, la benjamine pleine de malice, apporte une dose de spontanéité et d’humour.
  • Et bien sûr, il y a tous les garçons impliqués — ami d’enfance, camarade de lycée, crush inattendu — qui se retrouvent malgré eux au cœur de cette intrigue aussi embarrassante que drôle.

Un mélange de légèreté et d’émotion

Si l’histoire se veut avant tout une comédie romantique, elle aborde également les thèmes de l’adolescence, de la famille et de l’acceptation de soi. Les problématiques de la confiance, de l’identité et des premiers émois amoureux y sont dépeintes avec justesse.
En version BD, cet équilibre entre comédie, romantisme et moments plus émouvants est parfaitement conservé. Les planches colorées et dynamiques nous plongent dans le quotidien de Lara Jean, alternant scènes de vie de famille chaleureuse et bouleversements sentimentaux au lycée.


L’adaptation : une réussite visuelle

Le défi d’adapter un roman qui a déjà conquis un large public, et dont l’adaptation cinématographique est elle-même un succès, était de taille. Pourtant, Véronique Grisseaux au scénario, Akimaro et Li Lu à la partie graphique, réussissent à insuffler une atmosphère douce et lumineuse. Les expressions faciales, les décors, tout est pensé pour retranscrire l’esprit « feel-good » et le charme un brin vintage qui se dégage de l’œuvre de Jenny Han.


Robespierre, le sphinx mélancolique de Simone Gabrielli Makyo

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1791. Robespierre, dit l’Incorruptible, est député au sein de la première assemblée constituante. Depuis la tribune, il harangue ses confrères pour les convaincre d’abolir la peine de mort, et pourtant, deux ans plus tard, il leur intimera de voter l’exécution de Louis XVI… Comment le jeune avocat d’Arras, défenseur d’une justice sociale, peut-il participer à instaurer la Terreur ?

Chronique : Maximilien de Robespierre : voilà un nom qui, deux siècles plus tard, suscite encore passion et controverse. Député du Tiers état à la première Assemblée constituante, orateur tenace, il se fait remarquer par son acharnement à défendre l’égalité des droits et l’abolition de la peine de mort. Deux ans plus tard pourtant, ce même homme, surnommé « l’Incorruptible », n’hésite pas à réclamer l’exécution du roi déchu Louis XVI. Cette apparente contradiction — comment passe-t-on d’un combat pour la sauvegarde de toutes les vies au vote de la peine capitale pour le souverain ? — est au cœur du livre Robespierre, le sphinx mélancolique (1791) de Simone Gabrielli Makyo.

Une figure fascinante et énigmatique

Le titre ne ment pas : Robespierre est ici décrit comme un véritable sphinx, c’est-à-dire une figure aussi charismatique qu’insaisissable. Le qualificatif « mélancolique » suggère un être tourmenté, en proie au doute et aux questionnements moraux. Alors que l’on a souvent dressé de Robespierre le portrait d’un révolutionnaire implacable, Gabrielli Makyo rappelle son parcours d’avocat d’Arras, défenseur des opprimés, sensible au sort des plus faibles.

Aux origines d’une contradiction

Le livre met en lumière la genèse de son engagement politique : animé d’un profond désir de réforme sociale, Robespierre se veut la voix de la justice. Or, la Révolution, dans sa dynamique effrénée, va rapidement le confronter à la violence des soubresauts politiques. De fervent défenseur de la vie, il en arrive à soutenir la mort du roi, au nom de la République et de la souveraineté populaire.

L’autrice explore avec finesse les méandres de ce revirement : la pression populaire, le climat de guerre civile larvée, la menace des puissances étrangères, et surtout, la conviction de Robespierre qu’il n’y a pas d’autre choix pour sauver la jeune République. On plonge alors dans la complexité de sa pensée : l’Incorruptible en vient à estimer que la clémence envers un roi serait une trahison envers la Nation qui vient de conquérir sa liberté.

Une plongée dans la Terreur

Le récit suit le parcours de Robespierre jusqu’à l’instauration de la Terreur en 1793-1794. Ce moment sombre et décisif interroge la notion même de justice : comment un homme qui plaidait contre la peine de mort peut-il justifier l’usage massif de la guillotine ? C’est tout le talent de Simone Gabrielli Makyo de nous confronter à la complexité du contexte révolutionnaire, à la frénésie d’un régime en proie à la guerre et aux complots.

