Hack ’n’ Stack : construire ensemble, résister dans le chaos

Construire une forteresse avec les moyens du bord, repousser des ennemis et tenter de coordonner une équipe au milieu du chaos : voilà la proposition de Hack ’n’ Stack. Développé par Triple Boris Inc., ce jeu mêle party game et tower defense coopératif, avec une place centrale accordée à la physique. Un mélange qui promet de mettre autant à l’épreuve les constructions que l’entente entre les joueurs.

Le royaume est assiégé, et votre équipe de bâtisseurs improvisés doit organiser sa défense. Jusqu’à quatre joueurs peuvent réunir des ressources, dresser des barricades et installer des tourelles pour faire face aux vagues ennemies. La coopération est proposée en local comme en ligne, avec une interface disponible en français.

L’intérêt du concept tient à la rencontre entre deux envies : préparer une stratégie et participer directement à l’action. Dans un tower defense, on attend de ses installations qu’elles accomplissent leur travail. Ici, les joueurs doivent également se battre aux côtés de leurs constructions. Les blocs peuvent servir dans les affrontements, les adversaires être projetés et les partenaires eux-mêmes envoyés dans les airs. Une manière de prolonger la défense jusque dans les interactions entre personnages.

Bâtir plus haut pour mieux résister

L’empilement constitue une mécanique essentielle : superposer les ressources et les défenses permet de renforcer les barricades et les tourelles. Les niveaux proposent aussi des objectifs stratégiques, notamment des points à protéger et des plans de construction à réaliser. Le placement prend donc une importance particulière dans la préparation des fortifications.

Cette idée donne une direction intéressante à la coopération. On imagine facilement les discussions autour d’une installation : faut-il consolider une position, répartir les ressources ou concentrer ses efforts sur un passage ? La construction devient alors un sujet de négociation. Chacun peut avoir sa solution, mais il faut parvenir à la mettre en œuvre ensemble.

Une équipe face à ses propres improvisations

Sur le papier, la physique offre surtout la possibilité de faire émerger des situations que personne n’avait complètement prévues. C’est un ressort précieux pour un party game : les souvenirs d’une partie viennent souvent d’une initiative absurde, d’un sauvetage improvisé ou d’un plan collectif qui prend une tournure inattendue.

Toute la réussite de cette formule dépendra cependant de son équilibre. Le désordre doit laisser suffisamment de place à la compréhension de l’action pour que les joueurs puissent apprendre de leurs erreurs. Une défaite donne envie de recommencer lorsqu’on entrevoit une meilleure solution ; elle devient plus frustrante lorsqu’on peine à comprendre ce qui s’est passé.

Avec ses fortifications empilées et ses combats physiques, Hack ’n’ Stack présente un concept qui invite à expérimenter ensemble. Une proposition prometteuse pour les amateurs de coopération mouvementée, dont il faudra vérifier manette en main si la construction et le chaos se répondent avec la même efficacité.

Chante et tais-toi : Laurent Ruquier et Vincent Niclo, un duo qui joue avec les apparences


Laurent Ruquier retrouve les planches avec Chante et tais-toi, une comédie pétillante dans laquelle il partage l’affiche avec Vincent Niclo. À la Comédie des Champs-Élysées, sous la direction d’Anne Bourgeois, les deux artistes forment un duo aussi inattendu que réjouissant. Entre répliques savoureuses, quiproquos hilarants et moments de tendresse, cette pièce réussit à conjuguer le plaisir du théâtre de boulevard avec un sujet profondément actuel : la liberté d’aimer et d’être soi-même. Un divertissement généreux, intelligent et résolument humain.

Quand l’amour vient bousculer les apparences

Pablo Diaz a tout du chanteur idéal. Une voix magnifique, un charme ravageur et une carrière florissante. Véritable latin lover, il fait chavirer le cœur de ses admiratrices, qui voient en lui l’incarnation du séducteur romantique.

Mais derrière cette image soigneusement entretenue se cache un secret : Pablo partage sa vie avec Gabriel, un architecte reconnu qui aimerait simplement pouvoir vivre leur histoire au grand jour.

Un souhait parfaitement légitime, mais qui ne fait pas les affaires de Sophia, l’agente du chanteur. Pour elle, révéler cette relation risquerait de compromettre la carrière de son protégé et de briser les rêves de ses admiratrices.

Dès lors, tout devient prétexte aux mensonges, aux malentendus et aux situations les plus improbables.

Avec ce point de départ particulièrement bien trouvé, Laurent Ruquier imagine une comédie où les apparences se fissurent progressivement, pour le plus grand plaisir du public.

Laurent Ruquier, un retour sur scène particulièrement réjouissant

Quel plaisir de retrouver Laurent Ruquier sur les planches !

Avec son humour immédiatement reconnaissable, son sens de la répartie et son talent pour débusquer les contradictions humaines, l’auteur et animateur semble prendre un plaisir évident à défendre cette nouvelle création.

Dans le rôle de Gabriel, il incarne un homme amoureux, spirituel et parfois délicieusement piquant, qui ne supporte plus de devoir cacher sa relation.

Le personnage lui va comme un gant.

Ruquier excelle dans ces échanges où une simple remarque suffit à déclencher une cascade de répliques. Son écriture, vive et malicieuse, multiplie les bons mots sans perdre de vue les sentiments de ses personnages.

Car derrière l’humour se dessine une véritable histoire d’amour, avec ses frustrations, ses compromis et cette envie universelle d’être reconnu pour ce que l’on est.

