Dunce : En roue libre – 1 avril 2021 de Jens K. STYVE

Faites la connaissance de Jens, Gustave, Brego et leurs amis dans leurs aventures septentrionales.

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Chronique : Le prix Sproing est décerné chaque année par la société littéraire norvégienne de bandes dessinées Norsk Tegneserieforum.

 La raison de ce succès est simple. Dunce  a un sens de l’humour désarmant et engageant qui rappelle entièrement Calvin et Hobbes de Bill Watterson   (1985-1995). L’interruption de cette série par M. Watterson est toujours pleurée par ses lecteurs. Dunce  est un univers alternatif, où Calvin a grandi et s’est installé en Norvège.

Le personnage principal de  Dunce  est M. Styve lui-même, où il travaille dans une petite entreprise, aime particulièrement son fils et se mêle aux bandes dessinées. M. Styve rencontre des problèmes de la vie quotidienne et contemporaine et les traite de manière concise à travers le prisme de l’humour: 

1. La rupture de M. Styve avec le représentant commercial de la compagnie d’électricité, mettant fin à une relation avec, était commerciale mais était devenue intime;


2. La photographie d’un collègue de M. Styve montrant son chat devenant viral, ce qui a amené le collègue à annoncer qu’il quitte son emploi pour devenir un influenceur des médias sociaux;


3. L’IA autoritaire, l’aspirateur en partie robot et en partie Amazon Echo, qui ressemble à un Dalek (le méchant majeur de l’émission de télévision de science-fiction britannique Dr Who) mais a l’attitude d’un adolescent – il veut conduire la voiture, et c’est le sarcasme ne peut pas être désactivé;

4. La relation de M. Styve avec son fils, qui est authentique et profonde au point de l’égoïsme. Dans la plus poignante des bandes, M. Styve veut jouer au jeu en ligne Fortnite avec son fils, et est désespéré lorsque son fils préfère plutôt être dehors au grand air sur un vélo avec un ami.

Le cadeau de M. Styve est de réduire ces émotions et ces scénarios complexes à une histoire en quatre panneaux, imprégnée d’humour. Il n’est pas étonnant que M. Styve ait eu un tel succès.

Note : 9,5/10

ASIN : B08KZ5QNXX Éditeur : 404 Editions (1 avril 2021) Langue : Français Relié : 176 pages ISBN-13 : 979-1032404102

Fables de Bill Willingham volume 1 et 2, vous pouvez rêver de nouveau

Il est temps de parler de cette série fabuleuse

Si vous tapez Fables comics sur google vous devriez normalement tomber sur pléthore d’articles qui vont vous vanter les mérites de ce comics américain mieux que moi. Pourtant j’ai décidé de me retrousser les manches pour enfin vous en parlez. À mon niveau j’ai décidé de partager mon amour pour cette série intemporelle et magnifiquement écrite.

Fables est une série qui a débuté sa publication en 2002 et qui comptabilise 150 numéros au final. Elle est édité par Dc comics sous le label Vertigo, un label aujourd’hui disparu mais qui a signé les plus grandes heures du comics américain avec des œuvres tels que Sandman, Preacher, Scalped ou encore Y le dernier homme (celui-là aussi un jour il va falloir en parler). Vertigo était réputé pour concentrer les idées les plus folles et novatrices des scénaristes alliés à une liberté créatrice qui a permis à de nombreux auteurs de marquer les mondes de l’imaginaire de leur empreinte.

Fables raconte l’exil forcé de personnages que l’on connaît tous, les personnages de contes de fées. Chassés de leurs royaumes par le terrible Adversaire, Blanche Neige et ses compatriotes ont été contraints de se réfugié dans un quartier de New-York, Fableville, où ils tentent de conserver un semblant de gloire passé.

