Le Seigneur des anneaux : tout ce qu’il faut savoir sur la série Amazon

Casting, date et lieu de tournage, scénario… On fait le point sur toutes les informations dont on dispose pour le moment sur la série « Le Seigneur des anneaux » commandée par Amazon Prime.

5 SAISONS AU TOTAL !

Officialisée en novembre 2017, la série commandée pour la plate-forme Amazon Prime et adaptée du gigantesque univers créé par J.R.R. Tolkien s’est rapidement vue attacher un nombre précis de saisons. Elles seront donc au nombre de 5, sans compter d’éventuels spin-off, ce qui donne déjà une idée relativement précise de l’ampleur du projet… Alors qu’une rumeur évoque un total de 20 épisodes pour la première saison, la seconde a d’ores et déjà été commandée par Amazon avant même le début du tournage. Probablement une manière d’anticiper le succès très probable de la série et de permettre aux scénaristes de s’atteler rapidement à la suite de l’intrigue pour ne pas trop faire attendre les fans.

LA SÉRIE LA PLUS CHÈRE DE TOUS LES TEMPS ?

Une série de 5 saisons située dans un univers aussi vaste et aussi riche que celui de Tolkien, ça représente forcément un budget colossal, on s’en doute un peu. Rien d’officiel pour le moment, mais les informations relayées par le Hollywood Reporter en avril 2018 évoquaient déjà des chiffres avoisinant le milliard de dollars. Une telle somme, si toutefois elle était atteinte, confèrerait immédiatement au Seigneur des anneaux le titre de… série la plus chère de tous les temps !

UNE INTRIGUE SITUÉE DURANT LE SECOND ÂGE

Après avoir teasé son annonce via une carte de la Terre du Milieu dévoilée au compte-gouttes sur Twitter, Amazon Prime a finalement officialisé l’époque de sa série en mars dernier. Le Seigneur des anneaux se situera donc durant le Second Âge, soit au moins 3 000 ans avant les événements décrits dans la trilogie de Peter Jackson. Si cette indication permet d’y voir un tout petit plus clair quant au projet, elle n’est pas encore suffisante pour déterminer avec certitude de quoi parlera exactement la série. Le Second Âge s’étend en effet sur environ 3 500 ans, et regorge d’événements majeurs. On peut toutefois supposer que la création des Anneaux de Pouvoirs, la guerre entre Sauron et les Peuples Libres, et surtout la chute de Numenor, seront au coeur de l’intrigue.

 
LES ORIGINES D’ARAGORN ?

Avant que la série ne soit officiellement située dans le Second Âge, c’était LA rumeur qui courait sur les forums. Le projet d’Amazon Prime ne sera donc pas un prequel centré sur les jeunes années d’Aragorn lui-même, mais pourrait malgré tout explorer les origines de sa lignée. En effet, les souverains de l’Île de Numenor ainsi qu’Elendil et Isildur (c’est-à-dire les ancêtres d’Aragorn) sont tout à fait susceptibles de figurer au casting de la future série.

LE RETOUR DE GANDALF ?

Pour le moment, rien ne permet vraiment de compter sur sa présence dans la série Amazon. Pourtant, il n’est absolument pas exclu que le vieux magicien revienne arpenter les chemins de la Terre du Milieu quelques milliers d’années avant la trilogie de Peter Jackson. En tout cas, ce n’est pas du tout incompatible avec la longévité du personnage. Et ce n’est pas son interprète original, Ian McKellen, qui s’y opposera. Ainsi qu’il le déclarait au micro de BBC Radio 2 en décembre 2017 : « Qu’est-ce que vous voulez dire, un autre Gandalf ? Je n’ai pas dit oui parce qu’on ne m’a rien demandé, mais suggérez-vous que quelqu’un d’autre va le jouer ? Gandalf a plus de 7000 ans, donc je ne suis pas trop vieux. »

PETER JACKSON CONSULTANT

Après moult déclarations contradictoires annonçant son implication ou la démentant, il semblerait finalement que le réalisateur de la trilogie originale repose un orteil en Terre du Milieu à l’occasion de la série. En qualité d’expert, et étant donné sa connaissance de l’oeuvre de Tolkien, il pourrait en effet tenir un petit rôle de consultant auprès des scénaristes, ainsi qu’il le déclarait au site Metro en décembre dernier : « Je pense qu’ils vont nous envoyer quelques scripts pour voir si on peut les aider. Je leur souhaite le meilleur. Si on peut les aider, on essaiera sans doute. C’est un travail énorme. » 

Autre recrue de prestige, l’illustrateur et concepteur artistique John Howe qui officiait déjà sur l’univers visuel de la trilogie cinématographique et dont les travaux remarquables sont bien connus des fans, sera également de retour pour mettre ses pinceaux au service de la série Amazon.

 

J’ai maté pour toi Guns Akimbo (avec Daniel Radcliffe qui pète un plomb)

Guns Akimbo, un film totalement barré avec un Daniel Radcliffe hors de contrôle ! Alors, ça valait le coup ?

J’ai maté pour toi Guns Akimbo (avec Daniel Radcliffe qui pète un plomb)

En mai 2018, une image a fait surface sur Internet et elle est devenue un mème à vitesse grand V.

En même temps, il faut le dire, son potentiel était incroyable : Daniel Radcliffe, en slip et robe de chambre, des chaussons-pattes-d’ours aux pieds, l’air totalement dézingué, un flingue dans chaque main !

Le contexte a fini par être posé : Daniel Radcliffe tournait Guns Akimbo, un film totalement barré qui sort sur Prime Video ce 23 mars 2020.