L’une des grandes qualités de la pièce réside justement dans cet équilibre entre comédie et émotion. Les situations prêtent à rire, mais les préoccupations de Gabriel restent profondément humaines.

Laurent Ruquier démontre ainsi qu’il sait parfaitement utiliser les codes du boulevard pour aborder des questions de société sans jamais sacrifier le plaisir du divertissement.

Vincent Niclo, une très belle surprise théâtrale

Si Laurent Ruquier évolue dans un registre qui lui est familier, Vincent Niclo constitue l’une des plus belles surprises de cette distribution.

Le chanteur, que l’on connaît avant tout pour sa voix puissante et son élégance, révèle ici une autre facette de son talent.

Dans la peau de Pablo Diaz, il compose un personnage séduisant, drôle et attachant, partagé entre les exigences de sa carrière et ses sentiments amoureux.

Son interprétation possède une sincérité qui rend immédiatement le personnage sympathique. Il joue avec son image de chanteur romantique, tout en laissant apparaître les doutes et les fragilités de cet homme qui voudrait satisfaire tout le monde.

Et surtout, il possède un véritable sens de la comédie.

Ses échanges avec Laurent Ruquier constituent l’un des grands plaisirs du spectacle. Le contraste entre leurs personnalités fonctionne à merveille : à l’ironie mordante de Gabriel répondent les hésitations et les maladresses de Pablo.

Leur complicité donne naissance à des scènes particulièrement savoureuses, dans lesquelles les répliques s’enchaînent avec naturel.

Les intermèdes musicaux apportent une dimension supplémentaire à l’ensemble. Entendre Vincent Niclo chanter dans ce contexte théâtral constitue un véritable plaisir, d’autant que ces moments s’intègrent à l’histoire.

L’artiste ne se contente donc pas de prêter sa notoriété à la pièce : il en devient l’un des moteurs essentiels.

Marie Vincent, une énergie comique irrésistible

Impossible d’évoquer Chante et tais-toi sans s’attarder sur Marie Vincent, qui incarne Sophia, l’agente de Pablo.

Son personnage est un véritable cadeau pour une comédienne.

Déterminée à préserver l’image publique de son chanteur, Sophia multiplie les stratégies, les interventions et les remarques aussi autoritaires que savoureuses.

Marie Vincent s’empare de ce rôle avec une énergie communicative. Son sens du rythme, ses expressions et sa manière de faire rebondir les dialogues apportent une formidable vitalité à la pièce.

Elle incarne à merveille cette professionnelle du spectacle persuadée de savoir ce qui est bon pour son artiste, quitte à se montrer complètement dépassée par les événements.

À ses côtés, Emma Gamet et Caroline Bal complètent harmonieusement la distribution.

La première apporte une fraîcheur bienvenue à travers son personnage de journaliste, tandis que la seconde s’amuse des ambitions d’une chanteuse prête à saisir les occasions qui se présentent.

Chacune trouve sa place dans cette mécanique comique où les personnalités s’affrontent et où les intérêts contradictoires alimentent les rebondissements.

Cette belle complémentarité entre les cinq interprètes constitue l’une des forces du spectacle.

Une mise en scène élégante et rythmée

Anne Bourgeois signe une mise en scène qui accompagne avec efficacité l’écriture de Laurent Ruquier.

L’action se déroule dans un élégant appartement parisien, avec une décoration qui rappelle naturellement l’univers musical de Pablo Diaz.

La scénographie de Stéfanie Jarre installe immédiatement le spectateur dans l’intimité de cette célébrité dont la vie privée est devenue un véritable exercice d’équilibriste.

Le décor, soigné et chaleureux, offre un cadre idéal aux confrontations, aux confidences et aux nombreux quiproquos.

La mise en scène privilégie la fluidité des déplacements, la précision des échanges et la dynamique collective.

Les personnages entrent, sortent, se croisent et tentent de sauver les apparences dans une succession de situations qui font tout le charme du théâtre de boulevard.

Anne Bourgeois laisse également une place appréciable aux moments plus sensibles, permettant à la relation entre Gabriel et Pablo de conserver toute son importance au milieu des éclats de rire.

Le résultat est un spectacle vivant, accessible et particulièrement agréable à suivre.

Une comédie qui fait rire tout en défendant la liberté d’aimer

C’est sans doute ce qui rend Chante et tais-toi aussi attachant : derrière les situations cocasses et les dialogues pleins d’esprit, Laurent Ruquier aborde un sujet qui dépasse largement le monde du spectacle.

Pourquoi faudrait-il cacher la personne que l’on aime pour préserver sa carrière ? Pourquoi l’image publique devrait-elle dicter les choix de la vie privée ?

À travers l’histoire de Pablo et Gabriel, l’auteur interroge avec humour les pressions sociales, les préjugés et les contradictions d’une industrie où les apparences occupent une place considérable.

La question de l’homosexualité est abordée avec franchise, mais aussi avec beaucoup de légèreté.

Ruquier évite de transformer sa comédie en démonstration. Il préfère laisser les personnages révéler eux-mêmes l’absurdité de certaines situations.

Le rire devient alors un formidable moyen de faire passer un message de tolérance.

Cette approche donne à la pièce une dimension supplémentaire. On vient pour passer une bonne soirée, mais on repart également avec une réflexion sur l’authenticité, le courage et la liberté d’assumer ses sentiments.

Et c’est précisément ce mélange qui fait la réussite de cette proposition.

