Mystique de Brian K. Vaughan, portrait d’une mutante en guerre

Bleu fatal

La maison des idées, c’est ainsi que Marvel s’est elle-même baptisé au cours des florissantes années 60 qui l’ont vu prendre le pas sur son éternel concurrent DC comics. Une formule volontairement provocatrice et qui a tendance à se retourner contre son créateur, Marvel est en effet accusé de souvent recycler sans vergogne ses propres concepts dans des projets où l’aspect mercantile surpasse parfois l’aspect créatif.

Reste que cette grande machine à gaz multimédia qu’est devenu l’éditeur sait parfois touché au but en laissant un auteur apposé sa patte créative sur un comics afin de publier une œuvre qui, sans être transcendante, se révèle être maîtrisé au niveau de l’écriture. C’est le cas ici avec ce recueil de la série Mystique proposé par Panini. Ce volume réunit les 13 premiers numéros de la série scénarisé par Brian K. Vaughan, un auteur de talent qui a signé deux comics indépendants qui font office de classique immediat Y: le dernier homme et Saga.

Cette série, centré sur un personnage secondaire de la franchise X-men, aurait-elle vu le jour sans la série de films qui a propulsé les X-men au rang de champions du box-office au début des années 2000 ? Seuls les grands décideurs de Marvel ont la réponse. Le fait est qu’avoir placé Vaughan à la création de cette série est l’une des meilleures idées qu’ont pu avoir les éditeurs du pôle X-men. Il n’y avait en effet que lui pour humaniser celle qui détenait alors le titre de meilleures menaces féminines de l’univers des X-men.

Headshot

Mystique est en effet un personnage marquant de la franchise X-men. Une terroriste mutante prête à tout pour garantir la survie de son espèce. Une femme complexe, loin d’être une simple machine à tuer, du moins lorsqu’elle est écrite avec subtilité. Une mère possessive mais aimante, un aspect que Vaughan n’a sans doute pas pu évoquer en toute liberté dans cette série qui lui est consacrée. Mystique est sans doute, avec Magnéto, l’un des antagonistes des X-men les plus approfondis tant aux niveaux psychologiques que graphiques.

Les pouvoirs métamorphes de cette terreur bleutée se prêtent tout à fait à des récits d’espionnage, un genre qui était à la mode au début des années 2000 avec le succès de la série Alias. Vaughan se prête au jeu gentiment et parvient à mettre en place une intrigue captivante même si le tout reste très calibré, sans réelle surprise au niveau du scénario et d’une légèreté bon enfant. Là où l’auteur fait des merveilles c’est dans la caractérisation d’une mutante qui se retrouve dos au mur. Vaughan va en effet s’amuser à confronter cette militante pro-active de la cause mutante à ses propres convictions et contradictions tout en dressant le portrait d’une femme plus fragile que l’on pourrait le croire. Mystique se retrouve à faire alliance avec des humains sympathisants de la cause mutante dans la première histoire tandis que la seconde intrigue la mettra face à une mutante qui agit comme son miroir déformé. Cette réflexion aurait pu être poussée encore plus loin mais le série se veut avant tout un divertissement agréable.

Des couleurs pastels pour le premier arc

La série permet également à l’auteur de s’amuser avec les pouvoirs d’une espionne aux mille visages. Nul ne maîtrise mieux l’art de la tromperie et du faux-semblant que celle qui se bat pour la cause mutante depuis des décennies et cette série sera l’occasion pour elle de le prouver. Ainsi Mystique séduit, embrouille, intimide et illusione ses adversaires tout en réservant une place de choix au combos flingues et coups de pied. Mention spéciale lorsqu’elle parvient à faire croire à son ennemie qu’elle est vaincue avant de retourner la situation à son avantage. Certaines digressions autour de son pouvoir m’ont laissé plus circonspect, il serait bon que les auteurs n’oublient pas les limites du pouvoir de la métamorphe. Mais ces écarts restent suffisamment rares pour ne pas être un défaut majeurs.

