Retour sur l’année 2020 avec mes meilleures lectures polars

Aussi anxiogène, amer et morbide fut-elle l’année 2020 signe aussi ma première année complète en tant que blogueur sur culturevsnews. Une année faste faite de découvertes, d’échanges, de rencontres, souvent virtuelles étant donné la situation actuelle, de déceptions et surtout de lectures passionnantes. Alors que le compteur approche doucement des 130 livres lus, j’ai pris la décision de condenser mes meilleures lectures sous forme de classement séparés en trois parties, une consacrée aux polars, une autre aux récits fantasy, fantastiques et de science-fiction et enfin un dernier focalisé sur la littérature générale. Ce classement, complètement subjectif, réunit aussi bien des nouveautés que des ouvrages parus depuis plus longtemps et chacun d’entre eux pourraient être une idée cadeau pour une certaine fête qui arrive. Pour chacun des titres choisis je mettrais un lien qui ramène à la chronique originale.

1 le sang du bayou de Joe R. Lansdale

Pour la première place du classement je triche un peu le sang du bayou est en effet un groupement de trois romans, une édition colossale qui atteint les 800 pages. Les trois récits sont tous de qualité mais si vous lancez dans cette lecture vous effraie vous pouvez vous contenter de dénicher le second récit de cette édition les marécages. Un récit noir situé dans une Amérique sudiste où le racisme et la ségrégation sont encore les piliers de la société, la plume immersive et évocatrice de Lansdale ne vous laissera pas indemne.

https://culturevsnews.com/2020/10/17/le-sang-du-bayou-de-joe-r-lansdale-quand-le-sordide-et-le-racisme-sont-au-service-dune-jolie-plume/

2 la mort selon Turner de Tim Willocks

On continue avec un auteur qui ne m’a jamais déçu jusqu’à présent, j’ai nommé Tim Willocks. Il signe ici un western moderne sanglant et sans aucune concession ainsi qu’un portrait peu glorieux de l’Afrique du Sud gangrenée par la violence, la corruption et la misère la plus totale.

https://culturevsnews.com/2020/02/10/la-mort-selon-turner-de-tim-willocks/

3 Représailles de Florian Eglin

Encore un roman noir violent et sans concessions, à se demander quelles sombres pulsions sommeillent en moi pour apprécier de tels récits ? Représailles est un traité sur la violence et ses conséquences dévastatrices. Cette œuvre est tel un fauve enragé, il va vous sauter à la gorge et ne plus vous lâcher.

https://culturevsnews.com/2020/03/18/represailles-de-florian-eglin/

4 Tout un été sans Facebook de Romain Puertolas

On enchaîne avec une lecture plus légère mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas une certaine profondeur dans ce récit à l’humour omniprésent. L’auteur manie le style et la forme pour une œuvre qui agit comme un véritable bol d’air frais.

https://culturevsnews.com/2020/09/20/tout-un-ete-sans-facebook-de-romain-puertolas-saint-reseau-sociaux-delivre-nous-du-mal/

5 City of Windows de Robert Pobi

C’est un polar addictif qui occupe la cinquième place du classement. Celui qui fut ma première lecture de l’année résonne encore dans ma tête avec son style accrocheur et son récit trépidant mâtiné de critique sociale. Un portrait grinçant de l’Amérique et de sa culture de la violence.

https://culturevsnews.com/2020/01/06/city-of-windows-de-robert-pobi-8-janvier-2020/

6 Sur le ciel effondré de Colin Niel

Un récit d’une noirceur et d’un pessimisme rarement égalé soutenu par une plume aérienne et poétique. Un constat amer sur la Guyane moderne. Un auteur dont il me tarde de découvrir les autres ouvrages.

https://culturevsnews.com/2020/09/30/sur-le-ciel-effondre-de-colin-niel-un-cauchemar-pourtant-bien-reel/

7 L’arbre aux fées de B. Michael Radburn

Au moment de constituer la liste des ouvrages qui devait figurer dans ce classement je me suis surpris à sélectionner celui-ci plutôt que d’autres. L’arbre aux fées fût une lecture plaisante mais pas une pépite non plus. Pourtant la plume poétique de l’auteur teintée de mélancolie, ses descriptions d’une ville en voie de disparition et ses paysages enneigés accaparent encore mon esprit. Un auteur que je vais suivre avec attention et que je rapproche de l’auteur islandais Arnaldur Indridason de par son récit profondément empathique.