 

Pour te résumer le pitch, Daniel Radcliffe incarne Miles, un loser, développeur dans une boîte qui fait des jeux vidéo nuls sur mobile.

Il n’arrive pas à reconquérir son ex, boit trop de bières, traîne en pyjama dès qu’il peut et se fait rouler dessus par le monde entier, de son boss à un passant qui l’insulte tranquillement.

Miles n’a qu’une seule passion, troller les trolls d’Internet, insulter ceux qui insultent, bref, se dresser comme un chevalier blanc face aux misogynes, racistes et haters en tous genres.

Notamment les fans de Skizm, une organisation illégale qui streame un concept hyper-violent : des combats à mort entre gens flingués du cerveau, suivis par des centaines de milliers d’internautes.

Sauf qu’un jour, Miles insulte la mauvaise personne sur le chat de Skizm. À savoir le patron lui-même… Qui s’introduit chez lui, l’assomme, lui visse des flingues aux mains et le force à participer à Skizm !

En clair, il a 24h pour tuer la gagnante actuelle du « jeu », la très dangereuse Nix, qui va elle aussi essayer de le buter.

S’il va voir la police, il meurt. S’il quitte la ville, il meurt. Et s’il reste terré chez lui… eh bien Nix l’y trouvera.

Commence alors le plus dangereux des jeux du chat et de la souris, streamé par des caméras montées sur drones et suivi par un public assoiffé de sang.

Guns Akimbo avec Daniel Radcliffe, ça donne quoi ?

Alors. C’est là où ça devient délicat.

Est-ce que Guns Akimbo est un BON film ? C’est dur à dire !

Par plein d’aspects, il est étrange : la direction artistique est quelque part entre Suicide Squad et un clip de néo-métal de 2009, la bande-son est très peu subtile, le scénario tient sur un mouchoir de poche, la violence est omniprésente…

Et en même temps, j’ai TELLEMENT passé un bon moment devant Guns Akimbo

Oui c’est un peu crétin, oui c’est un film WTF avec un budget pas énorme, oui il y a un peu trop de sang pour certaines sensibilités, mais bordel, j’ai ri et je me suis vidé la tête.

Daniel Radcliffe, dont la carrière post-Harry Potter est un délice à suivre, est visiblement en train de s’éclater dans ce rôle, et sa joie est communicative.

Samara Weaving, qui joue Nix, livre une performance franchement honnête et s’offre même le luxe d’être parfois touchante quand elle révèle son passé tortueux.

Si tu aimes les films d’action qui se donnent à fond, les méchant sapés comme des personnages de jeu vidéo, les bastons et surtout voir Daniel Radcliffe tout donner dans un rôle absurde, fonce sur Guns Akimbo !

Il débarque sur Prime Video ce 23 mars.

Validé sur Canal+ : que pense la presse de la série de Frank Gastambide ?

Porté par Franck Gastambide, la série suit l’ascension fulgurante d’un jeune rappeur validé par le milieu, bien vite rattrapé par les luttes intestines d’un univers dont il ne maîtrise pas les codes. A-t-elle convaincu la critique ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

 Un jeune rappeur talentueux, épaulé par ses deux amis d’enfance, se retrouve du jour au lendemain « validé » par une des stars du milieu. Seulement, cette alliance se transforme rapidement en une dangereuse rivalité…

Validé, créée par Franck Gastambide, Charles Van Tieghem et Xavier Lacaille

Avec Hatik, Saïdou Camara, Brahim Bouhlel, Sabrina Ouazani…

10 X 26 minutes – disponible en SVOD sur myCanal et Canal+ Séries

A quoi ça ressemble ?
Validé - saison 1 Bande-annonce VF

QU’EN PENSE LA PRESSE ?

Selon Première :

« Complètement ancrée dans la réalité, dynamique et sans concessions, bourrée de caméos prestigieux et de références à l’actualité, elle est bien partie pour s’imposer comme le Dix pour cent du rap. Une étiquette que Franck Gastambide, son créateur, ne renie pas même s’il préfère citer la série américaine Entourage comme modèle. » 4/5

Selon le Monde :

« Si les auteurs de De l’encre réglaient leurs comptes avec l’industrie musicale, ceux de Validé – Franck Gastambide, Charles Van Tieghem, Xavier Lacaille et Nicolas Laquerrière – ont scénarisé leur série avec le concours de cette même industrie (…) Les auteurs ont pourtant réussi le tour de force de ne pas être complaisants avec ce milieu qui tend d’innombrables pièges aux jeunes rappeurs, les enferment dans des postures violentes et les obligent à se surpasser pour se sortir de situations les plus improbables. » 4/5

Selon Les Inrockuptibles :

« Si Validé n’est pas aussi woke qu’une Dix pour cent, elle a néanmoins le mérite de s’extraire du cocon bourgeois dans lequel s’écrit cette dernière pour mettre en lumière des questions trop souvent ignorées dans les séries consacrées au milieu artistique : fracture sociale entre Paris et sa banlieue, fossé culturel difficilement surmontable et préjugés solidement enracinés. Et au terme de son dixième et dernier épisode incroyablement tendu, force est de constater que l’énergie et l’ambition du projet font oublier ses quelques défauts qui disparaîtront, on l’espère, dans la deuxième saison d’ores et déjà commandée. »  3,5/5

Selon Libération :

« Autour de la rivalité de deux rappeurs, la fiction de Franck Gastambide joue avec les clichés d’un milieu que les exagérations verbales et les postures avantageuses n’effrayent pas. La flambe, le poids du quartier, les clashs d’ego, tout y est, et plutôt bien. » 3,5/5

