Mon père de Grégoire Delacourt, et de l’ignoble surgit la beauté

Un cri. Ce livre est un cri. Un cri de douleur, de rage et d’impuissance d’un père face à la tragédie personnelle qui le frappe. Un cri qui vous happe, vous vrille le cœur et vous laisse hébéter face à l’ignominie du monde.

En deux cents pages à peine Grégoire Delacourt parvient à englober les différents aspects d’un scandale de société qui nous afflige encore régulièrement. L’auteur, accompagné de sa plume délicate et aéré, fait résonner les cris des différentes victimes collatérales de ce drame, en laissant volontairement de côté les victimes principales. Son but n’est pas de produire un témoignage sûr comment une telle chose peut encore arriver de nos jours mais de nous plonger dans un esprit chauffé à blanc par une douleur insondable.

Car ce cri est avant tout celui d’un père, biologique, qui comme tant de pères avant lui a l’impression d’avoir quelque peu échoué dans son rôle, paternité précoce et divorce encore plus précoce. Le tintamarre de la vie quotidienne l’ont empêcher d’entendre le silence assourdissant de son fils. Une fois la souffrance révélé, ce père décide de ne plus se taire et de hurler son ressentiment face au Père qui a guidé toute sa vie. Cette confrontation constitue le cœur du récit alors que le cri de douleur se transforme en rage que rien ne peut plus contenir. Une telle rage ne peut épargner à ceux qui entendront ce cri, les détails sordides insoutenables et la violence inéluctable qui en découle. Car ce cri de détresse doit trouver un écho, une complainte de pénitent afin que la souffrance laisse place à la guérison.

Aux côtés du cri de ce père meurtri l’auteur a eu l’intelligence de placer des échos qui donner de l’ampleur au récit afin de ne pas laisser l’impression que le récit est unilatéral. Des échos qui permettent de comprendre et d’entendre d’autres voix, d’autres réactions à ce scandale qui remue beaucoup d’émotions, de non-dit et de surdité de la part de nous tous. Au milieu de ces échos se trouve un appel au pardon argumenté et sensé mais pourtant inaudible.

C’est troublant de voir la beauté et la poésie que l’auteur parvient à extraire de son récit glaçant et sordide. Car malgré les détails sordides qui sont explicites et difficilements soutenables on ne peut s’empêcher de ressentir des émotions propres à la poésie la plus pure et la plus désespérée.

Les ultimes soubresauts de ce cri s’achèvent sur des haut-le-cœur, ceux que nous laissent ces sanglots venu du plus profond de notre être. Des haut-le-coeurs qui enserrent la gorge d’un désespoir profond qui nous fait prendre conscience que, malgré la puissance d’un cri de souffrance, l’horreur et l’ignominie ne disparaissent pas aussi facilement.

« J’attends.J’attends car je sais qu’après ça sera fini. Il n’y a pas de retour en arrière dans la vie. Pas de bouton qui permet de rembobiner les images:éloigner un couteau de la gorge d’un fils et le rengaines dans son fourreau, pas plus qu’on ne peut remonter sur un plongeoir par la voie des airs et s’y retrouver à nouveau sec,les bras en croix. On ne peut qu’avancer. On ne peut que tomber ”

Quatrième de couverture: Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?
G.D.

  • ISBN-10 : 2709665336
  • ISBN-13 : 978-2709665339
  • Poids de l’article : 268 g
  • Dimensions du produit : 13.2 x 1.9 x 20.5 cm
  • Éditeur : JC Lattès (20 février 2019)
  • Langue : : Français

Je mène l’enquête à Paris – 3 septembre 2020 de Tristan PICHARD & Alice MORENTORN

Suis Maxime et Axelle, des enfants astucieux qui n’ont pas froid aux yeux, dans leur enquête ! Découvre le Paris de la Belle Époque, ses monuments et ses ruelles secrètes ! Aide-les à retrouver leur père, le fameux journaliste enlevé par les sbires de Xanatas, l’ennemi n°1.

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Chronique : Un joli livre qui contient pleines activités différentes: des choses à trouver, des énigmes dans le monde de Paris. Dès la première page ont voit que les activités sont adaptées pour les enfants comme pour les grands. Ce livre aide à développer la motricité fine, la patience, le sens d’observation. l es images sont bien dessinées pas trop petit pas trop grand. 48 pages d’activités différentes donnent une large gamme de possibilités.

