Interview : Louise Mey à propos de La Deuxième Femme

Dans La Deuxième Femme, Louise Mey met très justement en lumière les codes de l’emprise amoureuse, parfois intrinsèque aux situations de violence conjugale. Si l’auteure avait déjà exploré ces thématiques dans ses romans policiers Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles, la violence prend ici une dimension plus intime. On y suit malgré nous les tourmentes de Sandrine, nouvelle compagne de l’homme dont elle a tant rêvé, qui se révelera capable d’une violence extrême.

Ce livre a pour sujet prédominant la dénonciation des violences faites aux femmes, ligne déjà conductrice de vos romans Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles. Dans ces derniers, vous situiez partiellement l’action dans un commissariat. Cette fois-ci, l’horreur se déroule dans la sphère familiale. Pourquoi avoir fait le choix d’une narration intime ? 

Oui, c’est un point de vue différent. Les policiers et policières que j’ai inventés pour Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles savent beaucoup de choses, discutent entre eux, ont du recul sur la situation, ce qui permet d’avoir une approche un peu théorique des cas qu’ils rencontrent et touchent majoritairement des femmes et des personnes LGBTQ+.

Mais je ne voyais pas comment raconter ce que je voulais raconter en conservant cette posture de surplomb. Ça me semblait même un peu injuste : c’est facile d’analyser et de discourir sur l’emprise lorsque l’on n’en est pas soi-même victime.
Ce que j’ai essayé de faire, au contraire, c’était d’accompagner mes personnages au plus près, des personnages qui surnagent comme ils peuvent ; et de montrer comment ils en arrivent là où on les trouve. C’est une approche plus viscérale. Je traite toujours d’une question globale, qui est celle des violences systémiques faites aux femmes, mais c’est comme un champ/contrechamp, un changement de point de vue après deux Alex et Marco – et avant de terminer le troisième. 

Une partie substantielle de la narration de votre livre réside dans le refus de nommer l’autre : les autres femmes ne sont pas reconnues par Sandrine, le personnage principal, pour leur statut, et sous votre plume « l’homme qui pleure » ne possède pas de prénom. En faisant le choix de ne pas nommer ce personnage principal masculin, en lui refusant une part de son identité, cherchiez-vous à amorcer une discussion sur les problématiques de violence liées au genre masculin et à sa possible toxicité dont il est parfois question aujourd’hui ?

Les personnages féminins sont bien nommés par Sandrine, mais vous avez raison, elle leur dénie une reconnaissance à part entière : Caroline est « la première femme » avant d’être Caroline, elle n’existe que par ce statut directement lié au compagnon de Sandrine. Et au départ, Sandrine est persuadée que Lisa, par exemple, n’est pas une interlocutrice légitime car pour Sandrine, il y a des métiers « d’homme » : médecin, flic… Elle a appris à penser que les hommes font mieux, savent mieux. Quant à l’homme qui est un pivot dans le récit, le choix de ne pas lui donner de prénom est délibéré. Ce n’est pas un personnage qui m’intéresse beaucoup. Dans le polar, le thriller, les personnages masculins ont très souvent et la parole, et la main sur la narration.

 

De manière générale, il y a quand même beaucoup de livres, de films, qui décortiquent les motivations d’hommes qui font du mal aux femmes. Je me souviens d’un film où deux inspecteurs masculins, entièrement habillés – bon, ce n’est pas surprenant en soi, ils sont en train de travailler… – discutent de leur enquête alors qu’au second plan, il y a le corps d’une femme à moitié nue, jambes écartées, et floue. Cela m’avait révulsée – et c’était peut-être voulu. Ça m’a donné envie d’écrire autre chose ; des histoires où les victimes ne sont pas que des prétextes. Les histoires que l’on écrit infusent la société que nous habitons et j’avais envie de proposer quelque chose qui ferait un peu contrepoint. 

Encore dans la presse, malgré le travail de certaines équipes de journalistes et de militantes, on trouve encore beaucoup trop fréquemment des violences systématiques relatées sous la forme de faits divers, où les hommes mis en cause se voient attribuer des excuses : ils étaient ivres, ils étaient jaloux, ils étaient malheureux… Ça ne m’intéresse pas de participer à cela. On m’a déjà demandé, à plusieurs reprises « pourquoi ce choix d’écrire sur les pervers narcissiques » ; mais je n’ai jamais prétendu cela. Les hommes qui font du mal au femmes le font souvent parce qu’ils estiment qu’ils en ont le droit, ou qu’ils n’auront de toute façon pas à répondre de leurs actes. Et malheureusement, dans la réalité, le nombre d’hommes condamnés pour des violences ou des crimes sexistes leur donne raison… Mais depuis le début, mon propos est justement : « ces hommes ne sont pas fous ». Au contraire. Et c’est là, en effet, que la discussion sur la dimension toxique de la masculinité, telle qu’on la construit, devrait s’amorcer. Les personnes avec de réelles pathologies psychiques ont en fait davantage de risques d’être maltraitées que de maltraiter. Et si des hommes « sains d’esprit » sont violents avec les femmes, c’est bien qu’il y a un problème global. 

