Grâce à ces 4 encastrements, il va découvrir 4 formes géométriques simples (triangle, carré, grand cercle, petit cercle) et apprendre à mettre en paire la forme et son encastrement.
Chronique : Le jeu est beau et pratique, les coins de la base sont arrondis et les trois cercles sont facilement pris par les petites mains des enfants.Un livret mode d’emploi accompagne cette découverte qui constitue une belle préparation au développement de l’enfant.
Note : 9,5/10
Extraits :
ISBN-13 : 978-2092789599 Dimensions du produit : 15.6 x 8.8 x 18.9 cm Éditeur : Nathan (8 octobre 2020)
30 paires à recomposer, dans un univers pop et coloré. Edmond, Georges Hibou, l’ours Édouard, la Chose, Hortense et Polka… ils sont tous là! Ce jeu, subtil mélange de hasard et de déduction, est idéal pour faire travailler la mémoire tout en s’amusant !
Chronique : Coffret très bien fait. avec 60 cartes 55 x 55 mm Règle simple : Étaler les cartes face cachée. Le plus jeune retourne 2 cartes. Si elles sont identiques, il les conserve à côté de lui et rejoue. Sinon, il les retourne face cachée. Et c’est au tour du joueur suivant.Le gagnant est celui qui possède le plus de paires à la fin de la partie.
Un lot d’image qui permettent de mettre en pratique la mémoire. Très bien conçu!
Note : 9,5/10
Extrait :
ISBN-13 : 978-2092595893 Dimensions du produit : 16 x 4.3 x 18 cm Éditeur : Nathan (15 octobre 2020)
Chronique : Concernant les odeurs, il faut frotter les pastilles. C’est ludique pour l’enfant. Toutefois à chaque fois que on ouvre le livre on ne sent pas systématiquement les odeurs. Ce que je trouve intéressant, c’est qu’il y a une couleur par double-page, que sur l’une de ces deux pages, il y a l’image avec rabat et que sur l’autre L’ouvrage est cartonné et le carton est épais. Je conseille cet ouvrage simple mais suffisant.
Note : 9,5/10
Extrait :
ISBN-13 : 978-2092595541 Dimensions du produit : 21.7 x 1.4 x 21.7 cm Éditeur : Nathan (8 octobre 2020)
Chronique : On se retrouve face à une merveilleuse histoire sur le fait de reculer le coucher et ainsi de profiter de l’instant et de prendre son temps. Le texte est comme une douce ritournelle, Thierry Courtin y ajoute une douceur et une vraie force dans le texte qu’on est bercé par l’histoire. Les illustrations nous accompagnent dans le récit grâce au travail de la couleur et des détails afin de nous faire apprécier ce livre.
Note : 9,5/10
Extrait :
Poids de l’article : 380 g ISBN-13 : 978-2092595558 Dimensions du produit : 19.8 x 2.5 x 19.8 cm Éditeur : Nathan (24 septembre 2020)
Chronique : Ce joli livre aidera bon nombre de parents en mal d’inspiration à trouver une activité d’éveil et de développement des aptitudes pour leurs enfants dans la cuisine . Il aide à leur transmettre nos expériences et nos savoirs en restant sur un mode ludique, pour faire un gateau mais en laissant une grande part à la découverte. Un ouvrage, au style épuré, lumineux et enjoué, très plaisant !
Note : 9,5/10
Extrait :
Relié : 10 pages ISBN-13 : 978-2092594148 Dimensions du produit : 19.8 x 2 x 19.9 cm Éditeur : Nathan (13 août 2020)
Chronique : C’est un livre qui nous fait penser au film Into The Wild de Sean Penn : se retirer dans la nature, sans les « commodités » modernes, et jouer un rôle de médiateur sur la beauté de la nature et sa place dans l’univers.
Breuzé ne s’assoit pas seulement dans le visage et regarde son nombril. Il sort et se promène obligatoire dans les premiers mois de son séjour. Les aperçus ironiques et sardoniques sur la condition humaine abondent. Il fait l’éloge de la beauté de la Haute-Savoie. notant à quel point la plupart des aspects de la vie sont laids et minables en Ret que l’on peut retrouver l’amour, .L’auteur raconte son expérience de vivre une nouvel vie où il réfléchit sur la pureté de la nature, loin de la dévastation que les humains créent par leur manque de respect pour notre belle Terre. La philosophie avec laquelle il écrit le texte est très inspirante et l’histoire d’amour avec Fanny fourmillent de détails. C’est une histoire simple mais c’est si bien raconté que ça en est secondaire. Chaque phrases fourmille d’informations et de petits clins d’œil qui en disent long sur l’histoire et les personnages. Un moment de douceur, d’émotion. A lire.