Note : 09/10

Star Wars : Renaissance – 27 août 2020 de Rebecca ROANHORSE

La Résistance est en ruine. À la fuite difficile de Crait, ce qui était autrefois une armée a été réduit à une poignée de héros blessés. Finn, Poe, Rey, Rose, Chewbacca, Leia Organa – leurs noms sont célèbres parmi les mondes opprimés pour lesquels ils luttent. Mais les noms ne font pas tout et le dernier appel à l’aide désespéré de Leia est resté sans réponse.

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Chronique : Un très bon livre. C’est le parfait livre de transition dont nous avons besoin. Après le dernier Jedi, la Résistance a survécu mais elle a été décimée en termes de personnel, d’armes et de soutien L’autre chose, c’est que le temps entre le Réveil de la Force et le Dernier Jedi est si minuscule que la lecture de ce livre m’a fait réaliser le peu de temps que les personnages ont entre eux. C’est le point principal de ce livre : il donne vraiment aux personnages du nouveau et de l’ancien temps et une chance de faire leur deuil et de créer des liens.

L’une des grandes choses que j’ai toujours aimées dans Star Wars, c’est la continuité entre les films, les livres, les bandes dessinées et même les jeux. C’est quelque chose qui a manqué à l’époque de Disney. Oui, de nouveaux personnages doivent être créés, mais avant ce livre, les choses n’allaient pas vraiment bien ensemble. J’y ai vu des personnages de la trilogie Aftermath, dont l’un s’est fait un nom dans l’univers de la bande dessinée, Bloodlines, Rebels, et d’anciens héros également.

Pas de grandes révélations dans ce livre, mais un livre vraiment nécessaire pour rassembler tous les personnages. De nouveaux personnages, d’anciens et de nouveaux héros, de nouveaux rôles à jouer, et un feu renouvelé pour combattre l’injustice. Un grand livre. Rey est très calme dans ce livre, elle n’y fait que quelques apparitions, je suppose qu’elle est sauvée pour le film, mais ce serait dommage que les autres personnages ne soient pas reconnus. À lire absolument avant le début de l’aventure Skywalker

C’est aussi un livre de Poe Dameron. Il est encore en train d’accepter sa mutinerie et toutes ses ramifications et d’apprendre comment en sortir. Il se sent incroyablement nécessaire et Rebecca Roanhorse gère habilement son état d’esprit. Honnêtement, il y a beaucoup de choses à aimer dans ce livre, mais je ne veux vraiment pas en gâcher davantage pour les lecteurs, car chaque nouvelle révélation ou inclusion de personnage a été une joie à découvrir en lisant.

Note : 9/10

L’Heure du diable (03 septembre 2020) par Patrick Bauwen

Chris Kovak est médecin, agoraphobe, incapable de sortir de chez lui. Quand un mystérieux patient le contacte, un compte à rebours meurtrier commence.

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Chronique : Avec ce nouveau livre Bauwen nous offre après le jour du chien et la nuit de l’ogre un roman qui gagne en profondeur et en force dans ce récit et qui est un de ses meilleurs livre dans le genre du thriller. Si vous n’avez jamais lu un de ses romans la trilogie de Chris Kovak est une bonne entrée dans le style de l’auteur.  Patrick Bauwen immerge son récit dans une histoire dur, proche de Se7en de Fincher qui frôle la démesure. Les idées qu’il emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu’il nous décrit car ce livre enchaîne les lieux comme  des plus étranges et des décors qui sont de plus en plus étranges. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l’auteur dans cet univers où l’absurde qu’il nous est dépeint : mais c’est aussi au lecteur de rester terre à terre et de ne pas croire chacune des théories de ses personnages . À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu’on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens historiquement ou non. L’auteur joue avec la religion et la place de Dieu dans ce monde où les cultures ne savent ce que sait . Dans une histoire au rythme rapide et aux chapitres courts, il y a beaucoup de rebondissements, de faux-fuyants, et un niveau élevé de suspense et de tension. C’est une lecture fascinante, sombre, atmosphérique, avec un Chris Kovak qui capture habilement la nature et l’anatomie de la vie. Un roman plein d’intrigues et de surprises, qui aborde des sujets importants tels que le crime, le châtiment et la justice. Oh et attention à ne pas répandre les rumeurs et les commérages !