La Terreur n’est pas présentée ici comme un simple élan sanguinaire, mais comme l’aboutissement d’une logique politique extrême, où l’idéal révolutionnaire ne souffre aucun compromis. Les protagonistes, et Robespierre en tête, sont emportés par les contradictions même de la Révolution : la volonté d’instaurer la liberté et l’égalité par des moyens coercitifs.

Une écriture documentée et poignante

Simone Gabrielli Makyo réussit le pari de conjuguer la rigueur historique à une écriture romanesque. À travers des sources d’époque, des discours authentiques et des témoignages, elle éclaire d’un jour nouveau la trajectoire de Robespierre. On découvre un homme habité par la peur de trahir l’idéal révolutionnaire, tout autant que par le désir de protéger la République d’ennemis intérieurs et extérieurs.

Derrière le glaçant « Incorruptible » transparaît un être vulnérable, hanté par ses dilemmes. Le lecteur est alors invité à interroger la dimension tragique d’un personnage qui, pour sauver la Révolution, s’est trouvé peu à peu dévoré par sa propre intransigeance.

Instinct : le premier manga d’Inoxtag de Inoxtag (Auteur), Charles Compain (Illustrations), Basile Monnot (Rédacteur)

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Haki, 19 ans, a le don de voir les intentions d’autrui. Il perçoit l’aura de ceux qui l’entourent et doit constamment supporter la nature humaine.

« Instinct » marque l’arrivée d’Inoxtag dans le monde du manga, accompagné par les illustrations de Charles Compain et les textes de Basile Monnot. Ce premier tome nous plonge dans l’univers d’un jeune homme au destin tragique, Haki, âgé de 19 ans. Haki possède une capacité particulière : il est capable de percevoir les intentions des autres à travers l’aura qui les entoure. Ce don, à première vue fascinant, s’avère être un fardeau qui l’oblige à voir le véritable visage des gens, parfois bien plus sombre qu’il ne le souhaiterait.

Alors que Haki apprend qu’il est atteint d’un virus incurable qui le condamne à quelques mois de vie, il est submergé par le désespoir. Ce diagnostic ne lui laisse guère d’espoir, et le poids de sa capacité à ressentir les intentions humaines lui semble soudain encore plus lourd. Cependant, au cœur de cette lutte contre sa propre mortalité, il croise le chemin de Luna, une jeune fille mystérieuse et fascinante. Luna est tout ce que Haki n’a jamais connu : elle est à la fois douce et énigmatique, et elle semble lui ouvrir les portes d’un monde plus lumineux, un univers où il pourrait échapper à la fatalité et trouver un semblant de paix.

Pour Haki, Luna devient rapidement bien plus qu’une simple rencontre : elle incarne une promesse de rédemption et d’espoir, mais aussi une échappatoire à l’isolement émotionnel dans lequel il est enfermé. Cependant, cette relation naissante n’est pas sans conséquences. Plus Haki s’attache à elle, plus il se rend compte que ce nouvel espoir a un prix, et que son propre don pourrait jouer un rôle crucial dans un mystère plus vaste qui dépasse sa compréhension. Ses jours étant comptés, il se lance dans une quête pour donner un sens à sa vie, mais il découvre rapidement que son pouvoir pourrait être à la fois une bénédiction et une malédiction, et que certaines vérités sont peut-être mieux laissées dans l’ombre.

« Instinct » se distingue par son approche unique des thèmes de la nature humaine, du libre arbitre, et des limites de l’existence. En explorant les luttes intérieures de Haki, ce manga aborde des questions profondes sur la mort imminente, la valeur de la vie et ce que signifie véritablement être humain face à des choix déchirants. À travers un récit visuellement captivant et une intrigue dense en mystères, Inoxtag livre une histoire où l’émotion et la réflexion s’entremêlent, interrogeant le lecteur sur ce qu’il est prêt à sacrifier pour saisir un dernier fragment de bonheur et de vérité.