Note : 9,5/10
Poids de l’article : 480 g Dimensions du produit : 15.3 x 2.6 x 23.5 cm Éditeur : Calmann-Lévy (14 octobre 2020)
Faye mène la belle vie à l’étranger. Sa société Revenge est plus florissante que jamais et son ex-mari infidèle se trouve derrière les barreaux. Mais juste au moment où Faye pense que tout est rentré dans l’ordre, sa petite bulle de bonheur est de nouveau menacée.
Chronique : Camilla Lackberg agace et assomme même ses fans les plus endurcis avec une histoire de vengeance féminine et un monde dénué de toute morale.
Avec sa « Cage d’or » et ses « Ailes d’argent », Camilla Lackberg a tiré ses lecteurs presque de force hors de sa zone de confort de lecture. Elle a créé un monde sale et dégoûtant d’extraterrestres, dépourvu de toute morale, ce qui est difficile à imaginer. De plus, elle a donné vie à une héroïne qui ne peut être aimée et à laquelle personne ne peut s’identifier. Cette femme pourrait partager sa vie tordue avec une centaine d’autres vies malheureuses et maltraitées. Les Suédois – et Camilla Lackberg est suédoise, donc elle le sait mieux que quiconque – aiment envelopper leur saleté dans des rideaux blancs et propres et se cacher derrière une façade de fleurs colorées et de lumières lumineuses. Et Lackberg ? Elle a brutalement mutilé et défiguré ce monde des apparences. La série sur Faye met en scène des mensonges, des trahisons, des faux, des meurtres, des violences de toutes sortes et des scènes graphiques de films pour adultes uniquement. Il n’y a rien de beau là-dedans.
L’histoire de Faye est une telle moquerie littéraire. D’une part, c’est une histoire de vengeance féminine ultime et de sororité par-dessus tout. D’autre part, c’est l’éloge apparent d’un mensonge, de toutes les tromperies qui se cachent derrière de grandes sommes d’argent et des illusions tout aussi grandes selon lesquelles le monde est plus naïf qu’il ne l’est en réalité.
En arrivant à ce cycle, il est intéressant de supposer immédiatement qu’il s’agit d’un Lackberg complètement différent du Lackberg du cycle sur Fjallbacca. L’auteur a enlevé ses gants blancs et a raconté l’histoire comme elle le voulait, sans l’envelopper d’argent. La « Cage d’or » et les « Ailes d’argent » sont un peu comme les ténias de la série – fascinants et dramatiques, si l’on adopte leur convention exagérée dès le début. Devant le lecteur, il y a l’histoire d’une vengeance fantaisiste et compliquée. C’est aussi une histoire sur toutes les violences possibles et dégoûtantes. Sans se presser, presque moralement, jetant toutes les quelques pages de pétrole dans le feu de l’action.
Et il n’y a rien à prétendre – cela ne plaira pas à tout le monde. Je regarde avec raison la réception négative de ces romans, car un tel épisode du roman de Camilla Lackberg peut certainement surprendre. Je soupçonne que même les fans les plus convaincus se sont sentis battus. Cependant, je vous recommande d’aborder cette série avec un esprit ouvert, de vous immerger dans l’histoire et de voir quelle fin l’auteur du roman prépare pour son héroïne.
Note : 9,5/10
Broché : 305 pages Éditeur : Actes Sud (4 novembre 2020)
Moi qui n’aime rien de moins que d’être plongé au cœur de l’enquête je dois reconnaître que j’ai été comblé par ce polar, la seconde enquête du commissaire Frankie Sheehan que les éditions Hugo m’on aimablement envoyé.
