Des années après avoir quitté sa ville natale pour Paris, Lucien revient vider la maison de son père. Au grenier l’attendent huit cartons simplement étiquetés : » Dijon « . Aussitôt ressurgit le square qui les a vus grandir, lui et les gamins du quartier : Sébastien, Clément, Téo. Au début des années 2000, c’était leur royaume, le théâtre de leurs jeux et de leurs premières fois. Là où tout a commencé… Mais que reste-t-il de ce temps béni ?
Huit cartons portant le nom d’une ville suffisent à rouvrir tout un passé. En revenant vider la maison de son père, Lucien retrouve le souvenir d’un square dijonnais et des garçons qui l’ont peuplé. Les Marrons, de Corentin Pernet, explore cet écart entre les lieux que l’on quitte et la place qu’ils continuent d’occuper en nous.
Parti vivre à Paris depuis des années, Lucien revient dans sa ville natale pour une tâche concrète : trier, ranger, vider une maison. Mais les cartons découverts au grenier interrompent ce travail. Leur simple étiquette, « Dijon », fait ressurgir Sébastien, Clément, Téo et le territoire partagé de leur enfance.
Le square constitue un point d’ancrage particulièrement évocateur. Pour les adultes, ce peut être un espace ordinaire ; pour les enfants, il devient un monde entier, avec ses habitudes, ses aventures et ses frontières. Au début des années 2000, les quatre garçons y construisent leurs souvenirs, entre jeux et premières expériences.
Ce cadre donne au récit une dimension collective. Se rappeler son enfance, c’est aussi retrouver ceux auprès desquels on a grandi. Les amis deviennent les témoins d’une version de soi que les rencontres ultérieures ne connaissent pas. Que reste-t-il de cette proximité lorsque les trajectoires se séparent ?
Le retour de Lucien met également en regard deux gestes : se défaire d’objets et retenir ce qu’ils réveillent. Vider une maison oblige à choisir ce que l’on conserve, alors que les souvenirs échappent à ce tri. Un carton peut contenir peu de choses et faire revenir une époque entière.
La question finale — que reste-t-il de ce temps heureux ? — ouvre une tension féconde. Le passé revient à travers un regard adulte, chargé de distance et peut-être d’idéalisation. Retrouver un lieu ne permet pas forcément de retrouver ce que l’on y a vécu, mais peut aider à comprendre ce qu’il nous a laissé.
Les Marrons trouve ainsi son émotion dans une situation familière : revenir quelque part et mesurer combien tout a changé, à commencer par soi-même. Une prémisse sensible sur l’amitié, l’éloignement et ces petits territoires qui restent immenses dans la mémoire.
ASIN : B0H4PTLHQT Éditeur : SARBACANE Date de publication : 7 octobre 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 176 pages ISBN-13 : 979-1040807186
