Why Women Kill sur M6: que vaut la nouvelle série du créateur de Desperate Housewives ?

Après « Desperate Housewives » et « Devious Maids », Marc Cherry est de retour sur M6 ce jeudi avec « Why Women Kill », une série sur trois femmes prêtes à en découdre après les infidélités de leurs maris à trois époques différentes. Vaut-elle le détour ?

De quoi ça parle ?

Les vies de trois femmes vivant à trois époques différentes alors qu’elles font face à l’infidélité dans leur mariage respectif. Si le rôle des femmes a évolué dans la société, leur réaction est toujours la même : un profond désir de vengeance. Dans les années 60, Beth Ann, femme au foyer, attend sagement son mari le soir alors qu’il la trompe avec une serveuse. Dans les années 80, Simone, une working girl, découvre que son mari la trompe… avec un homme. De nos jours, Taylor, bisexuelle, s’essaye au couple libre non sans difficultés…

Créée par Marc Cherry (Desperate Housewives, Devious Maids, American Beauty). Réalisée par Marc Webb (500 jours ensemble, The Amazing Spider-Man).

Tous les jeudis soirs sur M6. 10 épisodes vus sur 10.

A quoi ça ressemble ?
Why Women Kill - saison 1 Bande-annonce VF

C’est avec qui ?

Après Marcia Cross, Teri Hatcher, Felicity Huffman et Eva Longoria, Marc Cherry se devait de frapper fort. Et c’est sur deux bonnes actrices, qui sortent de près d’une décennie sur la même série, qu’il a mis son grappin : d’abord Lucy Liu, la Watson d’Elementary et Ling d’Ally McBeal, vue au cinéma dans Charlie’s Angels; ainsi que Ginnifer Goodwin, la Blanche Neige de Once Upon A Time, révélée en épouse mormone dans Big Love sur HBO. La 3e femme de la bande est une jeune révélation. Très demandée, Kirby Howell-Baptiste s’est faite remarquer dans The Good Place et Killing Eve, et vient d’apparaître dans la saison 4 de Veronica Mars. A ses côtés, Alexandra Daddario, star des films Percy Jackson, San Andreas et Baywatch, passée par la case True Detective en télé.Chez les hommes adultères, on retrouve Sam Jaeger, le papa parfait de Parenthood, croisé dans la saison 3 de The Handmaid’s Tale; l’anglais Jack Davenport, vu dans Smash et Flash Forward; et Reid Scott, qui sort tout juste de sept ans dans Veep.

ça vaut le coup d’oeil ?

Desperate Housewives vous manque ? Les rediffusions en boucle sur M6  -en ce moment même- vous lassent ? Why Women Kill a clairement été conçue pour vous combler. Elle saura assurément répondre à vos désirs de plaisirs coupables, comme l’avait déjà fait en son temps l’autre succulente série de Marc Cherry trop sous-estimée, Devious Maids. Il va sans dire que ceux qui n’accrochent pas à cet univers entre la fable et la farce n’y trouveront à nouveau pas leur compte. Dès le générique façon bande dessinée, il ne fait aucun doute que Wisteria Lane et ses femmes au foyer désespérées ne sont pas loin.

Si l’action se situe à Pasadena en Californie, le petit quartier américain caractéristique qui sert de lieu à l’action en est une copie conforme, voisins (trop) curieux compris. La différence majeure, c’est que les trois héroïnes ne se croiseront (presque) jamais puisqu’elles vivent à trois époques différentes dans la même demeure luxueuse. Les transitions entre les périodes sont d’ailleurs mises en scène avec fluidité. Les petites musiques typiques de Desperate Housewives sont de retour, pour nous indiquer en toute subtilité quand on doit se marrer et quand on doit être attendri. 15 ans ont passé mais il faut reconnaître à cette recette de n’avoir pas perdu en efficacité, elle ne nous émerveille juste plus autant. A noter que grâce à une diffusion sur la plateforme de streaming CBS All Access aux Etats-Unis, la série peut se permettre d’aller un peu plus loin que sur une chaîne traditionnelle. Les « fuck » sont donc au rendez-vous, mais la nudité reste très légère en revanche.