L’auteure a eu la bonne idée de nous faire vivre l’enquête par les yeux de son héroïne, l’intègre Frankie Sheehan, qui par bien des aspects m’a rappelé une autre figure célèbre du monde du polar, l’Américain Harry Bosch. Comme le célèbre enquêteur de la cité des anges l’irlandaise est réfractaire à l’autorité, son métier de flic est un sacerdoce qu’elle effectue sans jamais le remettre en question, elle accorde beaucoup d’importance aux détails du crime et son œil aguerri dévoile au lecteur tous les aspects techniques de l’enquête sans que celui-ci ne soit noyé sous la masse d’informations. Pourtant cette comparaison doit être modérée, Sheehan est tout de même beaucoup plus diplomate que Bosch, j’aurais parfois aimé qu’elle rue un peu plus dans les brancards mais il ne s’agit après tout que de sa deuxième aventure, et surtout elle n’est pas un oiseau de nuit solitaire comme Bosch, elle peut compter sur une famille aimante pour l’épauler face à son quotidien violent. Un personnage équilibré, loin du cliché du personnage féminin badass sans limites tel que l’on peut en lire de plus en plus dans les polars contemporains.
C’est donc par le prisme de sa vision des choses que le lecteur va découvrir une Irlande en proie à une misère sociale qui s’est banalisé. L’intrigue prend le temps de nous montrer que malgré les années certains comportements ne changent pas. La perte du lien social place les forces de l’ordre en butte aux récriminations de la population, il n’y a qu’à voir la manière qu’ont certains suspects de s’adresser à eux, Sheehan se fait plusieurs fois insulter sans que personne ne bronche, je ne sais pas à quel point cela reflète la réalité mais ce sont des détails qui m’ont quelque peu gêné car peu plausible à mon sens. Cet aspect un trop forcé de la société irlandaise n’est pas ce qu’il y a de plus réussi dans le roman.
Heureusement l’auteure s’en sort beaucoup mieux lorsqu’il s’agit de relater une enquête. Tous les amateurs de polars reposant sur la collecte d’indices, les interrogatoires et le partage de conjectures entre collègues seront ravis. La narratrice nous fait vivre au plus près une enquête policière avec ses fausses pistes, son faisceau d’indices que chaque lecteur sera libre d’interpréter à sa guise. Malgré la complexité de l’intrigue et les différentes étapes de l’enquête que l’on suit pas à pas, jamais on ne ressent ni stagnation ni longueurs dans le récit jusqu’au dénouement. Un dénouement surprenant, qui a le mérite d’apporter un aspect plus personnel à l’intrigue tout en finissant de délivrer les dernières pièces du puzzle.
Avec ce second volume des enquêtes de Frankie Sheehan Olivia Kiernan prouve qu’elle possède tout le talent nécessaire pour captiver le lecteur en l’entraînant dans une intrigue tortueuse dont elle va dénouer les fils progressivement. Il ne lui reste plus qu’à muscler son personnage d’enquêtrice et à affiner sa description de la société irlandaise pour devenir un grand nom du polar.
Résumé:Le crime colle à la peau de la commissaire Frankie Sheehan. Mais à Clontarf, petite station balnéaire proche de Dublin, Frankie n’est pas la seule à être familière avec la mort… Deux corps sont retrouvés dans l’église de la ville, sauvagement assassinés. Un double meurtre qui coïncide étrangement avec la sortie de prison de Sean Hennessy, condamné dix-sept ans plus tôt pour le meurtre de ses parents alors qu’il était encore adolescent. Sean a toujours clamé son innocence ; et c’est cette version des faits qu’il entend défendre dans un documentaire télévisé en préparation. Frankie le pressent : pour découvrir l’auteur du double meurtre de l’église, puis d’un nouvel assassinat tout aussi épouvantable, il va lui falloir comprendre ce qu’il s’est véritablement passé voilà dix-sept ans. Et percer les mystères qui relient entre eux, par-delà les années, les cadavres de Clontarf.
Cinq ans après son lancement et alors qu’elle rend les armes, on aurait tendance à oublier que Dix Pour Cent représentait un vrai risque pour France 2 qui aurait pu atrocement se planter, à une époque où les paris audacieux étaient encore plus rares qu’aujourd’hui à la télévision française. Et ce n’est pas un hasard s’il a fallu plus de 7 ans aux producteurs pour monter le projet auquel peu croyait. C’est d’ailleurs tout naturellement pour Canal+, autrefois la chaîne du cinéma, qu’elle a été développée à l’origine. Mais ses responsables voulaient une série plus cynique et Platane d’Eric Judor lui a finalement été préférée. Dix Pour Cent se voulait piquante mais toujours bienveillante envers le milieu du cinéma et ceux qui le font; elle n’a jamais été là pour dénoncer mais gentiment moquer et pointer du doigt ses paradoxes et ses extravagances.