https://culturevsnews.com/2020/09/27/larbre-aux-fees-de-r-michael-radburn-un-voyage-enchanteur-empreint-dune-poesie-melancolique/

8 Bienvenue à Gomorrhe de Tom Chatfield

L’année 2020 a également été pour moi l’occasion de signer mon premier partenariat avec une maison d’édition, les Éditions Hugo m’ont en effet accordé leur confiance depuis quelques mois pour chroniquer leurs romans policiers. Bienvenue à Gomorrhe fût une excellente surprise, un techno-thriller sur fond d’espionnage qui donne l’impression de se passer dans un autre monde tant il décrit un univers angoissant mais malheureusement terriblement réel.

https://culturevsnews.com/2020/10/15/bienvenue-a-gomorrhe-de-tom-chatfield-inutile-de-lutter-vous-avez-deja-perdu/

9 Brasier noir de Greg Iles

Décidément les ravages du racisme et de la ségrégation auront marqué mon année de lecteur. Même si l’auteur m’a déçu avec le second volet de sa trilogie, il faut reconnaître que le premier volume est un récit d’une noirceur écarlate qui jette une lumière aveuglante sur la mentalité sudiste. Un récit dense mais à la narration claire qui vous entraînera dans un maelström d’horreur.

https://culturevsnews.com/2020/04/07/brasier-noir-de-greg-iles-actes-sud/

10 Ceci n’est pas unechanson d’amour d’Alessandro Robecchi

On termine avec un polar italien des plus jubilatoires. Ce récit qui oscille entre l’humour et le cynisme propose de vous emmener à travers les rues de Milan dans une virée dont tout le monde ne ressortira pas indemne. Une réflexion sur la société du spectacle audiovisuel qui en reprend les codes pour nous offrir un régal de situations comiques et tendues.

https://culturevsnews.com/2020/08/20/ceci-nest-pas-une-histoire-damour-dalessandro-robecchi-20-aout-2020/

Underland – 30 septembre 2020 de Robert Macfarlane

« Underland » , c’est le monde souterrain, là où les hommes et les femmes enfouissent leurs secrets, honteux ou merveilleux. Pendant plus de sept ans, Robert Macfarlane s’est rendu dans ces sites : dans des laboratoires cachés sous la mer dans des mines mystérieuses, au contact de peintures rupestres norvégiennes, devant des icebergs monstrueux nés de glaciers qui s’écroulent.

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Chronique : Un énorme merci à l’éditeur « Les Arènes » pour ce superbe livre.

Ce livre comporte de nombreuses couches. Un thème qui fait le lien avec ses nombreux voyages différents est l’héritage de notre génération pour l’avenir. Pour reprendre les mots de Jonas Salk, « Sommes-nous de bons ancêtres ? » Non, nous ne le sommes pas, c’est la réponse courte et je pense que nous le savons tous. C’est sur les glaciers du Groenland que cela est le plus évident. La vitesse à laquelle ils fondent devrait tous nous terrifier. MacFarlane ne se contente pas de voyager sur les glaciers, il fait de la descente en rappel dans un moulin qui est un trou creusé par l’eau de fonte qui, en profondeur, se transformera en une rivière au débit rapide qui fera fondre le glacier par le bas.

Ce sont ses voyages sous terre qui m’ont donné des frissons. Il décrit si bien ses exploits de spéléologie en Angleterre que je me suis retrouvé à retenir mon souffle avec lui alors qu’il se faufilait dans des trous si étroits qu’il devait tourner la tête sur le côté pour les traverser. Comment les gens peuvent-ils faire cela ?! Il parcourt des kilomètres sous la mer du Nord dans des tunnels miniers où l’équipement est laissé à pourrir parce qu’il est impossible de le récupérer. J’étais tout aussi claustrophobe lorsqu’il raconte ses expériences d' »exploration urbaine », se faufilant à travers des espaces de la taille d’un terrier de lapin pour accéder à des kilomètres de tunnels sous Paris. Je ne savais pas que c’était une chose et qu’il y a des groupes de personnes dans le monde entier qui participent à ce « passe-temps ».

