Et si cette fin de Daft Punk n’était que le début de leur retour ?

Daft Punk, c'est fini

Imaginez, un ami lointain, mais auquel vous tenez, revient après 7 ou 8 ans d’absence pour vous dire adieu. C’est à la fois beau, déchirant et difficile à accepter. On veut alors imaginer que tout n’est que mirage, et que derrière se cache une oasis prophétique où les machines laisseraient place aux humains… Après tout, pourquoi pas.

Comme tout le monde, j’étais complètement abasourdi. Attristé par cette annonce, qui a fait l’effet d’une bombe en ce lundi après-midi. Lundi 2.22.21. Si vous allez jusqu’au bout de ces lignes, vous verrez, entre autres, que ces chiffres et le message (biblique) qui pourrait se cacher derrière me poussent à espérer que Daft Punk va poursuivre son œuvre musicale. Car comme tout le monde, j’aime tellement ce groupe que j’ai envie de croire en leur retour, quitte à imaginer les scénarios les plus farfelus, quitte à exposer les pensées les plus ambiguës. Mais rêvons… 20 h 48 : après une journée tumultueuse, je ne me remets toujours pas de cette fin brutale ; comme vous, jusqu’à maintenant, qui êtes ici. En plein dépit, je prends mon téléphone, ouvre mon Insta, et demande à Pedro Winter, boss d’Ed Banger et manager historique des Daft (oui, je préfère dire « des » Daft, c’est plus cool) : « Pedro, la vérité… c’est plutôt un teasing de leur retour hein ? » 21 h 05, réponse : « Si seulement 🙂 Épilogue… »

« Épilogue », soit le titre de la vidéo la plus marquante de ce début d’année, postée sur le compte YouTube de Daft Punk en cet obscur lundi 2.22.21, à 14 h 21 précisément. Vous lisez bien : 14 h 21… c’est tout. Tout d’abord, regardons simplement la définition d’un épilogue : « Un épilogue est la dernière partie, la conclusion d’une œuvre. Il désigne plus particulièrement au théâtre classique un discours récapitulatif à la fin de la pièce. Ce terme désigne en général une partie finale ajoutée, comme de surcroît, à un discours, à un ouvrage, en lui-même complet. » Oui, je suis allé sur Google, et oui, cette définition ne va pas beaucoup nous aider. Tentons quand même d’avancer… Si l’épilogue est « ce qui termine une affaire, une histoire, une aventure », et que l’on considère cette vidéo comme telle, on peut s’arrêter là. Mais la fin ne peut s’écrire d’une telle manière. Et s’il faudra peut-être se faire une raison, je ne veux pour l’instant pas y croire. Les Daft ne laissent jamais rien au hasard et poursuivront leur œuvre entre 2021, année de la reconstruction, et 2022, année de la résurrection. Bref, poursuivons justement, nous aussi perdus dans cet article désertique mais armés d’espérance.

Tiré du film Electroma sorti en 2006, cet extrait vidéo où les deux robots se retrouvent au milieu du désert n’est donc pas nouveau et pourrait faire office de teaser, à l’épilogue qui nous attendrait réellement. Le résumé d’une immense carrière, un dernier point au bout de près de trente années d’une histoire légendaire. À quoi pourrait-on alors s’attendre… un best-of ? Bof. Un nouvel album ? Pourquoi pas. Une dernière tournée, un nouveau live surprise comme ils ont si bien su le faire et qui récapitulerait le chemin parcouru par le duo mythique – avec ou sans casques comme à l’ancienne ? C’est ce qui collerait le plus à un vrai épilogue. On reparlera de tout cela.

Analysons la vidéo. La date 2.22.21 apparaît dès le départ. Au milieu d’un désert, Thomas Bangalter marche plus lentement tandis que Guy-Man, dans son casque doré, avance plus rapidement vers le second plan pour devenir de plus en plus flou. T. B. a la tête baissée, G.-M. la tête relevée vers l’horizon. T. B. s’arrête, G.-M. continue d’avancer, puis se retourne face à son binôme. Ils se regardent, de loin. T. B. baisse la tête de nouveau et fixe le sol asséché. G.-M. revient vers lui, ils se retrouvent face à face, dans le reflet l’un de l’autre. T. B. relève la tête, déboutonne sa veste, la retire. Ils se regardent, immobiles. T. B. se retourne, deux interrupteurs dans le dos, prêts à être désactivés. G.-M. les regarde et enclenche le détonateur. Une minute chrono avant l’explosion. T. B. s’éloigne à son tour, pendant que les secondes de son minuteur s’approchent de zéro. T. B. serre le poing. Il explose en confettis, l’habit vide. « 1993-2021 » s’affiche alors. De leur début de carrière à cette triste année, qui est leur dernière. Comme sur une pierre tombale, ornée de leurs mains formant une pyramide lumineuse (non non non, je vous vois venir… on ne va pas encore parler des Illuminati hein !). Terminons l’histoire : G.-M. s’avance seul vers l’horizon. Vers un soleil qui ne se couche pas mais se lève sous un nuage épais.

