Sous les situations comiques et les désaccords de ses deux héros, Ici et là-bas pose une question : faut-il se transformer pour trouver sa place ? Le dénouement du film de Ludovic Bernard répond à travers deux parcours qui se complètent.
Attention, la suite contient des spoilers.
Sorti le 17 avril 2024, Ici et là-bas réunit Ahmed Sylla et Hakim Jemili dans une comédie sur l’appartenance et les préjugés. Adrien vit au Sénégal depuis quinze ans avec Aminata lorsqu’un problème de visa le contraint à rentrer en France. Il est accueilli par Sékou, un cousin de sa compagne, dont les ambitions professionnelles occupent une grande partie du quotidien.
Une tournée commerciale les entraîne sur les routes françaises. Leurs différences deviennent alors le moteur d’un voyage qui remet en question leur rapport aux autres, à leurs origines et à leur propre identité.
Sékou cesse de s’effacer pour réussir
Sékou envisage d’abord sa carrière comme un exercice d’adaptation permanent. Pour décrocher une promotion et devancer Julien Bergeron, son concurrent, il s’impose de correspondre aux attentes de son entreprise. Cette stratégie le conduit à supporter des comportements qu’il devrait pouvoir contester.
Sa confrontation avec sa patronne marque une rupture. En exprimant enfin ce qu’il pense, il refuse de faire dépendre sa valeur de l’approbation de sa hiérarchie. La reprise de son prénom de naissance donne une traduction personnelle à cette décision : sa réussite ne doit plus exiger qu’il dissimule une partie de lui-même.
Les excuses de Julien viennent également apaiser leur rivalité. Elles permettent de dépasser une compétition dans laquelle chacun s’est laissé entraîner trop loin.
Adrien rappelle que le foyer se construit
Le parcours d’Adrien éclaire autrement cette recherche d’appartenance. Français, il situe pourtant sa vie au Sénégal, auprès d’Aminata. Son retour en France ne constitue donc pas, à ses yeux, un retour chez lui.
Ce décalage nourrit le sens du titre. « Ici » et « là-bas » changent selon celui qui parle : le pays familier pour l’un peut devenir un lieu de passage pour l’autre. Le foyer se définit aussi par les relations, les habitudes et les choix qui donnent une direction à une existence.
Une conclusion sur la liberté de se définir
La fin rapproche ainsi deux expériences différentes. Sékou apprend à défendre sa place sans s’effacer ; Adrien affirme un attachement qui dépasse son pays de naissance.
On peut y lire une invitation à laisser chacun définir ses appartenances. Derrière la mécanique du duo comique, Ici et là-bas défend cette liberté simple : pouvoir raconter soi-même qui l’on est, sans laisser les préjugés écrire toute l’histoire.
