Garance De Jeanne Herry | Par Jeanne Herry Avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud

Garance est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à la potentialité de la mort.

Garance raconte huit années dans la vie d’une femme qui semble constamment avancer alors qu’elle est, presque imperceptiblement, en train de se perdre. Jeanne Herry construit un portrait intime autour d’une jeune actrice qui travaille, aime, déménage, fait la fête et affronte les incertitudes de l’existence tout en entretenant avec l’alcool une relation qui passe progressivement du plaisir au besoin, puis du besoin au danger.

Garance est comédienne, mais pas une vedette. Elle connaît les auditions, les périodes de travail et celles où il faut attendre. Elle avance pourtant avec une énergie communicative. Vaillante, drôle, volontaire, elle donne l’impression de pouvoir encaisser les difficultés et repartir immédiatement.

L’alcool accompagne cette existence. D’abord compagnon des soirées et des rencontres, il devient aussi une manière de supporter les angoisses, de prolonger les moments heureux ou d’adoucir ceux qui le sont moins. Il est à la fois récompense, refuge et carburant.

C’est précisément dans cette ambiguïté que Jeanne Herry trouve son film.

Plutôt que d’organiser immédiatement le récit autour de l’addiction, elle filme une vie dans toute sa richesse. Pendant huit ans, Garance change de logement, travaille, rencontre de nouvelles personnes, noue et défait des relations, découvre d’autres formes de désir et traverse des périodes d’enthousiasme comme de profond découragement. Pendant ce temps, presque en arrière-plan, sa consommation augmente.

Cette progression donne au film une dimension particulièrement troublante. Rien ne s’arrête brutalement. Garance continue de rire, de séduire, de travailler et d’être entourée. Le danger cohabite avec le quotidien, jusqu’à devenir lui-même une partie du quotidien.

Adèle Exarchopoulos trouve ici un personnage particulièrement dense. Sa présence physique et son énergie permettent de comprendre pourquoi Garance peut longtemps donner le sentiment que tout va bien. L’actrice ne construit pas son personnage uniquement à partir de la souffrance. Elle lui conserve son humour, son désir, sa colère et sa capacité à aimer.

Cette vitalité rend la dégradation plus douloureuse. Garance n’est jamais résumée à sa consommation. Elle est une femme qui boit, mais aussi une amie, une amante, une actrice et quelqu’un qui cherche encore la forme que pourrait prendre sa vie.

Sara Giraudeau et Sarajeanne Drillaud permettent au récit d’explorer la place essentielle des relations qui entourent Garance. L’amitié constitue notamment l’un des fils les plus intéressants du film : comment accompagner quelqu’un que l’on aime lorsque l’aide proposée est refusée, contournée ou simplement insuffisante ? À quel moment la présence devient-elle impuissance ?

Jeanne Herry retrouve ici son goût pour les trajectoires humaines et les liens qui se construisent entre les individus. Sa mise en scène privilégie l’observation plutôt que le jugement. Elle ne cherche ni à excuser Garance ni à transformer chacune de ses consommations en signe annonciateur. Elle regarde comment une habitude s’installe dans une existence jusqu’à en modifier progressivement l’équilibre.

Le choix d’étendre l’histoire sur huit années est particulièrement pertinent. L’addiction n’est pas représentée comme une chute spectaculaire mais comme une accumulation. Une soirée supplémentaire. Un verre nécessaire pour se détendre. Un autre pour oublier. Puis un moment où la frontière entre plaisir et nécessité devient impossible à identifier.

Cette durée permet également de raconter une véritable révolution intime. Garance change professionnellement, sentimentalement et sexuellement. Elle gagne certaines libertés au moment même où une autre dépendance commence à l’enfermer. Cette contradiction donne au personnage toute sa complexité.

Le film évite ainsi le schéma trop confortable de la descente aux enfers. Il y a encore des moments magnifiques lorsque la situation est déjà préoccupante. Des amitiés naissent, des désirs apparaissent et des projets se réalisent. La vie ne disparaît pas simplement parce que l’addiction progresse.

Lorsque la possibilité de mourir devient finalement réelle, Garance prend une dimension plus vertigineuse. Ce qui pouvait encore être considéré comme une manière excessive de vivre révèle son potentiel destructeur.

Quelques étapes de cette longue trajectoire auraient probablement gagné à être davantage resserrées, mais cette impression d’accumulation participe également au projet : faire ressentir le temps qui passe pendant que Garance continue de croire qu’elle pourra toujours reprendre le contrôle demain.

Intime, lumineux et douloureux, Garance refuse de réduire son héroïne à son addiction. Jeanne Herry raconte d’abord une femme intensément vivante avant de montrer comment l’alcool s’installe progressivement au cœur de cette existence. Adèle Exarchopoulos trouve un rôle à la mesure de son énergie et de sa fragilité, capable de faire coexister l’euphorie et l’angoisse sans jamais transformer Garance en symbole. Un portrait de femme profondément humain sur la liberté, la dépendance et ce moment terrible où ce qui aidait à vivre commence à rapprocher de la mort.

Heart Of The Beast De David Ayer | Par Cameron Alexander Avec Brad Pitt, Uber , J.K. Simmons

Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.

Heart of the Beast entraîne David Ayer loin du polar urbain pour l’installer dans l’immensité sauvage de l’Alaska. Derrière les apparences d’un survival classique, le réalisateur construit surtout une histoire de fidélité et de reconstruction autour d’un homme et de son chien, seuls face à une nature aussi majestueuse qu’indifférente à leur survie.