Selon Télérama :

« Après Pattaya et Taxi 5, l’acteur, réalisateur et scénariste Franck Gastambide signe Validé : la toute première série consacrée au rap français. Une riche idée sur le papier… hélas noyée sous une cascade de clichés, malgré un casting en or massif, une bande-son percutante et la naissance d’une star du genre. » 2,5/5

Selon Ouest France :

« Sur le premier plan, le pari est réussi. Car Franck Gastambide a rassemblé un casting de premier choix qui connaît le milieu (…) Un univers impitoyable où la drogue, les armes et les magouilles business en tout genre seraient omniprésents si l’on se fie à cette série. Une réalité il y a quelques années, mais beaucoup plus nuancée en 2020. Si Validé avait vocation à toucher le grand public, c’est raté. » 2,5/5

Adults in the Room / De Costa-Gavras Avec Christos Loulis, Alexandros Bourdoumis, Ulrich Tukur

Après 7 années de crise le pays est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit.

Achat : https://www.filmotv.fr/film/adults-in-the-room/17346.html

Chronique :  « Adults in the Room », en partant de l’histoire et de l’état de la Grèce en 2015, est un film véritablement passionnant et palpitant sur les dessous de la « Politique et de la Finance » ! Costa Gavras a réussi un exploit en faisant de ces fameuses élections et du gouvernement qui en a découlé, une histoire haletante dont les rebondissements incroyables et son déroulement-même, sont un vrai enseignement sur l’Europe d’aujourd’hui ! On est simplement fasciné d’assister avec Yanis Varoufakis, aux réunions de cet Eurogroupe dont les différents ministres des finances de chacun des pays européens tirent les ficelles, en banquiers implacables et insatiables qu’ils sont ! Une vraie révélation à la manière d’un thriller, mené de main de maître par un réalisateur de 86 ans… Chapeau ! Unique à découvrir, même si l’on connaît forcément le dessous des cartes et que l’on sait déjà le fin mot de l’histoire… Pour incarner le charismatique Yanis Varoufakis, l’acteur Christos Loulis est simplement fabuleux d’énergie et de conviction ! On reste médusé par les avancées, et fatalement plus souvent par les reculs encaissés par ce ministre dans sa détermination à défendre les intérêts de son pays et par là-même de son peuple qui lui n’aspire juste qu’à une vie meilleure. Toute cette lutte pour refuser ou aménager le remboursement de cette dette, est décrite à la perfection, à travers une peinture édifiante d’un monde de profit, de rendement prêt à broyer de l’humain à tour de bras, au point de ne pas avoir le droit essentiel d’exister ! Tout l’aspect social et humain d’un peuple en souffrance est gommé, effacé brutalement et rapidement d’un geste sans concession, sans compassion, juste à cause d’une dette qui doit être remboursée coûte que coûte, au risque d’enfoncer encore davantage ce pays ! L’enchaînement des événements vécus par ce ministre et à fortiori par son peuple, fait preuve d’une démonstration ici limpide et machiavélique, dont l’Europe et son fonctionnement hyper capitaliste en sont la cause et le fondement même. Une situation pourtant plus qu’alarmante, dont les répercussions guettent bon nombre d’entre nous, et qui devraient nous amener à réfléchir même pour les cadres moyens en nette perte de pouvoir d’achat… Alors n’ayant rien à perdre, on se demande encore ce qu’attendent toutes ces populations humiliées et bafouées par cette économie capitaliste à outrance, pour battre le pavé dans la rue par millions, et ainsi reprendre définitivement les rennes de leur destin en main et enfin vivre décemment plutôt que survivre ! Qu’on se le dise.

Note : 9 / 10

Bande-annonce

 

Donnybrook / De Tim Sutton Avec Jamie Bell, Frank Grillo, Margaret Qualley

Ex-marine, Jarhead est un père désespéré. Non seulement il est prêt à tout pour nourrir ses enfants, mais c’est aussi un combattant redoutable.

VOD : https://www.filmotv.fr/film/donnybrook/17181.html

Chronique : Surtout connu comme le gamin d’une ville minière anglaise qui voulait danser, Jamie Bell, la star de « Billy Elliot », est devenue robuste avec l’âge. Dans le sombre film Donnybrook du réalisateur Tim Sutton , il incarne Jarhead Earl, un ancien Marine américain coincé dans des circonstances économiques relativement sombres. Dix-huit longues années ont rendu difficiles les traits autrefois angéliques de l’acteur. Disparaissant dans le rôle, au lieu de rayonner d’espoir et de possibilité, son visage révèle un homme qui a vu le fond du rocher. C’est un combattant dans le sens le plus littéral – un pugiliste scrappy et légèrement coulant qui ne connaît pas d’autre moyen d’échapper à son existence de parc de roulottes que d’affronter les voyous les plus dangereux du comté dans le match à mort qui donne ce thriller obsédant à combustion lente son nom.

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En fait, le Donnybrook pourrait être un match à mort. Même à la fin du film, on ne peut pas être trop sûr de ce qu’est le secret bien gardé, bien que la simple mention inspire le respect dans le coin ravagé par les opioïdes d’Amérique où le film se déroule. Le Donnybrook est une sorte de club de combat à la poubelle blanc – caché quelque part hors de la grille et dirigé par des hommes qui ressemblent à un croisement noueux entre les néonazis et les Hell’s Angels – où un buy-in à gros enjeux gagne des gens désespérés un pot de 100 000 $. De son apparence, c’est tuer ou être tué une fois que vous entrez dans le ring. C’est certain: Jarhead Earl prévoit de gagner ou de mourir en essayant, comme un furet qui mord fort jusqu’à ce que son cœur cesse de battre, ou un féroce Jack Russell terrier face à un adversaire beaucoup plus grand.

