La Belgariade – Intégrale 2 – 11 février 2021 de David EDDINGS

Au commencement de cette histoire, il était un jeune valet de ferme, ignorant tout de son Destin. Garion. Aux côtés de sa tante Polgara, la puissante sorcière, et de son grand-père Belgarath, l’homme éternel, Garion prit conscience de ses immenses pouvoirs et partit récupérer ce qui lui revenait de plein droit.

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Chronique : Dans La Belgariade – Intégrale 2, la quête de Garion et de ses amis pour retrouver son fils enlevé – et la rencontre finale entre l’Enfant de la Lumière et l’Enfant ou l’Obscurité, comme le prédisent les prophéties – commence enfin. Et, oooh, c’est toujours aussi excitant que la première fois que je l’ai lu !

Dans le premier tome, nous avons appris l’existence d’Harakan, un sous-fifre d’Urvon, ancien disciple de Torak, qui avait réussi à prendre le contrôle du culte de l’Ours et à comploter pour assassiner la femme de Garion, Ce’Nedra, et tuer leur fils Geran – et non l’enlever, ce qui a poussé Garion et les armées d’Alorn à s’en prendre au culte de l’Ours. Dans ce livre, nous découvrons Naradas, un Angarak qui n’a que du blanc pour les iris. Nous ne savons pas encore pour qui il travaille, mais il a causé toutes sortes d’ennuis en Occident, jetant des obstacles sur le chemin de Garion et de ses amis. Pourtant, ils parviennent à se rendre à Cthol Murgos sous le couvert d’esclavagistes, lorsqu’ils sont capturés par les Dagashi, des assassins Murgo très bien entraînés, qui ont pour mission, pour un groupe d’esclavagistes, de se rendre à Rak Hagga par bateau, en incluant une autre personne de leur groupe. Ils se retrouvent au palais de Drojim, où ils rencontrent le roi de Cthol Murgos, Urgit.

J’ai adoré ce livre ! J’ai adoré rencontrer Urgit à nouveau, et que le groupe d’amis apprenne à le connaître et l’aide en tant que roi. Urgit n’est pas un mauvais homme, Garion est déçu de le trouver, mais c’est un roi faible, et il est malmené par son personnel. Il n’a rien à voir avec les Murgos que le groupe a rencontrés par le passé, et n’a aucun désir d’être le roi que son père, Taur Urgas, était. Je l’aime vraiment bien, et, sachant où va l’histoire après avoir lu la série précédemment, j’ai apprécié toutes les surprises qui se sont produites en cours de route.

Cependant, il y a un certain nombre de choses qui se sont passées dans ce livre que j’avais complètement oubliées. Je savais que le groupe allait rencontrer Urgit, mais je ne me souvenais plus comment cela s’était passé. Le fait d’être capturé par les Dagashi et les événements qui ont conduit à la rencontre du groupe avec Urgit ont été une surprise, tout comme à peu près tout ce qui s’est passé après avoir quitté le palais de Drojim. Je me suis souvenu de certains morceaux ; je savais que le groupe rencontrerait certaines personnes à un moment donné de l’histoire, mais je ne savais pas quand – quel livre – ni comment. Tous ces détails avaient été perdus pour moi au fil des ans, c’était donc formidable de redécouvrir l’histoire. C’était presque comme si je la relisais pour la première fois, et j’étais complètement captivé.