James Belmont, ancien membre des forces spéciales, voyage avec Odin, son compagnon de toujours, lorsqu’un terrible crash d’avion les laisse isolés au cœur de l’Alaska. Aucun secours immédiat, pratiquement aucune ressource et des kilomètres d’étendues hostiles à traverser : leur survie dépend désormais de leur capacité à avancer ensemble.

Le scénario de Cameron Alexander repose sur une situation volontairement élémentaire. Il n’est pas question de conspiration ou d’ennemis lourdement armés. Le froid, la faim, les blessures, l’épuisement et l’isolement suffisent à créer la menace.

Ce dépouillement convient particulièrement bien au film. David Ayer peut concentrer son récit sur les gestes nécessaires à la survie : trouver un abri, se déplacer malgré les blessures, économiser ses forces et apprendre à lire un environnement où la moindre erreur peut devenir fatale.

Brad Pitt trouve en James Belmont un personnage physique mais vulnérable. Son passé dans les forces spéciales lui apporte évidemment des compétences précieuses, sans pour autant le transformer en héros invincible. L’intérêt réside justement dans cette confrontation entre un homme habitué à maîtriser les situations dangereuses et une nature qui ne peut être ni intimidée ni véritablement contrôlée.

Mais le véritable cœur du film se situe dans sa relation avec Odin.

Le chien n’est pas simplement l’accessoire émotionnel du héros. Il devient partenaire de survie, présence rassurante et parfois raison même de continuer à avancer. James protège Odin autant que celui-ci veille sur lui. Leur dépendance réciproque permet au récit de dépasser la simple succession d’épreuves physiques.

David Ayer trouve ici une forme d’émotion particulièrement directe. Les dialogues deviennent naturellement rares et la relation entre les deux compagnons passe par les gestes, les regards et les comportements. Dans l’immensité silencieuse de l’Alaska, cette simplicité produit certains des moments les plus touchants du film.

La photographie joue évidemment un rôle majeur. Les paysages offrent une beauté spectaculaire, mais Ayer prend soin de ne jamais les transformer en simple carte postale. Une montagne impressionnante signifie également une distance supplémentaire à parcourir. Une étendue enneigée peut dissimuler un danger. Le froid lui-même devient presque une présence physique.

J.K. Simmons apporte de son côté une densité supplémentaire au récit et permet d’élargir ponctuellement une histoire qui repose principalement sur la solitude de Belmont. Mais Heart of the Beast reste avant tout le film de Brad Pitt et d’Odin, et c’est lorsque la mise en scène accepte cette simplicité que l’ensemble se montre le plus convaincant.

Le scénario emprunte forcément plusieurs passages obligés du survival. L’accident, les blessures, les ressources qui s’épuisent et les obstacles successifs répondent à une mécanique bien connue. Certaines péripéties sont donc faciles à anticiper et le film ne cherche pas nécessairement à révolutionner le genre.

Son ambition semble ailleurs.

Sous l’aventure se dessine progressivement le portrait d’un homme dont les capacités physiques ne suffisent plus. James doit accepter la peur, l’épuisement et la possibilité de perdre ce qui compte encore pour lui. La survie devient alors autant intérieure que physique.

Spectaculaire sans sacrifier l’émotion, Heart of the Beast trouve sa force dans la simplicité de son dispositif. David Ayer transforme les paysages grandioses de l’Alaska en véritable adversaire et offre à Brad Pitt un personnage confronté à ses propres limites. Mais c’est surtout la relation entre James et Odin qui donne au film son identité : derrière le survival et l’aventure se cache une histoire profondément humaine sur la fidélité, la résilience et cette volonté de continuer lorsque quelqu’un dépend encore de vous. Un récit classique dans sa construction, mais particulièrement efficace lorsqu’il laisse parler le lien entre l’homme et l’animal.

Les Evadées – Partie 1 de Marc Levy

Marc Levy construit un thriller contemporain qui mêle enquête criminelle, science, résistance et liens familiaux à travers les destins de deux sœurs jumelles que la vie a éloignées. De Lyon à Boston, de Paris à Singapour, Les Évadées déploie une intrigue internationale où la recherche de la vérité devient progressivement une lutte pour préserver sa liberté.

Cécile travaille comme enquêtrice au sein d’Interpol. Lorsqu’un appel au secours provenant d’un village isolé d’Asie du Sud-Est attire son attention, elle découvre les premières traces d’une organisation criminelle dont les ramifications semblent beaucoup plus importantes qu’elle ne l’imaginait. Ce qui pourrait n’être qu’une affaire parmi d’autres devient rapidement une enquête susceptible de la conduire bien au-delà de son terrain habituel.

À plusieurs milliers de kilomètres, sa sœur Olivia mène une existence très différente. Scientifique rattachée à l’Institut Pasteur, elle poursuit ses recherches sur la côte Est américaine. Mais lorsque le contexte politique menace la liberté de la recherche et que la science devient une cible, sa patronne Molly lui propose de rejoindre un réseau de résistance.

Marc Levy construit ainsi deux trajectoires parallèles qui reposent sur une même volonté de ne pas détourner le regard. Cécile cherche à comprendre ce qui se cache derrière l’appel qu’elle a reçu ; Olivia refuse de voir la connaissance soumise aux intérêts du pouvoir. Toutes deux pourraient choisir la prudence, mais leur besoin de vérité les pousse à avancer malgré les risques.

Le contraste entre les deux sœurs fonctionne particulièrement bien. L’une évolue dans le monde de l’enquête et du renseignement, l’autre dans celui de la recherche scientifique. Leurs méthodes diffèrent, leurs vies se sont éloignées et leurs blessures ont laissé des traces, mais elles partagent une même obstination.