Une comédie généreuse qui fait du bien

Avec Chante et tais-toi, Laurent Ruquier signe une comédie populaire dans le meilleur sens du terme : un spectacle accessible, rythmé, porté par des personnages attachants et une véritable envie de partager un moment de plaisir avec le public.

Son association avec Vincent Niclo se révèle particulièrement heureuse. Leur duo fonctionne grâce à une complicité naturelle et à deux personnalités qui se complètent parfaitement.

Vincent Niclo surprend agréablement par son aisance théâtrale, Laurent Ruquier retrouve avec bonheur son goût des répliques mordantes, tandis que Marie Vincent apporte une énergie comique particulièrement réjouissante.

L’ensemble bénéficie d’une mise en scène élégante et d’une distribution qui prend manifestement plaisir à défendre cette histoire.

Mais au-delà des rires, c’est surtout la tendresse qui se dégage de cette comédie qui séduit.

Car Chante et tais-toi raconte finalement quelque chose de très simple et de très beau : le droit d’aimer librement, sans avoir à se justifier ni à se cacher.

Laurent Ruquier réussit ainsi son pari : faire rire tout en touchant juste. Portée par un duo particulièrement attachant, des dialogues savoureux et une belle énergie collective, Chante et tais-toi s’impose comme une comédie chaleureuse, drôle et pleine d’humanité. Un spectacle qui rappelle combien le théâtre peut être un merveilleux espace de liberté, où l’on rit volontiers des apparences pour mieux célébrer la sincérité des sentiments. Une jolie réussite à découvrir à la Comédie des Champs-Élysées.

Mortelle Adèle et les labyrinthes de papier – Les Grandes Aventures de Mr Tan (Auteur), Diane Le Feyer (Illustrations)

Plus personne ne lit !

Une librairie désertée, une invention censée réconcilier les enfants avec les livres et une expérience qui dérape : avec Mortelle Adèle et les labyrinthes de papier, Mr Tan et Diane Le Feyer placent la lecture au cœur d’une aventure aussi malicieuse que périlleuse. Car lorsque les histoires deviennent des territoires à explorer, trouver la sortie ne consiste plus simplement à tourner la dernière page.

Mortelle Adèle a un problème : plus aucun enfant ne pousse la porte de sa librairie. Le comble, c’est qu’elle porte une part de responsabilité dans cette désertion. Ses nombreuses inventions occupent tellement les Bizarres du monde entier qu’ils n’ont plus le temps de lire ! Une contradiction savoureuse pour cette héroïne qui entend bien réparer la situation à sa manière.

Sa solution porte un nom : le lecturoscope. Cet outil doit permettre à chacun de découvrir son livre idéal. Sur le papier, l’idée est formidable. Mais avec Adèle, les bonnes intentions empruntent rarement un chemin tranquille. À peine l’appareil testé sur un premier cobaye, l’expérience tourne mal et entraîne notre héroïne dans les mystérieux Labyrinthes de Papier.

Accompagnée de Magnus, elle doit alors traverser les livres de sa propre librairie et relier des portails magiques pour retrouver la sortie. Les histoires deviennent les étapes d’un parcours où le mot « FIN » prend une signification autrement plus inquiétante.

Une invitation à trouver son livre

Le point de départ possède une belle force : il ne s’agit pas seulement de convaincre les enfants de lire, mais de leur donner envie de découvrir l’histoire qui leur correspond. Le lecturoscope incarne cette promesse familière à tous les amoureux des librairies : quelque part sur une étagère attend peut-être le livre capable de déclencher une passion.

L’aventure transforme cette recherche en exploration concrète. Entrer dans un livre devient une expérience littérale, avec ses passages, ses obstacles et la nécessité de retrouver son chemin. Le titre lui-même évoque ce plaisir de se perdre dans une histoire, tout en donnant à cette expression une dimension fantastique.

Adèle face aux conséquences de ses inventions

Le ressort comique tient aussi au renversement de situation. Persuadée de pouvoir régler le problème grâce à une nouvelle création, Adèle se retrouve prise dans une mécanique qui lui échappe. Celle qui voulait guider les lecteurs doit désormais chercher sa propre route.

Ce décalage offre un cadre particulièrement adapté à son tempérament : une mission à accomplir, une invention incontrôlable et des règles qu’elle ne peut plus simplement imposer. La présence de Magnus inscrit également cette traversée dans une aventure partagée, au milieu d’histoires dont il faut découvrir les chemins.

Avec cette nouvelle Grande Aventure, Mr Tan et Diane Le Feyer proposent une idée réjouissante : faire de la librairie la porte d’entrée d’un monde immense, où chaque livre ouvre un passage. Une façon pleine de malice de rappeler que la lecture commence souvent par la curiosité — et qu’avec Mortelle Adèle, même les pages peuvent devenir un terrain dangereux !

Éditeur ‏ : ‎ Mr Tan & Co Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 249467882X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494678828

La Sixième Faction – La nouvelle série Divergente de Veronica Roth

Le phénomène mondial DIVERGENTE réinventé : et si Tris faisait un autre choix ?

Veronica Roth revient dans l’univers qui l’a fait connaître en prenant un risque particulièrement intéressant : revenir au moment où tout a commencé et changer un seul choix. Avec La Sixième Faction, l’autrice ne cherche pas simplement à prolonger Divergente. Elle explore une autre possibilité, un chemin parallèle dans lequel Beatrice Prior pourrait devenir une Tris différente de celle que des millions de lecteurs connaissent déjà.