Note : 9,5/10

La Marche du levant de Léafar Izen | 2 septembre 2020

Trois cents ans. C’est le temps que met la Terre pour tourner sur elle-même. Dans le ciel du Long Jour, le soleil se traîne et accable continents et océans, plongés tantôt dans une nuit de glace, tantôt dans un jour de feu. Contraints à un nomadisme lent, les peuples du Levant épousent l’aurore, les hordes du Couchant s’accrochent au crépuscule.

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Chronique : Merci Léafar Izen pour ce superbe livre qui nous fait voyager vers des terres peu connues. Avec une superbe couverture, des chapitres bien mis en évidence…et c’est surtout un agréable roman Il y a de bons ingrédients permettant aux lecteurs d’apprécier cette histoire : magie, aventure et récit initiatique. On peut honnêtement dire sans gâcher une chose que ce roman offre de l’estime de soi. Car cela se ressent dans une véritable horreur depuis le début et jamais une fois la tension ne s’est glissée, se basant sur les détails, des caractérisations pointues et des révélations merveilleuses. On pourrait l’appeler une fantasy sombre, bien sûr, ou une fiction historique avec un réalisme magique plié, ou même un conte tellement enraciné dans la réalité qu’on ne pourrait jamais creuser assez profondément. Ce roman est donc dotée de bien des qualités. La plume de l’auteur est enchanteresse et il est agréable de se laisser porter par les mots, rien que pour le plaisir de lire de belles phrases bien tournées. Et puis il y a l’histoire et ses personnages. Nous emmenant dans un univers riche et complexe à souhait, peuplé de créatures fantastiques, où nos héros ne pourront se contenter d’être de simple spectateur et entre dans ce cauchemar. Instruments de pouvoir ou créatures dotées de consciences, capables de ressentir . Plus qu’un roman de fantaisie d’aventure, Léafar Izentire à chaque fois la bonne combinaison pour trouver alliés et solutions à chaque étape de son périple… Quel livre bien rempli ! Là encore, impossible d’arrêter ma lecture, de décrocher de cet univers car la structure du livre nous montrent les deux tableaux séparés avec les liens qui les unissent. Côté ambiance générale, c’est assez froid et fataliste quoi que réchauffé par de belles rencontres et de grandes surprises. L’amitié et la force de la fidélité façonnent dans ce roman la plume de l’auteur est fluide et met en place un parfait équilibre entre descriptions, dialogues et actions, nous présentant au travers d’une intrigue captivante.

Note : 9,5/10

Moins 18°de Stefan AHNHEM | 03 Septembre 2020

Après une course folle, une BMW plonge dans les eaux de la gare maritime d’Helsingborg. Quelques heures plus tard l’identité du passager défraie la chronique : Peter Brise, star nationale des technologies de l’information, était promis à un avenir florissant.

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Chronique : Lorsque le millionnaire de l’informatique Peter Brise entre dans le port après une poursuite en voiture, la police suppose qu’il s’agit d’un suicide jusqu’à ce que le pathologiste révèle qu’il était mort et l’était depuis un certain temps lorsqu’il est tombé à l’eau. Comment est-ce possible alors qu’il a été vu quelques jours plus tôt ? Entre-temps, l’enquête de Dunja sur une femme sans-abri vue couverte de sang la conduit à une affaire de gifles heureuses et de dérision des inspecteurs.

J’ai beaucoup apprécié Moins 18°. J’ai été accroché par cette prémisse inhabituelle et saisi par la lenteur et le rythme de la diffusion des informations. J’avais hâte d’y revenir et de voir ce qui allait suivre. Une grande partie de l’intrigue, notamment les meurtres suédois, a mis à rude épreuve ma crédulité, mais j’ai vite oublié de me poser des questions à ce sujet, car je me suis retrouvé pris dans l’intrigue et, ce qui est presque aussi important, dans la vie privée des personnages. J’aime la façon dont Ahnhem est capable de tisser tous ces fils ensemble si facilement lorsque les deux principales intrigues sont complètement séparées et ne convergent à aucun moment, sauf de façon tangentielle.