C’est précisément cette relation qui apporte au roman sa dimension émotionnelle. Derrière les enjeux internationaux et les menaces se trouve l’histoire de deux sœurs séparées qui vont devoir retrouver le chemin l’une vers l’autre. Leur lien devient progressivement aussi important que les mystères auxquels elles sont confrontées.

Le roman interroge également la notion de liberté sous plusieurs formes. Liberté de chercher, de savoir, de parler, de choisir sa vie ou simplement de refuser ce que d’autres cherchent à imposer. Les deux héroïnes se retrouvent confrontées à des systèmes qui utilisent le pouvoir, l’argent ou la peur pour contrôler les individus.

L’intrigue gagne en ampleur à mesure que les différentes pistes se rapprochent. Les déplacements internationaux donnent au récit un rythme soutenu tandis que l’alternance entre Cécile et Olivia entretient efficacement le suspense. Chaque sœur possède sa propre histoire, mais le lecteur comprend progressivement que leurs combats ne sont peut-être pas aussi éloignés qu’ils le paraissent.

Marc Levy conserve parallèlement ce qui constitue l’un des moteurs essentiels de son univers romanesque : les relations humaines. Même lorsque les enjeux deviennent considérables, ce sont les choix individuels, la confiance, la loyauté et les liens affectifs qui déterminent la direction prise par les personnages.

Cette première partie assume enfin son rôle d’ouverture. Elle installe les protagonistes, construit les différentes menaces et rapproche peu à peu des trajectoires que tout semblait avoir séparées, tout en laissant suffisamment de questions ouvertes pour donner envie de découvrir la suite.

Un thriller international rythmé et engagé, porté par deux héroïnes déterminées dont les combats personnels finissent par se rejoindre. Avec Cécile et Olivia, Marc Levy mêle efficacement suspense, quête de vérité et histoire familiale pour poser une question qui traverse tout le roman : jusqu’où sommes-nous prêts à aller lorsque ce que nous considérons comme essentiel – nos proches, nos convictions ou notre liberté – se retrouve menacé ?

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont/Versilio Date de publication ‏ : ‎ 22 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221243625 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221243626

Obsession De Curry Barker | Par Curry Barker Avec Michael Johnston (II), Inde Navarrette, Cooper Tomlinson

Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou ? Un jeune introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Son crush de toujours tombe alors raide dingue de lui… jusqu’à l’obsession la plus totale. Faites attention à ce que vous souhaitez !

Obsession part d’un fantasme adolescent presque universel pour progressivement le transformer en cauchemar. Curry Barker reprend le principe très classique de l’objet magique capable d’exaucer les souhaits, mais l’utilise pour interroger le désir, le consentement et cette frontière inquiétante qui sépare l’amour rêvé de la possession.

Le héros est un jeune homme introverti qui observe depuis longtemps celle dont il est amoureux sans jamais parvenir à lui avouer ses sentiments. Lorsqu’il découvre un objet capable de réaliser n’importe quel souhait, la tentation est immédiate. Il obtient ce qu’il désirait : son crush tombe follement amoureuse de lui.

Seulement, la magie ne connaît pas la mesure.

L’affection devient dépendance, la dépendance se transforme en jalousie et l’amour absolu dont il rêvait commence à prendre les contours d’une véritable menace. Curry Barker construit précisément son film autour de cette escalade. Ce qui ressemble d’abord à une comédie romantique teintée de fantastique glisse progressivement vers le thriller puis vers l’horreur.

Michael Johnston fonctionne bien dans ce rôle de garçon ordinaire dépassé par la réalisation de son propre fantasme. Le personnage n’est pourtant jamais totalement innocent de ce qui lui arrive. Il a utilisé la magie pour obtenir les sentiments de quelqu’un qui ne les éprouvait pas naturellement. Derrière le traditionnel « faites attention à ce que vous souhaitez » apparaît donc une question autrement plus intéressante : peut-on encore parler d’amour lorsque le désir de l’autre a été fabriqué ?

C’est ici qu’Obsession dépasse son concept de départ.

Inde Navarrette doit effectuer le parcours inverse. D’abord incarnation d’un fantasme amoureux devenu réalité, son personnage se transforme progressivement en présence envahissante puis inquiétante. L’intérêt de son interprétation consiste à conserver une apparence de romantisme alors même que ses comportements deviennent de plus en plus dérangeants. Une attention excessive peut encore sembler touchante ; quelques scènes plus tard, la même attitude devient oppressante.

Cooper Tomlinson participe à l’élargissement du récit lorsque les conséquences du souhait commencent à contaminer les relations entourant le couple. Car le véritable problème n’est bientôt plus de savoir comment profiter de cette histoire d’amour miraculeuse, mais comment arrêter quelque chose qui n’aurait jamais dû commencer.

Curry Barker utilise efficacement la répétition pour installer le malaise. Messages, apparitions inattendues, besoin permanent de proximité : les manifestations traditionnellement utilisées par les romances pour signifier l’intensité des sentiments changent progressivement de nature. Le film s’amuse ainsi à retourner certains clichés amoureux contre eux-mêmes.

Cette dimension permet également une lecture intéressante du titre. L’obsession n’appartient pas uniquement à la jeune femme ensorcelée. Elle existe dès le départ chez celui qui souhaite posséder l’amour de son crush plutôt que d’accepter la possibilité de ne pas être aimé en retour. La magie ne crée finalement pas le problème : elle pousse jusqu’à l’extrême un désir qui était déjà là.

