Sambre – Tome 08: Celle que mes yeux ne voient pas… (28 novembre 2018) de Yslaire

En cette fin d’année, trente ans après sa création, sept tomes parus et plus d’un million d’exemplaires vendus, se poursuit le dernier chapitre de la plus grande tragédie romantique du neuvième art. Écrite et dessinée par Yslaire, Sambre est l’œuvre d’exception d’un artiste inspiré, mêlant les qualités rares d’une bande dessinée d’auteur et d’un ouvrage grand public. Best-seller dès sa sortie, encensée par la critique et les professionnels, multi-récompensée internationalement, la série culte traverse le temps sans démentir son succès, et s’impose aujourd’hui comme un classique.

Chronique : Cet album reflète tout à fait le style « Yslaire » tant dans le dessin que dans l’ambiance générale lourde du scénario… L’ alliance des couleurs monochromes est tout à fait originale et participe entièrement à cette atmosphère si particulière que l’ auteur parvient à insufflé. Nous le savons donc : les deux jumeaux que tout sépare pourront enfin se retrouver dans le tome IX, à paraître d’ici à 2020, intitulé « Nos yeux, nos cheveux, nos fiertés… ». Ici le récit porte vers les retrouvailles de nos jumeaux , c’est toute la question de ce tome VIII. Comment deux jumeaux orphelins, ignorant leur existence, vont se retrouver ? On sent malheureusement ici le tome de transition. Un flashforward ouvre le tome comme une prophétie de ce qui devrait arriver dans le prochain et dernier tome de cet arc. Du coup, on est dans l’attente de voir les éléments se mettre en place. On suit les études sur les insectes de Bernard-Marie avec un doux sourire. Il fait vraiment peine à voir dans cet environnement ultra contrôlé et renfermé. Sa recherche d’évasion est d’autant plus poignante que ce soit avec son études sur la migrations de certains insectes ou sa nouvelle passion pour la photographie. C’est cependant un joli portrait de l’évolution d’une époque. A Paris, sa soeur poursuit son parcours interlope dans les bordels, place à la cocotte qui monte sur scène et se fait entretenir par un riche bourgeois. L’histoire reste donc dramatique à souhait. Petit à petit, tout se met en place : la « carrière » de Judith, la montée à Paris de Bernard-Marie. On attend maintenant le drame final.

Note : 9/10

Extrait :

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  • Album: 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (28 novembre 2018)
  • Collection : 24X32
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344015779

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Wild West Dragons – Tome 01 (28 novembre 2018) de Elian Black’Mor et Carine-M

Après avoir consigné ses découvertes en Europe, en Scandinavie et aux confins de l’Asie, Élian Black’Mor part sur la traces des dragons du Nouveau Monde. Entre cérémonies vaudous et rituels amérindiens, l’explorateur et arpenteur de mondes débute son nouveau voyage à la rencontre de mythologies exotiques et fascinantes, de la Nouvelle-Orléans à la jungle amazonienne en passant par les plaines arides de Sonora.

Chronique :  Suite directe des Maudits et de Sur la piste des dragons oubliés, Wild West Dragons offre, à la manière d’un carnet de voyage, une fabuleuse expédition au cœur de territoires hostiles peuplés de créatures mystérieuses et grandioses.  Cet album propose un carnet de voyage, celui d’une fabuleuse expédition au cœur de territoires hostiles peuplés de créatures mystérieuses et grandioses. C’est un voyage qui va vite prendre des allures mouvementées puisque le navire quittant Liverpool plongera sa proue au cœur des Bermudes en passant par la Nouvelle-Orléans, c’est un goût d’Amérique empli de magie vaudoue qui va animer tout le livre. Graphiquement, les pages sont très travaillées avec leur lot de crayonnés, illustrations couleurs, affichettes, télégrammes, notes n’empêchant en rien la limpidité de ce journal de bord qui nous fait découvrir des dizaines de créatures magiques dans un rythme soutenu.C’est intéressant dans la conception , c’est fouillé, travaillé, pleins de novations et c’est plaisant.