Là où Desperate avait du mal à tenir sur la longueur, Why Women Kill bénéficie d’une narration resserrée sur 10 épisodes. On sent que les scénaristes savent très exactement où ils vont, sans trop de gras et de sous-intrigues inutiles, quoique les passages d’interviews façon Modern Family ne semblent pas primordiaux. En filigrane, derrière les dialogues ciselés et les rebondissements bien ficelés, la série tente de dépeindre l’évolution de la condition féminine des années 60 à nos jours, en dépassant les clichés. Mais c’est bien le mystère qui nous tient en haleine tout du long : comment ces femmes qui n’ont pas l’air d’être des psychopathes en puissance vont se retrouver à tuer leurs maris, tôt ou tard ? La réponse s’avère plus complexe et plus inattendue que prévu.

On ne peut que saluer les prestations des actrices, à commencer par celle de Lucy Liu, qui semble tout droit sortie de Dynastie -la version originale- et qui nous régale de piques bien senties dont Marc Cherry a le secret. L’actrice semble s’éclater, loin du format corseté d’Elementary. Son intrigue lorgne en revanche un peu trop du côté de Gaby et du jardinier. Le sentiment de déjà vu est inévitable. Ginnifer Goodwin, en pré-Bree Van De Kamp, offre la performance la plus émouvante  avec une intrigue plus classique mais qui devrait nous réserver de belles surprises. Le personnage nous montre dès la fin du pilote qu’il est prêt à en découdre avec le patriarcat ! En ce qui concerne la 3e héroine, moderne et bisexuelle, on est un peu plus perplexe mais elle a le mérite de ne pas aller exactement là où on l’attend malgré une mise en place un peu ronflante.

Why Women Kill a donc beaucoup de fun à revendre, un charme indéniable, un équilibre entre drame et comédie trouvé, et un léger parfum de scandale qui ne peut que donner envie de la dévorer. Restez bien jusqu’au bout, le dernier épisode est un petit bijou de mise en scène !

Coronavirus : Stephen King explique la pandémie dans un extrait du Fléau

En pleine épidémie mondiale de coronavirus, Stephen King a partagé sur Twitter un extrait de son roman « Le Fléau » qui explique la propagation d’une pandémie.

En pleine pandémie de coronavirus, Stephen King a décidé de partager un extrait audio de son roman Le Fléau, paru pour la première fois en 1978 dans sa version courte et dont la version longue incluant des extraits supprimés par l’éditeur a été publiée en 1990. Dans Le Fléau, les Etats-Unis sont frappés par une pandémie de virus de la grippe créé en laboratoire. La population est décimée et les survivants se scindent en deux camps opposés.

Le chapitre 8, que le romancier a partagé sur Twitter, raconte comment le virus se propage. Dans son tweet, il rappelle toutefois que le COVID-19 est beaucoup moins meurtrier que la « supergrippe » de son roman.

Stephen King

@StephenKing

Chapter 8 of THE STAND. This is how it works. Heed. (But remember COID-19 is not as lethal as the superflu.)https://youtu.be/jwN5vYGiZws 

Si vous avez Le Fléau dans votre bibliothèque et que vous n’avez pas peur de vous atteler à une oeuvre un poil anxiogène, cette période de confinement est peut-être l’occasion de le (re)lire, ou bien de (re)voir la mini-série adaptée du roman avec Gary Sinise et Molly Ringwald.

Netflix : 10 films pour ados à voir pendant le confinement

Vous ne savez pas quoi regarder pendant cette longue période de confinement ? Découvrez notre sélection de 10 films pour ados à voir sur Netflix, de « Lolita malgré moi » à « Babysitting », en passant par « Scott Pilgrim »… Vous aurez de quoi faire !

  • Scott Pilgrim (2010)

Réalisé par Edgar Wright, à qui l’on doit déjà Shaun of the Dead et Hot Fuzz, Scott Pilgrim est un film quelque peu What The Fuck, qui suit un jeune geek un peu loser, incarné par Michael Cera, qui, pour conquérir le coeur d’une jeune femme, devra vaincre ses 7 ex diaboliques. Adapté d’une série de comics du même nom, le film est bourré de références à la pop culture… Saurez-vous les retrouver ?

