Brèves de politiques (6 octobre 2016) de Jean-luc Mano

Lapsus mémorables, formules assassines, dérapages verbaux incontrôlés, les politiques ne manient pas que la langue de bois : ils savent aussi nous faire rire – parfois même à leurs dépens.
Ces brèves de politiques rassemblent près de 300 répliques cinglantes ou insolites qui ont assaisonné l’actualité politique.

Critique : Ce n’est certes pas le livre du siècle mais en tout cas, il fait rire et ça fait du bien. Il fait admirablement remarquer à quel point l’élégance et la répartie des dits grands hommes est comme notre société : en plein déclin.La mise en page, texte aéré, polices de taille variable, m’a paru bien adaptée à ce genre de recueil.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Chiflet (6 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Les Verts – tome 2 Contre-attaque (20 octobre 2016) de Frederic Brremaud et Armentaro

Une équipe peut être composée des meilleurs joueurs de monde. S’ils ne sont pas soudés, ils perdront contre une équipe de centième division… C’est par un discours du coach sur la solidarité que ce nouvel épisode débute…

Critique : Indéniablement le genre de BD qui s’adresse aux fans de cette équipe de Football.
Les passionés de BDs ne s’attarderont certainement pas sur cet album, mais celà ne veut pas dire qu’il n’a aucun intérêt.
Vous êtes jeunes, vous aimez le footall, vous aimez l’AS Saint Etienne, alors jetez-vous sur cet album et vibrez au rythme des entrainements, des buts, des rebondissements, d’une histoire d’amitié et d’amour pour ce sport…
Graphiquement, nous sommes très proche du style manga avec quelques planches et cases qui m’ont fait penser à la série « Jeanne et Serge ».
Coté scénario, il s’adresse à un public de jeunes fans.
Alors, a lire si vraiment vous aimez le foot et Saint Etienne, mais à offrir à tous les fans !

Note : 8/10

 

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Hugo BD (20 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Petit Poussinou nous les brise (6 octobre 2016) de Capucine Lewalle et Benoit Drigny

Tous les parents lisent à leur enfant  » Petit Ours Brun  » ou  » Tchoupi « . Et pourtant, ces petits héros aux comportements exemplaires les agacent par leur niaiserie, leur ringardise et ne sont pas du tout représentatifs des enfants dans la vraie vie.

Critique : Irrévérencieux, drôle, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains !
Il résume un peu tout ce que l’on peut penser parfois sur ces chères têtes blondes…
Un Poussinou absolument odieux qui noie son chat ou pousse à bout sa mamie, 6 petites histoires illustrées de façon aussi drôle que le texte, tout en petites rimes.
Le format parfait, vivement une suite.

Note : 9/10

 

  • Relié: 64 pages
  • Editeur : Chiflet (6 octobre 2016)
  • Langue : Français

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Paroles (4 novembre 2016) de Jacques Prévert

Critique : « Paroles » est un recueil qui rassemble des poèmes écrits entre 1930 et la fin de la deuxième guerre.
Le grand classique des écoles primaires reste bien sur « Le cancre » qui finit par dessiner le bonheur avec des craies de couleur : c’est une belle image qui symbolise la revanche de l’élève médiocre sur la vie.
Deux thèmes récurrents et parfois mêlés : l’amour et la guerre qui reviennent dans nombre de poèmes de cette série. Notamment dans « Barbara », hymne à l’amour, nostalgique à souhait, Prévert exprime sa colère contre la « betise » de guerre qui sépare ceux qui s’aiment.
Quant à cette citation extraite de « Evénements », elle résume assez bien la révolte de l’auteur contre la bêtise humaine.
« c’est fou ce que l’homme invente pour abîmer l’homme »
Prévert sait non seulement être acide, ironique, mélancolique mais aussi drôle. C’est dans cette catégorie que je classe « L’accent grave » qui est un dialogue entre un professeur et son élève rêveur – Hamlet ( ça ne s’invente pas) – qui finit par poser la seule véritable question « être où ne pas être » après une succession de jeux de mots subtiles.
Personnellement, c’est « Inventaire » que j’apprécie le plus. Sans doute parce que cette liste est un peu délirante, elle s’apparente pour moi aux promesses électorales qui ont plu en cette période de municipales…