Le concept demeure volontairement simple et certaines étapes de l’escalade horrifique sont faciles à anticiper. Le principe du souhait qui se retourne contre celui qui l’a formulé appartient également à une longue tradition du cinéma fantastique. Obsession trouve cependant suffisamment d’idées dans son sujet pour ne pas dépendre uniquement de cette mécanique.

Son meilleur ressort reste le renversement de perspective : obtenir exactement ce que l’on souhaite peut être infiniment plus terrifiant que de ne jamais l’obtenir.

Efficace et progressivement dérangeant, Obsession détourne intelligemment le fantasme de l’amour idéal pour en révéler la dimension possessive. Curry Barker transforme une romance adolescente en cauchemar en faisant du désir imposé le véritable moteur de l’horreur. Michael Johnston et Inde Navarrette portent efficacement cette relation qui passe du rêve au piège, tandis que le film rappelle une évidence que son héros découvre beaucoup trop tard : l’amour absolu n’a plus rien de romantique lorsqu’il ne laisse aucune possibilité de partir.

Stick It 10 scènes de scènes cosy creepy à créer de Ophélie Ortal

Explorez d’adorables univers effrayants avec le Stick It Creepy cute !

Ophélie Ortal propose une activité créative qui joue avec une association particulièrement séduisante : mélanger l’univers réconfortant du cosy à l’imaginaire délicieusement inquiétant d’Halloween. Avec Stick It – Creepy Cute, monstres, cimetières et manoirs hantés deviennent ainsi les ingrédients d’un moment de détente plutôt que d’une véritable nuit d’épouvante.

Le principe est immédiatement accessible. Le livre propose 10 scènes à composer à l’aide de plus de 500 stickers miniatures. Chaque décor prend la forme d’une illustration isométrique que l’on complète progressivement en choisissant et en positionnant les différents éléments.

L’intérêt vient notamment de la richesse des univers proposés. Atelier de Frankenstein, manoir hanté ou inquiétant cimetière permettent de retrouver les grands classiques de l’horreur, mais complètement revisités dans une esthétique creepy cute. Ici, le macabre devient adorable et les créatures inquiétantes donnent davantage envie de sourire que de prendre la fuite.

Le nombre important de stickers permet de prendre son temps et de s’attarder sur les nombreux petits détails. Positionner chaque élément devient une activité minutieuse et apaisante, proche des autres loisirs d’art-thérapie. Il n’est pas nécessaire de posséder des compétences particulières en dessin : le plaisir vient simplement de voir la scène se construire petit à petit.

Le format permet également de laisser une certaine place à la créativité. Même lorsqu’un univers est déjà défini, la manière de l’habiller et de disposer les éléments permet de se l’approprier. Chaque page devient ainsi un petit décor miniature que l’on prend plaisir à observer une fois terminé.

L’esthétique choisie fait évidemment beaucoup dans le charme de l’ensemble. Le contraste entre les codes traditionnels de l’horreur et la douceur des personnages fonctionne parfaitement. Fantômes, monstres et décors sombres conservent leur identité tout en entrant dans un univers beaucoup plus chaleureux et ludique.

Stick It – Creepy Cute peut donc séduire bien au-delà de la seule période d’Halloween. Le livre s’adresse autant aux amateurs de stickers qu’aux passionnés de loisirs créatifs et à ceux qui recherchent simplement une activité calme permettant de décrocher quelques instants des écrans.

Une activité créative originale, minutieuse et particulièrement plaisante, qui réussit parfaitement son mélange entre frissons et douceur. Avec ses 10 scènes et ses centaines de stickers, Ophélie Ortal transforme les grands décors de l’horreur en adorables petits univers à construire. Une jolie façon de se détendre tout en cultivant son goût pour le spooky, le cosy et le creepy cute

ASIN ‏ : ‎ B0GXC7RX2Z Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 20 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032411377

Pierre et le Loup à La Seine Musicale : Alex Vizorek réveille le classique de Prokofiev

existe des œuvres que l’on croit connaître avant même de les avoir véritablement écoutées. Pierre et le Loup appartient à cette catégorie. Depuis sa création, le conte symphonique de Sergueï Prokofiev traverse les générations avec une facilité remarquable, devenant pour beaucoup d’enfants l’une des premières portes d’entrée vers la musique classique. À La Seine Musicale, ce monument du répertoire retrouve toute sa vocation populaire et pédagogique dans une version portée par Alex Vizorek, l’Ensemble Est-Ouest et les illustrations de Karo Pauwels.

Présenté dans le cadre du Classique du Dimanche, rendez-vous imaginé pour rendre le répertoire accessible aux familles, le spectacle ne cherche pas à transformer radicalement l’œuvre de Prokofiev. Son intelligence réside plutôt dans sa manière de la remettre en mouvement, de lui offrir une dimension visuelle et théâtrale et, surtout, de rappeler qu’un concert classique destiné aux enfants n’a aucune raison d’être simpliste.

Quand l’orchestre devient un livre d’images

L’idée géniale de Pierre et le Loup demeure intacte près d’un siècle après sa composition : faire découvrir les instruments d’un orchestre sans donner l’impression d’assister à une leçon de musique.

Tout commence par une histoire d’une simplicité enfantine. Pierre quitte le jardin malgré les recommandations de son grand-père et rencontre successivement l’oiseau, le canard, le chat puis l’inquiétant loup. Mais chez Prokofiev, les véritables personnages sont autant les protagonistes du récit que les instruments chargés de leur donner une voix.

La flûte fait virevolter l’oiseau, le hautbois accompagne le canard, la clarinette se glisse dans les pas du chat, le basson impose la présence du grand-père tandis que les cors annoncent le danger représenté par le loup. Pierre, lui, appartient aux cordes.