Dix Pour Cent, puisqu’il convient maintenant d’en parler au passé, c’était une série moderne et chorale centrée sur une dizaine de personnages principaux, une rareté chez nous, mais aussi et avant tout une dramédie, un genre difficile à manier, très anglo-saxon à la télé, plus cinématograhique en France, mais qui a toujours eu du mal à percer dans la petite lucarne hexagonale. On se souvient surtout de Clara Sheller, dix ans plus tôt, une petite révolution qui n’avait pas été suivie d’effet. Son créateur, Nicolas Mercier, était d’ailleurs à l’origine de Dix Pour Cent avant de finalement quitter le navire… et d’y revenir. Il a en effet co-écrit le final ! Mais Dix Pour Cent c’était aussi une voix, celle de sa showrunneuse lors des trois premières saisons : Fanny Herrero, entourée essentiellement de jeunes auteurs qui ne pouvaient pas aller à meilleure école.
Le succès de la série ne s’est pas fait attendre : il a été instantané, autant public que critique, et il a même été grandissant au fur et à mesure des saisons, à la fois grâce au bouche à oreille mais aussi grâce à Netflix, qui a herbergé les premières saisons tout de suite après leur diffusion sur France 2, offrant à Dix Pour Cent non seulement une visibilité plus grande auprès d’un public jeune qui n’était pas forcément devant son poste de télé, mais aussi auprès du public international où elle est disponible partout dans le monde. Beaucoup de stars américaines s’en disent fans ! Pour cette saison 4, France 2 a beaucoup misé sur sa plateforme numérique France.TV afin de ramener ce public Netflix vers chez elle, là encore avec succès semble-t-il.
i Dix Pour Cent n’a rien inventé dans son format, elle l’a admirablement bien transposé à la France et à son univers si singulier. Chaque épisode est centré sur un cas -en l’occurrence une guest-star et ses petits problèmes- mêlé à des intrigues feuilletonnantes, qui permettent de faire évoluer les personnages et de créer un attachement avec le téléspectateur. Dix Pour Cent s’inspire ainsi du genre de soap de prime-time pour articuler ses thématiques et construire ses rebondissements, au coeur d’une arène inédite, celle des agents de stars, un métier méconnu mais passionnant, où les protagonistes doivent tour à tour s’improviser psy, nounous ou chasseurs de têtes.
On peut finalement comparer son approche aux grandes séries de Shonda Rhimes comme Grey’s Anatomy ou Scandal qui se servent d’un milieu professionnel pour raconter des peines de coeur et aborder des sujets sociétaux; on pense aussi dans le ton à Desperate Housewives, avec sa mécanique bien huilée qui même au plus bas de sa créativité réussissait encore à nous enchanter grâce son efficacité. Plusieurs adaptations étrangères de Dix Pour Cent ont ou vont voir le jour, preuve qu’elle a un format attractif bien au-delà de nos frontières. C’est plus compliqué aux Etats-Unis en revanche, où le métier d’agent s’inscrit dans une industrie hollywoodienne avec des agences géantes, très loin de « l’artisanale » ASK.
L’autre grande force de la série résidait dans l’écriture de ses dialogues, toujours très percutants, drôles, plein d’esprit, à l’image de ceux des films des années 50, 60 et 70, où le métier de dialoguiste existait encore. La comédienne Camille Chamoux, venue du one woman show, a par exemple participé à l’écriture des dialogues. On peut ainsi extraire quelques phrases cultes sans problème, certaines sont même devenues des GIF, forcément !