En se promenant dans une forêt, il apprend à connaître la vie cachée de tout ce qui y pousse. Une forêt « pourrait être imaginée comme un super-organisme ». Une ville d’interactions – avec des arbres, des champignons et des plantes qui partagent, échangent, se lient d’amitié et se soutiennent mutuellement dans un monde qui se cache sous nos pieds – « une grande toile de bois ».

Ce livre est plein de voyages étonnants, d’écrits réfléchis et de conseils pour l’avenir, si quelqu’un veut bien écouter. La leçon ultime que nous devrions apprendre pour notre propre tranquillité d’esprit est « Trouvez la beauté, restez tranquille ». Si je n’est qu’un reproche est que j’aurai aimer voir les photos de ses expéditions mais ce n’est qu’un détails

Note : 9,5/10

Chronos, Tome 1: Un temps pour jouer – 19 novembre 2020 de Marion de Juniac

Si elle avait su qu’elle tuerait quelqu’un avant la fin de l’année scolaire, jamais elle n’aurait cliqué sur ces sept lettres bleues cet après-midi-là… Désireuse d’échapper à sa vie banale d’adolescente, Lisa découvre un jeu captivant qui l’entraîne dans une quête effrénée du temps, pour sauver le monde du chaos.

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Chronique : Ce livre est d’une écriture franche, parfois cynique mais honnête sur le temps qui passe et les choix de vie qui nous laissent insatisfaits. Derrière des personnages attachants se dessinent des questionnements profonds sur les sens de la vie et leurs absences, sur ce désir secret de faire souffrir les autres plutôt que nous-mêmes, sur le sens aussi de la vengeance ou de la rupture comme un moyen de survie.
L’auteure nous fait une démonstration magistrale de son style si particulier où se mêlent le langage courant, quelques fois vulgaire, et des sentences d’une réalité de chaque jours. Un style où la routine devient théâtralisée, le temps long devient haletant et les personnages s’entrelacent sans se croiser permettant à chacun de se retrouver dans l’un des héros. C’est une belle réussite, un de ces précieux ouvrages qui appellent à une lecture d’une seule traite.

Note : 9/10

ISBN-13 : 979-1026265016 Poids de l’article : 381 g Niveau de lecture : 12 et plus Éditeur : Librinova (19 novembre 2020)

L’Ickabog – 3 décembre 2020 de J.K. Rowling

Haut comme deux chevaux. Des boules de feu étincelantes à la place des yeux. De longues griffes acérées telles des lames. L’Ickabog arrive…La Cornucopia était un petit royaume heureux.

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Chronique : J’ai vraiment apprécié l’Ickabog. Il est très descriptif et plein d’aventure, dès le premier instant. Dès les premiers chapitres, je me suis immédiatement échauffé avec Bert et Daisy, et leur vie quotidienne. J’ai aussi aimé les scènes à l’intérieur du château, avec les gentils et les gardes.

La construction du monde était étonnante, le Royaume et les marais étaient expliqués de façon si vivante, il n’est pas étonnant que tant d’enfants aient été inspirés pour les dessiner et partager ces dessins. Les intrigants rebondissements de l’intrigue et les scènes de coups de poignard dans le dos m’ont également agréablement surpris. Ce que j’ai le plus aimé, cependant, c’est l’histoire de la légende de l’Ickabog. Ce monstre mystérieux que tout le monde craint dans le Royaume. La terreur que les gens ressentent dès que son nom est mentionné.

Cette histoire est évidemment destinée aux jeunes lecteurs. Et pour ce qu’elle est, ce livre est à la hauteur. Les aventures sont nombreuses, les combats entre le bien et le mal, les scènes qui susciteront une discussion avec les enfants et une fin qui a une leçon à donner. Je le recommande à tous les enfants qui aiment lire sur les aventures et les royaumes étrangers.

