» Un jour, l’homme blanc demandera à l’homme rouge de l’aider à se souvenir comment revivre en harmonie avec la nature. » Légende Navajo La vie moderne nous a éloignés de notre connexion originelle à la nature. Ses bienfaits sur notre santé physique et mentale sont pourtant scientifiquement prouvés : une balade en forêt réduit le stress, régule les émotions, renforce les défenses immunitaires.
Chronique : L’auteur est une journaliste qui a rencontré onze passeurs c’est-à-dire onze hommes et femmes qui ont chacun été en contact avec les peuples premiers (amérindiens, Amazonie, navajos..). Ils ont appris avec eux avec avoir un autre lien avec leur environnement, avec la nature. Un lien qui tient compte de la vie naturelle et qui inscrit l’homme dans l’harmonie d’un tout. La nature n’est plus vue comme systématiquement hostile ou comme un environnement à dompter ou à dominer mais comme une partie de la vie, de l’univers dans lequel l’homme a sa place s’il veut bien ouvrir son coeur et être à l’écoute.. Un ouvrage qui permet d’approcher la culture, la spiritualité et la façon d’être au monde de quelques-uns des peuples dits autochtones, premiers ou racines du moins ceux qui ont eu la chance ou la force de survivre à la violence, aux humiliations et aux spoliations. Les approches sont différentes les unes des autres et variées mais elles ont toutes en commun ce respect de la nature et de la vie. C’est un livre plein de sagesse et source de beaucoup d’enseignements réellement essentiels.
Note : 9,5/10
ASIN : B092P771QC Éditeur : Les Arènes (2 septembre 2021) Langue : Français Broché : 297 pages ISBN-13 : 979-1037504593
Un corps est retrouvé dans Hyde Park par la Metropolitan Police. La victime a gelé dans une position pour le moins inattendue : celle du Penseur de Rodin. Mais quelque chose cloche dans son regard : ce bleu intense, perçant…
Chronique Après avoir adoré la trilogie Ragdoll de Daniel Cole, j’attendais avec impatience son dernier ouvrage qui se déroule à Londres, et bien qu’il contienne les touches comiques caractéristiques de l’auteur avec des meurtres grotesques et effroyables, il n’a pas eu le même impact et a donné lieu à une lecture plus mitigée. Il y a des aspects qui fonctionnent vraiment bien, mais par moments l’humour m’a souvent laissé froid, et les personnages sont parfois trop maladroits, ridicules et non professionnels. Nous sommes en 1989 et un tueur en série sadique et obsédé par l’art, un démon à forme humaine, est en liberté et recrée des sculptures classiques avec ses victimes. La première, par une nuit glaciale, se déroule à Hyde Park, où un homme congelé est représenté sur un socle comme le Penseur de Rodin. La seconde est la reconstitution de la mère et du fils de la Pieta de Michel-Ange.
L’enquêteur, le DS Benjamin Chambers, est accablé par un patron inutile et vindicatif, le DCI Hamm, qui refuse d’accepter que les deux affaires soient liées. Chambers travaille avec le DC Adam Winter et leurs enquêtes aboutissent à 2 suspects probables. Cependant, tout part en vrille lors d’une tragédie et Chambers lui-même manque de mourir des mains du tueur. Sept ans plus tard, l’affaire est ressuscitée par Jordan Marshall, stagiaire aux stupéfiants, une femme qui a un intérêt personnel à découvrir la vérité. Elle est une gothique tatouée avec des traces d’héroïne sur le bras, et alors qu’elle recrute Chambers et Winters, qui ont été hantés et traumatisés par l’affaire originale, le tueur en série imitateur en sommeil revient avec une vengeance avec une jeune femme assassinée et affichée pour ressembler à la Vénus de Milo, et il est loin d’avoir fini.
Il n’y a aucun doute qu’il y a beaucoup de choses divertissantes, engageantes et sombres dans ce roman que j’ai apprécié, mais c’est peut-être un livre qui a souffert des excellents livres que je venais de lire et que j’ai vraiment aimés. Cependant, je pense que le mélange puissant de Cole, l’alchimie du roman policier noir et comique dans la trilogie Ragdoll, n’est pas aussi fort ici, et peut-être qu’il devrait penser à se développer davantage en tant qu’écrivain pour ajouter quelque chose de différent à sa future production, par rapport à ce qui a été jusqu’à présent une formule commercialement réussie.