 

Et pour finir de répondre à votre question, ce qui est intéressant, c’est qu’on relève souvent (dans la fiction, la presse, dans les interventions télé…) que les hommes sont présentés avec leur nom de famille, leur titre officiel, alors que les femmes sont souvent réduites à leur simple prénom (ou alors on leur donne du « Madame » alors qu’elles sont professeures, expertes, comme pour nier leur expertise). Dans mes textes, j’ai réalisé que c’est l’inverse : le prénom, c’est un lien supplémentaire, une épaisseur en plus… les victimes en ont souvent, les agresseurs beaucoup moins. 

Quelle a été l’inspiration pour le personnage de Sandrine, la deuxième femme ? Était-ce un hommage aux “petites gens” que l’on ne voit pas, n’écoute pas ? 

C’est une question d’autant plus intéressante qu’au départ, le titre était La Première Femme. Avec ce titre, Sandrine n’était même pas au centre de sa propre histoire !
Mais Sandrine pourrait être n’importe quelle femme. Le fait qu’elle soit « petite » dans son estime d’elle-même, qu’elle se juge stupide, pas cultivée, fait partie du personnage, mais c’est presque anecdotique. D’autant qu’il y a un écart entre la manière dont Sandrine se voit, et ce qu’elle est vraiment…

Le personnage de Sandrine m’est venu d’un bloc, j’y tiens beaucoup. Mais peut-être que, rétrospectivement, si les choses étaient à refaire, je la travaillerais différemment, pour qu’elle soit moins « petite », justement.

Ceci étant dit, dans le livre, il y a un passage court (mais important) où on évoque une femme « importante » qui est victime de violences – et on comprend, je l’espère (non pas qu’une femme est plus importante qu’une autre) qu’une femme CSP+++, indépendante, « puissante », peut, elle aussi, être sous emprise. Parce qu’il n’y a pas vraiment de profil et qu’encore une fois, quand une femme est victime de violences, le problème, ce n’est pas elle.

« Elle devait être de celles-là, celles dont le père de Sandrine parlait, les salopes qui font chier leur monde, elle Sandrine avait appris à ne pas faire chier son monde, elle était bonne élève. » Comme de nombreuses femmes, Sandrine a appris à se replier, à ne pas exister pour mieux survivre. Sur quoi avez-vous basé vos recherches pour ce livre ? Vous êtes-vous entretenue avec des victimes pour tenter de comprendre leur schéma mental lorsqu’elles sont confrontées à des situations d’extrême violence ?  

L’origine de La Deuxième Femme, ce sont mes recherches pour écrire Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles : j’ai consulté (merci Internet) beaucoup de statistiques, d’études. Elles ont modifié ma manière de lire les actualités et de décrypter la culture qui m’entoure. Dans Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles, quelque part, l’emprise est déjà partout. Que ce soit celle que les hommes veulent exercer sur les femmes ou celle que les stéréotypes de genre font peser sur les femmes en tant que groupe social.

L’expression n’est pas très élégante mais La Deuxième Femme, c’est presque une purge de tout ce que j’ai absorbé, pas seulement d’événements terribles, mais aussi de la réception qui leur était faite. « Elle n’avait qu’à pas » (sortir, boire un verre, accepter qu’on la raccompagne) ; « elle n’avait qu’à » (dire non, se défendre, crier, ou quand la victime a réussi à réagir, se défendre mieux, crier plus fort). C’est une inversion de la responsabilité. Quand on cambriole votre maison, personne ne vous dit « oui mais quand même, avec des rideaux comme ça, vous l’avez un peu cherché, non ? ». Dans La Deuxième Femme, j’ai essayé de réfléchir à ce « mais elles n’ont qu’à partir » qu’on entend dès qu’une femme parle des violences qu’elle subit. Ou quand elle meurt. 


Cette situation de violence dépasse le couple formé par Sandrine et M. Langlois, puisqu’elle aura des réelles répercussions sur la sphère familiale dans son entièreté. Elle touchera particulièrement le petit Mathias, fils silencieux pris entre deux eaux. Pourrait-on dire qu’il s’agit ici d’un personnage pivot, reflet des effets de la masculinité toxique ?