Chaque fois que je lis un personnage masculin qui est sexiste, je me mets immédiatement en colère, mais au fur et à mesure, on voit très clairement ce qu’Eddings pense de ces personnages, et on se moque toujours de ce personnage. Le choix évident pour Garion et Cho-Hag est que la reine Porenn, épouse de Rhodar et mère de Kheva, agisse en tant que reine régente jusqu’à ce que Kheva soit assez âgée pour gouverner, non seulement en raison de ce qu’elle est, mais aussi de ses capacités. Mais cela pose un problème à Anheg. Une femme ne peut pas régner. Ce n’est pas tant qu’il pense que Porenn ne peut pas le faire, mais qu’il est mal à l’aise avec le fait qu’une femme dirige un pays. Eddings parvient à le faire passer pour un idiot alors que Garion et Anheg critiquent ses objections, et c’est en fait un moment assez amusant. Un autre exemple dans King of the Murgos est lorsque Polgara doit faire quelque chose (ne peut pas dire, spoilers) qui lui pose vraiment problème. Elle est malheureuse et se sent coupable, et déteste le fait que c’était quelque chose qu’elle devait faire. Lorsqu’elle parle à Garion, Belgarath la critique, mettant en cause la compassion des femmes, laissant entendre que la compassion est une faiblesse, et que les hommes ne s’embarrassent pas de compassion. Mais Garion fait remarquer que Belgarath a fait quelque chose dans la première série avec les Fenlings de Mordai, où il leur a donné le pouvoir de la parole humaine, quelque chose qu’il ne voulait pas gagner ou lui donner un avantage dans leur quête à ce moment-là, quelque chose qu’il a fait pour Mordai par compassion. Le fait qu’on le lui rappelle rend Belgarath embarrassé, et Garion le gronde et se moque gentiment de sa folie à critiquer Polgara. Étant donné que l’Angleterre médiévale est basée sur le fantastique, je pense que la misogynie est en fait réaliste (bien que, bien sûr, les auteurs puissent écrire du fantastique sans les préjugés de la vie réelle dont l’époque s’inspire), mais j’aime que chaque cas de misogynie et de sexisme soit montré comme étant ridicule. On a l’impression qu’Eddings dit « Regardez ces hommes stupides » et qu’il rit avec nous et les personnages.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (11 février 2021) Langue : Français Poche : 880 pages ISBN-10 : 2266307444 ISBN-13 : 978-2266307444

Star Wars : Leia, Princesse d’Alderaan de Claudia GRAY – 25 février 2021

À seize ans, la Princesse Leia Organa se retrouve confrontée au plus grand défi de sa courte vie : faire ses preuves dans les domaines du corps, du cœur et de l’esprit, afin de mériter son titre de princesse héritière du trône d’Alderaan.

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Chronique : Elle l’a bien cerné. Claudia Grey a parfaitement saisi le caractère et les caractéristiques de Leia. Je ne veux manquer de respect à personne, mais je pense honnêtement que personne n’aurait pu écrire une meilleure histoire d’origine pour Leia.

Au début du livre, j’étais un peu déçu que ce soit une histoire sur la jeune Leia, mais le livre était incroyable. Comme je l’ai dit, Claudia a montré tous les aspects de la personnalité de Leia. La princesse, la guerrière, la patiente négociatrice et la chatte de l’enfer au tempérament fougueux.

C’est l’histoire de la maturité de Leia. Cependant, une autre bonne chose que l’on peut penser de ces livres est que Claudia a fait un excellent travail sur les personnages secondaires. Comme tout fan de Star Wars le sait, le « père » de Leia, Bail Organa, a été impliqué dans la rébellion, mais le crédit accordé à sa « mère » Breha est insuffisant. Beaucoup de ses talents, s’ils n’ont pas été appris en les cultivant, ont été définitivement mis en valeur à partir de là. Le dernier point à souligner est la recherche, les détails et les camaïeux de ce livre. Pour moi, tout est parfait dans ce livre.

Ce qui fait le succès de ce livre qui es si bon c’est l’accent mis sur les personnages. Plutôt que de s’enliser dans des histoires qui ressemblent à des reprises d’événements que nous avons vus ou lus d’innombrables fois dans d’autres médias de la Guerre des étoiles, Gray met l’accent avant tout sur le développement des relations entre la jeune Leia et son entourage : sa mère Breha. Son père Bail. Son amie Amilyn Holdo. Son intérêt pour l’amour Kier. Ces relations, et toutes les émotions complexes qui les accompagnent, sont les principaux éléments qui alimentent ce livre et lui donnent l’énergie qu’il a ; elles sont aussi ce qui en fait une lecture si convaincante : en tant que lecteur, vous êtes investi dans l’intrigue non pas parce qu’on s’attend à ce que vous le fassiez, mais parce que Claudia Gray vous donne en fait une RAISON de le faire. C’est incroyablement rafraîchissant, non seulement de voir cela dans un roman de Star Wars, mais de le lire dans N’IMPORTE QUEL roman, point final,