Cette association immédiate entre une silhouette, un caractère et une couleur instrumentale constitue encore aujourd’hui une formidable initiation à l’écoute. L’enfant ne doit pas apprendre abstraitement ce qu’est un hautbois ou un basson : il découvre d’abord une personnalité, une émotion, un mouvement. L’instrument devient un personnage avant de devenir un objet de connaissance.

Et c’est probablement pour cette raison que Pierre et le Loup conserve une telle puissance pédagogique. Prokofiev ne demande jamais à son jeune public d’étudier la musique. Il lui demande simplement d’écouter une histoire.

Alex Vizorek, un narrateur idéal

Confier la narration à Alex Vizorek apporte naturellement une couleur particulière à cette nouvelle rencontre avec l’œuvre.

L’humoriste et homme de radio possède ce sens du récit qui permet de s’adresser simultanément aux enfants et aux adultes. Sa présence évite notamment l’un des principaux pièges de ce type de spectacle familial : infantiliser son public.

Ici, la narration accompagne la musique au lieu de chercher à la dominer.

Vizorek joue avec les situations, les silences et les changements d’atmosphère. Il apporte cette pointe de malice qui permet aux adultes de retrouver eux aussi le plaisir du conte. Le texte devient ainsi un lien entre la salle et l’orchestre, mais laisse régulièrement la musique reprendre ses droits.

Car dans Pierre et le Loup, raconter signifie aussi savoir se taire.

Lorsque les instruments prennent le relais, tout devient immédiatement compréhensible. La peur, l’espièglerie, la curiosité ou le danger n’ont plus besoin d’être expliqués : Prokofiev les fait entendre.

C’est là que la présence d’un narrateur habitué au rythme de la parole prend tout son sens. Alex Vizorek sait installer une situation rapidement puis laisser l’orchestre prolonger l’histoire.

Une véritable place accordée aux musiciens

Sous la direction de David Navarro-Turres, l’Ensemble Est-Ouest constitue évidemment l’autre protagoniste majeur de la représentation.

La partition réclame une grande lisibilité. Chaque intervention instrumentale doit permettre au spectateur d’identifier instantanément le personnage qui vient d’entrer dans l’histoire.

Cette précision n’empêche jamais l’interprétation d’être expressive.

Les passages les plus légers conservent leur caractère bondissant et presque joueur, tandis que l’arrivée du loup modifie radicalement l’atmosphère. Les cors introduisent alors une menace que les plus jeunes comprennent immédiatement, sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter dans les effets.

C’est toute la force de cette musique : elle raconte avant même que les mots interviennent.

L’Auditorium de La Seine Musicale se prête particulièrement bien à cette écoute. Dans un spectacle destiné en grande partie à de jeunes spectateurs, la proximité avec les musiciens est essentielle. On ne se contente pas d’entendre une mélodie : on peut progressivement comprendre d’où elle vient et observer comment plusieurs instruments construisent ensemble une histoire.

Le concert devient alors presque une démonstration grandeur nature du fonctionnement d’un orchestre.

Le dessin complète la musique

La proposition gagne une dimension supplémentaire grâce aux illustrations de Karo Pauwels, réalisées en direct.

Ce choix est particulièrement pertinent pour un spectacle destiné aux enfants à partir de cinq ans. L’image ne remplace jamais l’imagination provoquée par la musique, mais elle lui fournit un prolongement.

Les dessins apparaissent au rythme du récit et donnent progressivement corps à l’univers de Pierre.

Cette présence visuelle permet également d’éviter la monotonie que pourrait provoquer, auprès des plus jeunes, une succession trop longue de narration et de passages orchestraux. Le regard dispose lui aussi de quelque chose à suivre.

Mais le spectacle conserve suffisamment d’espace pour que chacun fabrique son propre loup, son propre jardin et sa propre forêt.

C’est un équilibre délicat. Trop d’images auraient transformé le concert en dessin animé accompagné par un orchestre. Trop peu auraient pu rendre l’expérience plus exigeante pour certains enfants découvrant pour la première fois un concert classique.

La mise en scène de Gabriel Alloing trouve ainsi un terrain intermédiaire où parole, musique et dessin peuvent dialoguer sans qu’un élément écrase les autres.

Faire découvrir le classique sans le simplifier

C’est certainement le principal mérite de ce Classique du Dimanche.

La volonté pédagogique est évidente, mais elle ne prend jamais la forme d’un cours.

Le spectacle rappelle au contraire qu’il existe une autre manière de transmettre la musique classique : provoquer d’abord une émotion et donner ensuite envie de comprendre comment cette émotion a été produite.

Un enfant retiendra peut-être que le basson correspond au grand-père. Un autre sera impressionné par les cors du loup. Certains observeront davantage les dessins. D’autres suivront simplement l’aventure de Pierre.

Peu importe finalement la porte d’entrée choisie.

Tous auront été confrontés pendant quelques dizaines de minutes à un orchestre jouant Prokofiev.

Et cette expérience n’est pas anodine.

Dans un paysage culturel où l’initiation musicale passe souvent par les écrans, permettre à de jeunes spectateurs de voir des musiciens produire devant eux les sons qu’ils entendent redonne quelque chose de concret et presque magique à la musique.

Un coup d’archet existe réellement. Le souffle dans un instrument existe réellement. Les musiciens respirent, attendent, se répondent.

Le spectacle rappelle ainsi que la musique est aussi un geste.

Un spectacle véritablement familial

L’expression « spectacle familial » est parfois utilisée un peu rapidement. Elle désigne alors une proposition destinée avant tout aux enfants, que les parents accompagnent avec plus ou moins d’enthousiasme.