Je pense que c’est se leurrer que de croire que la violence au sein d’un couple n’affecte pas les enfants. J’ai participé à une table ronde sur le féminicide organisée par Causette en février. Grâce à la Fondation des femmes, j’ai rencontré une avocate qui se spécialise en défense des victimes : Me Anaïs Defosse. Elle insistait beaucoup sur le fait que les enfants sont profondément affectés par ce genre de situation ; que le traumatisme d’un accident grave est inférieur à celui de voir un de ses parents être violent avec l’autre. Qu’un homme violent ne peut pas être un bon père, pas tant qu’il n’a pas eu le temps de sortir de sa propre violence.

Le personnage de Mathias est aussi là pour illustrer une réalité terrible qui est que les hommes violents utilisent souvent les enfants comme moyen de pression ; beaucoup d’assassinats se produisent au moment du passage de bras, lors d’une garde alternée. Et il ne faut pas oublier que quand un conjoint ou ex-conjoint tue une femme, il tue aussi, parfois, ses enfants. 

On pourrait presque qualifier ce livre d’étude de la soumission inconsciente du genre féminin pour s’accommoder aux désirs et attentes du patriarcat. Le sexisme intériorisé de Sandrine, sa haine de l’autre femme qui vient mettre à mal sa relation avec « son homme » en sont des exemples. Était-ce important pour vous de souligner cette soumission qui n’est pas toujours mise en lumière dans la littérature, et qui peut mener à une déconstruction sociétale du soi ?

C’est un beau compliment ! Mais c’est peut-être audacieux de ma part de revendiquer cela.

Le roman noir est un champ très vaste et qui laisse beaucoup de liberté. Y compris celle, comme ici, de passer tant de temps avec un personnage, qu’enfin on comprend comment il fonctionne ; on arrive à ressentir les mécanismes qui ont fait de lui ce qu’il est. La manière dont il s’efface, se dilue, se ratatine. Quelque part, il s’agit de pouvoir être « utile », quand j’écris.
L’emprise est un mécanisme psychique dont on parle de plus en plus mais qui me semble compliqué à faire ressentir vraiment. C’est donc très gratifiant de recevoir des messages de personnes me disant qu’elles ont « compris » ce que cela signifiait. Et j’étais soulagée d’avoir des retours de professionnel.le.s qui me disaient « oui, c’est conforme à ce qu’on observe », car les livres peuvent aussi faire du mal et c’est une vraie responsabilité.

Je pense qu’il y a des personnages féminins forts dans la littérature ; et que plus il y en aura, plus il y aura d’autrices qui pourront décrire la complexité que c’est d’être une femme (ou d’être socialement vue comme une femme), de naviguer entre ce que l’on est, ce que l’on veut être, ce que l’on s’interdit, ce qu’on nous interdit… et mieux ce sera, pour tout le monde !

Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

Ils sont trop nombreux ! Je me souviens que j’avais essayé de rédiger le 100e exercice de style de Queneau… (mon papy était très fier). Je crois que les enfants qui inventent des histoires sont nombreux ; j’ai eu la chance d’avoir un accès facile à la littérature et d’être toujours encouragée.

Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?

Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson, car ma spécialité, c’est d’accepter de partir en randonnée puis de regretter et de râler tout du long.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

J’en ai eu plusieurs… Je me souviens du premier livre qui m’a fait pleurer d’émotion : la scène où Helen Keller fait le lien entre l’eau qu’Anne Sullivan lui fait toucher d’une main, et les signes qu’on lui trace dans l’autre. Cette porte qui s’ouvre d’un coup sur le monde grâce au langage, rien que d’y penser… Je crois que ça me rappelait le vertige que j’ai ressenti quand j’ai appris à lire. 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je suis une grande lectrice… et une grande relectrice. (Quand j’écris, je ne lis rien de nouveau, de peur d’absorber sans le vouloir, alors…) Il y a des livres que j’ai usés jusqu’à la corde : Les Quatre Filles du Docteur March ; Treize à la douzaine ; Sans sucre, merci ; et puis plus tard les Fred Vargas, les Alison Lurie…

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Ah non ! On ne devrait jamais avoir honte de ne pas avoir lu un livre. (On peut en revanche en éprouver un certain embarras si sa lecture était au programme d’un examen et qu’on tombe dessus…)

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

J’ai souvent découvert des autrices et auteurs que j’ai adorés grâce à des cadeaux, des libraires ou des bibliothécaires… Je n’ai pas de conseil sauf : allez en bibliothèque ! Allez en librairie !