Tout commence pourtant dans un décor familier. À seize ans, Beatrice doit choisir la faction à laquelle elle appartiendra. La société reste organisée autour des Altruistes, Audacieux, Érudits, Sincères et Fraternels. Une décision suffit pour déterminer l’avenir d’un individu, ses relations et parfois même la rupture avec sa propre famille.

Mais cette fois, la cérémonie ne se déroule pas comme prévu.

Un événement dramatique bouleverse brutalement le destin de Beatrice et modifie la trajectoire que l’on pensait connaître. C’est précisément là que le roman trouve son idée la plus séduisante : et si une autre décision avait suffi à transformer toute l’histoire ?

Cette mécanique permet à Veronica Roth de jouer avec les souvenirs des lecteurs de Divergente sans simplement les reproduire. Certains personnages, lieux ou principes sont familiers, mais leur fonction peut désormais changer. Le plaisir vient alors autant de la découverte de cette nouvelle intrigue que de la comparaison permanente avec ce qui aurait pu se produire.

Beatrice reste au centre de cette nouvelle trajectoire. Elle demeure une adolescente confrontée à un système qui prétend décider qui elle doit être, mais les circonstances l’entraînent rapidement vers une rébellion dont elle ne soupçonnait pas l’existence.

La rencontre avec Quatre constitue évidemment l’un des grands points d’attente. Mystérieux, difficile à cerner et détenteur de ses propres secrets, il revient dans une configuration qui permet de redécouvrir la relation entre les deux personnages. La question n’est plus seulement de savoir ce qu’ils vont devenir, mais de découvrir si deux personnes placées sur une autre route peuvent malgré tout finir par se retrouver.

L’alternance de trois points de vue donne également davantage d’ampleur à cette nouvelle histoire. Elle permet de ne pas enfermer le récit dans la seule perception de Tris et d’observer les événements sous différents angles. Les secrets, les alliances et les intentions prennent ainsi une dimension supplémentaire puisque chaque personnage ne possède qu’une partie de la vérité.

Mais derrière l’efficacité de cette nouvelle intrigue demeure ce qui faisait déjà la force de l’univers : la question du choix. Peut-on réellement réduire une personne à une qualité dominante ? Sommes-nous définis par les décisions que nous prenons ou par les circonstances qui nous obligent à les prendre ?

La Sixième Faction pousse cette interrogation encore plus loin puisque son existence même repose sur une bifurcation. Un événement différent entraîne une décision différente, qui provoque à son tour de nouvelles conséquences. Le destin devient une succession de possibilités plutôt qu’une route déjà tracée.

Le roman peut ainsi séduire les lecteurs historiques tout en ouvrant une nouvelle porte d’entrée dans cet univers. Les connaisseurs retrouveront les éléments qui ont fait le succès de la saga, tandis que cette nouvelle construction permet de regarder autrement les personnages et les rapports de force.

Surtout, Veronica Roth ne semble pas vouloir simplement capitaliser sur la nostalgie. Elle utilise la possibilité d’une histoire alternative pour interroger ce qui constitue réellement l’identité de ses personnages. Si Tris prend une autre décision, reste-t-elle celle que nous connaissions ? Et jusqu’où faut-il modifier un destin pour transformer complètement une personne ?

Cette nouvelle série retrouve ainsi l’énergie de la dystopie adolescente tout en apportant un jeu particulièrement stimulant autour des chemins que nous empruntons et de ceux que nous abandonnons.

Avec La Sixième Faction, Veronica Roth ne se contente pas de retourner dans l’univers de Divergente : elle en déplace le point de départ pour en révéler de nouvelles possibilités. Rébellion, secrets, choix impossibles et retrouvailles avec Quatre nourrissent un premier tome rythmé, tandis que l’alternance des points de vue enrichit cette réalité alternative. Une manière efficace de retrouver un univers culte tout en posant une question aussi simple que vertigineuse : combien de notre vie pourrait changer si, à un instant décisif, nous choisissions simplement une autre voie ?

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 552 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095078683 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095078683

Eiffel Eden – Tome 01 de Gwenn (Scenario), Dario Tallarico (Dessins)

Le changement viendra d’en bas

Gwenn imagine un Paris où la tour Eiffel n’est plus seulement un monument mais le dernier refuge d’une société qui a reproduit, étage après étage, les inégalités du monde qu’elle prétendait remplacer. Avec Eiffel Eden, mis en images par Dario Tallarico, il construit une dystopie verticale où la place occupée dans la tour détermine aussi celle que chacun possède dans la société.

Paris a été submergé par les eaux. Sur les vestiges de la capitale, une partie de l’humanité s’est installée dans les hauteurs de la tour Eiffel. Cette communauté, baptisée « Eiffel Eden », pourrait représenter une nouvelle chance pour les survivants. Elle est pourtant devenue un système extrêmement hiérarchisé, organisé en castes identifiées par des couleurs et soumis aux Dix Commandements de « l’Ingénieur ».

L’idée de transformer la tour Eiffel en véritable société miniature est particulièrement efficace. Plus on monte ou descend dans la structure, plus les rapports de domination deviennent visibles. L’architecture elle-même raconte l’organisation sociale : certains occupent les hauteurs tandis que d’autres vivent dans les étages inférieurs et accomplissent les tâches indispensables au fonctionnement de la communauté.

Derrière la promesse de préserver le collectif se cache surtout une politique particulièrement brutale. À soixante ans, chaque habitant doit se sacrifier pour le bien commun. Une règle présentée comme nécessaire à la survie devient ainsi le symbole d’un régime qui décide de la valeur d’une existence selon son utilité.