Adieu la moitié des Daft ? Est-ce Thomas Bangalter qui ne peut plus continuer ainsi ? Vers quel avenir Guy-Man marche-t-il, seul, après avoir détruit son acolyte ? Le soleil se profile en tout cas à l’horizon, et on a envie de croire qu’après cette onde de choc, un futur radieux les attend. Il s’agit de robots, ils peuvent se reconstruire, revenir dans un nouvel accoutrement, sous de nouveaux casques. L’un peut-il ramener l’autre à la vie ? Pour un projet hybride ? Ou se délesteraient-ils carrément de leur armure, tuant les anciens Punk et revenant à un corps pur ?

Dans le long-métrage Electroma dont est tirée cette vidéo, les deux robots sont à la quête de l’humanité, ils cherchent à atteindre l’inatteignable, puisant au plus profond de leur sensibilité. Échec – au sens propre comme au sens littéral du terme, ceux qui ont vu le film comprendront –, ils ne sont que robots. Mais aujourd’hui, ils pourraient bien enfin redevenir humains, se délestant de leur combinaison pour laisser jaillir leur être. Le film racontait aussi l’Homme et son désir d’appartenir à un groupe tout en voulant s’en détacher. Leur masque fondait dans une scène intense, leur souffrance était palpable dans une solitude et une différence qui les poussaient à se démarquer du reste du monde. Si les Daft ont échoué dans leur quête d’identité, ils pourraient bien y avoir mis fin aujourd’hui… ou la retrouver.

Human After All, RAM et la théorie du 8

Les Daft, sans casques, comme au tout début, histoire de boucler la boucle ? Je pars un peu loin et ce serait incroyable. En cas de retour, une chose serait sûre : il s’agirait d’un dernier retour pour la route. Un dernier voyage après s’être retrouvés, et avant la destruction finale. Un adieu serait inconcevable aujourd’hui et dur à accepter, adieu qu’ils auraient pu annoncer au cours de ces sept dernières années de silence depuis leur performance aux Grammy Awards. Depuis leur dernier effort en date, Random Access Memories, sorti il y a 8 ans, le 17 mai 2013, la fin du duo aurait pu être amorcée plus tôt qu’en cette (déjà) sale année 2021. Et pourquoi revenir pour juste annoncer une séparation, après sept années d’attente. Sept années pendant lesquelles ils sont inévitablement retournés en studio, entre musique et vie de famille. Mais ils ont 46 et 47 ans, et la seule chose qui justifierait une fin qui paraît à la fois tardive et prématurée tant leur aura est intemporelle : ne plus arriver à faire la musique recherchée, être dépassés, par manque d’inspiration ou d’envie – une raison qui serait louable, car les Daft font passer la création avant tout autre intérêt –, soit parce qu’ils peuvent se le permettre, soit parce que leurs visières renferment deux âmes pures d’artistes.

Deux artistes qui sortaient leur troisième album Human After All le 14 mars 2015, 8 ans après Homework, 4 ans après Discovery arrivé à mi-chemin de leur construction, et 8 ans avant Random Access Memories. S’il symbolise l’infini tourné vers les cieux, le chiffre 8 porte aussi une théorie utilisée de manière cinématographique, ou dans un processus créatif, comme une boucle temporelle. Un cycle représenté par 8 étapes, parcourues dans cet ordre : You (« toi, moi »), Need (« besoin »), Go (« aller, partir »), Search (« chercher »), Find (« trouver »), Take (« prendre »), Return (« revenir ») et enfin Changed (« changé, modifié »). Sept ans après RAM, nos deux robots de trouveraient alors à l’étape 7, celle du retour, allant vers l’étape 8, celle du changement. Ce qui pourrait, si l’on poursuit nos rêves les plus fous, donner lieu à une reconstruction cette année avec un nouvel album, avant un live en 2022 et sous une forme nouvelle. Ils sont des humains après tout et, à l’heure où l’on porte tous des masques, eux tomberaient les casques et redeviendraient humains avant tout.

