Mayday De Jonathan Goldstein (XII), John Francis Daley | Par Jonathan Goldstein (XII), John Francis Daley Avec Ryan Reynolds, Kenneth Branagh, Maria Bakalova

La mission de reconnaissance du lieutenant Troy Brennan au-dessus du territoire soviétique tourne mal, l’obligeant à atterrir en catastrophe et à survivre dans la nature russe tout en évitant d’être capturé ou secouru.

Mayday détourne les codes du film d’espionnage et de survie pour construire une aventure où le danger côtoie constamment l’absurde. Jonathan Goldstein et John Francis Daley misent sur un terrain qu’ils connaissent bien : des personnages dépassés par une situation qui devient progressivement incontrôlable, avec un mélange assumé d’action, de comédie et de spectaculaire.

Le lieutenant Troy Brennan effectue une mission de reconnaissance au-dessus du territoire soviétique lorsque tout bascule. Contraint d’atterrir en catastrophe, il se retrouve isolé au cœur de la nature russe. Commence alors une survie dans un environnement hostile où chaque rencontre peut représenter une menace. Plus singulier encore, Brennan doit éviter aussi bien d’être capturé que d’être secouru, donnant au récit une mécanique volontairement paradoxale.

Le scénario de Goldstein et Daley exploite efficacement cette situation. Mayday possède les apparences du traditionnel récit d’un homme derrière les lignes ennemies, mais refuse de se prendre complètement au sérieux. La tension existe, tout comme la menace soviétique et les difficultés de survie, mais le film introduit régulièrement un décalage qui empêche l’aventure de devenir un thriller militaire conventionnel.

Ryan Reynolds évolue naturellement dans ce registre. Son sens du rythme et son ironie fonctionnent particulièrement bien lorsqu’ils sont confrontés à la solitude et à une situation où l’assurance de Brennan ne suffit plus. L’acteur retrouve certes certains mécanismes familiers de son jeu, mais le contexte militaire et l’isolement de son personnage permettent d’en renouveler suffisamment la formule.

Kenneth Branagh apporte une présence plus imposante et théâtrale, idéale pour contrebalancer l’énergie de Reynolds. Maria Bakalova complète efficacement ce trio et s’intègre particulièrement bien à cette tonalité qui navigue entre premier et second degré.

La réussite du film tient également à son environnement. Les grandes étendues naturelles ne constituent pas seulement un décor spectaculaire : elles renforcent l’isolement du personnage principal. Après la dimension mécanique et brutale de l’atterrissage forcé, le récit peut ainsi changer d’échelle et confronter Brennan à un territoire immense dont il ne maîtrise ni les règles ni les dangers.

Goldstein et Daley privilégient néanmoins le divertissement à la vraisemblance. Certaines péripéties reposent sur des coïncidences ou des situations difficilement crédibles, tandis que le mélange des genres produit quelques ruptures de ton. Le film fonctionne donc davantage lorsqu’il assume pleinement son statut d’aventure décomplexée que lorsqu’il cherche à installer une véritable gravité.

Cette légèreté constitue à la fois sa limite et son principal charme. Derrière son contexte géopolitique et son dispositif de survie, Mayday n’ambitionne pas de devenir une grande réflexion sur la guerre froide. Il utilise plutôt cet imaginaire comme un formidable terrain de jeu cinématographique.

Énergique, drôle et généreux en péripéties, Mayday réussit son mélange entre espionnage, survie et comédie d’action. Jonathan Goldstein et John Francis Daley ne révolutionnent aucun de ces genres, mais savent les combiner pour proposer un divertissement efficace porté par un Ryan Reynolds parfaitement à son aise. Quelques facilités et un humour parfois trop présent limitent l’impact de l’aventure, sans véritablement gâcher le plaisir.

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