Michael Ryan au crayons, un style plus affirmé

La partie graphique est assuré par pas moins de trois dessinateurs. Le premier Jorge Lucas souffre d’une colorisation hasardeuse alors même que son style se dégrade au fil des six épisodes, le dernier qu’il réalise ne tient pas la comparaison avec les premières pages du premier épisode où le trait de crayon de Lucas se rapproche de celui de Michael Turner, un autre grand nom des comics. Une comparaison élogieuse que j’aurais voulu poursuivre tout au long de la lecture de ce premier arc sans que cela ne soit malheureusement possible. Michael Ryan prend en charge l’intrigue suivante armé d’un style plus mâture où l’on commence à voir des jeux d’ombres et de lumières avec plus de dynamisme durant les scènes d’action, sans doute la partie graphique la plus réussie à mon goût. Enfin Manuel Garcia signe les épisodes onze et douze avec là aussi une gestion réussie de l’ombre et de la lumière et un trait épais qui colle bien à l’ambiance plus urbaine de l’histoire.

Ce recueil est donc l’occasion de lire le portrait tout en finesse d’un personnage complexe qui s’humanise page après page sous la plume d’un auteur qui n’a pas son pareil pour rendre attachant les personnages qu’il écrit. Si ces épisodes ne révolutionnent en rien les récits d’espionnage ils ont le mérite d’être entraînants avec quelques dialogues bien sentis. Le tout soutenu par des dessins qui maintiennent une certaine homogénéité malgré le trio d’illustrateurs. Une bien belle idée de la part de Marvel d’avoir mis en avant ce personnage dans sa propre série.

Un duo original qui fonctionne très bien

Résumé: Ennemie des X-Men depuis toujours, Raven Darkholme, alias Mystique, utilise ses pouvoirs de métamorphe à des fins terroristes. Mais traquée par tous les gouvernements du monde, elle est sauvée par le Professeur Xavier qui lui propose de travailler pour lui comme agent secret. Elle est aidée par un minuscule mutant et Forge, une ancienne flamme, dans des missions de plus en plus dangereuses. Mais peut-on vraiment faire confiance à Mystique ? Par ailleurs, Mystique peut-elle faire confiance à Xavier ?

  • Éditeur : Panini (13 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Relié : 312 pages
  • ISBN-10 : 2809494355
  • ISBN-13 : 978-2809494358
  • Poids de l’article : 1.28 kg

Interview bilan Calogero

Enregistrer un album dans son salon et faire les arrangements en visio ? Oui c’est possible !
Calogero l’a fait pour son dernier album Centre Ville et il vous le raconte. Bilan.
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L’incivilité des fantômes de Rivers Solomon, chronique d’un abandon

Avec cet article nous allons inaugurer une nouvelle catégorie d’articles sur le site. Celle des abandons. C’est une catégorie que j’aurais préféré ne jamais avoir à créer mais la vie de lecteur est ainsi faite que parfois la rencontre tant désirée entre un récit et son lecteur ne se fait pas. Et comme j’ai passé deux jours à lire ce livre je tiens quand même à faire partager mon ressenti.

Aux forges de Vulcain est une maison d’édition spécialisée dans les récits de science-fiction et de fantastique relativement jeune et qui m’attire par ces choix de récits exigeants mais divertissants, sans parler du fait que leurs couvertures transpirent la classe. Ce premier roman de Rivers Solomon promettait une réflexion sur la lutte des classes sur fond de voyage interstellaire.

Or parvenu à la moitié du récit force est de constater que l’insurrection promise tarde à démarrer. L’intrigue stagne énormément sur les déboires de l’héroïne face aux autorités, les conditions de vie déplorables et des flashbacks beaucoup trop longs. La thématique de l’identité sexuelle est à peine survolée et ne constitue même pas un thème de fond dans le récit.