2.22.21

C’est la date à laquelle l’annonce de leur disparition est tombée, et qui apparaît donc en tout début de vidéo. 2.22.21 -> 2 Daft. 22 : ensemble, réunis. 21 : l’un des deux est vivant, l’autre vient d’exploser. 2.22.22 -> 2 : les deux Daft réunis en 2022, pour un album, ou une tournée, ou les deux. Vous n’y croyez toujours pas ? C’est normal tant c’est tiré par les casques. On va alors s’en remettre à la Bible. Voici à quoi renvoient ces chiffres, 2.22.21, lorsqu’on cherche rapidement sur Google :

Marc
2:21-22
La Parole de Dieu
Jésus a dit : « Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit ; autrement, la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux et la déchirure serait pire. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus ; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. » [Les « outres » sont des récipients, ndlr.]

« Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. » Si l’on veut y croire, on retiendra cette dernière phrase. Les Daft Punk ne peuvent pas revenir dans leur vieil habit, ils ne peuvent pas mettre de la musique nouvelle dans leurs vieux gants. Sinon ça s’arrête là. Mais la chute ouvre à une nouvelle perspective, comme l’horizon s’ouvre sur un nouveau jour dans la vidéo dont on parlait. Cette vidéo dure d’ailleurs 7 min 58 . 7 + 5 + 8 = 20. 2020. Hum… non, rien à dire de plus à part que c’était une année de merde ; passons.

Il est temps de mettre un terme à ces rêveries. Je veux y croire et, si je me trompe… c’est parce que j’ai trop voulu y croire tant cette fin nous a attristés. Et faudra se faire à l’idée que c’est terminé. Dans tous les cas, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, si vous lisez ces mots : vous devez revenir, pour le bien de l’humanité. En attendant d’en savoir peut-être plus (ou pas), on va rester sur ces paroles de fin de « Touch », titre extrait du dernier album des Daft et qui vient habiller cette (dernière ?) vidéo, dont les paroles brutalement coupées avant le dernier mot peuvent finalement faire sens… au beau milieu de nulle part, et pour le pire comme pour le meilleur à venir.

Nuit sombre et sacrée de Michael Connelly, une rencontre en demi-teinte

La nuit est sombre et pleine de terreur

Michael Connelly n’aura pas attendu longtemps avant de mettre en place le face à face entre ses deux héros, l’indébounable Harry Bosch d’un côté et la jeune et farouche Renée Ballard de l’autre. Une rencontre qui promettait un récit intense sous les cieux californiens mais l’auteur va aller à l’encontre des attentes de ces lecteurs.

Le principal problème du récit vient de son intrigue principale dont le squelette semble un peu maigre pour que l’ensemble de l’ouvrage repose dessus. Cette enquête sur une ancienne affaire de 2009 sur une mineure fugueuse perd vite en intérêt. L’enquête se résume à éplucher d’anciennes fiche d’interpellations jusqu’à tomber sur un profil suspect. On a connu Connelly plus inspiré. L’enquête autour de cette pauvre Daisy ne prend jamais d’ampleur, ne gagne jamais en intensité et se résolve d’une manière trop aisée pour être mémorable.

Comme l’enquête principale se révèle un plat trop frugal pour être consistant, l’auteur s’est senti obligé de broder autour de ses personnages fétiches. S’il est toujours intéressant d’enrichir sa connaissance sur les us et coutumes de la police de Los Angeles, on apprend ainsi que la hiérarchie de la police demande à ses agents de tenir à jour un registre afin de noter les liens entre les forces de l’ordre et les membres des gangs. Pour un spectateur extérieur c’est toujours intéressant de voir comment une société s’adapte à la criminalité. Mais il faut reconnaître que cela fait peu à se mettre sous la dent.

Je n’ai pas pu m’enlever de la tête que l’auteur cherchait à inclure à son récit, de manière poussive, toutes les anecdotes qu’il a dû recueillir auprès de vrais représentants de la loi qui effectuent leur service la nuit. Les chapitres consacrés à Ballard sont l’occasion de livrer un échantillon de tout ce que la nuit californienne peut livrer de plus sordides, ou drôle. Malheureusement ces anecdotes, sympathiques au demeurant, ne suffisent pas pour bâtir un récit qui va rassasié le lecteur avide d’enquêtes palpitantes.