Note : 9,5/10
Éditeur : Robert Laffont (1 juillet 2021) Langue : Français Broché : 400 pages ISBN-10 : 2221254376 ISBN-13 : 978-2221254370
Une pochette amusante à l’effigie des personnages Molang, Piu Piu et leurs ami·es ! À l’intérieur, tu trouveras 10 cartes à gratter et un bâtonnet pour réaliser de superbes tableaux de l’univers doux et kawaï de Molang !
Chronique : Avec cette collection de cartes à gratter les enfants vont pouvoir s’amuser de façon créative et ludique sur le thème de l’univers doux et kawaï de Molang et on se prend au jeu du grattage à créer des cartes afin d’en faire de superbes dessins ! Les enfants, et même les parents s’amuseront et voudront en faire des coloriages, participer avec leurs amis. C’est aussi une très bonne idée de cadeaux. l’autre point positif est que les feuilles sont de qualité et dès que le travail est fait on peut l’afficher et le montrer avec contentement.
Une vie bien remplie, le travail, les amis, le sport, et le tout qui défile à toute vitesse… Ça vous dit quelque chose ? C’était le quotidien de Camille qui, comme beaucoup, avait terriblement besoin d’appuyer sur « pause ». Plus facile à dire qu’à faire !
Chronique : Au cours de son livre Camille fait voyager le lecteur. Un voyage, certes, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle mais pas que. Loin de là, un voyage spirituel, une invitation à se retrouver soit même, à trouver son Km 0,000, à se poser les bonnes questions. C’est aussi une invitation à aimer la vie avec ses joies et ses moments plus difficiles qui nous rendent plus fort, qui nous font grandir. Le ton est léger, les descriptions des paysages font rêver et ne m’ont donné qu’une envie, prendre mes chaussures et mon sac à dos direction le Camino Primitivo. Durant toute la lecture, j’ai été extrêmement partagé entre l’envie de connaître la suite et donc de continuer la lecture mais en même temps de prendre mon temps, d’apprécier chaque instant, parce que la fin du chemin, et du livre, arrivent hélas bien vite. Les rencontres de Cam sont pleine d’humour, de simplicité et de fraternité, elles contribuent à nous faire voyager. Merci Camille d’avoir eu le courage d’écrire ce livre, il m’a fait voyager et réfléchir sur la vie à Paris qui n’est en réalité plus vraiment la mienne. Bref, je me suis énormément retrouvé dans ce livre et je ne peux que le recommander !
Après un an d’attente, covid oblige, le prochain James Bond, intitulé Mourir peut attendre (No Time To Die) sortira sur les écrans le 2 avril 2021. Pour accompagner cet événement – le 25e film de la série –, Guillaume Evin, le spécialiste de James Bond, propose de revisiter l’intégrale des productions cinématographiques mettant en scène l’espion le plus célèbre de sa Majesté. Une analyse complète et passionnante pour plonger au cœur d’une saga unique, riche d’une incroyable longévité et de palpitants rebondissements.
Chronique : Que vous soyez bondophile ou bondolâtre, que vous ne manquiez pas un film de peur de louper une bombe atomique ou une bombe anatomique, peu importe, tout les fans de la licence « James Bond » seront ravis par les secrets backstage, les chiffres étourdissant de l’un des phénomènes les plus durables du cinéma. Car malgré quelques ratés et dérapages parfois ridicules,James a su s’adapter aux changements géopolitiques et sociologiques des cinquante dernières années. Chaque interprète de l’espion inoxydable y ayant apporté son empreinte: du brutal et cynique Sean Connery, au sexy et torturé Daniel Craig en passant par le flegmatique et facétieux Roger Moore, le grave et revanchard Timothy Dalton ou encore le vulnérable Pierce Brosnan . Des budgets colossaux et des recettes en conséquence, des décors pharaoniques et des gadgets déments…tous les secrets d’un genre cinématographique à lui seul.Très beau livre superbement documenté. Une approche vraiment très originale des aventures de James Bond. Il permet de voyager avec 007 à travers le monde, tout en levant le voile sur les coulisses des tournages.
Note : 9,5/10
Éditeur : Hugo Document (2 septembre 2021) Langue : Français Broché : 222 pages ISBN-10 : 2755687444 ISBN-13 : 978-2755687446
Au Camp Thespis, Lucie et ses amis ont du pain sur la planche : il faut écrire, produire et jouer dans leur pièce de théâtre, 100% originale ! Lucie espère passer du temps avec sa meilleure mais surprise : Rosemarie a invité sa soeur, Florence d’Infortuné Museau. Pendant ces vacances, Lucie et sa licorne vont encore vivre des aventures étonnantes, découvrir de nouvelles passions et se faire de nouveaux amis !