Mais ce qui m’a vraiment fait abandonner l’ouvrage c’est l’héroïne. L’auteur a vraiment cru qu’en écrivant son personnage principal de cette manière cela allait fonctionnait ? Elle est prétentieuse, se prétend intelligente mais ses réponses impulsives la place plus d’une fois dans des situations critiques et elle compte alors sur l’aide des autres pour s’en sortir. Ses interactions avec les autres, que ce soit avec ses compagnons de galères ou son allié Théo le chirurgien, sont empreint d’une tension constante qui se révèle usante. On a l’impression que cette brave Aster est constamment en colère, ce qui peut se comprendre étant donné le monde dans lequel elle évolue mais moi ce genre de personnage a tendance à me lasser.

Résultat, alors qu’il me restait une centaine de pages à lire, j’ai lâché le livre en me rendant compte que la suite des mésaventures d’Aster ne m’intéresse absolument pas.

Résumé: Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes.

  • Éditeur : AUX FORGES DE VULCAIN (6 septembre 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 391 pages
  • ISBN-10 : 2373050560
  • ISBN-13 : 978-2373050561
  • Poids de l’article : 500 g

La chasseuse de troll de Stepan Spjut, promenons-nous dans les bois tant que le troll n’y est pas…

Le troll se cache dans n’importe quelle buisson

Bonjour chers lecteurs humains, je me nomme Hymgrid et je suis un troll de Suède puisque c’est ainsi que les terres d’où je viens se nomment aujourd’hui. Je suis un très ancien troll qui prend plaisir à ce que l’on lui raconte les histoires des humains. Et justement l’humain qui tient ce blog a tenue à me raconter une histoire où mon peuple aujourd’hui disparu tient un rôle prépondérant. Cela fait des siècles que j’écoute et lit les humains raconter des histoires sur les trolls, fausse la plupart du temps, mais plaisante aussi il faut bien l’admettre. Ces derniers jours j’ai écouté l’histoire d’une soit-disant chasseuse de troll, je dois vous avouer que son récit a su piquer ma curiosité.

Pour vous, humains, dont les existences sont aussi brève qu’un éclair d’orage transperçant la nuit, le rythme de ce roman fantastique risque de vous décontenancer. Songez qu’à la page deux cent l’histoire, résumé par l’éditeur sur ce que vous appelez les quatrièmes de couverture, n’a toujours pas commencé. Après un prologue d’une longueur inhabituelle, on fait connaissance avec les personnages. Enfin surtout avec leurs faits et gestes. Je me souviens d’un court chapitre, trois pages d’après le serviable humain qui m’a conté l’histoire, presque un intermède, où l’héroïne effectue une manœuvre avec sa voiture. Un chapitre pour ça. Le rythme n’est donc pas haletant mais pas repoussant pour autant, il s’agit juste d’un rythme auquel vous n’êtes plus habitué.

Deux cents pages pour apprendre à connaître les protagonistes de ce récit au rythme lancinant. Ou plutôt à tenter de les connaître, car en plus d’apprivoiser le rythme particulier de l’ouvrage il faudra vous familiariser avec une plume qui garde ses distances, comme si l’on observait l’action du récit de loin. En soie rien de honteux mais lorsque l’on s’attaque au folklore suédois on s’attend à une certaine poésie dans la prose, une poésie sombre et mélancolique qui rendrait hommage aux légendes éternelles qui mettent en scène mon peuple. Or la plume est très technique, très pointilleuse, aucun geste, même le plus minime n’échappera au regard acéré du lecteur, pour tant est que celui-ci ne décroche pas en cours de route. L’auteur ne se sépare jamais de ce style très détaillé et touffu et ce même durant les phases d’exploration d’une villa abandonnée ou en forêt. Il en résulte une certaine froideur qui n’est pas uniquement due à l’ atmosphère glaciale dans laquelle se déroule cette traque au monstre.