Quant au duo Ballard-Bosch, oui je place Renée en premier la galanterie est une vertu à laquelle je crois, il fonctionne plutôt bien mais il manque d’étincelle. Tout se met en place trop facilement entre ses deux chasseurs solitaires, il manque des points d’achoppement, une petite bataille d’ego pour épicer un récit un peu trop linéaire. De plus j’ai du mal à comprendre la quasi disparation de l’entourage de Ballard, comme d’habitude l’auteur privilegie le personnage de Bosch. Du coup on a surtout l’impression de lire une énième enquête de l’enquêteur éternel que d’une réelle enquête en duo. Enfin la faute morale de Bosch lors de la conclusion me paraît en complète contradiction avec le portrait brossé par l’auteur depuis plusieurs volumes, Bosch apparaît comme un inspecteur chevronné et rigoureux, le voir succombé à l’appel de la vengeance sommaire me paraît hors de propos.

Cette nuit sombre était l’occasion où jamais de mettre en place le passage de flambeau entre le vieux briscard qui refuse de céder sa place et la jeune recrue pleine d’entrain mais on se retrouve finalement avec une aventure assez plate et sans rythme. J’espère fortement que l’auteur saura dynamiser son duo lors de sa prochaine virée dans la ville des anges.

Résumé: En revenant au commissariat d’Hollywood après une mission de son quart de nuit, l’inspectrice Renée Ballard tombe sur un inconnu en train de fouiller dans les meubles à dossiers. L’homme, elle l’apprend, est un certain Harry Bosch, un ancien des Homicides du LAPD qui a repris du service au commissariat de San Fernando, où il travaille sur une affaire qui le ronge depuis des années. D’abord sceptique, Ballard le chasse puis, intriguée, ouvre le dossier qu’il feuilletait… et décide de l’aider.
La mort de Daisy Clayton, une fugueuse de quinze ans kidnappée, assassinée, puis jetée dans une benne à ordures, a, c’est vrai, de quoi susciter toute son empathie et sa colère. Retrouver l’individu qui a perpétré ce crime abominable devient vite la mission commune de deux inspecteurs aux caractères bien trempés et qui, peu commodes, ne s’en laissent pas conter par les ruses de l’un et de l’autre pour parvenir à leurs fins.

  • Éditeur : Calmann-Lévy (11 mars 2020)
  • Langue : Français
  • Broché : 432 pages
  • ISBN-10 : 2702166318
  • ISBN-13 : 978-2702166314
  • Poids de l’article : 460 g
  • Dimensions : 13.6 x 3.1 x 21.5 cm

Manhattan sunset de Roy Braverman, Walk on the wild side

Manhattan forever

Ce livre me fait penser à un bolide lancé à pleine vitesse dans les rues de New-York avec à son bord une sacré bande d’énergumènes qui possèdent tous leurs caractères bien trempés. Le conducteur prendrait des virages serrés qui obligerait le lecteur à se maintenir fermement à sa ceinture mais étonnamment la folle course-poursuite entamé dès la montée dans le véhicule se verrait assagie par de pure moment de contemplation. C’est la promesse de ce polar au rythme effréné.

Ce nouveau polar de Roy Braverman parvient à aligner une galerie de personnages drôles, attachants et qui débitent les punchlines encore plus vite que les rappeurs de la côte Ouest. Les dialogues en forme de match de ping-pong sont l’une des forces du récit. Entrecoupé d’apartés gentiment ironique de l’auteur et parfois chargés de sous-entendus grivois ou social. Les échanges de se bureau de ce pauvre capitaine que personne ne respecte, et surtout pas ses hommes, donnent l’impression d’assister à une représentation de théâtre de boulevard. Les personnages ont une caractéristique commune, ils sont fort en gueule, ne se laisse pas marcher sur les pieds mais l’écriture de l’auteur les maintient souvent dans une forme de caricature qui n’a rien de bien méchante mais qui manque un peu d’originalité. Donnelli et son équipier fantôme occupent le premier plan évidemment. Leur tandem fonctionne bien même si j’aurais bien aimé que l’auteur insiste un peu plus sur la dégradation psychologique de son personnage. En l’occurrence leur duo fait office de ressort humoristique mais éclipse le mal-être de Donnelli. Mankato, la nouvelle coéquipière de Donnelli, qui ne s’en laisse pas compter par son équipier bourru tire son épingle du jeu parmi la foule de personnages introduit par l’auteur.