Des personnages que l’on connaît tous, avec lesquels on a grandi, que l’on a appris à connaître à travers des adaptations diverses et variées et qui font partie de notre patrimoine culturel, sont ici réécrits et métamorphosé sous la plume magistrale de Bill Willingham. L’auteur s’amuse à prendre le contre pied des stéréotypes propagés par les adaptations les plus récentes pour mieux surprendre le lecteur et faire de son récit un renouveau du merveilleux. Vous trouviez Blanche Neige un peu cruche et niaise ? Préparez-vous à faire la rencontre d’une femme de pouvoir qui ne se laisse compter par personne. Le grand méchant loup vous a toujours fait l’effet d’un immonde croque-mitaine qui a bien mérité son sort ? À Fableville la loi c’est lui.

Tant de magie en deux pages

Ces deux exemples ne sont qu’un minuscule échantillon de personnages que l’auteur a su réinventer. L’univers de Fables est riche, vaste et la série principale ne suffit pas exploré entièrement son univers. Des séries dérivées seront publiées conjointement à la série mère, notamment Jack of fables et Fairest toujours scénarisé par Willingham. Mais restons concentré sur Fables et les deux premiers volumes proposés par Urban comics.

Ces deux volumes regroupent les épisodes 1 à 33 de la série et permettent de découvrir une histoire riche et passionnante. Le premier arc scénaristique s’inspire des romans noirs américains dont les ambassadeurs sont Dashiell Hammet et Raymond Chandler. Bigby Wolf, le fameux grand méchant loup, mène l’enquête sur le meurtre supposé de la turbulente Rose rouge, la sœur de Blanche Neige. Une primo intrigue idéale pour faire connaissance avec la micro-société que Willingham a créée, en suivant Bigby dans son enquête on est introduit dans une société régie par des règles strictes et dont les membres marchent constamment sur la corde raide. Les intrigues suivantes permettent d’étendre l’univers et de se rendre compte de sa complexité avec la ferme, qui regroupe à la campagne tous les fables ne pouvant prendre une apparence humaine. Une situation que certains vivent assez mal, au point de les pousser à la révolte.

La ferme centre névralgique qui concentre les tensions des fables

Je ne vais pas vous faire un résumé de toutes les intrigues développées dans ces deux volumes, contentez-vous de savoir que l’auteur aborde des thématiques mâtures tout en conservant une malice dans ses dialogues remplis de sous-entendus, de double sens qui recouvre ses personnages d’une profondeur que l’on aimerait voir plus souvent. Les échanges entre les personnages sont un délice à suivre qu’ils soient amicaux ou plus vindicatifs. Un délice renforcé par l’aspect graphique de l’œuvre, qui n’est pas à négliger non plus.

Durant les 150 numéros de Fables nombreux sont les artistes à s’être illustrée sur la série que ce soit pour un arc ou pour un seul épisode. La première intrigue est illustré par Lan Medina dont le trait soigné apporte une foule de détails qui ne se remarque qu’après plusieurs relectures. Mais celui que l’on peut considérer comme le dessinateur principal de la série est Mark Buckingham dont le trait rond et expressif va véritablement accorder à la série son empreinte graphique. C’est détaillé, c’est riche en décor et en arrière-plan, tout en étant dynamique lors des scènes d’action.

Les fables ne s’en laissent pas conté

Si ces deux premières intégrales mettent autant en avant le duo formé par Blanche Neige et Bigby ce n’est pas innocent. À travers ces deux êtres aux blessures mal cicatrisées l’auteur nous invite à un renouveau imaginaire. La figure de l’Adversaire, dont l’identité reste une énigme dans ces deux volumes, représente la mort de l’imagination. À ce stade de l’histoire le lecteur peut accoler à la figure de l’adversaire n’importe quelle image qui résonne personnellement. L’Adversaire c’est la mort de l’imagination, de nos rêves d’enfants. L’adversaire c’est cet adulte aigri, aux rêves flétris qui vous assène que les fées ça n’existe pas. L’Adversaire c’est ce réel impitoyable qui vous rappelle que la vie n’est pas faite que de merveilleux. L’Adversaire c’est ces avions qui foncent dans deux tours jumelles et qui mettent fin aux illusions de grandeurs de votre pays. L’Adversaire c’est la tragédie implacable à laquelle vous ne pouvez faire face qu’en vous endurcissant tout en étant irrémédiablement traumatisé. Ce n’est donc pas un hasard si l’on assiste, en compagnie de Blanche Neige et de Bigby à une renaissance du merveilleux, un renouveau féerique qui va entraîner ces deux personnages dans une reconquête personnelle mais aussi communautaire. Cela sera dur, sanglant et ardue mais cela se fera et j’en parlerai dans de nouvelles chroniques consacrés à ce comics fabuleux.

