Noé et les animaux très dérangés – 3 février 2021 de Ced

Noé, 11 ans, est un jeune garçon de ferme qui habite dans le comté de Bourbe. Chaque jour, il aide ses grands-parents à s’occuper des animaux de l’étable : les nourrir, les brosser, les laver…

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Chronique : La collection Pepix nous offre un nouveau bijou d’humour écrit et illustré avec brio par Ced. Les enfants et si vous aimez les romans drôles ce tinté d’animaux entout genre ce livre sont faits pour vous. On y découvre un héros rusé qui n’a pas peur de parlé au animaux. De l’humour à fond et très bien maitriser avec d’autres thèmes qui sont présents comme la difficulté et le poids de la transmission familiale, les difficultés d’intégration et une critique sociale sur le monde du travail.
L’importance d’être aimé, et de donner de l’affection sont très présentes, et Noé est vraiment attachant et ses péripéties et expériences en tous genres font rire.
Les petites illustrations sont tantôt cyniques, tantôt tendres ou même émouvantes.
Avec des traits relativement simples pour ses personnages, Ced réussit à faire passer tout un panel d’émotion à ses personnages. Une lecture à la fois facile, drôle, et étonnante. Un très bon voyage de la part de l’auteur

Note : 9/10

Éditeur : Sarbacane Editions (3 février 2021) Langue : Français Broché : 272 pages ISBN-10 : 2377315488

Soleil jusqu’à la fin – 3 février 2021 de Mélanie Georgelin

Amaya a douze ans quand elle voit sa mère mourir de chagrin, après le départ brutal de son père avec une Arlésienne.

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Chronique : Voici un superbe roman magistral, on est happé dans l’univers d’Amayal comme dans un tourbillon, l’écriture originale, sensible et maîtrisée contribue à l’enchantement.  L’auteur y évoque l’amour et l’abandon à travers Amaya .Cette jeune fille se sent délaissé par la vie. Ses tribulations lui permettront cependant de retrouver l’amour d’une famille après des années d’errance. Un récit très prenant, superbement bien écrit. Nous sommes sans cesse sur le qui-vive et on est imprégné de l’histoire, ressentant des émotions plus intenses les unes que les autres. La plume de l’auteur est efficace, il n’y a pas de temps mort, jusqu’à la fin. Et quelle fin d’ailleurs. On ne  s’attend pas à cela. Jusqu’au bout, l’auteur surprend, intrigue, nous pousse à dévorer cette histoire. Et puis tout se met en place, et là, on comprend, tout était sous notre nez. Dans l’ensemble, c’est un livre épanouissant et stimulant. Peut-être plus adapté aux filles que les garçons, le livre explore ce qu’il faut pour grandir et espérer rien de plus qu’une famille et profiter de la vie. Et mention spéciale pour la couverture du livre et les images à l’intérieur qui sont juste magnifiques.

Note : 9,5/10

Éditeur : Sarbacane Editions (3 février 2021) Langue : Français Broché : 277 pages ISBN-10 : 237731547X ISBN-13 : 978-2377315475

Les petites histoires des 4 soeurs – L’astronaute, c’est moi ! – 10 mars 2021 de Sophie Rigal-Goulard & Diglee

Puisque ses trois grandes sœurs la traitent de bébé, Luna décide de quitter la Terre ! Après avoir glané chez Lisa, Laure et Lou quelques objets, elle se réfugie dans la salle de bains avec sa licorne peluche.

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Chronique : L’astronaute, c’est moi ! est le tout dernier roman de la série mettant en scène les sœurs Juin. Les quatre L sont toujours aussi amusantes, sympathiques, fofolles.. Avec elles, impossible de s’ennuyer 🙂

Il m’est toujours agréable de retrouver la plume de Sophie Rigal-Goulard, une autrice qui écrit certes pour les enfants mais ce n’est pas gnan gnan, il y a une histoire toujours bien ficelée, de la profondeur et je suis fan..

Cette fois ci, Luna décide de quitter la Terre ! Après avoir glané chez Lisa, Laure et Lou quelques objets, elle se réfugie dans la salle de bains avec sa licorne peluche. Son pyjama étoilé, un casque de ski, des gants, des lunettes de piscine et une trousse… voici de quoi confectionner une combinaison d’astronaute. La cabine de douche se transforme en fusée, le rideau en pas de tir, et Luna s’envole dans l’espace ! Avec sa trousse à outils, saura-t-elle réparer la station spatiale ? Le métier qui la fait tant rêver ne serait pas plutôt mécanicienne ou… détective ?