L’intrigue quant à elle souffre d’un aspect brouillon et fouillis. L’auteur est parvenu à maintenir une certaine unité de narration, notamment grâce au dynamisme de sa narration, mais il aurait gagné à recentrer son intrigue à un niveau plus local. New-York est une ville cosmopolite certes mais là entre la mafia lituanienne, le FBI, le MI6 et les barbouzes Russes on gagne en complexité ce que l’on perd en charme new-yorkais et c’est dommage. L’intrigue secondaire se révèle de nature efficace mais beaucoup trop classique pour être mémorable.

Enfin je ne peux terminer cette chronique sans évoquer l’instant de grâce du récit. Au milieu de ce déchaînement de violence, de ces enquêtes glauques dans des décharges automobiles, de ces règlements de comptes entre mafieux, de ces exécutions aveuglées par la haine, l’auteur offre un pur moment de poésie urbaine. Un moment de respiration et de sérénité au milieu d’une narration qui ne s’arrête jamais vraiment. Une pause bienfaitrice qui nous immerge dans une New-York féerique et onirique et qui donne à voir ce dont la plume de l’auteur est capable lorsqu’elle prend le temps de conter, et rien que pour ça, malgré les défauts de l’ouvrage, je ne regrette pas ma lecture.

Résumé: Un New York sombre et violent, avec des rues comme des canyons dans lesquels la vie se perd et la mort s’engouffre. Avec fracas parfois, comme lorsqu’elle vient saisir une petite fille, retrouvée assassinée, le corps mutilé, au milieu d’un amas d’épaves de voitures.
En équilibre précaire, accroupi tout en haut d’une pile de carrosseries déglinguées, Pfiffelmann interroge son partenaire, l’inspecteur Donnelli :  » Alors, tu en dis quoi ?  » Un début d’enquête somme toute normal.
Sauf que  » Pfiff  » est un fantôme, qui exige lui aussi la vérité sur les circonstances de sa mort. Comme si Donnelli n’avait pas déjà tout son soûl de crimes, d’obsessions et de vengeances. Comme si la ville ne lui avait pas déjà arraché un lourd tribut.
Pourtant, une fois par an, New York lui offre aussi un instant magique, lorsque le soleil couchant symétrique et flamboyant du Manhattanhenge prend la 42e rue en parfaite enfilade. Une illumination divine, comme la révélation d’un indice éclaire un crime d’une lumière nouvelle. Avant que tout, la ville comme la vie de Donnelli, ne sombre à nouveau dans la nuit.

  • Éditeur : Hugo Roman (4 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 363 pages
  • ISBN-10 : 275568609X
  • ISBN-13 : 978-2755686098
  • Poids de l’article : 435 g
  • Dimensions : 14 x 3.2 x 20.9 cm

Une falaise au bout du monde de Carl Nixon, le roman qui vous mène là où vous ne vous y attendez pas

Drame du bout du monde

Ce roman, le troisième de Carl Nixon mais le premier que je lis de cet auteur, a su me ravir dans son univers à la lisière du roman noir et du nature writing. Une intrigue qui n’est pas ce qu’elle semble être et une plume bien ajustée font de ce roman une bien bonne surprise.

Évacuons d’emblée un élément qui me semble important pour bien apprécier l’ouvrage, non ce roman n’est pas un polar dont l’action se situerait en Nouvelle-Zélande. Contrairement à ce que laisse penser la quatrième de couverture on est plus dans un récit de nature writing, sous-genre de la littérature très prisé en Amérique, traversé par deux trois composants de l’intrigue plus sombre. Une fois que l’on a assimilé le fait que l’on ne va pas lire un polar classique, le voyage peut commencer. En ce qui concerne le lieu de l’action, on est bien en Nouvelle-Zélande, plus précisément sur l’île du sud, ce qui nous donne à voir une Nouvelle-Zélande plus proche de l’Amérique de la Rust belt, plus rustique et champêtre. Au niveau dépaysement l’auteur tiens ses promesses.

Rapidement une double temporalité se met en place dans le récit et une évidence s’impose très vite au lecteur, l’auteur a décidé de raconter une histoire tout à fait différente que celle à laquelle on s’attendait. Le récit se déroulant en 2010 prend une place de plus en plus secondaire au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture tout comme le personnage de cette brave Suzanne, dont la caractérisation souffre d’être délaissé au profit de Katherine. L’auteur se focalise en effet sur les années qui suivent le drame initial. Si cela a pour effet d’épaissir des personnages que l’on ne s’attendait pas à voir autant développer cela se fait au détriment de Suzanne, un personnage résilient, volontaire et élégant, drapé dans sa douleur, qui se retrouve reléguée au second plan.