Note : 10/10

 

  • Editeur : Editions Gallimard (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Charlotte (4 novembre 2016) de David Foenkinos et Charlotte Salomon

Avec des gouaches de Charlotte Salomon

Critique :  Superbe texte sur une artiste à part. Charlotte Salomon a laissé quelques centaines de gouaches dont elle disait : c’est toute ma vie. C’est plein de talent et de mélancolie, car Charlotte a dû porter un atavisme lourd (suicides en série dans sa famille, sur plusieurs générations). Mais c’est tout de même un hymne à la vie.
David Foenkinos a réussi a rendre cette vie criante de présence et de vérité, sous une forme aussi particulière que les gouaches; avec beaucoup de poésie, à force de phrases courtes et sobres, une par ligne comme un long poème en prose. Il a inséré quelques dizaines d’œuvres judicieusement choisies, en rapport avec les évènements qui ont jalonné la vie trop courte de Charlotte Salomon, au temps de l’Allemagne nazie. L’ouvrage est merveilleux, le texte qui accompagne les tableaux très enrichissant.

Note : 9,5/10

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Folio (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Suite française: Tempête en juin (4 novembre 2016) de Moynot,Emmanuel

D’après le roman d’Irène Némirovsky

Critique : Cette adaptation en BD de Tempête en Juin par Emmanuel Moynot est assez réussie. C’est graphiquement assez proche de Tardi, le trait est un peu plus nerveux et faussement hésitant. Les personnages sont bien typés, ce qui est utile vu leur nombre important. Le grisé « débordant » rajouté sur les croquis est très réussi et donne une note tragi-poétique à l’album.
Une galerie de portraits en début d’album présente les différentes « familles »: les Péricand, bourgeois des beaux quartiers parisiens, les Michaud, petits employés de banque, Le banquier Corbin et sa maîtresse, Corte l’écrivain et sa maîtresse, quelques domestiques et les petits repentis du XVIème
L’album respecte la chronologie du roman: fin de la Drôle de Guerre , débâcle, puis début de l’occupation. Les différents chapitres sont courts, souvent dédiés à une seule famille et apportent un peu de rythme (les stukas aussi) à ce voyage impromptu et imprévu de Paris vers le centre de la France.
Cette peinture de la France de 1940 est-elle réaliste, les français avaient-ils l’âme aussi noire à l’époque? Si Irène Némirovsky fait parfois preuve d’une misanthropie exagérée, son destin tragique plaide finallemand en sa faveur.

Note : 9/10

 

  • Album: 224 pages
  • Editeur : Folio (4 novembre 2016)
  • Collection : Folio

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Chroniques de Bob Dylan

Bob Dylan replonge avec délices dans le Village de 1961, quand, jeune homme introverti, il découvrait Manhattan. Pour le chanteur folk débutant né dans le Midwest, New York est la ville de tous les possibles, de toutes les passions : nuits blanches enfumées, découvertes littéraires, amours fugaces, amitiés indestructibles. Les souvenirs de l’enfance reviennent ici comme autant d’illuminations, composant l’histoire d’un musicien de génie qui aspirait à la gloire mais ne la supportait pas. Le premier volume d’une autobiographie en roue libre qui devrait comporter trois volets.