Note : 9,5/10

Poids de l’article : 585 g ISBN-10 : 2075150559 ISBN-13 : 978-2075150552 Dimensions : 15.5 x 3 x 22.5 cm Éditeur : Gallimard Jeunesse (3 décembre 2020)

Star Wars : Thrawn : Trahison – 26 novembre 2020 de Timothy ZAHN

Depuis qu’il a prêté allégeance à Palpatine, Thrawn est devenu l’un de ses outils les plus efficaces, mais l’Empereur rêve d’une arme plus destructrice.
Alors que son programme de perfectionnement des chasseurs TIE est arrêté au profit du projet Étoile de la Mort, Thrawn réalise que les rapports de force ne se mesurent pas qu’à l’aune de l’efficacité tactique au sein de l’Empire. Même l’être le plus intelligent ne peut rivaliser avec le pouvoir d’annihiler des planètes entières.

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Chronique : Thrawn Trahison est un roman amusant et intriguant. À la fin, j’avais l’impression que Timothy Zahn avait créé un livre qui combinait les concepts de George Lucas et d’Agatha Christie. Le choix de la langue et des mots utilisés ressemble exactement à ce à quoi je m’attendais dans les romans Star Wars, ainsi que le rythme, l’action et les personnages, mais il y avait juste assez de mystère pour me laisser deviner tout au long du livre.

Deux personnages sont revenus et j’étais vraiment excité de leur retour. Eli Vanto et l’amiral Ar’alani, qui ont tous deux joué un rôle important dans Thrawn et Outbound Flight respectivement. J’ai senti que j’avais un meilleur lien avec Eli Vanto qu’avec n’importe quel personnage de canon et même avec la plupart des personnages de légendes. L’écriture de Thrawn sur son dialogue intérieur et ses loyautés conflictuelles était fascinante. Ar’alani était intrigante en raison de ses capacités de leader et du mystère naturel qui l’entoure, elle et le reste des Chiss. Même si je connaissais beaucoup de ses légendes originales, j’ai senti que Zahn avait rendu son personnage frais et nouveau.

Le personnage qui, à mon avis, est le plus remarquable du roman est le commodore Faro. J’étais tellement intrigué par le rôle de Faro en tant que « Watson » dans « Holmes » de Thrawn. Ce rôle n’a pas été aussi utilisé que lorsque Thrawn a interagi avec Eli Vanto dans le premier roman de Thrawn, mais je crois qu’il est aussi utilisé, sinon mieux, ici.

Le thème commun à tout ce livre, cependant, est la loyauté. Lorsqu’il a été commercialisé au préalable, le concept derrière la trahison de Thrawn était que la loyauté de Thrawn serait mise à l’épreuve. Bien que je pense que c’est le cas, je crois que les mots « trahison » et « loyautés » peuvent décrire les arcs de caractère de toutes les personnes qui entourent Thrawn autant qu’ils se rapportent à Thrawn lui-même.

En ce qui concerne les critiques, que l’on peut trouver dans chaque livre, je crois que ce livre en contient peu. Je pense que Zahn a été gêné et comme Thrawn dans le livre, il n’a pu couvrir qu’une semaine d’histoire. Par conséquent, tout semble se passer en même temps. Peut-être que s’il avait eu plus de possibilités d’étaler les événements dans le temps, cela aurait légèrement mieux fonctionné. De plus, il y a eu plusieurs moments où Zahn faisait référence à ses autres projets ou à Rebels, mais j’ai rarement pu trouver des références aux œuvres d’autres auteurs. La plupart des romans Star Wars, en particulier ceux de James Luceno, Alexander Freed et Christie Golden (pour n’en citer que quelques-uns) comportent une foule de références, mais il s’agit davantage d’une préférence personnelle que d’une plainte légitime.

Dans l’ensemble, c’est un grand roman fantastique. Je pensais, en le commençant que ce serait un roman de Zahn mais le développement des personnages du deuxième acte et la vision incroyable du troisième acte sont tout à fait merveilleux et brillants. Beau travail Zahn.

Note : 9,5/10

Poche : 480 pages ISBN-10 : 2266307274 ISBN-13 : 978-2266307277 Dimensions : 10.9 x 2.1 x 17.8 cm Éditeur : Pocket (26 novembre 2020)

New-York 2140 de Kim Stanley Robinson, l’humanité trouvera toujours un chemin

Le nouveau livre de Kim Stanley Robinson, un auteur renommé et récompensé à de multiples reprises, brasse tellement de thèmes disparates qu’il risque bien de laisser nombre de lecteurs sur le rivage. Pourtant le sujet dont il traite et la manière de le mettre en scène mérite l’attention.