Mais une fois ce choix surprenant de l’auteur accepté on se retrouve en train de lire un récit d’une tristesse insondable. L’ensemble du récit baigne dans une espèce de mélancolie résignée, avec quelques touches d’onirisme, surtout lorsque l’on connaît le dénouement tragique de ce drame qui n’offre aucune réponse, aucune fin heureuse. Le personnage de Katherine porte le récit sur ses épaules, enfant courage qui fera preuve d’une capacité d’adaptation incroyable et d’une résilience désarmante. Plusieurs moments clés du récit sont un déchirement lors de la lecture, je pense notamment au sort du petit Tommy ou celui de Bess, mais l’auteur a l’intelligence de nous narrer ses passages avec une pudeur incroyable, sans forcer sur le pathos, il parvient à emplir notre cœur de lecteur d’une tristesse infinie. Pour finir je reviens sur le traitement du personnage de Tommy en apportant un bémol, je trouve assez invraisemblable le sort que lui réserve l’auteur au tout début du récit. Une petite anicroche qui m’a poursuivi tout au long de ma lecture, rien de grave mais je ne pouvais terminer ma chronique sans soulever ce détail.

Un livre qui vous prend par la main pour vous emmener vers des chemins balisés mais qui bifurque rapidement pour nous entraîner vers un récit poignant, sans concessions. Un roman que je qualifierais de noir faute d’un meilleur terme mais qui reste à la croisée des genres.

Résumé: 1978. Une pluie incessante, quelque part sur la côte Ouest de la Nouvelle-Zélande. Des enfants endormis à l’arrière d’une voiture. Le drame semble inévitable. A peine arrivée sur le continent, la famille Chamberlain, fraîchement débarquée d’Angleterre, disparaît dans la nuit.

2010. Suzanne reçoit un appel du bout du monde. Les ossements de l’un de ses neveux ont été retrouvés. Etrange : il aurait vécu plusieurs années après sa disparition. Mais où? Comment ? Et qu’en est-il de ses proches ? Un roman sombre et puissant.

  • Éditeur : Nouvelles éditions de l’Aube (4 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 328 pages
  • ISBN-10 : 2815939363
  • ISBN-13 : 978-2815939362
  • Poids de l’article : 390 g

Flora & Ulysse : c’est quoi ce nouveau film Disney+ Original avec un écureuil super-héros ?

Disponible ce vendredi 19 février sur la plateforme Disney+, découvrez l’histoire attendrissante d’une enfant à l’esprit vif et d’un écureuil devenu super-héros dans Flora & Ulysse, nouveau film Disney+ Original pour toute la famille.

Flora & Ulysse

Lorsque la jeune Flora, 10 ans, fan de bandes dessinées et cynique autoproclamée, sauve un écureuil du nom d’Ulysse, les super-pouvoirs de l’animal entraînent une série de catastrophes hilarantes, point de départ d’aventures qui vont changer la vie et bouleverser la philosophie de la fillette…

Dans un monde rempli d’adultes désillusionnés, les choses ne sont pas toujours faciles pour une fillette créative à l’esprit vif comme la jeune Flora. Mais lorsqu’elle sauve la vie d’un écureuil qu’elle surnomme affectueusement Ulysse, l’aventure de toute une vie peut commencer pour cette passionnée de comics. Suite à l’accident, l’adorable animal développe d’étonnants pouvoirs, dont la capacité de communiquer avec la petite fille grâce à son ingéniosité. Flora se prend alors immédiatement d’affection pour Ulysse qui, elle en est persuadée, est devenu un véritable super-héros. Et comme dans toutes les histoires de super-héros dignes de ce nom, il y a bien évidemment un ennemi à l’horizon : un employé de la fourrière, qui a, semble-t-il, une dent contre les écureuils. Ulysse peut heureusement compter sur l’aide de son acolyte Flora, prête à tout pour son nouvel ami !

Adapté du roman Flora & Ulysse : les lumineuses aventures de Kate DiCamillo, ce nouveau Disney+ Original est une comédie rafraîchissante et pleine de tendresse qui devrait plaire aux enfants et à leurs parents. Truffé de références à l’univers Marvel, ce long-métrage réalisé par Lena Khan apporte un vent de fraîcheur au genre super-héroïque avec une aventure adaptée à un jeune public. Au-delà des péripéties de Flora et Ulysse, le film raconte avant tout l’histoire touchante d’une famille en proie à des problèmes bien plus communs et universels : séparation des parents, difficulté à joindre les deux bouts… Grâce à son énergie communicative, la fillette réussit néanmoins à embarquer ses proches, comme les spectateurs, dans son monde plein d’espoir et de possibilités.