Quant à l’attachement sus-cité, c’est indéniablement ce qui a rendu la série si populaire. Elle avait ses stars pour créer l’événement en saison 1, mais dès la saison 2, les vraies stars de la série étaient celles qu’elle avait créées : Andrea, Gabriel, Arlette, Hervé, Noémie et les autres. La magie du casting, leur alchimie, leur singularité aussi, ont fini de sceller le destin de Dix Pour Cent et leur ont au passage offert une belle carrière. Camille Cottin est partout au cinéma (et même dans la série américaine Killing Eve !), Nicolas Maury vient de sortir son premier film en tant que réalisateur (Garçon Chiffon), Laure Calamy vient de cartonner avec Antoinette dans les Cévennes qui a dépassé les 700 000 entrées en salles, Stefi Celma est de plus en plus présente à l’écran… Ironique, mais pas anodin, quand on sait combien il est difficile pour les acteurs estampillés télé de percer au cinéma habituellement !
Après la saison 1, les possibilités semblaient infinies pour la série, que l’on imaginait très bien durer 5, 6, 7 ans de plus. Si bien que quand on a appris il y a quelques mois que la saison 4 serait certainement la dernière -ce qui a été confirmé par la suite- une grande sensation de gâchis venait nous envahir. Pourquoi s’arrêter si tôt ? Partir avant de lasser, d’accord, mais au bout de seulement 4 saisons quand d’autres séries, majoritairement anglo-saxonnes, parviennent parfois à en atteindre 7,8,10 avec beaucoup plus d’épisodes par saison ?
C’est là que toute la complexité pour produire et écrire une telle série entre en jeu, surtout quand on souhaite qu’elle revienne, comme il se doit, à un rythme régulier à l’antenne. Au-delà du budget, qui devait être conséquent, c’était une grosse machine qui dépendait beaucoup des guests et de leurs disponibilités. Comme nous l’avait expliqué Fanny Herrero, les débuts ont été chaotiques de ce point de vue et remplis de déconvenus : « On a été un peu naïfs en saison 1, où l’on avait écrit des partitions pour des stars bille en tête. Puis on a été confrontés à des difficultés, des refus (…) on se retrouvait du coup avec des textes très aboutis pour quelqu’un qui ne voulait pas le faire. C’était épuisant pour les scénaristes de détricoter ce qui avait été fait. »
Si les stars étaient plus souvent partantes pour participer par la suite, encore fallait-il leur trouver LA bonne histoire, qui ne serait pas redondante et qui ne les peignerait pas non plus sous un jour trop sombre ou trop négatif. Pas une mince affaire, un casse-tête, qui a eu raison de Fanny Herrero et qui s’est traduit par quelques ratés. Sans compter les coulisses mouvementées avec les réalisateurs qui n’ont pas accepté, comme c’est souvent le cas à la télé, d’être « au service » du showrunner et plutôt dans un rôle d’exécutant. Les Inrocks révélait récemment dans un article les « dissensions artistiques, querelles de pouvoir et castings impossibles » qui avaient eu raison de la série, sans compter un parfum de mysoginie qui aurait beaucoup pesé sur Fanny Herrero selon ses propres dires. Par ailleurs, économiquement, le pari était de plus en plus compliqué à tenir avec une économie de service public. D’où sans doute un placement de produit qui prenait de plus en plus de place à l’écran, quitte à irriter quelques internautres sur les réseaux sociaux.
Au bout du compte, ce qu’on pourrait reprocher, d’un point de vue critique, à Dix Pour Cent c’est de n’avoir pas cherché ou réussi à sortir de sa zone de confort, de n’avoir pas osé aller plus loin et frapper plus fort sur un certain nombre de sujets. Celui de la drogue, par exemple, pourtant très présent dans le milieu du cinéma, a toujours été soigneusement évité. On aurait pu également s’attendre à ce que la saison 4 aborde frontalement #MeToo mais elle ne l’a pas fait, considérant sans doute que l’épisode de Béatrice Dalle ou le discours engagé de Juliette Binoche dans les saisons précédentes suffisaient.
Son aspect sociétal s’est finalement limité à l’homo-parentalité, ce qui représentait déjà une belle avancée, certes, mais on aurait pu espérer qu’elle poursuive sur sa lancée, plutôt que de s’arrêter là. Au fond, l’équipe a choisi de ne jamais trahir sa promesse de départ, qui était de proposer un divertissement feel good de qualité. Le Dix Pour Cent plus noir et plus méchant n’a jamais vraiment existé. Enfin, on aurait adoré que certaines stars soient un peu plus bousculées. Mais les Français en sont-ils capables ? Si bien que la série s’arrête au bon moment, alors qu’elle n’avait plus grand chose de neuf à dire, ou plus la même énergie pour le faire.
