Les Chats sont éternels – 29 janvier 2021 de Fritz Leiber

Des chats familiers ou étranges, inquiétants ou sympathiques, des chats d’ici et des chats d’ailleurs : toutes les nuances de la psychologie féline observées avec une acuité exceptionnelle par une fine plume des genres de l’imaginaire.

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Chronique : Pour la première fois, cet omnibus réunit l’ensemble des textes de SF de l’auteur qu’il consacra aux félins. Toutes les traductions ont été revues en profondeur par l’écrivain Timothée Rey, grand admirateur de l’auteur. Avec une introduction et un appareil cri­tique conséquents, il nous éclaire aussi sur l’importance des chats dans l’oeuvre de Fritz Leiber comme dans la SF.

  • Le roman « Le Millénaire vert » : C’est un livre amusant et excentrique qui se déroule dans un avenir dystopique du point de vue de l’ère McCarthy des années 1950. Il y a beaucoup de problèmes dans le monde avec un conflit entre les États-Unis libéraux débauchés et un fort courant politique en faveur de valeurs plus puritaines, toujours face aux Soviétiques. En même temps, le commun des mortels a un travail qui écrase les esprits, et recourt à toutes sortes d’évasions, de la RV, des spectacles exotiques (comme le catch homme-femme !!!) et toutes sortes de pornographie, tout en espérant que son travail ne soit pas rendu obsolète par un nouveau type de robot. Phil Gish est l’un de ces pauvres , mais son monde est transformé lorsqu’il est au chômage (à cause des robots mentionnés précédemment), et un étrange chat vert se promène dans son appartement. Sa vision du monde change soudainement et de façon spectaculaire, et il surnomme le chat « Lucky ». Avec sa confiance retrouvée, il se promène du côté sauvage, et même lorsque celui-ci perd son nouveau chat, la confiance qui s’est éveillée en lui demeure, et il commence une quête épique pour trouver l’étrange chat vert (qui aime la confiture de framboise). En cours de route, il rencontre le côté le plus sordide de la vie, ayant affaire à des voyous, des mafieux, des hommes d’affaires (parfois difficiles à distinguer des mafieux), une lutteuse, des agents fédéraux et des scientifiques. Il commence également à se demander s’il est sain d’esprit et s’il imagine tout, puisque personne d’autre qu’il rencontre ne voit le chat…., mais il se peut qu’ils l’aient manqué de peu. L’ajout d’un psychothérapeute ne fait que compliquer encore les choses, surtout lorsqu’il rencontre la fille du cambrioleur de chats, à la fois douce et violente.
  • La novella « Le Navire des ombres » Cette nouvelle de science-fiction se déroulant sur un vaisseau spatial où nous suivons notre protagoniste, Spar, un barman faisant partie de l’étrange société qui a évolué. Sans trop en dévoiler, c’est une histoire qui laisse beaucoup de place à la réflexion sur ce qui se passe à l’intérieur du vaisseau et sur la façon dont les gens sont contrôlés, ainsi que sur ce qui se passe à l’extérieur, dans la galaxie en général.

Une superbe livre à lire et qui regroupe des merveilles. Les Éditions Mnemos font fort encore une fois et nous régalent de récits juste parfait.

Note : 10/10

Éditeur : MNEMOS (29 janvier 2021) Langue : Français Relié : 560 pages ISBN-10 : 2354088345 ISBN-13 : 978-2354088347

Mes chats – 4 Février 2021 de Evelyne Dress

Le meilleur ami du chat, c’est l’écrivain, on le sait. Evelyne Dress n’échappe pas à la tradition et nous dévoile quelques anecdotes savoureuses sur ses rencontres félines. « Ces êtres silencieux, tantôt émouvants et sages, tantôt profonds et rebelles, m’ont aidée à panser mes blessures secrètes. Ils méritaient bien que je leur consacre quelques lignes. »