Pour Sutton – dont le film précédent, «Dark Night», inspiré du tournage mégaplex d’Aurora de 2012, a fait une déclaration austère sur la violence armée – «Donnybrook» marque une avancée majeure en termes d’ambition et de style, méritant la distinction d’ouvrir le Festival du film de Toronto section de la plateforme compétitive. Au lieu de s’en tenir à l’ambiance raréfiée de ses projets précédents, Sutton emprunte la route des films de genre granuleux, enveloppant ses préoccupations concernant la masculinité frustrée américaine dans le manteau lisse et existentiel d’un thriller de style frères Coen (d’autres se souviendront du style plus nihiliste du réalisateur de « Green Room » Jeremy Saulnier).

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Depuis le monologue d’ouverture, prononcé par un ermite grisonnant de Backwoods qui transporte Jarhead Earl vers le Donnybrook, le script de Sutton sonne comme «No Country for Old Men» – ou plus exactement, comme le genre de portrait élégiaque et noir charbon de l’Amérique sans issue. que Cormac McCarthy a colporté toutes ces années. (Il n’est pas surprenant que Frank Bill, dont le roman « Donnybrook » est basé, fasse de fréquentes comparaisons avec l’écrivain occidental.) « Le monde a changé. Des criminels qui gèrent tout », dit le codeur, sa voix comme une souche d’arbre traînée sur du béton alors qu’il dirige Jarhead Earl vers le redneck River Styx. «Revient à un homme sachant ce qu’il peut faire. C’est comme ça que vous vous battez – c’est tout ce qui compte. »

Sutton utilise la musique de manière non conventionnelle, pas autant comme une partition qu’une explosion d’énergie brute qui attire l’attention, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un drame ordinaire. Il s’agit plutôt d’une saga criminelle dur (les personnages de boxe tragiques sont si communs dans la fiction pulpaire que Quentin Tarantino en a écrit une dans « Pulp Fiction »), le genre où la moitié des personnages établis dans le premier acte sont destinés à être abattus, poignardés , étouffé ou brûlé à mort. Un seul de ces cadavres pourrait raisonnablement être reconnaissant de sa sortie après que la mauvaise nouvelle, la femme fatale Dalia (Margaret Qualley), ait été forcée de lui donner une «fin heureuse» troublante pour nous / avilissante.

Les combats, en ce qui concerne Jarhead Earl, sont «la seule chose à faire pour des gens comme nous». Et donc il attrape un fusil de chasse et vole le prêteur sur gages local, volant juste assez pour couvrir ses frais d’entrée. Bizarrement, lorsque le caissier au nez cassé appelle les flics, le shérif Donny Whalen (James Badge Dale) lui demande instamment de ne pas porter plainte. Il a de vrais criminels à attraper – comme un trafiquant de drogue sociopathique nommé Chainsaw Angus (Frank Grillo), une machine à tuer complètement amorale qui est la version de ce film d’Anton Chigurh de Javier Bardem dans «No Country».

Grillo est l’un de ces acteurs de personnages d’armes secrètes que les cinéastes ne font que découvrir comment déployer correctement, et ici, Sutton est peut-être plus proche que quiconque de maximiser ce potentiel. Il est comme un homme de tête qui a mal tourné: grisonnant, ciselé et Jon Hamm beau, avec une séquence sadique à la place de cette étincelle malicieuse. Il est présenté comme le crétin qui vend des opioïdes à la femme de Jarhead Earl (Dara Tiller, qui n’a pas grand-chose d’autre à faire que d’avoir l’air épuisé ou inquiet), trouvant trop facile de battre son mari en colère lors de leur première confrontation – pas un début prometteur pour Jarhead Earl, qui compte sur ses poings pour gagner de l’argent.

Au fur et à mesure que le film avance, alternant entre ces deux personnages ultra-machos alors que leurs chemins se séparent et finalement se réunissent, le statut mythique d’Angus se profile de plus en plus intimidant, rendu doublement sinistre par la dynamique inconvenante qu’il a avec sa sœur Dalia (entrevue dans le premier ferry- scène de bateau avec Jarhead Earl, qui taquine la possibilité de rebondissements à venir). Bell peut être l’anti-héros tragique du film, humanisé quelque peu par ses interactions avec son fils Moses (Alex Washburn), mais à bien des égards, le personnage de Qualley est l’âme du film: quelqu’un qui vient de circonstances brisées et a grandi sans boussole morale et sans rôle approprié modèle. En l’occurrence, Dalia s’est également battue en elle, accompagnant Jarhead Earl lors de la dernière étape de son voyage vers le Donnybrook.

Cela nous ramène à la question de ce qu’il est exactement, ce sinistre Donnybrook – cet endroit entrevu de manière abstraite dans le plan d’ouverture et représenté tout au long par les co-compositeurs Phil Mossman et Jens Bjørnkjaer. Pour toute l’accumulation, la finale est anticlimatique, précipitée et pas aussi cauchemardesque que les 90 minutes précédentes. Il ne peut aller que de deux façons, et il va de l’une de ces façons. Il s’avère que le titre fait également référence à la première bataille de Bull Run, qui établit une coda inutile pour le poème épique décourageant qui a précédé, permettant à Sutton d’offrir un résumé ordonné de son requiem pour le rêve américain.