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Rousseau. J’ai détesté chaque seconde de ma lecture de Rousseau, et je l’avais au bac de français, alors j’ai eu du temps pour le détester en long, en large et en travers. Être obligée de trouver du génie à un type qui abandonne 5 enfants pour pouvoir écrire son manuel d’éducation tranquille, quelle arnaque.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

J’ai très mauvaise mémoire : j’en note des dizaines, que j’oublie… Mais récemment, j’ai revu puis relu Cyrano de Bergerac de Rostand, et j’ai de nouveau reniflé très fort au moment de « Comment pouvez-vous lire à présent ? Il fait nuit. »

Et en ce moment que lisez-vous ?

J’avance dans ma pile à lire sans discriminer. Récemment, j’ai lu Le Discours, de Fabcaro ; Ténèbres, prenez-moi la main de Dennis Lehane (une relecture, tiens), Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, d’Arto Paasilinna et Une histoire du monde sans sortir de chez moi, de Bill Bryson – une lecture spéciale confinement…

Et comme j’ai du mal à me concentrer, pendant ce confinement, je fais quelque chose d’assez rare : je lis plusieurs livres à la fois. J’ai terminé Sorcières, de Mona Chollet, et maintenant j’alterne avec Les femmes de droite, d’Andrea Dworkin ; Les Maia d’Eça de Queiroz ; et Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.

 

La « Snyder Cut », très attendu montage alternatif du film « Justice League », verra bien le jour

C’est la fin d’un très long feuilleton qui se profile, et dont il faudra retracer tous les tenants et aboutissants. A l’issue d’une « watch party » de Man of Steel, le réalisateur Zack Snyder vient d’annoncer que le célèbre « Snyder Cut » de son long métrage verra enfin le jour, après trois ans d’attentes.

Le titre officiel du film est « Zack Snyder’s Justice League » et vient donc bien mettre l’emphase sur la vision que le réalisateur avait pour son film d’équipe des super-héros DC, avant qu’une tragédie familiale et que les ingérences de Warner Bros. ne le poussent à se retirer du projet, laissant les commandes à Joss Whedon, avec le résultat que l’on connaît.

Le Justice League de Zack Snyder est donc aujourd’hui officialisé pour une sortie en 2021 sur la plateforme HBO Max, récompensant par là les efforts de la communauté des fans de ce qu’on appelait « DCEU » et de la vision de Snyder sur les héros DC.

Quant à savoir s’il ne s’agirait que d’enlever les plans de Whedon et finir quelques effets spéciaux, détrompez vous. Ce Zack Snyder’s Justice League est présenté par le réalisateur comme quelque chose « d’entièrement neuf« , sachant que ce dernier n’a toujours pas vu la version cinéma. Selon le Hollywood Reporter, Snyder aurait obtenu entre 20 à 30 M$ pour terminer le projet. Il réunira toute l’équipe de post-production pour fignoler l’ensemble, et il est attendu que les acteurs principaux puissent revenir – mais uniquement pour des dialogues.

Quant à la forme, le Hollywood Reporter ajoute que la décision finale n’est pas encore prise : à savoir, que ce Justice League pourrait prendre la forme d’un film de quatre heures ou être découpé comme une mini-série. Plus tôt dans l’année, Zack Snyder a eu une réunion avec d’importants exécutifs de Warner Bros (dont Walter Hamada, qui a repris la tête de DC Films après Jon Berg et Geoff Johns, ainsi que Jim Lee, le directeur de publication de DC Comics). Une réunion qui a dû porter ses fruits, à l’évidence.

L’officialisation de cette Snyder Cut reste une victoire pour un réalisateur qui a vu son travail charcuté par un studio, comme la chose est arrivé à tant d’autres, notamment dans le registre super-héroïque (David Ayer sur Suicide Squad, Josh Trank sur les Fantastic Four). Si l’heure est à la liesse pour beaucoup, notamment celles et ceux qui ralliaient le mouvement « Release the Snyder Cut« , il ne faudra pas en oublier l’aveu d’échec de Warner Bros que constitue cette façon de faire – d’autant plus que les spectateurs devront passer à la caisse une seconde fois, et que de nombreux débordements ont entaché les trois années passées.

A présent que le projet est réalité, la curiosité sera évidemment de mise pour découvrir ce film, encore objet de nombreux fantasmes. La question étant toute simple : réussira-t-il à être, réellement, un bon film ?

Salles de cinéma : le Ministre de la Culture travaille à « une réouverture début juillet »

Dans une interview accordée à France 2 ce mercredi 20 mai, le Ministre de la Culture Franck Riester a déclaré envisager une réouverture des salles de cinéma au début du mois de juillet. Mais la décision définitive ne sera prise que début juin.