Il va arriver plein de choses il y a énormément de rythme et on ne s’ennuie jamais.

L’amour est en fond de ce petit roman.

J’ai aimé l’histoire, retrouver les quatre filles, leur parents.

Et surtout certains scènes sont amusantes, il y a énormément d’humour dans ce roman.

Que vous connaissiez où non nos quatre héroïnes je vous conseille sans aucune hésitation la lecture de ce livre car c’est un bon moment jeunesse.

Note : 9/10

Éditeur : Rageot Editeur (10 mars 2021) Langue : Français Poche : 32 pages ISBN-10 : 2700276221 ISBN-13 : 978-2700276220

Les âmes croisées – 10 février 2021 de Pierre Bottero

Nawel vit à Jurilan, le royaume des douze cités. Aspirante comme ses amis Philla et Ergaïl, elle doit choisir la caste qui correspond à ses aspirations profondes pour le reste de sa vie.

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Chronique : Dans cette histoire nous suivons Nawel, une jeune fille égoïste, suffisante et méprisante. Elle évolue dans un monde scindé en deux ethnies: les Perles (la caste élevée) et les Cendres (des esclaves à peine considérés comme des humains). Les Perles sont composés de dix castes qui détiennent les rênes du pouvoir et auxquels les Aspirants demanderont le droit d’appartenir.

Nawel méprise tellement les Cendres qu’elle provoquera la perte d’une famille entière par son racisme. Cet événement marquera sa vie et va commencer à lui ouvir les yeux sur le monde qui l’entoure. Les Aspirants pensent choisir librement leur destinée, mais notre héroïne va découvrir que tout est déjà décidé et planifié par leurs familles. Ce fait va transformer sa vision des choses et va l’amener à faire un choix qui lui permettra enfin d’être elle-même tout en la faisant grandement évoluer…

Une fois de plus Pierre Bottero nous emmène dans un monde créé de toute pièce, avec sa manière de vivre, sa politique, ses créatures. Un monde qui semble plus que réel et dans lequel on plonge immédiatement. L’histoire est haletante et accrocheuse.

Note: 9,5/10

Éditeur : Rageot Editeur (10 février 2021) Langue : Français Poche : 448 pages ISBN-10 : 2700274296 ISBN-13 : 978-2700274295

60 jours et après de Kim Stanley Robinson

Washington vit un hiver des plus capricieux : froid sibérien et chaleur tropicale se succèdent de façon alarmante. Démocrate passionné d’écologie, Phil Chase vient d’être élu président des États-Unis.

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Chronique : La trilogie de l’auteur le plus célèbre pour la trilogie « Mars » sur un groupe de scientifiques qui terraforment Mars – le postulat évident de cet ensemble est que la terre elle-même a besoin de se terraformer en réponse au changement climatique / réchauffement de la planète et que les scientifiques doivent s’impliquer plus activement politiquement à la fois avec l’électorat et avec ceux qui ont précédemment contrôlé les cordons de leur bourse et que les organismes de recherche doivent établir activement le programme de recherche (un nouveau projet Manhattan ou course à la lune) plutôt que de répondre aux propositions reçues.

Les personnages principaux s’articulent autour de la NSF (l’organisme de recherche américain chargé d’évaluer les propositions de financement), principalement Anna Quibler (dont le mari Charlie reste à la maison avec leur jeune fils hyperactif Joe tout en travaillant comme conseiller, notamment sur les questions environnementales à un célèbre sénateur démocrate « mondial » – Phil Chase) et Frank Vanderwal (initialement en détachement pour un an, dont il démissionne auprès de la dirigeante de la NSF Diana Chang, il retire ensuite sa démission lorsque celle-ci lui permet de diriger une réorientation de la NSF vers un programme agressif visant à étudier les moyens d’atténuer le changement climatique à moyen et à court terme. Frank est sans abri pendant sa deuxième année et finit par vivre dans une cabane dans le parc tout en commençant une relation avec Caroline, une fille mystérieuse avec laquelle il était coincé dans un ascenseur. Elle finit par révéler qu’elle est un agent du gouvernement, mariée à un sinistre agent, qui a été chargé de suivre Frank qui, par le biais de diverses activités, notamment sa relation avec un chercheur Yann qui travaillait à la fois pour la NSF et pour une entreprise de biotechnologie dans laquelle il était impliqué et qui étudie l’utilisation d’algorithmes mathématiques dont Frank réalise qu’ils pourraient être utilisés pour aider le génie génétique).