Blanche et Bigby deux personnages qui doivent se reconstruire

Fables est donc selon moi une histoire merveilleuse doublée d’une invitation à rêver, à imaginer les forêts peuplées de fées et de lutins, à supposer qu’un rocher est plus qu’un simple rocher mais peut-être un troll endormi. Fables est un appel à l’imagination que nous avons trop tendance à oublier, emportés que nous sommes par le tourbillon de notre quotidien routinier. Vous aimez que l’on vous raconte des histoires ? Alors vous aimerez Fables.

Wanted, Lucky Luke ! – 9 avril 2021 de Bonhomme Matthieu

Lucky Luke, qui vient d’être attaqué par un chasseur de primes, apprend que sa tête est mise à prix ! À peine a-t-il le temps de digérer la nouvelle qu’il vole au secours de trois soeurs aussi belles qu’intrigantes, en bien mauvaise posture avec leur convoi de bétail.

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Chronique
: Dans son style personnel qui avait déjà fait mouche une première fois, Mathieu Bonhomme nous revient avec un scénario en béton et un trait encore mieux maîtrisé que pour son premier tome.
Pour mieux frapper les esprits de ses lecteurs, Lucky Luke se trouve plongé dans une aventure ou l’amour (oui, vous avez bien lu !) mais aussi l’humour, la revanche, l’appât du gain et la tentation viennent percuter la vie pas si tranquille que cela, de notre héros. Ajoutez-y la cavalerie, les indiens et un troupeau de bétail en fuite et nous voilà embarqués dans une aventure au rythme soutenu et aux couleurs particulièrement réussies (à base de jaune, d’oranger et de bleu pour des scènes de paysages désertiques bien dans l’esprit western).
On y retrouve même le grand Goscinny, croqué en malfrat revanchard …mais pas si habile que cela.
En 66 pages souvent éblouissantes où Lucky Luke est la proie de chasseurs déterminés et sans pitié, on ne s’ennuie pas un seul instant. Mieux, on jubile devant les rebondissements d’une histoire dense où les surprises sont nombreuses, les rebondissements fréquents, mais le plaisir, toujours assuré….
Surement un grand succès à venir pour cette nouvelle aventure, qu’il serait sage d’accompagner d’un nouveau tome pour faire durer ce Lucky Luke décidément bien vu… je suis plus que partant…

Éditeur : LUCKY (9 avril 2021) Langue : Français Broché : 68 pages ISBN-10 : 2884714774 ISBN-13 : 978-2884714778

Little Joséphine: Les jours d’oubli – 7 avril 2021 de Valérie VILLIEU , Raphaël SARFATI

C’est l’aventure éminemment humaine de la  complicité d’une infirmière avec une de ses patientes  atteinte de  dégénérescence sénile, que Valérie a demandé à Raphaël Sarfati de mettre en images, pour témoigner de son vécu et surtout du  peu d’attention trop souvent portée aux personnes âgées.

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Chronique : Cette BD me va droit au coeur… Non seulement je trouve l’histoire de Joséphine et de cette infirmière qui s’occupe si bien d’elle très touchante, mais de plus, je trouve la BD merveilleusement bien illustrée. Je trouve que l’illustrateur a trouvé un très bon équilibre entre les dessins concrets, relatifs à la vie de Joséphine et Valérie et les dessins symboliques, montrant la vie intérieure et les peurs de Joséphine. C’est plein de symboles émouvants, comme lorsque Valérie s’efforce à chaque fois de ramener Joséphine dans le monde réel. L’image de Sandra, l’auxiliaire de vie ivoirienne, berçant Joséphine telle une enfant, reste également gravée dans mon esprit. Je trouve qu’aucun livre n’aurait pu mieux traiter ce sujet qu’une BD: le monde intérieur vu en dessins est plus explicite que n’importe quel texte. Je recommande ce livre à tous, pas seulement aux personnes touchées de près ou de loin par la démence des personnes âgées. Ce livre est une magnifique leçon de vie !