Petit humain, raconte moi une histoire

Une fois que l’ont a intégré le fait que l’on n’est pas en train de lire le dernier page-turner à la mode dont vous autres humains êtes friand vous réussirez peut être à vous plonger dans ce récit crépusculaire où la grande Histoire se heurte à la petite, invoque l’esprit de l’illustrateur suédois John Bauer et dont le rythme s’emballe quelque peu une fois passer ce temps d’exposition.

La traque de cette brave Susso, une traque hors-norme, puisqu’elle se fait accompagnée de son petit amie journaliste et de sa mère, est la partie de l’ouvrage la plus plaisante à lire. Je me suis amusé à imaginer cette jeune fille déterminée et volontaire remonter la trace de mon peuple dans l’espoir de percer nos secrets. Les chapitres consacrés à Seved m’ont un peu moins convaincu, sans doute dû à l’aura de mystère qui entoure ce jeune homme, prisonnier et complice malgré lui, qui ne se dévoile que trop partiellement pour être satisfaisant même pour un vieux troll comme moi qui a roulé sa bosse.

Mon âme vénérable, qui a vu passer tant d’hiver, se réjouit de voir qu’aujourd’hui encore la légende de mon peuple perdure à travers des récits fantastiques. Un récit qui ne se laissera pas dompter par n’importe qui, un récit dont le rythme lancinant vous laissera de marbre ou bien vous enchantera. Une véritable aventure dans laquelle il faut se lancer en somme. À vos risques et périls

Le troll en sa solitude

Résumé: Personne n’a jamais su ce qui est arrivé au petit Magnus Brodin, disparu dans la forêt du Färnebofjärden en 1978 à l’âge de quatre ans. On prêta peu d’attention aux témoignages hystériques de sa mère qui affirmait qu’un géant était sorti des bois et lui avait volé son fils. Vingt-cinq ans plus tard, une autre disparition et des témoignages très étranges vont mettre une jeune cryptozoologue en Laponie sur la piste de créatures indomptables qui se cachent habilement du regard de l’homme depuis la nuit des temps. Des êtres qui semblent avoir une prédilection particulière pour les petits enfants. Et un avantage imparable pour agir en toute impunité : personne ne croit en leur existence…

  • Éditeur : Actes Sud Editions (13 mars 2019)
  • Langue : Français
  • Broché : 632 pages
  • ISBN-10 : 233011415X
  • ISBN-13 : 978-2330114152
  • Poids de l’article : 820 g
  • Dimensions : 14.6 x 4.4 x 24 cm

Dans les pas du fils – 20 janvier 2021 de Renaud François , Tom François , Clémentine Fourcade

Entre Renaud et son fils Tom, c’est l’incompréhension. À dix-sept ans, l’adolescent semble glisser sur une mauvaise pente : échec scolaire, violence, drogue…

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Chronique : Réconciliation d’un père et de son fils au fil d’un périple à cheval de 4 mois au Kirghizstan. Ce roman graphique est intéressant pour la beauté des paysages qu’ils traversent et pour leurs contacts presque quotidiens avec les gens du pays qui les accueillent chaleureusement dans leurs yourtes. Tom, le fils apprend ainsi avec les jeunes à rassembler le bétail, à chasser et pêcher, à traire les juments et préparer le koumis’. Il découvre aussi son amour du cheval et le sens des responsabilités. Petit à petit les clashs quotidiens entre le père et le fils s’espacent et ils retrouvent une vraie relation d’amour et de respect mutuel.
Ce témoignage est doublement émouvant. le lecteur est face à une nouvelle culture. C’est un choc pour Tom mais aussi le lecteur. Et puis le lecteur ressent la détresse de Renaud et la colère de Tom. Pas de faux semblant. Tom et Renaud nous confie leur difficulté à communiquer, leur manque de gestes affectueux l’un envers l’autre.
J’ai été émue aussi par le rapport de confiance qui s’installe entre Tom et Django. Comme quoi un animal peut faire ressortir le meilleur en soi.
Dans les pas du fils c’est certes un plongeon dans l’inconnu mais pour nous parents il nous met face à notre réalité sur nos rapports conflictuels avec nos enfants.
Père et fils au delà du road trip nous donne une très belle leçon de vie. les dessin aide à une très belle morale et provoque chez moi un immense coup de coeur.