Dans les deux livres, le climat de la Terre change radicalement en raison d’un hyper El Nino qui entraîne l’inondation de Washington et la fermeture du Gulf Stream , l’Europe et les États-Unis étant frappés par un hiver rigoureux, suivi de l’effondrement de grandes parties de la calotte glaciaire de l’Antarctique. L’intervention de la NSF en politique et l’intervention de Caroline pour donner à Frank un programme de truquage des élections qu’un de ses anciens collègues du renseignement, Eduardo, parvient à inverser, conduisent à l’élection de Phil Chase à la présidence. Les premiers actes de terraformation sont un déversement massif de sel organisé par la NSF (et financé par la réassurance !) pour relancer le Gulf Stream et un effort de l’URSS pour s’appuyer sur les travaux de Yann et de l’ex-Marta de Frank, pour concevoir des arbres capables d’absorber le CO2 supplémentaire, suivi d’un effort de pompage de l’eau de mer (causé par la NSF) dans des bassins naturels dans les zones sèches du monde (toujours avec un financement de la réassurance) et de retour sur les parties les plus stables de la calotte glaciaire de l’Antarctique.

D’autres thèmes du livre (qui au début détournent l’attention, puis dominent et deviennent ensuite l’histoire) sont :

  • Frank souligne que l’homme est à la base un primate de la savane et que l’histoire de la civilisation est trop courte pour avoir changé nos instincts évolutifs – il observe et analyse souvent le comportement sous cet angle, mais voit aussi son style de vie comme un retour à ses racines originelles – et joue au frisbee sur un terrain de golf avec un groupe de free-gans (qui ne mangent que la nourriture qu’ils peuvent récupérer) ainsi que le pistage des animaux libérés du zoo pendant l’inondation.
  • L’importance de l’exercice physique et du plein air – les personnages passent de longues périodes de la narration à faire de la randonnée, du kayak et de l’escalade, souvent sans autre développement narratif.
  • Les capacités mentales et le fonctionnement du cerveau – à la lumière des dommages apparents causés au jugement et à la capacité de décision de Frank après une attaque et un coup au nez.
  • Le bouddhisme et sa relation avec la science et la connaissance – en particulier les exilés tibétains qui viennent à Washington pour faire pression en faveur de l’île-nation Khembalung, menacée par le niveau de la mer (qui est alors inondée lorsqu’un morceau de glace se brise en Antarctique)
  • La surveillance gouvernementale – y compris l’utilisation de marchés à terme virtuels avec des acteurs automatisés utilisés pour évaluer les risques potentiels de sécurité ainsi que des séries d’agences concurrentes et ultra-secrètes.
  • Les défaillances du capitalisme de marché, notamment à la lumière des coûts qu’il externalise, comme le changement climatique. Le livre le dépeint comme un système féodal où les travailleurs ne bénéficient pas de la production de leur propre capital et où le système de la Banque mondiale et du marché libre a effectivement conduit à l’élimination et à l’impossibilité apparente d’autres systèmes libres, plus moraux et coopératifs

Note : 9/10

Éditeur : Pocket (9 juin 2011) Langue : Français Poche : 704 pages ISBN-10 : 2266210807 ISBN-13 : 978-2266210805

50° au-dessous de zéro de Kim Stanley Robinson

Des pluies diluviennes ont submergé Washington. Peu à peu, les eaux se retirent, mais les inondations ont eu des conséquences effroyables. Les sans-abri sont légion et les catastrophes s’enchaînent : la montée des océans raye de la carte les nations insulaires.