Critique :Avec Tarentula, son roman douloureusement accouché au début des années 70, la critique n’avait pu que constater que le plus grand parolier du rock n’était pas vraiment un écrivain.
Oui, mais voilà, Dylan est un homme bourré de contradictions qui défie absolument toutes les analyses. Quand vous croyez l’avoir compris, il change de visage et devient un autre.
Ce « Chroniques, volume 1 » démontre ainsi qu’il est capable de tenir un lecteur en haleine sur plus de 300 pages en racontant sa vie, ou plutôt, de toutes petites parcelles de sa vie.
Si l’essentiel de ce livre parle de la période newyorkaise du début des sixties, les chapitres sautent du coq-à-l’âne avec une grande désinvolture… et une réelle élégance, car on accepte très vite de passer d’une époque à l’autre en compagnie d’un tel guide.
Personnellement, le passage que j’ai préféré – et que je trouve le plus révélateur – est celui consacré à l’enregistrement de l’album « Oh mercy » avec le producteur canadien Daniel Lanois. Dylan explique alors ses interrogations, ses motivations, ses sources d’inspiration et ses techniques de composition. On a parfois vraiment l’impression de regarder par-dessus son épaule tandis qu’il crée l’un de ses meilleurs albums de « maturité ».
Mais, le paradoxe des paradoxes, c’est que Dylan se révèle exactement comme on pouvait l’imaginer: un menteur génial, manipulateur né, qui nous donne brièvement l’impression d’être notre meilleur ami, avant de nous laisser à la porte des lieux où tout se fait réellement.
Car si l’auteur nous dit beaucoup de choses, il ne révèle finalement rien – ou presque – sur sa vie privée, ses amours, ses emmerdes.
Que voulez-vous, Dylan restera toujours Dylan.

Note : 10/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Folio
  • Collection : Folio

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La loi des Sames (14 novembre 2016) de Lars Pettersson

Anna Magnusson, jeune substitut du procureur à Stockholm, mène une existence à mille lieues de ses origines sames, que sa mère a reniées en venant vivre en Suède… Jusqu’au jour où sa grand-mère l’appelle à l’aide : son cousin Nils Mattis est accusé de viol. Chargée de trouver un arrangement avec la plaignante, Anna accepte de retourner à Kautokeino, qui n’évoque pour elle que de lointains souvenirs d’enfance.
Une fois sur place, rien ne se passe comme prévu. Traitée comme une étrangère, Anna se trouve confrontée aux lois implicites qui règnent dans ces contrées reculées. Entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme se rend compte que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une situation bien plus complexe. Commence pour elle une périlleuse enquête, qui lui fera redécouvrir ses racines et l’univers de ses ancêtres.
Originellement conçu comme un scénario, La loi des Sames est un thriller qui se vit, se voit, se ressent.

Critique : Les Sames sont un peuple de Laponie norvégienne. Cet excellent thriller dont il faut souligner l’excellent français de la traduction met en relief les coutumes ancestrales de ce peuple éleveur de rennes et la modernité la plus crue. L’enquêtrice, substitut du procureur, est d’origine Same mais vit à Stockholm. Sa mère fut considérée comme une traîtresse par la famille en préférant une autre vie plus douce à celle, rude et impitoyable du Grand Nord. L’enquêtrice répond donc à un appel de sa grand-mère Same qui lui demande de venir au plus tôt apporter ses conseils pour défendre un de ses jeune cousins poursuivi pour viol. Nous suivons le périple de 3 semaines de cette femme de la grande ville plongée dans une dure réalité, celle des clans Sames, des non-dits, des conditions de vie extrêmes. Ce voyage ne sera pas une partie de plaisir mais à l’issue, après de multiples rebondissements et des mises en situation ambigües où ses choix seront difficiles, la jeune femme ne sera jamais plus la même, aura renoué avec un sentiment d’appatenance enfoui au plus profond, aura par sa détermination vengé et réconcilié ses hôtes avec la mémoire de sa mère. Au-delà de l’intrigue il y a dans ce livre comme une révélation d’une identité d’un peuple autochtone minuscule,fier mais pas exempt de membres corrompus. Il faut souligner enfin l’aptitude de l’auteur à décrire cette région du Finnmark, bien au-delà du Cercle polaire, son environnement, ses animaux (les rennes) sources de vie et de mort

