Donald’s Happiest Adventures (23 mai 2018) de Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas

Un matin comme les autres : Donald se lève de la patte gauche et reçoit un appel de Picsou. Après leurs aventures aux quatre coins du monde avec Mickey, son oncle a besoin de lui pour une nouvelle chasse au trésor. Mais Donald se rend compte que, peu importe l’étendue des richesses qu’il lui envoie chercher, son oncle ne sera jamais satisfait. Picsou a beau être un vieux canard pingre et acariâtre, il veut la même chose que tout le monde : le bonheur. Aussi décide-t-il d’envoyer son neveu à la recherche de cet inestimable trésor ! Mais pour le colérique et malchanceux Donald, trouver le secret du bonheur semble mission impossible.

Chronique :Kamidas et Trondheim revisitent avec brio Donald et toute la famille Canard, en utilisant le même subterfuge qu’avec Mickey, soit la divulgation de pseudo pages jaunies de vieux magazines oubliés : d’où les rendus vieillis, taches d’encre, bandeaux d’annonce à chaque page, chute comique à chaque fin de page, etc… Un vrai collector! De plus, ces pages impérissables s’élèvent au niveau des plus grands philosophes des Lumières, puisqu’il y est question, ni plus ni moins, de nous donner les clés du Bonheur! Donald’s Happiest Adventures reprend les mêmes ingrédients que son prédécesseur, avec davantage de réussite : là où les aventures de Mickey étaient d’abord une succession d’épisodes effrénés et tordants, celles de Donald posent avec finesse des questions de fond comme le rapport entre l’argent et le bonheur ou la question du bonheur dans une dictature (la caricaturale Brutopie n’étant pas sans rappeler la Corée du Nord). Une mention spéciale au professeur Donald Dingue, subtile caricature du savant. Les dessins de Keramidas sont toujours aussi réjouissants, avec des couleurs vives et des personnages expressifs.

Note : 9,5/10

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  • Album: 48 pages
  • Editeur : Glénat Disney (23 mai 2018)
  • Collection : Créations originales

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The Beauty – Tome 01 (14 mars 2018) de Jason A. Hurley

C’est un fait : notre société est obsédée par l’apparence physique. À travers les médias ou la publicité, la beauté nous est imposée comme l’idéal suprême à atteindre. Et s’il y avait un moyen de la garantir éternellement ? Et si ce moyen était une maladie sexuellement transmissible ? Dans un monde où la grande majorité de la population a déjà été « contaminée » par la perfection physique, deux agents du FBI vont enquêter sur les origines de ce mystérieux virus et découvrir que la beauté a un prix… et qu’elle peut vous coûter la vie.

Chronique  Une série de bandes dessinées d’horreur/sci-fi avec une prémisse fascinante : Et si, dans notre obsession de la beauté/attraction, nous pouvions devenir plus beaux chaque jour ? Mais que faire si (et voici la partie horreur), la beauté est aussi une maladie sexuellement transmissible ? Bien sûr, l’idée de notre obsession nationale pour la beauté/attraction est bien documentée, consternante, et peut-être dans une certaine mesure inévitable, dans le processus de propagation de l’espèce, mais nous sommes maintenant familiers avec les histoires ridiculement obsessionnelles de personnes ayant subi de multiples chirurgies plastiques, et nous savons tout sur l’industrie de la beauté de plusieurs milliards de dollars. Et nous savons que les maladies sexuellement transmissibles sont une condition d’attraction ; nous risquons la maladie pour l’attraction. Cette série commence de façon prometteuse, comme une sorte de commentaire de science-fiction devenu thriller d’horreur. Au début de l’histoire, peut-être que la moitié de la population est infectée par La Belle, et personne ne semble particulièrement inquiet ; c’est-à-dire, jusqu’à ce que les gens semblent s’enflammer spontanément ! L’œuvre d’art contribue aux surprises effrayantes. Vous avez les clichés habituels de l’histoire du crime : les poursuites à pied et les fusillades, un chef de police stressé qui garde une bouteille de whisky dans son bureau (malheureusement il ne dit pas des choses comme « Vous êtes hors limite, Kowalski ! » ou « Avez-vous une idée des dégâts que vous avez causés – le maire a mon cul !! ) et il y a un sénateur maléfique derrière tout ça  !   Ce roman graphique fait réfléchir à quel point il est réaliste, que la plupart des gens échangeraient leur santé en échange d’être physiquement attirant.  La cupidité des hommes et à la façon dont les gens se nourrissent souvent de la faiblesse des autres pour leur profit personnel Est aussi un des sujet traiter.   Quoi qu’il en soit, on le recommande vraiment, vraiment, vraiment à tout le monde.