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Chronique : Evelyne Dress nous apprend avec humour les idées de nos chats , ce livre très complet nous dressant un portrait psychologique et hilarant du chat, ses aptitudes à s’adapter à l’humain, ses réactions de défense ou d’harmonisation face à sa vie de cohabitation avec son maître. Livre captivant qui nous apprend grâce à l’humour l’univers de nos animaux. Ce sont de simples histoires qui nous happe et nous recrache en petit morceaux une fois que on fini le livre. Ce n’est pas le récit la plus original mais c’est si bien raconté que ça en est secondaire. Le texte fourmille d’informations et de petits clins d’œil qui en disent long sur Evelyne Dress . Un moment de douceur, d’émotion.Que vous soyez passionné(e) ou simplement intéressé et passer un superbe moment sur les chats qui partage votre quotidien, faites l’acquisition de cet ouvrage vous ne le regretterez pas.

Note : 9,5/10

Éditeur : Editions Glyphe (15 janvier 2021) Langue : Français Broché : 100 pages ISBN-10 : 2352851246

L’Homme-chevreuil – Sept ans de vie sauvage – 11 février 2021 de Geoffroy Delorme

Amoureux de la nature, Geoffroy Delorme n’a pas vingt ans quand il aperçoit, dans la forêt de Louviers en Normandie, un chevreuil curieux et joueur.

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Chronique : Ce livre est un vrai coup de cœur visuel. Juste pour les photos, elle mérite son achat pour soi où a offrir , le texte qui l’accompagne est également de haute volée et nous raconte des questions sur ce que ressentent l’homme face à un animal, ici le chevreuil. L’ animal peuvent-il penser comme les humains ? La plupart des êtres animal où humain sont avant tout une chose : des bébés innocents et doux.  Mais même le lecteur neutre devra admettre que les exemples – tirés de la science et de l’expérience de l’auteur – sont concluants et indiquent que nous ne faisons pas assez confiance aux animaux et Geoffroy Delorme l’a vecu avec une chevreuil. C’est une réalisation d’amoreux de la nature, surtout lorsqu’un animal est aussi intelligent et sensible. Le livre offre les nombreuses histoires étonnantes et divertissantes sur les capacités de l’auteur à vivre aux contact des chevreuils. Cependant, le livre n’est pas un sermon moral, mais il fournit des éléments de réflexion et un appel au respect de la vie en particulier. Basé sur un une experiance et les observations de l’auteur, ce livre offre de nombreuses perspectives intéressantes sur la vie. Dans ce livre une affirmation  fait qu’il y a des gens qui aiment et respectent les animaux, qui essaient de les comprendre comme des êtres vivants qui traversent le même ensemble d’émotions et de luttes, au lieu de les prendre pour acquis.

Note : 10/10

ASIN : B08PJPQKPF Éditeur : Les Arènes (11 février 2021) Langue : Français Broché : 251 pages ISBN-13 : 979-1037502810

Loup y es-tu ? – 11 février 2021 de M. J. ARLIDGE

Quelque chose de mauvais hante les sentiers de New Forest. D’abord, ce sont des cadavres chevaux sauvages retrouvés en morceaux. Puis ce sont des hommes et des femmes innocents dont les cris de désespoir résonnent encore. Mais personne ne les entend…

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Chronique : Loup y es-tu ? devrait être accompagné d’un avertissement – « hautement addictif ». Je n’ai pas pu m’empêcher de le lire et cela m’a obligé à passer plusieurs nuits très tardives et à presque dormir le lendemain matin.

La série DI Helen Grace, peut être lus dans le désordre car ils fonctionnent définitivement comme des romans indépendants, mais comme pour toute série, il est généralement payant de les lire en séquence pour grandir et connaître l’histoire des personnages.

Je savais que je devais lire ce livre parce qu’il est si proche de la période d’Halloween – le synopsis semble assez effrayant avec l’action centrée dans les bois, ce qui en fait un excellent livre de thriller/police de procédure/crime à lire (particulièrement) en Janvier/février !