Note : 10/10

Éditeur : Calmann-Lévy (20 janvier 2021) Langue : : Français Relié : 168 pages ISBN-10 : 270218216X

Nouveauté LEGO Ideas 21325 Medieval Blacksmith : l’annonce officielle

Voici l’annonce officielle du nouveau set LEGO Ideas 21325 Medieval Blacksmith (159,99€) qui fera plaisir aux fans de la gamme LEGO Castle !

LEGO Ideas 21325 Medieval Blacksmith

Cette boite de 2164 pièces commercialisée au prix de 159,99€ propose de recréer la maison d’un forgeron. Elle est livrée avec quatre minifigs dont deux Black Falcon Knights, une faction qui faisait partie du catalogue LEGO Castle entre 1984 et 1987, avec un clin d’oeil en 1992 dans le bateau 6057 Sea Serpent et une dernière apparition en 2002 dans le château 10039 Black Falcon’s Fortress, réédition Legends du 6074 de 1986.

Le modèle mesure 27 cm de large par 21 cm de profondeur et 27 cm de haut. Conception modulaire pour accéder facilement à l’intérieur détaillé avec chambre, cuisine et atelier de travail avec brique lumineuse pour la forge.

Ce set LEGO Ideas 21325 Medieval Blacksmith sera disponible à partir du 1er février prochain. La fiche produit est déjà en ligne sur le Shop officiel LEGO.

LEGO Ideas 21325 Medieval Blacksmith

Du côté des animaux, on appréciera le joli cheval inédit dans cette couleur. Et on regrettera que la chèvre du projet initial ait laissé la place à un husky un peu hors sujet, c’était l’occasion de ressortir la chèvre du placard !

Comme très souvent, le projet initial de Clemens Fiedler a été généreusement revu et corrigé par les designers LEGO (Wes Talbott et Austin Carlson) et le résultat final est assez différent, même si on retrouve bien l’esprit. Comme pour les sets 21318 Tree House et 21322 Pirates of Barracuda Bay, le résultat final est plus coloré que l’original, moins “sérieux”, c’est le jeu et même si certains seront forcément déçus, je le trouve personnellement plutôt sympathique.

La chronique de Bridgerton | SERIE sur NETFLIX | Critique d’une série emprisonnée dans le vide !

Voici mon avis critique sur la série netflix « La chronique de Bridgerton » qui a conquis le cœur de bon nombre de spectateurs .

Dans la vie, les personnes les plus belles sont les plus intéressantes. Le message de la Chronique des Bridgerton est clair comme de l’eau de roche, il s’étale partout, dans les gros plans, dans les ralentis, dans les battements de cils de notre héroïne aux traits fins et au teint poudreux. Dans les abdos dessinés de notre héros renfrogné dont les émotions s’arrêtent à l’amplitude de ses mouvement de sourcils.

Dans la Chronique des Bridgerton, les gens laids sont méchants. Les gens gros sont adorables et complexés. Les jeunes beaux baisent entre eux et c’est excitant. Les hommes vivent pour leur honneur et les femmes vivent pour les hommes. Car c’est ainsi que les choses sont.

Lady Whistledown, c’est notre Gossip Girl à nous, un être mystérieux qui publie un journal de potins dont s’abreuvent tous les membres de l’aristocratie britannique, dans cette Angleterre pré-victorienne du début du 19e siècle. La reine Charlotte raffole de ses écrits, tout comme la famille Bridgerton, dont la fille aînée Daphne (Phoebe Dynevor) est au centre de cette première saison. Pas seulement de cette saison : Daphne est au centre de toutes les attentions, celle de la reine, celle du Prince, celle du Duc, celle de son frère, celle de sa mère, celle des autres prétendants, celle des passants.