Il y a beaucoup de choses sur Fabian et sa famille dans ce roman. Lui et sa femme, Sonja, se rapprochent du divorce et ses enfants y font face à leur manière. Theodor, qui est troublé, a transféré son affection à Alexandra, une fille de l’école, et Matilda s’adonne à des activités occultes avec une planche de ouija. Dunja essaie de remettre sa carrière sur les rails mais est constamment sabotée par le malveillant Kim Sleizner. J’ai trouvé toutes ces histoires personnelles aussi fascinantes que les intrigues principales et j’ai hâte de voir comment elles se dérouleront dans le prochain roman, avec les indices sur la prochaine enquête de Fabian.

Il y avait deux histoires qui se côtoyaient dans celle-ci et j’espère que nous verrons plus de Dunja dans le prochain livre et qu’elle résoudra les problèmes. Fabian doit vraiment faire le tri dans son fils aussi. Il a toujours été un sacré numéro et ne s’améliore pas non plus ici. Dans certains endroits, les compétences de Fabian (et de son équipe) en tant que détective pourraient aussi être mises à profit. Cependant, sa gentillesse se manifeste dans quelques scènes touchantes cette fois-ci, ce qui était agréable à voir. Il y avait un meurtre particulièrement méchant dans celle-ci…..Je suis content de ne pas vivre avec une imagination aussi vive, je dois dire.

Je m’attendais à ce que le roman soit un peu décousu étant donné les différents points de vue et intrigues, mais même s’il saute aux yeux, je l’ai trouvé facile et passionnant à lire. Il faut aussi noter que le nombre de morts est élevé et que si la violence n’est pas trop graphique, elle n’est pas forcément pour les dégoûtés.

Note : 9/10

Mothercloud de Rob Hart, le bonheur a toujours un prix

C’est quoi un roman post-apocalyptique ? Des cités en ruine, des hordes de morts-vivants affamés et des survivants prêts à s’entretuer pour une boîte de conserve ? Ou bien peut-on considérer que tout roman présentant un avenir sombre et angoissant peut-être considérer comme du post-apocalyptique? Le débat mérite d’être lancé car, une chose est sûre, le monde décrit dans cet ouvrage me terrifie bien plus que n’importe quel récit de zombie.

Le premier ouvrage de Rob Hart ne brille pas par son style, fluide mais sans particularité. L’auteur se concentre surtout sur les dialogues, les descriptions sont facilitées du fait que l’action se déroule au même endroit la majeure partie du temps. La force de ce roman tient à son intrigue glaçante qui se révèle au fur et à mesure de la lecture.

Telle une plante carnivore l’intrigue va engluer les personnages ainsi que les lecteurs avant de refermer cruellement ses mâchoires alors qu’il est déjà trop tard. La sournoiserie du management de Cloud et l’aspect pernicieux de la notation des employés est minutieusement reproduit par l’auteur. Les personnages se retrouvent rapidement complètement aliénés dans leurs postes respectifs. Le dérouler d’une journée type de Zinnia est tout simplement abrutissant tandis que Paxton va petit à petit perdre ses repères et ses résolutions. Sa transformation psychologique est amenée subtilement, par le biais de petits détails et avant même qu’il ne puisse s’en rendre compte il se retrouve endoctriné, incapable de saisir les mensonges de façade et la manipulation dont il est victime.

Ses deux personnages sont convaincant et attachants chacun à leur manière. Paxton représente David, le petit entrepreneur dépassé par Goliath, l’entreprise surpuissante et invincible. Zinnia est plus cynique, plus combative aussi mais elle finit elle aussi par montrer des failles. La relation qui se noue entre eux, sans être renversante d’émotions à fleur de peau, est convaincante.

L’auteur a tenu à ne pas présenter un discours manichéen et rappelle une vérité que les détracteurs d’amazon, qui est clairement visée dans ce récit, ont tendance à oublier. Si cette entreprise a pu acquérir autant de pouvoir c’est que nous, consommateur, nous l’avons laissé faire. La réponse à cette emprise est tout sauf simple. L’auteur a tenu à donner un ton mature à son récit avec une fin ouverte rassurante mais insiste sur le fait que les conséquences seront élevées et irrémédiables. On ne s’extirpe pas du piège de la plante carnivore sans en payer le prix.