Note : 9/10

UN FILM DE TIM SUTTON
AVEC
JAMIE BELL (Billy Elliot, Snowpiercer – Le Transperceneige, Skin…)
FRANK GRILLO (Le Territoire des loups, La saga American Nightmare, La saga Captain America…)
MARGARET QUALLEY (Once Upon a Time… In Hollywood, The Leftovers…)

La Plateforme sur Netflix : que comprendre de la fin ?

Disponible sur Netflix ce 20 mars, La Plateforme est un thriller espagnol fantastique et angoissant qui pose beaucoup de questions. Alors que comprendre de la fin du film ?

Attention, spoilers. Les paragraphes suivants révèlent des éléments d’intrigue du film La Plateforme. Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

Après avoir fait sensation au TIFF (Toronto Internation Film Festival) en 2019, La Plateforme (El Hoyo, en espagnol), de Galder Gaztelu-Urrutia est disponible sur Netflix ce 20 mars. Entre Cube et Snowpiercer, le film nous plonge dans une sombre prison-tour, appelé « La Fosse », traversée en son centre par une dalle transportant des plats d’exception préparés par des chefs cuisiniers et descendant d’étage en étage pour nourrir les détenus. Ce système favorise les premiers servis et affame les derniers. Chaque prisonnier a le droit de prendre un objet pour sa détention et a 2 minutes pour manger ce qu’il peut sur la plateforme mais ne peut conserver aucune nourriture dans sa cellule qu’il partage avec un autre détenu.

Dans La Plateforme, on suit l’histoire de Goreng (Iván Massagué), qui a volontairement intégré la prison-tour afin d’obtenir à sa sortie un brevet lui permettant de s’élever socialement. Il se réveille à l’étage 48 avec le livre et son co-détenu Trimagasi (Zorion Eguileor), un vieil homme enfermé pour meurtre. Pendant des mois, Goreng va tenter de survivre dans la Fosse où la seule loi qui domine est « manger ou être mangé » face à des prisonniers cannibales, violents, déviants et pervers. Mais l’homme va aussi rencontrer d’autres détenus à d’autres étages espérant un échappatoire ou un futur meilleur à l’image d’Imogiri (Antonia San Juan) et Baharat (Emilio Buale Coka), tout en cherchant l’enfant de Miharu (Alexandra Masangkay), caché dans la prison.

La Plateforme, et son héros au bord de la rupture nerveuse [SPOILERS]

À plus de la moitié du film, il vient une idée à Goreng : descendre sur la dalle avec son nouveau codétenu, un dénommé Baharat, afin de distribuer eux-mêmes la nourriture aux détenus, pour que les derniers étages aient également de quoi se nourrir. 

Le but ? Que tout le monde survive !

Mais pour que la situation évolue de manière pérenne, un des détenus confie à Goreng et Baharat qu’il faudrait faire parvenir, tout en haut de la tour, à « l’administration », un symbole.

Ils trouvent alors une idée : renvoyer un plat qui n’aurait pas été touché.

Cela signifierait que le système ne fonctionne plus puisque tout le monde a été raisonnable et que même tout en bas, les prisonniers ont aussi eu à manger.

Ils choisissent ainsi la panna cotta, un dessert italien qu’ils se donnent pour mission de renvoyer en haut pour faire passer « le message », comme ils aiment à le répéter. 

Par ailleurs, d’après les calculs de Goreng, pour que les tout derniers étages aient de quoi se sustenter, il faut un peu en priver les 51 premiers étages.

Il demande donc aux détenus des premiers étages de jeuner juste un jour. 

Mais peu sont ceux qui se plient à cette nouvelle règle, et Goreng a alors recours à la violence pour que tout le monde accepte de partager.

La fin justifie les moyens…

Bref, tout le monde a un peu viré zinzin, surtout Goreng qui « voit les fantômes » de ses deux anciens codétenus.

Des visions qui s’accentuent vers la fin du film, car le héros est blessé et très affaibli psychologiquement.

Que représente l’enfant dans La Plateforme ?

Il y a un personnage dont je ne t’ai pas encore parlé.

Il s’agit de Miharu, une femme qui, chaque mois, descend les étages via la dalle, pour chercher son enfant qui lui a manifestement été retiré et se trouve quelque part dans la fosse.

Sauf que d’après une codétenue de Goreng qui a travaillé à « l’administration », cette femme serait rentrée seule dans la tour.

Cette histoire d’enfant aurait donc été inventée de toute pièce par Miharu, qui aurait juste trouvé une excuse pour descendre chaque mois buter des gens et les manger (comme on l’a déjà vu faire).

Hors, à la toute fin du film, alors que Goreng et Baharat arrivent à l’étage le plus bas, le numéro 333 (le héros pensait à l’origine qu’il n’y avait que 250 étages), ils découvrent une enfant cachée sous un lit.

Présence réelle ou fruit de l’imagination d’hommes à la psychologie bousculée ?

En tous les cas, devant le visage innocent de l’enfant, les deux hommes abandonnent leur mission première et lui offrent la seule nourriture restante : la panna cotta. 

Peu de temps après, Baharat est retrouvé mort par Goreng. Ce dernier prend l’enfant sur ses genoux, et gagne de nouveau la dalle.

Ensemble, ils descendent encore longtemps dans l’obscurité.

Puis Goreng s’en va retrouver le vieil homme mort avec qui il a été enfermé en premier, laissant l’enfant remonter les étages sur la dalle.