Alors, comme il fallait bien inventer une histoire, Daphne et le Duc décident de faire semblant d’être amants, parce qu’ils se détestent, mais peut-être qu’ils ne se détestent pas tant que ça, et peut-être même qu’ils s’aiment, mais vraiment, si c’était le cas, on ne l’aura pas vu venir.

’est un peu comme si la série s’était emparée d’une adaptation cinématographique d’un Jane Austen, l’avait essorée pour en extraire toute trace d’humour et de subtilité pour n’en garder que les moues boudeuses et les effusions de sentiments mélodramatiques. Qu’il est dur, d’être une magnifique riche femme blanche dans l’aristocratie, que tout le monde cherche à épouser… Le pire, c’est que la Chronique des Bridgerton semble avoir conscience d’être prise dans un énorme paradoxe : faire son bif sur le dos d’une époque où la société s’organisait autour de l’oppression des femmes au profit des hommes, tout en essayant de faire rêver un public moderne avec une histoire d’amour interdite.

C’est ainsi qu’entre deux courbettes de jeunes femmes mariées de force aux plus offrants, on hérite de quelques saillies bien senties du quota féministe de la série, l’une des sœurs de Daphne qui jalouse la liberté des hommes et refuse d’apprendre à coudre car ce qu’elle aime, c’est lire. Presque autant qu’elle aime dire qu’elle aime lire.

Daphne est blanche, comme toute sa famille. La reine Charlotte ne l’est pas : elle est jouée par Golda Rosheuvel, une actrice noire, qui s’est récemment félicitée du choix « de génie » du créateur Chris Van Dusen de mettre « au sommet de la pyramide alimentaire » une femme non blanche. Julia Queen, l’autrice de la Chronique des Bridgerton, les livres dont la série est adaptée, a elle aussi défendu le « choix conscient » de ce casting, rappelant que des historiens débattaient depuis longtemps sur la possibilité que Charlotte ait été afrodescendante.

À la place, c’est une certaine nausée qui s’empare de nous à la vue des plans kitschissimes (que la personne qui a essayé d’imiter Game of Thrones dans le générique se dénonce) et de la répétition des mêmes mécanismes sexistes ; les femmes admirent les autres femmes pour leur beauté mais les détestent aussi pour leur physique. Seule la bande-originale nous permet de respirer, la production ayant eu la bonne idée de réarranger des tubes comme Bad Guy de Billie Eilish à la sauce clavecin pour donner du pep’s aux scènes de fêtes.

Il y a treize ans, Gossip Girl nous prouvait qu’il était possible de se fasciner pour la même histoire, cinquante fois d’affilée, de suivre les tribulations d’un casting aseptisé hors du temps et de l’espace. Il est triste de constater que la Chronique des Bridgerton ne lui arrive pas à la cheville.

On en vient donc à supporter les épisodes comme on re-binge watcherait une saison de Friends pour la quarantième fois ; pour passer le temps, se déconnecter du monde qui va mal, et ne plus penser à rien. Une plongée dans le vide à la hauteur de notre besoin de nous échapper de 2020.

Mort de Jean-Pierre Bacri, génial « râleur » du cinéma français, césarisé pour Un air de famille, On connaît la chanson et Le Goût des autres

Jean-Pierre Bacri, célèbre acteur et scénariste lauréat de 5 César, notamment connu pour sa collaboration avec Agnès Jaoui dans « Le Goût des autres », « Cuisines et dépendances » ou « Un Air de famille », est décédé d’un cancer à l’âge de 69 ans.