Un rapide aperçu de l’intrigue ; il y a quelque chose de maléfique, de cruel et de sinistre qui traque et chasse délibérément les gens et les animaux dans la New Forest. Immédiatement après la découverte de la première victime, la DI Helen Grace et son équipe sont dépêchées sur place pour tenter de déterminer qui pourrait faire quelque chose d’aussi méprisable. Peu de temps après, un autre corps est trouvé, tué exactement de la même manière. L’équipe se rend vite compte qu’elle a un tueur en liberté et qu’elle doit déterminer qui c’est avant de frapper à nouveau…

Si ce livre était un film, j’aurais eu une pile de coussins pour me cacher dans les moments les plus tendus. Comme il est mes ongles ont pris un coup de mâchoire. Loup y es-tu ? est un livre très excitant, sombre, au bord du gouffre, au rythme effréné, avec des personnages merveilleux et des tas de rebondissements. Une autre lecture hautement recommandée dans l’excellente série DI Helen Grace.

Dès la première page, vous êtes entraîné dans un livre au rythme effréné qui vous fera tourner les pages sans que vous ne vous en rendiez compte !

Note : 9,5/10

Éditeur : Les escales éditions (11 février 2021) Langue : Français Broché : 512 pages ISBN-10 : 2365695515

En attendant le jour de Michael Connelly, profitez d’une dernière séance avec Renée Ballard

California nightmare

S’il y a bien un auteur ponctuel dans l’industrie de l’édition c’est bien Michael Connelly, cela fait maintenant plus de vingt ans qu’il livre tous les ans une enquête policière toujours dans les rues glauques de Los Angeles ou sa proche banlieue. Bien évidemment, avec un rythme aussi soutenu, difficile de ne produire que de bon polars captivants. Les derniers Connelly avaient tendance à sombrer dans une logorrhée procédural pas toujours pertinente et entretenaient une ambiance un peu lisse, loin de l’ambiance un peu crasseuse des premiers volumes.

La création d’un nouveau personnage était donc le coup de fouet nécessaire pour relancer la machine. J’avoue avoir eu un peu peur au début que l’auteur ne parvienne pas à rendre ce personnage d’inspectrice nocturne aussi charismatique que son fameux Harry Bosch mais mes craintes ont rapidement étaient balayées. Renée Ballard est un personnage solide, et ce malgré son patronyme un peu lourdaud pour nos oreilles françaises. Connelly fait d’elle un pendant féminin de Bosch, tout comme lui elle considère son métier de flic comme un sacerdoce qu’il faut effectuer h24, tout comme son illustré prédécesseur elle est en butte avec sa hiérarchie, mais là où Bosch refusait les compromis et exprimé son aversion pour la bureaucratie, Ballard, elle, est victime d’une injustice qui la met au ban de son unité alors même qu’elle a fait du respect des procédures sa devise. Malgré l’injustice criante dont elle est victime, Ballard serre les poings et garde la tête haute, elle trouve une évasion dans le surf, ce qui permet à Connelly de dépeindre une Los Angeles que l’on a peu vue dans ses précédents ouvrages, en somme une héroïne moderne, attachante et dotée d’une force de caractère classique mais qui fait toujours autant du bien à lire. Si je veux chipoter un peu je dirais que je trouve sa motivation première pour s’enrôler dans la police un peu légère mais rien de grave.

Au niveau de l’intrigue Connelly nous offre un bon cru. L’intrigue est rapidement captivante et nous replonge dans les rues d’une ville toujours aussi meurtrière. Les décors sont légèrement plus glauques que les derniers dans lesquels enquêtait Bosch. Un hôtel miteux, des entrepôts abritant des tournages de films pornographiques à tendance sado-masochiste et surtout la fameuse maison à l’envers qui offre un moment de bravoure haletant à notre héroïne. Cette virée nocturne avec l’inspectrice Ballard se fait quasiment en apnée. Évidemment avec des événements qui s’enchaînent aussi vite certains détails passent à la trappe ou paraissent un peu invraisemblables. Certaines intrigues secondaires se concluent de manière abrupte et il manque un paragraphe ou deux pour étoffer l’antagoniste principal et expliquer comment il en est arrivé là mais cela fait trop longtemps que je n’ai lu un Connelly aussi nerveux pour bouder mon plaisir. J’en parviens même à lui pardonner le fait qu’il use encore une fois de son vieux gimmick scénaristique que tous ses lecteurs connaissent par cœur et qui ne surprend plus personne hormis les nouveaux venus.