Astate refuse précisément cette logique lorsqu’elle comprend que ses parents sont condamnés. Sa révolte naît donc moins d’une idéologie que d’un sentiment profondément intime : elle ne peut accepter qu’une autorité décide que ceux qu’elle aime ont cessé d’avoir le droit de vivre.

Sa rencontre avec Fève va transformer cette colère individuelle en prise de conscience politique. Venue des étages inférieurs, la jeune Verte possède une expérience très différente du système. Là où Astate découvre progressivement l’injustice, Fève en connaît déjà les mécanismes et porte en elle les traces d’une précédente tentative de révolte.

Les deux adolescentes incarnent ainsi deux manières d’entrer en résistance. L’une se soulève lorsque le système frappe directement sa famille ; l’autre semble avoir grandi avec la conscience de son oppression. Leur alliance permet au récit de dépasser l’opposition classique entre héros et dictature pour s’intéresser à la naissance même d’un mouvement collectif.

Car renverser un régime ne consiste pas simplement à décider qu’il est injuste. Il faut convaincre, organiser, désobéir, saboter parfois, mais également accepter les conséquences de ses choix. Une précédente révolte ayant déjà tourné au drame, la question traverse tout le récit : jusqu’où peut-on aller au nom d’une cause juste ?

Le scénario utilise ainsi les codes de la dystopie pour questionner le contrôle des populations, la hiérarchie sociale, le sacrifice individuel au nom du collectif ou encore la manière dont un pouvoir transforme ses propres règles en vérités indiscutables. Mais ces réflexions restent incarnées par les personnages et leurs dilemmes plutôt que transformées en simple démonstration politique.

Le dessin de Dario Tallarico donne quant à lui une véritable identité à cet univers. La verticalité de la tour Eiffel devient un formidable terrain graphique : passer d’un étage à l’autre revient presque à changer de monde. Le monument familier se transforme en territoire clos, spectaculaire mais oppressant, dont chaque niveau semble rappeler aux habitants la place qui leur a été assignée.

Le titre lui-même contient une belle ironie. Cet « Eden » présenté comme un refuge possède ses frontières, ses castes et ses sacrifiés. La survie de l’humanité n’a donc pas nécessairement entraîné la naissance d’une société meilleure. Elle a simplement permis à de nouvelles formes de domination d’apparaître.

Et c’est finalement d’en bas que pourrait venir le changement. Non seulement des niveaux inférieurs de la tour, mais surtout de ceux que le système considère comme trop faibles ou trop insignifiants pour pouvoir le menacer.

Avec ce premier tome, Gwenn et Dario Tallarico installent une dystopie ambitieuse portée par une idée visuelle particulièrement forte : transformer la tour Eiffel en représentation verticale des rapports de pouvoir. Derrière la révolte d’Astate et Fève se dessinent des questions sur l’obéissance, les inégalités, le sacrifice et le prix de la liberté. Eiffel Eden pose ainsi les bases d’un univers prometteur où la résistance commence par un geste essentiel : refuser la place que les autres ont choisie pour vous.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 30 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 88 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344060065 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344060063

La Voie des dieux de Julie Dachez (Scenario), Mlle Caroline (Dessins, Encreur)

« Le chemin le plus long est celui qu’on fait jusqu’à soi »

Julie Dachez choisit de raconter un voyage particulièrement difficile : celui qui mène jusqu’à soi-même. Avec La Voie des dieux, magnifiquement mis en images par Mlle Caroline, elle livre un récit autobiographique intime autour de la dépression, des traitements qui ne fonctionnent pas toujours et de la recherche d’une autre manière d’avancer.

Depuis longtemps, Julie traverse des épisodes dépressifs. Elle connaît les thérapies, les médicaments, les tentatives successives et surtout cette impression décourageante d’avoir essayé beaucoup de choses sans parvenir à trouver une véritable issue. Le récit part donc d’une réalité profondément humaine : que reste-t-il lorsque les solutions auxquelles on s’est accroché ne semblent plus fonctionner ?

Un soir, une émission consacrée aux recherches sur la psilocybine et ses effets potentiels sur certaines formes de dépression attire son attention. Cette découverte devient le point de départ d’un chemin inattendu. Mais La Voie des dieux ne transforme jamais cette expérience en recette miracle ni en mode d’emploi. Le livre reste avant tout le témoignage personnel d’une femme qui cherche à comprendre ce qu’elle traverse.

Cette nuance est essentielle. Julie Dachez raconte ses interrogations, ses espoirs, ses peurs et les moments plus chaotiques sans présenter son parcours comme universel. La guérison n’apparaît pas comme une ligne droite mais comme un processus fait d’avancées, de doutes et de remises en question.

L’autodérision apporte une respiration bienvenue à un sujet qui aurait facilement pu devenir extrêmement lourd. L’humour n’efface jamais la souffrance ; il permet plutôt de créer une certaine distance avec elle. Cette capacité à regarder parfois ses propres contradictions avec amusement rend le témoignage particulièrement vivant.

Le récit dépasse d’ailleurs progressivement la seule question de la dépression ou des substances psychédéliques. Ce qui intéresse surtout Julie Dachez, c’est la manière dont nous construisons notre rapport à nous-mêmes. Derrière la recherche d’un apaisement se dessine une interrogation beaucoup plus large sur l’identité, les blessures et les mécanismes que l’on accumule au fil des années.