Dans une interview accordée à France 2 ce mercredi 20 mai, le Ministre de la Culture Franck Riester a déclaré travailler avec les exploitants, les distributeurs et le CNC (Centre National du Cinéma) à « une réouverture début juillet » des cinémas. Conscient de l’envie de « nos compatriotes de retourner dans les salles », il précise tout de même qu’il était encore trop tôt pour savoir si cette réouverture sera possible à cette date-là. La décision définitive sera prise « fin mai, début juin ».

Nouvelle organisation

Le Ministre rappelle que cette réouverture s’accompagnera de mesures sanitaires, sans toutefois apporter de précisions sur les procédures qui seront adoptées pour préserver les spectateurs du coronavirus. Tout juste avance-t-il que le contexte imposera une nouvelle façon de s’organiser « dans la vie en générale, et particulièrement dans les salles de cinéma ». Les mesures seront-elles aussi draconiennes qu’en Italie ? Aucune réponse à ce stade.

Zones vertes et rouges

Interrogé sur la distinction entre zones vertes et rouges, Franck Riester s’est montré plus précis. Les cinémas situés en zones rouges (selon la classification en vigueur distinguant les départements à risques des départements relativement peu touchés par la pandémie) auront-ils droit de rouvrir en même temps que les écrans des zones vertes ? A cette question Franck Riester oppose une logique économique, démontrant que toutes les salles ont besoin de rouvrir simultanément pour éviter de faire exploser les coûts liés à la distribution des films.

Hunger Games : la jeunesse de Snow, la création des jeux de la faim… ce qu’on apprend dans le roman La Ballade du serpent et de l’Oiseau chanteur

Suzanne Collins dévoile ce 20 mai son tout nouveau livre Hunger Games. Intitulé La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, ce préquel centré sur la jeunesse du Président Snow déconstruit la psychologie du personnage.

Dix ans après la sortie d’Hunger Games – la Révolte, qui venait clôturer sa saga littéraire à succès, Suzanne Collins revient aujourd’hui avec un tout nouveau livre. Intitulé La Ballade du Serpent et de l’Oiseau Chanteur, il se déroule avant les évènements relatés dans la trilogie. Point de Katniss ou de Peeta donc, mais le lecteur est invité à découvrir la jeunesse d’un certain Coriolanus Snow, celui qui deviendra le Président tyrannique de Panem. L’action se déroule 60 ans plus tôt : la Rébellion des districts contre le Capitole s’est déjà jouée, et la répression a été forte : chaque année, chaque district doit offrir deux tributs afin qu’ils participent à des Jeux de l’expiation, que l’on connaît sous le nom d’Hunger Games. Mais cette version est légèrement différente de celle que l’on a suivie dans la trilogie : durant la jeunesse de Snow, peu de personnes intéressaient aux Jeux et c’était loin d’être le spectacle que l’on imagine.

A l’origine du mal

C’est dans ce monde d’après-guerre que le jeune Snow, 18 ans seulement, va tenter d’évoluer. On lui offre la chance d’être mentor sur 10ème Jeux et se voit attribuer le tribut féminin du district 12 : Lucy Gray. Et force est de constater au fil des pages du roman, que le garçon va tomber sous le charme de cette jeune gitane passionnée de musique. Avec La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, Suzanne Collins construit la psychologie de Snow, que l’on a bien du mal à haïr dans le roman, tant il est loin du personnage que l’on connaît, mais elle pose les bases. On apprend ainsi que son père, tué par un rebelle, était à l’origine de la création des Hunger Games et que lui-même va aider à les développer en apportant de nouvelles idées (celle des paris par exemple). Le livre nous brosse le portrait d’un jeune homme ambitieux, calculateur et prêt à tout pour se sortir de sa misère sociale. Le spectateur comprend aussi pourquoi il a un mépris particulier pour le 12ème district où il a fait ses armes en tant que pacificateur et pour Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence), qui représente tout ce qu’il a tenté d’éteindre en devenant Président. D’ailleurs impossible de ne pas faire un parallèle entre la Fille du Feu et Lucy Gray.

Et la trilogie dans tout ça ?

Le roman est parsemé d’eater eggs et références directes à la trilogie : on apprend ainsi d’où vient le chanson du Pendu, que Katniss chantera en menant ses troupes au Capitol (son prénom est même rapidement mentionné par Lucie Gray), on découvre pourquoi Snow déteste viscéralement les geais moqueurs, d’où lui vient sa passion pour les roses, et l’identité de sa première victime, tuée par poison.

Si Hunger Games et la Ballade du serpent et de l’Oiseau chanteur risque de rencontrer un joli succès, il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir son adaptation sur grand. Les studios Lionsgate travaillent déjà sur le film, le scénariste Michael Arndt et réalisateur Francis Lawrence feront d’ailleurs leur retour.