En attendant le jour est un excellent cru de Michael Connelly. Un point d’entrée idéal pour tous ceux qui voudrait faire connaissance avec sa vision de Los Angeles et des forces de l’ordre. Une héroïne qui fait honneur à ses aînés tout en étant un personnage à part entière. Inutile de vous dire que le prochain volume de ses aventures, qui va la faire rencontrer un certain enquêteur à la retraite, ne va pas tarder à tomber entre mes mains.

Résumé: Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

  • Éditeur : Calmann-Lévy (13 mars 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 432 pages
  • ISBN-10 : 2702156932
  • ISBN-13 : 978-2702156933
  • Poids de l’article : 422 g
  • Dimensions : 13.5 x 3 x 21.5 cm

Hellraiser – 3 février 2021 de Clive Barker

Il se tenait sur le seuil d’un nouveau monde de sensations exacerbées. D’ici quelques instants, les Cénobites – qui ont passé l’éternité à la recherche de la sensualité ultime – seraient là. Ils allaient pouvoir lui révéler les secrets les plus sombres qui le transformeraient pour toujours.

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Chronique : Dans une quête pour satisfaire ses plaisirs les plus sombres, Frank Cotton obtient et ouvre la boîte de Lemarchand, convoquant les cénobites qui, au lieu de lui accorder du plaisir et l’entrée dans ce nouveau monde promis, le torturent et le piègent dans la boîte. Cependant, la femme de son frère, Julia, qui avait déjà flirté avec Frank, a trouvé un moyen de le ramener – et cela implique du sang.

Il fallait que j’utilise cette citation, n’est-ce pas ? ! Même s’il y avait littéralement une pléthore de citations étonnantes que j’aurais pu utiliser. Ayant vu Hellraiser avant d’avoir lu ce livre, je n’aurais pas prédit que Clive Barker était un bel écrivain. Quand on voit toutes les tripes, le gore, les images dégoûtantes et les idées merdiques de Hellraiser, on ne s’attend pas à ce que le créateur ait une si grande maîtrise des mots – même si je suppose qu’on peut dire la même chose de Stephen King.

J’ai tout de suite ADORÉ ce livre. C’est un livre relativement petit, une novella en fait, mais il a un PUNCH. Il y a de légères différences avec le film, bien sûr, mais rien de trop radical. Dans le film, les cénobites sont mieux développés et ont plus de dialogues, mais je pense toujours que leur présence dans la novella est efficace. Ces êtres sadomasochistes ne font pas la différence entre le plaisir et la douleur – ce que Frank apprend assez vite. La façon dont Barker dépeint les cénobites est terrifiante et ma seule plainte réelle concernant cette histoire est que je n’en veux plus. Je meurs littéralement d’envie d’en savoir plus sur les cénobites et sur ce qui se passe dans leur royaume, plus précisément sur les horribles tortures infligées aux autres. Que puis-je dire, je suis un malade ! Il y a une quantité substantielle de violence et de sexe, reflétant la fine limite entre le plaisir et la douleur. Frank et Julia semblent se convenir dans la mesure où ils sont tous les deux des individus assez inimitables et égoïstes, Julia étant prête à faire des efforts extrêmes pour récupérer Frank.