Matilda Lawler incarne avec brio la jeune Flora, fille d’une romancière en panne d’inspiration campée par Alyson Hannigan (How I Met Your Mother) et d’un auteur de comics non-publié joué par Ben Schwartz (Parks and Recreation). L’acteur Danny Pudi, inoubliable Abed dans la série Community, prête quant à lui ses traits au fameux employé de la fourrière à la recherche de l’écureuil.

Flora & Ulysse est disponible dès maintenant sur la plateforme Disney+.

Black Panther sur Disney+ : où en est la suite ?

rois ans après sa sortie dans les salles mondiales, « Black Panther » est arrivé sur la version française de Disney+, en accord avec notre chronologie des médias. L’occasion de faire le point sur la suite, prévue pour 2022.

The Walt Disney Company France

Le 16 février 2018, Black Panther sortait ses griffes dans les salles américaines et foudroyait le box-office avec 202 millions de dollars de recettes en un week-end, et la septième position parmi les plus gros démarrages de tous les temps outre-Atlantique. Avec trois Oscars (dont celui de la Meilleure Musique Originale) et 1,347 milliard de billets verts récoltés dans le monde (ainsi que 3 688 070 entrées en France), le film de Ryan Coogler a acquis le statut de phénomène dont l’impact s’étend au niveau de la société, et notamment la communauté noire. Très vite évoquée, une suite a rapidement été officialisée et elle reste d’actualité malgré le décès de son acteur principal, Chadwick Boseman, en août dernier.

Les cadeaux de mars 2021 chez LEGO : un avion, une maison-carotte et un poussin

Le Store Calendar US vend la mèche sur les offres promotionnelles du mois de mars 2021, avec trois cadeaux au programme dont le joli set LEGO 40450 Amelia Earhart Tribute qui devrait être en rupture de stock en un temps record.

LEGO 40450 Amelia Earhart GWP

Voici les dates et conditions aux US, elles devrait être identiques en Europe en remplaçant simplement les dollars par des euros, donc 100€ d’achat pour obtenir l’avion rouge) :

LEGO 40449 Easter bunny GWP

Pas de restriction de gamme pour les deux cadeaux ci-dessus, vous pourrez acheter ce que vous voulez. En bonus, si vous trouvez un LEGO Store ouvert à côté de chez vous, le polybag LEGO Creator 30579 Easter Chick y sera offert dès 40€ d’achat du 15 mars au 5 avril 2021. Uniquement en magasin, pas sur internet.

Les Sept de Chicago : le film Netflix disponible gratuitement sur Youtube pendant 48h

A l’occasion de l’anniversaire du verdict du procès raconté dans Les Sept de Chicago d’Aaron Sorkin, Netflix diffusera le film gratuitement sur Youtube pendant 48h.

Mise en ligne en octobre dernier sur Netflix, Les Sept de Chicago a été plébiscité à la fois par les spectateurs et par les critiques. Aaron Sorkin (The Social Network) y raconte l’histoire vraie de sept Américains accusés de conspiration et d’incitation à la révolte après une manifestation pacifiste qui a viré au cauchemar. Un procès qui a duré de longs mois et dont le verdict a été annoncé le 18 février 1979. C’est à l’occasion de ce 51ème anniversaire que Netflix a choisi de diffuser gratuitement le long-métrage sur sa chaîne youtube dès le 19 février à 9h, pour une durée de 48h. Il sera disponible en VOST (les sous-titres français seront évidemment disponibles). L’occasion pour ceux qui ne sont pas abonnés à la plateforme de streaming de découvrir cette excellente production.

Les Sept de Chicago a fait parler de lui récemment, en obtenant plusieurs nominations aux Golden Globes, dans les catégories « meilleur film », « meilleur acteur dans un second rôle » pour Sacha Baron Cohen, « meilleur réalisateur » pour Aaron Sorkin, « meilleur scénario » et « meilleure chanson » pour « Hear My Voice« . On retrouve aussi au casting Joseph Gordon-Levitt, Eddie Redmayne et Mark Rylance.

Les Sept de Chicago

La Traversée des temps – Paradis perdus – tome 1 – 3 février 2021 de Éric-Emmanuel Schmitt

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux  défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas.