Chronique :Voltina est de retour ! !! Je l’ai adorée lorsqu’elle a été présentée dans Phoebe et sa licorne dans la tempête magique parce qu’elle est un dragon et, plus important encore, mon nerd préféré, Max, a enfin son propre ami/créature magique.
C’est le deuxième roman graphique de Phoebe et Marigold et cette fois, elles partent en colonie de vacances. J’ai été heureuse qu’elles ne se retrouvent pas à nouveau dans un camp de musique, car c’est là qu’elles sont toujours allées. Cette fois, ils vont dans un camp de théâtre et la sœur de Marigold, Florence, vient aussi. Il est intéressant de noter que les narines de Florence ne sont pas aussi malheureuses qu’elles l’étaient auparavant.
Phoebe est d’abord jalouse du temps que les deux sœurs licornes passent ensemble. Heureusement, Sue et Max sont également là, ainsi que Ringo le monstre du lac et Voltina ! Max est adorablement maladroit et ringard.Et chaque fois que Sue dit quelque chose de bizarre, je me rappelle pourquoi je veux qu’elle soit la vedette de son propre roman graphique.
Le transport de la licorne est aussi merveilleux que je l’avais espéré. Avec des drames sur et en dehors de la scène et quelques commentaires sur les amitiés et les sœurs, c’est très amusant et un bon retour au format du roman graphique. Je croise les doigts pour que Voltina fasse son chemin dans les collections ainsi que dans les romans graphiques.
» Je n’étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N’y avais jamais apporté son repas préféré, de l’huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m’en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c’est ce que l’on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn. «
Chronique : Les phrases sont courtes, les dialogues, nombreux, les exclamations se multiplient sur la page – Porté par une écriture puissante où l’âpreté du réel le dispute à un humour à froid, Les Aquatiques est à la fois le portrait intérieur d’une femme qui se révèle à elle-même et une réflexion profonde sur les jeux de pouvoir dans une société africaine contemporaine mais fictive. Alors elle témoigne, elle raconte, tantôt au présent tantôt au passé, les impatiences et les douleurs calmées mais exclamatif, lassé mais exclamatif, excédé mais exclamatif. Les propos de Osvalde LEWAT qui souligne qu’une « fille » ne se définit que par son père et son époux prennent tout leur sens ici, dans ce bref roman dépaysant. Au Zambuena les femmes n’ont pas voix au chapitre.
Même si le style sobre des Aquatiques déroute sans forcément toucher, un peu à la manière de La Chienne de Pilar Quintana, le lecteur compatit nécessairement, tente d’adoucir par ses pensées la souffrance, l’amertume douloureuse de cette femme .
Note : 9,5/10
Éditeur : Les escales éditions (19 août 2021) Langue : Français Broché : 304 pages ISBN-10 : 2365695647 ISBN-13 : 978-2365695640
À Caracas, dans le vaste domaine familial, Ariana Neumann, huit ans, joue à l’espionne. En fouillant dans les affaires de son père, Hans, elle trouve une pièce d’identité. Elle reconnaît son père jeune homme, mais il porte un autre nom. Effrayée, elle tait cette découverte et s’efforce de l’oublier.
Chronique : Ariana Neumann évoque avec tant d’éloquence le passé de son père, un passé caché trop douloureux pour qu’il le revive, pour qu’il en parle, mais qui finit par être révélé. Elle parle de sa famille, dont beaucoup ont péri aux mains des nazis, et de ceux qui ont survécu. Elle se souvient que, petite fille grandissant au Venezuela, elle a trouvé une photo de son père dans une boîte, une carte d’identité avec sa photo et un tampon d’Hitler. C’est ainsi qu’elle a commencé à prendre conscience que son père lui avait caché son passé, mais ce n’est que bien des années plus tard, lorsqu’à sa mort, il lui a laissé une boîte de lettres et de photos, qu’elle a réalisé qu’il y avait tellement plus à savoir . Il y avait tout à savoir sur son père et sa famille qui ont souffert aux mains des nazis dans leur pays natal, la Tchécoslovaquie, avant de venir au Venezuela. Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’elle a pu se résoudre à faire traduire les lettres et des années avant de pouvoir se résoudre à lire les mémoires qu’il avait commencé à écrire. Elle les partage généreusement avec nous.