Note : 9,5/10

Éditeur : La boîte à bulles (7 avril 2021) Langue : Français Relié : 128 pages ISBN-10 : 2849533947 ISBN-13 : 978-2849533949

X-men Dieu créé, l’homme détruit de Claremont et Anders on, toujours autant d’actualité

Quand on y réflechit on pourrait se mettre à redouter le jour où l’humanité cessera de prôner la haine et la peur de l’autre car certains auteurs seront alors bien en peine de nous fournir des histoires poignantes. Heureusement ce jour n’est pas près d’arriver, la haine sous toutes ses formes à encore de beaux jours devant elles, ce qui permet à certains récits de conserver toute leur fraîcheur.

Ce récit des X-men est né de la volonté de la part de la maison des idées de publier des récits plus mâture. Ces graphic novels comme on va finir par les appeler auront la double mission de séduire de nouveaux lecteurs avec des récits en marge de la continuité habituelle et qui se suffisent à eux-mêmes mais aussi d’ancrer les héros marvels dans des thématiques plus adultes, en les abordant de manière plus frontale que dans la production mensuelle. L’équipe de héros mutants qui s’est juré de protéger un monde qui les craint se prête particulièrement à ce type de récit.

Chris Claremont peut enfin se pencher sur les délicats sujets de la haine raciale, la discrimination et sur la notion d’être humain. Lui qui laisse surtout son talent se déployer lors de sagas spatiales épiques et de récits d’aventures intenses a tout à prouver dans ce récit qui s’attaque au thème universel de la haine raciale. Évidemment c’est un comics, court qui plus est, moins de cent pages, il faut donc admettre qu’un révérend a pu créer une milice paramilitaire, dispose d’un laboratoire et d’une équipe dévouée à ses ordres, mais une fois ses suspensions d’incrédulitée assimilés le récit se lit d’une traite. La narration est restée très fluide, la traque que subit la jeune Kitty Pride permet de rester focaliser sur des émotions intenses qui mobilisent l’attention du lecteur. L’ensemble du récit est irradié d’une espèce de tension qui culmine jusqu’au final au Madison Square Garden où, une fois n’est pas coutume, les héros ne sont pas les X-men.

Les dessins sont signés Brent Anderson. L’auteur débutait sa carrière dans les comics. Si son trait peut paraître quelque peu statique, sa mise en scène a le mérite d’être aussi lisible et fluide des années après la première édition en 1982.

Presque quarante ans après sa parution le propos du récit est toujours aussi actuel. L’humanité n’a jamais passé autant de temps à cracher sa haine sur quiconque a le malheur de penser différemment ou d’avoir un teint de peau différent. La foule haineuse lors du climax rappelle celle qui a investi les locaux du capitole en janvier dernier tandis que les policiers représentent les ultimes garde-fous moraux. Enfin je pense qu’il est inutile de préciser à quelle figure politique le révérend Stryker fait penser, cet orateur engoncé dans son fanatisme arrogant est la figure même de l’hypocrisie triomphante.

Il est à la fois rassurant et effrayant de constater la modernité de ce récit qui date d’une époque où internet n’était encore qu’un doux rêve. Rassurant car tout lecteur aime à voir ses classiques vieillir et s’affiner comme le bon vin. Effrayant lorsque l’on constate que le propos est toujours autant d’actualité, à tel point que l’on en vient à désespérer de voir un jour un progrès.

Résumé: Cette histoire est un parfait exemple de la métaphore mutante, symbole de l’oppression des minorités. Un récit parmi les plus incontournables de Chris Claremont, des X-Men et plus généralement de Marvel. Le révérend William Stryker lance une croisade anti-mutants et capture le Professeur X pour le manipuler afin d’attaquer l’esprit des mutants. Pour le combattre, les X-Men doivent alors s’allier à leur ennemi Magnéto.