« Leia, » est la définition d’une « bouffée d’air frais » : elle est bien écrite, a des personnages qui vous tiennent à cœur et traîne rarement, voire jamais. C’est le type de roman Star Wars que vous aimeriez que tous les romans Star Wars soient, ceux qui valorisent les relations et le développement de ses protagonistes plutôt que les combats au sabre laser et les batailles de vaisseaux. Espérons que ce n’est pas la dernière fois que Claudia Gray rend visite à une galaxie aussi lointaine.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (25 février 2021) Langue : Français Poche : 400 pages ISBN-10 : 2266292072 ISBN-13 : 978-2266292078

Justice League : le Snyder Cut disponible à l’achat digital le 18 mars

C’est la fin du suspense ! Warner a enfin annoncé la sortie de Justice League Snyder Cut pour le 18 mars en France. Le film sera d’abord disponible à l’achat digital puis en VOD le 31 mars.

Attendu depuis très longtemps par les fans de l’univers DC, Justice League Snyder Cut va débarquer officiellement en France ! Par le biais d’un communiqué de presse, Warner Bros. a annoncé que le long-métrage sera d’abord disponible à l’achat digital le 18 mars, en même temps que les USA. Par la suite, il sera possible de louer le film sur toutes les plateformes VOD dès le 31 mars.

Zack Snyder's Justice League

Pour rappel, le Snyder Cut de Justice League suit Bruce Wayne (Ben Affleck), déterminé à faire en sorte que le sacrifice ultime de Superman (Henry Cavill) ne soit pas vain ; pour cela, avec l’aide de Diana Prince (Gal Gadot) il met en place un plan pour recruter une équipe de métahumains afin de protéger le monde d’une menace apocalyptique imminente.

La tâche s’avère plus difficile que Bruce ne l’imaginait, car chacune des recrues doit faire face aux démons de son passé et les surpasser pour se rassembler et former une ligue de héros sans précédent. Désormais unis, Batman, Wonder Woman, Aquaman (Jason Momoa), Cyborg (Ray Fisher) et Flash (Ezra Miller) réussiront-ils à sauver la planète de Steppenwolf, DeSaad, Darkseid et de leurs terribles intentions ?

Les Rivières Pourpres avec Olivier Marchal, de retour sur France 2 ce lundi 8 mars !

Après le succès des 2 premières saisons et plus de 5 millions de téléspectateurs,

Olivier Marchal et Érika Sainte reprennent du service avec des enquêtes inédites.

Une saison 3 composée de 8 nouveaux épisodes de 52′, avec 2 épisodes par soirée.

Les 2 premiers épisodes sont déjà disponibles en vidéo à la demande.

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SYNOPSIS Le commissaire Pierre Niémans et le lieutenant Camille Delaunay, plus soudés que jamais après une série d’enquêtes sombres, complexes et nerveuses, sont une nouvelle fois appelés aux quatre coins de la France. Explosif et inséparable, ce tandem de choc plongera dans des univers inédits, qui réveilleront chez eux de douloureux secrets, qu’ils pensaient enterrés à jamais. Des corps cousus entre eux retrouvés au sein d’un festival néopaïen dans les montagnes, un meurtrier fou qui réintroduit le virus de la Peste Noire en pleine capitale, un ange de la mort sévissant dans la plus isolée et la plus dangereuse prison d’Europe… Plongés dans des enquêtes encore plus surprenantes, Niémans et Camille n’en ressortiront pas indemnes. Car s’ils sont les seuls à pouvoir percer ces mystères, ils vont très vite se rendre compte que toute vérité n’est pas bonne à déterrer. Surtout lorsqu’elle les concerne directement…

UNE SÉRIE CRÉÉE PAR LE MAÎTRE DU THRILLER POLICIERJEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ

AVEC OLIVIER MARCHAL (LA PROMESSE, 36 QUAI DES ORFÈVRES)
ET ERIKA SAINTE (BRONX, BARON NOIR)


Interview Corinne Javelaud pour Les petits papiers de Marie-Lou

Après une carrière dans le secteur touristique riche d’expériences culturelles à travers le monde, et faisant suite à des études de lettres et d’histoire de l’art, Corinne Javelaud se consacre désormais à l’écriture.
Elle est également membre du jury du prix des romancières remis chaque année au Forum du livre de Saint-Louis en Alsace.