La maison hantée LEGO Fairground Collection 10273 Haunted House est disponible !

C’est parti, la maison hantée LEGO Fairground Collection 10273 Haunted House (3231 pièces, 229,99€) est disponible en avant-première VIP sur le Shop LEGO !

LEGO 10273 Haunted House Fairground Collection

Cette boite 18+ (ex Creator Expert) inaugure un nouveau packaging pour la série fête foraine, et permet donc de construire une maison hantée en mode Tour de la Terreur, avec son ascenseur qui tombe brutalement. Pour ceux qui voudraient motoriser l’attraction, il faudra rajouter un Smart Hub Powered Up 88009 (49,99€) et deux moteurs M 88008 (17,99€ chacun).

► Pour ajouter cette jolie boite à votre collection et compléter votre parc d’attractions, rendez-vous sur la boutique en ligne officielle LEGO.

Pour rappel, l’inscription au programme LEGO VIP est gratuite. Vérifiez bien que vous êtes connecté à votre compte pour pouvoir ajouter le set au panier. Le set sera ensuite disponible pour tout le monde à partir du 1er juin.

LEGO 10273 Haunted House Fairground Collection

LEGO Super Mario : les Power-Up Packs

LEGO Super Mario Power Up Packs 2020

LEGO vient de dévoiler les Power-Up Packs de la nouvelle gamme LEGO Super Mario, qui vont permettre d’habiller la figurine de Mario avec de nouvelles tenues :

  • 71370 Fire Mario Power-Up Pack
  • 71371 Propeller Mario Power-Up Pack
  • 71372 Cat Mario Power-Up Pack
  • 71373 Builder Mario Power-Up Pack

LEGO Super Mario Power Up Packs

Pour 9,99€ pièce, la figurine de Mario ne sera évidemment pas incluse (vu l’électronique qu’elle contient) : le Power-Up Pack n’est qu’une tenue à appliquer sur la figurine du set 71360 Adventures with Mario. Chaque tenue apportera des pouvoirs spécifiques (voler, lancer des boules de feu…) comme dans le jeu vidéo.

DÉRAPAGES | WHITE LINES – CRITIQUES DE 2 SÉRIES SUR NETFLIX

Salut à tous ! Nouvelle critique où je donne mon avis sur les séries Netflix: Derapages avec Eric Cantona et Alex Lutz et White Lines du créateur de la Casa del papel
J’espère que la vidéo vous plaira !Si c’est le cas, LIKEZ, COMMENTEZ et PARTAGEZ svp !! ❤️

[Bande-annonce] RAMDAM : Comédie dans une mosquée ! Une première à la télévision française

Amine (Lyes Salem), brillant professeur d’Histoire des civilisations à l’université de Bordeaux, est en froid avec son père depuis des années. Alors qu’il doit régler la vente de la maison familliale à Saint-Marsain, où il a grandi et où habite encore son père, Rachid, il apprend que ce dernier, président du club de rugby local, veut transformer la mosquée du village en discothèque pour fêter les fins de matchs. Furieux et sollicité par les fidèles de la mosquée, Amine fait face à son père. Un affrontement entre père et fils qui vire aux règlements de comptes… quitte à ce qu’Amine devienne l’imam du village !

Pour écrire cette comédie qui aborde avec autodérision le sujet des relations entre la France et l’islam, Zangro, producteur et cinéaste bordelais, s’est entouré de scénaristes de choix : Nacim Mehtar (La fin de l’été), le duo d’Ainsi soient-ils, Vincent Poymiro et David Elkaïm, mais également un imam, Fouad Saanadi.Emmenée par Lyes Salem (L’Oranais, Le Grand bazar), avec Sid Ahmed Agoumi (Il était une fois dans l’Oued) et Farida Ouchani (prochainement dans La Daronne) au casting, Ramdam, dont le pilote de 26 min a été primé au Festival de la Rochelle, explore avec finesse les relations familiales complexes lorsque la transmission entre les générations d’une identité plurielle n’est pas vécue par tous de la même manière

Hightown sur StarzPlay : que vaut le polar avec Monica Raymund (Chicago Fire) ?

La série « Hightown », avec Monica Raymund (« Chicago Fire »), James Badge Dale (« 24 »), et Amaury Nolasco (« Prison Break ») débute aujourd’hui sur StarzPlay. Ce polar sur fond de crise des opioïdes, produit par Jerry Bruckheimer, vaut-il le détour ?

De quoi ça parle ?