Ce qui signifie que Goreng meurt bel et bien, tandis que l’enfant, symbole d’un nouveau système, remonte vers la lumière. 

Une théorie optimiste voudrait ainsi que le système en place ne tienne donc plus puisque l’enfant, au plus bas niveau de la tour, aurait survécu longtemps, tout en étant apparemment en bonne santé, grâce sans doute à sa mère qui lui aurait apporté chaque mois des corps différents pour qu’elle s’en nourrisse.

L’enfant aurait donc niqué le système en survivant au dernier étage tout en étant, en même temps, un produit du système puisque pour s’en sortir, elle a dû devenir cannibale.

Elle ne s’est donc pas nourrie de la générosité d’autrui, mais bien d’autrui tout court.

Goreng est Don Quichotte

Avant d’intégrer la fosse, chacun des prisonniers a eu le droit de choisir un objet à emporter avec eux.

S’ils ont droit à tout et n’importe quoi, la plupart des détenus ont sélectionné des armes.

Mais Goreng, à contre-courant de tous les autres, a choisi… un bouquin. Et plus précisément Don Quichotte, de Miguel de Cervantes.

Un choix très loin d’être anodin de la part des scénaristes puisque Goreng ressemble en réalité beaucoup au héros du livre.

Comme Don Quichotte, Goreng préfère se mettre au service de la communauté plutôt que de penser à lui.

Il préfère par exemple manger son livre, seul vestige de sa vie d’avant, pour ne pas céder au cannibalisme. Bon, après, il bouffe quand même sa pote. Mais l’intention était là.

Il est donc le symbole imparfait de l’altruisme. 

Sa décision de demeurer tout au fond de la tour est donc logique.

Il préfère payer pour ses crimes (il a quand même avalé la chair de deux de ses anciens potes) — et laisser l’enfant, seul symbole de l’échec de l’administration, remonter vers la lumière — plutôt que de remonter avec elle, alors qu’il est lui même devenu un pur produit du système qu’il décrie.

Il se sacrifie au profit du « message ».

Quid de la panna cotta ?

Une scène, toutefois, qui survient à peu près au milieu du film, pourrait venir remettre en doute la fin explicitée plus haut.

En effet, on y voit un maitre d’hôtel sermonner ses employés car il a retrouvé une panna cotta avec un cheveu dessus.

Ainsi, il est possible que la petite fille n’ait été que le fruit de l’imagination de Goreng et Baharat et qu’elle n’ait jamais existé.

Cela signifierait que cette scène est en réalité la toute fin du film, et que les deux hommes ont réussi à faire remonter le dessert intact… mais avec un de leurs cheveux dessus.

Le maitre d’hôtel finit quoi qu’il en soit par gronder ses employés, comme si un de leurs cheveux à eux était responsable du renvoi de la panna cotta.

Comme si finalement, les prisonniers avaient refusé de manger le dessert par coquetterie. Ironique !

 

La Plateforme De Galder Gaztelu-Urrutia Avec Ivan Massagué, Zorion Eguileor, Antonia San Juan sur Netflix

Dans une prison-tour, une dalle transportant de la nourriture descend d’étage en étage, un système qui favorise les premiers servis et affame les derniers.

Chronique : Dans la lignée d’un huis-clos à la Cube, saupoudrée d’une réflexion sociale sur le capitalisme et la lutte des classes façon Snowpiercer : Le Transperceneige, avec quelques écarts gore que renieront pas les amateurs de Saw, l’intriguant et étrange La Plateforme a fait son arrivée sur Netflix comme une bonne vieille série B fauchée que l’on pouvait découvrir par hasard sur une étagère de vidéoclub.

Objet cinématographique non identifié, La Plateforme a ce petit côté barré comme le cinéma espagnol en raffole. Pour sa première réalisation, Galder Gaztelu-Urrutia parvient plutôt bien à intriguer dès sa première partie  qui sème le dégoût et l’angoisse.

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Roi (involontaire) du timing, Netflix a ajouté La plateforme sur son catalogue à point nommé en ces temps de confinement où il serait fort à propos de questionner l’individualisme de nos sociétés contemporaines et la répartition des richesses. La mise en scène de Gaztelu-Urrutia, plutôt oppressante, ne manquera pas de procurer à ceux qui le visionnent une sensation d’enfermement devenue familière. Et alors que son film vire progressivement à l’horreur (visuelle), son protagoniste bascule dans une remise en cause existentielle.

Derrière cette métaphore aussi violente et gore que minimaliste, se cache une petite pépite ibérique que Beckett ou Pinter aurait pu écrire.On parle ici d’inégalité, d’égoïsme, d’individualisme, de redistribution, et le réalisateur bouscule le spectateur sans ménagement, à la limite de l’écœurement. 1H30 de pamphlet à peine supportable sur ce qu’est l’homme pour l’homme.
Totalement assumé, cette « plateforme » remarquable n’est vraiment pas à mettre en toutes les mains. Âmes sensibles s’abstenir…

Bande-annonce

Messiah : pas de saison 2 pour la série Netflix avec Tomer Sisley

Mauvaise nouvelle pour les fans de la série Netflix « Messiah » : la saison 2, pourtant commandée, ne verra finalement pas le jour à cause du Coronavirus…

De façon pour le moins inhabituelle, c’est le comédien Will Traval lui-même, l’une des stars de Messiah, qui a annoncé l’annulation de la série Netflix d’envergure après une seule saison. On a l’habitude que ce soit plutôt la plateforme qui le fasse. Quelques heures plus tard, c’est Tomer Sisley qui l’a confirmé sur son compte Instagram. L’acteur explique plus précisément qu’une saison 2 était bien prévue mais qu’à cause du report du tournage lié au Coronavirus, il a finalement été décidé de s’arrêter là pour des raisons financières.  Découvrez leurs messages ci-dessous.

