The Dog Stars De Ridley Scott | Par Mark L. Smith, Christopher Wilkinson Avec Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin

Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu’une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé…

he Dog Stars permet à Ridley Scott de retrouver le territoire du récit post-apocalyptique, mais en privilégiant cette fois l’intime au spectaculaire. Adapté du roman de Peter Heller, le film envisage la fin du monde moins comme un terrain propice à l’action que comme une réflexion mélancolique sur la solitude, le deuil et cette capacité presque irrationnelle de l’être humain à continuer d’espérer.

Dans un futur proche, une pandémie a décimé une grande partie de la population américaine. Hig, pilote, survit sur une ancienne base aérienne du Colorado en compagnie de son chien et d’un ex-marine. Leur existence repose sur une organisation minutieuse et un périmètre qu’il serait imprudent de franchir. Jusqu’au jour où Hig capte, depuis la radio de son Cessna de 1956, une mystérieuse transmission. Quelques mots suffisent alors à faire renaître une possibilité qu’il avait progressivement cessé d’envisager : quelque part, au-delà de cet horizon devenu frontière, une autre vie existe peut-être encore.

Le scénario de Mark L. Smith et Christopher Wilkinson trouve son intérêt dans cette opposition entre survivre et vivre. Hig dispose d’un refuge et de règles susceptibles de le maintenir en vie. Ce qui lui manque est autrement plus difficile à préserver : une raison de continuer. La transmission devient dès lors moins une promesse qu’un moteur, celui qui pousse un homme profondément marqué par la disparition du monde à reprendre le risque de croire en quelque chose.

Ridley Scott exploite magnifiquement cette dimension contemplative. Les grands espaces américains ne sont pas uniquement synonymes de liberté. Ils deviennent le témoignage silencieux d’un monde vidé de ses habitants. La nature a repris possession des lieux tandis que chaque trace de civilisation semble appartenir à une époque déjà lointaine. Cette beauté contraste constamment avec la menace qui subsiste.

Jacob Elordi porte une grande partie du film sur ses épaules. Son Hig fonctionne davantage dans les silences et les regards que dans les démonstrations. Josh Brolin lui oppose une présence plus dure et pragmatique, incarnant cette conception de la survie où la prudence doit toujours l’emporter sur l’espoir. Margaret Qualley apporte quant à elle une autre tonalité au récit et participe à déplacer progressivement le film vers quelque chose de plus profondément humain.

La relation entre Hig et son chien constitue également un élément essentiel. Dans un univers où presque tout a disparu, cette présence animale représente à la fois une compagnie, un lien affectif et l’un des derniers fragments d’une existence normale. Le film évite heureusement d’en faire un simple ressort émotionnel.

Quelques longueurs apparaissent inévitablement dans cette approche volontairement contemplative. Ceux qui attendent de Ridley Scott un grand spectacle post-apocalyptique pourront être surpris par la retenue de l’ensemble. Mais cette lenteur participe aussi à l’identité du film.

Plus mélancolique que spectaculaire, The Dog Stars transforme la fin du monde en récit sur le besoin de recommencer à vivre. Ridley Scott signe une œuvre post-apocalyptique ample et intime, portée par les paysages, les silences et un Jacob Elordi particulièrement convaincant. Un film sur la survie, certes, mais surtout sur ce qui peut encore pousser un homme à regarder au-delà de l’horizon.

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