Elle commence son voyage vers ce passé, en contactant des cousins et des amis de la famille, en reconstituant ce qu’ils savaient, en retraçant la vie de ses grands-parents à Terezin, en reconstituant l’histoire de son père. Neumann se rend sur les lieux où son père a vécu, à la recherche de vestiges de la vie de ses grands-parents, de l’homme qui a contribué à sauver son père. L’histoire est déchirante, comme toutes les histoires de l’Holocauste, mais elle est remplie d’amour pour son père et pour la famille qu’elle n’a jamais connue. Dans sa dédicace sincère, Ariana Neumann déclare : « Ce livre est dédié à la mémoire de ceux qui n’ont pas pu raconter leur histoire. « Nous devons continuer à lire les histoires que d’autres racontent à leur sujet.
Neumann nous permet de faire connaissance avec sa famille et de savoir ce qu’elle a souffert en exhumant leurs vies. Mettez de côté votre fiction historique pour le moment et lisez plutôt le récit soigné et factuel d’une famille presque anéantie par l’holocauste.
Note : 9,5/10
Éditeur : Les escales éditions; Illustrated édition (2 septembre 2021) Langue : Français Broché : 384 pages ISBN-10 : 2365695302 ISBN-13 : 978-2365695305
Dans ce deuxième opus de la trilogie, l’Escadron Alphabet poursuit sa traque des chasseurs TIE de l’Escadre de l’Ombre.
L’escadron hétéroclite d’Yrica Quell ne désespère pas de mettre un terme aux exactions de l’Escadre de l’Ombre, mais tous leurs efforts semblent vains et une forme de tension commence à monter entre eux. Déterminée à achever le combat une fois pour toutes, Quell s’allie à Caern Adan, agent controversé du Renseignement de la Nouvelle République, et à la légendaire Générale Hera Syndulla, afin de préparer la mission la plus risquée de sa carrière : piéger l’Escadre de l’Ombre et mettre définitivement fin à la traque.
Chronique :Star Wars : Escadron Alphabet a été écrit par l’auteur de best-sellers du New York Times, Alexander Freed. Shadow Fall est le deuxième tome de la série.
PERSONNAGES : Les personnages de l’Escadron Alphabet se retrouvent dans ce roman. Dans ma critique du premier livre, j’ai parlé brièvement de Yrica Quell et de Wyl Lark. Maintenant, je vais parler de Chass na Chadic et de Soran Keize.
Chass na Chadic : Elle a été inspirée par Jyn Erso, un vrai héros, pas un mythe ou une légende. Chass est agressive et parfois un peu lunatique. Elle semble perdue, comme si elle ne savait pas qui elle est vraiment, qui elle doit être ou devenir. Elle est provocante et ne s’entend pas très bien avec les autres. Elle fait abstraction des autres en mettant de la musique dans son cockpit. Son enfance a été difficile, mais les choses qu’elle a apprises à cette époque de sa vie l’aident à surmonter un événement difficile et quelque peu étrange dans la bataille actuelle.
Soran Keize : Le Major Soran Keize méprise l’Empire après l’opération Cinder. Ses yeux ont été ouverts sur la noirceur de l’Empereur. L’Empire n’était pas un gouvernement juste dont les intérêts étaient de protéger et de servir le peuple de la galaxie. Il ne s’agissait que de pouvoir. Son amour de l’Empire s’est éteint, sa loyauté envers Shadow Wing demeure et sa soif de vengeance contre l’Escadron Alphabet est féroce.
PENSÉES GÉNÉRALES : Alexander Freed prouve une fois de plus qu’il est un auteur de premier plan. La formation de la Nouvelle République n’est pas du tout facile ! J’aime que nous puissions voir à quel point les restes impériaux sont encore féroces et puissants, bien sûr qu’ils le sont, ce récit se déroule avant la bataille de Jakku. L’Empire était massif, la bataille ne s’est pas terminée avec Endor, comme certaines troupes militaires ont pu le penser. Vous pouvez sentir le désespoir des soldats et des pilotes. La guerre n’est pas finie mais le désir de voir les combats s’arrêter est grand. La tension est extrêmement élevée dans cette histoire. Les émotions que traversent les personnages se dégagent des pages ! De nombreux moments font monter votre anxiété et vous gardent collé au livre.
Vous brûlerez ces pages si vite que vous risquez d’allumer un feu !