Scott Pilgrim Bande-annonce VO

  • La Folle journée de Ferris Bueller (1986)

Comment faire une recommandation des films pour ados sans mettre au moins une oeuvre du maître du genre John Hughes. C’est chose faite avec La Folle Journée de Ferris Bueller, un de ses meilleurs films, qui voit le jeune Matthew Broderick incarner un ado insouciant et désinvolte qu’on aurait tous aimé être quand on était au lycée. Les blagues et les situations sont assez drôles et nous empêche de nous ennuyer. Si vous ne devez voir qu’un seul film du réalisateur, je vous conseille fortement celui-ci.

La Folle journée de Ferris Bueller Bande-annonce VO

  • American Pie (1999)

American Pie, c’est LE film emblématique du genre. Le scénario n’est certes pas très novateur et ni toujours très fin mais les personnages, devenus aujourd’hui cultes, sont attachants et touchants. On retiendra surtout Stifler et Finch qui nous font toujours autant rire, même des années après.

American Pie Bande-annonce VO

  • Easy Girl (2011)

Le Teen Movie qui a remis au goût du jour le genre, c’est lui. Avec sa narration novatrice, mais aussi son message très actuel, Easy Girl (Easy A en VO), se base sur un roman très étudié dans les écoles américaine : La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne. La jeune Olive (incarnée par une Emma Stone magistrale qui signe ici l’un de ses premiers rôles) se retrouve entraînée dans une spirale mensongère quand elle fait croire à sa meilleure amie qu’elle a perdu sa virginité.

Easy Girl Bande-annonce VO

  • Tout ce qui brille (2009)

Réalisé par Hervé Mimran et Géraldine Nakache, Tout ce qui brille nous plonge dans la vie de Ely et Lila, deux meilleures amies qui se connaissent depuis l’enfance et qui n’ont qu’une envie, quitter leur banlieue à 10 minutes de Paris. Sous-couvert de légèreté, ce film parvient tout de même à aborder des sujets plus délicats, notamment le passage à l’âge adulte et l’émancipation… On retiendra surtout le personnage incarné par Audrey Lamy, dont chaque apparition provoque une crise de rires.

Tout ce qui brille Bande-annonce VF

  • Adventureland (2009)

Par le réalisateur de SuperGrave, Adventureland nous entraîne dans la fin des années 80, alors que James, fraîchement diplomé de l’université, se rend compte qu’il n’aura pas assez d’argents pour effectuer son tour de l’Europe. Il se voit donc obligé de travailler dans le parc d’attraction local et se rend compte qu’il n’est pas forcément nécessaire de voyager pour vivre des expériences uniques. C’est un film touchant, qui parvient à s’éloigner des clichés du genre. Jesse Eisenberg et Kristen Stewart forment un joli duo à l’écran qui fonctionne étrangement bien. Sorti directement en DVD, il mérite tout de même le détour.

Adventureland : un job d'été à éviter Bande-annonce VO

  • Lolita Malgré moi (2005)

Incontournable du genre, Lolita malgré moi est un film à voir et à revoir en boucle. Scénarisé par Tina Fey, qui joue également dedans, il est devenu une référence incontournable du genre (repris par exemple dans le clip “Thank You Next” d’Ariana Grande) avec ses répliques plus cultes les unes que les autres. En plus d’être devenu à sa manière un monument du cinéma, ce film a également permis à Rachel McAdams, Amanda Seyfried et Lizzy Caplan de se faire connaître, et a offert à Lindsay Lohan son seul rôle d’envergure à ce jour.

Lolita malgré moi Bande-annonce VO

  • A tous les garçons que j’ai aimés (2018)

Netflix s’est lancé ses dernières années dans des créations originales à destination des adolescents, avec notamment A tous les garçons que j’ai aimés. Adapté d’un roman à succès, ce film parle du premier amour avec justesse, délicatesse et lucidité en nous racontant l’histoire d’une éternelle romantique qui va se retrouver coincée dans une fausse relation. Lana Condor et Noah Centineo forment un très beau duo à l’écran. Une suite est déjà disponible sur Netflix.