Les premières pages de ce récit à l’intrigue décompresser feront prendre conscience de deux choses au lecteur. La première c’est qu’il est face à une œuvre exigeante, ardue même par moments, mais aussi profondément intéressante tant par l’univers mis en place, la ville de New York immergée et toutes les conséquences que cela implique, que par le propos qui va au-delà du simple discours écologique. La deuxième c’est que cette œuvre, qui dépasse de loin le cadre de la science-fiction, est une œuvre protéiforme qui adopte un nouveau genre littéraire quasiment à chaque chapitre. On est parfois en train de lire un pamphlet contre la société occidentale consumériste avant de plonger dans un récit d’aventures et de chasse au trésor avant d’obliquer vers un thriller politique, le tout englober dans une ode à une ville insubmersible et fascinante, New York. L’ensemble du récit est un patchwork littéraire formant ainsi l’un des ouvrages les plus ambitieux qui m’ait été donné de lire cette année. Les différents personnages, assez nombreux, permettent de faire le lien entre chacun de ses passages de la narration.

Des personnages qui sont beaucoup mieux écrits que ce à quoi je m’attendais dans ce genre d’ouvrage. C’est une réalité dans ce genre de livre univers où l’auteur cherche à délivrer un message la caractérisation des personnages passent au second plan. Ici l’auteur n’a pas oublié qu’une bonne histoire c’est avant tout de bons personnages. Chacun d’entre eux est développé de manière égale, possèdent son arc narratif et son heure de gloire. On pourra ainsi faire la rencontre de Franklin, le trader cynique qui attendait juste d’avoir une cause à défendre et qui révélera son humanité au cours du récit lorsqu’il s’inquiète du sort de deux orphelins dont il se fichait royalement plus tôt. On suivra également Amelia, star du cloud, dans ses aventures rocambolesques pour la survie des espèces menacés à bord de son dirigeable automatisé. On embarquera avec l’inspectrice Gen, ancienne sumo aquatique, dans sa lutte pour garder un semblant d’ordre dans les canaux New Yorkais tandis que Charlotte, avocate et présidente du syndicat de copropriété du MET tente de déjouer l’OPA hostile dont son association est victime, épaulée par Vlade, le concierge plein de ressources de l’immeuble où tous ces personnages résident et vont unir leurs forces facent aux épreuves qui les attendent. Enfin impossible de finir cette litanie sans citer Idelba, capitaine d’une simple barge qui n’hésite pas à sortir en pleine tempête pour secourir ses concitoyens.

La plume de l’auteur se fait parfois didactique, comme lors de ses longues diatribes sur la finance mondiale, sans aucun doute les passages les plus rébarbatifs, mais elle s’allège lors des passages narratifs pour prendre des allures épiques, offrant ainsi au récit de purs moments de grâce. L’auteur a tenu à complexifier son intrigue car le monde dans lequel nous vivons est complexe et si son récit s’attache surtout au sort de la ville de New York, le discours qu’il défend est universel. Un discours optimiste, teinté cependant d’un cynisme fataliste, qui va à contre-courant des discours alarmants que l’on nous assène depuis des décennies sans pour autant que les classes dirigeantes ne réagissent. Un discours qui tend à démontrer que l’humanité est résiliente est que malgré les catastrophes, dont elle est souvent responsable, elle trouvera aussi bien souvent les solutions par elle-même.

Par bien des aspects New York 2140 est une œuvre complexe, qui mérite de l’attention et de la concentration de la part des lecteurs, mais pour ceux qui sauront faire abstraction de son rythme décompressé et de son aspect didactique c’est une formidable plongée dans un récit touchant et renversant qui les attend et dont toute la portée pourrait se résumer à travers une phrase prononcée par un personnage au détour d’un dialogue « on perd jusqu’à ce qu’on gagne ».

Résumé: Avec l’élévation du niveau des mers, chaque avenue est devenue un canal, chaque gratte-ciel, une île. Pour les habitants d’un immeuble de Madison Square, cependant, New York en 2140 est loin d’être seulement une cité submergée par les eaux.