Enfant, Jean-Pierre Bacri découvre le Septième Art grâce à son père, guichetier d’un cinéma le week-end. Il quitte l’Algérie et émigre avec ses parents à Cannes en 1962. Là, il poursuit ses études au lycée Carnot dans le but de devenir professeur de latin et de français. En 1976, il monte à Paris et abandonne l’idée d’enseigner pour travailler dans la publicité. Il suit également une formation de comédien au cours Simon, mais préfère d’abord s’intéresser à l’écriture. Il écrit sa première pièce, Tout simplement, en 1977, puis Le Timbre (1978) et reçoit le Prix de la fondation de la vocation en 1979 pour Le Doux visage de l’amour.En 1979, Jean-Pierre Bacri obtient son premier rôle au cinéma, celui d’un anesthésiste dans Le Toubib, mais c’est sa prestation de proxénète dans Le Grand Pardon (1981) qui le rend familier aux yeux du grand public. Il multiplie ensuite les seconds rôles, apparaissant aux côtés de Lino Ventura dans La Septième cible (1983) ou de Christophe Lambert dans Subway (1985). Ce film de Luc Besson lui permet d’obtenir en 1986 une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle. Dès lors, il se retrouve en tête d’affiche du thriller Mort un dimanche de pluie (1986), du drame L’Eté en pente douce (1987) et des comédies Les Saisons du plaisir (1988), Mes meilleurs copains (1989) et La Baule-les-Pins (1990).Durant les années 90, Jean-Pierre Bacri acquiert une certaine popularité et s’impose véritablement sur le devant de la scène cinématographique grâce aux personnages qu’il compose : souvent bougons, râleurs, mais sympathiques. En 1993, il se lance à nouveau dans l’écriture de scénarii avec sa compagne Agnès Jaoui et crée Cuisine et dépendances. La pièce et son adaptation cinématographique sont un succès. Leur fructueuse collaboration se poursuit avec Smoking/No Smoking, Un air de famille, On connaît la chanson, Le Goût des autres, films pour lesquels le couple Jaoui-Bacri remporte respectivement les César 1994, 1997, 1998 et 2001 du meilleur scénario, et Comme une image, Prix du scénario à Cannes en 2004. Hormis Smoking/No Smoking, ces longs métrages ont également été interprétés par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.S’illustrant dans les comédies romantiques Une femme de ménage (2002) et Les Sentiments (2003), ce dernier aime s’entourer de fidèles : Alain Chabat à qui il donne la réplique dans La Cité de la peur (1994), Didier (1997) et pour qui il prête sa voix dans Astérix et Obélix : mission Cléopâtre (2002) ; Nicole Garcia qui le dirige dans Place Vendôme (1998) et Selon Charlie (2006) ; et Sam Karmann dans Kennedy et moi (1999). L’année 2008 signe une nouvelle collaboration avec Agnès Jaoui avec qui il coécrit Parlez-moi de la pluie, un film où il tient la vedette aux côté de Jamel Debbouze. Bacri montre qu’il est aussi attentif aux jeunes talents du cinéma français en participant en 2009 au premier long métrage de Nassim Amaouche, Adieu Gary, et en 2011 au deuxième de Raphaël Jacoulot, Avant l’aube.Le cinéma d’auteur lui étant cher, il incarne en 2012 le rôle principal de Cherchez Hortense mis en scène par Pascal Bonitzer. Il retrouve ensuite pour Au bout du conte son éternelle partenaire Agnès Jaoui. Ils écrivent ensemble le scénario de cette hilarante comédie, Jaoui endosse la fonction de réalisatrice et tous les deux s’y donnent la réplique.Après une pause de deux ans, il revient sur grand écran pour la comédie dramatique La vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc, qui lui vaut une nomination au César de Meilleur acteur. On le voit ensuite en organisateur de mariage dans Le Sens de la fête (Olivier Nakache et Éric Toledano), en Père Noël de rue dans Santa & Cie (de son complice Alain Chabat), puis il revient à l’écriture pour Place publique, dans lequel il interprète un vieux beau pour ce qui sera sa dernière collaboration avec Agnès Jaoui. Son ultime film, la comédie dramatique Photo de famille, était sorti en septembre 2018.

Zone Hostile sur Netflix : c’est quoi ce film de guerre avec Anthony Mackie en androïde ?