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  • Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

De formation littéraire et histoire de l’art, j’ai exercé dans le tourisme une quinzaine d’années avant de me consacrer à l’écriture. Cette formidable expérience du voyage au sens large m’a ouvert et enrichi l’esprit à tous niveaux.

  • Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

J’ai toujours adoré écrire sous forme de carnets de bord, carnets de voyages et élaboration de brochures. Le synopsis de mon premier roman est né à Venise en 2007 a été publié en 2008. Je publie un titre par an depuis cette époque. 14 romans ont vu le jour.

  • Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

Toutes les lectures de jeunesse que l’on peut avoir dans les années 70, contes de Grimm, de Perault, une fascination pour le livre de Tove Janssen « Moumine le Troll » toute la bibliothèque rose, verte, rouge et or…également les contes et légendes de France…

  • Quel est votre rythme de travail ?

J’écris tous les jours, excepté lorsque je pars en salons du livre et dédicaces et pendant les vacances où je lâche prise. J’écris tôt le matin et également une partie de l’après-midi. La réalisation d’un roman me demande une année de travail.

  • Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture ?

Je remets un synopsis à mon éditeur, ce qui signifie que l’histoire est déjà aboutie. Cependant, au fil du travail d’écriture, mes personnages n’évoluent pas toujours comme je l’aurais imaginé au départ, c’est justement ce qui est fascinant et qui me plaît dans la création, cette liberté d’élaboration.

  • Il y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Je place toujours mes romans dans un contexte historique, une époque, une région, donc je suis, bien évidemment amenée à calquer mes personnages sur ce qui avait cours à ce moment précis, il y a nécessairement beaucoup de recherche, ce qui est passionnant.

  • On sent une certaine empathie envers Marie Lou et surtout envers ce monde dont vous dresser le portrait dans votre livre, vous êtes-vous inspirés de vos rencontres ?

Je ne sais jamais vraiment comment je m’inspire, les éléments viennent assez naturellement, un romancier doit vivre dans la peau de ses personnages pendant la durée de l’écriture, ce travail si exigeant, si profond est également assez mystérieux comme toute création. La structuration, les liens, toutes ces choses sont très importantes pour qu’un livre se tienne et soit agréable à lire pour le lecteur.

  • Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman ?

Je travaille totalement seule mon premier jet, ensuite je reçois les conseils éditoriaux de mon éditeur, nous échangeons beaucoup et cette collaboration est très riche et intéressante. Il en découle quelques ajustements. Ensuite vient la phase de correction. La naissance d’un livre est passionnante.

  • Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Je suis du genre « éternelle insatisfaite » donc je reviens 100 fois sur l’ouvrage. Le parcours est toujours difficile, car il y a souvent des passages que l’on a davantage de mal à réaliser, mais avec du travail et de l’obstination, on y arrive ! Ma religion est le travail !

  • Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

J’ai encore peu de recul par rapport à mon dernier livre, juste sorti de presse. Toutefois, de mes expériences précédentes, il est certain que chaque lecteur lit un livre différent et je suis souvent étonnée par la variété des retours de lecture. Cela démontre à quel point les interprétations d’un texte sont multiples, ce qui est plutôt rassurant !

  • Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

Si c’est une facette cachée, elle le restera !

En dehors de l’écriture très chronophage, je profite de mon temps libre pour découvrir ou redécouvrir les lieux que j’aime, je pratique des activités sportives (marche vélo et bains de mer dès que la saison le permet) J’aime également les expos culturelles !

  • Quels sont vos projets ?