À tous les garçons que j'ai aimés Bande-annonce VO

  • SuperGrave (2007)

Supergrave suit deux adolescents, Evan et Seth, incarnés respectivement par Michael Cera (encore lui) et Jonah Hill, qui vont tenter de perdre leur virginité au cours d’une soirée. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Si les deux personnages principaux parviennent à nous faire sourire, on retiendra surtout le duo Seth Rogen et Bill Hader qui est hilarant. En bref : un teen movie réussi, beaucoup moins cliché qu’il n’y paraît.

SuperGrave Bande-annonce VO

  • Babysitting (2014)

Savant mélange entre Projet X et Very Bad Trip, Babysitting est une comédie française à l’humour potache qui est pleine de surprises. La réalisation sous forme de found footage permet de rendre le film dynamique et casse les codes du genre. Philippe Lacheau signe ici sa première réalisation et y fait jouer ses amis de la Bande à Fifi. En résumé, on passe un bon moment à rire.

Babysitting Bande-annonce VF

Woody Allen : ses mémoires finalement bien publiées aux Etats-Unis

Après de nombreux atermoiements, dont le récent rétropédalage de la branche américaine de la maison d’édition Hachette, les mémoires du cinéaste woody Allen seront bien publiées aux Etats-Unis.

Au début du mois, suite à la pression de certains de ses employés américains, l’éditeur Hachette avait finalement rétropédalé dans sa décision de publier les mémoires de Woody Allen. Prévue pour être éditée le 7 avril aux Etats-Unis et le 29 avril en France sous le titre Soit dit en passant (Apropos of Nothing en version originale), l’édition de ses mémoires a été annulée. L’an dernier, beaucoup d’éditeurs américains avaient déjà renoncé à sortir ce livre.

L’ultime rebondissement et planche de salut pour le cinéaste vient de la maison d’édition Arcade Publishing, fondée en 1988, qui a annoncé ce lundi vouloir publier le livre. « En cette époque étrange, où la vérité est trop souvent balayée comme fake news, nous, éditeurs, préférons laisser un artiste respecté s’exprimer, plutôt que de céder à ceux qui veulent le faire taire » a écrit la cofondatrice de la maison d’édition, la française Jeannette Seaver, dans un communiqué transmis à Variety. Dans une interview accordée au magazine Le Point, elle s’explique davantage : « Ce que disent les prudes, je n’en ai rien à faire. Je suis heureuse, car je considère que Woody Allen est un artiste admirable. Et je trouve inadmissible qu’un éditeur, sous la pression, renonce à publier un livre qu’il avait décidé de publier ».

Wonder woman 1984 : changement de date de sortie pour le film DC

Gal Gadot a annoncé sur Twitter que Wonder Woman 1984 ne sortirait plus au mois de juin comme prévu, mais plutôt au mois août.

Wonder Woman 1984, à son tour victime du Covid-19. Le long-métrage de Patty Jenkins, qui devait sortir dans nos salles obscures le 3 juin prochain, a été décalé au 14 août aux Etats-Unis (et très probablement le 12 en France). C’est la comédienne Gal Gadot qui l’a annoncé hier sur son compte Twitter avec le message suivant : « En ces temps sombres et effrayants, je rêve d’un futur brillant où nous pourrons de nouveau partager le pouvoir du cinéma tous ensemble. Nous décalons donc la sortie de notre film WW84 au 14 août 2020. J’espère que tout le monde est en sécurité. Je vous envoie mon amour. »

Mort de Stuart Gordon, réalisateur culte de Re-Animator et scénariste de Chérie j’ai rétréci les gosses

Le réalisateur américain Stuart Gordon est décédé le 24 mars à 72 ans. Il était le réalisateur de « Re-Animator », mais aussi le coscénariste de « Body Snatchers » d’Abel Ferrara et le cocréateur de « Chérie, j’ai rétréci les gosses ».