Le travail graphique de Mlle Caroline accompagne parfaitement cette introspection. Son dessin sait traduire ce qui est parfois difficile à expliquer avec des mots : les sensations, les pensées envahissantes, les changements de perception ou encore les moments de fragilité. L’image devient une extension de l’expérience intérieure, sans chercher à la rendre artificiellement spectaculaire.

L’apport scientifique permet parallèlement de replacer cette expérience personnelle dans un contexte plus large. Cette association entre témoignage, vulgarisation et bande dessinée donne au livre son équilibre : l’émotion reste centrale, mais elle dialogue constamment avec le besoin de comprendre.

Le titre prend alors progressivement tout son sens. La véritable destination n’est peut-être pas une expérience extraordinaire, mais cette rencontre avec soi-même que l’on repousse parfois pendant des années. Et ce chemin-là peut effectivement être le plus long.

La Voie des dieux possède enfin une qualité essentielle : celle de ne pas prétendre détenir une vérité applicable à chacun. Julie Dachez raconte son parcours, avec ses singularités et ses zones d’incertitude, tandis que l’ouvrage rappelle clairement qu’il s’agit d’un témoignage et non d’une invitation à consommer des substances psychédéliques.

Intime, accessible et souvent touchant, La Voie des dieux raconte moins la découverte d’une substance qu’une tentative de se retrouver soi-même après des années de lutte. Julie Dachez et Mlle Caroline abordent un sujet complexe sans sensationnalisme ni solution miracle, en laissant toute sa place au doute, à l’humour et à la vulnérabilité. Un récit sur la dépression et la recherche d’un mieux-être, mais surtout sur ce chemin parfois chaotique que l’on parcourt pour parvenir enfin jusqu’à soi.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 23 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344063714 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344063712

Tranches de vie (404 Graphic) de Qu

Une ode délicate aux instants ordinaires, où chaque silence dessiné par Qu révèle la poésie sensible et la beauté profonde du vivant.

Qu choisit de raconter la vie sans avoir besoin de mots. Avec Tranches de vie, l’artiste coréenne rassemble ses strips muets autour d’une conviction aussi simple que précieuse : les moments les plus ordinaires de notre existence peuvent devenir extraordinaires dès lors que l’on prend véritablement le temps de les regarder.

Ici, pas de longues intrigues ni de dialogues pour guider le lecteur. Quelques cases suffisent pour saisir un geste, une rencontre, un regard ou un instant de complicité. Chaque histoire ressemble à une petite fenêtre ouverte sur une existence dont nous ne connaîtrons peut-être ni le passé ni la suite.

Cette absence de texte constitue naturellement l’une des grandes forces du livre. En supprimant les mots, Qu laisse davantage de place aux émotions. Le lecteur observe les attitudes, les expressions et les détails du décor pour reconstruire ce qui se joue entre les personnages.

Les silences deviennent ainsi un véritable langage. Une main tendue, une présence, une attente ou un regard peuvent raconter beaucoup plus qu’une conversation entière. Le dessin ne cherche pas nécessairement à provoquer une émotion spectaculaire : il saisit plutôt ces minuscules mouvements qui accompagnent notre quotidien et auxquels nous ne prêtons plus toujours attention.

La notion de « tranche de vie » prend alors tout son sens. Qu ne cherche pas à raconter des destins exceptionnels. Elle s’intéresse précisément à ce qui pourrait arriver à chacun : croiser quelqu’un, partager un instant, observer le monde autour de soi ou simplement ressentir la présence d’un autre être vivant.

Ce sont ces secondes presque invisibles qui constituent progressivement la matière du livre. Isolées, elles peuvent sembler insignifiantes. Rassemblées, elles composent quelque chose de beaucoup plus vaste : une célébration discrète de l’existence.

L’universalité du dessin muet renforce encore cette sensation. Les personnages peuvent être différents, vivre ailleurs ou posséder une histoire éloignée de la nôtre, mais certaines émotions n’ont pas besoin d’être traduites. Un instant partagé suffit parfois à abolir momentanément les distances.

Cette compilation invite également à modifier notre rythme de lecture. On pourrait tourner rapidement les pages puisque les textes sont absents. Pourtant, c’est exactement l’inverse qui se produit. Il faut ralentir. Observer une expression, revenir sur une case, remarquer un détail qui semblait secondaire et accepter simplement de rester quelques secondes avec les personnages.

Le livre devient alors presque une invitation à appliquer cette attention au monde réel. Combien de moments semblables traversons-nous quotidiennement sans les voir ? Combien de gestes, de rencontres ou de petites attentions disparaissent aussitôt vécus ?

Qu ne cherche pas à embellir artificiellement le quotidien. Elle rappelle plutôt que sa beauté existe déjà, dans les relations, les fragilités et les minuscules coïncidences qui rapprochent parfois deux êtres.

Délicate, contemplative et profondément humaine, cette compilation transforme les petits riens de l’existence en véritables fragments de poésie graphique. Avec presque rien — quelques cases, des regards et beaucoup de silence — Qu parvient à rappeler quelque chose que notre quotidien nous fait facilement oublier : la vie n’est pas uniquement constituée de grands événements. Elle se cache aussi dans ces milliers d’instants minuscules que l’on ne remarque souvent qu’une fois qu’ils sont passés.