Disponible sur Netflix, Zone Hostile est un film de guerre qui met en scène Anthony Mackie (Falcon du MCU) dans la peau d’un androïde militaire chargé d’une mission périlleuse pour la survie de l’humanité.

Dans l’avenir, un pilote de drone est déployé dans une zone militarisée meurtrière où il va travailler pour un officier androïde chargé d’empêcher une attaque nucléaire.

Avant de retrouver Anthony Mackie dans le costume du Faucon dans la série Falcon et le Soldat de l’Hiver sur Disney+, l’acteur se glisse dans la peau d’un androïde militaire dans Zone Hostile de Mikael Håfström sur Netflix. Fabriqué par l’armée américaine, Leo doit remettre des vaccins aux civils menacés par une dangereuse organisation et mettre la main sur les codes de déclenchement d’une arme nucléaire qui menace l’humanité. Pour cela, il doit traverser une zone de non-droit contrôlée par Viktor Koval, un criminel de guerre. Malgré ses capacités hors du commun, Leo a besoin d’un acolyte et demande l’affectation du lieutenant Thomas Harp (Damson Idris), un pilote de drone expérimenté mais puni par ses supérieurs pour insubordination et le meurtre de deux soldats sur le terrain.Zone Hostile nous plonge en plein coeur d’un périmètre dangereux en Europe de l’Est en 2036 dominé par un groupuscule russe. Les forces américaines tentent de maintenir la paix dans cette zone où la guerre civile fait rage et ont envoyé des troupes surentraînées accompagnées de drones et de droïdes de combats appelés les Gumps. C’est dans ce contexte de guerre que Harp et Leo vont évoluer et essayer de s’entendre pour mener à bien leur mission. Sur le papier, le film de Mikael Håfström ne révolutionne pas le genre et propose une intrigue qui a un goût de déjà vu. Mais Zone Hostile vaut le coup pour la relation ambiguë entre Harp et Leo, intéressante à suivre dans un contexte de guerre simplifié mais calibré.

Les deux acteurs principaux Anthony Mackie (très en forme !) et Damson Idris forment un excellent duo. Le reste du casting, composé des têtes connues Michael Kelly (House of Cards), Pilou Asbæk (Game of Thrones), Emily Beecham (Into the Badlands) et Enzo Cilenti (Seul sur Mars), en impose et apporte un soutien solide aux personnages centraux. S’appuyant sur une mise en scène nerveuse et efficace, des effets spéciaux convaincants et deux héros sincères et attachants, le film de Mikael Håfström se révèle être un divertissement séduisant et réussi.

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LEGO a 90 ans en 2022 : votez sur LEGO Ideas pour choisir le vieux thème à ressortir pour fêter cet anniversaire !

LEGO célèbre ses 90 ans en 2022 et propose de fêter ça l’an prochain en ressortant un vieux thème dans un set 18+ ! Et LEGO vous laisse voter pour choisir le thème que vous souhaitez le plus voir revenir à l’occasion de cet hommage.

LEGO anniversaire 90 ans vote

Vous pouvez voter à cette adresse jusqu’au 25 janvier pour vos trois thèmes préférés parmi les 30 thèmes suivants : Trains, Town, Classic Space, Classic Castle, Lion Knights, Black Falcons, Model Team, Forestmen, Blacktron, Black Knights, Pirates, Imperials, Space Police, M-Tron, Wolfpack, Paradisa, Dragon Knights, Ice Planet, Aquazone, Spyrius, Exploriens, Time Cruisers, Divers, Adventurers, Xtreme Team, Rock Raiders, Studios, Bionicle, Arctic ou encore Alpha Team. Retrouvez les dans la série de visuels ci-dessous, ce sera peut-être plus parlant pour certains.

Ensuite, un nouveau vote sera organisé à partir du 3 février pour départager les trois thèmes qui auront recueilli le plus de votes. Le résultat de ce second vote restera confidentiel pour que le thème gagnant reste secret jusqu’à l’annonce officielle du set.