Il y a le trader, qui trouve des opportunités là où d’autres voient des problèmes. Il y a la policière, dont le travail ne disparaîtra jamais… de même que celui des avocats, bien sûr.

Il y a la star d’Internet, adulée par des millions de personnes pour ses aventures en dirigeable, et le gérant de l’immeuble, respecté par tous pour son souci du détail. Et puis il y a deux gamins qui n’habitent pas ici, mais qui n’ont pas d’autre foyer, et qui sont plus importants que quiconque pourrait l’imaginer.

Enfin, il y a les codeurs résidant temporairement sur le toit, et dont la disparition provoque une série d’événements qui vont menacer la vie de tous, et jusqu’aux fondations secrètes sur lesquelles repose la ville…

Bienvenue à New York en 2140.

  • Broché : 672 pages
  • ISBN-13 : 979-1028114374
  • Poids de l’article : 744 g
  • Dimensions : 15.3 x 4.2 x 23.8 cm
  • Éditeur : Bragelonne (18 novembre 2020)
  • ASIN : B08CPB4ZNH
  • Langue : : Français

Le Monde Atlantis: La Trilogie Atlantis, T3 de A.G. Riddle | 18 novembre 2020

Venu du plus profond de l’espace, un mystérieux signal révèle le secret des origines de l’humanité – et son ultime espoir de survie…

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Chronique : Le monde de l’Atlantide est le point culminant de la trilogie Origine. Dans ses premiers livres, A.G. Riddle a créé une histoire fraîche, diverse et complexe liant plusieurs domaines de la science et de l’histoire qui ferait tourner la tête d’un théoricien du complot. La Trilogie Atlantis a présenté nos protagonistes, le Dr Kate Warner et David Vale, aspirant à la carrière de MacGyver, alors qu’ils combattaient une organisation invisible en courant pour sauver leur vie. Ensemble, avec leurs alliés, ils ont couru pour trouver un remède à la peste de l’Atlantide, une pandémie mondiale menaçant de mettre fin à l’humanité ou de la modifier, tout en démêlant un écheveau de mystères entourant l’origine de l’homo sapiens. Le monde de l’Atlantide est la bataille finale pour le sort de l’humanité, révélant les objectifs de diverses factions à travers des millénaires d’histoire.

La fin est inattendue, mais elle est plus traditionnelle que les deux premiers livres de science-fiction. Au début de la trilogie, je ne savais pas vraiment si j’avais affaire à un thriller médical, à une histoire d’espionnage ou à un mystère sur la théorie du complot. La conclusion n’est pas parfaite et l’histoire a ses défauts, mais il faut féliciter Riddle pour ses débuts imaginatifs, pleins d’aventures à couper le souffle, de suspense intense et d’une intrigue complexe qui s’étend sur des éons et des étoiles.

Si vous décidez de lire La Trilogie Atlantis, je le recommande aux personnes qui aiment les intrigues complexes, l’aventure et la science-fiction, mais qui ont lu les critiques des deux premiers livres avant de se décider, et qui ont lu les livres dans l’ordre séquentiel. Si vous envisagez de lire cette fin après avoir lu les deux premiers livres, je vous encourage à le faire. L’histoire complète en vaut la peine pour un fan du genre. Vous pourrez dire que vous avez lu l’ouvrage de première année de A.G. Riddle lors de sa première publication.

L’auteur parvient à livrer un livre qui, tout en conservant le feeling des deux autres livres, offre une expérience complètement différente. Ce livre demande beaucoup de concentration et peut parfois vous laisser un sentiment d’épuisement. Pour moi, c’était une excellente expérience car j’avais l’impression de travailler pour me divertir.

Note : 9,5/10

Broché : 352 pages ISBN-13 : 979-1028121662 Dimensions : 14.2 x 2.2 x 21.3 cm Éditeur : Bragelonne (18 novembre 2020)

Une terre promise – 17 novembre 2020 de Barack Obama

Dans le premier volume de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l’histoire passionnante de son improbable odyssée, celle d’un jeune homme en quête d’identité devenu dirigeant du monde libre, retraçant de manière personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence – une période de transformations et de bouleversements profonds.