Ici, la logique fonctionne davantage dans les deux sens.

Les plus jeunes découvrent une histoire immédiatement accessible tandis que les adultes peuvent apprécier l’écriture de Prokofiev, le travail de l’orchestre et la personnalité d’Alex Vizorek.

Ce double niveau de lecture est essentiel.

Il permet surtout de créer une expérience commune. Parents et enfants ne sont pas réunis dans la salle parce que les uns accompagnent les autres : ils peuvent véritablement regarder et écouter le même spectacle.

Et lorsque l’on connaît déjà Pierre et le Loup, le plaisir est différent mais tout aussi réel. On attend presque avec impatience le retour de chaque thème, comme on retrouve les personnages d’un livre longtemps après l’avoir refermé.

Un classique qui n’a rien perdu de sa modernité

On pourrait penser qu’une œuvre conçue pour initier les enfants à l’orchestre en 1936 aurait fini par prendre la poussière.

C’est exactement l’inverse.

Pierre et le Loup possède une construction étonnamment moderne. Chaque personnage bénéficie de son propre motif musical, comme les grands personnages de cinéma possèdent aujourd’hui leur thème. Quelques notes suffisent pour annoncer une présence avant même que le personnage n’apparaisse.

Prokofiev avait compris quelque chose de fondamental : notre mémoire associe très facilement une mélodie à une image et à une émotion.

C’est précisément ce mécanisme que cette version met en valeur.

La musique devient langage.

Un enfant qui ne connaît ni le nom d’une clarinette ni celui d’un basson peut parfaitement comprendre ce que ces instruments racontent. Quelques minutes plus tard, il commence pourtant à les reconnaître.

La pédagogie s’est faite presque clandestinement.

Une belle porte d’entrée vers l’orchestre

Avec cette version de Pierre et le Loup, Le Classique du Dimanche réussit avant tout à créer un premier contact chaleureux avec la musique classique.

Alex Vizorek apporte l’humour et la proximité nécessaires au récit, Karo Pauwels lui offre une traduction visuelle tandis que David Navarro-Turres et l’Ensemble Est-Ouest replacent constamment la musique au centre du spectacle.

La réussite tient précisément à cette complémentarité.

Personne ne cherche à moderniser artificiellement Prokofiev. Personne ne semble considérer que la musique classique serait trop compliquée pour être présentée telle quelle aux enfants.

Au contraire, le spectacle fait confiance à leur capacité d’écoute.

Et c’est sans doute sa plus belle qualité.

On entre dans l’Auditorium pour suivre Pierre, son grand-père, un oiseau, un canard, un chat et un loup. On en ressort en ayant, presque sans s’en rendre compte, appris à écouter différemment un orchestre.

Pour certains jeunes spectateurs, ce dimanche à La Seine Musicale aura peut-être simplement été une jolie sortie en famille.

Pour d’autres, il pourrait bien rester le souvenir de leur tout premier concert classique.

Et il est difficile d’imaginer meilleur compagnon que Pierre et le Loup pour commencer l’aventure.

Toute une année avec Jamy de Jamy Gourmaud

Tout nouveau, tout beau, 365 jours de savoirs !

Jamy Gourmaud poursuit sa mission favorite : rendre le savoir accessible, vivant et surtout agréable à découvrir. Avec Toute une année avec Jamy, il propose un nouvel almanach pensé comme un rendez-vous quotidien avec la curiosité, à parcourir dans l’ordre ou simplement à ouvrir au hasard.

Le principe est aussi simple qu’efficace : 365 jours pour explorer le monde à travers une multitude de questions. Sciences, histoire, nature, société, culture ou phénomènes du quotidien se côtoient au fil des pages. Certaines interrogations nous ont probablement déjà traversé l’esprit, tandis que d’autres donnent immédiatement envie de connaître une réponse à une question que l’on ne s’était encore jamais posée.

Avec plus de 1 400 sujets et 1 500 photographies, l’ouvrage impressionne par la quantité d’informations proposées sans pour autant donner la sensation d’un manuel scolaire. C’est précisément là que l’on retrouve la méthode de Jamy Gourmaud : partir d’une question simple, expliquer clairement et donner envie d’aller un peu plus loin.

La force de cet almanach réside dans son caractère très accessible. Il n’est pas nécessaire de consacrer une heure à chaque sujet. Quelques minutes suffisent pour apprendre quelque chose, comprendre un phénomène ou découvrir une anecdote étonnante. Le savoir devient ainsi quelque chose que l’on picore quotidiennement plutôt qu’une accumulation de connaissances à mémoriser.

La nouvelle mise en page participe pleinement à cette volonté. Photographies, informations et anecdotes permettent de circuler facilement dans les pages et favorisent une lecture spontanée. On vient chercher une réponse et l’on se surprend rapidement à en lire plusieurs autres.

Les anecdotes insolites apportent également cette touche de légèreté indispensable. Jamy Gourmaud conserve son goût pour les exemples concrets, les rapprochements inattendus et cette manière de transmettre sans donner l’impression de faire la leçon. Sa bonne humeur et sa pédagogie restent au cœur du projet.

L’autre nouveauté intéressante vient des douze personnalités invitées à raconter leur parcours et leur rapport au savoir. Ces témoignages rappellent que la connaissance n’est pas réservée à une seule discipline ni à un type particulier de parcours. Sciences, arts, exploration ou autres domaines peuvent tous naître d’une même qualité : la curiosité.

L’ouvrage fonctionne ainsi aussi bien comme lecture familiale que comme livre dans lequel revenir régulièrement. Enfants, adolescents et adultes peuvent y trouver des informations adaptées à leurs centres d’intérêt, mais également découvrir des domaines vers lesquels ils ne seraient pas spontanément allés.