Note : 9,5/10

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  • Album: 160 pages
  • Editeur : Glénat Comics (14 mars 2018)
  • Collection : Comics

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L’Éveil du Maître du Donjon: Gary Gygax et la création de Donjons & Dragons (14 mars 2018) de David Kushner et Koren Shadmi

remier jeu de rôle de l’histoire, Donjons & Dragons a tout simplement révolutionné le monde du jeu et de la culture geek contemporaine. Précurseur des premiers jeux vidéo type RPG (Role Playing Game), « D&D » pour les intimes a posé les bases d’un genre aujourd’hui incontournable et forgé toute une imagerie heroic fantasy dans l’inconscient collectif. Toujours joué à l’heure actuelle, il a surtout contribué à nourrir l’imaginaire et la créativité de générations entières de joueurs. Mais qui est Gary Gygax, le mythique créateur de ce jeu de légende ?

Chronique : Ce format de bande dessinée accessible présente une vue d’ensemble de la création de D&D et des personnes impliquées dans la création. Le texte ne romance pas les éléments commerciaux ou les conflits personnels de la conception de jeu, mais raconte avec tact l’histoire des changements dans le développement et l’évolution du jeu au fil du temps. La controverse autour du jeu est également documentée. L’inclusion des joueurs et des supporters dans divers était également intéressante. Pour plus de saveur, l’histoire est stylisée pour se sentir comme si un Dungeon Master vous la racontait dans le jeu et cette bande dessinée a été écrite par des gens qui ont accompagné les inventeurs dans leurs dernières années de leur vie pendant de nombreuses années et est un résumé de toutes les informations provenant des interviews à ce moment-là. La couverture promettait de mettre l’accent sur Gary Gygax, mais on n’a pas peur de se concentrer sur de nombreux « acteurs de soutien ». Bien mérité, car sans l’influence de diverses idées créatives, ce jeu ne serait jamais devenu ce qu’il est aujourd’hui.

La structure narrative est plus qu’une simple soirée de jeux, les lecteurs sont invités à jouer les rôles des personnages. Le narrateur se comporte comme un maître de jeu de rôle typique (ou maître de donjon) et guide à travers chaque chapitre, ce qui concentre toujours un point de vue sur les choses. Aussi bon que cela puisse paraître, ça ne marche pas toujours, dans certains endroits.

L’amour du jeu et les beaux regards nostalgiques en arrière font de la bande dessinée une partie intégrante de l’étagère pour un fan de la série. Si vous ne connaissez pas le concept du jeu, ou même la période critique des années 70 et 80, alors ce livre devient rapidement ennuyeux.

Note : 8,5/10

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  • Album: 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (14 mars 2018)
  • Collection : Hors Collection

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Les Descendants (11 avril 2018) de PAULINE AUBRY

En 2005, Pauline Aubry, 24 ans, traverse l’Atlantique pour la première fois et atterrit à Buenos Aires, officiellement pour un stage dans la pub. Officieusement, la jeune femme marche sur les traces de ses ancêtres ayant vécu en Argentine au début du XXe siècle. Arrivée la tête pleine de clichés sur ce pays dont l’histoire n’est pas enseignée en France, elle se lance dans un périple aux airs de quête initiatique. Il lui laissera un souvenir indélébile.