Messiah était arrivée sur la plateforme le 1er janvier dernier, un thriller à la Homeland sur un homme qui attire l’attention internationale suite à des actes troublant l’ordre public, le FBI ouvre alors une enquête sur ses origines. Alors que de nouveaux adeptes témoignant de ses miracles continuent de rejoindre ses rangs, les médias du monde entier commencent à se laisser séduire par cette figure charismatique.  L’Agent Eva Geller doit vite dénouer le mystère : est-il vraiment un être divin ou un simple escroc capable d’ébranler l’ordre mondial ? La saison se terminait sur des mystères non résolus. Ils le resteront visiblement à jamias…

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I am sorry for all the Messiah fans over the world. Times are crazy. Season 2 was supposed to take place in Rome and we would all have loved to pursue this wonderful adventure, but as we know, times are crazy right now… Season 2 is not happening. Thank you for your support, thank you for your letters, thank you for your passion. I had a blast interpreting this part. Aviram will stay with me for very long. Thank you for your love. I promise we will come back with something at least as exciting as this wonderful show once this worldwide virus is beaten. Love you. #michaelpetroni I am very proud to know you!!! James McTeighe and Kate Woods, thank you for your trust and talent. @michellemonaghan @johnortiz718 @sound_speed @wiltraval @stefanialavieowen @sayyidelalami @therealmpagehamilton #mehdidehbi #philipbakerhall @fares_landoulsi Realy loved working with you guys. See you soon… La saison 2 de Messiah devait se tourner à Rome… Les temps sont dingues et nous empêchent de la tourner cet été. Elle n’existera donc malheureusement pas et nous en sommes tous extrêmement peinés. Merci à tous les fans pour vos messages, vos lettres, et votre passion. Cette série originale n’a laissé personne indiffèrent, moi le premier, et j’y ai pris un plaisir immense. Aviram restera longtemps avec moi. Je vous promets d’autres projets au moins aussi intenses dès que nous serons sortis de cette situation mondiale dramatique. Bon courage à tous dans votre confinement. Le plus important maintenant c’est : #restezChezVous MERCI MERCI MERCI A TOUS!!!!! ❤️

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Vampires sur Netflix : que vaut la série française dans la veine de Grave ?

Vampires est la nouvelle série française originale de la plateforme américaine, qui revisite une nouvelle fois le mythe du suceur de sang. Cette énième série de vampires vaut-elle le coup d’œil ?

DE QUOI ÇA PARLE ?

Les Vampires existent. Ici, parmi nous. Aujourd’hui dans Paris, la famille de Martha Radescu vit clandestinement. Mais lorsque Doïna, 16 ans, se révèle vampire d’un nouveau genre, leur équilibre fragile explose. Mi-humaine mi-vampire, Doïna apprend à vivre avec sa double nature.

Disponible en intégralité sur Netflix à partir du 20 mars. 6 épisodes vus sur 6.

ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
Vampires saison 1 Bande-annonce VF

C’EST AVEC QUI ?

Au casting de cette nouvelle série de vampires, on retrouve aussi bien du sang neuf que des comédiens confirmés. La jeune actrice Oulaya Amamra, découverte dans Divines et revue depuis dans Le Monde est à toi, est l’héroïne de cette histoire sanglante en plein cœur de Paris. L’interprète de cette « vamp » en devenir est épaulée par Suzanne Clément, qui incarne la matriarche de la famille Radescu. Au reste de cette tribu marginale, on retrouve Mounir Amamra (Le Monde est à toi), Pierre Lottin (Les Tuche) et Juliette Cardinski (Les Grands). Face à eux, des vampires qui vivent dans l’opulence et qui respectent une certaine loi, dont Kate Moran et Aliocha Schneider, frère de Niels Schneider qu’on verra bientôt dans Pompei avec Garance Marillier. Enfin, Dylan Robert, meilleur espoir masculin aux César 2018 pour Shéhérazade, complète le casting.

ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

Librement adaptée du roman éponyme inachevé et publié à titre posthume de Thierry Jonquet, Vampires est une série créée par Benjamin Dupas (Vernon Subutex, Dix pour cent) et Isaure Pisani-Ferry (Platane), en collaboration avec Anne Cissé. Cette nouvelle production française pour la plateforme américaine se lance le défi de dépoussiérer le genre de la série de vampires. Après un âge d’or dans la pop culture dans les années 1990 et au début des années 2000 puis un passage à vide, la créature vampirique semble intéresser de nouveau puisque Netflix a mis en ligne il y a quelques mois deux séries sur ce thème : V Wars avec Ian Somerhalder et Dracula de Steven Moffat et Mark Gatiss. Alors avions-nous vraiment besoin d’une nouvelle série de vampires ? La réponse est oui.

Premièrement parce qu’on nous propose enfin une héroïne vampire dans un genre qui a souvent présenté un personnage principal féminin humain tombant amoureuse d’un vampire irrésistible. Cette fois, l’hyper sexualisation et le côté prédateur de la figure du vampire ne sont pas abordés en premier plan.  L’immortalité et le goût du sang de Doïna (Oulaya Amamra) est un prétexte pour explorer sa construction identitaire et familiale et son évolution organique lui permet de découvrir sa véritable nature : un être hybride mi-humain mi-vampire. En se rebellant contre sa mère Martha (Suzanne Clément) et en se laissant aller à ses pulsions, Doïna va couper le cordon et accepter sa condition afin d’être libre et en paix avec elle-même. La figure du vampire a toujours permis d’explorer le passage de l’adolescence à l’âge adulte et c’est le cas dans Vampires mais d’une manière plus réfléchie qui fait penser à la culte Buffy.