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Chronique : Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, ce mémoire ne sera pas pour tout le monde. Il vous met en garde dès le début… Il n’a pas maîtrisé la brièveté. C’est indéniable. Avec ses 768 pages sur papier et ses 29 heures et plus sur support audio (comme j’ai pu le constater dans le livre, lu par le président Obama lui-même), A Promised Land est un engagement. J’étais plongé dans le livre, très plongé, très plongé, quand j’ai soudain réalisé que nous étions encore dans la première année de sa présidence. (Aïe !)

Donc, c’est un engagement, mais ce n’est pas un slogan. Au contraire, je n’ai cessé de me dire que c’était un privilège d’avoir cette vision franche de ses pensées et de ses expériences, documentées de manière exhaustive. Maintenant, c’est Barack Obama, donc vous savez qu’il ne laisse pas échapper une seule anecdote ou un détail qu’il n’a pas soigneusement examiné, mais cela a vraiment l’air authentique. Par exemple, il dit beaucoup de choses élogieuses sur Hilary Clinton. De toute évidence, il la respectait suffisamment pour la nommer secrétaire d’État. Mais il ne fait pas l’impasse sur l’acrimonie des deux côtés lorsqu’ils se sont battus pour l’investiture démocrate. Et parfois, tout au long du livre, il fait un commentaire ou un coup de pinceau subtil. Une revanche, je pense. Rien à Washington n’est jamais oublié.

Ne pensez pas, en vous basant sur ce que j’ai écrit ci-dessus, que c’est une sorte de révélation mesquine. Vous savez que ce n’est pas le cas. Et si vous cherchez à savoir ce qui se passe à Washington en ce moment, vous ne le trouverez pas. Donald Trump n’est pas vraiment mentionné avant l’avant-dernier chapitre, juste quelques pages avant la fin du volume 1. D’un autre côté, une grande partie du monde actuel est préfigurée par le temps passé par le président Obama. Elizabeth Warren était professeur d’université. Lindsay Graham était prête à traverser l’allée. Les juges – à ce moment-là – étaient confirmés à la Cour suprême sans le spectacle complet de l’horreur partisane. D’une certaine façon, c’était une époque plus simple.

Il y a tellement plus de choses que je pourrais dire sur ce livre. Hélas, comme Barack Obama, je n’ai pas encore maîtrisé la brièveté. À ce stade, j’ai lu tellement de livres de tant de personnages de l’orbite d’Obama, que sa voix est maintenant au centre d’un portrait de l’époque à la Rashomon. Je conclurai en disant que, aussi long et exhaustif que soit ce livre, j’attends avec impatience la lecture des volumes suivants. (Celui-ci se termine avant même que son premier mandat ne soit terminé, alors qui sait combien il y en aura). Le livre est terriblement bien écrit.

Note : 9,5/10

Broché : 890 pages ISBN-10 : 2213706123 Poids de l’article : 1.1 kg ISBN-13 : 978-2213706122 Dimensions : 24.7 x 4.3 x 16 cm Éditeur : Fayard (17 novembre 2020)

Fils-des-brumes tome 1 L’empire ultime de Brandon Sanderson, une saga épique, dense et surprenante

L’amateur de littérature fantastique que je suis n’est jamais rassasié. J’ai beau empiler dans ma mémoire de lecteur des dizaines et des dizaines de mondes imaginaires créés par des auteurs de tout horizons et de tout style, il m’en faut toujours plus. C’est pourquoi, après avoir beaucoup entendu parler de cet auteur américain et de sa saga j’ai décidé de m’aventurer sur les terres de l’Empire ultime.

Comme toute saga de fantasy les premiers chapitres ne sont qu’une longue introduction à l’univers. L’auteur parvient rapidement à nous happer dans son univers par le biais de ces deux personnages principaux. Le turbulent Kelsier, qui agira comme élément perturbateur, mentor et vecteur de changement sans jamais se défaire de son panache et de son sourire énigmatique. Vin, quant à elle, est chargée d’endosser le rôle de l’enfant prodige, l’élue qui ignore encore sa valeur. Un rôle lu et relu auquel l’auteur parvient à accorder de la profondeur en insistant sur l’aspect méfiant et réservé de son héroïne, qui n’arrive tout simplement pas à concevoir qu’il lui arrive enfin quelque chose dans sa vie dont elle n’est pas victime.