Avec « Instinct », Inoxtag propose une œuvre riche et poignante, entre le drame psychologique et la quête existentielle, dans laquelle le lecteur est invité à explorer les profondeurs de l’âme humaine et à s’interroger sur les choix, les rencontres, et les sacrifices qui façonnent notre vie, même lorsqu’elle touche à sa fin.

Éditeur ‏ : ‎ Michel Lafon (21 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 216 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2749958180 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2749958187

Version 1.0.0

Maison du peuple 65 de Bérengère Marquebreucq (Couleurs), Baudouin Deville (Dessins), Patrick Weber (Rédacteur)

Venise, 1964. Désormais journaliste à la RTB, Kathleen couvre le Congrès International des Architectes et des Techniciens des Monuments Historiques.

Chronique : Dans Maison du peuple 65, Bérengère Marquebreucq, Baudouin Deville et Patrick Weber nous immergent dans le Bruxelles des années 60, où la journaliste Kathleen se retrouve au cœur d’un thriller palpitant mêlant architecture, trahison, et mystères hérités du génie de l’Art nouveau, Victor Horta. À Venise, lors du Congrès International des Architectes, Kathleen rencontre Serge Durand, défenseur acharné de la Maison du Peuple, chef-d’œuvre d’Horta, menacé par des promoteurs sans scrupules. Mais Durand meurt dans des circonstances suspectes avant de livrer ses révélations, laissant Kathleen face à un mystère captivant.

De retour à Bruxelles, la journaliste apprend l’existence d’un testament secret de Victor Horta, dissimulé derrière un rébus qui en fait un véritable jeu de pistes architectural. Aidée par la professeure Antoinette Legein, spécialiste de l’Art nouveau, Kathleen arpente les rues et les bâtiments emblématiques de Bruxelles dans une course contre la montre pour déchiffrer les indices d’Horta et sauver un patrimoine en péril.

La patte graphique de Baudouin Deville et la palette colorée de Marquebreucq évoquent un Bruxelles vibrant mais menacé, où la beauté architecturale est prise dans la tourmente des démolitions et des transformations urbaines. Patrick Weber, avec sa maîtrise des récits historiques, enrichit l’intrigue d’un contexte sociopolitique captivant et rend hommage à l’héritage de Victor Horta tout en dénonçant la perte d’un patrimoine irremplaçable.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (8 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105325 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105320

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Spa 1906 de Drac (Couleurs), Olivier Wozniak (Dessins), Patrick Weber (Rédacteur)

Spa, 1906. La très cossue et très huppée station thermale belge est en effervescence : un mystérieux maître chanteur menace la haute société locale de révéler d’embarrassants secrets. Plusieurs notables ont ainsi reçu des courriers menaçants signés par un certain Pierre Le Grand. Même la famille royale belge pourrait être éclaboussée !*

Chronique : Avec Spa 1906, le trio Drac, Olivier Wozniak, et Patrick Weber nous entraîne au cœur d’un thriller historique au charme vénéneux, dans l’ambiance feutrée mais troublée de la célèbre station thermale belge. Dans cette ville où se mêlent élégance et secrets, un mystérieux maître chanteur, répondant au nom de Pierre Le Grand, sème la terreur parmi les notables de la haute société. Entre menaces, suicides, et scandales qui menacent même la famille royale, le silence devient aussi précieux que dangereux.

L’arrivée de l’inspecteur Hendrikus Ansor, un enquêteur ostendais au caractère bien trempé, donne à l’affaire une tournure intrigante. Envoyé en secret par la Princesse Clémentine, Ansor se lance dans une enquête peu conventionnelle, usant de méthodes pragmatiques et d’un esprit de déduction digne des meilleurs détectives littéraires. Le charme du personnage réside dans son mélange de ruse, de simplicité et de goût pour les plaisirs de la table, loin des ronds de jambe de l’aristocratie locale.

Le dessin soigné d’Olivier Wozniak restitue magnifiquement l’atmosphère du début du XXe siècle, mêlant élégance des lieux et ombres menaçantes. La palette de Drac, aux couleurs feutrées et contrastées, confère aux scènes une tension palpable, tout en respectant le raffinement de cette époque. La plume de Patrick Weber, quant à elle, donne une profondeur historique et une densité narrative qui font de Spa 1906 une bande dessinée captivante et immersive.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (8 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105279 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105276