On apprécie également la sobriété apportée à la représentation des vampires humanisés, sans effets spéciaux et fausses canines. Fait assez rare qui mérite d’être souligné, la capitale n’est pas représentée comme une carte postale comme dans Plan Cœur. Vampires n’hésite pas à filmer Paris dans sa noirceur mais aussi dans sa lumière en baladant le spectateur dans un Belleville tantôt vivant et chaleureux, tantôt dangereux et violent. Il en est de même pour ses personnages avec deux types de représentation : d’un côté La Communauté à la vie luxueuse et paradoxalement lumineuse et de l’autre la famille Radescu, des réfugiés, des marginaux qui se cachent dans l’obscurité. La figure vampirique est autant représentée dans ce qu’elle a de plus beau que dans ce qu’elle a de plus laid et est très souvent rapprochée de ce qu’est la nature humaine.

Vampires réussit son pari de dépoussiérer le genre en ayant trouvé un équilibre entre modernité et retour aux sources. Respectueuse pour ses références culte, entre la série Buffy, Dracula de Francis Ford Coppola, Aux frontières de l’aube de Katheryn Bigelow, cette nouvelle production française pour Netflix bénéficie aussi d’une esthétique gothique et sanglante à l’image de Grave de Julia Ducournau ou de l’univers de Dario Argento pour certaines scènes. La première saison se terminant sur un gros cliffhanger, on espère que la plateforme américaine accordera une deuxième saison à Vampires, une belle série française sincère, appliquée et ambitieuse dans la continuité de Marianne et Mortel.

Freud sur Netflix : que vaut la série policière où le père de la psychanalyse devient enquêteur ?

Les 8 épisodes de « Freud », où le jeune Sigmund Freud enquête sur une série de meurtres et de disparitions dans la Vienne de la fin du XIXe siècle, sont disponibles sur Netflix. Cette série policière venue tout droit d’Autriche vaut-elle le détour ?

De quoi ça parle ?

Vienne, fin du XIXe siècle. Le jeune Sigmund Freud se retrouve impliqué dans un complot obscur aux côtés d’une voyante en enquêtant sur des meurtres et des disparitions.

Freud, une série créée et réalisée par Marvin Kren, avec Robert Finster, Ella Rumpf, Georg Friedrich, Brigitte Kren, Christoph Krutzler…

Disponible sur Netflix à partir du 23 mars. 2 épisodes vus sur 8. 

Ca ressemble à quoi ?
Freud - saison 1 Bande-annonce VF

Ca vaut le détour ? 

C’est une scène d’hypnose qui introduit le pilote de Freud. Très vite, on comprend que la séance est une farce : il s’agit en fait du jeune Dr Freud qui, peu sûr de ses capacités à vraiment pratiquer l’hypnose, fait répéter sa gouvernante pour qu’elle parvienne à simuler parfaitement un état hypnotique. Tout ça dans le but de convaincre un collège de chercheurs du bien fondé de ses travaux. C’est alors que deux policiers font irruption chez lui avec le corps agonisant d’une jeune femme qu’on a cru assassinée jusqu’à ce qu’elle se remette à respirer, sans tarder à mourir à nouveau.

Dans la peau du jeune Sigmund Freud, Robert Finster, comédien autrichien venu du théâtre et dont le visage est peu connu, voire inconnu du public français. A ses côtés, la comédienne franco-suisse Ella Rumpf, découverte dans Grave où elle jouait la soeur de l’héroïne, interprète une médium, Fleur Salomé (dont le nom a certainement été inspiré par Lou Andreas-Salomé, véritable élève de Freud). Enfin, Georg Friedrich, aperçu notamment chez Michael Haneke, campe l’agent de police Alfred Kiss qui complète le trio.

Dès le premier épisode, le ton est donné : cela part dans tous les sens, tant en matière de scénario qu’en matière de mise en scène, et les choses vont continuer à tourner en eau de boudin pour Freud et sa petite clique. De multiples intrigues vont commencer à s’entremêler (et nous, à nous embrouiller) : une jeune fille assassinée et aux parties génitales violemment mutilées, une petite fille disparue, un jeune médecin ambitieux dont personne ne semble vouloir prendre les théories au sérieux (Freud), une médium qui enchaîne les crises d’hystérie non simulées et qui a des visions graphiques et fort inconfortables (Fleur), un flic tourmenté par d’horribles souvenirs de guerre et mu par une soif de revanche des plus intenses (Kiss), le tout sur fond de tensions politiques entre l’Autriche et la Hongrie.

Trop, c’est trop. Toutefois, si vous aimez vous laisser porter dans un univers étrange sans trop savoir où on vous emmène, si vous fantasmez secrètement en imaginant un Sigmund Freud cocaïnomane agiter un pendule sans grande conviction, si vous n’avez pas peur des personnages de méchants un brin carcaturaux, si vous êtes féru de récits de faits divers glauques situés dans un cadre historique, mais qui ne respectent pas forcément les événements historiques et qui mélangent indistinctement le vrai du faux pour former une sorte de gloubiboulga un poil indigeste, mais dont la lourdeur visuelle pourrait passer pour quelque chose de simplement baroque sur un malentendu… Alors, cette série est certainement faite pour vous.