Diplômé de l’université de Lane Tech au nord de Chicago, Stuart Gordon commence sa carrière comme illustrateur de publicités. Ne parvenant pas à entrer dans une école de cinéma, il choisit un cours de théâtre duquel il finit major de promotion. Après avoir créé le Screw Theater qui propose du théâtre expérimental dérangeant, il fonde une autre troupe avec sa femme, puis en 1985, après avoir filmé la pièce Bleacher Blums en 1979, passe à la réalisation de Re-Animator, devenu un classique de la comédie d’horreur.

Dès son film suivant cependant, la comédie disparaît au profit d’un film horrifique à part entière : Aux portes de l’au-delà (1986). Un an avant la sortie de Jeu d’enfant, il tourne Dolls – les poupées, et s’essaie (avec difficulté, en se heurtant à son coscénariste Joe Haldeman) à la parabole politique teintée de science-fiction avec Robot Jox (1989). La même année, il s’essaie à la comédie Disney tout public en coécrivant la base de ce qui deviendra Chérie, j’ai rétréci les gosses, qui deviendra un grand succès populaire, bien que leur scénario soit remanié par Joe Johnston et Tom Schulman.

En fan de suspense, il engage Anthony Perkins (Psychose) pour le téléfilm Daughter of Darkness, engage Christophe Lambert pour Fortress, retrouve Jeffrey Combs de Re-Animator pour Castle Freak et adapte Edgar Alan Poe pour Le puits et le pendule. En parallèle, il coécrit Body Snatchers pour Abel Ferrara et Le dentiste pour son ami Brian Yuzna. Insaisissable, il tourne la comédie familiale The Wonderful Ice Cream Suit, l’histoire d’un costume qui exauce les voeux de son porteur ou le film d’action Space Truckers avec Stephen Dorff.

En 2001, il réunit deux nouvelles de H.P. Lovecraft pour Dagon, puis travaille avec l’auteur Charlie Higson sur l’adaptation de son King of the Ants. Après avoir tenté l’univers du polar avec Edmond, porté par William H. Macy, il terminera sa carrière sur Stuck en 2007, inspirée d’un réel fait divers sur une femme renversant un SDF qu’elle décide d’essayer de tuer. Avec le plus souvent un certain manque de moyens, Stuart Gordon faisait partie de ces artisans passionnés comme le cinéma d’horreur en possède tant, capable de vous mettre en tête des images qui resteront gravées dans vos mémoires

Why Don’t You Just Die / De Kirill Sokolov Avec Aleksandr Kuznetsov, Vitaliy Khaev, Evgeniya Kregzhde

Marteau en main, Matvey est déterminé à aller venger sa petite amie des mauvais traitements infligés par son père. Celui-ci, un flic plutôt costaud, ne va pas se laisser faire. Les deux hommes s’écharpent dans l’appartement familial, et sont bientôt rejoints par d’autres protagonistes prêts à en découdre.
Chronique : Une force irrésistible rencontre un objet inamovible dans le premier long métrage du scénariste-réalisateur Kirill Sokolov , une comédie d’action  avec un  humour russe joyeusement sombre. Comme son titre accrocheur et son ton sinistre le montrent clairement dès la première image, Why Don’t You Just Die! n’est pas exactement une rumination russe vintage sur le crime et la punition. Mais il est plus intelligent que sa configuration pulpeuse ne semble le suggérer initialement, gardant les téléspectateurs sur leurs gardes avec des apartés ironiques, des inversions de choc et des déviations de tracé non linéaires délicates. Il y a des échos du début de Quentin Tarantino, Danny Boyle, Sion Sono et même Sam Peckinpah mélangés dans le chaos joyeusement nihiliste. Sokolov invoque également les westerns spaghetti de Sergio Leone dans ses scènes de fusillade serrées, renforcées par une partition éclectique de Vadim QP et Sergey Solovyov, qui détourne à plusieurs reprises dans le faux-héroïque Ennio Morricone .
L’anti-héros du film est quelque chose de nerveux Matvei (Aleksandr Kuznetsov), qui arrive dans un appartement familial de Moscou armé d’un marteau et d’une intention meurtrière. Sa cible est le détective Andrei (Vitaliy Khaev), le père de sa petite amie Olya (Evgeniya Kregzhde). Mais le meurtrier chevronné Andrei peut sentir le danger à un kilomètre et son accueil méfiant dégénère rapidement en une bataille à grande échelle impliquant des exercices électriques, des menottes et des fusils de chasse. Ce n’est que plus tard qu’il apparaît que Olya a enrôlé Matvei pour tuer Andrei par vengeance apparente pour une enfance marquée par les abus.