Impossible de terminer cette chronique sans évoquer le cynisme absolu dont fait preuve cette entreprise tentaculaire prête à tout pour multiplier les profits, un cynisme qui n’a pas attendu des fictions qui dépeignent un futur catastrophique pour étreindre les hommes d’affaires de ses serres cupides. Un cynisme, qui allié à la technologie implacable et la faiblesse des gouvernements leur assure une victoire sur une société qui change plus vite que sa population ne peut l’intégrer. Un récit effrayant qui rappellera aux connaisseurs les meilleurs épisodes de la série black mirror.

Résumé: Ex-petit patron désormais ruiné, Paxton n’aurait jamais pensé devoir intégrer une unité MotherCloud, cette superstructure de l’e-commerce qui a dévoré la moitié de l’économie mondiale. Pourtant, dans une société n’ayant plus rien à offrir, comment peut refuser un job qui propose non seulement un salaire, mais aussi un toit et à manger ?
La jeune Zinnia non plus n’aurait jamais pensé rejoindre MotherCloud, mais sa mission est tout autre : une révolution est en marche dont elle est le bras armé. Devenir salariée n’est qu’un premier pas pour infiltrer le système, en percer les secrets. Le détruire.

  • Broché : 416 pages
  • ISBN-10 : 2714480918
  • ISBN-13 : 978-2714480910
  • Dimensions du produit : 14.1 x 3.7 x 22.6 cm
  • Éditeur : Belfond (5 mars 2020)

Le prince cruel d’Holly Black, éditions Rageot / 02 septembre

 

Résumé: Jude a 17 ans et vit à la Haute Cour de Domelfe dans le royaume de Terrafæ. Enlevée au monde des mortels lorsqu’elle n’était qu’une enfant et élevée avec ses sœurs parmi les puissants, elle a appris à se protéger des sortilèges et à se battre à l’épée. Pourtant, elle subit jour après jour les moqueries et les insultes. Car elle n’est qu’une humaine, vouée à la mort, dans un monde où règnent les Fæs, créatures sublimes, immortelles… et cruelles.Bien connu des amateurs de fantastique dans l’édition jeunesse, notamment avec sa saga des chroniques de spiderwick, Holly Black signe son grand retour à la fantasy jeunesse avec une nouvelle saga pleine de sang et de fureur et se déroulant à nouveau dans l’univers des fées.

Chronique : Ayant depuis longtemps abandonné le côté young adult de la fantasy je craignais fortement que ce prince se montre bien cruel avec moi lors de la lecture. Comme tout genre et sous-genre, le young adult possède ses tics d’écritures qui finissent par lasser. Le premier tiers de l’ouvrage m’a effectivement fait craindre d’être tombé sur les pires travers de la young fantasy. Une héroïne impulsive qui ne sait que s’attirer les ennuis, un antagoniste haïssable au possible et un début de romance qui sent la manipulation et le narcissisme autant que les jardins royaux sentent la rose.

Heureusement l’intrigue prend un tournant salvateur qui relance les enjeux et rabat les cartes des relations entre les différents protagonistes. Notre jeune héroïne prend son destin en main et celui de Domelfe par la même occasion. Son initiation au monde impitoyable de l’espionnage et des intrigues de cours lui permet de gagner en maturité et en profondeur alors que son regard sur le monde des fées, qu’elle enviait tant, se teinte de cynisme et d’amertume. Elle finira par comprendre qu’il y a quelque chose de pourri au royaume des fées.

Les personnages se révèlent plus fins que les premiers chapitres ne le laisser présager. Les bouleversements qu’ils connaissent au fil des complots aiguisent leurs psychologies et efface le manichéisme que l’on pouvait ressentir au début de la lecture. Une fois la dernière page refermée impossible de prévoir comment la situation va évoluer.

Le royaume des fées aurait mérité plus de descriptions, en l’état le récit est très cloisonné. On passe d’un manoir à un autre sans vraiment profiter des paysages de ce royaume magique. Cela s’explique par la tournure plus sombre que prend l’intrigue mais l’immersion dans cet univers, à l’issue du premier volume, n’est que partiellement réussie.