Je peux déjà dire que Clive Barker est un maître conteur. Il m’a laissé un sentiment d’insécurité, d’intrigue et surtout… de désir de PLUS. J’ai trouvé cette lecture addictive et je n’ai pas pu l’oublier, même si je connaissais déjà l’histoire générale. C’est une excellente introduction à l’oeuvre de Barker. Donc, si vous êtes un fan d’horreur endurci et que vous aimez tout ce qui est gore et dérangeant, ce serait un point de départ pour entrer dans l’univers de Barker

Note : 9,5/10

ASIN : B08KHGDSZL Éditeur : Bragelonne (3 février 2021) Langue : Français Poche : 216 pages ISBN-13 : 979-1028116217

Aucune terre n’est promise de Lavie Tidhar, Errance maligne et quête de sens

Et au milieu pousse un désert

Tout est question d’équilibre. Cela pourrait être la devise de cet ouvrage qui allie un aspect hermétique mais cependant accessible grâce à une intrigue captivante, une narration atypique, une plume onirique et un tableau saisissant et actuel de notre monde.

L’ouvrage exige de la part du lecteur de se laisser embarquer dans un univers qui ne livrera pas tous ses secrets. Une volonté de la part de l’auteur de ne pas s’appesantir sur des explications pseudo-scientifiques qui pourraient se révéler fastidieuse et de rester focaliser sur sa narration. Une narration polyphonique, où les trois narrateurs principaux se croisent et s’interpellent, se tutoie sans que l’on sache s’ils s’adressent à eux-mêmes ou au lecteur. Deux choix de narration audacieux mais que l’auteur a su contrebalancer en se concentrant sur l’intrigue, qui se révèle trépidante, et le ressenti des personnages plutôt que sur les descriptions ou l’aspect scientifique de son univers.

Chercher à tout saisir de ce récit de science-fiction serait illusoire. Partez du principe que certaines choses sont réalisables dans les pages de ce livre, l’auteur nous entraîne dans un monde où tout est différent mais où, malheureusement, tout est pareil. Une fois ce postulat acquit la lecture en sera plus aisé. Cet hermétisme aurait pu, aurait dû, me rebuter, habitué que je suis à ce qu’un auteur me délivre les clefs de son univers dès les premières pages. Pourtant la plume de l’auteur a su me cueillir. Une plume légère, onirique, teinté d’un spleen irrémédiable sur la nature humaine. Une plume maligne qui parvient à maintenir l’intérêt pour la quête du personnage principal tout en imprégnant le récit d’une revendication humaniste toujours aussi nécessaire. Une plume qui ne décrit que très peu, mais fait ressentir les alternoiments des personnages. De courts paragraphes mettent l’accent sur les aberrations auxquels se confrontent les personnages, tandis que d’autres, plus introspectif, font entendre le hurlement intérieur de personnages en errance constante.

La narration resserrée et le fait que l’auteur pose rapidement les enjeux de son récit atténue cette sensation d’être baladé de monde en monde, de narrateurs en narrateurs. L’atmosphère sociale délétère et l’humanisme désespéré qui transpirent des pages de l’ouvrage ancrent le récit dans une réalité qui évoquera à tous un sujet de société brûlant. Libre à chacun de faire son avis à la lecture, celui de l’auteur est limpide mais appelle au dialogue et le propos n’est pas manichéen. Mais c’est là le seul reproche que je pourrais faire à l’auteur. On referme le livre avec un sentiment d’inachevé, l’auteur ne va pas jusqu’au bout de son propos et il en résulte fatalement une impression d’inachevé. La fin manque d’audace et paraît un peu sage lorsqu’on la compare au pirouettes narratives au début de l’ouvrage.

Un récit de science-fiction qui a le mérite de mettre en avant une anecdote historique véridique en plus d’allier une intrigue prenante et une certaine exigence narrative. Il est juste regrettable que l’auteur n’ait pas étayé son propos un peu plus afin de consolider son ouvrage déjà solide.