Au cœur de la lutte, Sokolov réduit à trois flashbacks qui remplissent les histoires de Matvei, Olya et le partenaire policier d’Andreï Evgenie (Mikhail Gorevoy). La confrontation dans l’appartement est enracinée dans un précédent pacte de chantage entre les flics tordus, qui a permis à un tueur sexuel dérangé d’échapper à la prison mais s’est finalement terminé par une trahison et une tragédie. Alors que les couches emmêlées de triple-cross apparaissent, les amis et la famille se retournent et le nombre de corps augmente devient un bain de sang.

Construisant une humeur folle à la  Looney Tunes avec des couleurs vives de dessins animés, des mouvements de caméra cinétiques et des coupes rapides et zippées, Sokolov continue d’augmenter la sauvagerie à des niveaux absurdement excessifs, ses protagonistes luttant d’une manière ou d’une autre malgré les blessures au crâne, à l’éclatement de l’estomac. Les niveaux de gore sont élevés, mais l’effet global est plus une comédie maladive qu’un porno de torture. Et tandis que de mauvaises choses arrivent aux bonnes personnes dans cet univers de poche sombre et amoral, il y a aussi un soupçon de justice brutale alors que les personnages les plus vénaux récoltent finalement ce qu’ils sèment.

Ce film peut et sera lu comme un commentaire caustique sur la Russie pourrie de Poutine, mais c’est plus une excitation à sensations fortes sans excuse qu’un sermon profond sur la condition humaine. Ne laissant rien à l’imagination. Sokolov est un cinéaste plus arqué et plus habile qu’il n’y paraît. Un talent à surveiller.

Note : 9/10

Horreur 2019 Russie 1h 40min
Réalisé par : Kirill Sokolov
Avec : Vitaliy Khaev Aleksandr Kuznetsov Evgeniya Kregzhde Michael Gor Elena Shevchenko
Why Don't You Just Die : Affiche

Bloodride une anthologie d’horreur / Netflix

Une anthologie d’horreur norvégienne ? On peut dire que Netflix a le don pour dénicher les projets les plus inattendus. Pour autant cette randonnée sanglante tient-elle toutes ses promesses ?

Composée de six épisodes entièrement indépendants, l’anthologie propose une compilation de petites histoires courtes, pas plus d’une demi-heure par episodes, à la qualité inégale mais qui demeure toujours assez jouissive à regarder, à condition d’aimer l’horreur bien sûr.

Une horreur qui reste tout de même assez gentille et propre malgré le titre évocateur, il n’y a pas tant de scènes gores. Le principe des épisodes repose sur un twist scénaristique final plus que sur la terreur pure. Un principe qui rappelle celui d’une autre anthologie célèbre, la quatrième dimension, mais bloodride n’a pas la prétention qualitative de cette dernière et se révèle être un honnête divertissement mais sans rien de plus.

Le cadre norvégien aurait mérité d’être vraiment mis en avant, en l’état les épisodes pourraient se dérouler n’importe où en Occident, c’est quand même dommage de ne pas mettre plus en avant les légendes de ce grand pays nordique possédant une Histoire riche.

Les deux premiers épisodes sont aussi les moins mémorables, surtout la deuxième avec ce twist vu et revu. Le troisième récit reste la proposition la plus audacieuse tandis que celui sur les rats de laboratoire reste plaisante si l’on parvient à faire abstraction des nombreuses incohérences. Les deux dernières histoires sont prévisibles mais suffisamment distrayantes pour oublier le manque d’originalité.

En ces temps d’incertitudes où beaucoup d’entre nous sont cloîtrés chez eux cette anthologie pourrait faire passer le temps à ceux qui trouvent le temps long. Cependant on peut regretter l’absence de prise de risque et le côté aseptisé de l’ensemble.