Note : 9,5/10

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  • Album: 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (28 novembre 2018)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 234400274X

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Un peu de tarte aux épinards : Tome 1, Bons baisers de Machy (23 janvier 2019) de Philippe Pelaez et Javi S. Casado

Marie-Madeleine Madac-Miremont vit de la vente de ses tartes aux épinards. Plutôt mal, convenons-en. Jusqu’au jour où elle reçoit du Yémen un colis contenant des plantes rangées en bottes. Dès qu’elle y goûte, Marie-Madeleine comprend le parti qu’elle peut tirer de ces herbes inconnues. Car cet ingrédient dont elle commence à agrémenter ses tartes n’est autre que du Khat, une drogue africaine aux effets euphorisants.
Que le colis soit arrivé là suite à une erreur de routage, Marie-Madeleine n’en a cure. Pas plus que des conséquences sur l’humeur ni de ses clients, ni des destinataires – et propriétaires légitimes – de son nouvel ingrédient.

Chronique : Une bd bien rigolote et qui ne se prend pas la tête. Au départ il faut bien sur aimer l’univers des aventures policière avec un peu de mafia  pour pouvoir lire cette bd qui est très bien fait. L’humour est évidemment bien présent. Philippe Pelaez et Javi S. Casado savent faire rire et rend les gags comiques et très drôles, grâce au superbes illustrations.De l’aventure, des mystères, un soupçon de magie et une famille de héros classique mais efficace : il y a matière à de jolis développements à destination d’un public jeunesse.
Les enfants vont adorer la tête des cette famille, leur air très surpris lors des chutes des gags, comme s’ils ne comprenaient pas du tout ce qui se passe.
Certains gags interfèrent avec les suivants, ce qui fait qu’ils se mélangent, et c’est ça qui fait le comique. Les gags sont tantôt courts, tantôt longs.
Assez souvent, on est induit en erreur par les auteurs, du fait que ce n’est qu’au moment de la chute que l’on comprend le ridicule de la situation. L’événement sur lequel s’achève le volume surprend néanmoins et laisse entrevoir une direction inattendue et intéressante pour une suite bien attendu.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Editeur : Casterman (23 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 220315571X

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Le Livre de Jessie – Journal de guerre d’une famille coréenne (2 janvier 2019) de Park Kun-Woong

Adapté du journal original rédigé par Yang Wu-Jo et sa femme Choi Seon-hwa pendant l’occupation japonaise de la Corée. Le dessinateur coréen Park Kun Woong s’empare d’un témoignage très sensible sur l’occupation japonaise : un journal rédigé à quatre mains par un couple et commencé à la naissance de leur fille Jessie. Ce récit qui court sur plusieurs années et capte avec beaucoup de densité le quotidien familial en temps de guerre, est régulièrement comparé au Journal d’Anne Franck. C’est aussi un récit de transmission, dans lequel des jeunes parents confient à leur fille leur combat pour l’indépendance, leur engagement pour un pays qu’ils sont obligés de fuir et retrouveront en 1945.

Chronique : Figure de la bande dessinée coréenne, Park Kun-woong adapte le célèbre Journal de Jessie, qui retrace l’exil d’une famille pendant l’occupation de la Corée par le Japon.Tôt reconnu pour l’ambitieuse trilogie Fleur, saga dans laquelle il restituait, dans des planches en grande partie muettes, la trajectoire dramatique d’un jeune partisan successivement persécuté par les Japonais et par les Sud-Coréens dans les années 1930 à 1950 (Casterman, 2006), Park Kun-woong s’est fait une spécialité des récits épiques mettant au jour les traumatismes de son pays. Park Kun-Woong nous offre un récit assez juste qui évite la caricature des personnages. Ce roman est avant tout une belle histoire auquel le public va être conquit notamment grâce à la qualité de son écriture et à la justesse des profils des personnages ce livre nous emporte. Les adultes peuvent être mieux à même de comprendre les adolescents d’aujourd’hui. Ces préoccupations sont en partie les mêmes que celles de leurs parents au même âge, mais le contexte sociologique et technologique est bien différent (place des échanges virtuels…).
Cette lecture est très agréable et on lit le roman d’un traite

Note : 9,5/10

Extrait:

