Les sœurs Owens affrontent la sombre malédiction qui menace de détruire leur famille une fois pour toutes, dans un événement cinématographique mêlant divertissement, magie et chaos.
Les Ensorceleuses 2 ressuscite près de trois décennies plus tard l’univers magique des sœurs Owens et retrouve Nicole Kidman et Sandra Bullock dans les rôles qui avaient largement contribué au charme du film de 1998. Susanne Bier hérite d’un exercice délicat : jouer avec la nostalgie sans se contenter de reproduire une formule devenue culte auprès d’une partie du public.
Sally et Gillian Owens doivent cette fois affronter une menace directement liée à leur famille. La malédiction qui accompagne leur lignée depuis des générations revient avec une intensité nouvelle et pourrait définitivement détruire ce qu’elles ont tenté de préserver. Le récit renoue ainsi avec l’un des éléments les plus intéressants de cet univers : derrière les sortilèges et la fantaisie se cache une histoire de femmes, de transmission et de liens familiaux.
Le scénario signé Akiva Goldsman et Georgia Pritchett comprend que l’intérêt d’un tel retour réside moins dans la multiplication des références au premier volet que dans le temps écoulé. Sally et Gillian ne sont plus les mêmes femmes. Le poids de l’héritage familial prend donc une autre signification lorsque celles qui cherchaient autrefois à échapper à leur destin doivent désormais se demander ce qu’elles vont transmettre aux générations suivantes.
Nicole Kidman retrouve Gillian avec une énergie qui rappelle immédiatement l’esprit du film original, tout en laissant apparaître les années et les expériences traversées par son personnage. Sandra Bullock demeure quant à elle le cœur émotionnel du récit. Leur complicité constitue sans surprise l’un des principaux plaisirs du film : les deux actrices savent faire exister cette relation fraternelle aussi bien dans les séquences légères que lorsque le passé familial refait surface.
Cassie Bradley apporte une énergie différente et participe au renouvellement générationnel indispensable à cette suite. Car Les Ensorceleuses 2 fonctionne surtout lorsqu’il accepte de regarder vers l’avenir plutôt que de transformer chaque séquence en célébration nostalgique.
Susanne Bier apporte à l’ensemble une mise en scène plus sombre et plus ample. La magie conserve son caractère ludique, mais la menace devient plus présente. Sortilèges, phénomènes surnaturels et chaos familial permettent au film d’alterner comédie, fantastique et passages plus inquiétants sans abandonner cette chaleur particulière qui distinguait déjà l’univers des Owens.
Cette générosité peut néanmoins devenir une faiblesse. Le film veut parfois réunir trop d’éléments : rendre hommage au premier volet, développer une nouvelle génération, approfondir la mythologie familiale et proposer un spectacle fantastique plus ambitieux. Certaines intrigues auraient gagné à respirer davantage et quelques passages semblent principalement conçus pour provoquer la reconnaissance immédiate des spectateurs familiers de l’original.
Mais l’essentiel demeure ailleurs. Derrière les potions, les malédictions et le chaos, la saga continue de raconter des femmes qui refusent que leur histoire familiale détermine entièrement leur avenir. La sorcellerie devient alors autant un héritage qu’une métaphore de ce que chaque génération reçoit, transforme et choisit éventuellement de transmettre.
Généreux, chaleureux et suffisamment sombre pour ne pas se réduire à une simple opération nostalgique, Les Ensorceleuses 2 réussit surtout grâce aux retrouvailles entre Nicole Kidman et Sandra Bullock. Susanne Bier respecte l’identité du film original tout en donnant davantage d’ampleur à la malédiction des Owens. Tout n’est pas aussi fluide dans un récit parfois chargé, mais la magie opère encore. Un retour plaisant, drôle et émouvant, qui comprend que la véritable force des Owens n’a jamais résidé uniquement dans leurs pouvoirs, mais dans les liens qui les unissent.