Puis très vite l’intrigue prend une direction plus linéaire. On suit Vin, qui endosse véritablement la cape de personnage principal, dans sa découverte d’un univers inconnu et de pouvoirs insoupçonnés. Le système de magie mis en place par l’auteur est original, structuré et offre suffisamment de subtilité pour de futures surprises. La plume simple, sans lyrisme ni emphase, permet de détailler tous les éléments nécessaires à la compréhension de l’intrigue, la magie, le système politique, l’Histoire de l’empire sans jamais donner l’impression de lire un exposé, le tout est intégré à la narration. D’un autre côté on pourrait reprocher à l’ouvrage d’être trop linéaire, on se focalise sur Vin pour ne la délaisser qu’à de rares occasions, ce qui entraîne parfois une certaine lassitude.

L’ouvrage ne souffre pas de longueurs à proprement parler mais l’intrigue fait du surplace sur certains points durant de nombreuses pages avant de connaître des soubresauts pas toujours très bien amenés. Toutefois l’auteur maîtrise suffisamment la narration pour nous offrir d’intenses chapitres qui font la part belle à l’action et aux combats. J’avais peur que certains passages durant lesquelles Vin doit endosser un rôle à cent lieues de ses origines se révèlent particulièrement ennuyeux mais il n’en ait rien. Certes les intrigues de cours que l’auteur cherche à mettre en place n’atteignent jamais la profondeur et la complexité d’autres grandes sagas de fantasy mais permet de mettre en place une idylle entre Vin et un personnage auquel je suis parvenu à m’attacher, à ma plus grande surprise.

Aussi linéaire soit l’intrigue, elle réserve toutefois d’excellentes surprises et autres retournements de situation, surtout vers le dénouement, qui pourrait apparaître comme précipité mais qui a le mérite de ne pas faire traîner certaines situations. Le lecteur tatillon pourra quand même se demander à quoi bon tous ces complots et cet espionnage auquel s’adonnent les protagonistes durant les deux tiers de l’ouvrage pour un maigre résultat mais ce serait pinailler. L’auteur, désireux de donner un coup d’accélérateur, à son intrigue a préféré conclure certaines intrigues et préparer le terrain pour un volume deux qui s’annonce tout aussi épique.

L’amateur de fantasy est donc satisfait avec ce premier volume d’une saga prometteuse. Des personnages bien écrits, un univers riche et complexe, il y a là de quoi combler l’appétit de n’importe quel ogre de lecteur. J’espère juste que l’auteur saura conjuguer les intrigues sur le long terme et la résolution de celles-ci dans les futurs tomes de sa saga sans forcément verser dans l’action trépidante mais un peu facile.

Résumé: Les brumes règnent sur la nuit, le Seigneur Maître sur le monde.

Vin ne connaît de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de mille ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux. Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un projet fou : renverser l’Empire.

  • Poche : 928 pages
  • ISBN-10 : 2253023604
  • ISBN-13 : 978-2253023609
  • Dimensions : 10.8 x 5 x 17.7 cm
  • Éditeur : Le Livre de Poche (12 octobre 2011)
  • Poids de l’article : 440 g

Joyeux Noël ! – Mes premières questions/réponses – 8 octobre 2020 de Camille Moreau, Mélisande Luthringer

D’où vient le calendrier de l’Avent ? Pourquoi on décore le sapin ? Où habite le père Noël ? Que mange-t-on le soir du réveillon?…

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Chronique : Ouvrage très bien fait, amusant, apprenant beaucoup de choses à l’enfant mais sur un mode ludique et qui lui laisse des initiatives. La famille peut aussi participer et cela peut être un bon point de départ pour parler tranquillement, à cœur ouvert, des questions sur noël . L’enfant en découvre la nature de cette fête, les caractéristiques ainsi que 3 questions qui ce trouves avec une loupe par double page + À la fin, un grand jeu de  » cherche et trouve « .

Note : 9,5/10

Relié : 20 pages ISBN-10 : 2092591673 ISBN-13 : 978-2092591673 Dimensions : 19.7 x 0.9 x 22.2 cm Niveau de lecture : 3 – 5 ans Éditeur : Nathan (8 octobre 2020)