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Chronique : Il est clair maintenant que Frank Vanderwal est le personnage principal de ces livres. C’est un scientifique chargé de l’examen et du financement des subventions à la NSF dans un avenir très nouveau où le climat mondial subira un changement soudain. Le réchauffement climatique a bloqué le Gulf Stream, ce qui conduit ironiquement à un gel de la côte est des États-Unis. Frank n’a pas d’endroit où vivre dans la région de Washington DC récemment inondée, alors il construit une cabane dans les arbres à Rock Creek Park, d’où il se rend à son travail quotidien. La description de son mode de vie et de ses relations avec les différents animaux sauvages et les humains qui vivent maintenant dans le parc est liée au mode de vie sauvage que Robinson a décrit dans Blue Mars, mais elle est explorée à travers les yeux d’un anthropologue introspectif. Frank est également ami avec la famille nucléaire Quibler qui est un canal entre la NSF et la campagne présidentielle du sénateur Phil Chase. Il développe également sa vie spirituelle grâce à son amitié avec les réfugiés bouddhistes de Khembalan, et est impliqué avec une femme insaisissable dans le monde du renseignement, qu’il a rencontré un jour dans un ascenseur bloqué.

Le style d’écriture est familier, avec des concepts détaillés et scientifiquement plausibles, des personnages bien développés, et cela est nouveau – à un point très politique. Les républicains ne vont pas aimer ce livre. Je n’étais pas sûr après Quarante signes de pluie, mais ce roman me paraît maintenant comme un ouvrage majeur au même niveau que la trilogie de Robinson sur Mars.

Note : 9/10

Éditeur : Pocket (9 juin 2011) Langue : Français Poche : 768 pages ISBN-10 : 2266210793 ISBN-13 : 978-2266210799

La chose de John W. Campbell, parfois la taille ça compte

Une chronique assez courte aujourd’hui pour un ouvrage assez court, 119 pages d’un récit acéré mais pas complètement convaincant. Il s’agit de ma première incursion dans la collection une heure lumière des éditions le Bélial’. Une collection qui met en avant des nouvelles ou des novellas signées par les plus grands auteurs de la science-fiction. Ici il s’agit du célèbre récit ayant été adapté par John Carpenter en 1982.

Les images de ce chef-d’œuvre du fantastique restent imprégnées en tête et représentent une première difficulté lors de la lecture. Difficile de séparer l’adaptation du récit original. Les scènes du film ne cessaient de parasiter ma lecture et m’empêchaient de me plonger sereinement dans la lecture.

La seconde difficulté tient au format du récit en lui-même, à peine plus de 100 pages pour raconter la lutte d’un groupe de chercheurs, piégés dans le grand désert de glace, contre une créature redoutable venue d’ailleurs c’est un peu court. Les personnages sont à peine esquissés et la tension n’a pas le temps de s’installer que déjà le récit s’emballe. La narration s’en retrouve hachée, avec parfois des ellipses brutales et des réactions abruptes des personnages. Je sais qu’il faut remettre l’œuvre dans son contexte, que les conditions de publications n’étaient pas les mêmes et que l’auteur a maintes fois remanié son texte qui était plus long à l’origine mais il n’en reste pas moins qu’il m’ait apparu difficile d’apprécier le récit en l’état.

J’ai quand même trouvé des éléments plaisants, toutes les explications et théories scientifiques pour tenter de saisir la nature de la chose et sa biologie infernale sont particulièrement délicieuses à suivre et le combat final dans le repaire du monstre est une leçon de maîtrise sur quelques pages à peine. Quelques pages qui donnent à voir le récit auquel on aurait pu avoir accès si l’auteur n’en avait pas décidé autrement.

Un chef-d’œuvre de la science-fiction et du fantastique, un récit qui marquera peut-être plus ceux qui n’ont pas vu la brillante adaptation de Carpenter, leur imagination vierge de toute image de la terreur arctique se laissera peut-être plus facilement emporter par cette nouvelle pas assez consistante à mon goût.

Résumé: En Antarctique, quelque part. Enfoui sous la glace, aux abords d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain. Résolument autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations, une horreur proprement cosmique ? Récit haletant paru en 1938, proposé ici dans une nouvelle traduction, La Chose est un immense classique de la science-fiction mondiale. Porté à l’écran à trois reprises, ce court roman pose les bases du récit de SF horrifique.

  • Éditeur : BELIAL (5 novembre 2020)
  • Langue : Français
  • Broché : 130 pages
  • ISBN-10 : 2843449707
  • ISBN-13 : 978-2843449703
  • Poids de l’article : 130 g
  • Dimensions : 12.1 x 1 x 17.7 cm

Sang chaud de Kim Un-su, conte du banditisme ordinaire

Des histoires de mafieux qui rêvent d’un ciel plus bleu où ils seraient les seuls maîtres du jeu, baignants dans l’argent facile et la luxure, on en a eu un sacré paquet ces dernières années. Au cinéma évidemment avec le légendaire Scarface avec Al Pacino, mais chaque médium a su raconter ses histoires de luttes de pouvoir sanguinaires qui nous fascinent d’autant plus que c’est un monde qui nous est étranger. Aujourd’hui c’est au tour de la Corée du Sud de nous faire partager le parcours d’un voyou de jours meilleurs.