Note: 6/10

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Nationalité Norvège

Les 5 films les plus bizarre à voir sur Netflix

Voici les pépites enfouies dans les profondeurs de Netflix.

Swiss Army Man de Daniel Kwan et Daniel Scheinert

Hank, un homme désespéré errant dans la nature, découvre un mystérieux cadavre.

Ils vont tous les deux embarquer dans un voyage épique afin de retrouver leur foyer.

Lorsque Hank réalise que ce corps abandonné est la clé de sa survie, le suicidaire d’autrefois est forcé de convaincre un cadavre que la vie vaut la peine d’être vécu.

Le film a beau être basé entièrement sur un humour pipi-caca-prout, passées la première demie-heure, l’ambiance n’est plus vraiment à la rigolade.

Swiss Army Man m’a désarçonnée, et m’a ému par sa beauté et sa poésie.

En plus, le duo Daniel Radcliffe/Paul Dano fonctionne à merveille !

Nocturama de Bertrand Bonello

Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents.

Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale.

Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux.

Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes.

La nuit commence.

Nocturama est inclassable.

J’ai été absorbé par la tension de bout en bout.

J’ai aussi apprécié de voir autant de jeunes acteurs dans la lumière, de Finnegan Oldfield à Rabah Naït Oufella, en passant par Laure Valentinelli et Manal Issa.

Un petit bijou, si tu veux mon avis.

The Lobster, de Yórgos Lánthimos

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur.

Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix.

Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires..

The Lobster est dramatique, pince-sans-rire mais surtout absurde, et j’ai dû faire preuve d’un certain lâcher-prise pour l’aimer à sa juste valeur.

Yórgos Lánthimos fait partie de mes préférés du moment, alors si tu as aimé La Favorite, je te conseille de te jeter sur ce film qui l’a fait connaître au grand public !

Anima de Paul Thomas Anderson

Ce court métrage met en scène Thom Yorke, le leader du groupe Radiohead, et accompagne la sortie de son album solo « Anima ».

Le réalisateur d’Inherent Vice ou encore Phantom Thread se lance un défi expérimental avec ce court-métrage musical de 15 minutes.

Thom Yorke y incarne un fauteur de trouble dans un décor kafkaïen, et déclenche une histoire d’amour touchante.

Les chorégraphies sont remarquables, la musique hypnotique, et elles accompagnent le personnage dans la recherche d’un rêve, d’une trêve dans un rythme métro/boulot/dodo aliénant.

Si t’as un quart d’heure à dépenser, ne fais pas l’impasse sur Anima.

Qu’a fait Jack ? de David Lynch

Réalisé en 2017 pour la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Qu’a fait Jack ? est une discussion de 17 minutes entre un détective, joué par David Lynch en personne, et un singe accusé de meurtre.

Les seconds rôles sont endossés par Emily Stofle et une poule.

La réalisation repose entièrement sur le champ contre-champ, et le dialogue absurde des protagonistes rappelle cette scène pseudo-philosophique lunaire d’OSS117.

Je pourrais tenter de me faire passer pour une adepte d’art contemporain et crier au génie, mais la vérité est tout autre.

J’ai cependant pris un certain plaisir à mater ce singe parlant mal animé me ramener au temps des Têtes à claques et des Willi Waller 2006.

Mais comme j’adore David Lynch et qu’après les visionnages de Twin Peaks ou de Mullholland Drive, j’ai appris à connaître la bête, j’ai su dès le lancement du court-métrage qu’il fallait que je me laisse porter, sans me poser trop de questions.

Bande-annonce : U-235

En pleine Seconde Guerre mondiale, une équipe de résistants belges sans foi ni loi est engagée pour kidnapper un sous-marin allemand. Leur mission : apporter l’uranium nécessaire au projet Manhattan du Congo belge à New York. Mais quand l’ennemi allemand se dresse sur leur route, c’est l’avenir de l’humanité entière qui se joue.

En VOD & Achat digital dès le 10 Avril
En Blu-ray & DVD le 15 Avril