Ce beau miroir de Sandrine Destombes

Et si, dans le miroir, se révélait ce que personne ne veut voir ?

Des visages mutilés, des miroirs brisés et un lien entre les victimes : la chirurgie esthétique. Avec Ce beau miroir, Sandrine Destombes place l’image de soi au centre d’un thriller dont le point de départ fait surgir une question troublante : que cherche-t-on à effacer lorsque l’on transforme son apparence ?

Dans le Nord, manifestations et cambriolages violents installent un climat de tension. C’est dans cette région fragilisée qu’une jeune femme est retrouvée morte près de Lille, le visage mutilé. La découverte d’une deuxième victime fait apparaître des similitudes inquiétantes : toutes deux ont eu recours à la chirurgie esthétique et portent les mêmes stigmates. Autour d’elles, des miroirs brisés composent une signature qui appelle autant une interprétation qu’une recherche de preuves.

Pour le capitaine Dante Simeone, l’enquête prend alors une dimension particulièrement complexe. Gabriel Zeller et Coline Foucaud, membres de la DiANE, viennent le rejoindre pour tenter de comprendre ce qui relie ces femmes et ce que signifie la violence exercée sur leurs visages.

Le choix du miroir comme motif central donne à cette intrigue une force immédiate. Objet quotidien, il devient ici un élément de la scène de crime, chargé d’une menace. Que renvoie-t-il à celui qui le regarde ? Une identité, un idéal, une blessure ? Brisé, il semble rendre toute réponse plus difficile encore.

L’association entre chirurgie esthétique et mutilation crée également un contraste brutal. D’un côté, une transformation choisie ; de l’autre, une violence imposée. Ce rapprochement ouvre une réflexion sur le regard porté sur les corps, sans que le recours à la chirurgie suffise à expliquer le parcours des victimes. C’est précisément derrière ce point commun que l’enquête doit chercher des histoires individuelles, des liens et d’éventuels secrets.

Le contexte régional élargit la perspective. La tension ne se limite pas aux scènes de crime : elle existe déjà dans les rues, au sein d’un territoire traversé par la colère et l’insécurité. Ce cadre offre à l’intrigue une atmosphère électrique, où les enquêteurs doivent faire émerger des faits au milieu du trouble.

Après Les Malveillants, Sandrine Destombes retrouve Gabriel Zeller et poursuit son exploration des failles humaines. Le sujet de Ce beau miroir se prête particulièrement à cette démarche : entre ce que l’on montre, ce que les autres croient comprendre et ce que l’on souhaite garder pour soi, l’apparence devient un terrain d’investigation.

La présence de Dante Simeone et de Coline Foucaud inscrit cette recherche dans un travail collectif. Face à des crimes dont la mise en scène paraît porteuse de sens, leur défi consiste à dépasser les rapprochements évidents. Les miroirs et les opérations esthétiques sont des indices ; reste à découvrir quelle réalité ils recouvrent.

Avec ses images inquiétantes et son interrogation sur l’identité, Ce beau miroir propose une prémisse particulièrement évocatrice. Le mystère tient autant aux crimes qu’au sens de leur mise en scène : pourquoi s’attaquer au visage, et pourquoi laisser derrière soi un reflet en morceaux ? Des questions qui donnent envie de suivre les enquêteurs au-delà des apparences.

Éditeur ‏ : ‎ XO Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 380 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2386930165 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2386930164

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