”Vous, les humains, lâche-t-il, non sans affection. Vous inventez de si merveilleux mensonges, vous fabulez le monde, et chaque phrase que vous prononcez est un rêve. Vous tenez tellement à être le livre du monde, les mots qui racontent son histoire. Pourtant ,au plus profond de votre cœur, vous savez n’être qu’éphémères.” tirade du sphinx (oui il y a aussi un sphinx dans ce récit)

Résumé: Berlin. Lior Tirosh, écrivain de seconde zone, embarque pour la Palestina, fuyant une existence minée d’échecs. Il espère retrouver à Ararat City la chaleur du foyer, mais rien ne se passe comme prévu : la ville est ceinturée par un mur immense, et sa nièce, Déborah, a disparu dans les camps de réfugiés africains. Traqué, soupçonné de meurtre, offert en pâture à un promoteur véreux, Lior est entraîné malgré lui dans les dédales d’une histoire qu’il contribue pourtant à écrire. Lavie Tidhar questionne nos identités, et le prix qui leur est attaché. Aucune terre n’est promise est un roman d’une incroyable lucidité sur les enjeux d’Israël, microcosme du monde. Il n’en cède pourtant rien à la poésie, seule utopie capable encore d’incarner la paix.

L’Horreur de Kill Creek – 3 février 2021 de Thomas Scott

Oubliée dans la campagne du Kansas, à Kill Creek, une demeure ancienne se dresse au bout d’une sombre route de prairie. Elle est restée vide, abandonnée et en proie à la végétation pendant bien des années. Bientôt, sa porte se rouvrira pour la première fois depuis des décennies. Mais quelque chose attend, qui rôde dans les ténèbres, avide d’accueillir ses nouveaux visiteurs..

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Chronique : En bref, « L’Horreur de Kill Creek » était EXCELLENT ! J’ai longtemps soupçonné qu’un très bon livre sur les maisons hantées était une chose du passé. Je suis très heureux qu’on me prouve que c’est faux.

Au début, je ne vais pas mentir, le trope standard de quatre personnes passant la nuit dans cette maison si effrayante, ne m’a pas impressionné. Mais entre les personnages eux-mêmes, l’arrière-plan de la maison et la façon dont tout le monde se réunissait, lentement cette histoire a commencé à me gagner. Dans ce cas, nous avions en fait six personnes qui passaient la nuit dans la maison, à Halloween, pour commencer. Quatre auteurs d’horreur célèbres, Wainwright, l’homme qui a orchestré cette affaire, (étant le fondateur d’un site web dédié à toutes les choses de l’horreur), et sa petite amie Kate qui est là pour photographier tous les événements. Ensuite, il ne se passe pas grand chose et tout le monde rentre chez soi ! Alors, où sont les choses effrayantes ? Qu’est-ce qui se passe pour que tant de gens s’extasient devant ce livre ? Ne me regardez pas, je ne vais pas le gâcher. Vous devrez le lire vous-même.

Ces personnages se sont enfoncés profondément dans ma psyché, et j’ai eu l’impression de les connaître tous intimement. Chacun d’entre eux a changé tout au long, et qu’ils soient bons ou mauvais, ils étaient tous des personnes différentes par le dénouement. J’adore ça. J’aime l’imprévisibilité, tant dans mes livres que dans mes personnages – qui veut lire sur l’ennuyeux appartement Stanley ?

J’ai adoré le concept, j’ai adoré l’exécution et le style d’écriture était parfait.. Ce livre est aussi amusant qu’il y paraît. J’ai été époustouflé par le plaisir que j’ai eu à le lire.

Note : 9,5/10

ASIN : B08KFWM6WB Éditeur : Bragelonne (3 février 2021) Langue : Français Broché : 480 pages ISBN-13 : 979-1028112363

Tous complices ! – 6 janvier 2021 de Benoit Marchisio

Abel trime sur son vélo. Coursier pour une plateforme de livraison de repas à domicile, il sillonne Paris. Lena répare les bécanes défoncées. Au bord du périphérique, elle retape les vélos des mineurs ou des sans-papiers qui livrent des repas. Igor défend ce nouveau prolétariat.

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Chronique : Voici un roman qui nous viens du cœur et très bien documenté et on le ressent surtout dans la façon dont s’organisent le système des livraison à domicile, bien différent de ce dont on a l’habitude.
Le principe est simple : un jeune avocat ambitieux voit dans ce combat une occasion unique de réaliser son idéal et de se faire un nom. La dégradation des conditions de travail, la frustration des coursiers conscients du jeu de dupes proposé par l’application… Voilà le décor.
Abel, Lena et Igor se trouvent mêlés à un affrontement médiatique orchestré par un journaliste vedette sans scrupule.