Je prépare un nouveau romain pour 2022 qui sortira chez Calmann-Levy Territoires, une histoire proche de la nature, j’adore !

  • Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Le dernier roman  qui m’a énormément emportée est « Des diables et des sains » (Jean Baptiste Andréa) (Eds L’Iconoclaste)

  • Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

https://www.facebook.com/corinnejavelaud.romanciere

https://corinnejavelaud.wixsite.com/corinne-javelaud

https://www.instagram.com/corinnejavelaud/?hl=fr

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Le placard de Kim Un-su, Une ode au bizarre et à l’étrangeté

Un récit qui ne vas pas vous laisser indifférent

Une page de garde avertit le lecteur, le livre que l’on s’apprête à ouvrir n’est pas une lecture comme les autres. On n’y trouvera pas les ingrédients qui en font un roman noir dans lesquelson se plonge d’habitude, et encore moins un thriller ou un polar, même si certains éléments font indubitablement penser au roman noir. L’auteur promet de nous emmener vers des rivages peu fréquentés par la littérature habituellement et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y parvient avec brio.

Ce roman exige de son lectorat qu’il se laisse entraîner dans les pages du récit sans forcément comprendre immédiatement les tenants et les aboutissants de l’oeuvre. Il faut accepter de se laisser entraîner dans ce monde étrange en attendant de voir où l’auteur veut nous emmener. Soyez prévenu le placard n’est pas un récit comme les autres. Et je profite de cette introduction plus longue que d’habitude pour remercier chaleureusement les éditions Matin calme pour l’envoie en numérique de l’ouvrage.

”Il se peut que vous ne rencontriez jamais un magicien. Ce n’est pas parce que les magiciens n’existent pas. C’est parce que vous avez cessé de rêver. Dans ce monde, la magie est partout. Par conséquent, les magiciens sont partout.”

Ici règne l’étrange

Très vite lors de ma lecture je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement entre les cas de mutations étranges et dérangeantes décrits par le narrateur et le ceux compilés sur le site de la fondation SCP. Mais qu’est-ce que donc que ceci la fondation SCP ? Tout simplement un site d’écriture collaborative réunissant des rapports rédigés de manière clinique sur des phénomènes sortant de l’ordinaire. Le site fonctionne comme un wiki où chacun peut contribuer à enrichir l’univers hors-normes de la fondation en écrivant un récit, ou conte, qui viendra s’ajouter à la centaine déjà existant. Mais je n’en dirai pas plus sur ce site si intrigant et je vous laisse faire la découverte par vous-même.

Des parallèles évidents existent entre le placard et le principe de la fondation SCP. Le récit compile des témoignages de personnes atteintes de mutations ou de pouvoirs qui perturbent leur quotidien, le tout nous est rapporté par un narrateur anonyme chargé de veiller sur les dossiers de ces étranges cas entassés dans un placard, le placard n°13. Mais là où la fondation SCP s’amuse à faire vaciller les fondations de ce que nous appelons communément le réel et à réveiller nos angoisses les plus profondes, l’auteur du placard se sert de ces chimères somme toutes bien inoffensives afin d’instiller en nous un profond sentiment de mélancolie.

Absurdia et mélancholia

En effet, que ce soit la femme qui se voit obligée d’abriter un lézard dans sa gorge ou bien les Unités Multi-personnelles. Toutes les personnes victimes de ces mutations, la plupart incontrôlables, ont pour point commun un sentiment de solitude, d’exclusion sociale voire de rejet. Si les premiers témoignages que le récit nous offre à lire sont juste étranges et prête à sourire, avec même une touche d’optimisme grâce au cas des torporers, on glisse petit à petit dans un gouffre de détresse humaine où la mélancolie le dispute à l’ennui. Ainsi les mosaïqueurs de mémoire tentent-ils de se soigner de leur présent en effaçant leur passé traumatisant au risque de sacrifier leur futur. Les sauteurs de temps voient ainsi disparaître plusieurs heures de leur vie sans jamais pouvoir les rattraper. Ces pauvres bougres, victimes de pathologie absurde partagent une profonde mélancolie et un sentiment d’incompréhension face à un monde où la norme semble être l’uniformité. Rapidement une toile de fond se dessine derrière ces récits qui évoquent notre monde bien plus qu’il ne le semble de prime abord.