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Chronique : Cela fait trente ans qu’Eric-Emmanuel Schmitt désire réaliser ce magnifique défi : raconter 8 000 ans de l’histoire de l’humanité, à travers la voix de Noam. Ce dernier est né, pendant l’ère du Néolithique et a traversé les époques. Il a été le témoin de toutes les évolutions et de toutes les révolutions. Dans le prologue de ce premier tome, alors qu’il est à Beyrouth, à une époque à laquelle des gens écrivent des messages, sur des boîtes plates lumineuses, il décide de raconter son épopée à travers les siècles. Dans la première partie, intitulée Le lac, il ne sait pas encore qu’il est immortel. Il conte sa vie auprès des siens, au temps de la Préhistoire. Il est le fils aîné du chef du village, un homme très respecté. Il admire son père et aspire à être aussi juste et bon que lui. Mais ne dit-on pas qu’il faut tuer le père pour grandir ? Noam décrit la vie des villageois sédentaires, le quotidien, les découvertes, les règles qui régissent la vie en communauté, etc. Les Hommes ne se considèrent pas supérieurs à la nature : c’est elle qui est souveraine.

Dans la deuxième partie, nommée Le déluge, la nature se manifeste. Cet événement dramatique marque un changement pour l’Humanité, mais aussi pour Noam. L’immortalité, est-elle un cadeau ou un fardeau ? Comment vivre au milieu des autres, avec une différence qui fait peur ?

Paradis perdus est le premier opus de la saga La Traversée des temps qui en comportera huit. Chacun correspondra à une période charnière de l’Histoire. Il y a quelques années, j’ai revu une de mes anciennes professeurs d’Histoire, à un salon, alors qu’elle publiait un recueil historique. Dans sa dédicace, elle avait écrit qu’elle espérait que je croirais à ses écrits. Elle se rappelait que, plus jeune, j’avais du mal à croire à ce qui était trop lointain. Aussi, c’était un challenge pour moi de lire un roman se déroulant, pendant la Préhistoire.

Je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point, j’ai été captivée par Paradis perdus. J’ai été passionnée par l’aspect historique. Contrairement à ce que ma nature laisse supposer, j’ai aimé vivre au Néolithique, auprès de Noam et des siens. J’ai écouté leur philosophie qui laisse entrevoir les mutations que le progrès engendrera sur les relations entre les Hommes et sur celles entre la nature et l’Humain. Les personnages m’ont attendrie et émue. Bien sûr, Noam m’a énormément touchée. J’ai aussi eu un élan d’amour, envers Barak, un homme fort et puissant, au cœur immense et à l’affection débordante. J’ai été transportée par les histoires d’amour, que ce soient les sentiments de couple ou ceux maternels et filiaux. J’ai aimé l’ambivalence de certains personnages, qui montre que la personnalité n’est pas tranchée, qu’elle dépend de nombreux éléments, tels que les épreuves, les circonstances, etc.

Paradis perdus laissent présager une série mémorable. Je pense que cette œuvre romanesque et historique deviendra une référence littéraire qui sera encore présentée, dans plusieurs décennies. C’est un avis personnel, cependant, j’ai un sentiment d’éblouissement pour ce projet gigantesque et pour ce texte qui m’a fait vivre une aventure livresque inédite. L’incroyable travail de documentation, retransmis avec passion, mêlé à la fabuleuse trame romanesque, me rend riche de connaissances et de réflexion profonde. La Traversée des temps relate notre Histoire. Je n’ai pas de mots pour décrire mon coup de foudre inaltérable pour ce voyage inoubliable.

Éditeur : Albin Michel (3 février 2021) Langue : Français Broché : 576 pages ISBN-10 : 222645022X ISBN-13 : 978-2226450227

Les mots m’ont sauvée – 16 novembre 2020 de Léa Jeunesse

Les mots m’ont sauvée, recueil de Léa JeunesseJe ne savais pas quoi dire, alors j’ai écrit

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Chronique : Des mots sur des maux.
Suite à une rupture amoureuse l’auteur confie, un peu façon journal intime, ses pensées, sa peine, ses doutes.
C’est l’écriture de ses mots qui la font avancer suite à sa rupture.
L’auteur nous fait prendre conscience que c’est avec le temps qu’on avance et que s’apaisent les maux.
L’auteur n’oublie pas néanmoins de vous dire que « vous êtes forts, merveilleux, vous êtes des étoiles alors, n’oubliez pas de briller ». Petit format, vous l’emmènerez partout. Couverture brillante

ASIN : B08NDR1GP1 Éditeur : Independently published (16 novembre 2020) Langue : Français Broché : 200 pages ISBN-13 : 979-8565592955