Un voyou, nommé Huisu, qui n’est pas la vitrine de vente idéale pour cette vie de mafieu particulière. Jugez plutôt, à l’aube de la quarantaine son seul logement est une chambre d’hôtel meublé de manière spartiate, il n’a pas de compagne, pas d’enfants, avale des litres d’alcool et accumule les dettes de jeux comme s’il cherchait le meilleur moyen de finir en nourriture pour les oiseaux de l’île de la châtaigne, l’endroit où son clan se débarrasse des gêneurs. Les premières chapitres du roman nous plongent dans la psyché d’un homme sombre et dépressif mais qui se révèle attachant de par son cynisme, sa lucidité sur le milieu dans lequel il évolue et son romantisme désespéré.

Et encore heureux me direz-vous car Huisu est de toutes les pages, de tous les chapitres. Il nous accompagne durant toute cette découverte de la mafia sud-coréenne. Son histoire d’amour maudite avec l’ancienne prostituée Insuk est touchante. Un mélange de fierté et d’amour-propre les empêchent tous deux de profiter de leurs sentiments réciproque. La description tout en pudeur de leur relation est une grande force de l’ouvrage.

Tel un guide touristique quelque peu désabusé, Huisu nous fait découvrir un milieu criminel où règne une apparence de sérénité, où les caïds sont de vénérables vieillards qui avalent leur bouillon de poule quotidien et pratiquent le golf mais ne vous y tromper pas derrière le paravent d’honorabilités derrière lequel il se cache, les luttes de pouvoir s’intensifient et la tempête gronde. L’auteur a réussi son portrait de cette mafia ronrronante, qui préfère la contrebande de piments aux trafics de drogue. Les cent premières pages permettent de faire connaissance avec un milieu exotique, les règles ne changent pas tellement et toute la question est d’engranger le maximum de wons, la monnaie locale, mais l’auteur enrobe cela dans une ambiance côtonneuse dans laquelle survient parfois quelques passages plus glauques afin de nous rappeler dans quel genre d’histoire on se situe.

Cette première partie qui nous plante plutôt bien le décor de manière certes langoureuse mais charmante est suivi par une deuxième partie que j’ai trouvée moins convaincante. L’auteur a du mal à amener les enjeux de son intrigue ce qui fait que cette lutte de pouvoir pour le quartier de Guam paraît brouillonne, la profusion d’intrigants qui souhaitent leur part du gâteau entraîne une certaine confusion, on n’a parfois du mal à savoir qui fait quoi, qui trahit qui. Une chose de certaine finis la fausse camaraderie et l’ambiance cordiale de la première partie, place aux règlements de comptes, aux exécutions à la machette et aux festins sanglants. Cette seconde partie, au rythme plus soutenu, souffre de la comparaison avec une première partie, plus calme, mais qui parvenait à introduire ses protagonistes de manière plus solide. On peut dire que j’ai préféré l’annonce de l’ouragan à l’ouragan lui-même.

Sang chaud a le défaut de ces qualités. Il offre une plongée délicieuse dans la mafia sud-coréenne doublé d’un portrait convaincant d’un mafieux en mal de reconnaissance mais il ne parvient pas à transformer son récit du banditisme ordinaire en chroniques guerrières et sanglantes convaincantes. La faute sans doute à un rythme bancal, trop étiré dans sa première partie et trop resserré dans la seconde. Un ouvrage tout de même plaisant à lire et qui a le mérite de vous faire voyager dans un pays lointain.

Résumé: Huisu, homme de main pour la mafia de Busan, atteint la quarantaine avec pas mal de questions. Jusque-là, il n’a vécu que pour les coups tordus, la prison, les exécutions, tout ça pour se retrouver dans une chambre minable, seul, avec pour horizon des nuits passées à dilapider son argent au casino. Il est temps de premdre certaines résolutions.

Avec un solide couteau de cuisine dans son poing serré.