Le lecteur comme le personnage principal se posent maintes questions, toutes les questions qui entretiennent le suspense, donnent de l’intérêt à l’énigme. De questions en inconnues, on attend de comprendre ce qu’il s’est passé.
C’est vraiment addictif, très bien écrit, prenant, avec beaucoup de références à l’art en général, la science, l’actualité…Nous emmenant dans un univers riche et complexe à souhait . Instruments de pouvoir dotées de conscience, capables de ressentir ? Benoit Marchisio nous offre un superbe livre qui ce lit d’une traite.

Note : 9/10

ASIN : B083WCJGNH Éditeur : Les Arènes (6 janvier 2021) Langue : Français Broché : 287 pages ISBN-13 : 979-1037501233

L’Amour, la Mort – 28 janvier 2021 de Dan SIMMONS

Entre vieilles légendes sioux, bas-fonds de Bangkok, futur dystopique et passé recomposé, Éros et Thanatos dansent ensemble pour mieux révéler les fêlures humaines.

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Chronique : Un recueil de cinq nouvelles, dont deux sont, à mon avis, brillantes et les autres sont bonnes mais pas aussi remarquables que « Coucher avec des femmes dentues » et « Le grand amant ». J’ai donc apprécié ce recueil, surtout maintenant que j’ai lu quelques livres de Dan Simmons et que je commence à voir que ses obsessions pour certains thèmes, comme la guerre, les Amérindiens et la passion spirituelle, sont tout simplement les plus visibles. Du point de vue des Lakotas, il s’agit d’une histoire de type « quête de vision » très semblable au ton du film Dreamkeepers de 2003. J’ai été assez impressionné par l’histoire, mais Dan Simmons a fait un travail tout aussi remarquable avec une histoire autochtone dans son livre Black Hills, ainsi qu’avec son traitement des tribus du nord du Canada. Je décrirais son approche comme une pomme inversée, (Apple) un terme utilisé de façon péjorative pour les indigènes qui sont plus blancs (à l’intérieur) que leur peau ne l’indique, eh bien Dan Simmons est le contraire de cela : c’est un Indien qui vit à l’intérieur d’un homme blanc. D’accord, c’était une comparaison boiteuse, mais c’est le mieux que je puisse faire, à moins que vous ne pensiez à quelque chose de blanc à l’extérieur mais de rouge à l’intérieur. Quoi qu’il en soit, passons à la dernière histoire « le grand amant », sur la Première Guerre mondiale et le poète anglais Edward Rooke et son expérience de la bataille de la Somme. J’ai lu un certain nombre de bons écrivains qui ont fait de merveilleuses histoires, certaines basées en partie sur leur expérience de la guerre. Norman Mailer ou Harry Harrison mais aussi Dan Simmons, un vétéran du Vietnam comme Harry Harrison, et il a écrit un récit descriptif puissant de la guerre des tranchées dans la nouvelle la meilleure chose que j’ai lue sur la grande guerre, comme il s’appelait, bien que je ne puisse pas dire que j’ai lu beaucoup de récits de cette guerre, c’était quand même une très bonne histoire dans l’ensemble ; quelques histoires agréables et intéressantes veulent également mentionner ici le futur proche ; l’histoire de science-fiction « Flashback » était plutôt plus précise dans la description de la réalité d’aujourd’hui en 2021 (rappelez-vous que cela a été publié en 1992) que beaucoup d’efforts plus connus comme le Nécromancien de William Gibson, de toute façon « Flashback » était un bon effort ; il décrit en quelque sorte l’ajout de téléphones portables écrit en retour avant que nous soyons dépendants de nos téléphones portables.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (28 janvier 2021) Langue : Français Poche : 512 pages ISBN-10 : 2266298062 ISBN-13 : 978-2266298063