Jackie Quiñones, agent du Service National des Pêches Maritimes qui aime un peu trop faire la fête et se fout des conventions, voit sa vie bousculée lorsqu’elle découvre sur la plage le corps d’une jeune femme dont le meurtre semble lié à l’épidémie d’opioïdes qui sévit à Cape Cod. Elle va alors se mettre en tête de résoudre cette affaire mais va rapidement s’opposer au sergent Ray Abruzzo, un membre rustre mais efficace de l’Unité Antidrogue qui se montre réticent à l’idée de collaborer avec elle. Ce désaccord, et son obsession pour la vérité, vont alors mettre en péril le chemin vers la sobriété de Jackie et faire ressurgir ses vieux démons…

Dès le 17 mai sur Starzplay au rythme d’un épisode par semaine. 4 épisodes vus sur 8.

À quoi ça ressemble ?
Hightown - saison 1 Teaser VOST

C’est avec qui ?

Deux ans après son départ de Chicago Fire, dans laquelle elle incarnait Gabriela Dawson, Monica Raymund, également connue pour ses participations à Lie to Me et The Good Wife, revient à la télévision dans un registre très différent – le polar réaliste et sans fard. Elle interprète Jackie Quiñones, un agent fédéral en charge du contrôle des activités de pêche qui se retrouve impliquée dans une affaire de meurtre qui la dépasse, et porte pour la première fois une série sur ses épaules. Face à elle, c’est James Badge Dale, vu dans 24 heures chrono et Rubicon, qui campe Ray Abuzzo, un inspecteur de l’Unité Antidrogue de la police de Provincetown, qui se perd dans l’enquête et ne prend pas Jackie au sérieux.

Ça vaut le coup d’oeil ?

Dans l’univers des séries policières et autres « crime dramas » portés de plus en plus par des figures de flics pourris, abîmés par la vie, ou opérant tout simplement en dehors des lignes, Hightown et son héroïne, Jackie Quiñones, font office de bulle d’oxygène bienvenue. Dans quasiment tous les autres exemples du genre, en effet, le flic « antihéros » en question est un homme. Alors lui préférer une femme d’une trentaine d’années, lesbienne qui plus est, accro à l’alcool, à la drogue et aux femmes, et qui n’est pas considérée comme une « vraie flic » car son boulot consiste à mettre fin aux pratiques de pêche excessive, apparaît comme un très bonne idée de la part de la créatrice de la série, Rebecca Cutter. D’autant plus que dès le premier épisode, il devient vite évident que Jackie est l’âme et le coeur palpitant de ce polar qui, derrière une enquête policière plutôt classique, puise sa force dans ses personnages et dans la peinture réaliste et alarmante qu’elle dessine d’une Amérique en proie à la crise des opioïdes (50 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis depuis 2015 d’une overdose d’opioïdes, tels que le Percocet, le Vicodin, l’oxycodone, ou encore le fentanyl).

 

Tout commence lorsque Jackie, qui vient de passer la nuit avec une touriste de plus sur qui son badge d’agent fédéral a fait son effet, et tente de faire passer une méchante gueule de bois, trouve le corps sans vie d’une jeune femme sur la plage. Ray Abruzzo, en charge de l’enquête, fait tout de suite le lien avec Frankie Cuevas, un dealeur influent qu’il a réussi à mettre derrière les barreaux, puisque la victime lui servait d’indic pour faire tomber le réseau de Cuevas. Mais pour le téléspectateur, l’identité du meurtrier n’est de toute façon pas un mystère. Car Hightown n’est pas vraiment un « whodunit » dans le sens propre du terme. Cette affaire de meurtre, et ses nombreuses ramifications, ne sont qu »une manière de s’intéresser aux ravages de la drogue sur la région de Cape Cod et sur la petite ville côtière de Provincetown, qui vit de la pêche et du tourisme, puisqu’elle est l’une des destinations de vacances les plus prisées de la communauté LGBTQ. Et en parallèle à la tentative de « rédemption » de Jackie qui, tout en essayant de se débarrasser de ses addictions, se met en tête de résoudre cette enquête pour prouver aux autres – et se prouver à elle-même – qu’elle est une vraie flic.

Si Hightown n’a ni le brio, ni l’ambition quasi journalistique d’un The Wire, la série parvient au final à se démarquer des nombreux derniers polars en date grâce à son cadre peu exploré en fiction et à ses personnages solidement écrits, qui doivent également beaucoup à leurs interprètes. Une jolie brochette de comédiens dont se démarquent notamment Riley Voelkel, étonnante en épouse stripteaseuse de Cuevas qui se retrouve dans le collimateur de Ray, Shane Harper, et Mike Pniewski dans le rôle de Ed, le collègue et père de substitution de Jackie. Mais c’est évidemment Monica Raymund, tout simplement exceptionnelle, autant dans les up que les down de Jackie, qui fait qu’Hightown mérite vraiment qu’on s’y intéresse. On croit à cette héroïne cynique et excessive dès sa première apparition à l’écran et, malgré le rythme parfois un peu trop lent de l’ensemble, on a envie de la suivre jusqu’au bout de cette nouvelle obsession pour la vérité, qui pourrait bien n’être qu’une manifestation de plus de son côté addict.