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 528 pages
  • Editeur : Folio (14 novembre 2016)
  • Collection : Folio Policier

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Schuss (4 novembre 2016) de Boileau-Narcejac

« On peut nous imiter, murmure-t-il. Je ne suis pas seul à travailler sur ce ski. Je suis bien obligé d’avoir des collaborateurs, au laboratoire, à l’atelier d’assemblage, bref, tout le long de la chaîne de fabrication. C’est pourquoi je vous le répète : le temps joue contre nous. Qu’on commence à murmurer « Il y a du nouveau chez Combaz », et vous verrez les concurrents pointer leur nez. Ce genre d’espionnage, ça existe. Et alors, ce sera, en moins de deux, non pas la contrefaçon mais une formule toute voisine… Enfin, quoi, je ne vais pas vous faire un dessin… »

Critique : Incontestablement, l’un des plus clairs et aussi l’un des meilleurs ouvrages du tandem policier français. Ce récit est, à la fois, merveilleux et enrageant . L’écriture est simple, par contre l’intrigue est assez bien construite. Un thème qui apparaît dans « Sueurs Froides » et « Celle qui n’était plus » réapparaîtra dans « Terminus ». C’est une vraie obsession pour ces auteurs. La personne qui tire les ficelles n’est pas celle que l’on croit. De rebondissement en rebondissement, on se laisse prendre au jeu.
Beaucoup de finesse et une très belle écriture dans la transcription des sentiments et des émotions des différents personnages.
Ce livre est un petit bijou…

Note : 9,5/10

 

  • Nombre de pages  : 224 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (4 novembre 2016)

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Paris est une fête (4 novembre 2016) de Ernest Hemingway et Seán Hemingway

Au cours de l’été 1957, Hemingway commença à travailler sur les «Vignettes parisiennes», comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l’été 59, puis à Paris, à l’automne de cette même année. Le livre, qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964. Pendant les trois années, ou presque, qui s’écoulent entre la mort de l’auteur et la première publication, le manuscrit subit d’importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd’hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu’il était au moment de la mort de l’écrivain en 1961. Ainsi, «Le poisson-pilote et les riches», l’un des textes les plus personnels et intéressants, retrouve ici ces passages, supprimés par les premiers éditeurs, dans lesquels Hemingway assume la responsabilité d’une rupture amoureuse, exprime ses remords ou encore parle de «l’incroyable bonheur» qu’il connut avec Pauline, sa deuxième épouse. Quant à «Nada y pues nada», autre texte inédit et capital, écrit en trois jours en 1961, il est le reflet de l’état d’esprit de l’écrivain au moment de la rédaction, trois semaines seulement avant une tentative de suicide. Hemingway y déclare qu’il était né pour écrire, qu’il «avait écrit et qu’il écrirait encore »…

Critique : C’est de manière poétique, légère et plutôt détaillée que l’auteur relate des souvenirs qui se sont déroulés durant les années 1920. Des souvenirs qui mettent en scène de nombreuses amitiés célèbres (Gertrude Stein ou encore Francis Scott Fitzgerald), amitiés furtives ou durables, dans des lieux plus ou moins connus (Paris, Lyon, ou encore l’Autriche). Cependant, la vie d’Hemingway et de son épouse n’est pas particulièrement rose, et les débuts de l’écrivain sont plutôt difficiles: ainsi, les thèmes de la faim, du manque d’argent, voire de la souffrance du froid reviennent assez régulièrement. Mais le livre laisse au lecteur une morale plutôt optimiste : la vie se doit d’être vécue au jour le jour, de la meilleure des manières, car tout finit un jour par s’arranger. Dans un texte sensible Hemingway évoque la rencontre avec sa seconde femme et sa vie partagée entre deux femmes qu’il aime.

Note : 10/10

 

  • Poche: 352 pages
  • Editeur : Folio; Édition : édition revue et augmentée (6 septembre 2012)
  • Collection : Folio

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