”-Vous ne pensez pas rentrer en Corée ?

-Non

-Pourquoi ? C’est tout de même votre pays ?

-Là, vous parlez du pays natal…ce sont de drôles de mots. À cause de ces mots, on y reste. On y mange, on y dort, on s’y marie, on y achète sa maison. On soutient l’équipe nationale et, juste parce qu’on est du même pays, on est amis. Mais moi, j’ai passé des jours vains en Corée. Dans l’espace ou dans le temps, quelque chose clochait. J’ai fait de grands détours pour en arriver là, mais maintenant je sais ce qu’est le bonheur et je pense que le pays natal n’est pas si important. Si on veut découvrir qui on est vraiment, il faut parfois oublier le pays natal et devenir nomade”

L’auteur ne s’est pas contenté de rassembler le maximum d’idées absurdes pour construire son récit. Les fameuses chimères qu’il décrit dans son roman son avant tout un moyen de mettre en avant l’absurdité du quotidien constitué pour la majorité d’entre nous d’une banalité affligeante. La pathologie des torporers permet de mettre l’accent sur la course à la productivité, tandis que le sort des sauteurs de temps nous rappelle que rien ne peut rattraper les heures disparues. À travers ses récits l’auteur brasse un lot conséquent de sujets d’actualités, tel que l’identité sexuelle avec les Néo-hermaphroditus dont l’anatomie hors-norme les condamnent à une solitude déprimante et une misère sexuelle irréversible. Il s’attaque aussi aux théories du complot, au communautarisme, au harcèlement en entreprise, notre rapport aux autres et comment l’image que le monde nous renvoie de nous-même peut nous marquer de manière indélébile. Évidemment, vu le nombre d’histoires compilés dans l’ouvrage, certains thèmes ne sont que survolés. L’auteur achève souvent ces témoignages par des aphorismes, mêlant humour absurde et sagesse désinvolte, dont la brièveté les rapprochent des haïkus.

« Ceux qui voient leur propre tombe sont rares.

Mais moi, je pense qu’avant de bâtir sa maison

On devrait construire sa tombe

Car ceux qui ont veux leur propre tombe

Savent que la vie est précieuse »

Moi aussi j’existe

À côté de ces récits à l’intérieur du récit, une narration diffuse se met progressivement en place avec le narrateur comme personnage principal. La volonté de l’auteur de laisser ce personnage dans l’anonymat en fait sa force et sa faiblesse. Sa force car cela permet d’appuyer le propos de l’auteur sur l’uniformisation de la société et la faiblesse car tous les chapitres qui lui sont consacrés revêtent un caractère impersonnelle qui les rendent ternes malgré les épreuves qui vont lui être réservés. Pourtant à sa manière le parcours de ce brave employé recèle lui aussi quelques enseignements sur la résilience et notre capacité à accepter notre sort quel qu’il soit. Dommage que l’auteur ne soit pas parvenu à insuffler dans cette partie du récit un peu plus d’emphase, afin de créer un véritable lien entre le narrateur et le lecteur mais il s’agit sans doute d’une volonté de sa part.

Pour terminer cette chronique je voudrais attirer votre attention sur le fait qu’aussi triste et déprimantes sont certaines histoires contées dans cet ouvrage, on y trouve aussi de l’humour mais surtout une forme de résistance à l’ennuie blême qui hante nos vies. C’est une vision toute personnelle mais j’ai trouvé dans certaines de ces histoires un appel à laisser voguer son imagination en toutes circonstances et quelque soit les rivages vers lesquelles elle nous emportent.

”-Il n’y a pas longtemps, ma femme et moi, nous avons échangé nos corps pour faire l’amour. Ma femme a utilisé le mien et moi le sien.

– Il paraît que les femmes ont un orgasme plus fort que les hommes, est-ce vrai ?