Michael Jordan sur Netflix : pourquoi voir la série The Last Dance ?

La série « The Last Dance », centrée sur la saison 97-98 des Bulls, livre un portrait passionnant de son légendaire N°23, Michael Jordan. Désormais complet et disponible en intégralité, le programme documentaire est l’un des incontournables de Netflix.

De quoi ça parle ?

A travers des images d’archives inédites, cette série documentaire en dix épisodes suit de l’intérieur la saison 1997-1998 de Michael Jordan et des Chicago Bulls en route vers leur sixième titre en huit ans, et propose un portrait sportif et intime de celui qui est toujours considéré comme le plus grand basketteur de tous les temps.

The Last Dance – 10 épisodes disponibles sur Netflix

The Last Dance - saison 1 Teaser VO

Etre ou ne pas être « Like Mike »

Lancée au mois d’avril, en plein confinement lié à la pandémie du COVID-19, alors que tous les championnats sont à l’arrêt, The Last Dance devient immédiatement un véritable phénomène, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Notamment en France où la série-documentaire truste le top Netflix chaque semaine, fait inédit pour une plateforme plus plébiscitée pour ses films et séries que pour ses shows sportifs. Le programme passionne. Les fidèles de NBA comme les nostalgiques de l’ère Jordan mais aussi, plus surprenant, les néophytes du basket US ainsi qu’une nouvelle génération qui découvre Michael Jordan comme When We Were Kings mit en lumière la personnalité de Muhammad Ali ou Les Yeux dans les Bleus la méthode Aimé Jacquet.

Car The Last Dance va bien au-delà des enjeux sportifs liés à la balle orange et à la dynastie des Bulls. Et explore de nombreuses questions qui dépassent le cadre des parquets. Qu’est-ce qui motive un champion ? Quels sont les ressorts intimes qui poussent ceux qui ont déjà tout gagné à remettre leur maillot pour une dernière saison ? Que se passe t-il dans les vestiaires, dans le bus, dans l’avion ou à l’hôtel une fois que le buzzer a retenti ? A quels sacrifices doit-on consentir pour dominer sa discipline ? Et surtout, qui est l’homme derrière l’icône, prisonnier d’un piédestal qu’il chérit autant qu’il le déteste ?

ESPN
Pippen & Jordan, alias Robin & Batman, sur le banc des Bulls

Cette « dernière danse » dans laquelle les Jordan, Pippen, Rodman, Kukoc, Kerr, Longley, Wennington, Burrell, Buechler, Harper et leur entraîneur Phil Jackson s’engagent, est celle de la saison 1997-1998. L’année du second Three-Peat, exploit rarissime consistant à remporter trois championnats d’affilée, comme les Bulls l’avaient déjà fait de 1991 à 1993.

A travers les témoignages des joueurs, de leur staff, de leurs adversaires, des journalistes et de proches, illustrées par 500 heures d’images inédites longtemps gardées verrouillées par « MJ », on assiste durant dix épisodes, émaillés de flashbasks toujours pertinents et éclairants, aux drames sportifs, humains mais aussi financiers qui se jouent loin des caméras officielles. Les personnages, pourtant réels, sont immenses. Du « mâle alpha » Jordan au déjanté Rodman en passant par le lieutenant sous-payé Pippen et son meilleur ennemi, le General Manager Jerry Krause, nemesis quasi-shakespearien méprisé par les joueurs.

On découvre un numéro 23 tyrannique et trash-talker, parfois harceleur et violent pour pousser ses coéquipiers, accro à la compétition et aux paris, toujours en quête d’un ennemi, réel ou imaginaire, susceptible de le motiver et de le transcender. On découvre aussi sa sueur, ses efforts, ses sacrifices, ses larmes, son déchirement après l’assassinat de son père en 1993. On découvre enfin les coulisses du pari Nike Air Jordan, de l’aventure Barcelone 92, de la parenthèse baseball, du tournage de Space Jam qui sert surtout de stage de remise en forme et de recrutement à Jordan avant la saison historique 1995-1996…

On découvre enfin, et surtout, comment un gamin de Caroline du Nord, écarté par l’équipe de son collège à ses débuts (!), s’est hissé au sommet, devenant à la fois champion, marque, businessman, icône et modèle, au prix d’une pression et d’une solitude insoutenables pour le commun des mortels. Être ou ne pas être « Like Mike », telle est la question.