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  • Album: 368 pages
  • Editeur : CASTERMAN (2 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203171707

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No War – Tome 1 (19 janvier 2019) de Anthony Pastor

Le Vukland est un archipel de l’Atlantique nord à mi-chemin entre l’Irlande et les États-Unis dont la colonisation s’est effectuée au dépend du peuple natif, les Kiviks. Leur berceau historique, l’île de Saarok, jouit encore d’une certaine autonomie, menacée par des tensions avec le gouvernement autour du projet de grand barrage. Run est fils de parents divorcés. Sa mère est la chef du parti Kivik, tandis que son père est un chef d’entreprise prospère du secteur énergétique. Alors que le corps sans vie d’un ingénieur du barrage est retrouvé sur Saarok, de violentes manifestations éclatent dans la capitale, en réaction à l’élection du nouveau président populiste. Tiraillé par sa double culture, Run va se retrouver au coeur d’un complot politico-écologique aux enjeux internationaux majeurs.

Chronique : La nouvelle série « No War » de Anthony Pastor est un brillant mystère de science-fiction. Évidemment, il se situe dans le futur ou sur une autre ligne du temps, pourtant, la bande dessinée a la saveur d’un roman d’Agatha Christie ou de Patricia Highsmith. Le design de No War est similaire à celui d’un vrai pétrolier mélangé à des éléments d’un paquebot de croisière, ce qui donne l’impression d’être un mystère meurtrier dans une histoire de type paquebot de croisière !

L’art de Pastor est excellent et on adore la façon dont il présente le complot politico-écologique. Beaucoup de pages se distinguent visuellement, surtout les séquences plus trippantes, aidées par les mises en page créatives. Ses choix vibrants, dérangeants et accrocheurs pour l’espace coloré et la direction étrange dans laquelle la série s’engage vers la fin rend la série si spectaculaire.

No War a l’atmosphère menaçante des films mêlés à un mystère policier presque traditionnel de type Poirot et parsemés de moments d’horreur à la Stephen King – c’est une combinaison aussi enivrante que ça en a l’air ! L’histoire commence lentement, mais récompense le lecteur patient au fur et à mesure qu’il prend de l’élan en vue d’un final bombastique. C’est un magnifique premier volume d’une nouvelle série très prometteuse, on à hâte de lire le second tome.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album: 128 pages
  • Editeur : CASTERMAN (9 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 220315800X

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🎄 Joyeuses fêtes de fin d’année ⛄🎁❄🔔

🎄 A nos chers lecteurs,

L’équipe de Culturevsnews  vous souhaite de belles fêtes de fin d’année !Nous avons été heureux de vous accompagner tout au long de cette année riche en émotions!

Nous vous retrouverons avec plaisir dès janvier 2019 avec de belles surprises en perspective, dont des nouveaux format vidéos vont arriver et de nombreux concours ..🎁

Joyeuses fêtes de fin d’année, et à très bientôt pour de nouvelles aventure !

L’équipe de Culturevsnews

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Crevette (25 octobre 2018) de Elodie Shanta

Crevette est une petite sorcière gentille et un peu pleurnicharde, qui rêve de rentrer à l’école de sorcellerie mais rate toujours le concours d’entrée. Alors, lorsque Gamelle (un chat savant) et Joseph (un petit démon collecteur d’âmes) lui proposent de venir habiter dans leur grand manoir et d’étudier avec eux en échange d’un peu de ménage, elle accepte aussitôt. Le trio va développer des liens forts et Crevette finira même par entrer à l’école, où elle rencontrera d’autres amis étonnants.