Chronique : Cette BD est vraiment touchante et un vrai coup de coeur. Elle n’est jamais dans le jugement et montre bien que la distinction entre normalité et « folie » est plus que ténue. Elle fait bien le point sur différents troubles de comportement qui ont pu toucher l’auteur lors de son voyage.
Avec un côté moins politique que son précédent « les mutants » et y traite de l’émancipation, du départ, du voyage  ce qui  ressemble beaucoup dans sa capacité à montre assez habilement quelques éléments théoriques avec des passages autobiographiques. Entre les séquences de reportages, l’auteure fait remonter les souvenirs et décortiquent les informations qu’elle a reçues en faisant le parallèle avec son refus d’entrer dans l’age d’adulte.

Note : 10/10

 

  • Editeur : Les Arènes (11 avril 2018)
  • Collection : AR.ROMAN GRAPH.
  • Langue : Français

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Les Grandes aventures de Romano Scarpa – Tome 02: 1956/1957 – Mickey et le Mystère de Tap Yocca VI et autres histoires (28 février 2018)

Après Carl Barks, Floyd Gottfredson et Don Rosa, les éditions Glénat sont heureuses de vous présenter leur nouvelle intégrale dédiée à l’un des grands dessinateurs de l’univers Disney : le maître italien Romano Scarpa ! Construite de façon chronologique, bénéficiant, à l’instar des autres séries de la « Pléiade Disney » d’un appareil critique très complet, cette nouvelle collection devrait combler les attentes des fans qui l’espéraient comme le messie !

Chronique : Excellente idée de rééditer le génialissime Sacarpa, on est ici au tome 2.
Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit des histoires parues essentiellement dans les Mickey parade des années 70-80 au format 3 bandeaux avec un texte en capitale. Les Italiens on produit beaucoup de bd Disney de grandes qualités (certaines sont considérées comme les meilleures), créé de nouveaux personnages etc…
La BD a des textes rappelant l’histoire des auteurs Italiens, éditeurs Italiens avec l’univers Disney c’est très bien…
Ce second volume aborde Chronologiquement l’Oeuvre du Maître dès les débuts… Donc, bien sûr le trait n’est pas encore celui affirmé souple et nerveux qui explosera en alternance dans les univers réciproques de Mickey et Donald (notons la contribution « à venir » pour l’encrage de G. Cavazzano) .
D’ailleurs ce tome, offre de nombreux inédits qui ont pour particularité d’aborder des histoires qui font suite à l’univers cinématographique de Disney.
Bel album donc, composé de récits – tout en couleur. On notera cependant un usage certain sur certaines histoires, de dégradé « style aérographe ».

Note 9,5/10

 

  • Album: 360 pages
  • Editeur : Glénat Disney (28 février 2018)
  • Collection : Les Grands Maîtres

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La BD qui fait du bien (31 janvier 2018)

40 auteurs de bande dessinée se mobilisent contre le cancer des enfants. On dit dans les moments difficiles que « la lecture est un refuge. » Pour venir en aide aux enfants, un collectif d’auteurs de BD a décidé de s’unir pour faire de cet adage une réalité. Avec humour et tendresse, ils distillent un message positif d’amour et de compassion dans une série d’histoires courtes et indépendantes allant de 1 à 3 pages. Ainsi, des auteurs parmi lesquels Lewis Trondheim, Tebo, Keramidas, Olivier Supiot, David Gilson et bien d’autres ont décidé de mettre leur art au service d’une belle cause qui leur est chère.
En librairie à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le cancer, la vente des albums La BD qui fait du bien se fera au profit de l’association « Imagine for Margo » qui lutte contre le cancer des enfants.

Chronique : Voici un magnifique projet qui promeut la lutte contre le cancer des enfants (association Imagine for Margo), mais c’est aussi une super BD avec un collectif d’auteurs incroyable et qui permet de découvrir des auteurs que on ne connaissait pas, en redécouvrir d’autre. de plus cette bd est faite d’une façon où avec son sommaire, on s’en sert un peu comme une prescription médicale, car les histoires sont classés par soucis, la bd pour les jours où j’ai mal partout, la bd quand je me trouve moche, la bd quand je n’arrive pas à dormir…. Un concept marrant, ludique et intelligent. C’est un beau projet, où l’on contribue à une bonne action en se faisant plaisirs.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (31 janvier 2018)
  • Collection : Hors Collection

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Boca Nueva, Tome 2 : Salpêtre (24 janvier 2018) de Sylvain Almeida et Youness Benchaieb

Le quartier du Récif est en pleine ébullition. Bandits manchots, magie interdite, espions venus du froid, inventeurs ratés… Heureusement que Riggs peut compter sur sa jeune recrue Ese pour démêler un peu tout ça.. C’est que dans la famille Kululu, on a du flair et on sait mettre les pieds dans le plat quand il le faut !