  • Éditeur : Panini (2 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • Relié : 96 pages
  • ISBN-10 : 2809483531
  • ISBN-13 : 978-2809483536
  • Poids de l’article : 400 g
  • Dimensions : 17.5 x 1 x 26.7 cm

Larkia – 24 mars 2021 de Ingrid Chabbert & Patricio Angel Delpeche

La société a implosé. Les années, en passant, ont transformé les villes en cimetières où seul règne le silence.

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Chronique Avec cette bd nous sommes immergés dans une atmosphère où la mélancolie qui nous touche immédiatement. On baigne dans quelque chose de presque lyrique, comme suspendu dans le temps et dans l’espace,  Un univers gothique dans sa plus noble définition, à la fois sombre, mais d’une richesse incomparable. La magie en fait partie intégrante, nous faisant voir de la féerie dans tout ce qui nous entoure. Les paysages dessiné par Patricio Angel Delpeche sont notamment d’un réalisme époustouflant, nous faisant littéralement rêver. Mais le côté obscur est tout aussi fascinant, nous faisant part d’un portrait du futur tout à fait unique. Ingrid Chabbert nous délivre une histoire tout simplement magnifique, son écriture est magnifiquement soignée, chaque mot étant choisi avec une efficacité redoutable. Nous voyageons entre rêves et réalités, la frontière basculant sans cesse. Les épreuves s’enchaînent pour notre héroïne qui va devoir surmonter des instants terribles. Les personnages sont tous très bien travaillés l’auteur nous emmène dans une intrigue très passionnante grâce à toutes les créatures mais surtout au mystère autour de chacun des personnages.
Cette bd a tous les ingrédients pour plaire. Tout d’abord, le lieu choisi pour l’intrigue parfait pour ajouter un peu plus de mystères qui sont toutes bien détaillées et travaillées.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 112 pages ISBN-10 : 2344037004 ISBN-13 : 978-2344037003

Le Moine Mort – Tome 01: Le manuscrit condamné – 24 mars 2021 de Jean-David Morvan & Scietronc

Stolin est un jeune homme de 16 ans placé dans le monastère de Nariamar par des parents incapables de le prendre en charge.

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Chronique : Quelle claque ! Une saga qui commence sur des chapeaux de roues . Les dessins de Scietronc sont i splendides et envoûtant et donnent une certaine dimension à cette histoire. Ils sont pleins de vie et retransmettent à merveilles les émotions des personnages. La précision des traits lors des zooms sur les visages donne presque l’effet d’une photographie.
Quant au scénario en lui-même, il risque fort de soulever bon nombres de critiques aussi bien positives que négatives. L’histoire s’assombrit et la violence, la passion et la cruauté sont maître mots de ce volume.
Le récit est puissant et touche le lecteur au plus profond de lui-même. Jean-David Morvan nous mène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et de la folie à travers des personnages tous plus monstrueux les uns que les autres.
Morvan mélanges les thèmes de l’amour et de la haine, la passion et la folie avec une efficacité surprenante et nous offre une bd sensationnel.
Une lecture dont nous ne ressortons pas indemne et dont on souhaite deja connaitre la suite.

Note : 9,5/10

Éditeur : Glénat BD (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 48 pages ISBN-10 : 2723490955 ISBN-13 : 978-2723490955

Sirènes et Vikings T4: La Vague invisible – 24 mars 2021 de Nicolas Mitric , Maria Francesca Perifano &Francesco Trifogli

Modeste marchande de poisson, Lydveig a-t-elle hérité des talents de pisteurs de son père  ? C’est ce que pense le cruel roi Hardeknud, qui la contraint à retrouver la sirène responsable de la mort de son fils aîné. Accompagnée par le prince héritier en quête de reconnaissance, Lydveig mène l’enquête. Il lui faudra redoubler d’ingéniosité pour retrouver la trace d’une sirène si insaisissable qu’elle en paraîtrait presque invisible…

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Chronique : Lydveig, une Modeste marchande de poisson,voit un jour, jeté sur son étal, la tête de son père Aasbjorn le pisteur. Le sanguinaire roi Hardeknud l’a fait quérir, pour ce faire, il a mandaté ses soldats du clan de l’ouest. Lydveig n’a pas le choix, les guerriers ont blessé sont mari et la menace de tuer sa fille si cette dernière ne les accompagne pas auprès de leur monarque.