Chronique : Une bd bien rigolote et qui ne se prend pas la tête. Au départ il faut bien sur aimer l’univers des sorciers et sorcières pour pouvoir lire cette bd qui est très bien faite avec un coté « Adventure time ».  L’humour est évidemment bien présent. Elodie Shanta sait faire rire et rend les gags comiques et très drôles, grâce à de superbes illustrations. De l’aventure, des mystères, un soupçon de magie et un trio de héros pas commun, Une sorcière , un chat et un démon font la paire mais c’ est efficace et il y a matière à de jolis développements à destination d’un public jeunesse.
Les enfants vont adorer cette univers, leur air très surpris lors des chutes des gags, comme s’ils ne comprenaient pas du tout ce qui se passe.
Certains gags interfèrent avec les suivants, ce qui fait qu’ils se mélangent, et c’est ça qui fait le comique. Les gags sont tantôt courts, tantôt longs.
Assez souvent, on est induit en erreur par l’auteur, du fait que ce n’est qu’au moment de la chute que l’on comprend le ridicule de la situation. À la fin de l’ouvrage, Crevette va ce  gérer et elle aura grandi grâce à de nouvelles expériences en tant que sorcière, mais aussi au contact de Gamelle et Joseph, une réussite qui fait du bien et qui nous fait plaisir en tant que lecteur.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 114 ages
  • Editeur : Editions de la Pastèque (25 octobre 2018)
  • Collection : HORS COLL JEUNE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2897770406

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Le cauchemar d’Obi (31 octobre 2018) de CHINO/TENSO TENSO/JAMONYQUESO

Un soir, Teodoro Obiang Nguema (dénommé «  »Obi » »), président de la Guinée équatoriale depuis presque 40 ans, s endort comme d habitude. Le lendemain matin, il se réveille sans un sou dans une mansarde, simple citoyen lambda dans un quartier pauvre de la capitale. Il découvre alors la rudesse de son pays, asphyxié par la corruption, le manque de liberté d expression, d accès aux soins ou à un système éducatif basique.

Chronique : Voici un roman graphique satirique sur Teodoro ‘Obi’ Obiang, président de la Guinée équatoriale. Il imagine ce qui serait le pire cauchemar du plus ancien dirigeant d’Afrique: se réveiller en mari sans emploi et sans esprit dans l’un des taudis de Malabo. L’hilarité et la tragédie s’ensuivent alors qu’Obi navigue dans les systèmes d’éducation, de santé et de prison qu’il a créés en Guinée équatoriale. Cette BD à été illustrée par le dessinateur et militant Ramón Esono Ebalé et écrite par deux collaborateurs anonymes (Chino et Tenso Tenso) basés dans la capitale, Malabo.  Ramón Esono Ebalé a été arrêté le 16 septembre à Malabo. Il a vécu en dehors de la Guinée équatoriale pendant plusieurs années et était rentré dans le pays pour renouveler son passeport. Ebalé a d’abord été interrogé par des agents de sécurité au sujet de ses caricatures politiques. Quelques jours plus tard, des organes de presse ont indiqué qu’il faisait actuellement l’objet d’une enquête pour blanchiment et contrefaçon. Il a été présenté devant un juge le 20 septembre, où il a été interrogé sur ces allégations. Il a ensuite été envoyé à la prison de Black Beach à Malabo, où il est actuellement placé en détention préventive. Ramón Esono Ebalé est le récipiendaire du Prix du courage en bande dessinée éditoriale 2017 décerné par le Cartoonists Rights Network International (CRNI). Le prix a été présenté par contumace lors de la convention annuelle de l’Association des dessinateurs éditoriaux américains organisée par CRNI le 4 novembre 2017 à l’Université Hofstra. Le prix annuel est décerné au ou aux caricaturistes faisant preuve de beaucoup de courage et d’abnégation dans la poursuite de leur art et dans l’exercice de la liberté d’expression. Eloisa, l’épouse de Ramon, a accepté le prix en son nom et a appelé les dessinateurs et les caricaturistes du monde entier à ne jamais abandonner son mari, «un artiste engagé pour la liberté dans son pays, la Guinée équatoriale».  Un livre à lire et qui marque.