Il s’agit d’une étude de caractère merveilleuse et plus profonde pour quelques-uns des personnages. Dans le roman précédent, ils avaient un côté plus mystérieux, leurs antécédents n’étaient pas explorés. Dans ce roman, nous explorons le passé d’un certain personnage qui contribue à faire avancer l’intrigue. L’histoire progresse en passant du point de vue d’un personnage à celui d’un autre. C’est assez simple à suivre pour une histoire de guerre qui a tant de rebondissements. Freed est l’un de ces auteurs qui comprend le développement des personnages et la façon de rendre chaque personnage unique. Les dialogues sont géniaux ! La tension, la culpabilité, la surprise, la colère, etc. étaient si bien écrites.
La guerre dans ce qu’elle a de pire, la diversité dans ce qu’elle a de meilleur. Il y a un personnage auquel tout le monde peut s’identifier !
J’ai été agréablement surpris par certains résultats de l’histoire. Ma peau s’est hérissée de frissons à plusieurs reprises. Il est rare que je réagisse de manière audible à des événements qui se produisent dans un livre. J’ai beaucoup apprécié ce roman. Je ne me souviens pas avoir terminé un livre en ayant des frissons et la mâchoire tombante de surprise.
Note : 9,5/10
Éditeur : Pocket (12 août 2021) Langue : Français Poche : 576 pages ISBN-10 : 2266316052 ISBN-13 : 978-2266316057
Un ville, un peuple et le cours inexorable du destin.
Ce primo-roman thaïlandais disponible chez @editionsrivages n’est rien d’autre qu’une invitation à une traversée à travers le temps, avec Bangkok, la ville aux milles visages, en arrière plan. Une lecture dépaysante qui, pour peu que l’on sache larguer les amarres, nous emporte sur des flots d’une écriture doté d’une force tranquille qui saura apaisé les pauvres lecteurs occidentaux que nous sommes, habitués à lire des récits beaucoup plus balisés en termes de narration.
Ici pas de personnage central mais une galerie d’habitants de Bangkok avec qui on va faire connaissance tout au long du récit. Tous auront un rapport complexe avec leurs pays tel Sammy, l’expatrié qui cherche désespérément à se réconcilier avec son enfance et son pays ou encore Nee, l’étudiante qui subit la répression militaire des années 70. On aura aussi l’occasion de voir le combat quotidien de sa soeur Nok pour maintenir ouvert son restaurant thaï au Japon alors même que l’histoire de son pays la rattrape bien malgré elle.
Comme dans tout récit choral qui entrecroise les destins, l’auteur n’échappe pas à l’écueil du développement inégal des personnages. La partie consacré à la junte militaire est tellement intéressante que le reste du récit en pâtit quelque peu. C’est le cas notamment du médecin américain Stevens dont l’épopée est conté de manière trop disparate pour que l’on puisse vraiment se prendre d’affection pour lui. L’auteur est mieux parvenu à mener sa barque qui regroupe les personnages Thaïlandais affrontant le tumulte de la vie que celle de ces personnages éclairs qui auraient mérité tout autant d’attention.
La dernière partie représente un défi supplémentaire puisqu’elle se déroule dans le futur alors que les eaux furieuses ont submergés la ville. En plus de nouveaux personnages, il faut également s’habituer à de nouvelles technologies dans un décor qui a changé à jamais. Une partie du récit qui met en valeur la résilience des citoyens de cette nouvelle Venise.
En plus de cet équipage hétéroclite, l’auteur à tenu à intégré des chapitres courts qui mettent la faune en vedette afin de montrer qu’une ville n’es pas uniquement constituée de bipèdes inconscients des ravagés qu’ils provoquent. Un excellente idée qui permet au texte de respirer et de prendre une hauteur inattendue.
Pitchaya Sudbanthad aura donc su me guider tranquillement tout au long de son récit grâce à sa plume calme, à la puissance narratrice maîtrisée. Une lecture qui m’a fait sortir de ma zone de confort pour mon plus grand plaisir. Une lecture qui fait rimer dépaysement et enchantement.
Résumé: Roman-monde pour une ville-monstre, «Bangkok Déluge »regarde Bangkok changer à travers le destin kaléidoscopique d’une dizaine de personnages plus attachants les uns que les autres. Du XIXe siècle des grandes découvertes à l’avenir des tempêtes climatiques qui guettent, autour d’une même maison hantée qui lui donne son axe, la ville se fait tour à tour piège et refuge, se réinventant en permanence sous les assauts de la modernité comme du ciel. Tentaculaire et limpide, porté par un souffle et une force motrice rares, le premier roman de Pitchaya Sundbanthad est un voyage, une expérience d’immersion totale.