C’est finalement cette curiosité que Toute une année avec Jamy célèbre avant tout. Apprendre commence souvent par une question toute simple : pourquoi ? Et il suffit parfois d’une réponse claire et amusante pour donner envie d’en poser dix autres.

Un almanach généreux, richement illustré et particulièrement accessible, qui transforme chaque journée en occasion d’apprendre quelque chose. Jamy Gourmaud conserve cette capacité précieuse à expliquer sans compliquer et à transmettre sans ennuyer. Un ouvrage à laisser à portée de main pour apprendre, s’étonner et comprendre un peu mieux le monde, 365 jours par an.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095066138 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095066130

L’Odyssée d’après Homère – Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment ! Dès 10 ans de Chiara Pastorini (Rédacteur), Marion Chancerel (Dessins)

Le retour d’Ulysse : ce que le mythe nous raconte vraiment !

Chiara Pastorini et Marion Chancerel proposent aux jeunes lecteurs de redécouvrir l’un des récits fondateurs de notre imaginaire : le retour d’Ulysse après la guerre de Troie. Mais plutôt que de simplement raconter les célèbres aventures du héros grec, l’ouvrage cherche à comprendre ce que ces épisodes continuent de nous dire aujourd’hui.

Car L’Odyssée ne se résume pas aux Cyclopes, aux sirènes ou aux créatures extraordinaires rencontrées au cours du voyage. Derrière ces aventures se cache d’abord l’histoire d’un homme qui tente désespérément de rentrer chez lui. Ulysse traverse les mers, affronte les dangers et résiste aux tentations avec un objectif qui paraît très simple : retrouver Ithaque et ceux qu’il aime.

Cette approche permet de rendre le mythe particulièrement accessible dès 10 ans. Les grandes étapes du voyage deviennent autant d’occasions d’interroger les émotions et les choix du héros. La peur, le courage, la curiosité, la fidélité, la ruse ou encore le désir de retrouver sa place sont des expériences qui dépassent largement le cadre de la mythologie grecque.

Chiara Pastorini invite ainsi les lecteurs à ne pas considérer les mythes comme de vieilles histoires figées dans le passé. Si nous continuons à raconter l’aventure d’Ulysse plusieurs milliers d’années plus tard, c’est précisément parce que ses interrogations restent profondément humaines. Que signifie rentrer chez soi après avoir changé ? Peut-on retrouver exactement la vie que l’on a quittée ? Comment résister lorsque quelque chose nous détourne de notre objectif ?

Ulysse lui-même devient alors un personnage plus complexe que l’image traditionnelle du héros victorieux. Son intelligence et sa célèbre ruse lui permettent de surmonter de nombreux obstacles, mais son voyage est aussi fait d’erreurs, de pertes et de décisions difficiles. Le héros mythologique se rapproche ainsi du lecteur en révélant ses fragilités.

Les dessins de Marion Chancerel accompagnent cette découverte en donnant une présence visuelle aux personnages et aux grandes étapes du périple. L’illustration permet notamment de rendre plus immédiat un récit dont l’ancienneté pourrait autrement impressionner certains jeunes lecteurs.

L’intérêt de l’ouvrage réside surtout dans ce dialogue entre récit et réflexion. Il ne s’agit pas uniquement de savoir ce qui arrive à Ulysse, mais de se demander pourquoi cette histoire nous touche encore et ce qu’elle peut nous apprendre sur nous-mêmes. La mythologie devient alors un formidable terrain pour apprendre à questionner le monde.

Cette relecture rappelle enfin que le véritable enjeu de l’Odyssée est peut-être moins le voyage que le retour. Après toutes les épreuves traversées, Ulysse doit encore retrouver sa famille, son royaume et sa propre identité. Revenir chez soi ne signifie pas nécessairement revenir exactement comme on était parti.

Un ouvrage accessible et intelligent qui permet aux jeunes lecteurs de découvrir L’Odyssée tout en allant au-delà de ses monstres et de ses aventures les plus célèbres. Chiara Pastorini et Marion Chancerel montrent avec pédagogie que les grands mythes restent vivants lorsqu’ils nous permettent encore de réfléchir à nos peurs, nos choix, nos désirs et à cette étrange aventure qu’est le fait de grandir et de trouver sa place.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095049942 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095049942

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable: Tome 2 de Jeff Kinney

Munissez-vous d’une lampe de poche, cachez-vous sous les couvertures et plongez dans l’imagination débordante – et délirante – de Robert Jefferson !

Jeff Kinney retrouve Robert Jefferson pour un deuxième tome qui plonge cette fois pleinement dans les histoires qui font peur… ou du moins qui essaient de faire peur. Car lorsque le narrateur est lui-même probablement le garçon le plus peureux du monde, raconter des récits terrifiants devient forcément une aventure en soi.

Araignées, vampires, fantômes et autres créatures inquiétantes composent le programme de ce nouveau recueil. Tous les ingrédients classiques de l’horreur sont présents, mais ils passent par l’imagination particulièrement débordante de Robert. Le résultat oscille constamment entre petit frisson et énorme éclat de rire.

C’est précisément ce décalage qui fait fonctionner l’ensemble. Jeff Kinney reprend les codes des histoires horrifiques pour mieux les détourner. Une situation inquiétante peut rapidement devenir absurde, un monstre terrifiant perdre toute crédibilité et une catastrophe prendre une tournure totalement inattendue.