Note 10/10

 

  • Album: 132 pages
  • Editeur : Harmattan BD (31 octobre 2018)
  • Collection : HA.BD AFRICAINE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2343146667

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L’Incroyable histoire du Canard Enchaîné (14 novembre 2018) de Didier Convard et Pascal Magnat

Il est né de la boue et du sang des tranchées de 14/18. Dès son premier numéro, c’était déjà un vilain petit Canard, insolent, anticlérical et frondeur. Cent ans qu’il a pris l’habitude de distribuer ses coups de bec dans le ventre replet des industriels et banquiers, des pousse-au-crime, des va-t-en-guerre et autres ganaches de tout poil…

Chronique : Cette BD pleine d’intelligence revient sur l’histoire qui firent le Canard Enchainé depuis la première guerre mondiale jusqu’à nos jours. Les vignettes reviennent sur les grands moments de ce journal corrosif et irrévérencieux cherchant toujours la petite bête aux dirigeants de notre pays. Didier Convard sait rendre l’esprit de ce journal si français à travers un enchainement chronologique qui fonctionne de bout en bout et dans l’esprit du « Canard ». I l s’avère que, depuis très longtemps, C’est le seul journal qui est de plus en plus indépendant même si  sont format n’étant pas des plus pratiques, mais quelle richesse d’informations, au point que souvent on annonce à la télévision « Comme le Canard enchaîné l’a annoncé… ». Le Canard serait-il en voie de devenir le seul organe de presse à faire du journalisme d’investigation ? On le pense de plus en plus, ici le dessin est  très réussi et expressif de Pascal Magnat qui fait vraiment un travail remarquable.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 202 pages
  • Editeur : Les Arènes; Édition : Edition revue et augmentée (14 novembre 2018)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2352049792

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Les Voleurs de beauté (24 octobre 2018) de Philippe Thirault et Manuel Garcia

Un soir d’hiver, Benjamin et sa fiancée Hélène sont pris dans une tempête de neige et trouvent refuge dans un chalet où un avocat aux allures de vieux beau vit avec sa femme et un petit homme repoussant qui leur sert d’homme-à tout-faire. Ils sont bien accueillis, mais peu à peu, un poison se mêle au charme. Fasciné et épouvanté à la fois, Benjamin va découvrir par mégarde le secret des lieux : un boyau humide et souterrain où leur Barbe-Bleu d’hôte et ses complices enferment des êtres coupables d’un seul crime : la beauté. Horrifié, hésitant entre l’incrédulité et la panique, Benjamin se retrouve alors pris au piège du trio monstrueux…

Chronique : L’histoire se déroule dans un chalet retiré du monde dans la montagne. Un couple de soixantenaire y vit seul du moins presque… Ils kidnappent de belles jeunes filles magnifiques, belles, sportives et en bonne santé. Ils les retiennent captives pendant plusieurs années dans le noir pour se nourrir des effluves de leur jeunesse et ne les relâche au bord d’une route qu’une fois qu’elles ont perdu leur jeunesse et leur beauté. Une Bd  merveilleusement bien écrit mais vous ne pouvez vous empêcher d’avoir des frissons dans le dos en lisant cet ouvrage. L’atmosphère y est très glauque et très pesante. Philippe Thirault et Manuel Garcia s’attaque ici à la beauté physique et la recherche de la jeunesse éternelle, on veut connaître ce qui est arrivé à Benjamin, pourquoi se cache-t-il le visage, quelle horrible traumatisme le hante. Cette bd n’est pas qu’un thriller. Il en a certains aspects: la montée en puissance du suspens et du danger une fois dans la maison des Steiner, la découverte des cellules, etc, mais il est plus que cela, il y a aussi toute une analyse de l’importance de l’apparence de nos jours, et de la lutte incessante que l’on cherche à porter contre la fuite du temps. Cette bd nous renvoie notre propre perception de la fuite du temps, notre propre peur des rides et autres indices du temps qui s’écoule, notre lutte futile contre l’irrémédiable. Les auteurs utilise ses personnages pour illustrer ce que deviennent les gens après avoir trop cogité sur la fuite du temps, et les danger de ne pas accepter la possibilité de sa propre mort. Thirault  livre un scénario ciselé, alambiqué mais compréhensible  et l’écriture est enlevée, caustique, riche en clins d’œil. Manuel Garcia  d’un trait léger et vivant inspiré par  propose des pages pleines de lumières aux décors riches, sublime cette histoire par les couleurs magistrale.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 64 pages
  • Editeur : Glénat BD (24 octobre 2018)
  • Collection : Grafica
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344016619

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