L’intrigue qui se met en place progressivement reste de facture classique mais plaisante et promet le meilleur pour la suite de la saga. Le travail effectué sur le profil psychologique des personnages est solide et place ce prince cruel dans les bonnes surprises de cette rentrée littéraire.

« Les faes sont peut-être de belles créatures, mais cette beauté est comme une carcasse d’un cerf doré, infestée d’asticots, prête à exploser »

Collection : Grand Format
EAN : 9782700273885
EAN numérique : 9782700263510
 
 
 
 
 
 

Libertalia – 20 août 2020 de Jean-luc Marcastel

Je m’appelle Henri, j’ai 12 ans et je vis à Nantes. Avec Luigi et Maugette, ma fratrie d’adoption, nous sommes devenus des professionnels des chamailleries et du chapardage de morues. Un jour, au détour d’une venelle, nous faisons la rencontre d’une jeune fille… noire. Elle s’appelle Nyah, et elle fuit les négriers qui la considèrent comme une vulgaire marchandise à échanger contre des produits exotiques. Entre ses paumes serrées, un mystérieux pendentif en forme de panthère… Aurait-il un lien avec l’étrange félin qui rôde dans les environs depuis peu ? Peu m’importe : dans les yeux de Nyah, je découvre une myriade d’émotions qui me touche profondément… C’est décidé, je dois l’aider !

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Chronique : C’est à la fois un roman très dur mais également très émouvant. Très dur puisqu’il traite de la terrible condition de l’esclavage mais émouvant .
Superbe roman de Jean-luc Marcastel où se trouvent les thèmes de la déshumanisation , de la cruauté émanant de certains hommes de pouvoir (pouvoir qui s’assimile principalement à l’argent et dans ce cas précis, à la couleur de la peau) mais aussi ceux de l’amitié et de la bonté humaine.L ’auteur a le talent d’exposer ses pensés nettement sans pour autant se livrer à des jugements hâtifs ou malvenus de l’écrivain. D’une part, il fait émerger tout ce qui est critiquable, de la posture de son héro Henri: aux éléments textuels eux-mêmes, en faisant toujours preuve de précision ; d’autre part, c’est avec une grande équanimité qu’il soupèse les questions centrales (le rapport au paradis perdu de l’enfance Bref, sans baver d’admiration sur la moindre ligne écrite par l’auteur, il n’exalte ce que ses dires qui recèlent de meilleur.

Note : 9,5 /10

Broché : 233 pages ISBN-10 : 2354887949 ISBN-13 : 978-2354887940

Hypnose – 12 août 2020 de Peter James

Lorsque Charley voit la maison de ses rêves pour la première fois, c’est comme si elle l’avait toujours connue, qu’elle y avait déjà habité. Et lorsqu’elle y emménage avec son mari Tom, son impression se transforme en véritable certitude.

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Chronique : Ce livre a été une expérience un peu étrange, car James a définitivement évolué en tant qu’écrivain depuis qu’il a écrit celui-ci. En même temps, il n’était pas mauvais, bien que quelques références remontent au début des années 90, quand il est sorti. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, car c’est l’histoire elle-même qui fait qu’elle vaut la peine d’être lue.

Bien sûr, elle a sa part de clichés, mais c’est aussi une histoire de maison hantée. L’écriture n’a jamais été maladroite, mais il y a eu quelques moments où elle était peut-être trop simple. Cela dit, il a fait exactement ce qu’il fallait pour raconter l’histoire, et je ne peux pas vraiment m’en plaindre.

Je ne sais pas si je dirais que c’est un bon point de départ pour Peter James, mais si vous avez lu quelques-uns de ses autres livres et que vous avez peut-être envie de faire une pause avec Roy Grace, ce livre pourrait bien être celui qu’il vous faut. C’est particulièrement vrai si vous êtes plus fan de l’horreur et du surnaturel que des romans de procédure policière, bien que je sois fan des deux et que je pense personnellement qu’il est meilleur dans le second cas.

J’ai aussi aimé la façon dont tout s’est mis en place ici, même si c’était peut-être un peu prévisible. Mais cela m’a permis de suivre beaucoup plus facilement ce qui se passait et qui était qui, et je ne me suis donc jamais senti perdu.

Note : 8/10

  • Poche : 384 pages
  • ISBN-13 : 979-1028105549