ASIN ‏ : ‎ B0H1L85F16 Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 296 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032410707 Poids de l’article ‏ : ‎ 1,57 Kilograms

Lilo Et Stitch : Disney Stitch – Kit de pâtisserie et moules

Un kit de pâtisserie pour tous les fans de Stitch, le héros de licence Disney préféré des enfants ! DES ACTIVITÉS MANUELLES POUR TOUS : Amusez-vous avec ce kit de pâtisserie dans l’univers de votre extraterrestre préféré ! Créez votre propre version de Stitch avec ce set de moules. Pour réaliser ce petit monstre bleu, versez du chocolat fondu ou des bonbons dans chaque cavité du moule et placez-le au congélateur. Une fois vos chocolats …

’univers de Stitch quitte cette fois l’écran pour s’inviter directement dans la cuisine. Avec ce kit de pâtisserie Disney Stitch, les jeunes fans peuvent retrouver leur extraterrestre préféré à travers une activité à la fois gourmande, créative et facile à partager en famille.

Le principe est particulièrement ludique : utiliser les moules fournis pour créer sa propre version de Stitch. Chocolat fondu, préparations sucrées ou bonbons peuvent être versés dans les différentes cavités avant de laisser le froid faire le reste du travail.

L’intérêt du coffret vient justement de cette rencontre entre pâtisserie et activité manuelle. L’enfant ne se contente pas de préparer quelque chose à manger : il participe à la création d’un personnage qu’il connaît et apprécie. Le démoulage devient alors le moment le plus attendu, lorsque Stitch apparaît enfin sous sa forme gourmande.

Le personnage se prête particulièrement bien à ce type d’activité. Avec sa silhouette immédiatement identifiable, ses grandes oreilles et son côté espiègle, Stitch apporte naturellement une dimension amusante à la préparation.

Le kit peut également devenir une bonne occasion de cuisiner ensemble. Les plus jeunes peuvent participer aux différentes étapes avec l’accompagnement d’un adulte, découvrir quelques gestes simples de pâtisserie et surtout profiter du plaisir de fabriquer quelque chose avant de le déguster.

L’aspect créatif permet aussi de ne pas nécessairement reproduire toujours le même résultat. Couleurs, décorations et choix des préparations peuvent varier selon les envies. Chacun peut ainsi imaginer son propre Stitch et personnaliser ses créations.

Ce type de coffret trouve naturellement sa place lors d’un anniversaire, d’un après-midi créatif ou simplement pour occuper un moment en famille. Le personnage Disney devient ici le prétexte à une activité concrète, loin des écrans, où l’on manipule, expérimente et partage.

L’ensemble constitue également une idée cadeau sympathique pour les amateurs de Lilo & Stitch. Plutôt qu’un simple objet décoratif à l’effigie du personnage, le coffret invite immédiatement à faire quelque chose avec lui.

Un kit de pâtisserie ludique et gourmand qui exploite avec simplicité l’univers de Stitch. Facile à transformer en activité familiale, il associe cuisine, créativité et plaisir de retrouver l’un des personnages les plus attachants de Disney. Une jolie idée pour fabriquer son propre petit monstre bleu avant de relever le défi le plus difficile : oser le manger !

Date de parution08/10/2026
Éditeur404 Editions

Stranger Things : Le livre de recettes officiel de Joshua David Stein

Replongez dans l’univers fascinant de Stranger Things grâce à plus de 50 recettes directement inspirées de la série.

Joshua David Stein propose de retourner à Hawkins par un chemin plutôt inattendu : la cuisine. Avec Stranger Things : Le livre de recettes officiel, l’univers de la série quitte momentanément les laboratoires secrets, les vélos et les créatures de l’Upside Down pour investir nos assiettes à travers plus de cinquante recettes inspirées de ses personnages et de ses lieux emblématiques.

L’idée fonctionne particulièrement bien avec Stranger Things, série dans laquelle la nourriture a toujours participé à l’identité de certains personnages. Impossible évidemment de commencer sans penser aux célèbres gaufres Eggo associées à Eleven. Elles trouvent naturellement leur place dans le livre, aux côtés d’autres références que les spectateurs reconnaîtront immédiatement.

On retrouve notamment le tiramisu de Chez Enzo ou encore une pizza inspirée de Surfer Boy Pizza. Chaque recette devient ainsi un petit clin d’œil permettant de prolonger l’expérience de la série autrement que devant un écran.

L’organisation saison par saison constitue une bonne idée. Elle permet de suivre l’évolution de l’univers tout en retrouvant différentes ambiances et références au fil des épisodes. Le livre fonctionne presque comme une promenade gourmande à travers les souvenirs laissés par la série.

L’intérêt ne repose donc pas uniquement sur les plats proposés. Une partie du plaisir vient évidemment du jeu avec la culture Stranger Things. Préparer une recette devient une excuse pour replonger dans Hawkins, retrouver les personnages et reconnaître les nombreuses références disséminées dans l’ouvrage.

Le contraste entre la cuisine familiale et l’univers inquiétant de la série apporte également beaucoup de charme à l’ensemble. L’Upside Down devient soudain nettement moins terrifiant lorsqu’il s’agit de choisir ce que l’on va préparer pour le dîner.

Joshua David Stein conserve ainsi l’esprit ludique attendu d’un ouvrage dérivé sans oublier sa fonction première : proposer un véritable livre de cuisine. Les références à la série accompagnent les recettes au lieu de simplement servir d’habillage à un produit destiné aux collectionneurs.

C’est précisément ce qui lui permet de toucher plusieurs publics. Les fans pourront l’apprécier comme un nouvel objet consacré à leur série favorite, tandis que ceux qui aiment cuisiner pourront réellement s’amuser à reproduire les recettes et à organiser, pourquoi pas, une soirée entièrement inspirée de Hawkins.

