Parfois, je me fais peur de Jeneva Rose

« … Alors si ces trois histoires d’horreur vous déstabilisent, tant mieux. Si elles vous font rire nerveusement, c’est encore mieux. Et si vous vous dites que vous n’auriez jamais dû ouvrir ce livre… Bienvenue ! » Jeneva Rose

Une séance de spiritisme interrompue, une maison qui murmure et un objet maudit emporté sans être payé : dans Parfois, je me fais peur, Jeneva Rose réunit trois histoires d’horreur autour de situations où la curiosité et l’insouciance peuvent coûter cher. L’autrice du Mariage parfait et du Divorce parfait annonce la couleur : le malaise peut aussi s’accompagner d’un rire nerveux.

Le titre possède quelque chose de complice. Il suggère une autrice qui s’amuse à imaginer des scénarios inquiétants, puis invite le lecteur à la suivre. Les trois récits reposent sur des motifs familiers de l’horreur, avec une promesse commune : faire surgir la menace au milieu d’un moment qui devait être agréable.

Un anniversaire, un emménagement, un séjour entre amis. À chaque fois, le danger s’introduit dans un cadre associé à la convivialité ou au bonheur. Ce contraste donne aux prémisses leur efficacité : les personnages ne partent pas chercher l’horreur, mais un événement vient brutalement changer les règles.

Dans Ne tirez pas sur le médium, un dîner d’anniversaire accueille une séance de spiritisme dont le médium ne sort pas vivant. Sa mort laisse la séance inachevée et ouvre la voie à des esprits hostiles. Le point de départ joue avec une crainte classique : établir un contact sans savoir comment le rompre. Ce qui pouvait passer pour une animation devient une situation dont les invités ne maîtrisent plus les conséquences.

Le titre introduit également une touche d’humour noir. Cette légèreté apparente, confrontée à la mort du médium, crée un décalage propice au trouble. Peut-on encore rire lorsque ce que l’on prenait pour un jeu semble avoir libéré une menace ?

La Maison des Cauchemars déplace l’inquiétude dans l’espace familial. Les Dalton s’installent dans la maison de leurs rêves, mais la villa commence à murmurer. Kristin, qui vient d’accoucher, découvre alors une vérité terrifiante.

La demeure promise au bonheur devient ainsi le lieu du danger. La présence d’un nouveau-né donne à cette situation une dimension particulièrement sensible : au moment où la famille devrait pouvoir trouver protection et repos, son foyer suscite la peur. Les murmures suffisent à rendre suspect ce qui l’entoure, en attendant de comprendre leur origine.

Avec Toutes les malédictions sont irrévocables, l’horreur prend la forme d’un avertissement commercial. Dans une boutique où s’arrête un groupe d’amis, tous les articles sont annoncés comme maudits ; seul leur achat permettrait de lever la malédiction. Les visiteurs en rient, jusqu’à ce que l’un d’eux retrouve dans son sac un objet qu’il n’a pas payé.

Cette idée est particulièrement séduisante parce qu’elle donne au surnaturel une règle précise. L’avertissement existe, il a été lu, puis tourné en dérision. La découverte de l’objet transforme rétrospectivement la plaisanterie en menace. Reste à savoir comment les personnages vont affronter une conséquence qu’ils avaient jugée impossible.

À travers ces trois propositions, le recueil explore des seuils franchis sans précaution : entre vivants et morts, entre refuge et piège, entre curiosité et possession. Le format court se prête à ces dispositifs resserrés, chacun organisé autour d’un incident capable de faire basculer toute une situation.

Avec Parfois, je me fais peur, Jeneva Rose propose un programme d’horreur aux prémisses aussi accessibles qu’inquiétantes. Trois histoires qui donnent envie de connaître la suite, tout en rappelant une règle essentielle du genre : lorsqu’un avertissement paraît trop extravagant pour être vrai, mieux vaut peut-être le prendre au sérieux.

Éditeur ‏ : ‎ XO Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français ISBN-10 ‏ : ‎ 238693084X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2386930843

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