Mine de rien, cette série reste assez surprenante. Car loin de se cantonner à des stéréotypes, elle brosse le portrait de deux communautés peut-être plus subtiles qu’il ne pourrait y paraître !

Cette fois, c’est à nouveau une histoire de femme qui est mise en avant. La fille d’un célèbre pisteur doit prendre la relève de son père pour enquêter sur la mort du fils du roi. Mais très vite elle doit surtout s’imposer dans un mon

de d’hommes pétris de préjugés, qui ne pense qu’en terme de force, de virilité et de baston. Alors bien sur, on devine très vite qu’il va se développer une entraide féminine, mais le cadre médiéval est parfait pour accentuer cette vision machiste du rapport homme/femme afin de mettre en avant une héroïne forte et décidée !

Graphiquement, c’est là aussi du bon boulot. Le trait est dynamique et expressif, les cadrages aussi, on se laisse facilement emporter au cœur du récit !

Note : 9/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 56 pages ISBN-10 : 2731692324 ISBN-13 : 978-2731692327

L’Évadé de C.I.D. Island – 7 avril 2021 de de Ibrahim Moustafa

Lorsque Redxan Samud se retrouve promu capitaine du Forreas, tout semble lui sourire  : grâce à cette montée en grade, il peut enfin épouser la femme de ses rêves. Mais il contrarie sans le savoir les plans du vil Onaxis, qui piège Redxan et le fait condamner à perpétuité au Centre d’Internement Disciplinaire (C.I.D.). Personne ne s’en est jamais échappé… mais Redxan n’a plus rien à perdre, et a juré d’accomplir sa vengeance. 

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Chronique : Pour les historiens littéraires (ou toute personne versée dans les classiques) qui connaissent le conte classique d’Alexandre Dumas sur Le Comte de Monte Cristo , ils savent que c’est un conte d’amour, de trahison, d’évasion et de vengeance. Il se déroule à l’époque de Napoléon dans les années 1800 et s’est avéré être l’une des œuvres les plus populaires de Dumas avec Les Trois Mousquetaires. Ses thèmes sont assez universels dans un conte d’aventure et pourraient être adaptés dans de nombreux genres différents si un artiste créatif et un conteur acceptaient ce défi.

L’histoire commence avec le premier officier Redxan Samud des Forreas. Samud est un bon officier et populaire auprès de l’équipage. Ce qui est plus que ce que l’on peut dire de leur chef actuel, le capitaine Kaster. En ce qui concerne l’équipage, Kaster a patiné en faisant le strict minimum, laissant son équipage faire le vrai travail. En vérité, de nombreux membres de l’équipage pensaient que Redxan serait un meilleur capitaine. Ce point a été amplifié lorsque Redxan a risqué sa vie et son membre pour grimper à l’extérieur du navire pour découpler un module de polarité défaillant et sauvé la cargaison du navire. Le propriétaire du Forreas, M. Murl a été impressionné mais pas tellement par Kaster. Après avoir obtenu l’histoire de l’équipage, il a rétrogradé Kaster et promu Redxan au rang de capitaine des Forreas.

Cela s’est avéré être une bonne nouvelle pour Redxan pour plus d’une raison. Non seulement était-il maintenant aux commandes de son propre navire, mais il avait gagné le grade pour lui permettre d’épouser son fiancé Meris. Son oncle avait dit que si Samud devenait capitaine, il lui donnerait sa bénédiction de l’épouser. C’était au grand dam d’Onaxis, de sa cousine et de toute morve auto-importante.