L’ouvrage possède également une dimension conviviale qui correspond finalement très bien à l’esprit de Stranger Things. Malgré les monstres et les catastrophes, la série repose depuis ses débuts sur un groupe d’amis qui se retrouve, partage et affronte les événements ensemble. La cuisine devient ici une autre manière de prolonger cette idée de partage.

Et contrairement aux personnages de la série, aucune traversée d’un portail interdimensionnel ne devrait être nécessaire pour arriver jusqu’au dessert.

Un livre de recettes officiel généreux et ludique qui exploite intelligemment l’univers de Stranger Things. Entre les incontournables gaufres d’Eleven, Chez Enzo et Surfer Boy Pizza, Joshua David Stein transforme les références cultes de la série en expériences culinaires à partager. À la fois livre de cuisine et objet pour les fans, une manière gourmande de retourner à Hawkins sans risquer de tomber nez à nez avec un Démogorgon.

ASIN ‏ : ‎ B0H1L7PY3K Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 232 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032411575

Les Enfants Perdus de Neyef

Casper, Milo, Rufus et les jumeaux Paddy et Dany, livrés à eux-mêmes dans un monde de ruines, trainent, skatent et occupent leurs journées comme bon leur semble. Bientôt rejoint par Wendy, le petit groupe survit en marge de tous et surtout des adultes qui, sur ce bout de terre deshéritée, représentent une menace permanente. Bien décidé à sortir son petit frère Milo de cette vie qui n’en est pas une, Casper va opter pour une voie sans retour qui mettra en péril le frêle équilibre du groupe.

Neyef s’empare du mythe de Peter Pan pour en proposer une relecture sombre, urbaine et profondément humaine. Avec Les Enfants Perdus, il ne raconte plus des enfants refusant simplement de grandir, mais des gamins auxquels le monde des adultes n’a jamais véritablement laissé la possibilité d’être des enfants.

Casper, Milo, Rufus et les jumeaux Paddy et Dany vivent dans un territoire en ruines. Livrés à eux-mêmes, ils skatent, traînent et inventent leurs propres règles pour remplir des journées qui semblent toutes se ressembler. Leur liberté pourrait presque faire rêver si elle n’était pas avant tout le résultat d’un abandon.

Dans cet univers, l’absence d’adultes protecteurs change complètement la signification de l’enfance. Ceux qu’ils rencontrent représentent davantage une menace qu’un refuge. Le groupe devient alors une famille improvisée, construite non par le sang mais par la nécessité de se protéger les uns les autres.

L’arrivée de Wendy fait naturellement résonner davantage encore la référence à Peter Pan. Neyef reprend certains éléments familiers du conte pour les déplacer dans un monde où l’imaginaire ne permet plus vraiment d’échapper au réel. Le Pays imaginaire ressemble ici davantage à une terre oubliée qu’à un paradis où l’enfance pourrait durer éternellement.

Le skateboard participe pleinement à cette sensation de liberté fragile. Rouler, prendre de la vitesse et occuper l’espace devient presque une manière de résister. Pendant quelques instants, ces enfants peuvent oublier les ruines et retrouver quelque chose qui ressemble à l’insouciance.

Mais derrière cette vie en bande, Casper porte une responsabilité particulière. Il veut sortir son petit frère Milo de cette existence sans avenir. Ce désir introduit une contradiction essentielle : comment sauver quelqu’un d’un monde dont on ne sait pas soi-même comment s’échapper ?

Casper finit par choisir une voie sans retour. Dès lors, l’équilibre précaire du groupe menace de s’effondrer. La volonté de protéger peut devenir dangereuse, et une décision prise par amour peut entraîner ceux que l’on voulait justement préserver.

C’est dans cette ambiguïté que Les Enfants Perdus semble trouver sa plus grande force. Neyef ne transforme pas ses personnages en simples victimes. Ils rient, jouent, se disputent, prennent des risques et inventent leurs propres moments de bonheur. Leur existence est dure, mais elle reste traversée par une formidable énergie.

Le dessin permet de faire cohabiter cette brutalité avec une dimension plus onirique. Les ruines deviennent un immense terrain de jeu autant qu’une prison, tandis que les mouvements et les silences donnent au récit une atmosphère où la réalité semble parfois glisser vers le rêve.

La référence à Peter Pan prend alors une dimension particulièrement mélancolique. Dans le conte, ne pas grandir pouvait représenter une forme de liberté. Ici, rester un enfant signifie surtout être prisonnier d’un monde qui ne vous offre aucun avenir. Grandir devient paradoxalement une possibilité d’émancipation.

À travers Casper et Milo, le récit interroge également la responsabilité que certains enfants doivent endosser beaucoup trop tôt. Casper voudrait être un frère, mais les circonstances l’obligent presque à devenir un parent. Cette inversion des rôles donne une véritable profondeur émotionnelle à leur relation.

Les Enfants Perdus parle finalement de fraternité, de survie et de cette frontière fragile entre liberté et abandon. La bande représente le dernier refuge possible : un endroit où chacun existe encore dans le regard des autres lorsque le reste du monde semble les avoir oubliés.

Avec Les Enfants Perdus, Neyef propose une relecture puissante et mélancolique du mythe de Peter Pan. Derrière les skates, les ruines et l’apparente liberté de ces enfants se cache une histoire de survie, de fraternité et de sacrifice. Un récit où l’on comprend progressivement que ces gamins ne refusent pas de grandir : ils cherchent simplement un monde dans lequel grandir serait enfin possible.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 200 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810206082 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810206087