Lorsque Dix Pour Cent est arrivée à l’antenne de France 2, l’espoir était aussi qu’elle lance une vague de nouvelles productions plus ambitieuses, plus pointues mais grand public malgré tout, qui sortiraient des sentiers battus et nous entraîneraient dans d’autres univers. Mais en choisissant de se séparer de la directrice de la fiction de l’époque, Fanny Rondeau, et en se recentrant sur les polars, encore et toujours, France Télévisions n’a fait preuve d’audace que très rarement depuis. On pourrait citer Chefs, un thriller dans le monde de la cuisine, Philharmonia, un soap autour d’une femme chef d’orchestre, ou plus récemment Une Belle Histoire, une chronique sur un groupe de trentenaires. Et quelques tentatives plus maladroites comme Ben ou On va s’aimer un peu, beaucoup, qui n’ont pas rencontré leur public.
L’originalité est désormais circonscrite à la plateforme numérique du groupe, France.TV/Slash, surtout destinée à un public jeune avec des séries comme Skam, Stalk, Mental ou Derby Girl. Plus modernes dans l’écriture et le propos, plus inclusives aussi, elles révélent des talents, autant devant et derrière la caméra, qui sont peut-être le futur de France Télévisions, si la place qui leur est accordée venait à prendre de l’ampleur. Celle qui se rapproche le plus de Dix Pour Cent est peut-être Parlement, une comédie attachante et piquante qui raconte le monde politique différemment à travers le parcours de jeunes assistants parlementaires. Sur France 2, ce sont surtout les séries historiques (De Gaulle, Diane de Poitiers…) et celles tournant autour de l’éducation (La faute à Rousseau, 30 Vies…) qui tenteront de se faire une place dans le coeur des téléspectateurs dans les mois qui viennent, à côté des polars. Un nouveau Dix Pour Cent ? Pas à l’ordre du jour, visiblement.
Le film nigérian La Convocation de Netflix raconte la culture du viol à partir d’événements réels. Le film montre un environnement où le viol est normalisé en raison des attitudes envers le genre et la sexualité. L’histoire suit Moremi, une jeune et brillante étudiante qui s’attaque à l’établissement lorsqu’un professeur en vue tente de la violer.
La Convocation fournit de nombreux contextes. Elle s’intéresse à la vie et à la communauté de Moremi, mettant en évidence les nombreuses complexités concernant sa demande. Le film est divisé en deux parties : les événements qui ont conduit à la tentative de viol et les audiences du procès privé entre Moremi et le professeur.
La citation est typique de nombreuses communautés aujourd’hui. Elle met en contexte le fait que la partie qui détient le plus de pouvoir est celle qui a la plus forte voix. L’histoire est empreinte de bravoure et de force intérieure, car la jeune femme intelligente a juré de s’opposer à ce qui lui est arrivé. Les scénarios qui se déroulent montrent à quel point il est facile pour une victime de ressentir de la honte, malgré la tentative de faire justice.
Le réalisateur a choisi une approche plus légère de l’histoire. Il s’agit d’un environnement joyeux avec une nuance sombre. L’objectif est d’insuffler du réalisme, un monde déprimant n’étouffe pas toujours les victimes. Cela se produit souvent dans un environnement perçu comme sûr, avec une personne de confiance. Ces histoires sont importantes pour aider le public à saisir la société. Et les véritables rouages de la culture du viol qui se répercute sur les amis, la famille et les pairs.
On a l’impression que le réalisateur veut que le public se lève et agisse. Qu’il parle fort lorsque nous voyons des événements qui nous mettent mal à l’aise. La culture du viol se forme par le silence des autres et non par celui de la victime.
Malheureusement, le film s’affaisse. Sa durée de deux heures et trente minutes est légèrement inutile pour faire passer le message. La Convocation pourrait facilement être un long métrage de 90 minutes pour refléter les problèmes. Mais quoi qu’il en soit, La Convocation sur Netflix apporte un récit émotionnel d’une victime dans un monde paralysé par la culture du viol en mettant en scène un environnement qui est réprimé et en créant un monde de silence.