Robert constitue évidemment le narrateur idéal pour ce genre d’exercice. Son imagination semble sans limites, mais son courage beaucoup moins. Il veut provoquer la peur chez ses lecteurs alors qu’il est lui-même susceptible d’être effrayé par ce qu’il raconte. Cette contradiction nourrit une grande partie de l’humour du livre et donne aux histoires leur personnalité.

La construction en plusieurs récits permet également de varier les situations et les créatures. Chaque nouvelle histoire devient une surprise, avec son propre univers et sa manière de jouer avec les codes du fantastique et de l’épouvante. Le lecteur peut ainsi passer d’un vampire à une araignée ou à un fantôme sans jamais savoir exactement comment Robert va réussir à compliquer les choses.

Comme toujours dans l’univers de Jeff Kinney, texte et dessin fonctionnent ensemble pour provoquer le rire. Les illustrations prolongent les gags, accentuent les réactions des personnages et rendent les créatures davantage amusantes qu’effrayantes. Cette mise en scène très visuelle rend la lecture particulièrement accessible et dynamique.

Sous les monstres et les fantômes se dessine également une jolie manière d’apprivoiser la peur. Les enfants peuvent jouer à se faire peur dans un cadre volontairement rassurant, où l’humour finit presque toujours par reprendre le dessus. Les créatures les plus inquiétantes deviennent alors beaucoup moins impressionnantes lorsqu’on apprend à rire avec elles.

Le livre célèbre surtout le plaisir d’inventer et de raconter. Robert transforme ses peurs en histoires, quitte à se laisser lui-même emporter par son imagination. Raconter ce qui nous effraie devient finalement une manière de reprendre le contrôle sur nos propres monstres.

Les Terrifiantes Histoires d’un copain formidable réussit ainsi à proposer des frissons parfaitement adaptés aux jeunes lecteurs sans abandonner l’humour qui caractérise l’univers de Jeff Kinney.

Un deuxième tome drôle et délicieusement effrayant, idéal pour celles et ceux qui aiment avoir la chair de poule sans renoncer à rire. Entre vampires, fantômes, araignées et imagination déchaînée, Robert Jefferson prouve que les meilleures histoires d’horreur sont parfois celles dont le narrateur a encore plus peur que ses lecteurs.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNVL5HF Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522884

Sept fois dimanche de Anne-Claire Lévêque (Auteur), Nicolas Zouliamis (Illustrations)

Le royaume d’Ici ne ressemble à aucun autre : il est dirigé par sept rois ! Mais ces sept-là ne se supportent pas.

Anne-Claire Lévêque imagine un royaume délicieusement absurde où les sept jours de la semaine deviennent sept rois aux caractères bien différents. Une idée simple et immédiatement accessible aux enfants, qui permet de jouer avec notre rapport au temps tout en racontant une histoire sur l’équilibre et la nécessité d’apprendre à vivre ensemble.

Au royaume d’Ici, impossible pour les sept souverains de régner simultanément tant ils se supportent difficilement. Une solution a donc été trouvée : chacun dispose du trône pendant exactement vingt-quatre heures. Lundi est fonceur et un peu brusque, Mardi sérieux, Mercredi joueur, Jeudi parfaitement organisé, Vendredi rêveur, Samedi amateur de fête et Dimanche champion du repos.

Cette galerie de personnages donne au calendrier une dimension particulièrement amusante. Chaque journée possède soudain une personnalité, comme si les sensations que nous associons aux différents moments de la semaine prenaient vie sous les traits de souverains hauts en couleur.

Tout fonctionne jusqu’au jour où Dimanche décide qu’il est finalement très bien installé sur le trône. Pourquoi rendre sa couronne alors que tout le monde apprécie les siestes, le calme et le farniente ? Le royaume entre alors dans une période qui pourrait sembler idéale : désormais, tous les jours seront des dimanches.

Au début, évidemment, personne ne s’en plaint. Plus d’obligations, davantage de repos et tout le temps nécessaire pour rêver. Mais le plaisir perd progressivement de sa saveur lorsqu’il devient permanent. Sans contraste, même le dimanche finit par devenir ennuyeux.

C’est là que l’album dépasse son amusant principe de départ. Anne-Claire Lévêque montre aux jeunes lecteurs que chaque moment possède son utilité. Le repos est précieux parce qu’il alterne avec l’activité, tout comme la fête n’aurait probablement pas la même saveur si elle durait continuellement.

La révolte contre Dimanche introduit également une réflexion très accessible sur le pouvoir. Même lorsqu’un dirigeant pense savoir ce qui rendra tout le monde heureux, il ne peut décider éternellement à la place des autres. Les habitants du royaume finissent donc par faire entendre leur voix et rappeler qu’une communauté fonctionne lorsque chacun accepte de laisser une place aux autres.

Les illustrations de Nicolas Zouliamis accompagnent parfaitement cette fantaisie. Les sept souverains possèdent chacun une identité immédiatement reconnaissable et l’univers du royaume permet de multiplier les détails amusants. Le dessin renforce ainsi le caractère presque théâtral de cette étrange semaine royale.

Derrière son humour, Sept fois dimanche parle finalement de rythme, de partage et de complémentarité. Il faut des lundis pour que les dimanches restent désirables, des moments pour travailler, d’autres pour jouer, rêver ou simplement ne rien faire.

Un album jeunesse inventif et plein d’humour qui transforme les jours de la semaine en personnages pour mieux raconter l’importance de l’équilibre. Anne-Claire Lévêque et Nicolas Zouliamis rappellent avec malice que vivre ensemble signifie aussi accepter que chacun ait son moment – et que même le meilleur des dimanches perdrait tout son charme s’il ne finissait jamais.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNWJGJ9 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 11 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522525