– Ce jour-là, j’ai découvert que j’étais nul au pieu…”

Pour ceux qui seraient intéressés par la fondation SCP je vous mets le lien de la vidéo du talentueux vidéaste Alt-236, très complète qui’aborde le vaste sujet qu’est la fondation SCP.

Résumé: (si l’on peut dire)
Le jeune homme, les mutants et la société secrète

Le narrateur est un jeune type, pas bien ambitieux, plutôt lent, tranquille. Il a traîné après ses études, le temps passe, la trentaine arrive quand enfin il décroche un boulot, dans un laboratoire privé. De fait, il n’a pratiquement rien à faire, juste réceptionner les arrivages quotidiens. Au tout début il est gêné, jusqu’à ce qu’il découvre que, grosso modo, personne ne fait rien dans ce laboratoire, si ce n’est faire semblant d’être occupé.
Un jour, il trouve un placard fermé par un cadenas à combinaison. Par pur désœuvrement, méthodiquement, il va essayer de l’ouvrir. Et quand il y parvient soudain, il tombe sur des dossiers fascinants. Des personnes consultent un certain Dr Kwon, du laboratoire. Mais les  » maladies  » de ces gens sont tout sauf habituelles. L’un a un ginkgo qui pousse au bout de son doigt, un autre fait des sauts abrupts dans le temps, une femme devient plusieurs personnes à la fois.
Et ces dossiers semblent intéresser une étrange société secrète, prête à tout pour les récupérer.

  • Éditeur : Matin calme (4 mars 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 296 pages
  • ISBN-10 : 2491290456
  • ISBN-13 : 978-2491290450
  • Poids de l’article : 458 g
  • Dimensions : 15.5 x 2.8 x 22.6 cm

Glouton, les chiffres – 11 février 2021 de Emma YARLETT

Glouton, le croqueur de livres, a grignoté le livre des chiffres. Maintenant, comment faire pour compter de UN à DIX ?!

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Chronique; Glouton est un monstre mangeur de livres, et maintenant il s’est perdu dans ce livre de chiffres ! Alors qu’il se fraye un chemin à travers les chiffres de 1 à 10, le narrateur tente en vain de l’attraper. La page de chaque chiffre comporte le même nombre de marques de morsure découpées dans la page, ce qui lui donne un élément interactif amusant que les enfants apprécieront. C’est un livre super amusant à lire et à laisser les enfants vous le relire. Les rimes sont faciles à imiter et les couleurs se détachent de chaque page.

Note : 9,5/10

Éditeur : Grund (11 février 2021) Langue : Français Relié : 20 pages ISBN-10 : 2324026724 ISBN-13 : 978-2324026720

Au lit, petit dinosaure – 11 février 2021 de Rhiannon FIELDING (Auteur), Chris CHATTERTON (Illustrations)

Plus que dix, neuf, huit minutes avant d’aller au lit ! Mais Gruffo, le petit dinosaure, n’est pas fatigué. Il joue, prend un bain de boue, et échappe à une éruption de volcan !

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Chronique : Illustrations : J’ai beaucoup apprécié les couleurs vives utilisées dans ce livre ; la palette est un mélange saisissant de violets, de verts et de bleus. Les lignes étaient également douces et courbes, ce qui a permis à l’histoire de progresser sans inquiétude. Le sujet de l’histoire (les dinosaures, l’explosion d’un volcan) pourrait être axé sur la violence et la destruction, mais les lignes courbes et les rimes ludiques rappellent au lecteur que tout s’arrangera à la fin.

Les mots : Comme mentionné ci-dessus, cette histoire prend de manière surprenante un événement potentiellement violent et effrayant (un volcan provoquant une hystérie de masse et des piétinements) et parvient à en faire une histoire pour l’heure du coucher. Outre la probabilité irréaliste que tous les événements racontés puissent se produire en 10 minutes, j’ai beaucoup apprécié l’histoire.

Ce livre fait partie d’une série qui utilise la même structure d’intrigue à plusieurs reprises avec différentes créatures fantastiques (licornes, sirènes)..