  • Éditeur : Matin calme (9 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • Broché : 469 pages
  • ISBN-10 : 2491290006
  • ISBN-13 : 978-2491290009
  • Poids de l’article : 580 g
  • Dimensions : 15.7 x 3.4 x 22.6 cm

Piqûres de rappel – 13 janvier 2021 de Agathe Portail

Le major de gendarmerie Dambérailh a été missionné pour remplacer temporairement le chef de la brigade de Montraguil, petite bourgade paisible de Dordogne. Enfin, paisible… On note quelque agitation autour d’une châtaigneraie mise en vente par un monastère voisin et que se disputent un apiculteur et un propriétaire cherchant à étendre un parc photovoltaïque.

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Chronique : Avec ce nouveau livre qui n’est autre que la suite du superbe « L’année du gel » gagne en profondeur et en force dans ce récit qui est déjà un gros coup de cœur de cette année dans le genre du thriller. Si vous n’avez pas lu le tome 1 ce n’est vraiment pas grave c’est également une bonne entrée dans le style de l’auteur.   Agathe Portail immerge son récit dans une histoire à la où elle repart dans les terroirs et ici les apiculteurs qui frôle la démesure. Les idées qu’elle emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu’elle nous décrit car ce livre enchaîne les lieux comme  des plus étranges et des décors qui sont de plus en plus étranges.. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l’auteur dans cet univers où l’absurde qu’il nous est dépeint : mais c’est aussi au lecteur de rester terre à terre et de ne pas croire chacune des théories de ses personnages . À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu’on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens historiquement ou non. L’auteur joue avec les superstitions et le Major Dambérailh côtoie ce monde où les cultures ce croise . Agathe Portail à également de l’humour avec Caragule & Crochat et leur trafic de dent, totalement hilarants !Tantôt incertain, tantôt sûr de son Major on se demande s’il est vraiment le personnage central de l’histoire ou s’il suit simplement le mouvement. Ce roman est agréable et la lecture et dés la dernière page refermer on veux continuer l’aventure.

Note : 9,5/10

Éditeur : Calmann-Lévy (13 janvier 2021) Langue : Français Broché : 384 pages ISBN-10 : 2702180302 ISBN-13 : 978-2702180303

Si ça saigne – 10 février 2021 de Stephen King

Les journalistes le savent : si ça saigne, l’info se vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde des news en continu.

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Chronique : Stephen King l’a fait à nouveau et a imaginé une brillante série de quatre histoires ! Dans « Mr Harrigan’s Phone », vous apprendrez à ne jamais enterrer un téléphone portable avec un mort. Pourquoi ? Parfois, la communication peut dépasser le domaine de la mort. « La vie de Chuck » a commencé de façon un peu étrange, avec l’acte III pour être précis. Au début, j’ai pensé qu’il pourrait s’agir de quelque chose de futuriste. Mais ensuite, vous apprendrez qui était vraiment Chuck Krantz. Toute l’histoire est une sorte de chronologie de la mort annoncée. Puis nous arrivons à la plus longue histoire ici, « Si ça saigne ». Holly Gibney (que nous connaissons grâce à la trilogie Bill Hodges et The Outsider) se lance dans une nouvelle aventure. Un faux facteur livre un colis à une école. C’est explosif, beaucoup meurent. Mais qui est le mystérieux poseur de bombe et pourquoi Holly suit-elle un sinistre journaliste du nom de Chet Ondowsky ? Quel est le rôle de Dan Bell ? Si vous avez aimé The Outsider, vous allez adorer cette nouvelle. Veuillez lire The Outsider en premier pour en avoir l’aperçu complet. Suivi phénoménal de The Outsider. J’espère que ce n’est pas la dernière fois que nous avons des nouvelles de Holly et de ses amis. Nous en arrivons maintenant à la dernière histoire, « Rats ». Un professeur prend un congé sabbatique pour écrire son premier roman. Il se rend dans une cabane isolée dans les bois. Sera-t-il capable de finir son livre et qu’en est-il du rat ? Une grande histoire à la fin. De bons conseils sur la façon de s’occuper des rats. Maintenant, à la fin de ma critique, je peux absolument recommander cette série d’histoires ! Elles sont magiques et vous font réclamer plus de Stephen King.

Note : 9/10

Éditeur : Albin Michel (10 février 2021) Langue : Français Broché : 464 pages ISBN-10 : 2226451056