Il ne comprenait pas pourquoi elle ou son père se souciaient de ceux qui n’étaient pas de sang royal. Meris devrait l’épouser et non un simple roturier comme Redxan. Mais Meris ne se souciait pas des lignées. Elle épouserait Redxan s’il avait «de la boue dans les veines». Mais tandis que Meris et Redxan allaient annoncer l’heureuse nouvelle à son père, Onaxis rencontra le Kaster désormais rétrogradé. Ensemble, ils ont discuté de leurs plans profonds de trahison. Si leurs mécanisations se concrétisaient, ils seraient tous les deux débarrassés de Redxan.

Meris et Redxan ont annoncé la bonne nouvelle à son père. Il était ravi. Mais alors qu’ils s’asseyaient, Meris commença à craindre ce qu’Onaxis pourrait faire. Peut-être qu’il empoisonnerait son oncle contre leur mariage. Ou pire encore, son oncle la ferait épouser Onaxis. Redxan avait une autre idée. Ils ne pouvaient pas la forcer à en épouser une autre s’ils devaient se marier maintenant. Meris Keld et Redxan Samud se sont donc mariés en secret. C’est un problème résolu, non?

L’une des grandes choses à propos de L’Évadé de C.I.D. Island’ Ibrahim Moustafa est qu’il résiste extrêmement bien même si vous n’aviez aucune connaissance du chef-d’œuvre de Dumas. Le cadre de la science-fiction laisse la porte ouverte à de nouveaux éléments passionnants de l’histoire tout en conservant la structure squelettique de l’histoire. Il raconte une histoire classique de vengeance tout en se préparant lentement à la bataille ultime. Si vous connaissez le conte classique, vous pouvez facilement voir comment Moustafa suit cette empreinte tout en la rendant fraîche et originale. C’est une corniche étroite à traverser mais il la marche sans trébucher. C’était aussi une très belle touche entre les chapitres contenant des citations sur la vengeance. Moustafa choisit chacun pour souligner les périls impliqués et ce qui ne se passe dans la vie que pour se venger.

La même chose peut être dite pour ses œuvres d’art. De la conception des personnages aux séquences d’action, en passant par les moments émotionnels tendres, Ibrahim les capture tous avec talent et affiche son talent pour l’excellence de la narration. Lorsqu’il est combiné avec le travail en couleur de Brad Simpson, c’est un livre attrayant, une histoire bien racontée . Et en parlant d’œuvres d’art, assurez-vous de consulter l’art conceptuel d’Ibrahim et les croquis de couverture à la fin du livre. Toujours cool de voir ce qui est entré dans une création.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (7 avril 2021) Langue : Français Broché : 136 pages ISBN-10 : 273164334X ISBN-13 : 978-2731643343

Partir un jour / 24 mars 2021 / de Manu Boisteau

Comment quitter son job (ennuyeux) pour réaliser son rêve (écrire un roman) sans passer pour un crétin irresponsable ? Partir un jour, sans retour…

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Chronique : Ecrit avec l’ambition de traiter d’un sujet grave avec humour d’une part et d’aider les lecteurs dont le parcours entrerait en résonance avec le sien, Partir un jour aborde de manière drôle et délicate le sujet de la crise de la quarantaine. Cette bd est écrit de manière simple et accessible . Elle ne se lit pas tant comme un guide utile mais d’un sentiment que l’auteur Manu Boisteau nous fait resentir , et j’ai adoré la façon dont les choses ont été maintenues professionnelles et pourtant très…chaleureuses et on à le sourire tout le long du récit. Ce que je préfère dans ce Bd, ce sont les illustrations . Elles ont contribue à donner une impression agréable tout au long du recit et ont évité que les choses ne deviennent trop ennuyeuses. Les différentes polices de caractères et les dessins utilisés tout au long du livre ont contribué à rendre la lecture très agréable !

Partir un jour est un livre important que je n’hésiterais pas à recommander – il connaît ses limites, et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne. Il ne change peut-être pas la vie, mais il a tout le potentiel pour donner un coup de pouce dans la bonne direction, et n’est-ce pas justement ce dont nous avons tous besoin parfois ?

Note : 9,5/10

Éditeur : CASTERMAN (24 mars 2021) Langue : Français Relié : 128 pages ISBN-10 : 2203211490 ISBN-13 : 978-2203211490