Note : 9,5/10

Éditeur : Grund (11 février 2021) Langue : Français Relié : 32 pages ISBN-10 : 2324027666 ISBN-13 : 978-2324027666

Lucie et sa licorne Tome 7 : Une licorne aux multiples casquettes de Dana SIMPSON

Entre sa passion des applis qu’elle télécharge avec sa corne Wi-Fi et ses heures de baby-sitting, elle publie des articles dans des revues universitaires ! Rosemarie est douée pour beaucoup
de choses… sauf la modestie

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Chronique : Oui, on m’a dit que les licornes n’existent pas vraiment, techniquement, en dehors des romans et des films de fiction. Une fois, j’ai même eu une personne qui m’a fait dire que les licornes sont le diable parce qu’elles sont « magiques ». C’est une histoire vraie. C’est vraiment arrivé ! Ma théorie est que ces gens ne disent ce genre de choses que parce qu’ils sont jaloux de n’avoir jamais vu de licorne, et encore moins d’être amis avec une licorne comme notre héroïne Lucie ici présente.

Ok, donc je n’ai jamais vu une vraie licorne non plus. À ma connaissance. Mais ça ne veut rien dire. Peut-être que je ne savais pas que j’en avais vu une parce qu’ils avaient activé leur Bouclier de l’ennui et que cela m’empêchait de m’en apercevoir. La prochaine fois que je passerai devant cette vieille ferme effrayante en bas de la route (celle avec l’arbre hanté devant), je ferai BEAUCOUP plus attention à cette vieille vache croûteuse qui est toujours en train de mâcher sa carie près de la clôture ! C’est peut-être une belle licorne qui se cache et je ne la vois pas correctement. Les licornes sont furtives comme ça. Comme les ninjas.

Mais sérieusement… qui ne voudrait pas d’une licorne BFF ? Elles peuvent faire vos devoirs, transformer une coupure de courant en une soirée dansante, vous fournir un hotspot wifi gratuit et être toujours un moyen de transport fiable. Et des étincelles. N’oubliez pas les étincelles. De plus, ils connaissent des mondes secrets où il pleut des bonbons noirs. Je veux dire, branchez-moi ! N’est-ce pas ? Ce serait gagnant-gagnant.

Un super tome qui ce lire bien trop vite.

Note : 9,5/10

ASIN : B08L41B6PF Éditeur : 404 Editions (4 février 2021) Langue : Français Broché : 176 pages ISBN-13 : 979-1032403723 Âge de lecture : 8 – 12 années

BOUCLES DE PIERRE – 17 mars 2021 de Clémentine BEAUVAIS (Auteur), Max Ducos (Illustrations)

Rencontre événement entre deux grands talents de la littérature jeunesse ! Une fillette traverse le parc chaque jour pour rendre visite à son oncle malade. Elle observe les bébés qui grandissent, des amoureux « qui s’embrassent, et puis moins, et puis non », des branches qui cassent

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Chronique : Merci Clémentine BEAUVAIS et Max Ducos, d’avoir dépeint la douleur, les horreurs et les légères touches d’espoir qui accompagnent ce superbe livre.

Sur une mise en page sobre à l’extrême, au graphisme parfaitement maîtrisé pour laisser toute la place à l’émotion, cet album ressemble à un arrêt sur image sur notre vie.
Le texte est neutre, ni misérabiliste, ni moralisateur. Il s’efface au profit de l’illustration forte, puissamment évocatrice. Sur la palette en variation de gris et bleu, les statues offre une touche vivifiante. A chaque page, le travail graphique se joue du point de vue, alternant contraste, flou et images hors champ au moment de la découverte du jardin, comme pour préserver l’intimité de la filette.
Un album émouvant, mais aussi pudique; un album réaliste mais aussi esthétique, qui, jusqu’à l’épilogue, répond aux préjugés, aux regards dévalorisants avec brio.
Une lecture à partager blottis bien au chaud pour tenter de répondre aux nombreuses questions qu’elle suscitera.

Note : 10/10

Éditeur : SARBACANE (17 mars 2021) Langue : Français ISBN-10 : 2377316034 ISBN-13 : 978-2377316038