Chronique : Ce deuxieme tome de « Boca Nueva », oeuvre du duo Sylvain Almeida et Youness Benchaieb, va vous faire mourir de rire. La cité-état sortie de leur imagination avec tous ses habitants animalesques est des plus réussies. Un monde où la pègre est à l’oeuvre, où la contrebande gangrène une cité marchande florissante. Au beau milieu de ce flot constant de migrants cherchant du travail surgit Ese, un blanc-bec gentiment naïf, qui se fera embobiner par le lieutenant de police ripoux, qui pensait avoir trouvé le bouc-émissaire parfait pour sa petite combine. Et le voilà catapulté agent de police, aux côtés de Riggs, un flic canin un brin bourru. Magie, coups-fourrés et humour sont de la partie dans ce second tome divertissant, qui pose les bases d’une intrigue classique mais prenante. Pas question, cependant, de se prendre au sérieux ! L’humour est constamment au rendez-vous et le dessin de Youness Benchaïeb, dans la droite ligne de celui d’un Lewis Trondheim, alloue aux protagonistes des apparences anthropomorphes… parfois difficilement précisables. Salpêtre et Charbon devraient finir ce triptyque original et diablement sympathique.

Note : 9/10

 

  • Album: 105 pages
  • Editeur : Casterman (24 janvier 2018)
  • Collection : SERIES

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Barricades (11 janvier 2018) de Charlotte Bousquet et Jaypee

À table, j’ai préparé le terrain, j’ai agité mes bonnes notes et le couple gay de la classe, j’ai dit que c’était juste comme ça, pour voir, m’amuser. Ils ont hésité. Ils ont cédé. Parce qu’ils pensent exactement comme moi : je ne peux pas passer le reste de ma vie à me planquer.
Et puis, comme le dit ma psy, le plus dur est passé. J’ai eu mal. J’ai voulu mourir. Mais j’ai survécu. Je me suis montrée plus forte qu’eux. Et je les ai laissés derrière moi, même si je ne pourrai jamais oublier ce qu’ils ont fait.
Et voilà. Les dés sont jetés. Le destin est en marche. Et moi, j’ai beau me la jouer décontractée, je flippe complètement à l’idée de cette soirée.

Chronique : Sam a changé de lycée il y a peu, ses nouveaux camarades n’en connaissent pas la raison et elle fait tout pour leur cacher. En fait elle est en pleine transition, anciennement Samuel, elle devient petit à petit Samantha. Cette transformation lui a coûté très cher dans son ancien lycée, elle a connu rejets et insultes, alors elle a pensé au pire. Dans son nouveau lycée tout est différent, elle est chanteuse dans un groupe de rock, les autres élèves l’acceptent et l’intègrent, elle respire enfin et peut se tourner vers l’avenir, mais jusqu’à quand ?
Ce livre aborde un sujet délicat, le changement de sexe d’un adolescent. On comprend rapidement que Sam ne va pas bien, qu’elle est sur le fil, mais le thème du transgenre est amené de façon plus lente.
Les deux auteurs nous offre une réflexion sur l’ouverture d’esprit, la solidarité, l’amitié et la famille. Des notions qui ont une grande importance dans ce combat quotidien vers l’acceptation de soi. Les dessins servent très bien l’histoire et inversement, le jeu des couleurs est adapté à l’état d’esprit de Sam, tout concorde.
Une petite pépite à découvrir en ce début d’année.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 72 pages
  • Editeur : Gulf stream éditeur (11 janvier 2018)
  • Collection : LES GRAPHIQUES

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